ARMÉE DES ALLIÉS
Le général BlQcher, commandant en chef.
DITISIOKS.
La dlYision polonaise Dombrowski.
S* Corps.
Cavalerie.
Le duo de Padoue.
S» G^rpg.
Inranlcrie.
uvHvi ai ovunani*
Jacquinot.
i Fournier.
f Lorge.
(Les deux divisions Atberl etRicard,pour \ mémoire.
DivisioaOwtaiaf. S»OtO
Langeron.
Yorck.
Czerbatow.
Saint-Priest.
Atcatew.
Kaçelzwils.
Steinmeis.
Mecklembourg I Horn. }
UunablQ. \
Jurgaff. J
Liewen. j
VassilzickofT. )
d'attaqutTt oDt fini p«r appder le secours de Sacken et de sa troisième armée.
Vers le milieu du combat, ladirâioo Debnas est arrivée.
Le prince de la Modiowa anoonce à fBmperenr qu'il profite de la nuit pour Mte replier tout son monde derrière la Partlûu Le duc de Baguse va border la rivière du côté de ScbœnMd ; le duc de Padoue et la division polonaiae de DombrowAi vont s'établir dans la po- 8itî<m de PMIendorf, à l'entrée du fcubourg de Halle ; les deux divisions du général Spoham sont définitivement rentrées sous les ordres du prince de la Moskowa. Ainsi, après avoir été appelées de la Partba sur la Pleiss, eUes ont été rappelées de la Pieiss 9mr laPar« ^ Aa. Il en est résulté que ce corps d'ar- ■aée a passé tout le jour k flotter entre les deux batailles sans verser , ni d'un e4té ni de l'autre, fe poids que quinae miUe braves pouvaient mettre dans la bahace. G*est, aux yeux de l'Empereur, le malheur de la journée.
Cependant les dMaib qu'il reçoit des pertes du duc de Baguse sont d'une gravité afligeante. Cette armée est restée pendant cinq beures sous le feu de plus de cent pièces de canm. L'élite de nos régiments de marins a péri ; les généraux Gompans et Frederieh , et Je duc de Baguse lui-même , ont été blessés.
coMiâT M Lnmnrfto.
Aux nffwU du prince de kMo»»
kowa succèdent ceux du général Bertrand.
De ce eélé, le salut de l'wuée aéfté unin8tantcoaipromi8.Gtidiy, rapenaaaat les attnqies de notre avantigaidet l'a lait reculer d'abord jusqu'au feras de l'Elster qu'on ai^pdle la Luppe^ Ajbre les pibnts de Lindenau étaimt au pouvoir des Âutrichi«6 : c'en était fiût si Giulay les eéi fait sai^er I... Mais Bertrand, n'écoutant pins que la néoessité de vain<are, a ram^ié ses troupes à la cbarge, et la Victoire, doirt le regard maintenant si sévère pour les Fran* çais, a toi par sourire k tant d'eSorCa, Noussoouaes rentrés en pooaessionde Lindenau ; nous occupons les ponts; Giulay nous a abandonné la route d'Erfurt; il s'est retiré, par Kieia-Zsdiocher, sur le gros de l'armée autrichiMine (1).
La route de France est done libre I Cette nouvelle se répand aussitôt dans le camp, et le Boa du général Bertrand est dans toutes lesbouches.
Dans cette journée saagknte, tout le monde a lait son devoir : généraux et soldats, tous, également animés du {dus noble dévouement , étaient décidés k vaincre ou k périr. Augerean , Ney , Victor, Marmont et Maodonakl ont soutenu leur renoimnée; Lauristmi s'est montré leur émule, et Poniatowdd a gagné son bâton de maréchal. Cédant k je ne sais quel pressentiment, l'Em-
(1) Btai comparé en ieux armée$.
ABllte FRANÇAISE, GooiBitiHlée par te fénéral Bertrasd.
AftuiE AmniiGBiBifrai ,
Gommaiidée par le général OiiilaT.
4« Corpa, dana lequel le 11* a élé foDda.
( DiT*KoraiHl. | i GoiHeminot. } \ Fontanelll. )
4ft«Mi Gorpi de eiattr.
1S,0M •^deThlehiana.
ii,sii
niTiakm UelitraftelB.
tS,SM
CiLlIPMKI M MIS.
peraor, conuM s'il fi'tvaH pas de temps à perdre pour acquitter se dette envers Fooialowdii , lui fkit remettre, sar le ehanp de bataille mAme de DoKts, ks ias^es de maréchal de TEmpirei
En résumé, nous avons vaincu à Viehau; mais notre victoire n'a pas été aAevée(l). SurlaFarttia, lenoôdlirea aoaMé la valeur; il a Mu céder la pJaine aux Prussiens ^ et cependant rien n'est ^core décidé. Ce n'est que du cAlé de Lindenau que nous avmis un résultat : Tannée française a con* qms sa retraite (2).
Déos l'état oà sont les affaires, même fcm couvrir un mouvement rétrograde et le protéger jusqu'aux déilés de la Sade , il fimt recommencer la bataifie, et cette Béeessité achève de prouver et démettre en évidence tous les avantages de la podtion que Tarmée française oceupe en œ moment
(t) Le IS, les alliés ftifent oomplètement repotisfés, perdirent plus de irente mille hemates,et ftvent oUigAB de reowtlreav surlea* dsBMito à i«BMiTeler le eontet. (Sir E^iert WilsoB, Iteoin ocsltire, ItaNMti df lapniê- «meede (a Ai«<0 , p. S7 J
Cependant, plus la lutte se prolcmge, plus les aBiés reçoivent â'auxHvme.
Notre camp n'attend {dus que le fidble corps du gteénd Keynier. Chez rennemi , le nombre des combattants va presque doubler par Turrivée de trois nouveaux coips d'armée. Bemadotle couche à LanÂerg, Colloredo arrive i loma, etBemûgsen à Nanmborf.
Napoléon accepte l'occasion et veul essayer encore une fois, s'il est possible, de s'entendre.
On a rendu k M. de Merfeldt son épée ; ila partagé avec les géntoiux de la maison le repas frugal du- camp.
L'Empereur le prévient qu'il va le ren-* voyer sur parole, et le charge de porter àTempereur d'Autriche de nouv^es offres de C(mciliation.
M. de Merfeldt est aussitôt conduit aux avantrpostes. Il passe au camp des alliés ; et dans le moment où ses amis d^rioraîent son malhevyr et sa captivité, il reparaît au milieu d'eux décoré d'une mission que tout vainqueur aurait i biticmnée.
(2) HécapUiUation comparée éê$ deux arméeê belHgértmiet. {Journée du 16 ocUnn^e.)
ABMÉB FaAKÇAISB.
Ponlatowiki. 8,000 \ 8»000J
• Mince, t -,,-.i-»A«
▲BBididelGtTalerie
diifoldciï"ïy*- H.pi-. Sï&art.
MorUer.
I3.ni4i Priant.
inpériale ^^^^
' NaoBoutj.
/VariDont.
sSSi»***
fftht I K«T. JDelmas. slooo)»»*^
'■™"* l \DttedePadoae3,000;
Undaiiaa. (®*"»*'«' Bertrand |b,000
130,000 Nêim; Las deux dCvIsiont Souham, qiii n'ont pai c«Bitettu» «t le eerpt de Xernier, quJ n'élait pas •rrlré, m sont p» coiii|»rii dins ce relevé.
AXUiB MS AIXIÉS.
(Seliwanenberf.)
Aiitri'> chiens.
Rosses.
/ Hes.-BomiNMtfg. SO.O0O \
{Verfeldc. '
(Klenan.
r WlUKensteiD. 80,000 ) «. ma I
[ Baretar da ToUy.85,000 1 '^'^ (
rXleist.
( Ziethen.
Plalow .
s/iooj
Armée iLaagenm.
de { Yorck.
BlOcher. ( Ssnken.
Sl,000( ( 70,000
Gorpt de Giotay .
LtlBtlI.
dttlV.
• 'Le 17 BU matin , le temps est plmleux et sombre. L'arrifée du jour n'interrompt pas le calme morne qai règne dans le camp. On s'attend à toit l'en-* nemi recommencer le oonnibat; nos troupes sont sur la défensive; mais l^rsonne ne se présente, et la journée entière se passe sans que le canon se tese entendre.
L'Anpereur , qui est en mesure de recevoir la bataille, perdraM trop dV vantages en 'allant Toftir. H faut donc aiVtendre , et se contenter de mettre à profit le temps que Fennemi nous laisse.
Tandis que les caissons vides vont se remplir, que le soldat répare ses armes, et que de tous côtés on se prépare avec 6alme et activité à la reprise du oomter, l'Empereur passe la journée dans sa tente, disposant le nouvel ordre de bataiHe dans lequel il veut recevoir ^ennemi.
