QUARANTE-SIXIÈME BULLETIN
Goiymin, U 28 diemnbrt iSOS.
Le maréchal Ney, chargé de manœuvrer pour détaclier le lieutenant-général prussien Lestocq de l'Wrka, déborder et menacer ses communications, pour le couper dos Russes, a dirigé ces mouvements avec son habileté et son intrépidité ordinaires. Le 23, la division Marchand se rendit à Gurzno. Le 22, l'ennemi a été poursuivi jusqu'à Kunsbroch. Le 25, Tarriere-garde de l'ennemi a été entamée. Le 26, l'ennemi s'étani concentré à Soldau et Mlawa. le maréchal Ney résolut de marcher à lui et de l'attaquer. Les Prussiens occupaient Soldau avec six mille hommes d'infanterie et un millier d'hommes de cavalerie; ils ceraptaient, protéf^és par les marais et les obstacles qui environnent cette ville, être à l'abri de toute attaque. Tous ces obstacles ont été surmontés par les 69* et 76*. L eiinemi s'est défendu (fans toutes les rues, eta été repoussé partout à coups de baïonnette. f.e général Lestoeq, voyant le petit nombre de troupes qui l'avaient attaqué^ voulut reprendre la ville. Il fit quatre attaque successives pendant la nuit, dont aucune ne réussit. Il se retira à Neidenbourg : six pièces de canon, quelques dra-
L'SMPlBfl.
peaux, un Asaez bo& nombre de prisonniers, ont été le résultat du combat de Soldau. Le maréchal Key se loue du général Wonderveidt, qui a été blessé. Il fait une mention particulière du colonel Brun, du 69% qui s est fait remarquer par sa bonne conduite. Le même jour, le 59' a passé sur Lauterburg.
Pendant le combat de Soldau, le général Marchand , avec sa division , repoussait Tennemi de Mlawa, où il eut un très brillant combat.
Le maréchal Bessières, avec le second corps de la réserve de cavalerie , avait occupé Biézun dès le 19. Uennemi reconnaissant rimportance de celte position, et sentant que la gauche de Tarmee française voulait séparer les Prussiens des Russes, tenta de reprendre ce posle; ce qui donna lieu au combat de Biezun. Le 23, à huit heures, il déboucha par plusieurs roules. Le maréchal Bessières avait placé les deux seules compagnies d'infantcrjequ il avait, près du pont. Voyant l'ennemi venir en très grande force, il donna ordre au génc^ rai Grouchy de déboucher avec sa division. L'ennemi était déjà maître du village de Karmidjen, et y avait jeté un bataillon d'infanterie.
Chargée par la division Grouchy, la ligne ennemie fut rompue. Cavalerie et înTanterie prussiennes , fortes de six mille hommes, ont été enfoncées et jetées dans les marais ; cinq cents prisonniers, cinq pièces de canon, deux étendards, sont le résultat de celte charge. Le mariH^hal Bessières se loue beaucoup du général Grouchy, du général Boulet, et de son chef d'état-major , le général Roussel. Le chef d'escadron Renié, du 6* régiment de dragons, s'est distingué. M. Launay, capitaine de la compagnie d'élite du même régiment, a été tué.
e^. Bourreau, aide>de-camp du maré^ chai Bessières , a été blessé. Notre perte est , du reste , peu considérable. Nous avons eu huit hommes tués et une vingtaine de blessés. Les deux étendards ont été pris par le dragon Piet, du 6' régiment de dragons, et par le fourrier Jeuffroy, du Z' régiment.
Sa Majesté, désirant <}tte le prince Jérôme eCtt occasion de s instruire, l'a fait appeler de Silésie. Ce prince a pris part a tous res combats qui ont eu lieu, et s'est trouvé souvent aux avant-postes.
Sa Majesté a été satisfaite de la conduite de rartillerie, pour l'intelligence et l'intrépidité qu'elle a montrées devant Tennemi, soit dans la construction des ponts , soit pour faire marcher TarUilerie au milieu des mauvais chemins.
