CAMPAGNE D'AUTRICHE
mniER BDUETIN.
AU quarlier-ifinéral de iiiUi$bonne,
L'armée autrichienne a passé Tlnn le 9 avril. Par-là les hostilités ont commencé, et rAutriche a déclaré une (^erre implacable à la France , à ses allies et à la confédération du Rhin.
Voici quelle était la position des corps français et alliés :
Le corps du duc d'Auerstaedt, à Bâtisbonne.
Le corps du duc de Rivoli, à Ulm.
Le corps du général Oudinot , à Augsbourg.
Le quartier-général , à Strasbourg.
Les trois divisions bavaroises, sous les ordres du duc de Dantzig , placées, la
Première, commandée par le prince royal, Munich; la deuxième, commandée par le général Deroi, à Lanshut; et la troisième, commandée par le général de Wrede, à Straubing.
La division wiirtembergeoise, àHeidenhcim.
Les troupes saxonnes, campées sous les murs de Dresde.
Le corps du duché de Varsovie, commandé par le prihce Poniatowski, sous Varsovie.
Le iO, les troupes autrichiennes investirent Passau , ou s^enferma un bataillon bavarois; elles investirent en même temps Knfftein, où s'enferma également un bataillon bavarois. Ce mouvement eut lieu sans tirer un coup de fusil.
Les Autrichiens publièrent dans le Tyrol la proclamation ci-jointe.
La cour de Bavière quitta Munich pour se rendre à Dillingen.
La division bavaroise qui était à Landshut se porta à Altorff, sur la rive guache de risère.
La division commandée par le général de Wrede se porta sur Neustadt.
Le duc de Rivoli partit d'Ulm et se por* ta sur Augsbourg.
Du 10 au 16^ 1 armée ennemie s'avança de rinn sur l'Isère. Des partis de cavalerie se rencontrèrent^ et il y eut plusieurs char-
ges, dans lesquelles les Bavarois eurent ravantage. Le 16, à PfaffenhofTen, les 2* et 5" régiments de chevau-légers bavarois culbutèrent les hussards de Stipschitz et les dragons de Bosenberg.
Au même moment, Tennemi se présenta en force pour déboucher par LandEshut. Le pont était rompu, et la division bavaroise commandée par le Général Deroy opposait une vive résistance a ce mouvement; mais menacée par des colonnes qui avaient passé risere à Moorburg et a Freysing, cette division se retira en bon ordre sur celle du général de Wrede, et Tannée bavaroise se centralisa sur Neustadt.
Départ de V Empereur, de Paris, fe 15.
L'Empereur apprit par le télégraphe, dans la soirée du 12, le passage de 1 Inn par l'armée autrichienne, et partit de Paris un instant après. 11 arriva le 16, à trois heures du matin, à Louisbourg, et dans la soirée du même jour à Dillingen, oOi il vit le roi de Bavière, passa une demi-heure avec ce prince, et lui promit de le ramener en quinze jours dans sa capitale, et de venger raffront fait à sa maison, en le faisant plus grand que ne furent jamais aucuns de ses ancêtres. Le 17, à deux heures du matin, Sa Majesté arriva à Dooawerth, oOi était éubli le quartier-général, et donna sur-le-champ les ordres nécessaires.
Le 18, le quartier-général fut transporter à Ingolstadt.
Combat de Pfaffenhoffm, le 19.
Le 19, le général Oudinot, parti d'Augshourg, arriva à la pointe du jour à Pfaifenhoffen, y rencontra trois ou quatre mille Autrichiens, qu'il attaqua et di^rsa, et lit trois cents prisonniers.
Le duc de Rivoli , avec son corps d'armée, arriva le lendemain à PfafTcnhoffen.