La pluie tombe à verse sur les M^ vouacs. Un profond silence règne autour des tentes du quartier-général , jusqu'au moment où le lever de la lune vient dissiper l'obscurité de la plaine. Alors le mouvement prescrit conomenceà s'exécuter.
Journée du IS.
Dès la pointe du jour, Fennemi, encotura^é par Farrivée de nombreux renforts, s'est mis en mouvement (1).
Hais il n'a plus trouvé l'armée française Sur remplacement de la veille.
Les ruines silencieuses deVachau et de Liebertwolkwitz n'ont plus opposé de
r: U) Depuis la Jotniéedu lS,lss alliés avalent srossi leurs masses de plus décent miUe hom- SMS. (Voir rouTraga ducoloBsl BDUtourlin,aiidede-camp derempereur AUtjLandre ; ISiS, page 140.)
risMi&ce : tMs nés postw ( caW d'une Be«e.
Au moment où PEmpereur vint se' placer sur le Tbaab«rg, les alBés Wfm^ çmmi^ à grands pas, poussant leurs t4^ tes de coloDins sw toutes les dhec^ tiMs. La plaine en est «ouverte; ^tf retentit asfus oeCte muttitode d'hommai et de Qheva(n> et sous les roues iMéss de tant de canons.
A dit^ile , dans te vaUon de ht Hrâs , lâf^ande armée wtridhietme nukrclie sur le maiéobil Pevittlowski. Ce sotti les corps de Hesse-^HonriMorg , d« LîcMenstein , de BisncM , de CoHéèedOy et les restes de l'armée tte M«n Mdt. L'ermée polondse ne eompt» plus que sept miUe Mumnallès ; mais, avec le secours de la difridon Lefol^ elle suffit d'abord pour «rréter rawnsfr» garde autriehienne à Dose».
Au centre^ les Busses de Beiolay ém ToUy et de Wittgenstein , et les Fhrussiens de Kleist, arrivent l'arme au bras sur le village de PrabstbeydSf oà le roi de Na|ries, le duc de BiUune, le duc de CastîgBoTie et le général Lan*ristoiî les attendent. Ce village forme maintenant l'angle saillant de la ligne française ; deux formidables batteries, établies sur ses ilancs, en défendent l'accès.
Sur notre gauche, le corps prussien de Ziethen, Tannée autrichienne de Rlenau, l'armée russe de Bénnigsen et les Cosaques de Platow maùqeuvrent pour déborder le duc de Tarente, qui est resté à Bolshausen; mais celui-ci, voyant que le moment est venu d'exécuta* ses instructions, rentre dans le mouvement général de retraite « ^ vient prendre la place qui lui est éisignée à Stœtteritz.
Du côté du nord, Blûcher et Bernadotie se di^osent à franchir la Hrtha ; le prince de la Iffoskowa et le iu€
GAMPAGttfi
I iMt êûL fOtMM deleârdis^ HfmBàfjê. Le général Reynier , ftàeé m^vant de Itettdnitô, observe les è&m routes d'IOemboiirg et de Dresde, §1 6«ttvre la communicatioa du prince àm k MeskO'v^ «vee rEknfwrettr.
La batuOle detletti t^rftle dit nio'mâolk ok reanemi aborde la l^fne qui rla{>oiftion déâliitiYe de Farmée Ott se iMttfle avec furie; I4 qttel^ett efforts que fassent les i , ila tfMve&t partout une I tfivtaictble^ La friMt de Bessi-8midMMirg, qui lili'miail lés attaques oon^e Fenialovvs^ U» aat tai^^ UesséV mats Haaefaiil CMbrada , qmi l'aot mnplaeé , ofit fait iaattter lea PoIquoîs. L'Empereur mtbia la due de Beggio, avec deux divi^ sl^na ÛB la garda, pour les soutenir. D diaadiid hiino^iAine du côté de IMitri; i aat téBEMÎft de raehamenieiit des Au* «fteiMliSi et des prodiges que fait la vsh laib' polouttsé pour en triompher.
L'£asperaur eat rappelé sur la hautaw da PrcAatbeyda. Il y arrive dans la laaasettt oft les idliés attaquent ce village avee le plni de fureur. Le génélal Pirdi at le prince Auguste de Prusse y aiH pénétré. Les chevaux de main , les blessés, tous les hommes inutiles se retirent en désordre. Le brouillard et la fumée permettent à peine de se reconnaître. Le tumulte de Ta mêlée couvre le bruit de rartillerie. Napoléon, calme au milieu d'un tel bouleversement, pousse jwqu'aux noigs les plus avaneés; y dispose lui-même les réserves de la vieille garde pour remplir les vides, et ne revient à sa position du moulin qu'après avoir rétabli le combat.
Partout raatkm sa soutient avao un acharnement qu'il est impossible de décrire. Bennîgsen attaque Stœtterilz, et ne peut parvenir à l'enlever au duc de Tarauta ; Wittganstein et Baralay de
Tolly reviennent à la charge contre Probsthe^^a, y pénètrent de nouveau, perdent ce village, le reprennent et hiî perdent encore. Bellune, Castiglicmi et Lauriston ont Juré de ne pas abah^ donner la position.
Mais comme si ce n'était pas assez d'avoir à contenir de pal^illes attaques, il fiiut ttnutiér la tête du côté opposé « et parer à des incidents plus impérieut eneorei Mâcher nmis attaquait au nord alrec nom tnoins de vi vaéité qUé SéhwaN zenberg au midi; mais son canon res^ tidt stattcihndre anr la Partha. Toui I coup des feux plus rapproehés édatidi presque derrière nous , entre nos deux lignes, du oété de Reudnite : e'éil M canon da Bemadotle I
n itiarehait aur IteateitÊ ; l'amiéi saxonne du général Reyniér lui fidËait face ; l'Empereur suivait des yeux leuri mouvements ; soudain un vide ffou-^ vre au centime de notre ligne : l'armée saxonne et la cavalerie wftrtembergeoise du général Normann ont passé du côté des Suédois ; douze mille hom-*mes et quarante pièces de canon , qui tout à rheure tiraient contre les alliés, tirent maintenant contre nous.
Pour tout autre que Napoléon , la ba^ taille était perdue ; mais pour lui rien n'est encore décidé : il observé aveè sang^froid révénement (1), et il ne dé-
Ci) Au moment où la bataille est compromit pirr fa défecthm de l'annéessxoniie, un sanenft dterte l««valéoa ; n est k d» aHéi, ^tti sai proprss ollcien ; e*esl «n Soen ; voici oe q»*41 dii : « Jttsqa'k ce moment , 1 Empereur s'était » montré dansleplos grand caVne, toujours égal » à lui-même ; pendant la fasuille, ft était pres- 11 que tosjours, eooffliS ^ M^ MHaàf^e^ freM« »féaéchi et csaoeotré. Gs flevsrs mlaïaat » produisit aucun changement dans son maiO' » tien, quoiqu'on put observer des symptdmes » de découragement sur soft visage. » ( Voir reatrage du majot satoti Odeteben, témoto oeaUive ; t. Il, page as,i
6g0 L'SMPIBE.
se^re pas du salut de Tanuée ni de . venu à le reprendre, k SWterito et à
C(»uiewitz, lee alliée n'ont pas élé pfan
rhonneur de ses armes. Il prend son parti, s'élance au grand galop à travers la plaine , se dirigeant sur Reudnitz ; les réservesde la garde y accourent sur ses pas.
Bemadotte s'avançait , n'ayant plus en tête que la diviûon Durutte. Le prince de la Moskowa avait détaché la division Delmas pour barrer le passage aux Suédois à Kolgarien. Le général Deknas et des files entières viennent de tcmber sous les coups de l'artiHerie saxonne. Leur sang tachera longtemps la plaine de Reudaits !
L'Empereur arrive pour ralKer lesdivi* aions Delmas et Durutte. L'avant-fiarde de Bemadotte pénétrait dans Beudr siti; elle n'était plus qu'à un quart de Ueue de Leipsig, et les Suédois allaient foire leur jonction avec les Busses de Bennigsen. Mais Nansouty , avec la cavalerie de la garde et vingt pièces d'artillerie , se jette à travers les feux du général Rubna , qui forme la droite de Branigsen, et.ceux du prince Louis de Hesse-Hombonrg , qui tanne l'extrême gauche de Bemadotte. Des charges réitérées sur le flanc des colonnes suédoises ralentissent le mouvement des alliés. La vieille garde achève de rem* plir la trouée.
