‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 149 sur 205 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES BOmiBONS SORTENT DB FRANCK.

1. L*aigle impériale vole de clocher en clocher jusque sur les tours de Notre-Dame de Paris. — II. Convention secrète conclue à la fin de 1814 eotre TAutriche, la France et TAngle* terre, conlre la Russie et la Prusse. — III. Le roi de Naples déclare la guerre à TAutriche le 22 mars. — lY. Congrès de Vienne en mars 1815.

I. Napoléon partit de l'Ile d'Elbe , le 26 février 1815, à neuf heures du soir ; il montait le brick de guerre Vlncon^ stant^ qui arbora, pendant toute la navigation, le pavillon blanc parsemé d'abeilles. Le 1^' mars, à cinq heures après midi, il débarqua sur la plage du golfe Juan , près de Cannes ; su petite armée prit la cocarde tricolore : elle était de onze cents hommes, le plus gi*and nombre soldats de la vieille garde. Il traversa Grasse le 2, à neuf heures du matin, coucha à Sernon, ayant fait vingt lieues dans cette premiëre journée. Le 3, il coucha à Barrème. Le ii^, son avant-garde, commandée par le général: Cambronne, se saisit de la place forte de Sisteron ; le 5 ^ il

entra dans Gap ; le 7 , à deux heures après midi , il rencontra sur les hauteurs, en avant de Vizille, l'avant-garde' de la garnison de Grenoble, qui mar« chait contre lui ; il l'aborde seul, la ha*-^ rangue , lui fait arborer les couleurs tricolores, se met à sa tête, et à onze heures du soir entre dans Grenoble , ayant fait en six jours quatre-vingts lieues, au travers d'un pays de montagnes très difficile ; c'est la marche la plus prodigieuse dont l'histoire fasse mention. Il séjourna le 8 à Greno-> ble , en partit le 9 à la tête de huit mille hommes de troupes de ligne, et de trente pièces de canon, fit son entrée le 10 à neuf heures du soir dans Lyon, la seconde ville de France. Le comte de Fargues, maire de la ville, lui en présenta les clés. Le comte d'Artois, le duc d'Orléans, le maréchal duc de Tarente , s'en étaient sauvés seuls le 10. Leur arrivée inattendue aux Tuileries frappa de stupeur la cour.

Enfin, le 20 mars, à huit heures du soir, jour anniversaire de la naissance de son fils,*^'Empereur entre dans Paris. Quarante mille hommes de l'armée de ligne de toutes les armes s'étaient successivement rangés sous ses dra*

LIMPIU.

peaux. La petite armée de Tlle d'Elbe arriva le lendemain , ayant en vingt jours fait deux cent quarante iièues.

Louis XVIII quitta Paris dans la nuit du 19 au 20 mars, et la France le 23. A son départ de Lille, toutes les places de Flandre arborèrent le drapeau tricolore. Au premier broit du débarquement de Napoléon, le duc de Bourbon avait été envoyé à Nantes pour se mettre à la tète de la Vendée ; le duc d'AngouIème avait été investi du gouvernement des provinces sur la gauche de la Loire. Toutes les tentatives pour soulever Touest furent in«* tiles; les peuples de ces pays se souvenaient de tout ce qu'ils devaient de reconnaissance à Napoléon. Le duc de Bourbon s'embarqua à Paimbœuf, le l*' avril, sur un bâtiment anglais. Le duc d'Angouléme envoya de Bordeaux le baron de Vitreries, ministre d'État, établir le chef -lieu de son gouvernement à Toulouse, laissa la duchesse, sa femme , à Bordeaux , dans Tespérance de conseiTer à son parti cette ville importante , et d'y rallier l'armée espagnole; de sa personne, à la tète du 10" régiment d'infanterie de ligne, du ik^ de chasseurs à cheval , et de quelques bataillons de volontaires royaux du Languedoc, il conçut l'entreprise téméraire de marcher sur Lyon , dans le temps que les Marseillais marcheraient sur Grenoble. Il passa le Rhône sur le pont Saint-Esprit, enleva le pont de la Drôme, que défondaient les gardes nationales de Montelimart, entra le 3 avril dans Valence , et établit' ses avant-postes le long de la rive gauche de 1 Isère. Dans le même temps , les Marseillais , au nombre de deux mille cinq cents, soutenus par le 83' et le 58" de ligne, sous les ordrei du lieutenant-général Ernouf, entraient dans Gap et marchaient sur Grenoble. Ces

