‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 137 sur 205 · DS · texte numérisé non relu

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ches forcées sur Wîttemberg, fait lever le siège de cette place que Bulov^ était occupé à bombarder, passe TEIbe , tourne par la rive droite les ouvrages (^6 Bernadotte a élevés sur la rive gauche, et s'empare successivement des ponts d'Acken et de Boslaw. La division Delmas suit, parla rive gauche, le mouvement du général Reynier , et chasse Tennemi , qui voulait tenir dans Dessau. Les ponts que Blûcher a laissés derrière lui à Warteiiboui^ ne sont pas oubliés. Le général Bertrand y court et s'en rend maître.

Ces opérations ont lieu le 11 , le 12 et le 13 ; elles interceptent toutes les communications de Blûcher et de Bernadotte. On enlève leurs courriers, on enlève leurs fourgons (1), et des bords de l'Elbe s'élève comme un tourbillon de désordre et d'efiroi qui parcourt rapidement tout le nord de l'Allemagne.

Cependant la marche du général Reynier et du général Bertrand par-delà l'Elbe, n'est considérée autour de l'Empereur que comme une démonstration militaire assez inutile. On croit ne pou-

Le k» Corps.

Le 7« Goipt.

I>*a«tr6 piri.

Le général Bertrand.

Le général Beynier.

Armée 4a prince de la Kouova, iur la huÊb UoXét.

Nota. Le lie eorpt Tient d*étre dlnous et réparti dans les 4c et 7» corps. Le duc de Reggio, qui le commandait , vient d être appelé à un commandement dans la garde.

eO,OM hommei.

ILeSt- Le5« Les*

Armfo du roi

de Flapies, sur la haute Hulde.

Bn marche tor la Satie , le 9« corps.

Corps.

Corps.

Corps.

le

Maréchal duc de Bellune.

Le génëaral Laurislon.

Le prince Poniatowski.

j 40,000 Le maréchal duc de CastigUone. 15,000

155,000 hommes.

(t) Dans le nombre se ttoaraieiil les éqaipages de Morean.

«AWittenberg, aueiques jours avant la bataille de Leipslg, on intercepta des chariots et des » effeUydans lesquels étaient les papiers de Moreau qu'on renvoyait à sa veuve, en Angleterre...» L*Eii»perear Ait an moment de faire imprfmer ces papiers dans le lifoniteur ; mais fl existait encore en France quelques personnes aveuglément tenaces sur Topinion qtt'eiles avaient tmijonrs conservée de Moreau, s'obstinant à le regarder comme une victime de la tyrannie. La contre-révolution n*avait pas encore permis qu'on vînt se vanter de ces actes désavoués jusqneià, et en réclamer la récompense. La circonsunce41uimitié personneHe arrèU l'Empereur; Il ne trouva pas qu'il fut bien de la réveiller i son avantage, et de flétrir on bomme qn'iin boulet venait de frapper sur le champ de bataille. (Voir le Mémorial de Sainte-Hélène, par le comte de Las Cases.;

Lwrakb

voir arriver trop tôt à Leipaig , et l'on est assez généralement disposé à blâmer un vain épouvantail qui retarde d'autant la réunion si désirée de tous les corps d'armée sur la route de Mayence. Combien Tétonnement est grand lorsqu'on apprend que la marche de ces premières colonnes n'est que le commenoement d'un grand mouvement sur Berlin ; que le plan qui s'exécute est tout l'opposé de celui qu'on a rêvé ; qu'au lieu de marcher sur Leipsig , TEmpereur rappelle à lui les troupes qu'il a de ce côté; qu'il ne s'arrête à Dûben que pour les attendre, et qu'enfin c'est Magdebourg qui va devenir le centre des opérations ultérieures. L'Empereur lui-même n'en fait plus un mystère ; il veut retirer l'armée Êrançaise derrière la barrière de l'Elbe , manœuvrer ensuite à loisir sur la rive droite , entre Hambourg et Dresde ; et, s'il faut tenir un mois dans cette position , mettre du moins le temps à profit , rançonner Berlin , dégager nos places de l'Oder , rallier toutes nos garnisons aux opérations de l*armée active, et saisir la premià*e occasion favorable pour repasser l'Elbe, fort de tout ce qu'on aura réuni d'avantages, eide tous ceux que de vaines manœuvres auront fait perdre à l'ennemi (i).

