‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 78 sur 170 · PAYS RECONQUIS · texte numérisé non relu

PAYS RECONQUIS

Journal historique ( in-fol. de 54 feuillets ) concernant les principaux faits qui se sont passés à Calais depuis le 11 avril 1633 jusqu'au 2 janvier 1644. Je ne m'étendrai pas sur l'intérêt que présente ce recueil original. Depuis plus de deux ans j'en ai extrait de nombreux passages qui ont été insérés dans l'Industriel Calaisien, sous le titre d'Éphémérides Locales.

P. Anquier a aussi laissé des Commentaires manuscrits sur les « Coustumes » de la ville de Calais et Pays Reconquis. » Ils se trouvent dans un exemplaire de l'édition de Paris, chez Jacques Dupuis, 1634, petit in-4." de 44 feuillets, qui appartient à la Bibliothèque. Cet exemplaire est interfolié par les notes originales et inédites de P. Anquier; il est précédé de la Congratulation à l'ombre d'Anne Mangol , président de la généralité de Calais , avec l'anagramme par G.~TiapôsTfë7 telles qu'elles ont été imprimées dans l'édition de « 1603, à Calais, par Bonaventure d'Asseville, libraire, demeurant sur le » marché. »

ANTIQUITEZ ET CHOSES REMARQUABLES DE LA VILLE DE CALAIS, COMTÉ DE GUIINES, SANGATE, MERKE, OYE ET PAYS RECONQUIS.

Petit in-fol. de 123 feuillets et demi, écrit vers l'année 1640, donné à la Bibliothèque par M. Pigault-Maubaillarcq. Ce manuscrit autographe de Maria Bailleul, vicaire de Calais et curé de Sangatte, mort le 28 juillet 1639, se compose de six livres et commence par ces mots : « Livre premier, déduisant » l'ancien estât et estendue de la Gaule Belgique. » Le vi." et dernier chapitre du livre VI termine les Antiquités de Marin Bailleul à l'année 1560 par l'afTaire des Huguenots de Calais « lesquels en cacheté professoient l'hé- » résie. Cependant que la garnison huguenote estoit encore dans Calais, ils » voulurent faire ravage dans les églises de Notre-Dame et ce qui restoit à Sl- » Nicolas, etc. »

Cette chronique inédite , d'un style précieux , faisait partie de la bibliothèque du président de Thosse, d'où elle passa dans celle de Pigault de Lépinoy. L'auteur y a consacré beaucoup de temps ; ses recherches ont dû être trèsnombreuses. Pigault de Lépinoy dit avec assez de raison que Bailleul s'est un peu trop attaché à des récits essentiellement fabuleux. Pourtant, on y rencontre parfois des passages fort curieux, dont Bernard et Lefebvre n'ont pas su profiter. A ce titre, il est à souhaiter qu'on entreprenne la publication du manuscrit de Marin Bailleul.

La Bibliothèque de Calais possède aussi une leçon plus moderne de cet ouvrage, in-fol. de 221 pages.

MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE PIGAULT DE LÉPINOY, ANCIEN MAIRE DE CALAIS, PÈRE DU CÉLÈBRE PIGAULT-LE-BRUN.

Cette collection en cinq volumes in-fol. a été donnée à la Bibliothèque par M. Pigault-Maubaillarcq, fils de l'auteur.

Le l.'' volume contient l'Histoire des Morins, ou dissertation préliminaire à l'Histoire de Calais et de ses environs, en 65 feuillets. Le xrv." chapitre est une dissertation sur les Antiquités de Marin Bailleul ; le xvi.'= chapitre donne la nomenclature des auteurs qui ont servi à la composition du manuscrit de Pigault de Lépinoy ; le xvu." et dernier chapitre renferme une description de la Gaule Belgique. Après l'Histoire Préliminaire, vient ce que l'auteur appelle Mémoires.

Ici le manuscrit se divise en dix époques: la première trace l'histoire de la Morinie sous la domination romaine ; la dernière commence au traité de Vervins , qui rendit Calais à la France , et s'arrête à 1755 , époque vers laquelle Pigault de Lépinoy entreprit son ouvrage. La préface finit par ces mots : « Je m'occupais du projet de donner une forme historique à ces mémoires , » lorsque M. Lefebure , prêtre doctrinaire à Paris et natif de Calais , me fit » part de la môme idée, et m'engagea à lui envoyer, comme je le fis en 1762, » mes manuscrits pour les fondée dans son ouvrage. »

Ces Mémoires, auxquels Pigault de Lépinoy a donné la forme d'un journal historique , commencent vers l'an 700 de Rome ( 52 ans avant J.-C. ) et pré-

iH

sentent, année par année, les noms des consuls, des empereurs, des rois, des chefs militaires, civils et ecclésiastiques qui ont possédé ou gouverné le pays, ainsi que les événements remarquables qui se sont accomplis dans le cours de chacune de ces années. En tête de 1755 , vers le milieu du quatrième volume , Pigault de Lépinoy a écrit : « J'ai commencé cette année à tenir note des événements intéressants. » Effectivement, c'est là que se termine ce qu'il appelle les Mémoires; c'est à dater de 1755 qu'il a cessé de puiser à des ressources étrangères , soit imprimées , soit manuscrites , et qu'il décrit les faits dont il a été témoin jusqu'au 10 thermidor an IV ( 28 juillet 1796 ) ; car c'est à cette époque et à la page 87 du cinquième volume que finit l'ouvrage. Pigault de Lépinoy a su rendre son manuscrit intéressant par ses récits sur la période révolutionnaire et en y insérant le texte d'une quantité de chartes, d'ordonnances et de règlements qui concernent Calais et ses environs. On trouve à la fin du quatrième volume 107 pages de notes supplémentaires ou justificatives, plus un extraict sur Calais en 28 pages, tiré du manuscrit de Du Cange, qui a pour titre : « Mémoires pour servir à l'Histoire de Picardie, » page 415; et enfin, la Dissertation du père Le Quien, dominicain, et natif de Boulogne, sur le port Itius ( 11 pages. ) La Dissertation du P. Le Quien n'est pas inédite ; elle a été insérée dans les Mémoires de littérature et d'histoire du P. Desmolets. Voyez la Bibliothèque Historique de Fevret de Fontette, t. I, n." 306.

Pigault de Lépinoy est né à Calais le 12 juin 1726 ; il est mort dans la même ville le 9 thermidor an V.

Page 1