Le général Marulaz, commandant la cavalerie légère du troisième corps, le colonel ExceUuans, du 1'' de chasseurs, et
le 0toéral Petit» ont fail pieave d'iatalKgence et de bravoure.
Sa Majesté a recommandé que dans les relations officielles des dififérentes affaires, on fit connaître un grand nombre de traits qui méritent de passer à la postérité; car c'est pour elle, et pour vivre étemelkH ment dans sa mémoire, que le soldai français affronte tous les dangers et toutes les fatigues.
QUARANTE-SEPTIÈME BULLETIN
Pulluth, le 50 décembre 1806.
Le combat de Czarnowo , celui de Kasielsk. celui de Kursomb, le combal de cavalerie de Lopackzyn, ont été suivis par les combats de Golymin et de Pullusk; et la retraite entière et précipitée des armées russes a terminé l'année et la campagne.
Combat cte Pultusk,
Le maréchal Lannes ne put arriver vis-à-vis Pultusk que le 26, au matin.
Tout le corps de Bennigsen s*y était réuni dans la nuit. Les divisions rosses qui avaient été battues à Nasielsk, poursuivies par la troisième division du corps du HMh léchai Davout, entrèrent dans le camp de Pultusk à deux heures après minuit. A dix heures , le maréchal Lannes attaqua, ayant la division Suchet en première ligne, la division Gazan en seconde ligne, la division Gudin du troisième on'ps d'armée, commandée par le général Baiiltanne, sur sa ^iiche. Le combat devint vif. Après différents engagements, TeiK nemi fut culbuté. Le iV régiment d'infiaaterie légère et le 34* se couvrirent de gloire. Les généraux Vedel et Claparède ont été blessés. Le général Treillard, commandant la cavalerie légère du oorps d armée; le général Boussard, commandant une brigade de la division de dragons Beker; le colonel Barthélémy, du 15' régiment de dragons, ont été blessés par la mitraille. L'aide-de-camp Voisin, du maréchal Lannes et laide-de-eamp Curial, du général Suchet, ont été tués l'un et l'autre avec gloire. Le maréchal Lannes a été touché aune balle. Le cinquième corps d'armée a montré, dans cette circonstance, ce que peuvent des braves, et l'immense supériorité de rinCamterie Ihinçaise sur celle des autres nations. Le maréchal Lannes, quoique malade depuis huit jours, avait voulu suivre son corps d'armée. Le 85* régiment a sootemi plvsieurs charges de cavalerie ranemie at€c
fiULI^TINS m Là QRANDE-ABMÉE.
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H guceès. L'iAMBi, dans la Mif, a batta en retmite et a gagné Ostrolenka.
Combat de Golymin,
Pendant que le corps de Bennigsen était à Pultusk, et y était battu, celui de Buxhowden se réunissait à Golymin. à midi. La division Panin, de ce corps, qui avait élé attaquée la veille par le grand-duc de Berg, une autre division qui avait été battue à Nasietsk, arrivaient par différents diemins au camp de Golymin.
Le maréchal Davout, qui poursuivait Tennemi depuis Nasieisk, l'atteignit, le duirgea, et lui enleva un bois près du camp de Golymin.
Dans le même temps, le maréchal Augcreau arrivant de Golaczima, prenait 1 ennemi en flanc. Le générai de brigade La* piflse, avec le 16* d infanterie légère, enlevait à la baïonnette un village qui servait de point d'appui à Tennemi. La division Heudelet se déployait et marchait à lui. A trois heures après midi, le Teu était des pins chauds. Le grand-duc de Berg fit ekécnter, avec le plus grand succès, plusieurs charges, dans lesquelles la division de dragons Klein se distingua. Cependant la nuit arrivant trop tôt, le combat contiftoa jQsqu à onze heures du soir. L'ennemi it sa retraite en désordre, laissant son ar*^ ttUerie, ses bagages, presque tous ses sacs^, et beaucoup de morts. Toutes les colonnes ennemies se retirèrent sur Ostrolenka.
