‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 111 sur 205 · CHAPITRES VIII KT IX · texte numérisé non relu

CHAPITRES VIII KT IX

L'intention de M. le Maréchal*de&* logis du palais, en écrivant ces deux chapitres, où il rend compte des événcoieiits arrivés au maréchal Ney, depuis sa séparation de larmée, événe-

le maréchal Ney à la tête du troisième corps et de la division Ricard (1) .

Pourquoi n'a-t-il pas fait mention de cette attaque impétueuse du 15« léger, du 33« et du 48* , qui renversèrent la ligne russe jusqu'à trois fois , malgré le feu terrible de plus de cinquante bouches à feu? Pourquoi ne parle-t-il pas de ces deux braves compagnies de sapeurs et de mineurs, commandées par le colonel Bouvier, qui furent détruites dans ce combat? Pourquoi ne dit-il pas un seul mot des généraux Dufour, Barbanogre, du colonel Pelet du W«, et de tant d'autres officiers, qui, voulant être encore plus braves que leurs soldats, tombaient comme eux aux cris de vive l'Empereur, vive la France! Pourquoi ne fait-il pas connaître que le colonel Pelel fut celui qui, tout sanglant qu'il était, décida le maréchal Ney à passer

n»ents si glorieux pour la mémoire de le Dnieper sur sa droite, au lieu de se

cet illustre Maréchal , nous interdit les réflexions critiques que plusieurs passages de cet épisode font naître. Nous ne reteveron» que eette obs^vation :

tt Tant le maréchal Ney avait ce tem- » pérament jdes grands hommes, une » àrae forte dans un corps robuste, et » cette santé vigoureuse sans laquelle n il n'y a guère de héros! )» (Pageâ99.) On pourrait citer une foule d'exemples qui démentent cette opinion. C'est la Hiioiiesse de l'àme qui rend le corps inhabile; une àme fortement trempée, à laquelle les périls ne servent qu'à donner une nouvelle énergie, soutient une faible enveloppe. Ney était un de ces hommes privilégiés. Lors même qu'il eût eu un corps débile, il n'eût pas moins été un héros.

Il est à regretter que M. de Ségur n'ait pas fait connaître javec plus de détails le brillant combat que soutint

porter sur Mohilow, en marchant par sa gauche, ainsi que le Maréchal en avait eu d'abord le projet ?

L'auteur aurait dû apprendre à ses lecteurs que l'Empereur, à son départ de Doubrowna , avait donné pour instruction au maréchal Davout, qui commandait l'arrière-garde , de rester dans cette ville le plus longtemps qu'il pourrait, dans la pen:ée que Ney s'y dirigerait par la rive droite duDniéper.En effet , peu de moments après le départ de Davout , qui eut heu trop prouiptement , le maréchal Ney se présenta devant Doubrowna; mais le pont avait été détruit. M. de Ségur, ordinairement si prodigue de détails , en laisse

(1) Depois la blessure du génér^il Frianr, le général Ricard commandait sa division, qui avait été détachée du premier corps et mise sous les ordres du maréchal ^ey, It Siiiol€ii«k-

L'EHPIBE.

désirer sur la satis&cUon que l'Empereur témoigna, à la nouvelle de la réapparition de son héroïque compagnon d'armes. Ce prince était alors à Baranie , dînant avec le maréchal Lefebvre, lorsqu'un officier d'ordonnance (1), qu'il avait laissé à Orcha pour répartir Tartillerie entre les corps d'armée, lui annonça que des officiers polonais venaient d'arriver en ville, demandant du secours de la part du maréchal Ney , qui était à quelques lieues de là. L'Empereur se leva aussitôt, et, saisissant cet officier par les deux bras , lui dit avec la plus vive émotion : i< Est-ce » bien vrai ? en étes-vous bien sûr? » Cet officier lui ayant répondu qu'il en avait la certitude , qu'il avait accompagné le prince Eugène , qui, avec son corps d'armée, se portait au-devant du Maréchal ; et ayant enfin bien convainjiu l'Empereur de la vérité de son rapport. Sa Majesté s'écria: « J'ai deux » cents millions dans mes caves des » Tuileries , je les aurais donnés pour » sauver le maréchal Ney. »

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