Le même jour, le duc d'Auerstacdt quitta Ratisbonne pour se porter sur Neustadt
L«iinEit.
et se rapprocher d^Ingolstadt. Il parut évident alors que le projet de TEmpereur était de manœuvrer sur Tennemi, qui avait débouché de Landshut, et de l'attaguer dans le moment même où, croyant voir l'initiative, il marchait sur Ratisbonne.
Batcille de Tann, le 19.
1>e 19, à la poirie du jour, le duc d'Auerstaedt se mit en marche sur deux colonnes; Les divisions Morand et Gudin formaient sa droite; les divisions Saint-Hitaire et Friand formaient sa gauche. La division Saint-Hilaire, arrivée au village de Peissing, y rencontra l'ennemi plus fort en nombre, mais bien inférieur en bravoure ; et là s'ouvrit la campagne par un combat fflorieux pour nos armes. Le général Saint-uilaire, soutenu par le général Priant, culbuta tout ce qui était devant lui, enleva les positions de 1 ennemi, lui tua une grande quantité de monde et lui fit six à sept cents prisonniers. Le 72' se distingua dans cette journée, et le 57' soutint son ancienne réputation. Il y a seize ans , ce régiment avait été surnommé en Italie le terrible, et il a bien Justifié ce surnom dans cette affaire , où seul il a abordé et successivement défait six régiments autrichiens.
Sur la gauche, à deux heures après midi, le général Morand rancontra également une division autrichienne , qu'il attaqua en tète, tandis que le duc de Dantzig, avec un corps bavarois, parti d*Abensbcrg, vint le prendre en queue. Cette division fut bientôt débusquée de- toutes ses positions, et laissa quelques centaines de morts et de prisonniers. Le régiment entier des dragons de Levenher fut détruit par les chevau-légers bavarois, et son colonel fut tué.
À la chute du jour, le corps du duc de Dantzig fit sa jonction avec celui du duc d'Auerstaedt.
Dans toutes ces affaires, les généraux Saint-Hilaire et Priant se sont particulièrement distingués.
Ces malheureuses troupes autrichiennes,
Iu'on avait amenées de Vienne au bruit es chansons et des fifres, en leur faisant croire qu'il n^ avait plus d'armée française en Allemagne, et qu'elles n'auraient affaire qu'aux Bavarois et aux Wiirtembergeois, montrèrent tout | le ressentiment qu'elles concevaient contre leurs chefs, de Terreur où ils les avaient entretenues , et leur terreur ne fut que plus grande à la vue de ces vieilles bandes qu'elles étaient accoutumées à considérer comme leurs maîtres.
Dans tons ces combats, notre perte fut peu considérable en comparaison de celle de l'ennemi , qui surtout perdit beaucoup
d'officiers et de généraux, obligés de se mettre en avant pour donner de l'élan à leurs troupes. Le prince de Lichtenstein, le général de Lusigoan et plusieurs autres furent blessés. La perte des Autrichiens en colonels et officiers de moindre grade est extrêmement considérable.
Bataille d*Abensberg , le 20.
L'Empereur résolut de battre et de détruire le corps de l*archiduc Louis et celui du général Hiller, forts ensemble de soixante mille hommes. Le 20, Sa Majesté se porta à Abensberg. Il d mna ordre an duc d'Auerstaedt de timir en respect les corps de Hohenzollern, de Rosenberget de Licb* tenstéin, pendant que, avec les deux di* visions Morand et Gudin, les Bavarois et Wiirtembergeois. il attaquait de front ^a^ mée de rarchiduc Louis et du général Hiller, et qu'il faisait coup^ les communications ae l'ennemi parle duc de Rivoli, en le faisant passer à Preyin^ et de là sur les derrières de l'armée autrichienne. Les divisions Morand et Gudin ibrmèreot la
fauche et manœuvrèrent sous les ordres u duc de Montebelk). L'Empereur se ^ cida à combattre ce jour-là, à la tête des Bavarois et des Wiirtembergeois. Il fit réunir on cercle les officiers de ces deux armées, et leur parla longtemps. Le princeroyal de Bavière traduisait en allemand ce qu'il disait en français. L*Empereur leur fit sentir la marque de confiance qu'il leur donnait. Il dit aux officiers bavarois que les Autrichiens avaient toujours été leurs ennemis; que c'était à leur indépendance qu'ils en voulaient ; que depuis plus de deux cents ans les drapeaux bavarois étaient déployés contre la maison d'Autriche : mais que cette fois ils les rendraient si puissants, qu'ils suffiraient seuls désormais pour lui résister.