Le général FeiieroUe, commandant une brigade de dragons, fht tué d'un boulet. L'intrépide général Rapp, aide-de-camn de l'Empereur, a été blessé d'un coup de fusil à la tète de sa division de dragons. Le colonel Sémélé, du brave 24" de ligne, a été bless'^. Le maréchal Augereau a eu nu cheval tué sous lui.
Cependant le maréchal Soult, avec son corps d'armée, était déjà arrivé à Molati, à deux lieues de MakoW; mais les horribles bones, suite des pluies et du dégel, arrêtèrent sa marche et sauvèrent l'armée russe , dont pas un seul homme n'eût échappé sans cet accident. Les destins de Fàrmee de Bennigsen et de celle de Bux- Ihowden devaient se terminer en deçà de la petite ritière d Orcye ; mais tous les llKmvements ont été contrariés par l'effet du dégel, au point que l'artillerie a mis Jusqu'à deux jours pour &ire trois lieues. Toutefois l'armée russe a perdu quatrevingts pièces de canon, tous ses caissons, phis de douze cents voitures de bagages et dduze mille hommes tués, blesses ou fliHs prisonnier». Les mouvements des oo**
k>iiMi fnaçaîaes el ruaaes saroM un objet de vive curiosité pour les mtDtaires, lorsqu'ils seront tracés sur la carte. On y verra à combien peu il a tenu que toute cette armée ne fût prise et anéantie en peu de jours, et cela par Feffet d'une seule rante du général russe.
Nous avons perdu huit cents hommes tués, et nous avons eu deux mille blessés. Maître d^une grande partie de rartillerie ennemie, de toutes les positions ennemies, ayant repoussé l'ennemi à plus de quarante lieues, l'Empereur a mis son armée en quartier d'hiver.
Avant cette expédition, les officiers russes disaient qu'ils avaient cent cinquante mille hommes ; aujourd'hui ils pré • tendent n'en avoir eu que la moitié. Qui croire, des officiers russes avant la bataille, ou des officiers russes après la bataille ?
La Perse et la Porte ont déclaré la guerre à la Russie. Michelson attaque la Porte. Ces deux grands empires, voisins de la Russie, sont tourmentés par la politique fallacieuse du cabinet de Saint-Pétersbourg, qui agit depuis dix ans chez eux, comme elle a fait pendant cinquante ans en Pok>gne.
M. Philippe de Ségur» maréchal-deslogis de la maison de l'Empereur, se rendant à Nasielsk, est tombé dans une embuscade de Cosaques, qui s'étaient placés dans une maison de bois qui se trouve derrière Nasielsk. Il en a tué deux de sa main, mais il a été fait prisonnier.
L'Empereur l'a fait r&lamer , mais le général russe 1 avait sur-le-champ dirigé sur Saint-Pétersbourg.
QUARANTE -HUITIÈME BULLETIN
Yanovi9, te ZjanpUr 4807.
1^ général Corbineau, aide-de--camp de l'Empereur, est parti de Pultusk avec trois régiments de cavalerie légère, pour se mettre à la poursuite de l'ennemi. Il est arrivé le 1" janvier à Oslrowiec, après avoir occupé firock. Il a ramassé quatre cents prisonniers, plusieurs officiers et plusieurs voitures de bagages.^
Le maréchal Soult, ayant sous ses ordres les trois brigades de cavalelrie légère de la division Lasalle, borde la petite rivière d'Orcye, pour mettre à couvert les cantonnements de Tarmée. Le maréchal Ney, le maréchal prince de Ponte-Corvo et le maréchal Bessières, ont leurs troupes cantonnées sur la gauche. Les corps d'armée des marécèaux Soult, Davout et Lannes^ oocopeAt P«task et les bords du Bug.
L'SMPmE.
L'armée ennemie continue son mouvement de retraite.
L*Emj)ereur est arrivé le î janvier à Varsovie, à deux heures après midi.
Il a ^lé et neigé pendant deux jours ; mais déjà le éé^ei recommence; et les chemins , qui paraissaient s'améliorer, sont devenus aussi mauvais q^u'auparavant.
