‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 189 sur 205 · L*£MP1BE · texte numérisé non relu

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Armée, et non compris les divisions espagnoles, qui sont en ce moment sur TOder. Ainsi, il aurait fallu que FAngleterre mit en expédition toute son armée, ses milices, ses volontaires, ses fencibles, pour opérer une diversion sérieuse. Quand on considère que. dans de telles circonstances, elle a envoyé six mille hommes se faire massacrer par les Arabes, et sept mille hommes dans les Indes espagnoles, on ne peat qu'avoir pitié de Texoessive avidité qui tourmente ce cabinet.

La paix de Tilsitt met fin aux opérations de la Grande-Armée, mais toutes les côtes, (ous les ports de la Prusse n'en resteront pas moins fermés aux Anglais.

Il estJprobabJe que le blocus continental ne sera pas un vain mot.

La Porte a été comprise dans le traité. La révolution qui vient de s'opérer à Constantinople est une révolution antichrétienne qui n*a rien de commun avec la politique de l'Europe. L'adjudantcommandant Guilieminot est parti pour la Bessarabie, oili il va informer le grandvisir de la paix, de la liberté qu'a la Porte d'y prendre part, et des conditions qui la concernent.

Kœnigib9rg, h njuiUêt 1S07.

L'Empereur a passé hier la revue du quatrième corps d'armée. Arrive au 26* régiment d'infanterie légère, on lui présenta le capitaine de grenadiers Roussel. Ce brave soldat, fait prisonnier à l'affaire de Uoff, avait été remis aux Prussiens. Il se trouva dans un appartement où un insolent ofQcier se livrait à toutes sortes d'invectives contre l'Empereur. Roussel supporta d'abord patiemment ces injures ; mais enfin, il se lève fièrement, en disant : « Il n'y a que des lâches qui puissent te-

> nir de pareils propos contre l'empereur

> Napoléon devant un de ses soldats. Si je

> suis contraint d'entendre de pareilles in-

• famies, je suis à votre discrétion ; don-

• nez-moi la mort. » Plusieurs autres offi^

ciers prussiens qui étaient présents, ayant autant de jactance que peu de mérite et d'honneur, voulurent se porter contre œ brave militaire à des voies de fait. Roussel, seul contre sept ou huit persoDoes, aurait passé un mauvais quart-d'heore, si un onicier russe, survenant à l'instant, Ae se fût jeté devant lui le sabre à la main : « C'est notre prisonnier, dit-il, » et non le vôtre. 11 a raison, etvoas os-

> tragez lâchement le premier capitaine de

> l'Europe. Avant de frapper ce brave

> homme, il vous faudra passer sur mon » corps. »

En génial, autant les prisonniers français se fouent des Russes , autant ils se plaignent des Prussiens, surtout do général Ruchel, officier aussi méchant et fanfaron, qu'il est inente et ignorant sur le champ de bataille. Des corps prussiens q^ai se trouvaient à la journée d'Iéna , le sien est celui qui s'est le moins brave* ment comporté.

En entrant à Kœnigsberg, on a trouvé aux galères un caporal français qui y avait été jeté, parce que, entendant ks sectateurs de Ruchel parler mal de TEmpereur , il s'était emporté, et avait déclaré ne pas vouloir le souffrir en sa présence.

Le général Victor, qui fut fait prisonnier dans une chaise de poste par un guct-à-pens, a eu aussi à se plaindre du traitement qu'il a reçu du général Ruchel,

gui était gouverneur de Kœoiasberii;.

'est cependant le même Ruchel qui, blessé grièvement à la bataille d'Iéna, M. accable de bons traitements par les Français ; c'est lui qu'on laissa libre, et à qui, au lieu d'envoyer des gardes comme on devait le faire, on envoya des chirurgicDS. Heureusement que le nombre des hommes auxquels il faut se repentir d'avoir fait du bien n'est pas grand. Quoi qu'en disent les misanthropes, les ingrats et les pervers forment une exception dans l'espèce humaine.

B1}LIETINS DE Ik GRANDfi-ABMËE.

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