CORPS DU II.-RHIR
Maréchal duc de
Raguse, comm. en chef.
Hommes
présents.
Renforts
en marche.
Armét do Bas-Rbln rous les ordres da maréclial dac de Tarenie.
Sousiecommand.
du comte Morand.
Présents.
fin marche.
Sous le command du ducdeTarente.
Présents.
En
marche.
Sous le command.
du comte Maison.
présents.
Renforts
en marche.
CORPS DU B.-RHIH.
Maréchal duc de
Beliune , comm. en chef.
Hommes présents.
Renforts
en marche.
Présents.
HECAPITVLATiaX
Bn I «e la Grande-Armée et de l'année
marche.ll «a Bat-Rhin.
Totaux non compris les garnisons
Armée des Pyrénées, sous les ordres du duc de Dalmatie. Armée d*Aragon, sous les ordrcsdu mar. duo d'Albufera. Armée d'IuUe.sous les ordres du vice-roi, prince Eogène.
Totaux.
(1) Le corps du duc de Casligliono ne fut formé que dans le courant di: Janvier, soit par des régiments de Tarméc d'Aragon , soit par â^s cadres que l'on remplit au moyen de conscriu « sou nar des gardes nationaux. Le 15 février, ce corps d'irméc se trouvait ainsi porté i l'effectif de vingt-«ept mille cent cinquante-huit hommes.
f3) Quinze mille conscrits furent ajoutés à la garnison de Mayencc.
(3| Y compris quatorze mille laissés en garnison en Espagne.
(4) Y compris les garnisons prises dans cette armée.
BB
imCTir GiSilAL ll L'AUII lis UUlS ai l" iAHVlEI 1814.
i« Grande armée alliée (Sehwanenberg)
»• Armée de Siléaie (Biacher)
3* Armée du Nord (Bernadotte)
4o Armée auirichlenne d'Italie (Bellegarde}
5» Armée napolitaine (Varat)
«o Armée tnglo-eipagnole ( Wellington )
Totaux
Non coMPua :
{• Le 6* corps allemand (heasois)
%o Les- Id. (badol»)
3o Les divisions aitachées au grand quartier-général.
4o Le 4« corps allemand
5o L'armée suédoise
6« Le ie corps allemand
To Lo .">*• corps allemand
Totaux
BaYonnetL
BaUillons.
Sabres.
Escadrons
ToUl.
ifeu.
i feu.
(1) En ne porUnl refTecUf moyen de ces cent 8okant**-dlx-8ept bataillons qn'i cinq cenU hommes, et celui des qualre-Tingt-dix-ueuf escadrons qu*ft cent vingt lioromes , ce serait donc encore quatre>vingt>huit mille cinq cents baïonnettes, eionze mille huit cent quatre-vingts sabres i ajouter au chiffre total des six années de la coalition.
Au début de la campagne, Tarmée française va donc avoir à lutter contre les quatre cent quatre-vingt mille baïonnettes , les cent mille sabres et les deux nulle bouches à feu que l'Europe entière dirige contre elle.
PB
L'EMPEREUR NAPOLÉON
GiirACNi ti mut
▲rrhpét éè Napoléon à Ghà&om-ftar-MariM.
(Fin de Janvier 1814.)
Le comte Bertrand monte dans la voiture de Napoléon et prend place à côté de lui ; il réunit, en Fabsence du duc de Yicence, les fonctions de grand écuyer à celles du grand maréchal^ et tous les services de voyage sont sous ses ordres.
Napoléon n'a avec lui que cinq voitures de poste. Il déjeune à CbÀteau- Thierry, et le soir du jour de son dé^ part il arrive à Châlons pour dtner.
L'approche de l'ennemi avait jeté sur la route une espèce de stupeur, que le passage de Napoléon a suspendue tout4MX)up; c'est l'effet ordinaire de sa présence.
En descendant de voiture, Napoléon liait appeler le prince de Neuchàtel, le duc de Valmy , le duc de Reggio, le maire, etc. Le prince de Neuchàtel arrive des avant - postes pour rendre
compte de l'état dans lequel il a trouvé l'armée ; vingt ans auparavant le duc de Valmy a gagné le titre de son duché dans ces mômes plainesvoù nos bataillons vont manœuvrer de nouveau contre les Prussiens ; le duc de Reggio connaît parfaitement le pays, il est de Bar-sur'^Omain. Napoléon emploie donc la plus grande partie de la soirée à recueillir , dans la conversation des personnes qui l'entourent, les renseignements dont il a besoin.
Voici le résumé de ce qu'il apprend :
la grande armée autrichienne du prince Schwarzenberg , descendue des Vosges par plusieurs routes, dirige sa plus forte colonne sur Troyes, elle pousse devant elle le corps de vieille garde dont le duc de Trévise a le commandement ; celui-ci dispute le terrain pied à pied, et, malgré les désavantages d'une retraite» les comiMits dé Golombey4eadeux-Eglises et de Bar-sur-Aube ont conservé l'honneur de la garde dans
L^EMPIIIE.
tout 80D lustre ; mais la ville de Troyes n'en court pas moins un pressant danger.
Du cdté des Prussiens, le maréchal Blûcher a dépassé la Lorraine ; il vient d'occuper Saint-Dizier, et s'avance diagonalement sur T Aube.