succès ne durèrent qu'un jour ; la ducbesM d'AigoUlème , le 3 avril, fut obligée de quitlef Bordeaux à l'arrivée du lieutenant ' général Clausel; elle s'embarqua sur un cutter anglais. Vitrolles fut arrêté le i avril par le lieutenant-général Laborde, et traduit dans les prisons de Paris. Le général Gilly, profitant de Tenthousiasme des peuples du Languedoc , se mit à leur tête; son avant-garde, composée du 10* de chasseurs à cheval et du 6" d'infanterie légère, s'empara du pont Saint-Esprit et en chassa les royalistes. Au bruit des dangers qui menaçaient Lyon, les peuples de la Bourgogne et de l'Auvergne se soulevèrent en masse , et coururent à Lyon demander des ttmes pour marcher contre ces princes. Dans toutes les communes du Dauphiné, le pavillon tricolore était arboré, le tocsin annonçait la marche des royalistes. Les troupes de ligne, à l'aqïecl de i'a'ij^e impériale que leur présenta le lieutenant-général Chabert , à la tête d*ua détachement de la garde nationale de Grenoble, abandonnèrent le parti royaliste. Les Marseillais, cernés de tous côtés, se débandèrent , heureux de gagner leurs foyers. Le duc d'Angouléme consterné, comprit alors toute l'imprudence de son entreprise; il évacua Valence en toute hâte, cherchant à gagner le pont Saint-Esprit; le général GiUy le fit prisonnier. L'Empereur lui rendit la liberté, .et le fit embarquer, le 16 avril, à Cette, sur un bâtiment suédois. Le maréchal Masséna, en faisant arborer le drapeau tricolore dans la Provence, termina la guerre civile. Le 20 avril, cent coups de canon des Invalides annoncèrent à la capitale , et des salves de batteries de côtes et des places frontières annoncèrent aux nations étrangères que le peuple français était rentré dans ses droits.

CAMPAGRB M iSlS.

L'histoire remarquera avec admira** à sion dans la balance, fut de ceni vingt tion la générosité du vainqueur dans 1 mille hommes. Avec cent mille hom-

cette circonstance. Le baron de Yitrol les, qui avait été excepté par le décret de Lyon de l'amnistie générale, le duc d'Angoulôme, dont la sentence était prononcée par la loi du talion, furent Vun et l'autre sauvés par sa clémence, c Je veux , dit Napoléon , pouvoir me » vanter d'avoir reconquis mon trône, » sans qu'une goutte de sang ait été » versée,. ni sur le champ de bataille, » ni sur l'échafaud. »

U. A la fin de 18i<^ , et au commencement de 1815, la discorde régnait au congrès de Vienne. L'Autriche , la France et l'Angleterre, s'étaient liées par une convention secrète contre la Russie et la Prusse , qui paraissaient ne vouloir mettre aucune borne à leurs prétentions. La Prusse voulait réunir Dresde à son empire, ce qui était contraire à Tintérôt de l'Autriche; mais la France , appuyée par l'Espagne , demandait à la cour de Vienne, en récompense de l'appui qu elle lui don* nait , de consentir que les Bourbons de Sicile remontassent sur le trône de Naples. L'Autriche s'y refusait, tant par la jalousie de la maison de Bourbon, que pour ne pas trahir le roi Joacbim , qui avait tant contribué aux succès des alliés en 18U , en faisant cause commune avec les ennemis do sa patrie contre le chef de sa famille et son bienfaiteur. Mur^t avait alors décidé des événements. Si , avec son armée de soixante mille hommes , il se ttki joint à l'armée gallo-italienne que commandait le Vice- Roi , il eût obligé l'armée autrichienne de rester à la défense de la Carinthie et du Tyrol ; l'armée du Vice-Roi était supérieure à celle du feld- maréchal Beilegarde, mais fût contenue par l'armée napolitaine.

Ainsi, le poids qu'il mit en cette occa-

mes de moins , tes alliés n'eussent pu entreprendre Finvasion de la France avant le printemps. En 1814^, l'armée napolitaine était bonne, parce qu'ft cette époque elle comptait dans ses rangs deux mille officiers et sons*offi« ciers français, corses ou italiens du royaume d'Italie, qui la quittèrent aussitôt qu'ils reçurent la circulaire par laquelle le comte MoIé, grand juge, rappelait les Français du service de Naples. Les ministres d'Autriche au congrès de Vienne laissaient souvent percer le peu de cas qu'ils faisaient de l'intervention de la cour des Tuileries ; Louis XVIII , disaient-ils, n'est pas en état de réunir dix mille hommes sans craindre de voir les soldats se tourner contre lui-même. Le prince de Bénévent conseilla au cabinet des Tuileries de réunir trois camps, l'un en Franche- Comté, l'autre devant Lyon et le troisième dans le midi. Ces trois camps pouvaient être portés à trente^ix ou quarante mille hommes, sans obliger à aucun accroissement d'état militaire, et sans être l'objet d'une dépense excessive ; cependant ils relèveraient le crédit de la France à l'étranger. Ce projet fut adopté. Dans le courant de février 1815, les troupes furent mifes en mouvement ; le général de division Ricard se rendit à Vienne , vanta dans plusieurs conférences le bon état de l'armée française, son ardeur et son attachement au Roi. Il annonça pompeusement que trois camps, contenant quatre-vingt mille hommes, se réunis* saient dans le voisinage des Alpes. Les plénipotentiaires français demandèrent que cette armée, secondée par une division espagnole, pût se porter, soit par terre , passant par Gênes, Florence et Rome; soit par mer, dans l'Italie méri-

