ORDRE DU JOUR
A l'armée,
FoBUinebleaa, le 5 mars IMI.
« L'Empereur remercie l'armée pour )9 l'attachement qu'elle lui témoigne, et » principalement parce iju'elle recon- D naît que la France est en lui , et non 1 pas dans le peuple de la capitale. Le » soldat suit la fortune et l'infortune 1» de son général , son honneur et sa » religion. Le duc de Raguse n'a point » inspiré ce sentiment à ses compa- B gnons d'armes; il a passé aux alliés. » L'Empereur ne peut approuver la ii condition sous laquelle il a fait cette » démarche ; il ne peut accepter la vie » et la liberté de la merci d'un sujet. » Le sénat s'est permis de disposer du )> gouvernement français ; il a oublié » qu'il doit à l'Empereur le pouvoir » dont il abuse maintenant ; que c'est » l'Empereur qui a sauvé une partie i> de ses membres des orages de la ré-
» les coudi^isait à une aUaque sérieuse et pron cbaine sur le 0auc droil des alliés; mais la » marche parallèle des flanqueurs bavarois qui, » en exécuiton de la conveulion militaire, s'in- » terposaient proce sionneliement entre le ]» corps d*armée et la ligne ennemie, lit naiire » et accrut progressivement les doutes tli s offî- » cierset des soldais. Les murmures éclataient » dans les rangs, et les efforts des gi^iéraux, » pour rétablir la confiance, furent inutiles. La » discipline et la subordiuatiun retinrent ofQ- « ciers et soldats; mais ce ne fut pas sans peine » ni sans péril qu'on parvint à conduire et a » contenir la colunne jus(|u'a Versailles. » [Mémoires pour tervir à l'Histoire de kl Campagne ^e ISii, par le général Koch.)
» volution; tiré de l'obscurité etpro* 0 tégé l'autre contre la haine de la » nation. Le sénat se fonde sur les ar* » ticles de la constitution pour la ren- » verser ; il ne rougit pas de faire des » reproches à l'Empereur, sans remar- » quer que , comme premier corps de » l'Ëtat, il a pris part à tous les événe-* n ments. Il est allé si loin, qu'il a osé » accuser l'Empereur d'avoir changé » les actes dans leur publication. Le o monde entier sait qu'il n'avait pas » besoin de tek artifices. Un signe )) était un ordre pour le sénat, qui tou- » jours faisait plus qu'on ne désirait D de lui. L'Empereur a toujours été » accessible aux remontrances de ses » ministres , et il attendait d'eux, dans » cette circonstance, la justification la » plus indéfinie des mesures qu'il avait » prises. Si l'enthousiasme s'est mêlé x> dans les adresses et les discours pu- » blics, alors l'Empereur a été trompé. » Mais ceux qui ont tenu ce langage » doivent s'attribuer à eux-mêmes les y> suites de leurs flatteries. Le sénat ne » rougit pas de parler de libelles pu- » bliés contre les gouvernements étran- » gers, il oublie qu'ils furent rédigés » dans son sein ! Si longtemps que la » fortune s'est montrée fidèle à leur » souverain, ces hommes sont restés » fidèles, et nulle plainte n'a été enten- » due sur les abus de pouvoir. Si » l'Empereur avait méprisé les hom- » mes, comme on le lui a reproché, » alors le monde reconnaîtrait aujour- » d'hui qu1l a eu des raisons qui mo* » tivaient son mépris. Il tenait sa di- » gnité de Dieu et de la nation; eux » seuls pouvaient l'en priver ; il Ta tou- » jours considérée comme un fardeau, » et lorsqu'il l'accepta , ce fut dans la » conviction que lui seul était à même » de la porter dignement. Le bonheur » de la France paraissait être dans la
CAHPA6NE
» destinée de l'Empereur ; iiajotird'hui » que la fortune s'est décidée contre » lui , la volonté de la nation seule » pourrait le persuader de rester plus » longtemps sur le tr6ne. S1I se doit » eonsidérer comme le seul obstacle à » la paix , il ftiit volontiers le dernier » sacrifice à la France. Il a en consé- » quence envoyé le prince de la Mos- » kowa et les ducs de Vicence et de » Tarente à Paris, pour entamer la né- » gociation. L'armée peut être certaine » que Thonneur de l'Empereur ne sera » jamais en contradiction avec le bon- » heur de la France. »
Les trois plénipotentiaires de Napoléon , arrivés à Paris dans la soirée du ky se présentent aussitôt chez les souverains alliés. Ils ne tardent pas h s'apercevoir du terrain que leur cause a perdu pendant l'absence du duc de Vicence. Les hommes du gouvernement provisoire n'ont pas cessé d'obséder les souverains pour en obtenir l'exclusion définitive de la régente et de son fils (1).
La peur qu'ils ont du père ne leur
(1) «Ani négociateurs de Fontainebleaa , les nembres du gouvernement provisoirei^accédërent chez Tempereur Alexandre... Tous leurs eBorls porlërent sur un seul objet, celui de détourner la régence... Il y allait, pour ainsi dire, de leur tèle... Ils se surpas<èreni dans cet e eonjeeture... M. de Tatleyrand prononça un dist. ours plein de vigueur... M fui puis^iauiincnt secondé par le général Dessole... Le général Beurnonville courut cbez le roi de Pru.'^se; ce prince, aisément convaincu, décida TEmpereur de Russie à éloigner toute idée de ré^j^ence... » ( De Beaucbamp , tome II, psges 363 à 367. ) « De grands efforts furent tentés auprès des souverains alliés pour les porUrr à la substitution du (ils au père... Mais celte eulrepiise échoua. Le général Dessole signala sa rentiée dans les afTair^s par la plus vigourense résistance à Tadoption des demandes de Napoléon.» (Révélations de 91. Tabbe de Pradt, page 75.