(1) Le plan de l'Empereur était de laisser les alliés s'aTancer entre l'Elbe et laSaale;et, manœuvrant muia la protecLkm dei ptaieea et magasina de Dresde, de Torgau, de Wittemberg, de Magdebourg et de Hambourg, d'établir la guerre enUe l*Elbe et l'Oder (la France possédait sur l'Oder les places de G4«gaa, de Custrin et de 9tettln ) ; et, selon les circonstances , do débloqua les places de la Vistule : Bwutf , Zamoac et MorHii. U y attit à espéfer un tel succès de cef vaste plan que la coalition en eût été désorganisée. (Mémaêres de mpéUên, I Stinte-Hélène, «ielée da eéaéi^l tfombolon»

Diaons toujours la Hftité : la hai^ diesse de ce projet .ne trouve que des censeurs. La plupart des che& qoi boudaient n'hésitent fduaè aa oMntrer mécontenta» et TEmponeur entrdvoii avec surprise que l'ardeur d« tant é'hemmes dévoués quand aa mafehe de succès en succès, n'est pas k réfveuve des vicissitudes trop longtemps wiées de la fortune (1).

Ài-je besoin d'ajouter que tm ae sont pas les daagera du combat i|ue l'on re* doute, la suite des événements le fera vcâraaseï; maia tel q«i ade la résolution sur le cbanqfi de batoîHe , n-m a pas toujoufa au eonfieil , et bien des tètes ont fMliî dbnt le ixbat ne MUt jumais. Ici ce qu'on redoute , ee qui met ppeaque eit réveto, c'est* d*4tie séparé de la Franoe peet-ètre pendant un mois entier. Tout dispettlt à edté d'un tel malheur ; et , dans i'iAitété où tomdbeotles esprits, on tie v<^^ plus rien comprendre aux oombiBafaona de l'Empereur, quekpiè grandes qu'dles puissent être.

Cependant les jouraées du 11, da ia,,du 13 et du ik a'éeoâlèBt sans (fae l'Empereur quitte Dûben. Il se tient presque toujotirs renfermé dans la chambre où l'on a placé son lit et ses cartes. Le prince de la Moskowa et le prince de Neuchâte! y entrent Souvent, vont, viennent, et paraissent fortement préoccupés. Si Ton veut apprécier à leur juste valeur les accuaationsde des-

(t) La fit«el»eec Ie<léeevrag6ii)etfi gigaaient le plus grand nombre ; mes Ileuteaaats deve- Daieat mous, gauches^ iialsdroHs, oi {par eo»* aéqneal waHietti^ux. te vrai, c'est (pfen général les généraux des premiers rangs ne demandaient ciee du repos... ell'easse&t i<fteié à «ovt prix. (Voir le Mémorial de SêinU-Ùétète, par le comte de Las Cases.)

CÀMPjmi DB mz.

prtliaMi» Al tgn«iute let dëmMnaml dmt tftni de Mbelleê GterdMit à nokr^ obr le oftE^elère de Nepoléoo, il faut le «MeidémecdMiiee moraeiH. V<rilà troU jours qu'il se laine arrêter par les oIh servations de quelques-uns de ses compagnons. Il discute , il refait avec eux tous ses calculs. En soulevant ce coin ëit voile qui le couvre à Dûben, n'ai-je pas à craindre de fournir matière au reproche opposé, et qu'on n'en profite mnateAaat pour aecuter Napoléon d'àfoir laissa gnnik tutmr de hù des ¥rfoalé9i|Qe le général Bonaparte n'au-»

littpaiioottlées?

Bflân , aprts de longues bësitalions , ■oureot wa graia suffit pour Aier les iBMrtitttdes de la balance. Le prittoe de JKenehàtel revient à la diarge; il imt à la main un petit btflet daté de Munidi : la défection de la Bavière est eMaornoiée 1 Le Boi a été entratné plus f^pidement qu'il n'avait calculé, et le tndlé y arrangé d'avance au quartiergteéfBldeilM, parles deux généraux en chef de Wrede et de Reuss-Plaûen, a été signé le 8 octobre.

Cet événement devient le texte des nouvelles instances qui assiègent TEmpereur.