Le prince Bor^^hèse a été constamment à la tète du 1" régiment des carabiniers, qu*il commande. Les braves carabiniers et cuirassiers brûlaient d'en venir aux mains avec Tennemi ; mais les divisions de dragons, qui marchaient en avant, ayant tout enfonce, ne les ont pas mis dans le cas de fournir une charge.
Sa Majesté a nommé le général Lariboissièrc général de division, et lui a donné le comniandemont de l'artillerie do sa garde. C'est un officier du plus rare mérite.
I^ troupes du grand-duc de Wiirlzbourg forment la garnison de Berlin. Elles sont composées de deux régiments qui se font distinguer par leur bonne tenue.
Le corps du prince Jérôme assiège toujours Bresiau. Celte belle ville est réduite en cendres. L'attente des événements, et l'espérance qu'elle avait d'être secourue par les Russes, l'ont empêchée de se rendre; mais le siège avance. Les troupes bavaroises et w'iirtembergeoises ont mérité les éloges du prince Jérôme et l'estime de l'armée française.
Le commandant de la Silésie avait réuni les garnisons des places qui ne sont pas bloquées, et enavait formé un corps de huit mille hommes, avec lequel il s'était mis en marche pour inquiéter le siège de Bresiau. Le général llédouviile, chef de rélalmajor du prince Jérôme , a fait marcher contre ce corps le général Montbrun, com mandant les Wiirtembergeois,et le général Minucci, commandant les Bavarois. Usent atteint les Prussiens à Strehien . les ont mis dans une grande déroute^ et leur ont pris quatre ccnls hommes, six cents chevaux et des convois considérables de subsistances que l'ennemi avait le projet de jeter dans la place. Le major Erschet, à la tête de cent rinquante hommes des chevaulégersde Linange, achargé deux escadrons prussiens , les a rompus , et leur a fait trente-six prisonniers.
Sa Majesté a ordonné qu'une partie des drapeaux pris au siéjçe de Glogau fût envoyée au roi de ^iirtemberg, dont les troupes se sont emparées de cette place. Sa Majesté, voulant aussi reconnaître la bonne conduite de ces troupes, a accordé au corps de Wurtemberg dix décorations de la Légion-d'Honneur.
Une députation du royaume d'Italie , composée de MM. Prima, ministre des finances, et homme d'un grand mérite ; Re-
nier, podestat de Venise, et Gusta Yillaaj, conseiller d'état, a été présentée aujourd'hui à l'Empereur.
Sa Majesté a reçu le même jour toutes les autorités du pays et les différents ministres étrangers qui se trouvent à Varsovie.
QUARANTE-NEUVIÈME BULLETIN
Variomt, U Sjameftr 1807.
Bresiau s*est rendu. On n'a pas encore la capitulation au quartier-général. On n'a pas non plus Tctat des magasins de sat>sistances, d'habillement et d'artillerie. On sait cependant qu'ils sont très considérables. Le prince Jérôme a dû faire son entrée dans la place. Il va assiéger Brieg, Schweidnitz et Kosel.
Le général Victor , commandant le dixième corps aarmée, s*est mis en marche pour aller faire le siège de Colbert et de Dantzig, et prendre ces places pendant le reste de l'hiver.
M. de Zastrow, aide-de-camp du roi de Prusse, homme sage et modère , qui avait signé l'armistice que son maître n'a pas ratifié, a cepcndaul été chargé, à son arrivée à Kœni^sberg, du portefeuille des affaires étrangères.
Notre cavalerie légère n'est pas loin de Kœnigsberg.