Le duc de Baguse et le prince de b Moskovira , restés en l'air sur les bords de la Partha, n'en ont pas moins résisté à toutes les attaques ; ils tiennent toujours dans te viltege de Schasnfidd, qui est comme un fimbourgde Leipsig.
La promptimde du secours a donc remédié à une partie du mal. Maintenant l'Empereur, inquiet de ce qui se passe à ProbsOieyda, remonte au mou«lin. Il y retrouve toutes nos positions intactes. Autant de fois le village de Probstheyda a été enlevé par l'ennemi, autant de fois le roi de Naples est par-
heureux.... L'eonfflii dira lui-mAmè combien ses attaques bû ont cùtAé cher (1). D se décide ^ifln k y moffcer. Déjà, m remonlimt au moidin, Napolécm venait de remarquer qu'on grand mouvement s'opéitit dans les positions de l'amemi. Leur pmniÂfe ligne reculait sur une étendue iaunense, et b phis grande partie de leurs Idpces semblait se porter de notreganehe sur notre droite. Celte manoBuvieavAil fût un momenl supposet que leur mtentioB étttt de passer ki*. Pleifis pour essayer encore une fois de nous couper la route de Irance à Lindenan. lisîs lesdliés imi trop soufliert pour être sî entreprenants ; ils ne songent plus qu'à faire r^er toutes leurs colonnes ; ils abandonnent à TartiHerie le soin de finir la journée (3). L'Snqiereur étaMIt batteries contre batto'ies ; si les feux dé l'ennemi sont plus nombreux et plus convergents, les nôtres, qui donoônent et plongent sur des odonaes plus pco»
fondes , ne font pas moins de lavages.
Pendant une heure, les deux années se foudroient, et les boulets sillonnoatles deux lignes sans pouvoir les âMD* 1er (3),
(1) La ténacité avec laqudile les JrsDçais d^ fendaient leurs positions, détermina le généralissime à suspendre les attaques de vive foice qui lui coûtaient Uni de monde. (Voir Touvrags du oolouei BoBteofHn, aide*ds-€amp de rempsrmr Ateaadie ; 18IS, pi«. ISS.)
(9) Bn se contestant de Jouer à ce jea, c^eHà-dire de fliire tuer des hommes, la supériorité numérique des alliés devait augmenter de plus en plus. CiiaH le eskol sur lequel les alliés avaisBt basé leur plaa de pampsgne. (U général Vandoncsurt, pag. SiS.)
(S) Les bauillons fran^is gardaient une Immobililé admirable sons le feu des batteries ennemies. Cependant le sang-froid leur échappe* FiémSiiaat de rage, Ils tentent de dâHeucher...
GÂHPàMI M 4813.
Auprès de NapcAéon lui-même, ploe de douze pièces sont démontées en un instant, et des rangs qui l'entourent, pins d'un miHier de blessés sortent pour être portés à la ville. Lanuit vient enfin mettre un terme au carnage. Elle nous retrouve à Probstheyda, à Stoetteritz et k Connewitz. Du côté de Keudnîtz, rarmée suédoise a été arrêtée sur le ruisseau qui couvre le village. Du côté de la Partha, le pHnce de la Moskowa a fini par abandonna* ScboenfiM pour rentrer dans une ligne plus resserrée qui suit le ruisseau de Reudnitz. Enfin , aux portes de Rosentbal et de Pfaffendorf, l'armée de Blûcher n'a pu gagner un pouce de terrain (1).
Les vtillanu défeosears de ProbsUieyda essuient des pertes accallantes. C*est là que les géoéraux Yial et Bochambesu sont tués en éonnantà leurs trempes Texemple du dévoiM» meut, tandis i|ise rarmée des alliés est ainsi arrêtée par rittébranlable constance des masses qtt*elle a devant elle. (Voir Touvrage du colonel Boutourlin, aidenle-caaip de l'empereur âiexandre ; têlS, pag. iSI. )
Le roi de Saxeétaft monté sur nne tour pour suivre les événements. Voyant Tarmée française environnée ^e toutes pans par les nombreuses lignes dlnfanterie , de cavalerie, d^artillerie , que l'ennemi développait autour de la ville , il ne povvait concevoir comment cette poignée 46 braves réristait avec tant de peraévémce. (Voir les notes à la suite de Touvraga du mijor saxon Odeleben; t. II, p. 3S1.)
(1) Malgré la défection de Tarmée mxonne
Qoaiit attgénénl Bertfand, il a exécuté ses ordres avec une grande exactitude : depuis midi il est maître de Weis^ seafels et du pont de cette idlle sur la Sade.
Ainsi les alliés, forts de plus de troia cent nùile hommes , n'ont pu rîen gagner Picore sur l'armée française, réduite & naoins de cent mille comlmltnts (3).
Le cancm ne grondait fim ; quelques coups de fusil édalaient seulement de Icmn ra loin. La terre et le del éliî«it éclairés par les feux inniHubraUes qui s'allumaient de tous côtés. Napcdéon s'étût nfproché du feu de son bivouac.
Assis si^ un pliant, il y dictait au IbiH jor-géoéral des ordres pour la nuit, lorsque les cammandants de rartillerie Sorbier etSulauloy se présement: ib
pendant la bataille, malgré le coulage ardent et persévérant des troupes alliées, on ne put enlever aux Français un seul des villages quils s*étaient proposé de conserver conime essentiels! leurs positions. La nuit termina faction, laissant aux défenseurs de Rrafesttieyda te gloim.d*aveir inay^iié à leats enMmfo use généreuse envie. (Sir Bobert Wiison» lMeamà$ la puissance de (a JRiMsie, page saS, 1817.)
A rentrée du faubourg de Halle, les Français, favorisés par le terrain , se défeodiveni avec la même Intrépidité que sur les autres points du dump de baUille où tons les elisria des Ensses forent inutiles. (Voir Pouvrage d« eolonol Boutourlin i alde-de-camp de reOH perenr Alexandre, pageisa.)
(9i) État temparé des deuet armées.
ABMÈB FAAKÇAHB.
letie dei corps avant combattu le iS, ) non^eomprift le i«, détaché sur Veli-i
Benforti i Las deux divisions Scobam.
7* Corps. Le général lerniei
Wvision nnrutte.
Armée saxonne.
Pivlsion Marchand.
iS5,000
AUiÉB lOS AlUÉS.
Colloredo.
Benoigsen.
Bernadotte.
Reste des corps ayant combattu le 40 Ksnforii smrvmim.
ÎHardea.
Wimpfén.
Greih.
) Markoir.
) Doctoroff.
ÎBulow.
Tauentzlen.
Sleding.
iBO,OM
L'IMHU.
ment des nmftitkiAft. On a tiré éum k journée qiiâtr0-vi«gv<ioinze ouile cottps de canon ; depuis cinq jours on en « tiré plus de deux cent vingt mille (i). Lês réserves sont vides ; H n'y reste pas plus da seiae mille coups : e'est à peine de quoi entretenir le feu pendant deu heures. Le grand paro, séparé de l'armée par suite du mouvement sttr Lai^ 4g, s'est retiré dans Torgau. On ne peut se réapprovisionner qu'à Magdebèurg et à Krftirt, qui sont les dépôts les plus voisins.
Get-état de cboiea ne permal pas de songer à rester plus longteosys snr ie oiMuitp de bataille. L Kmpemur se d^ Gide à la retraite, ei sous ses yen le Major-général expédie tous las oidr«a h ialaaur du feu de gaaia. Enfin, à huit heures, Napoléon quitte le bivouac ponr daseendre en ville.
loornée dn 19.
Lea eofipa du duo de Bellone et dii duc de ikûaiglione conuMnneni la re»
traite. Tandis qu'ils défilent à travers le faubourg de Lindenau , le duc de Ka-
il) A «ateadre ceux <|iii ne wknM parier que est pertii II* k France, an àtnài ^ wcwi4e sas nosbnrax boaleu a't porté «nr raaaemi. sl'pSiirCant l'artilleris frauçtiie ne aHiai|He pet de réputation ! Geffct, les rois ^ sa loal oba* Unes pendant si longtemps k revenir à la charge contre les Français, et qat, de leur propre aven, ne faisaient de trnlste qm pour Bileax se remettre en guerre, auraient l»ien aussi quelques eonpteiiirsndrè^à I*liumanité. et peut-être ces comptes ne seraient-ils pas iMâs accusateurs ipie ceux qu'on affecte ât demander à leurs adversaires, constamment réduiu à attaquer pour se défendre, qui ne pouvaient obtenir d^rmisticea qu'A force de vicloIroB, et ^f, pour porter de paix, dotaiem attendiâ que leurs ennemis âfTaiblis eussent Intérêt à sa réfufier un moment sous la foi Minutés t
gnaa aa maintient dans 1» fnibfwv <1^ Halle. Ses avant^poates occupent tou-jours la &bri<|ue de Pfafiendorf. Le général Reynier est chargé de la dé*fonae du fitubonrg de Bosenthal.