Il parla aux Wiirtembergeois des victoires qu*ils avaient remportées sur la maison d'Autriche, lorsqu'ils servaient dans l'armée prussienne, et des derniers avantages quMis avaient obtenus dans la campagne de Silésie. H leur dit à tous que le moment de vaincre était venu pour porter la guerre sur le territoire autrichien. Ces discours, qui furent répétés aux compagnies par les capitaines, et les différentes dispositions que fit l'Empereur produisirent l'effet qu'on pouvait en attendre. L'Empereur donna alors le signal du combat, et mesura les manœuvres sur le caractère particulier de ces troupes. Le général de Wrède, officier bavarois d'ut grand mérite, placé au-devant du pont de Siegenburg, attaqua une division autrichienne qui lui était opposée. Le générai
VaadamiM, mii oomnaodail les Wurtembergeois. la déborda sur son flanc droit. Ledttcae Dantxig, avec la division du prince royal et celle da général Deroy, marcha sur le village de Renhaasen pour arriver sur la grand*route d'Abensberg à Landshut. Le duc de Montebello, avec ses deux divisions françaises, força rextrème gauche, culbuta tout oe qui était devant lui, et se porta sur Rohr et Rothemboarg. Sur tous les points, la canonnade était engagée avec sQceès. L'ennemi, déconcerté par ces dispontions, ne combattit qu'une heure et battit en retraite. Huit drapeaux, douze pièces de canon, dix-huit mille prisonniers, furent le résultat de cette aflkire, qui ne nous a coûté que peu de inonde.
Combat et priée de Landshut, le 21.
La bataille d'Abensbers ayant découvert le flanc de l'armée autrichienne et tons les magasins de Fennemi, le 21, l'Empereur, dès la pointe du jour, marcha sur Landshut. Le duc d'Istrie culbuta la cavalerie ennemie, dans la plaine en avant de cette ville.
Le général de division Mouton fit marcher, au pas de charge, sur le pont les grenadiers du 17% formant la tète de la colonne. Ce pont, qui est en bois, était embrasé, mais ne fut point un obstacle pour notre infanterie, qui le franchit et pénétra dans la ville. L'ennemi, chassé de sa position, fut alors attaqué par le duc de Rivoli, qui débouchait par la rive droite. Landshut tomba en notre pouvoir; et avec Landshut, nous primes trente pièces de canon, neuf mille prisonniers, six cents caissons du parc attelés et remplis de munitions, trois mille voilures portant les bagages, trois superbes équipages de pont, ennn les hôpitaux et les magasins que l'armée autrichienne commençait à former. Des courriers, des aides-de-carap du général en chef, le prince Charles, des convois de malades venant à Landshut, et très étonnés d'y trouver l'ennemi, eurent le même sort.
Bataille d'Eckmuhl, le 22.
Tandis que la bataille d'Abensberg et le combat de Landshut avaient des résultats si importants, le prince Charles se réunissait avec le corps de Bohème, commandé par le général kollowrath, e!t obtenait à Ratisbonne un faible succès. Mille hommes du 65% qui avaient été laissés pour garder le pont de Ratisbonne, ne reçitrent point l'ordre de se retirer. Cernés par far*
méc autrichienne, ces braves ayant épuisé leurs cartouches, furent obligés (fe se rendre. Cet événement fut sensible à l'Empereur. Il jura que, dans les vingtHjuatre heures, le sang autrichien coulerait dans Ratisbonne, pour venger cet affront fait à ses armes.