Cependant la défsction de la Bavière ft'ealpM naaifamiit neuvwu. L'Un* fPMWP a admis eette eombinaison parmi toutes les autres lorsqu'il s'eât décidé à son mouvement sur Magdebourg ; mais il devient de pluaen plus évMtnt k ses yeux qne les chelii de l'armée sont dée ooragés, que les hom* mes sur lesquels il comptait le plus pour l'exécution de l'entreprise hardie qu'il médite ne sont plus disposés à un ptfeaeAMrt, eiqu'enfo il y aurait de l'imprudence peut*étre à les mettre à cette épreuve. Quoi qu'il en soit, l'Empereur se résigne à suspendre l'opération commencée , mais il cède

ici oontlis son sflmhneit itHime {i\.

Les généraux Beynterel Bi^rand^ qui n'attendaient plus que l'ordre de s'avancer sur Berlin , sont rappelés.

Pour arriver à Leipsig avant l'enhemi, il n'y a pa^ un moment à perdre^ il feut laiseer le maréchal Saint'<]|yi' k Dresde , le prnice d'Eektnfthl k flam^ bourg, le général Lemarrois fc Magde-^ bourgs le général Lapoype à Wittem^ berg, et le général Niff bonne à Torgau . Cette nécessité est déplorable; mais rEmpereur est Uen lohi encore de la considérer comme définitive. Il vient de recevoir des lettres du roi de Na«« pies. De nouvelles chances survien-* nent, et les événements qui se prépa-^ rent peuvent remédier k tout. Voyons ce qui sepasse du côté de Leipsig.

Le duc de Casti^ne vient d'arriver.

Un combat des plus brillants a signalé le terme de sa roito longue et difieile. L'armée de Bohême avait détadié contre lui des corps qui^ le 10, se sont trou^ vés sur son passage entre Naombourf et Weissenfels. U a fidhi leur passer sur le vmtre, et l'enûemi a ienti don» eette rencontre tout le poids des Vieux sriwes que la cavalerie du généralllilliand rapporte d'Espagne.

De son côté , le roi de N4>les, aptfèa avoir dBsputé defrmt la posaession de Peniget d'ÀHenbourg ëTavantogardë do prince de Sehwanenborg, s'est retourné contre le corps de Wittgenstein , qui arrivait sur ses demies à Borna.

Gontenaat à la Cm rennemi qni vou-; lait les suivre de trop prés et celui qui entreprenait de les devancer, la cavalerie de Latour-Mauhourg et l'infanterie

(1) n Ta dit plastoars fois depuis, ei il le ré^ pèlslt toates les fois qu'il Jetait mi coup-d'œil entrritee: il eiki évité ses dânstres sMl avait tfflloars saivi sesprspres impalsieas. Il B*a foUU t«e qasad il a oédé à celles 4*autnii.

de Pomalowiki ont réutti, a]^ qael<ques dianoes diverses, à surmonter toutes les difficultés de cette position (1).

Le roi de Naples se replie en ce moment sur la plaine méridionale de Leipsig. Les corps du duc de Bellune, du duc de Gastiglione et du général Lauriston s'y trouvent pour le soutenir.

Le reste de Tannée n'a qu'une marche à faire pour s'y rendre ; le duc de Raguse, détaché d'Bilembourg pour aller à leur rencontre , a déjà opéré son mouvement. Dans vingt-quatre heures, la réunion complète de toute l'armée françaîse peut donc être eflectuée sous les murs de Leipsig.

Quant aux alliés, ils sont encore séparés. Le prince de Schwarsenbei^ , q }i* a mis douze jours à s'avancer dans la plaine, n'était le 12 qu'à Alleatxmif, et Bernadette, après avoir suivi un premier mouvement qui le portait vers Schwarzenberg , paraît avoir cédé à un second mouvement qui le rappelle sur Berlin. Des avis qu'on vient de recevoir anïionooit qu'il fsài en ce moment une cmtre-marcbe de Halle «ir Coèthen. Blûcber le suit sans doute.

Toutes les probabilités se réunisseni pour nous promettre que l'nrmée Mnçaise sera en mesure de combattre Schvrttr^nberg isolément (2).

Du moment que l'Empereur a eonçu cet espoir , il a pris son para : Tordre du départ est donné. Avec qtid exnr pressement on l'exécute I Sans entrer

(1) I^ It , les Russes ont reça ua séfère échec sous les coups de la cavalerie française, vaillammeut conduite par Murât, qui chargea plusieurs fois, le sabre à la main, le premier sur Tennemi, le dernier à la retraite. ( Voir TouTrage de sir Wilson, page 96.)