Le prime de la Moskowa Eût replier ses troupes sur les faubourgs de Test, Les corps, du général Lauriston ^ du duc de Tarante et du prince Poniatowslû, mirent sucœssivement en ville, et viennent prendre position derrière les barrières du oàdi. Ils (ormtfont Tarrière-garde. Lorsque Tévacuation de la vilie leur panaettra de se rapprodier des ponts de l'Eister» ils ont ordre da^ s'arrêter dans ies.qnartiers voisins asaaa de temps pour que Tannée du duc de Raguse et du prince de la Mosltowa puisse s'écouler avant eux. Non seulement tous ces corps occupent les foubourgs, mais ils tiennent aussi dans daa poaitîona avanti^eiiseft deniàre )m mura des jardina extériears. Laa kas^ rtères sont garnies de palissades ; les murs qui donnent sur ta campagne sont crénelés; tout est disposé pour «ne vigoureuae résistanoe^
Dam cette matinée, le niirécliil Ponialowskl est venu hiî-même prendre les ordres d& TEmpereur. u Prince, lui a dit Napoléon ^ vous déCandraa la fisu* a bourg dn aaidi. — Sire I j*ai tàm f&ê » de monde!... ^ Eh bien, vons vous » défendrez avec ce que vous ave2 !
» —Ah! Sire, nous tiendrons! nous » sommes tous prêts à périr pour Yotre y Mf^esté. » Ces paroles ont touché vivement l'Empefevr; et powflaBè il est loin de prévoir que ce sont les dernieis adieux de PoniirtbWskif
Cependant, les alliés, accablés par une perte de soixante mille boaunest tant tués que bleasés (1), n'osaiant son-
Ci) Voir la relation de sir nobart WUsaa i léaiola ooalaira, paga 89«
GÂMF^fiMS m 1815.
g9r à enlever Leip$ig de vive force.
ifaU Blûcher, de la pœitbn qu'il occupe , a pu voir filer nos équipages et nos têtes de colonne de Lindenau» et il a répandu aussitôt le bruit de notre retraite. A cette nouvelle inespérée, tous les camps des alliés ont poussé des cris de joie , toutes leurs colonnes se sont mises en marche. C'est à qui arrivera des premiers aux portes ; à qui entrera des premiers !
L'Empereur voudrait épargner à Leipsig les désordres qui menacent cette ville. Il ne s*est refusé à aucune des démarches qui ont été tentées pour régler d'avance avec Tennemi la manière dont la remise des portes devra s^effectuer. Dès six heures du matin , il a permis aux magistrats de la ville d'adresser une supplique au prince de Schwarzenberg. Des of&ciers saxons ont été envoyés directement de la part de leur vieux roi aux souverains alliés. Enfin y les généraux de Tarrière-garde française ont été autorisés à faire passer des parlem^taires à l'avant-garde ennemie. Tous ces messages sont arrivés jusqu'aux souverains ; ils les ont rencontrés accourant de Roda où ils avaient couché , et se pressant de rejoindre leurs premières colonnes pour faire leur entrée dans la ville. Mais c'est en vain qu'on a demandé que Leipeig ne devint pas le théâtre d'un combat qui pourrait entraîner sa ruine. Tout arrangement préliminaire a été refusé.
Leipsig subira, s'il est nécessaire, le sort d'une ville prise d'assaut , et cet arrêt «H pfooMcé p» cettx-là mêmes qu'on proclame les sauveurs de T Allemagne!
Tout semblait autoriser l'Empereur à n» plus garder aucuns ménagements, 4l à teair jusqu'au dénier monMttt dans Leipsig. Cette porition nous offre encore de grands moyens de défense , et l'on propose de les employer tous. ^
La vieilla ville a une enoeiota; iMip^Ml y renfermer six^mille hommes, ftti| avec soixante pièces de canon, l'oocv* peront comme tète ds défilé. Si les faubourgs sont un obstacle au jeu d# notre artillerie, on peut les brûler.
Avec de tels moyens» notre retiSits ail assurée : l'armée regagnera traaquilfaH nobent la Saak... Mais l'JSnpereur ni sairait se résoudre à esposer à un sûft si rigovreux Tune des d^Mates d# rAUemagne, et cela sons les ysftx di son roi qu!il vient d'y anoSner. Il aunt mieux perdre qndques centaiaes de voitares que d'abaisser l'aroiée ttnt çaîse à sestenir la guerre en barbarss* D'ailleurs, la retraite n'exige que quel» ques heures de délai, et l'année est esi mesure de se ménaffer le temps neees»
saire.. Il suffira de mettre à prodt ks moyens de résistance que les barrifcrMS des faubourgs et l'enceinte intétietire de la ville nous offrent pour retaader les progrès de l'esmemi.
Napoléon vi^ut sertir de la mille vsHe par la porte de Banstadt , qdi donne sur le fMibourg de Unâenav ; mais cette porte est défà eneombrée.
Forcé de retourner sur ses pas, il va chercher la porte opposée (celle de Saint-Pierre ) , revient par les boulevarts de l'ouest , et parvient ainsi à gagner le faubomig par lequel l'armée s'écoule.
Dans ce trajet, l'Empereur a recueillî des renseignements sur le véritable état des choses. 11 veut, avant de quitter Leipsig, faire savoir au r<Ti de Sam que le danger n'est pas aussi immineftt qu'on le croit, et par ses ordres le duc de Sassano va rassurer ce prince (1).
BIttcher a échotté dans les deux «ttt»
(1) Retardé par catte dernière Yisite, le duc de Bassano n'a pu sortir de la ville qu*aTecle dernier bataillon de la sarde ^ni se aoit retirée
L^IHHII.
qms qa'il a tentées sur le faubourg de Balle (1). L'arrière-garde du duc de laguae tient encore en avant de ce bubourg, dans la bbrique de Pfailendorf.
Le général Beynier est toujours maître du foubourg de Bosenthal. Le prince de la Moakowa défend avec la même obstination ceux de Taucha et de Grimma, attaqués par les Russes de Woroniow , par les Prussiens de Bukm et par Tannée suédoise. Enfin le duc de Tarente , le général Lauriston et le prince Pooiaftowdd disputent avec non moins de persévérance les faubourgs du midi. Partout on retieiit Tennemi , et l'on ne lui cède le terrain que pied à ined. Nous conservons intacts derrière nous les boulevarts drculûres el la vieiUe vSIe» et nous pouvons tenir longtemps encore cette dernière positioB.
Sans cet état de choses, le grand pool de l'Elster , par lequel les boulevarts débouchent sur le faubourg de Lindenaa, devient un point essentiel dont il fout s'assurer. L'Empereur ^h peBe encore une fois , sur l'importance
InmédiaiaMal après reooapiUon de L«ip- »ig, le roi de Saxe fat condull I Berlin. Le prinee Repoin adminlsU'a le pays aous le titre de goavernear. A. la Sa de tst4, le goaveraear nuM remll la Saxe k des oommissairei prasatana, et ce n^esi eaSa qu'aprèi le oongrèa de Vieane qae le roi de Saxe a retrouvé sa capitale» une partie de ses états et qaelqae repos.
Cest la France qui, an congrès de Vieane, a aanvé la maison régnante de Saxe.
(i) Saeken se présente pour enlever le flraiMrarg de Batte; mais les troncs de Marmoat se sont ratrancbées dans la flibrl<pie de Pftffeadorf, à cinquante pas en SYant dn pont qui sert d*entrée k ce ftiiibourg. Les Russes ne peavant les y ftMver, Langeron se porte an secours de Saeken. Cette seconde tentaUYC a*est pat plus kenrense Lerégiaieatd*Ardiangel y est presque détmit, et les Russes sont vivement repousses. (Voir l^eavrage du colonel Boutouriin, aide-de-camp de Tempereur Aleuadre , page 14S.)
de ce pont, l'attention des officiers du génie et de l'artillerie. On devra le faire sauter, quand notre dernier peloton se retirera de la ville , et qu'il ne restera plus que cet obstacle à opposer à Fennemi. Les sapeurs se placent aussitôt sous le pont pour commencer les travaux de la mine (1).