Dans le même temps, les ducs d'Auerstaedt et de Dantzig tenaient en échec les corps de Rosenberg, de HoUenzollern et de Lichtenstein. II n'y avait pas de temps à perdre. Le 22. au matin, 1 Empereur se mit en marche de Landshut avec les deux divisions du duc de Montebello. le corps du duc de Rivoli, les divisions ae cuirassiers Nansouty et Saint-Sulpice et la division wiirtembergeoise. A deux heures après midi, il arriva vis-à-vis Eckmûhl^ ou les quatre corps de l'armée autrichienne, formant cent dix mille hommes, étaient en position sous le commandement de l'archiduc Charles. Le duc de Montebello déborda Tennemi parla gauche avec la division Gudin. Au premier signal, les ducs d' Auerstaedt et de Dantzig et la division de cavalerie légère du gàiéral Montbrun débouchèrent. On vit alors un des plus beaux spectacles ^'ait offerts la guerre. Cent dix mille ennemis attaqués sur tous les points, tournés par leur gauche, et successivement dépoetés de toutes leurs positions. Le détail des événements militaires serait trop long : il suffit de dire, que mis en pleine déroute, l'ennemi a perdu la plus grande partie de ses canons et un grand nombre de prisonniers; que le 10* d'infanterie légère de la division Saint-Hilaire se couvrit de gloire en débouchant sur l'ennemi, et gue les Autrichiens, débusqués du bois qui couvre Ratisbonne, furent jetés dans la plaine et coupés par la cavalerie. Le sénateur, gé^ néral de division. Démon eut un cheval tué sous lui. La cavalerie autrichienne, forte et nombreuse, se présenta pour protéger la retraite de son mfonterie ; la division Saint-Sulpice sur la droite, la divi-' sion Nansouty sur la gauche, l'abordèrent; la ligne de hussards et de cuirassiers ennemis fut mise en déroute. Plus de trois cents cuirassiers autrichiens furent faits prisonniers. La nuit commençait. Nos cuirassiers continuèrent leur marche sur Ratisbonne. La division Nansouty rencontra une colonne ennemie qui se sauvait, la chargea et la fit prisonnière; elle était compc^ de trois natailkms hongrois ds quinze cents hommes.
La division Saint-Sulpice diargea im antre carré dans lequel laillit être pris le prince Charles, qui ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. Cette colonne fut également enfoncée et prise*' L'obscurité obligea enfin à s'arrêter. Dans «tte bataille d'Eclanûhl, il n'y eut que la moitié à
L'EMPIBE.
oeu près (le troupes françaises engagée. Poussée l'ëpée dans les rems, rarmée ennemie continua de défiler toute lu nuit par morceaux cl dans la plus épouvantable déroute. Tous ses blessés, la plus grande partie de son artillerie , quinze drapeaux et vingt mille prisonniers sont tombés en notre pouvoir. Les cuirassiers se sont, comme à Tordinaire, couverts de gloire.
Combat et prise de Ratisbonne, le 23.
Le 23, à la pointe du jour, on s'avança sur Ratisbonne. i'avant-garde formée par la division Gudin, et par les cuirassiers des divisions Nansouty et Saint-Sulpice; on ne tarda pas à apercevoir la cavalerie ennemie qui prétendait couvrir la ville. Trois charges successives s'engagèrent, toutes furent à notre avantage. Sabrés et mis en pièces, huit mille hommes de cavalerie ennemie repassèrent précipitamment le Danube. Sur ces entrefaites, nos tirailleurs tàtèrent la ville. Par une inconcevable disposition , le général autrichien y avait placé six régiments sacrifiés sans raison. La ville est enveloppée d'une mauvaise enceinte, d'un mauvais fossé et d*une mauvaise contrescarpe. L'artillerie arriva ; on mit en batterie des pièces de 12. On reconnut une issue par laquelle, au moyen d'une échelle, on pouvait descendre dans le fossé, et remonter ensuite par une brèche faite à la muraille.