L'armée russe continue son mouvement sur Grodno. On apprend que dans les dernières affaires elle a eu un grand j numbre de généraux tués et blessés. Elle ! montre assez de mécontentement contre I l'empereur de Russie et la œur. Les soldais disent que si l'on avait jugé leur armée assez forte iiour se mesurer avec avantage contre les Français, l'Empereur, sa garde, la garnison de Salnl-Pètersbour({ et les généraux (!e la cour, auraient été conduits à l'armée par cette même sécurité qui les y amena Tannée dernière ; que si, au conlraire, les événements d'Austerlitz et ccuxd'lénaont fait penser aue les Russes ne pouvaient pas obtenir des succès contre 1 armée française, il ne [illiait pas s'eniçager dans une lutte inégale. Ils disent aussi : L'£m|>fH^4ir Alexandre a compromis notre gloire Nous avions toujours été vainqueurs; nous avions établi et partagé ropinion que nous étions invincibles. Les choses sont bien changées. Depuis deux ans , on nous fait promener des frontières de la Pologne en Autriche; du Dniester à la Vistule,et tomber partout dans les pièges de l'ennemi. I! est difficile de ne pas s'apercevoir que tout cela est mal dirigé
Le général Michclson est toujours en Moldavie. On n'a pas de nouvelles qu'il se soit porté contre l'armée turque; qu'il oo-
BULLETINS DE Lk GRANDE-ARMEE.
cupe Bocharedt et la Valachie. Les faits d'annesde cette guerre se bornent, ju$qa*à présent, k Tinvestissement de ('hoczim et de Bender. De grands mouvements ont lieu dans toute la Turquie pour repousser une aussi injuste agression.
Le général baron de Vincent est arrivé de Vienne à Varsovie, porteur de lettres de Fempereur d'Autriche pour Tempereur Napoléon.
il était tombé beaucoup de neige et il avait gelé pendant trois jours. L*usage des traîneaux avait donné une grande rapidité aux communications; mais le dégel vient de recommencer. Les Polonais prétendent qu'un pareil hiver est sans exemple dans ce pavs-ci. La température est effectivement pius douce qu elle ne Test ordinairement à Paris dans cette saison.
CINQUANTIÈME BULLETIN
Varsovie, h iZ janvier 4807.
. Les troupes françaises ont trouvé à Ostrolenka auelques malades russes que Fennemi n avait pu transporter. Indépendamment des pertes de 1 armée russe en tués et en blessés, elle en éprouve encore de très considérables par les maladies qui se multiplient chaque jour.
La plus grande désunion s'est établie entre les généraux Kaminski, Bennigsenet Buxhowden.
Tout le territoire de la Pologne prussienne se trouve actuellement évacué par Tennemi.
Le roi de Prusse a quitté Kœnigsberg, et s*est réfugié à Memei.
La Vistule, la Narew et le Bug, avaient pendant quelques jours, charrié des glaçons; mais le temps s*est ensuite radouci, et tout annonce que Thiver sera moins rude à Varsovie qu'il ne Test ordinairement à Paris.
Le 8 janvier , la garnison de Brestau, forte de cinq mille cinq cents hommes , a défilé devant le prince Jérôme. La ville a beaucoup souff^ert. Dès les premiers moments où elle a été investie, le gouverneur prussien avait fait brûler ses trois faubourgs. La place ayant été assiégée en règle, on était déjà à la brèche lorsqu'elle s'est rendue. Les Bavarois et Wiirlembergeois se sont distingués par leur intelligence et leur bravoure. 1^ prince Jérôme investit dans ce moment et assiège à la fois toutes les autres places de la Silésie. Il est probable qu'elles ne feront pas une longue résistance.
Le corps de dix mille hommes que le prince de Pless avait composé de tout ce
qui était dans les garnisons des placesi a été mis en pièces dans les combats du 29 et du 50 décembre.