Quant à nos troupe^, elles sont autour de Chàlons. Le duc de Bellune et le prince de la Moskowa, après avoir évacué Nancy, se sont retirés par Yoid^ Ligny et Bar, sur Vitry-le-Français ; le duc de Raguse est derrière la Meuse entre Saint-Michel et Yitry. Nos avaatpostes sont donc à Yitry , et notre armée présente à peu près soixante-dix mille combattants (1).
(i) Napoléon se ilaUalt de surprendre le^ alliés, de les battre 1*ud après l'autre, et de délier le nœud de la coalition. Peu s'en fallut que ce plan ne lui réussit, car les souverains, arrivés à Langres, s'épouvantaient de la rapidité de leurs succès. La ferveur des deux empereurs était éteinte ; Tenthoiisiasme avait fait place aux calciiU de la prudence, et l'invasion résolue à Francfort pliait peul-étre dégénérer en guerre méthodique. L'empereur de Russie commençait âi çenlir qu'en coopérant à rabaissement de la France, il travaillait i accroître la paissanee de l'Angleterre et de l'Autriche. François II» de son côté, ne pouvait consentir, par égard pour sa fille, au détrônement de son gendre. Ajoutez qae les conseils de Tun et dd Vautre n'étaient pas de nature à les encourager ; ou mettait sans cesse sous leurs yeux les efforts faits par la nation française en nas, ces quatorze armées, ce million d'hommes levés pour assurer l'intégrité du territoire. Le silence des département» envahis, l'accueil sombre et farouche reçu dans quelques autres, tout dénotait; selon eus, que les armées de la coafitlon marchaient sur un volcan. SI l'on n'avait point rencontré de troupes, c'est que Napoléon, sans s'amuser i disputer un bout Je fruuticre, réunissait tous ses moyens au centre de l'Empire pour écraser plus sûrement ses ennemis. Partant de cette hypothèse , ils mesuraient avec Inquiétude la profoi^deur de leurs lignes ^ d'opérations , Véloigoement des magasins , la
RBMSHD L OFFnaiVB. — BATAILLB DE BRIEXHB.
C'est d'abord sur Tennemi qui est le plus près que Napoléon veut marcher, il ordonne dans la nuit que toute l'armée prenne la route de Yitry.
Le duc de Yalmy reste à Châlons pour y réunir les traînards et recevoir le duc de Tarente, dont la marche a été retardée dans les Ardennes. Le vainqueur de Yalmy doit encore une fois défendre les gorges de TArgonne et la route de Paris.
Napoléon ne s'est pas arrêté plus de
difiiculté de renouveler les approvisionnements, de se procurer des munitions, au cas que deux cent mille Français, résolus de s'enterrer sous les décombres de Paris, y combattissent seulement trois Jours comme à Leipsig : pour achever enfin le tableau , ils montraient sur les derrières la Suisse toute en feu. Ebranléâ par ccss considératiims puissantes, les deux empereurs étaient prêts à arrôier leurs armées au revers des chaînes du Morvao, des Vosges et du Hundsruck , en attendant l'issue du congrès qui allait s*onvrir à Ch&tillon, lorsqu'un incident releva tout à coup leur courage, et les détermina à marcher sinon à Paris, du moins Jusqu'à Tniyes.
L'ex -directeur helvétique, Laharpe, instituteur de Tempereor Alexandre, se rendant de Paris en Suisse , fht arrêté près de Bar , aux avant-postes autrichiens. Il se réclame de scn élève, auprès duquel il est conduit. On ignore le sujet de leur entretien, mais l'ex-directeur, quelques heures après, dit hautement dans iM salons de l'empereur : Que la chute de Nopotém n'était pa$ éMipnéê, puiêtpÊê fa majarité du Sénat et du Corps légUUiVf n'attend4ûet qu'une occasion pour se déclarer contre lui. Ce propos et vingt autres particularités Uo celte espèce, la nature des liaisois qu'on lui connaissait dans la capitale, l'époque de fon départ, toutes ces circonstances réunies, firent eoi jecturer que son voyage en Suisse ne fut qu'un prétexte pour faire, en dépit de la police,
TW
douze heures à Chàlons : les équipages de sa maison ont filé dans la nuit avec la garde impériale, et le lendemain 26 janvier le quartier-général s'établit de bonne heure à Vitry.
Vitry est donc redevenu place frontière ; on a relevé à la hâte les brèches de ses vieilles murailles, et quelques canons protègent les barricada qu'on a plantées devant les portes.
Napoléon , impatient de voir clair dans les mouvements qui l'environnent ,^ faisait courir de tous côtés aux nouvelles. A peine arrivé à Vitry, il interroge le sous-préfet , le maire, le juge de paix, l'ingénieur, les notables de la ville. On lui amène successivement tous les gens de la campagne qui rentrent dans Vitry; quand ce n'est pas Napoléon lui-même qui les questionne, c'est le général Bertrand : Bacler-d'Aibe et Athalin tiennent note de chaque rapport, et couvrent la feuille de Cassini d'épingles qui indiquent les diiférents points de l'horizon où les coureurs de l'ennemi se font voir. Le duc de Reggio envoie par la traverse des émissaires à Bar-sur-Ornain, sous prétexte de savoir ce qui se passe chez
«l'iro portantes commanicatlons de la part d*un grand personnage aux souverains aUiés. Que cesoll, an reste, par accident ou par mission secrè'c que celle circonslaiice ait éié connue, il n'en esi pas moins vrai qu'elle raffermit les deux empereurs, el donna une nouvelle aclivite aux opérations. Les ordres furent expédiés pour concentrer la grande armée sur T Aube, d'où i'Ilc devait se porter simulianément sur Troyes avec celle de Silésie. Ainsi, par roffiil de celte résolution inopinée, Napoléon, qui croyait rencontrer seulement des têtes de colonne, allait donner sur des massi'S,s'il ne découvrait à temps les importants changements qui lie larderaient pas à s'opérer dans la posilion des armées alliées. {Mémoires pour servir à rhisioire de la campagnede 18U, par le général Koch.)
hii. Le maire, le sous-préiei;, envoient d'autres émissaires dans la plaine qui s'étend entre la Marne et l'Aube.