Le duc de Montebello fit passer par celte ouverture un bataillon qui gagna une poterne et rouvrit: on s'introduisit alors dans la ville. Tout ce qui fit résistance fut sabré: le nombre des prisonniers passa huit mille. Par suite de ses mauvaises dispositions, l ennemi n'eut pas le temps de couper le pont, et les Français passèrent pèle-mèle avec lui sur la rive gauche. Celte malheureuse ville qu'il a eu la barbarie de défendre, a beaucoup souffert ; le feu y a été une partie de la nuit; mais par les soins du général Morand et de sa division , on parvint à le dominer et à l'éteindre.
Ainsi à la bataille d'Abensberg, l'Empereur battit séparément les deux corps de rarchiduc Louis et du général Hiller. Au combat de Landshut, il s'empara du centre des communications de l'ennemi et du dépAt général de ses magasins et de son artillerie. Enfin, à la bataille d'Eckmiihl, les quatre corps d'HohenzoUem , de Rosenberg, de koUowrath et de Lichtenstein furent défaits et mis en déroute. Le corps du général Bellegarde, arrivé le lendemain de cette bataille, ne put que être témoin de la prise de Ratisbonne et se sauva en Bohême.
Cette première notice des opératioDs militaires qui ont ouvert la campagne d'ane manière si brillante, sera suivie d'one relation plus détaillée de tous les faits d'armes qui ont illustré les armées française et alliées.
Bans tous ces combats, notre perte peQt se monter à douze cents tués et quatre mille blessés. Le général de division Cervoni, chef d'étatrmajor du duc de Montebello, fut frappé d'un boulet de canon, et tomba mort sur le champ de bataille d'Eckmiihl. C'était un officier de mérite, et qui s'était distingué dans nos premières caoH pagnes. Au combat de Peyssing, le général Hervo, chef de Tétat-major du dnca'Auerstaedt, a été également tué. Le duc d'Anerstaedt regrette vivement cet officier dont il estimait ta bravoure, l'intelligence et Tactivité. Le général de brigade Clément, commandant une brigade de cuirassiers de la division Saint-Sulpice, a eu un bras emporté ; c'est un officier de courage et d'un mérite distingué. Le général Scliramm a été blessé. Le colonel du iÂ' de chasseurs a été tué dans une charge. En général, notre perle en officiers est peu considérable. Les mille hommes du 65' qoi ont été faits prisonniers, ont été la plufnrt repris. H est impossible de montrer plus de bravoure et de bonne volonté qu'en ont montré les troupes.
A la bataille d'Eckmiihl, le corps du duc de Rivoli, n'ayant pu encore rejoindre, ce maréchal est resté constamment auprès de l'Empereur; il a porté des ordres et fait exécuter différentes manœuvres.
A l'assaut de Ratisbonne, le dac de Montebello, qui avait désigné le lien du passage, a fa>t porter les échelles par ses aidcs-de*camp.
Le prince de Neuchâtel, afin d'encourager les troupes et de donner, en même temps, une prouve de confiance aux alliés, a marché plusieurs fois à Tavant-garde avec les rédmenis bavarois.
Le duc a'Auerslaedt a donné dans ces différentes affaires de nouvelles preuves de l'intrépidité qui- le caractérise.
Le duc de Roviffo, avec autant de dévouement que d'intrépidité, a traversé plusieurs fois les légions ennemies , pour aller faire connaître aux différentes colonnes les intentions de l'Empereur.