L*EMPIRE

dionale. Le roi de Napies, de son odté, ne s'endormit pas ; il réunit son armée dans les Marches ; elle était de soixante mille hommes : pour balancer Teffet des négociations des Tuileries, il demanda à TÀutriche le passage pour les troupes qu'il désirait porter sur les Alpes pour pénétrer en France, accréditant , autant qu'il le pouvait, l'opinion déjà répandue, que les soldats français n'étaient pas les soldats des Bourbons.

C'est dans ces circonstances que Napoléon débarqua. Les régiments français destinés à former les trois camps dans le midi étaient en mouvement, et se trouvèrent justement placés pour lui servir d'escorte dans sa marche triomphale du golfe Juan à Paris. Le maréchal Soult, ministre de la guerre , fut alors accusé de trahison ; mais les apparences étaient trompeuses; ce mouvement de troupes, leur placement, si d'accord par le fait avec la marche de l'Empereur, avaient été exécutés d'après l'ordre du Roi, et sur la demande des plénipotentiaires français à Vienne. Les étrangers montrèrent, dans cette circonstance, qu'ils connaissaient mieux lès dispositions secrètes du peuple français et de l'armée, que les princes et les ministres de la maison de Bourbon.

IIL Quelques jours avant de quitter l'Ile d Elbe, le 16 février 1816, Napoléon expédia à Naples un de ses chambellans pour faire connaître à cette cour, i" qu'il partait j)our rentrer dans sa capitale et remonter sur son trône ; qu'il était résolu à maintenir le traité de Paris, ce qui lui faisait espérer que les puissances alliées resteraient étrangères à cette guerre civile ; que les troupes russes étaient d'ailleurs au-delà du Niémen, partie des autrichiennes audelà de rinn, la majorité des prussiennes au-delà de l'Oder, et la moitié

de l'armée anglaise en Amérique; que le congrès de Vienne avait terminé ses opérations, et que le Gzar était parti pour Saint-Pétersbourg; 2« qu'il désirait que Murat envoyât un courrier à Vienne pour que son ambassadeur notifiât à cette cour que la France continuerait à exécuter le traité de Paris, et renonçait £»pécialement à toutes ses prétentions sur l'Italie ; 3^ que dans tous les cas, les hostilités ne pouvaient commencer avant la fin de juillet ; que la France et Naples auraient le temps de se concerter ; qu'au préalable il devait renforcer son armée dans une bonne position en avant d'Ancdne ; et dans toutes les circonstances imprévues, se conduire par le principe, qu'il valait mieux reculer qu'avancer, donner bataille derrière le Garignano que sur le Pô; qu'il pouvait beaucoup comme diversion, et lorsqu'il serait appuyé par une armée française ; qu'il ne pouvait rien sans cela.

L'envoyé de l'Empereur arriva à Naples le k mars : le brick Vlnconstant^ de retour du golfe Juan, y arriva le 12. Peu de jours après, un courrier de Gênes y apprit l'entrée triomphale de Napoléon dans Grenoble et dans Lyon ; le Roi ne déguisa plus ses sentiments ; il annonça hautement sa volonté d'insurger l^talie. <c L'Empereur, disait-il, » ne trouvera aucun obstacle, la nation » française tout entière volera sous ses » drapeaux ; si je tarde à me porter » sur le Pô, si j'attends le mois de juil- » let, les armées françaises auront ré- » tabli le royaume d'Italie et ressaisi la » Couronne de fer ; c'est à moi à pro- » clamer l'indépendance de l'Italie ! » L'envoyé de l'Empereur et la reine se jetèrent inutilement aux pieds du Roi pour lui faire sentir Je danger et la témérité de cette entreprise, rien ne put lui ouvrir les yeux. Il partit pour An-