Le général Montbrnn. avec la cavalerie wiirtembergeoise , fut a la rencontre du
Ï)rince de Pless vers Ohlau, qu'il occupa e 28 au soir. Le lendemain, à cinq heures du matin, le prince de Pless le fit attaquer. Le général Montbrun, profitant d'une i)osition défavorable où se trouvait l'inlanterie ennemie, fit un mouvement sur sa gauche, la tourna, lui tua beaucoup de monde, lui prit sept cents hommes, quatre pièces de canon et beaucoup de chevaux. Cependant, les principales forces du prince de Pless étaient derrière la Neisse, où il les avait rassemblées après le combat de Slrehlen. Parti de Schurfçaft, et marchant jour et nuit, il s'avança jusqu'au bivouac de la brigade wiirtembergeoise, placée en arrière de d'Hubé sous Breslau. >A huit heures du matin il attaqua avec neuf mille hommes le village de Grîetern, occupé par deux bataillons d'infanterie et
I)ar les chevau-Iégers de Linange, sous es ordres de l'adjudant commandant Duveyrier; mais il fut reçu vi^ureusement et forcé à une retraite précipitée. Les généraux Montbrun et Minucci, oui revenaient d'OhIau, eurent aussitôt Tordre de marcher sur Schweidnitz pour couper la retraite à l'ennemi. Mais le prince de Pless s'empressa de disperser toutes ses troupes, et les fit rentrer par détachements dans les places, en abandonnant dans sa fuite une partie de son artillerie, beaucoup de ba-
§ages et des chevaux. Il a de plus perdu ans cette affaire beaucoup d'hommes tués et huit cents prisonniers
Sa Majesté a ordonné de témoigner sa satisfaction aux troupes bavaroises et wiirtembergeoises.
Le maréchal Mortier entre dans la Poméranie suédoise.
Des lettres arrivées de Bucharest donnent des détails sur les préparatifs de guerre de Barayctar et du pacha de Widdin. Au 20 décembre , l'avant-gardc de l'armée turque, forte de quinze mille hommes, était sur les frontières de la Valachie et de la Moldavie. Le prince Dolgoroucki s'y trouvait aussi avec ses troupes. Ainsi l'on était en présence. En passant à Bucharest, les olficiers turcs paraissaient fort animés; ils disaient à un officier français qui se trouvait dans cette ville : « Les Français verront de quoi nous sommes capables. Nous formerons la droite de Farmée de Pologne ; nous nous montrerons dignes d'être loués par Tempereur Napoléon. >
Tout est en mouvement dans ce vaste empire : les scheiks et les ulbemas donnent l'impulsion, et tout le monde court aux armes pour repousser la plus injuste des agressions.
L^BUtllŒ.
M. Italinski n'a évité jusqu'à présent d'êlre mis aux Sepl-Tours, qu en promettant qu*au retour de son courrier les Russes auraient l'ordre d'abandonner la Moldavie, et de rendre Choczim et Bender.
Les Serviens, que les Russes ne désavouent plus pour alliés, se sont emparés d'une lie du Uanube qui appartient à i Âuiriclie, et d'où ils canonnent Belgrade. Le gouvernement autrichien a ordonné de la reprendre. , ^ , ,
L'Autriche et la France sont esalement intéressées à ne pas voir la Moldavie, la Yalachie, la Servie, la Grèce, la Roraélie, la Natolie, devenir le jouet de l'ambition des Moscovites.
L'intérêt de l'Angleterre dans cette contestation est au moins aussi évident que celui de la France et de l'Autriche : mais le reconnallra-t-elle ? Imposera-t-elle silence à la haine qui dirige son cabinet ? Écoutera-t-elle les leçons de la politique et de l'expérience ? Si elle ferme les yeux sur l'avenir, si elle ne vit qu'au jour le jour, si elle n'écoute que sa jalousie contre la France, elle déclarera peut-être la guerre à la Porte ; elle se fera l'auxiliaire de l'insatiable ambition des Russes; elle creusera elle-même un abîme dont elle ne reconnaîtra la profondeur qu'en y tombant.
CINQUANTE-UNIÈME BULLETIN
Yart09i9, h ^k' Janvier 1807.