On apprend que le duc de Trévise et la vieille garde se retirent de Troyes par la route d'Àrcis-sur-Aube : des officiers d'ordonnance sont aussitôt en<^ voyés de ce côté pour aviser ce maréchal de la marche de Napoléon. Un pont est rapidement jeté sur la Marne à Vitry, et facilite ces différentes communications.
Pendant la nuit , nos troupes ont marché : le 27 au point du jour» elles rencontrent, entre Vitry et Saint-Dizier, la tête des colonnes de l'ennemi. Le général Duhesme engage le combat contre le général russe Lanskoï ; Napoléon y accourt, et, dès huit heures du matin, il renlre à SaintrDizier à la tête des premières troupes.
Les déclarations des habitants et des prisonniers sont unanimes : le corps ennemi auquel l'avant-garde française vient d'avoir ailairc appartient à Tar^ mée prussienne ; le maréchal Blûcher et le corps du général Sacken ont passé les jours précédents, et doivent être en ce moment du côté de Brienne, marchant sur Troyes pour y donner la main aux Autrichiens. Le corps du général Lanskoïy qui est celui que l'on vient de combattre, suivait le corps de Sacken; enfin les troupes du général Yorck, restées un moment en arrière pour contenir la garnison de Metz , étaient attendues à Saint-Dizier après celles du général Lanskoï. Tels sont les renseignements que Napoléon recueille en mettant pied à terre. Ainsi, sa première marche a surpris l'armée de Blucher au moment où elle passait de Lorraine en Champagne, et l'a coupée en deux parties.
Continuerons-nous notre route sur la Lorraine pour tenir tête à rarrière-
française se trouve entièrement maltresse de la portion de Brienne, et les Prussiens sont en pleine retraite sur Bar*5ur-Attbe.
Tandis que nos forces se concentrent à Brienne, le duc de Trévise, qui est revenu à Troyes, a ordre de couvrir cette ville, en se portant en avant sur la route de Yandeuvres.
Napoléon, élevé à Brienue, ne peut échapper aux souvenirs que ce lieu lui rappelle. Il reconnaît les principaux points de vue de la campagne , et les retrouve en proie aux désastres de la guerre : il cherche du moins, à force de libéralités sur sa cassette, à soulager les nombreuses infortunes qui l'environnent. La dévastation du château et l'incendie de la ville l'afOigent audelà de toute expression. Le soir, retiré dans son appartement , il fait le projet de rebâtir la ville, d'acheter le château» d'y fonder, soit une résidence impériale,. soit une école militaire, soit l'une et l'autre : le sommeil vient le ssrprendre dans les calculs et les illusions de ce projet !
Cependant, à la nouvelle du combat de Brienne, le prince Schv^arzenberg était accouru à Bar-sur-Àube avec toutes ses forces, et la jonction de lagrande armée autrichienne avec celle du maréchal Blûcher venait de se faire. D'un autre côté, le général Yorck était venu précipitamment à Saint-Dizier pour rétablir sa communication avec son général en. chef.
Le 31 janvier, le prince Schwarzenberg et le maréchal Blûcher font avancer leurs armées réunies , et viennent présenter la bataille dans la plaine qui est entre Bar-sur-Aube et Brienne. Il ne dépend guère de nous de la refuser : le pont de Lesmont, qui doit être notre principal moyen de retraite, est rompu ; il a été coupé pour arrêter
Blûcher lorsqu'il marchait sur Troyes :
cet obstacle nous arrête à notre tour dans les manœuvres que nous voudrions faire pour repasser l'Aube. On demande encore vingt-quatre heures pour achever de le rétablir : nos sapeurs redoublent d'activité; mais, en attendant , il faut se préparer à recevoir l'ennemi. Le reste de la journée se passe de part et d'autre en dispositions.
Nous sommes enfin à la veille d'un événement décisif ; mais combien le début de la campagne est déjà difierent de celui qu'on s'était promis I Au moment où nous croyions surprendre Blûcher, coupé de son arrière-garde et réduit à moitié de ses forces , il nous échappe, trouve le secours de la grande armée autrichienne, revient sur noua; et c'est lui qui nous engage dans une bataille où nos cinquante mille hommes vont en avoir au moins cent mille à combattre.
La bataille se donne le 1* février :
sur notre gauche, à Morvilliers, est le duc de Raguse ; il a devant lui les Bavarois qui arrivent de Joinville. Entre le duc de Raguse et le centre , est le corps -du duc de Bellune, qui occupe Chaumenil et la Gibérie ; il combat contre les Wûrtembergeois et le corps de Sacken.
La jeune garde impériale est au centre, & la Rothière ; les troupes d elte du maréchal Blûcher et de l'armée autrichienne , ainsi que la garde russe , lui sont opposées.