Après avoir donné ses derniers ordres, TEmpereur s'engage à travers la foule dans le fitubourg, qui a plus de mille toises de long. Il n'arrive qu'avec les plus grandes difficultés au dernier pont, celui du moulin de Undenau. Là il met pied à terre , et jdace lui-même sur la route des officiers d'étatHoaajor» qui indiqueront aux hommes isolés las endroits où chaque corps d'armée devra se réunir. D monte ensuite au premier étage du moulin, pour y dicter à son secrétaire du cabinet les instructions qu'il veut répéter par écrit aux généraux de l'arrière-garde. Ces instructions ont pour objet princqMd de donner au maréchal duc de Tarants le commandement en chef de cette arrière-garde, qui se compose des onzième , septième et huitième corps , et de lui recommander de tenir dans la vieille ville vingt-quatre heures encore, s'il est possible , ou , pour le moins, le reste de la journée. Tandis qu'on expédie la lettre pour le duc de Tarente, l'Empereur fatigué se laisse surprendre au sommeil ; il dort profondément aa bruit des soldats et des voitures qui
(I) L*Enperenr avait ordonné dans la naît qa*on Jetât trois ponu ansiliairesaar la Heiss; mais cet ordre est resté sans exéeatioa* 11 avait ùAi Jeter un second pont sur Insister dans le Jardin des Juges ; mais ce pont n^a^aat pas aases de seUdlié s*était «croate premiers Airdeanx. Ceux qui seali de celle mauvaise coastmetioo, ont faitaataat de mal que les maladroits qui ont ftiit sauter le grand pont.
CAMPAAia M 181S.
défiieiit 8nr la route, et des coups de oeiicm qui retentissent de tous les buboui^ de Leipsig.
Soudain une plus forte exf^osion se bit entendre. Le tumulte redouble. Le Toi de Naples et le duc de Castiglione accourent , montent à la chambre de TEmpereur, et le réveillent. Il apprend de leur bouche ce qui vient d'arriver.
Le grand pont sur FElster a sauté 1 Cependant les troupes du duc de Tar rente, du général Laoriston, du génénd Reynier et du prince Poniatowski sont ^core dans la ville! Plus de deux cents pièces de canon sont encore sur les boulevarts I Tout moyen de retraite leur est donc enlevé; le désastre est complet! Hais quelle en peut être la cause? Qui a donné Tordre de mettre k feu à la mine ? Commet expliquel-on cette inconcevable précipitation?
Sans ce premier moment, on ne smt rien , on ne peut rien apprendre. Tous les bruits qui courent sont absurdes et contradictoires. On se perd dans de vaines conjectures. H fout se laisser entraîner par la foule en désordre qui a pu s'échapper de Leipsig. On suit madiinaiement la grand'route d'Erfnrt.
Le soir, on arrive à Marckrandstadt, où l'Empereur s'arrête quelques heures.
On 7 apprend que le duc de Tarente a traversé TElster à la nage. Mais en môme temps, le bruit se répand que le général Lauriston a péri ; et cette nouvelle qoute encore aux chagrins de Napoléon (1).
Quelques escadrons saxons nous étaient restés fidèles ; l'Empereur ne veut pas les emmener plus loin, et leur fait écrire qu'il lea dégage de leurs devoirs militaires envers l'armée française. Enfin, au point du jour, on se remet
(i) U aoavelle de la nort 4v général JUarl»tOQ n'a été démentie que quelqaef Jonn après.
en route. Les chaoqia de Lutien revoient Napoléon... Mais l'armée victorieuse n'est plus autour de lui ! Avant de descendre dans le défilé de Posema, l'Empereur foit une halte dans un champ à droite de la route. Il venait d'y mettre pied à terre, lorsque des officiers échq>pés de Leipsig se présentent. Dans le nombre se trouve un aide -de -camp de PoniatowskL L'Empereur apprend alors la Ihi déplorable de l'illustre maréchal : voulant franchir l'Elster à la nage, Poniatowski s'est précipité dans un goufirel
L'obscurité qui d'abord a enveloppé la catastrophe de Leipsig commence à se dissiper; les renseignements arrivent ; les faits deviennent plus précis ; voici ce qu'on raconte :
Les troupes de Blûcher avaient fini par pénétrer dans !e fouboui^ de Halle ; les alliés avaient aussi gagné du terrain dans les autres faubourgs. L'armée française se trouvait refoulée sur les boulevarts, et la défection d'un bataillon badois, qui venait de livrer une des portes de la vieQle ville, nous avait enlevé cette dernière retraite. Les aillés pénétraient donc de tous côtés* Gepen»
dant on combattait toujours ; la fusillade se prolongeait dans les foubourgs de Halle et de Rosenthal ; et jusque dans le jardin de Reiker,à Textrémité du boulevart de l'ouest , où le prince Poniatowski avait jeté quelques centaines de Polonais pour protéger la retraite. Encore deux hmrês, al êoÙFomt» fUce$ ée canon attiUes H plm$ ée dot^ê mille hommes auraient M tawit I... Mais dans ce moment, les coups de fusil ont éclaté de toutes parts autour du pont de l'Elster. D'un côté, c'étaient les ti« railleurs de Langeron, qui, parvenus aux dernières maisons du foubouig de Halle, faisaient (eu sur les boulevuts; de l'autre, c'étaient les Badois et les
L^KHRE.
Sttoi» , qui, do kfttit dés murs de la irieille YiBe eà nous les avions laissés, signalaient leur conversion en déchargeant leurs armes contre nous. Cette double fusillade a produit rapidement un grand désordre aux abords du pont.
le sapeur armé de la mèche fatale, a cru que ronnemi arrivait, et que le moment était venu I... €'est alors que ht perte de tout ce que nous avions à Leipsig a été consommée !
Après s'être convaincus de leur malheur, les' plus braves n'ont songé désormais qu'à vendre chèrement leur vie. Les uns se sont enfermés dans les nttisons voisines et se sont ensevelis sous leurs décombres ; les autres ont tenté de traverser la Heiss et l*Elster; mais ces rivières, encaissées dans un lit bourbeux et profond, ont englouti tout ce qui n'a pu nager (i).
(t) J?n wyoMt Umt manqtter à (a fois,
Le carnage h^a cessé qu'à deux heures (2).
Alors les souverains alliés étaient parvenus jusqu'à la grande place, et s'y tenaient au milieu de leurs nom-
jHmts, etc., an eil tenté d^acouer d^imprévoyance les différents chefs de service, et notamment /# commandant du génie,.» Ceat le général Rogniat, comn&ndBnt ea cbefdagésie. qui fkUM-ailM« otfte remarque, page M de Si f^nliVia ^ NapoléOB; et c'est Mmène ()oi ajoale , page 9S6 : Hu 15 a» 19 «m matin , nous avùme le ternes de jeter, non sevJlement un ou deux ponts, mais cimquani^, H de frayer ée n&m>9u%sx passages .^..
Ea vaHà ploi qu%l m Sun povr aMiwair ooabien l'Empereur a été mal s^oenM dtas ce moment critique* Le géaéral Eigaiat était honoré de la coniiance de Napoléon, il lui de<vait ses grades; il en avait reçu 18,500 frarcs de revenus en dotations. Il a le douirte malhonr de H^voir pas Mt de poale qwnd il ftJlait en fUr^ et d'avoir écriieoalM Napoléon <|Mad il pouvait s'en dispenser»
(2) Pertes de l*armée fremçaiee.
Tuis.
Le mtreebalPoaialowvkl.
Les généraux de dîTisioo; Vitl.
Rochimbeaa.
Delmts.
BnvirM to^aaa komnfei.
BLB8SKS.
Laa marMaax Marmout,
Ney.
Les généraux de division :
sooliam, Gompaas, Latour-Mauboura.
Frédério.
■ation.
Environ r,(
Blissbs bt Piusomhiers.
Généraux en cher:
Lauriaien,
Rertiler.
Généraux de division:
RosolU, Kraiinski, Hochberg (badois).
Le prinee vm. de HefseDarmstadt.
Environ «,060 aemmaa.
QéDéraax do brigade :
Aubry.
Bertrand ,
usr^
Bronikoski.
Halaboirîltf.
Pertes de Varmée ennemie.
AJOniCBlRiS.
Mu.
Li «inéra) . Giffeog.
Généraux :
l>nca.
Kardegg, Nosleigg , Vohr, Badeuki, Spleny .
llaMe-Bdnib.
RVSSRg.
rein.
Généraux :
SGbewtu, NewerbskI , Reven , Lindors, Hume.
Maotufels , Kodaitta.
BLKSSfis.
Généraux :
Raiflvskl, Bivanowski, Kaniaaov, LoTachoff.
FRV88IBNS.
' les Prussiens, soii iiaoard, soit oubli» no conviennent que diin général blessé.