Le 29 décembre, une dépêche du général Bennigsen parvint à Kœnigsberg, au roi de Prusse. Elle fut sur-le-champ publiée et placardée dans toute la ville, où elle excita les transports de la plus vivo joie. Le Roi reçut publiquement des compliments; mais le 51 au soir, on apprit, par des officiers prussiens et par d'autres relations du pays, le véritable état des choses. La tristesse et la consternation furent alors d'autant plus granaes, qu'on s'était plus entièrement livré à rallégresse. On songea dès-lors à évacuer Kœnigsberg, et l'on en fit sur-le-champ tous les préparatifs. Le trésor et les effets les plus précieux furent aussitôt dirigés sur Memel. La Reine, qui était assez malade, s'embarqua le 3 janvier pour cette ville. Le Roi partit le 6 pour s'y rendre. Les débris de la division du général Leslocq se replièrent aussi sur cette place, en laissant à Kœnigsberg deux bataillons et une compagnie d'invalides.
Le ministère du roi de Prusse est composé de la manière suivante :
M. le général de Zastrow est nommé ministre des affaires étrangères ;
M. le général Ruchel, encore malade de la blessure qu'il a reçue à la bataille d'iéna, est nommé ministre de la guerre ;
M. le président de Sagebarthe est nommé ministre de Tintérieur.
Yoici en quoi consistent maintenant les forces de la monarchie prussienne :
Le Roi est accompagné par quinze cents hommes de troupes, tant à pied qu'à cheval.
Le général Lestocq a, à peu près, cinq mille hommes, y compris les deux bataillons laissés à Kœnigsberg avec la compaffnie d'invalides.
Le lieutenant-général Hamberger, commande à Dantzig, où il a six mille hommes de garnison. Les habitants ont été désarmés. On leur a intimé qu'en cas d'alerte, les troupes feront feu sur tous ceux qui sortiront ae leurs maisons.
Le général Gutadon commande à Cclberg avec dix-huit cents hommes.
Le lieutenant-général Courbière est à Graudenlz avec trois mille hommes.
Les troupes françaises sont en mouvement pour cerner et assiéger ces places.
Un certain nombre de recrues que le roi de Prusse avait fait réunir, et qui n'étaient ni habillées ni armées , ont été licenciées, parce qu'il n'y avait plus de moyen de les contenir.
Deux ou trois officiers anglais étaient à Kœnigsberg, et faisaient espérer l'arrivée d'une armée anglaise.
Le prince de Pless a, en Silésie, douze ou quinze mille hommes enfermés dans les places de Brieg, Neiss , Schweidnitr el Kosel, que le prince Jérôme a fait investir.
Nous ne dirons rien de la ridicule dépêche du général Bennigsen; nous remarquerons seulement qu'elle parait contenir quoique chose d'inconcevable. Ce général semble accuser son collègue le général Buxhowden; il dit qu'il était à Makow.
Comment pouvait-il ignorer que le général Buxhowden était allé jusqu'à Golymin, où il avait été battu ? Il prétend avoir remporté une victoire, et cepcntlant il était en pleine retraite à dix heures du soir, et cette retraite fut si jprécipilce, qu'il abandonna ses blessés. Qu'il nous montre une seule pièce de canon, un seul drapeau français , un seul prisonnier, hormis vingt-et-un ou quinze hommes isolés qui peuvent avoir été pris par Ie5 Cosaques sur les derrières de Tarmee, tandis que nous pouvons lui montrer six mille prisonniers, deux drapeaux qu'il a perdus près de Pultusk, et trois mille blessés qu'il a abandonnés dans sa fuite. Il dit encore qu'il a eu contre lui le grandduc de Berg et le maréchal Davout, tandis qu'il n'a eu affaire qu'à la division Sachet, du corps du maréchal Lannes. Lé
BULLETINS M LA èR AN DE-ARMÉE.
17' régiment d'infanterie léjcère , le 54* de ligne, le 64* et le 88% sont les seuls régiments qui se soient battus contre lui. Il faut qu il ait bien peu réfléchi sur la position de Pultusk pour supposer que les Français voulaient s'emparer de cette ville.* Elle est dominée à portée de pistolet.