Enfin , sur notre droite , vers la rivière , est le corps du général Gérard , qui défend le village de Dienville contre les attaques du corps autrichien de Giulay.
Nos troupes ne sont, pour la plupart, que dû nouvelles levées, conduites par des vétérans ; mais partout elles sou-
lieoDent le combat avec intrépidité. | C'est au centre, vers laRothière, qu'on «fit le plus acharné ; Napoléon y commande , les souverains alliés y sont •ttsei. La nuit. seule met fin à l'action , . et retrouve notre armée à peu près dans les mêmes positions qu'elle occupait le •matin , maïs nous n'avons pu enlever .la victoire : l'ennemi a une supériorité marquée; plus d^udace le rendrait 0i^èremeQt maître du champ de bataille (1).
A huit heures du soir, Napoléon revient au château, et de là it ordonne la letrail» sur Troyes par le pont de Lesmont, dont la réparation est à peine terramée. Tandis que l'armée effectue ee mouvement à la ftiveur de Tobscurite, NiqK)lé<m n'est pas sans crainte que l'emierai, profilant de ses avantagea, ne &88e une attaque de nuit et
(1) Celte bataille boDora plus la bravoure dei tieux armées, qu*elle ne prouva l'babilelé du vainqueur. En effet, ce n*est qu^uu choc en or- <lfe parallèle , où, à valeur égale, les ma»sw les plat fortes oat écrasé les pins faibles. Oq n*y aperçoit aucune manoauvre réellement savanie. Go reproche à Napoléon d'avoir donné dans le piège que lui tendait son adversaire. Voyant qu'il ne se retirait pas devant loatet ses forces déployées, il devait penser, 4li-0D» que Blâaher cbereMl à gagner du temps ; et la position qu'il prit à Trannes aurait dû achever do. Técbirer. Mais s: le feldmaréchal prussien mérite des éloges pour avoir su, après le combat de Bricnne, ménager jaJaaeUeQ avec lagnade armée, attirer et tenir son ennemi en échec toute la Joarnée du 31, il est bien loin, le jour de la lutlaille, d'avoir tiré de ses immenses ressources tout le parti possible. On peut, au contraire, excuser l'impatience de Napoléon, par la nécessité où il se trottvftil de remporter «ne victoire qui pût relever la confiance de la natieo et de Tannée. L'ordre et le calme avec Icsiinels la retraite s'effi!clua, firent douter longicnips an feld-marécbal que Napoléon se tînt pour battu. Les jtenes des aHtésy furent plus considérables que les nôtres.
vu.
ne vienne inettre de la confusion dans nos marches. A chaque instant, il demande s'il n y a rien de nouveau ; il va lui-même à la fenêtre , d*oà VûA\ domine sur toute la ligne des bivouacs du champ de bataille. Les coups de fusil avaient entièrement eessê ; nos feux brûlaient tels que nous les avibns allumés à la fin de la bataille ; Yeér nenù ne faisait aucun mouvement ; les collines, dont le rideau couvre la vallée de l'Aube, en arrière ùb Brfeiine, masquaient parfiûtement notre retraite»
et ce n'est que le lendemain à la pointe du jour que l'ennenli reconnaît l'abandon de nos lignes. Napoléon avait quitté le château de Brienne à quatre heures du matin.
Le â février, à onze heures du matin, l'armée française avait repassé l'Aube ; et le pont de Lesmont, coupé encore une fois, nous séparait de l'ennemi ; mais le duc de Ragnse, resté sur l'autre rive pour protéger notre mouvement, se trouvait dans une situation difficile. Le général Wredê, à la tète des Bavarois, s'était chargé de le tourner et de lui couper toute retraite : c'est la même entrejihrise, la même manceuvre, le oiéme ennemi qu'àHanau. Ge souvenir de Banau ranime le courage des troupes fhtnçaises : elles trouvent Tennemi bar^ rant le passage de la Voire au %'illage de Rosnay; le duc de Baguse met aussitôt l'épée à la main ; à sa voix, les braves s'élancent la baïonnette en avant ; et tout le corps d'armée passe sur le ventre de vingt«cînq mille Bavarois I Si, de temps à autre, la muse de THistoire croit devoir arracher quefques feuillets de son livre, qu'elle conserve du moins ]X)ur l'honneur du duc de Raguse la page où le combat de Rosnay se trouve inscrit ! Cette journée suffira pour justifier la confiance
L*IMnBI.
que Napoléon mettait dans Tintrépidiié de MannoDi.
Tandis que ce maréchal effectue vio- U^rieuseinenl sa ratraite par la rive droite de l'Aube vers Àroisi le ffw de l'année continue la aienne par la rite gauche, aur la grande route de Troyea.
On Qouebe au village de Piney . Le 3, de bonne beure. Tannée arrive à Troyea : la vieille garde^ commandée par le duc de Trévise, eat sortie de la viUa pour venir au-<ievant de noua ; elle prend poaitâon sur la route, devient notre arrière*garde , et d'une main ferme arrête Tennemi au moment ou il oroyaii entrer derrière nous dans Troyea.
Napoléon loge au centre de la ville, dans la maison d'un négooiuit nommé Duebâtel-Berthelin: il y trouve quelque moment de repoa dont il profite pour lire ses courriers.