Environ 31,000 lue» et 4^^000 biessés. 11 faut y ajouter le (eld maréchal Merfoldt et |,S00 liommas faits prlsenniers.
brenx états '^ majeurs , savurant tes premières fusiées d'une victdfe dé^ sirée pendant inagt ans I On potie à vingi-lrois mille hommes le nombre des prisonniers, et à deuic cent dnqoimte celui des pièces d'artîllerfe ; mais parmi les prisonniers se trouiEmI les blessés et les malades disp»^ dans les maisons de Leipsig. Les combattants qui ont déposé leurs baïonnettes sur les débris du pont ne peuvent pas être évalués à plus de douze mille hommes.
Quant à Fartillerie, ce n^est pas sur le ebamp de bataille, c'est en déseneom* brant tes boulerarts de Leipsig que les aînés s'en sont rendus maîtres.
Au total, ces Journées coûtent à l'arméa française cinquante nûHe braves tant tués que prisonniers ; elles ne eofttent pas mdns de quatre «vingt BiiEe tués ou blessés à la coali* fion.
Les ftlnéraiHes de Foniatowski ont terminé ce grand drame. On les a célébrées avec pompe ; les vainqueurs et les vaincus réunis y représentaient nhirope entière pleurant sur la tombe du dernier des Mooaîs?
Vf.
RBTBAITB SUR UVUnT.
ta sa taèla de gagner lifœt. Cette vttlè oOr^ à Kannée k fveCiaotioii de ses citadelles, les nranilâeiis de sm arsaanat et la Masonpoe de ses imi^trax Maïs Itds jouta de marche MsépanRitafMM>r&9 etd^ren- Mtti est sur nos lianes. Gâulay sur la «aneiie se ik^éf» Pe^Mi vei» Ibumbourg. lorck man6Mvre sur notre drailB par loi nutaiB de Halle et de Maisrtwwurg; et BlueiMp Iw-méawr, qui a p0|é lElatar entre Skêudha. et Ltt^ aen, afeslplaoi anr toapaa de notre ^r«
CAHMilfl BB 1815. m
fiir&-gaida« La camteie 4a WalafttîûBÊ ramaaselMia naa trakueiin.
Tandis que le due dafteggiû f»h tége k retraite «vee deOK diviaioiiade jevne gaide, le gônàral Bertiand ccwr tlnue de narebaff an awwt pMr nam euvnr k route. On n'a pas em devoir perdrede tanfa à forcer ka défilés^ Naumbouig oà quelques troupes Lagèlea dn général SMiis se sont déjà embusquées. Les pank de WaîsaeiiM^ ariisenl pour noua asmrarle |w\f^sy de k Saale,elmattrantpluftt6tk riinèM entre ranaée et la pouiaiûte de f eaâemL fiaa roolea da traverse nou^ BMaèneiont pramptement par Freyiiattag^ 8«r k grattd'route d'frfurt.
Le général Bertrand attendait r£mr paaa^f aux lortes de Weiasc^ek. U ne eannatt fu'ittiparfaiilemeiit nôtres d*saake du 19 ; k vue de nos oolonms w désordre kit sur lui une vive iiapression, et lorsqu'enfin il revoit TEiupereur, ii ne peut cooteiMf rémetion qu'il éprouve. Il ne veut paa que Napoléon s'arrête dans k ville; il le prfsse de pan^ de rmtre côté de la Saale dès ce xttmmtt même; il voudrait que, profitant dtt dé^ucbé qui &*puvre par Freybo^fg,. il s'eippressàl de gagner Erfurt eê Majaice ; enfin U la cpiqure de sattret ava«t ta^t» dans sa parsonne, k fortune de k France, et lui promet (pie l'armée, n'ayant plus d'inquiétude pour son Empereur, n'en sera que plus lîbro dans ka maaœuvrea de retiaiie qui lui seront présentes f.... Ce dit* cours, qui a rompu le silence gardé jusqu'alors autour de Napoléon, l'af- Oige pl^a qu'Hua l'importune. Tqua les soMate viennent de l'eMlendM, el^il croit nécessaire d'imposer plus de re^ tenue à Texplosion d'un zèle qui s*(v gare. C^est d'ailleurs une occasion pour déckrar hantwent qu'il ne ^uitkca pas l'armée. L'Empereur , élevant k
MS
*KllfttE.
voix, assigne à tcmt le monde Erfurt comme Uett de raHiement et de rendes-votts géBéral(l).
Les deux offiden que le roi de Saxe avait domiés à rEnqpereor pour lui s^^ Tir d'interprètes dans le cours de la campagne, continuaient de suivre le quartier-général. Napoléon, les ayant aperçus, charge le grandrécuyer de les renvoyer auprès de leur roi, en les re» merciant de leurs bons services.
Tous deux reçoivent des graliftcationa.
Le colond Odeleben, qui a approché plus souvent de la personne de TEmpereur, reçoit une grâtificatkKi de 10,000 francs, la croix d'officier de la Légiond'Honneur, et le brevet d'une pensioH viagère (3).
L'arsenal d'Erfurt a réparé les pertes de notre artillerie. L'Empereur n'a rien négligé à cet égard; il a réorganisé ses batteries, et nos parcs ont remr pli leurs caissons.
On ne ramène que six corps d'ar^ mée, savoir :
Le deuxième (duc de Bellune).
Le troisième (prince de la Moskowa).
Le quatrième (général Bertrand).
Le sixième (duc de Raguse).
Le neuvième (duc de Castiglione).
Et le onzième (duc de Tarante).
Le corps commandé par le duc de
(1) n montrait nne doaoeur, et je serais testé de dire une petience incroyaUe. H paraissait se plaire à éoonter ce <ia*on disait, mSme lors- 4|ii*eo parisit de la paix et dn besoin que tout le monde en avait. (Voir l^ouvrage du major saxon d'Odeleben , témoin oculaire, tome n, page se.)
(9) D*après oes bons traitements et le dioix des notes qtm nous avens empruntées k ]!• d*Odelében, le lecteur pourrait avoir de la peine ^ se persuader que cet auteur est un ennemi, n est pourtant essentiel de ne laisser aucun doute I cet égard; la valeur des témoignages que nous lui armdioas à ehaqne page en dé-
Beggio, qui était le deuxième, a été dissous.
On vient de perdre dans Leipsig les cinquième, septième et huitième , qui étaient ceux des généraux Lauriston, Reynier et Poniatowski.
Enfin on laisse à Dresde les premier et qiuitondème corps aux ordres du maréchal SainM^yr ; à Hamboui^, le treizième aux Gtdres du prince d'Eckmûlh ; et dans les places de Magdebourg, de Wittemberg et de Toi^u, des garnisons devenues d'autant plus nombreuses, qu'elles se sont accrues de tous les blrâsés, malades et hommes isolés qui n'ont pu suivre les derniers mouvements de l'année. Au moment de quitter l'Allemagne, on ne peut s'empêcher de jeter im demi^ vegui sur tant de braves. Leur perte sera la plus grave de la campagne. Mais l'Empereur se refuse à l'idée que quatrevingt mille Français qui se trouvent, dans la même vallée, distribués par masses de trente, de quinze et de dix mille hommes, et formant sous la protection du fleuve et des forteresses une seule et même ligne, puissent jamais être à la merci d'im ennemi dont la force ne se compose que de nouveOes levées et de landwehr. Il est persuadé que le prince d'Eckmûhl et le maréchal Saint-Cyr n'auront négligé aucune précaution pour être bien informés, et qu'aussitôt qu'ils aunmtcomm les événements, ils ne se seront plus occupés que de se faire jour d'un edlé ou d'im autre. « S'ik s'entendent, iSâ » l'Empereur, s'ils sortant deiewsow- » railles, s'ils se réunissent, ils sont » sauvés : quatre-vingt mille Fmçais » passent partout I »
A Diàben et d^fmiêy cm a fait diverses tentatives pour fiiire {«ivenir des instructions dans ce sens au prîooe d'Edunûhl et au maréclial Saint-Gyr.
L'Empereur veutqa'avant de quitter Erfurt, on leur écrive encore ! des offi* ciers déguisés et des agents secrets leur sont expédiés par divers chemins (1).
Mais, à défiiut d'ordres, l'Empereur n'espère pas moins que les chefs sauront en recevoir de la position où ils se trouvent ; que leur audace suppléera à tout, et qu'ils trouveront dans la force de leur âme , dans leur patriotisme et dans leurs talents quelquesunes de ces inspirations soudaines qui surmontent les obstacles et mettent le comble à la gloire des grands capitaines ! (â)
On quittera Erfurt le 25. Dès le 9&, l'avant-garde se porte sur Gotha. £lle est formée par les corps des ducs de Tarente et de Bellune, et par la cavalerie du général Sébastiani. Les corps du duc de Raguse et du comte Bertrand, marcheront après. Ceux du prince de la Moskowa et du duc de Castiglione suivront. Quant à la garde
(1 } Ancniie de oes leUres n'est parvenue.