Des deux cent vingt mille hommes qoi composaient l'armée autrichienne, tous ont été engagés , hormis les vingt mille hommes que commande le général Rdlegarde et qui n'ont pas donné. I>e Tannée française, au contraire, près de la moitié n'a pas tiré un coup de fusil. L'ennemi étonné par des mouvements rapides et hors de ses calculs, s'est trouve en un jnoment déchu de sa folle espérance, et transporté du délire de la présomption.
dans an abattement approchant du désespoir.
Proclamation du général Jellachich aux habitants du Tyrol.
Tyroliens,
Si vous êtes encore ce que voas avez été il n'y a pas longtemps ; si vous vous rappelez le bonheur , la prospérité, la liberté véritable dont vous avez joui sous le sceptre bienfaisant do l'Autriche; si la voix du général que vous avez reconnu comme ud des vôtres, lorsqu'on 1799 il vous a sauvés d'un danger imminent par la victoire de Feldkirch, qui, dans Tannée suivante, a rendu inattaquable votre frontière, depuis Alberg jusqu'à la vallée de Karabendel ; si tout cela n'est pas effacé de votre mémoire, écoutez ce que je viens vous dire, écoulez et soyez-en pénétrés.
Votre seigneur légitime (je clevrais dire votre père) vous recherche; placez-vous sous son égide ! son cœur saigne de vous voir sous une domination étrangère ; vous, ses fidèles, redevenez les enfants de l'Autriche, ne méconnaissez pas ce titre précieux.
Des armées autrichiennes plus nombreuses que jamais, plus animées et plus patriotiques vont entrer dans votre pays ; considércz-lcs comme vos frères, comme les enfants du même père ; réunissez-vous à elles, suivant l'exemple de tous les peuples qui rendent hommage au trdne autrichien. Enfin, tîomporlez-vous en tout comme vous 1 avez fait tout récemment à l'admiration de toute l'Europe.
Tyroliens, Dieu est avec nous. Nous ne cherchons pas de nouvelles conquêtes; mais nous voulons ramener , dans le sein de notre père impérial et gracieux, des frères ^ui ont été détachés de lui. Rien ne nous résiste, rien ne peut nous vaincre dès que nous nous unissons pour notre bonheur et pour la conservation de notre existence. Croyez-moi, Tyroliens, Dieu est avec nous.
Signé, Fràuçois, baron de Jellachich ; DE Buzn, chevalier de VOrdrede Bfarie-Thérèse et feldr maréchal lieutenant impénal et royal.
DEUXIÈME BULLETIN
Au quartier- géfiéral de Mulhdorfy U S7 août 1809.
Le 22, lendemain du combat de Landshùt, l'Empereur partit de cette ville pour Ratisbonne, et livra la bataille d'EckmiihI.
En même temps, il envoya le maiMal duc d'istrie avec la division bavaroise aux ordres du général de Wrede, et la division Molitor , pour se porter sur Tlnn, et poursuivre les deux corps d'armée autrichiens battus à la bataille d'Abensberg et au combat de I^ndshut.
Le maréclial duc d'istrie arrivé successivement à Wilsbiburg et à Neumarck , y trouva un équipage de pont attelé, plus de quatre cents voitures, des caissons et des équipages, et fit dans sa marche quinze à dix-huit cents prisonniers.
Les corps autrichiens trouvèrent au-delà de Neumarck un corps de réserve qui arrivait sur rinn ; ils s'y rallièrent, et le 25 livrèrent à Neumarck un combat, où les Bavarois, malgré leur extrême infériorité, conservèrent leurs positions.
Le î4, l'Empereur avait dirigé le corps du maréchal duc de Rivoli, de Ratisbonne sur Straubing, et de là sur Passau, où il arriva le 26. Le duc de Rivoli fit passer rinn au bataillon du Pô, qui fît trois cents prisonniers, débloqua la citadelle et occupa Scharding.
Le 25 , le maréchal duc de Montebello avait eu ordre de marcher avec son corps de Ratisbonne sur Mulhdorf. Le 27, il passa rinn et se porta sur la Salza.