Depuis le d^iart de Paria, on n'avait paa#neore envoyé de bulletin de Tai^ mée ; Teapérance de débuter par une victoire avait fiât différer le départ des nouvelles jusqu'après Tissue de la marche entreprise contre le maréchal Blûcber. On ne peut plus retarder cet envoi davantage, mais la efaanœ a taH»né 4ie telle manière que c'est le Hkstt de la bataille perdue à Briestoe qui commence la série des bulletins de cette campagne. Les pi^emiers cour^ riers qui partent de Troyes pour Paris en sont porteura.
:]^ Moins les événements militaires étaient favomUeat plus on désirait avoir des nouvellesdu dno de Vicence :
on en regoit enfin ; le congrès va se lanir à Cliàtillon-sur- Seine ; il doit s'ouvrir le 4 février. Le comte Stadion y représentera T Autriche ; le comte Biuwnowski , la Rusaie ; le baron de HumboMt, te Prusse; et loidCastleraagh, TAnglelerre. De combien del
délais cette forme de négociation nous menace encore 1
Les seules nouvdles de rintérieor qui soient un peu rassurantes viennent des bords de la Saâne. Les Lyoniiais ont fait bonne contenance devant les troupes que le général aotriditen Bo* bna avait fiât avancer jusqu'aux barrières de te ville; 9s ontdonnéle temps à nos troupes du Dauphiné d'arriver à leur secoure, et l'armée antriehianne s'est repliée sur la Bresse.
Après avoir donné au repos de Fàrmée les journées du 3, àvik et du 5 is^ vrier, Napoléon se décide à évaeiur Troyes : les vieilles muraittes de eeCte ancienne capitale de te Champagne, et les nombreux canaux entre lesqnate te Seine y divise son coura, nous ot fraient à te vérité de gmnda moyena pour tenir tète à l'ennemi ; mate tes alliés pouvaient tourner cette^ position et s'avancer de toutes pails sur Paris. Le temps devenait trop précieux pour le perdre en opérations défen^ sives; et une résistance obstinée sur ce poiirt pouvait n'avoir d^anires résnlttll que rincendie et te mine de Troyes, dont toutes les maisons sont en bois.
D'ailleurs, les secours attendus des Pyrénées approchaient : Ja premièra divirion. , commandée par te génénd Leva!, devait être le 8 à Provins : en continuant sa retraite pour se rapprocher de Paris, l'armée allait en même temps au-devant d'un préetet renfort.
Jusqu*au dernier moment, nos troupes ont fait une telle contenance en avant de Troyes, que l'ennemi cMlt devoir se préparer à une seconde bsh taille. Le corps de Lichtenstein, qui s'élait avancé le 3 jusqu'au pont de Cléry, y avait été battu par te due de Trévise; le k févrter, tes générant CoUoredo, Nostiz et Bianehi , avaient
CÀI|f A6NE DE 1814.
été r^poums dans une attaque qu'ils avaient risquée contre les poots de la Ban»; le génénil Colloredo j avait été bleaié. Enfin, le 5 février, Napoléon ajfaol foit faire an delà de la Baroe une ferle démoneU^ation pour donner le itengQ à rennemi $ur le mouvement de Mraite que noue d^ions Caire le lesdemaini lès alHés avaient cru voir toute Tannée française débouchant pofT reprendre l'offensive; ils avaient auieitdt reculé d .une marcbe, et leur quartieT'géaéral, établi le k àLungny, prèe Yasukeuvrest avait été rejporté, le b au soir, à Bar^^sor-Aube.
Cette vigueir dans de aina|^ opéfati<u»a d'avant*poata est remarquable 4>rè8 upe bataille perdue.
Le ft, Tarmée quitte Trojes etprend la route de Paris; après son départ, les autorités nuinieipales ne tiennent leurs poirtes fermées que le tempe nécessaire pour obtenir de Fennemi la garantie 4'une eapitulatipn.
Napoléon couche bu luuneau dea Grès , qui cçt à , moitié chemin de Troyes h, Nogej^t.
L'ab^(}oa de Troyes et la prolonj^tioia dç nqtré retraite dissipaient nos deraières esf^rances: le soldat marehail dans une jtrÎKtesss morne qu'on ne saurait décrire. Oit nous arréieransnaus*t Cette question èiaii dans toutes les bouebe).
|<e 7, cfn. amve à Nogent : on fait créneler )es maisons qui donnpnt sur la eamp&g9«; ;on prépare ce qu'il fout pour faire sauter le pont si Ton est forcé dans la vi)ic ; en peu d'heures, Nogent est mis à labri d'un coup de main. Dans- eette position, on s'arrête pour diapqter le passage de la Seine au prince Schwarzenb^rg.
Les courriers qui viennent nous re^ joindre à Ne^nt continuent d'apporteif des nouvelles déteforables : du cm4
du nord, les ennemis ont occupé Aixla-Chapelle et Lié^e, aussitôt après le départ du duc de Tarante ; V-armée anglo-prussienne bloque Anvers, mais le général Carnot est arrivé à temps pour en prendre le commandement : il y est entré le 2 février, au moment où les portes se fermaient devant rennami.
Le général Bulov^, après avoir tante une vaine attaque sur la place, y a laissé en observation les Anglais ei les Saxons ; avec ses Prussiens et ses Busses, il s'avance sur la Flandre : la 2, son avant-garde est entrée à Bruxelles ; la Belgique est perdue. Le général Maison etfectue sa retraite sur notre ancienne frontière.