(2) Le maréchal Saint-Gyr, qui commande à Dresde, capitule le 11 novembre, sous condition que lai et ses trente-trois mille hommes rentreront en France t mais la capitulation est ▼iolée.
Le 30 novembre, Dantzig ouvre ses portes, la garnison doit revenir en France; mais ceUe capitulation est également violée.
Slettin capitule le 5 décembre, Zamosc lo 22, et Mudlin le 95.
M. de Narbonne meurt à Torgau le 17 novembre ; il est remplacé par le général Dutail* lis, qui ne rend la place que le 26 flécembre.
A la fin de Tannée, ii restera à la France : sur roder, Custrin et Gic^au ; sur TEllie, Magdelwurg, défendu par le général Lemarrols ; Wittemberg, où commamlc le général Lapoype : et la ville de Hambourg, occupée par i armée du prince d'Eckmûhl.
A la même époque, les citadelles de Wiirizbourg et d'Erl'urt tiendront encore ; la première tléfeodue par le général Tharreaa, la deuxième par le général Dalton.
VU
impériale, sa vigueur a résisté à toutes les fatigues; en conséquence, elle est disposée de manière à se trouver partout où un danger imprévu pourrait se présenter. Les deux divisions de jeune garde, commandées par le duc de Reggio , soutiennent l'avant^arde. La sA* relé de Tarrière-garde est confiée aux deux autres divisions commandées par le duc de Trévîse. La vieille garde, sous les ordres des généraux Priant et Curial ; les cuirassiers de Latoui^MaiH bourg; la garde à cheval , commandée par le général Nansouty, et les pares d'artîllarie dirigés par les généran Sorbier , Neigre et Dulauloy, marcheront au centre, TEmpereor à leur tétt; et sous ce torrent d'horomei et de cèevaux , tout obstacle qui s'élèverait doit être entraîné.
Cependant, la route est teujoon libre. Les derniers courtiers de Mayence viennent d'arriver sans diA* cuhé.
BATAILLE DC 0ARAD. ^ L'ARIUIS FEANÇ.USE AARIVB WVL L£ MlH.
Le 25 , on quitte Erfuii , et dans cette première marche on ne dépasse pas Gotha ; le 20, ou s'engage dans les défilés de la Thuringe; on traverse Eisenach , et Ton va passer la nuit à Vach. Le 27, on arrive à Hunefeld , et le 28 à Schlutern. On a traversé Fulde sans s'y arrêter.
Les alliés ne nous suivent plus que de loin ; ils semblent aLaudonner aux Cosaques le soin de profiter de leui^ avantages. Ceux-ci côtoient nos colon* nés, et quelquefois les précèdent. Sur notre droite nous sommes flanqués par les Cosaque§ de Czemicbeff; sur notr^
L'EMmE.
gauche, par ceux de Platow et d'Orlow-Denieow. Us nous font beaucoup de mal ; mais du moins leur voisinage» présentant un danger toujours imminent à ceux des nôtres qui seraient tentés de s'écarter ou de rester en aiv rière , sert à remédier au relâchement de la discipline, et à prévenir des pertes plus graves. On est tenu sans cesse en baleine ; on ne dort que d*un oAl^ on naardie plus vite; la nécessité prête des forces aux plus fiiibles, et cette fioolede soldats, qui ont perdu leurs eorps d'armée et leurs offiders, s'éooule du moins avec quelque apparence d'ordre I au milieu des cadres peu nombrmix qui forment la tète et la queue de nos colonnes.
Le 28 » à Scfalutem , on q)prend qu'un corps détacl|é de cinq à six mille Bavaroia 9e montre devant nous, sur la rive gauche de la Kintzig. Ils viennent d' AsobaSiaiibourg ; notre avantgarde, sous les ordres du général Ex« celmans, a trouvé leurs éclaireurs au défilé de Gelnhausen, et les en a chassés.
Le 29, l'Empereur continuait sa route de Schlutem sur Hanau, lorsque des soldats revenant sur leurs pas, annoncent que les Bavarois occupent en force la ville de Hanau ; qu'ils barrent la route et s'avancent sur nous. En effet, on ne tarde pas à rencontra leur avant-garde , et l'armée achève sa
journée en la chassant devant die j«r qu'au village de Ruckingen.
L'Empereur lait établir son quartier^ général à Langen-Sebold, dans le château du prince d'Ysembourg. Là, ilr^ çoit des renseignements qui ne laissent plus aucun doute sur l'occupation de Hanau. Deux fois, dans la nMtinée, des colonnes qui précédaient notre avantgarde ont réussi à forcer le passage.
Mais elles n'avaient eu affaire qu'à quelques édaireurs. Le corps d'armée bavarois est arrivé dans raprës-midi.
Il a fait sa jonction avec les Cosaques; il est en mesure de nous barrer le che> min... U faut s'apprêter au oombat(l).
Une épaisse forêt» que la route traverse, couvre les approches de Hanau.
Au-delà du bois, la Kintsig forme vA coude qui resserre le d^xmché de la forêt. La ville se présente sur la rive opposée. La route la laisse sur la gauche , en suivant les contours de la rivière pour gagner la chaussée de Francfort. Tel est le long déSlé dont il faut forcer le passage. L'Empereur passe la nuit à faire ses dispositions. Son premier soin est de diminuer la file des voitures : tous les bagages sont jetés sur la droite, dans la direction de Coblentz. La cavalerie du général Lefebvre-Desnouettes, et celle du général Milhaud protégeront ce mouvement :
en même temps , elles éclaireront la droite du champ de bataille.
(i) Armée austr<hbavaroise, commandée par U ctmtê de Wrede.
^ ( Trois diviiioDs d'infanterie: Rocbberg, Becken et Lamoue. . . 30,000 homnei. ■• \ Une division de cavalerie 10,000
Attidehima i De"» divisions d'infanterie, Fresnel et Bach i6,000
AalticlUais. J u^g aivislon de cavalerie, Spleny ÏIooo
os,ooo honties.
TÏOTA. Dans ce nombre sont comprises ; lo une division que le général de Wrcde vient de détacher sur Francfort; so une autre division qu'il a laissée en arrière pour faire le liége de la ciUdelle de wartibourg.
lifiâOMiinaUi)» TEmpereur u'a eiicor» «ous la maki que rîufaaterie du d«c de Tareate et celle du duc de Bellune, qui ne préseBlest guère que cinq miHe twionnetteft réunies. Il les jette en tirttlieurs dans la forêt, et les fait soutenir par la cavalerie du général Sébastiani. I^e duc de Tarente prend le commandemait de cette première ligne.
Quelques coups de mitraille et une charge de cavalerie ont bientét dissipé rafvant-garde ennemie, qui se tenait à r^itrée du bois. Nos tirailleurs s'engsr gent sur les pas des Bavarois ; ils les poussent d'arbre en arbre. Les étincetles d'une vive fusillade brillent au loin dans les ombres de la forêt, et la bartaille oommenoe comme une grande partie de diasae. Le général Dubretou sur la gauche , le général Charpentier sur la droite, conduisent nos attaques, et la cavalerie du général Sébastian!
profite de toutes les clairières pour charger rennemi.
En peu de temps nous parvenons au débouché de la forêt; mais alors une ligne do quarante mille hommes s'(rffre à la vue de nos tirailleurs et las arrête. L'armée ennemie est couverte par quatre-vingts bouches à feu.
De Wrede est persuadé que l'armée française n'a pas cessé, depuis Leipzig, d'âtre ulonnée à outrance par la Grande-Armée des alliés ; il s'imagine que devant des troupes rompues , exténuées, hors d'haleine, il n'y a plus qu'à se présenter pour leur faire déposer les armes ; et, dans son empressement, négligeant toute considération de prudence, il est venu nous attendre $ur la lisière du bois, la rivière à dos.
Si les quatre-vingt mille Français qui suivent les pas de l'Empereur se trouvaient en ce moment rangés par bataiUons , par divisions et par corps d'armée^^de Wrede paierait ch«* cette
Di 1813.
témérité. Un mouvement vigoureux de notre gauche suffirait pour lui enlever le pont de Lamboy , le seul qu'il ait pour sa ««traite , et aoettrait cette armée entière à notre discrétion. Mais la tfM*ce de nos troupes ne peut plus élre calculée sur leur aomhre. D'iûLleurs le général Berteand et le duc de Baguse sont encore to'n, et l'arriàre* garde du duc de l^vise ne &it que d'arriver à Hunefeld. L*Emperieur «e peut réellement dii^oser que des br^ ves qui se sont portés à l'avant^garde ; ils sont tout au plus dix JoiUe ; c'est assez du moins .pour forcer le pas-
A mesure que i'artiUerie de la garde arrive, le général Drouot met les pièces en batteries. U commence à tir^avec quinse pièces; sa ligne s'accroît de moment en moment , et finit par présenter cinquante bouches à feu.
