CHAPITRE XIII
On trouve ici de nouvelles réflexions sur les sentiments de l'armée envers TEmpereur. M. l'Officier du palais dit (page 386) : Il est vrai qu'une sédition était impossible. Cette remarque est oiseuse. A qui ridée de sédition se seraitelle présentée ? Il y avait entre l'armée et son chef une réciprocité de sentiments qui rendait cette supposition impossible.
{i) Leduc àêBellune au prince de Neu- {ûhdtel el de Wagramy major général.
Au bivouac, le 5 décembre 1813, i quatre heures du malin.
c Monseigneur, le~ combat que Tarrièregftrde a soutenu le 4 est le dernier eObri qu'elle pouvait faire contre les ennemis; les troupes qui la composent sont auiourd'hui tellement védoites, et le peu qui eu reste est si miséra- Me, que je suis obligé de les soustraire aux poursuites de Teunemi, et d'éviter loule espèce d'engagement. Le rapport que mon premier aidede-camp a dû faire à V. A. S. sur lelat •t la sUuaiion de ces troupes , est de la plus eiacle vérité.
» L'avant-garde du corps qui nous suit est arrivée bier ù Bienilza aussitôt que nous, quoique nous ayons fait une marche de nuif , et que les ponts do Malodeczno aient été détruits. Il était onze heures; si j'avais voulu me maintenir à Bieniisa, il aurait fallu livrer ou soutenir m nottvoav combat à notre désavantage , vu !• disproportion qui existe entre mes forces et celles des ennemis. J'ai en coméquence pris le seul puii eonvemble, celui de continuer ma
La souplesse qu« M. de Ségor attribue à l'Empereur envers les maréchaux, qu'il a gagqa à son projet d« » départ par des flatteries, des caresses, » des épan^ements de confianGe »
(page388), est contraire au caractère de Napoléon. Toute Tarmée désirait et apprit avec joie le parti qu'il prenait.
Elle sentait qu'en lui résidait le saiut de tous ; que l'on pouvait bien perdre des hommes, des canons, des provinces; mais qu'en le perdant, tout serait perdu. La confession que notre historien lui fait faire devant ses oflSciers est plus ridicule enccNre; et dans quels termes la fait-ll ? « Si j'étais » né sur le trône , si j'eusse été un » Bourbon, il m'aurait été facile de ne » point faire de fautes. » (Page 388.) Le propos serait inexplicable. L'auteur voudrait-il par là feire croire que l'Empereur n'avait entrepris l'expédition de Ruàsie que pour se consolider sur le
marche rétrograde, et de venir coucher au village distant de deux lieues de Bienilza. et de quatre de Smorgoni. Les vedettes des ennemis et les nôtres se voient; je serai vraisemblablement suivi aussi vivement aujourd'hui quMûer, el je crois qu'il cou vient que Sa JMaje&té s*éloigne un peu de nous.
» Les tratneurs nous pressent toujours ; ils «ont en très grand nombre. L*habitude qu'ils oot contractée de ne marcher qu'au jour, per« meta rennemi d*en prendre beaucoup; mais soit «|u'il ne s'en soucie guère, ou qu'il prenne leur colonne pour des troupes réglées, il ne If s suit qu avec circonspection ; je crois néanmoins qu'il en a pris hier quelques-uns.
» Je compte arriver à Smorgoni ce matin vers neuf heures ; Je serai sans doute obligé d'aller coucher plus ioiu, à moins que je ne trouve quelques troupes pour nous tonteoir. Celles de M. le généial de Wiede seraient très utiles dans celte circonslanc e. Je pense que l'Empereur leur a donné l'ordre de nous remplacer ou de marcher avec nous.
u Paignez agréer, Monseigneur , l'hommage de mou respect.
» Signé lb maréchal 9B Bbllukb. »
GÀMPA6NB DE 1812.
Mot df France? Voudrait -il lui fiiire signaler les dangers et le malheur de s'attacher à sa fortune , ou lui donner la prescience de la grande catastrophe qui a amené sa chute.
Alors, il fuut en convenir, M. de Ségur aurait le don de prophétie après Tévé* neraent.On se demande où il s'est pro* curé de pareilles notes. Est-il vraisem* blable que cette pensée se soit présentée dans ce moment à Tesprit de FEmpereur? Est-il possible qu'il Tait exprimée ? Comment l'absurdité de cette idée n'a-t-elle pas frappé son historien? Le cœur de Napoléon était déchiré à l'aspect des calamités de son armée ; mais personne ne connaissait mieux que lui les causes qui les avaient produites. On ne conçoit pas comment un officier de son palais a pu se fourvoyer •Qssi lourdement, et prêter à ce prince des pensées et des paroles qui sont dans une telle contradiction avec sa position et son caractère.
Au reste , personne ne peut se méprendre sur le but d'une pareille insinuation.