Les lettres de Paris, et les aides>4e^ camp du dM éa Tarante , vimaant anmmoer an danger emore piua pressant : c'est la* marche du maréabal Blûoher, qui s'airanoe sur la oapilala par la grande routa de ChiloQS*
Après la bataille de Brienne, Blûcher s'est aussitôt séparé de l'armée autrichienne; il a rallié à lui, entre Arcis-^ur-Aubô et Cbàlons, les diverses parties de aon armée, dont il avait été un moment coupé par notre axcur^ sion de Saini^Dizier ; et, toutes ses forces réunies, il s est chargé da descendre la Marne, tandis que les Autrichiens descendront la Seine. Le général Yorck est entré à Cbàlons le 5 février. Le corps du duc de Tarante s'y trouvait, arrivant du pays de Liège; mais ce maréchal, poussé par toute l'armée prussienne, n'avait pu opposer qu'une faible résistance. Il se retirait sur £pernay, sans prévoir où il pourrait s'arrêter, et demandait des ordres et des secours. Ainsi l'ennemi est maître de Cbàlons et peut^tre d'Ëperaay,
Ces nouvelles ajoutent à la stupeur qui s'est emparée des esprits ; Napoléon luwnéme ne parait pas inaccessible à
L*EMPIftT|
rinquiétude générale. C'est dans co moment qu'il reçoit de Chàtillon les conditions que les alliés prétendent lui dicter ; elles ne se ressentent que trop de l'influence des événements de Brienne. « Les alliés disconviennent
» des bases proposées à Francfort
» Pour obtenir la paix, il faut rentrer 10 dans les anciennes limites de la yi France. »
Napoléon, après avoir lu ces dépêches, se renferme dans sa chambre et garde le plus morne silence.
; nPBBiTiiw GMmiiE lb m a.
aiCBAL BUXSaBB. ^ COMBAT BB CBAMPAOBBIT. — BATAILLB DE MOTTIHEAIL. — COMBAT DE CHA- TEAU -THIBBBT BT DE TAVCHAMPS.
(Du • au 15 février.)
ta marche de Blûcher, à travers la Champagne, avait jeté l'alarme dans la capitale. D'heure en heure , les estafettes les plus inquiétantes arrivaient de Paris. Blûcher était entré dans la Brie champenoise, il s'avançait à marches forcées ; le duc de Tarente se retirait sur la Ferté-sous4ouarre ; les fuyards arrivaient à Meaux.
Cette audacieuse incursion de l'ennemi ranime Napoléon ; il veut du moins faire payer cher aux Prussiens leur témérité, et il prend la résolution de tomber sur leurs flancs à l'improvîste. Napoléon était encore étendu sur ses cartes, les parcourant le compas à la main, lorsque le duc de Bassano se présente avec les dépêches qu'il a passé le reste de la nuit à préparer pour Chàtillon. « Àh ! vous voilà, lui dit Napo-
» léon. Il s*agit maintenant de Inen » d'autres choses! le suis en ce mo- » ment à battre BHkcher de l'oBil; il V s'avance par la route de MoRtmi- » rail : je pars , je le battrai demnn, » je le battrai après demain ; si oe » mouvement a le succès qu'il doH » avoir, l'état des aflaires va entière » ment changer , et nous venons » alors I »
Aucune route de poste n'établit de communication entre la grande route de Troyes, où se trouve l'armée Brançaise, et celle de Chàlons, que les troupes du maréchal Bltlcher parcourent avec tant d'assurance. Les vastes plainés de la Brie champenoise séparent ces deux avenues de la capitale ; et de Nogent à Xontmindl, par Sezanne, on ne compte pas moins de donso grandes lieues de traverse, que les gens du pays s'accordent à regarder comme très difficiles en cette saison. Un tel obstacle n'est pas sufiisant pour arrêter Napoléon. Il laisse à Nogent le général Boarmont, sous les ordres du duc de Bellune; il laisse au pont de Braysur-Seine le duc de Reggio; il leur recommande de retenir les Autrichiens le plus long-temps qu'ib pourront au passage de la Seine ; et aussitôt, se dérobant, avec réiite de l'armée, derrière le rideau que forme notre arrièro^rde, il entreprend sa seconde expédition contre l'armée prussienne. Dès le 8 au soir , la garde impériale avait fait une marche vers Villenoxe ; le 9, Napoléon part de Nogent, et va coucher, avec le gros de ses troupes, à Sesanne.
Ce soir même, nos coureurs rencontrent quelques cavaliers prussiens sur les bords de la rivière du Petit-Morin, entre Sezanne et Champaubert.
Les nouvelles des habitants sont que le duc de Tarente est en retraite sur Meaux ; que les Prussiens couvrent les
CAMPAGNE DJS 1814.
rouies depuis GbàloDS jusqu'à la Ferlé et au-delà ; qu'ils marchent dans une sécurité parfaite.
Nous n'avons plus que quatre lieues à faire pour les surprendre I mais les coups de sabre qu'on vient de se donner aux avant-postes peuvent avoir averti Tennemi ; l'escarpement de la vallée du Petit-Morin , les marais de Saint-Gond, les bois et les défilés qui s'y trouvent , vont peut-être offrir de grands obstades à une armée embourbée, que rartiilerie ne peut rejoindre.. . La vivacité et la bardiesse de notre mouvement maîtrisent les basards qui nous auraient été défavorables. Nous ne trouvons devant nous qu'un petit corps de troupes, qui se garde mal, et qui a pris nos sabreurs de la veille pour des maraudeurs égarés.