Elle s'avance alors sans qu'aucunes troupes soient encore derrière elle.
Mais à travers 1 épaisse fumée qu'elle vomit., l'ennemi croit entrevoir dans l'enfoncement des arbres l'armée française tout entière. Ce prestige a frappé les Bavarois de terreur. Leur effroi est à son comble, quand ils reconnaissent les bonnets à poil de la vieille garde. C'est le général Curial qui débouche à la baïonnette avec quelques bataillons.
Après le premier moment d'hésitation, les Bavarois se décident à faire charger leur cavalerie sur nos pièces, et bientôt une nuée de chevaux environne les batteries. Mais nos canonniers saisissent la carabine et restent inabordables derrière leurs affûts. Le général Drouot leur donne l'exemple ; il a mis répée à la main , et oppose un front calme à l'orage. Le secours ne se fait pas longtemps attendre. La cavalerie de la garde s'élance : Nansouty est à sa tête ; en un clin-d'œil elle dégage cette
L'EHPIRK.
partie du champ de bataille^ (1). Les dragons coitimandés par Letort , les gi*enadiers commandés par Laferière- Levéque , et les vieux cuirassiers du général Saint-Germain se précipitent sur les carrés , enfoncent ceux qui résistent et dispersent tout à coups de sabre. Le reste de la cavalerie Sébastiani chasse au loin les Cosaques. Bientôt la ligne bavaroise est en déroute... De Wrede se voit dans la position la plus critique ; il n'a plus qu'une ressource , c'est de porter tous ses efforts sur sa droite pour dégager sa gauche et donner à sa ligne de bataille le temps de gagner le pont.
Cependant nos troupes ne cessaient d'arriver ; elles s'entassaient au milieu de la forêt, où Napoléon lui-môme était arrêté , non loin du coude qu'y fait la route. Une foule inquiète l'entourait.
Il se promenait en long et en lai^e sur le chemin , donnant des ordres et causant avec le duc de Vicence. Un obus tombe près d'eux, dans le fossé qui borde la route. Le duc de Vicence se place aussitôt entre Napoléon et le danger , et leur conversation continue comme si rien ne les menaçait. Autour d'eux on respirait à peine! Heureusement l'obus, enfoui dans la terre, n'a pas éclaté.
La forêt retentissait du bruit du canon , répété par tous les échos. Les boulets sifflaient dans les branchages , et les rameaux hachés tombaient de tous côtés avec fracas. L'œil cherchait en vain à percer la profondeur des bois ; à peine pouvait-on entrevoir la lueur des décharges d'artillerie qui brillait par intervalle. Dans cette situation , la bataille paraissait longue I
^1) Ce moment de la bataille a été fixé sur la toile par Horace Vernet.
Tout à coup la fusillade se rapproche sur notre gauche ; la cime des arbres est agitée plus violemment par les boulets, et les cris des combattants se font entendre : c'est l'attaque désespérée que de Wrede essaie par sa droite.
L'Empereur envoie de ce côté les grenadiers de la vieille garde. Il charge le général Priant de les conduire, etbîen<* tôt ils ont triompb') de ce dernier obstacle. Dès ce moment, le chemin de Francfort nous est abandonné. De Wrede n'est plus occupé que de retrouver celui d'Aschaffenbourg , et la victoire de la garde est complète.
La cavalerie du général Sébastian!
prend aussitôt les devants pour ga^ gner Francfort. Quelques colonnes la suivent ; mais la plus grande partie de l'armée passe la nuit dans la forêt; l'Empereur y reste au bivouac.
Au jour toute l'armée défile, laissant la ville de Hanau sur la gauche; on s'est contenté de la faire occuper par un détachement qui s'y est introduit dans la nuit.
A peine l'Empereur a-t-il fait quel* ques lieues, qu'il apprend que la bataille recommence derrière lui. Les Bavarois, voyant que nous sommes plus pressés de gagner le Rhin que de les poursuivre , ont repris confiance et sont revenus sur leurs pas; mais le général Bertrand et le duc de Raguse viennent d'arriver à Hanau et sont en mesure de les recevoir.
Ce qui se passe derrière nous n'apporte donc aucune hésitation dans la marche de l'armée sur Francfort.
Dans la soirée, le récit de la seconde bataille achève de dissiper les inquiétudes. On a laissé de Wrede s'engager encore une fois au-delà de la Kintzig, et ses têtes de colonnes, reçues par nos baïonnettes, ont été culbutée ; de Wrede lui-même a été atteint d'une
balle ; son gendre, le prince d'CEUingue, a été tué : c'est maintenant le général autrichien Fresnel qui commande l'armée ennemie. Son premier soin a été d'ordonner la retraite. Désormais notre marche s'achèvera tranquillement.
On quitte Francfort le !•' novembre. L'Empereur passe la nuit du 1" au 2 à Hocbest. Enfin notre avantgarde aperçoit les dômes rougeàtres
de Mayence! L'Empereur arrive
dans cette place le 2 au matin ; il s'y arrête six jours pour donner les derniers ordres qu'exige la situation de l'armée, et le 7 novembre, à dix heures du soir, il part pour Paris.
Ainsi , Tannée 1813 a vu l'armée française ramenée des bords du Niémen jusqu'aux bords du Rhin, et cependant que de vigoureux efforts 1 que de glorieux faits d'armes, mais aussi que de transfuges !...
La ligne du Niémen, livrée par le général Torck; celle de la Vistule, livrée par les transactions du prince de Schwarzenberg ; celle de l'Oder, livrée par le général Bulow, et par la défection du reste de l'armée prussienne ; enfin celle de l'Elbe, si longtemps disputée : tels sont les échelons de cette longue retraite. L'armée autrichienne, en se rangeant du côté de l'ennemi, a d'abord compromis notre position en Saxe ; ensuite les défections des armées saxonne et bavaroise ont éclaté simultanément dans nos rangs et derrière-HK>us : il a bien fallu alors se retirer 9ur le Rhin. Au milieu de tant de vicissitudes. Napoléon a constamment dédaigné d'opposer la ruse à la ruse, la perfidie à la perfidie , les voies de rigueur à l'insulte et à la rébellion. Trahi de tous côtés par toutes les affections.
par tous les intérêts , il n'a voulu en appeler qu'à la fortune des armes (1).
(1) CeUe mémorable campagne, disait l*Empertîur à Sainte-Héfène, sera le triomphe dn courage inné dans la jeunesse française, celui de Tintrigue et de T^stuce dans la diplomatie aoglaife. celui de re«pnt chez les Russes, celui de Timpuiieur dans le cabinet au'richien. Elle marquera IVpoque de la désorganisation d«*s sociétés politti|uis , celle de la grande séparation des peuples d*avec leurs souveraios ; enfla, la flétrissure des premières Tenus militaires, la Udéliié, la loyauté, l'honneur On aura beau écrire, commenter, mentir, supposer.il faudra toujours en arriver à ce hideux et tris'e résultai, et le temps en déroulera la vérité et les conséquences !
Biais ce qu*il y a de bien remarquable, c'est que les infamies, au fond, demeurent étrangères aux rois, aux soldats et aux peuples. Elles ne sont l'ouvrage que de quelques intrigants à épée, de quelques casse-cuu politiques qui, sou 5 le spécieux prétexte de secouer le joug de l'étranger, et de reprendre rindépendanoe nationale, n*oni au fait que vendu et livré sciemment leurs maîtres particuliers à des cabinets rivaux et convoiteurs I c'est un roi de Saxe, le plus honnête homme qui ait jamais tenu un sceptre, qu'on dépouille de la moiUé de ses provinces; c'est un roi deDanemarck, si Gdèle à tous ses engagements, dont on saisit une couronne : voil^ pourtant le retour à la morale J son triomphe 1 et voilà la justice disiributire d'ici-bas J
Du reste, j'aime à le répéter pour l'honneur de rbumanité, et même des trônes, au milieu de tant d'iufamies.jamais ne se trouvèrent plus de Tenus. Je n'eus pas un instant à me plaindre de la personne individuelle des princes me« alliés. Le bon roi de Saxe me demeura fidèle jusqu'à extinction ; le roi de Bavière me fit loyalement prévenir qu'il n'était plus le matire; la générosité du roi de Wurtemberg se fit particulièrement remarquer; le prince de Bade ne céda qu'à la force et au dernier instant. Tous, je leur dois cette ju<:tice, m'uverUrent à temp^, afin que je pusse me j^arantir de l'orage... ( Las Cases, Mémorial de Sainte" Hélène.)
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DE
L'EMPEREUR ]VAPOLEOIV