Si le général Buxhowclen a fait de son côté une relation aussi véridique du combat de Golymin, il deviendra évident que Tarmée française a été battue, et que, par suite de sa défaite, elle s'est emparée de cent pièces de canon et seize cents voitures de bagages, de tous les hôpitaux de Tarmée. de tous ses blessés, et des importantes positions de Sieroch , de Pultusk, d'OstroIenka, et qu'elle a obligé Tennemi à reculer de q^uatre -vingts lieues.
Quant à 1 induction que le général Bennigsen veut tirer de ce qu*il n'a pas été poursuivi, il suMra d'observer quon se serait bien gardé de le poursuivre, puisqu'il était débordé de deux journées, et que, sans les mauvais chemins, qui ont empêché le maréchal Souit de suivre ce mouvement, le général russe aurait trouvé les Français à Ostrolenka.
Il ne reste plus qu à chercher quel peut être le but d une pareille relation. Il est le même, sans doute, que celui aue se, proposaient les Russes dans les relations
att'ils ont faites de la bataille d'Austerlitz. est le même, sans doute, que celui des ukases par lesquels l'empereur Alexandre refusait la grande décoration de l'ordre de Saint-Georges, parce qu^, disait-il, il n'avait pas commandé à cette bataille, et acceptait la petite décoration pour les succès qu'il y avait obtenus , quoique sous le commandement de l'empereur d'Autriche.
Il y a cependant un point de vue sous lequel la relation du général Bennigsen peut être justifiée. On a craint , sans doute, l'effet de la vérité dans les pays de la Pologne prussienne et de la Pologne russe que 1 ennemi avait à traverser, si elle y était parvenue avant qu'il eût pu mettre ses hôpitaux et ses détachements isolés à l'abri de toute insulte.
Ces relations, aussi évidemment ridicules, peuvent avoir encore pour les Russes l'avantage de relarder de quelques jours l'élan que des récits fidèles donneraient aux Tuics ; et il est des circonstances où quelques Jours sont un délai d'une certaine importance. Cependant l'expérience a prouvé que toutes ces ruses vont contre leur but , et qu'en toutes choses la simplicité et la vérité sont les meilleurs moyens de politique.
CINQUANTE-DEUXIÈME BULLETIN
Yartovief le i9 janvier \WT.
Le huitième corps de la Grande-Armée, que commande le maréchal Mortier, a détaché un bataillon du 2' réfçiment d'infanterie légère sur Wollin. Trois compagnies de ce bataillon y étaient à peine arrivées , qu'elles furent attaquées avant le jour par un détachement de mille hommes d'infanterie, avec cent cinquante chevaux et quatre pièces de canon. Ce détachement venait de Colberg, dont la garnison étend ses courses jusque-là. Les trois compagnies d'infanterie légère française ne s étonnèrent point du nombre de leurs ennemis et lui enlevèrent un pont et ses quatre pièces de canon, et lui firent cent prisonniers : le reste prit la fuite, en laissant beaucoup de morts dans la ville de Wollin, dont les rues sont jonchées de cadavres prussiens.
La ville de Brieg, en Silésie, s'est rendue après un siège de cinq jours. La garnison est composée de trois généraux et de quatorze cents hommes.
Le prince héréditaire de Bade a été dangereusement malade ; mais il est rétabli. Les fatigues de la campagne et les ))rivations qu il a supportées comme simr pie oflicier, ont beaucoup contribué à sa maladie.
La Pologne, riche en blé, en avoine, en fourrages, en bestiaux , en pommes de terre, rournit abondamment à nos magasins. La seule manutention de Varsovie fait cent mille rations par jour, et nos dépôts se remplissent de biscuit. Tout était tellement desorganisé à notre arrivée, que pendant quelque temps les subsistances ont été difiiciies.
Il ne règne dans l'armée aucune maladie ; cependant, pour la conservation de
Sous ce point de vue , Tannée est fort extraordinaire.
L'Empereur fait tous les jours défiler la parade devant le palais de Varsovie, et passe successivement en revue les différents corps de l'armée, ainsi que les détachements et les conscrits venant de France, auxquels les magasins de Varsovie distribuent des souliers et des capotes.