Cepeudaut le dhic de Raguse , qui commande l'avant-garde , a trouvé les chemins trop mauvais : il revient sur ses pas. Napoléon le force aussitôt à recommencer son mouvement ; on requiert des chevaux de tous côtés, on double les attelages , et la volonté du maître s'axécote.
Le 10 au matin, le duc de Baguse passe les défilés de Saint-Gond sous les yeux de Napoléon, et enlève à l'ennemi le village de Baye. Dans l'après-midi , Tannée parvient au village de Champaubert , débouche sur la grande route de Chàlons, et y bat à plate couture les coloBnes que le général Alsufief ( le même qui défendait Brienne) a ralUées trop tard contre nous. La déroute est telle que les forces de l'ennemi se séparent : les uns fuient du côté de Montmirail, et sont poursuivis par la cavalerie du général Nansouty ; les autres fuient sur Ètoges et Chàlons , et sont poursuivis par le duc de Baguse.
Maître de Champaubert, Napoléon s'y loge dans une chaumière qui est sur
la route, au coin de la grande rue du village. C'est là qu'on lui amène les généraux ennemis qui viennent d'être pris : il les foit dîner avec lui.
l)epuis l'ouverture de la campagne nous avions toujours été malheureux; avec quelle joie nous voyons enfin briller sur nos armes cette première lueur do succès I Napoléon sent renaître bien des espérances. L'armée prussienne , coupée encore une fois dans sa mar-, che , n'oppose plus que deux tronçons dont il compte tirer bon parti ; et déjà il craint que le duc de Yicence, usant de la latitude que lui donnent les pouvoirs qui lui ont été expédiés de Troyes, ne mette trop d'empressement à signer le traité. Il lui &it écrire qu'un changement brillant est survenu dans nos affaires, que de nouveaux avantages se préparent, et que le plénipotentiaire de la France peut prendre au congrès une attitude moins humiliée.
Le maréchal Bliicher, de sa personne, n'avait pas encore dépassé Champaubert; il était avec son arrière-garde aux Vertus , entre nous et Chàlons. Le duc de Baguse reste chargé de le contenir, tandis que Napoléon va se metr tre sur les traces des généraux Torck et Sacken qui sont entre nous et la capitale.
C'était à qui seraient les premiers à Paris , des soldats de Blûcher , et de ceux de Schwarzenberg. Les Prussiens s'efforçaient de prendre les devants sur tous ; déjà le général Yorck voyait les clochers de Meaux. Le général russe Sacken, qui le soutenait, était à la Ferté. Deux marches encore , et ils bivouaquaient au pied de Montmartre I Tout à coup les Prussiens s'arrêtent; les Busses les rappellent à grands cris ; la nouvelle du combat de Champaubert leur est arrivée avec la rapidité de la foudre; et toutes ces
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colonnes, reployées en grande hâte les unes sur les autres, ne pensent plus qu'à se rouvrir un passage vers leur général en chef. Notre armée , qui s'avançait au-devant d'elles, les rencontre le 11 au matin ; notre avantgarde sortait de Montmirail par la route de Paris; elle les arrête, et le combat s'eng^tge aussitôt : il est sanglant. À tjroîs heures après-midi, le duc deTrévîse, qui était resté en arrière avec la vieille garde , rejoint l'armée par la route directe de Sezanne à Montmirail.
Napoléon ordonne alors une attaque générale et décisive. A droite de la rouie, en regardant Paris, le maréchal Ney et le duc de Trévise se mettent à la tète de la garde, et enlèvent la ferme des Grénaux (1), autour de laquelle l'ennemi s'était établi en force ; à gauche, le général Bertrand et le duc de Dantzig vont mettre fin au combat que le général Ricard soutient depuis le commencement de la bataille au vil lage de Marchais. Les Russes et les Prussiens renoncent alors au projet de forcer le passage par Montmirail ; ils se retirent à travers champ sur Château- Thierry, dans l'espoir de rentrer en communication avec le maréchal Blûcher par la seconde route de Chàlons qui côtoie la Marne.
Napoléon couche sur le champ de bataille, dans cette môme ferme des Grénaux où le combat a été si opiniâtre. Les valets de pied enlèvent les morts de deux petites pièces où le quartier impérial s'établit ; et ce qui
(1) Le Bulletin dit : et La ferme de l*Épineani-Bois ; » c'est voe erreor <tiii a été vérifiée. la ferme d^sÇréMm^ • auloiir Ue laquelle on s\'sl laot UaUu, ei où Napoléon 9 couciié, ap- I Ui'tenait à M. Paré, ancien ministre de Ti té-
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reste de piille et d'abri dans cette ruine est consacré à Tambulance.
Le 12 , on poursuit les vaincus ; notre cavalerie les disperse el les sabre jusque dans les avenues de Château- Thierry ; on leur coupe fat retnôte sur laquelle ils comptaient par la route de Chftiona : lis n'ont alors d'aetre parti à prendre que de se jeter dans la vHie.
Ils veulent couper le pent, aln ée mettre la Marne entre eux et nova ; mais nos troupes pénètrent péle-mMè avec eux dans le Caïubourg de Château- Thierry. Le duc de Trévîse les poui^ suit au-delà du pont , sur la route de Soissons. Pendant le combat, Napoléon arrive sur les hauteurs qui dominent la vallée ; il y passe la nuit dans une petite maison de campagne isoUe, qui dépend du village de Nesle.