(9) Un coup de tonnerre pouvait seul nous sauver I Rienn^étaitperda tant quej'avais pour moi la chance d'une bataille, ei dans astre position une seule victoire pouvait encore nous

dans tous les eridils de bv»«|Hi«iiMH| on voit bien que le moins qui noua puisse arriver , c'est de retrouver 4a route de France, et k joie la plus vive brille sur tous les visages I

Ghangemeoi de dlredioa. — L'amée se autour de Leipa^

' (loumée du IS.)

Parti de grand matin de IKdMi « TEmpereiu* arriva de bonne bëurèi Leipsigk Cette ville est ooeupée 4»* puis plusieurs jours par les forces rétt* nies du duc de Baguse et du duc de CasUglione. En entrant dans le htar bourg , Napoléon jette un oou|Hd'€Hl sur la position de PfiiSendorf et sur le cours de la Partha , qui protégeai de ce côté la défense de la ville.

Il traverse ensuite le foubpurg éa Balle. Arrivé sur les boulevarts , il siiil les allées circulaires qui eavelcff/eni la vieille cité et la s^pwrent de aes fuibourgs (1).

rendre tout lé aord Jusqu'àHantrig. (Ydr le MémorM de SainU-MOême, par le oeiats 4«s Las Cases )

(1) La vieille viHe de Leipsig, qui n*est pas fort étendue, est renfermée dans une encelate inéguUère dent renaMAUe fiMaa pieaiiiB «é carré. Cette enceinte eoosiste eo une vieille chemise de maçonnerie couverte d'ua fossé presque effacé et sans contrescarpe, autiour duquel règne un large boulevart planté de deux rangées é^arbres.

Quatre portés oavreat les on )9Rtre la ville vieille et ses iMMiievaru :

Au nord^ les pertes de HaUe el de sladt ; c'est la route de Lindenau par le pont de l'Bsler ; à Torient, la porte de Grimito ; ail sud, la porte Saint-Flenre.

Àu-'delè des bouléftrts joM de vâHes hBrr bourgs qui eavironneut la ville.

Les faubourgs du midi et de Test sont fermés par des murailles ; des barrières sont placées aui points où les principales route» vien-> nent aboutir.

CAMPAGNI

Après avoir jeté ce premier coupd'onî sur rensemble de nos positions, l^mpereur veut les 4>arcourir en détail. De la bergerie de Meusdorff , il des* eend dans la vallée de la Pleiss. li trouve à Dolitz le prince Poniatowski.

Son corps d*armée borde la rivière jusqu*à Harkkleeberg, et forme l'extrême droite de notre ligne. L'Empereur se bit indiquer tous les points par où Fennemi pourrait tenter d'effectuer le passage de la rivière ; il reconnaît les ponts de Connewitz, de Dolitz et de Lossnig, et recommande ces portes du camp à la vaillance des Polonais.

Poursuivant sa tournée , il trouve le maréchal Augereau , duc de Castiglione , sur le penchant du coteau, entre Dosen et Markkleeberg. Ce corps d'armée doit concourir , avec celui du prince Poniatowski, à la défense de la droite. Les troupes qui le composent arrivent de France; il vient d'être organisé à Wûrtzbourg ; c'est la première fois qu'il paraît en ligne sous les yeux de rÊmpereur ; trois de ses régiments n'ont pas encore inauguré leurs aigles.

L'Empereur ordonne qu'on procède à cette cérémonie militaire.

Aussitôt les troupes se rangent sur les trois côtés d'un grand carré. La suite de l'Empereur occupe le quatrième. Napoléon s'avance au milieu.

Tous les officiers des régiments se

Les ftttbourgs du nord sont couverts par la Partlia.

A Test, du côté de Lindenan, le ftuboorg de RandAadt, qai est celui de la route de Lutzen, est ou long défilé renfermé entre les marais de l*Elster et la Pleiss ; il n'a pour entrée que le ^ont qui est au bout du bouleyart, du côté de la porte de Halle , et pour issue que la me longue et étroite qui mène à la barrière de Madhraiistadt ; c'est par là que toute Tarmée française doit défiler. (Voir Touvrage du colonel Bootourliu , alde-decamp de Fempereur Alrcaadre,pagel4f. /

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