cône. Arrivé à la tête de son armée le 22 mars, il ne se donna pas même le temps d'attendre la nouvelle de l'entrée de l'Empereur à Paris : il passa le Rubicon, traversa la Romagne, inonda le territoire du Saint-Siège et la Toscane de ses troupes. Le pape se retira à Gènes, le grand-duc à Livoume; arrivé à Bologne, le roi de Naples appela à l'insurrection les peuples du royaume d'Italie ; mais ils demandèrent pourquoi il ne leur parlait pas de Napoléon , leur roi légitime ; que sans son ordre , ils ne pouvaient faire aucun mouvement; qu'il leur paraissait d'ailleurs imprudent d'agir avant que les troupes françaises fussent arrivées sur les ÂJpes ; que dans tous les cas, il leur fallait des fusils; la seule province de Bologne en demandait quarante mille ; l'artillerie napolitaine n'en avait pas un seul. Quelques jours après, l'armée autrichienne, qui s'était concentrée sur la rive gauche du Pô, passa ce fleuve, battit l'armée napolitaine, et entra dans Naples le 12 mai. Le Roi, n'ayant pas pu se jeter de sa personne dans la place forte de Gaéte , s'embarqua sur un bâtiment marchand, et débarqua en Provence, où il demeura pour attendre sa famille et recueillir ses partisans. De son côté, la reine avait capitulé avec un Commodore anglais qui, suivant l'usage constant des alliés dans cette guerre, foula aux pieds la capitula* tion, comme à Dantzig et à Dresde; au lieu de transporter cette princesse en France, il la transporta à Trieste. Dans les premiers jours d'avril, le prince Lucien, ayant dans sa voiture un chargé d'âfihires du pape, arriva à Fontainebleau incognito; c'est par lui qu'on apprit à Paris la première nouvelle de l'invasion du roi de Naples. Le pape écrivait de Gênes à l'Empereur que , s'il ne lui garantissait pas la possession viu

DE i8i5. 700

de Rome , il allait se réf ug'cr en Espagne. Le chargé d'affaires du Saint- Siège fut reçu aux Tuileries ; il repartit, emportant les assurances les plus favorables au saint Père. L'Empereur lui garantissait tout ce qui lui était assuré par le traité de Paris, lui faisant connaître qu'il blâmait la conduite du roi de Naples comme contraire à sa politique.

IV. On reçut à Vienne, le 8 mars, la nouvelle du débarquement de l'Empereur en France ; le congi*ès n'était pas dissous. Le 13 et le 25 mars , les ministres des puissances signèrent des actes sans exemple dans l'histoire ; ils croyaient l'Empereur perdu. Il sera, disaient-ils, promptement repoussé et défait par les fidèles sujets de Louis XVIIL Lorsque depuis ils apprirent que les Bourbons , sans opposer de résistance, n'avaient pu tenir au nord, au midi, à l'ouest , à l'est , et que la France tout entière s'était déclarée pour son ancien souverain, l'amour-propre des alliés était compromis, et cependant il y eut de l'hésitation ! Mais lorsque la cour de Vienne fut instruite des sentiments du roi de Naples, et peu après de sa marche hostile , elle ne mit pas en doute qu il n'agit que par les ordres de Napoléon , et qu'ainsi ce prince , constant et inébranlable dans son système politique , ne fût encore ce qu'il était à Châtillon , ne voulant de la couronne de France qu'avec la Belgique , le Rhin , et peut-être même la Couronne de fer. Elle n'hésita plus. Les ministres signèrent un traité contre la France , par lequel les quatre puissances principales s'engageaient à fournir chacune cent cinquante niille hommes. Les ratifications furent échangées le 25 avril , et l'on calcula qu'un million d'hommes de toutes les nations I de TEurope serait réuni k la fin de

L'EHPIP.

juillet sur les frontières françaises, La

Suède et le Portugal refusèrent seuls de fournir leur contingent. La paix entre l'Angleterre et les Etats-Unis d'Amérique avait été conclue à Gand , et ratifiée à la fin de février. Les troupes anglaises, devenues inutiles au Canada, s'embarquaient pour retourner en Europe. Le duc de Wellington avait son quartier-général à Bruxelles, et le prince Bliicher le sien à Liège, au 15 avril. Sur la Tamise, le Danube, la Sprée, la Neva, le Tage, tout retentit de guerre. La frégate française ta Melpomène, se trouvant sur les côtes de Naples , fut prise par le vaisseau anglais le Rivoli; mais quelques jours après des ordres arrivèrent de Londres au commodore dans la Méditerranée , de respecter le pavillon français, la guerre n'étant pas déclarée Les bâtiments français naviguèrent dès lors librement. Une frégate française ramena , de Naples en France , Madame.

Ces ordres du gouvernement anglais tenaient à l'indécision des souverains à Vienne, et à l'intérêt qu'avait la cour de Londres de gagner du temps , parce que ses armées en Belgique n'étaient point en mesure de défendre ce pays; que même l'amirauté^ éprouvant de grandes difiicultés à armer ses vaisseaux, craignait que Fescadre française de Toulon ne fût équipée et ne prit la mer avant la sienne. Deux fois en proie aux plus étranges vertiges , le roi de Naples fut deux fois la cause de nos malheurs : en 18U , en se déclarant contre la France ; et en 1815 , en se déclarant contre l'Autriche.

Page 1