Le 13 au matin , Napoléon descend à Château-Thierry, et prend son logement dans le faubourg de Châlons, à l'auberge de la poste. Sept Prussiens 8*étaient cachés dans cette maison ; on en trouve six ; le septième, blotti dans un grenier à linge , n'a été découvert que trois jours après le départ du quartier impérial.
Débarrassé pour le moment de cette partie de f armée pruasienne, Napoléon songe aussitôt â se retourner contre l'autre , qu'il a laissée entre Champaubert et Châlons. Le maréchal Biûcher, contenu de ce cdté, avait appelé à son secours les corps de Kleist et de Langeron , que de nouvelles troupes avaient relevés devant Mayence et devant les places de la Lorraine ; le duc de Baguse ne pouvait plus barrer le chemin à des forces aussi disproportionnées.
Dans l'après-midi du 13. Tai-mèe quitte Château-Thierry pour aller rétablir réquiKbre de ce côté. Napoléon reste encore quelques heures sur la Marne ; il donne ses dernières instruc*
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liaiM mx dM 4* Tiévta*, qui est sur broute dd SoJasaons, poursuivant dans eotte direction les fuyards des oorps de Seckmel dTordi; il &it eonqpléter rarmwient des gardes nationales de la vallée avec les fusils prussiens, dont les routes sont couvertes; des officiers sont détachés pour réunir ces braves gens en partisans; d'autres ont ordre d'établir des postes d'observation le long de k rlfièrs jus^à Epemay; des travaux déiMsMl sont tracés à Ghàteau- TUenry, sur les tiauttorB de l'ancien ihÉteau qui dombuent le pont ; enfin, le brave général Vincent reste chargé du commandement de cet arrondissement. Après avoir ainsi pourvu à la défense de la Marne , Napoléon monte k cheval k minuit, pour suivre le mou* vement de sa garde, et rejoindre le duc de Kaguse. Les demandes de secours deviennent d'heure en heure plus pressantes de la part de ce maréchal ; il vient d'évacuer la position de Champaubert et recule encore.
Le H au matin, le maréchal Blûcfaer était au moment d'arriver à Montmirail, lorsque le duc de Raguse fait faire tout à coup volte-face à son corps d'armée, et prend position dans la plaine de Yauchamps. Nos troupes de Château -Thierry arrivaient; bientôt l'ennemi aperçoit derrière le duc de Raguse toute Fermée française se déployant pour livrer bataille. A huit heures du matin , les cris des soldats signalent la présence de l'Empereur lui-même,^ îs bataille commence.
Dans le premier moment, le mare* cbal Blûcher avait voulu éviter le combat; mais il n'était plus temps. En vain sa retraite est protégée par d'habiles manœuvres d'infenterie ; les charges de notre cavalerie culbutent tous les carrés qui nous sont opposés ; chaque pas rétrograde accélère la retraite
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de l'ennemi, et bientôt ce n*est plus qu'une fuite. Dans la soirée , le maréchal Blûcher, enveloppé plusieurs fois avec son état-major, ne parvient à se dégager qu'à coups de sabre, et ne nous échappe qu'à la faveur de l'obscurité, qui n'a pas permis de le reconnaître. Le dac de Raguse le poursuit toute la nuit.
Du diamp de bataille de Yauchamps, Napoléon revient coucher au château de Montmirail (1).
(i) Ainsi, dans le ooart espace de iU jooif ^ Napoléon avait écrasé suoceasivemept les doq corps de Tarmée de Silésie qui marchaient sur Paris, conme k une conquête assurée.
Le JPeM-Maréekal, qiri avait naaqvé Foècasion d'ua importaat a«ooès tn laiHMit éeba^pet le faible corps du duc de Tarapte, oomnM encore de plus grandes fautes. Il laissa son armée, morcelée en quatre sections, continuer sa marche processionnelle, et s*endormir sur les taaHors de La Rotliiàre, hercé par Tespérance de conquérir Paris. Napoléon narchq à lui avec l'élite de son armée, avec ses vél^ rans que rien ne décourage. Le Feld-Maréchal se réveille : quelles dispositions va-t*il prendre?
Deux partit le préeeolaieai k lai t le pre^ mier, le plus prudent, sans doute, était une . prompte retraite surCh&lons; le second, plus digne d*une vaillante armée, de se concentrer rapidement ponr faire tète à Torage; le Feld- Maréchal r^dopta. Mais oubliant qu'un plan bien combiné n*est couronné de succès qu'autant que les mesures d>x6cution sont empreintes de force, animées de vitesse, il perd du temps en irrésolutions, se laisse atteindre, renonce à son but, et va Implorer Tappui du généralissime. Enfin, après avoir été, par sa fiute, témoin passif des désastres de trois de ses lieutenants, il couronne son œuvre en venant, par une attaque intempestive, se Cdre écnAer lui-même.
Par un contraste firappant,Kapo1èon retrouve^ dans celte période, ce génie qui étonna l'Europe en 1796. Calculant de Kogent les chances que lui offre la marche décousue des deux grandes armées sur Paris, et traçant une ligne entre le diffleile et Timpossible, il s*ouvreune route nouvelle par tue contrée regardée
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