Aujourd'hui 27, l'Empereur a son quartier-général à Mulhriorf.
La division autrichienne, commandée par le général Jellachich qui occupait Munich, est poursuivie par le corps du duc de Dantzig.
Le roi de Bavière s'est montré de sa personne à Munich. Il est retourné ensuite à Augsbourg, où il restera encore quelques jours , attendant, pour rétablir hxement sa résidence à Munich, que la Bavière soit entièrement purgée des partis ennemis.
Cependant, du côté de Ratisbonne, le duc d'Auerstacdt s^est mis à la poursuite du prince Charles, qui, coupé de ses communications avec llnn et Vienne, n'a eu d'autre ressource que de se retirer dans les montagnes de Bohême par Waldmunchen etCham.
Quant à l'empereur d'Autriche, il paraît qu'il était devant Passau , s'étant cnargé d'assiéger cette place avec trois bataillons de la landwerh.
Toute la Bavière, le Palatinat, sont délivrés de la présence des armées ennemies.
A Ratisbonne, l'Empereur a passé la revue de plusieurs corps, et s'est fait présenter les plus braves soldats, auxquels il a donné aes distinctions et des pensions, et les plus braves ofiiciers, auxquels il a donné des baronnies et des terres. 11 a spécialement témoigné sa satisfaction aux divisions Saint-Hilaire et Priant.
vumUi
Hmft!k ofltte kenre, TEmpereor a bit la gMire (vesque sans équipages et sans
garde : et Ton a remarqué qu'en labseDce e sa garde , il avait toujours eu autour de lui des troupes alitées bavaroises et wurtembergeoises , voulant par là leur donner une preuve particulière de confiance. Hier sont arrivés à Landsbut une partie des chasseurs et grenadiers à cheval de la ffarde , le régiment de fusiliers et un bataillon de chasseurs à pied.
D'id à huit jours toute la garde sera arrivée.
On a fait courir le bruit que l'Empereur avait eu la jambe cassée. Le fait est qu'une balle morte a effleuré le talon de la botte de Sa Majesté, mais n'a pas même altéré la peau. Januis Sa Majesté, au milieu des plus grandes fatigues, ne s'est mieux portée.
On remarque, comme un fait singulier, gu'un des premiers officiers autrichiens faits prisonniers dans cette guerre » se trouve être Taide-de-camp du prince Charles envoyé à M. Otto pour lui remettre la fameuse lettre portant que l'armée française eût à s'éloigner.
Les habitants de Ratisbonne s'étant très bien comportés, et ayant montré Vesprit patriotique et confédéré que nous étions en droit d'attendre d'eux. Sa Majesté a ordonné que les dégâts qui avaient été faits, seraient réparés à ses frais , et particulièrement la restauration des maisons incendiées, dont la dépense s'élèvera à plusieurs millions.
Tous (es souverains et tous les pays de la Confédération montrent l'esprit le plus patriotique. Lorsque le ministre d'Autriche à Dresde remit la déclaration de sa cour au roi de Saxe, ce prince ne put retenir son indignation. < Vous voulez la » guerre, dit le roi, et contre qui ? Vous
> attaquez et vous invectivez celui qui, il
> y a trois ans, maître de votre sort, vous » a restitué vos États, l^s propositions
> que l'on me fait m'affligent; mes enga-
• gemenis sont connus de toute l'Europe ;
• aucun prince de la confédération oe s'en
> détachera. >
Le grand-duc de Wurizbourg , fr^ de l'empereur d'Autriche, a montre les mêmes sentiments, et a déclaré que si les Autrichiens avançaient sur ses États, il se retirerait, s'il fe fallait^ au-delà du Rhin : tant l'esprit de vertige et les injures de la cour de Vienne sont généralement appréciés I les régiments dâ petits princes, toutes les troupes alliées, demandent à l'envi de marcher à l'ennemi.
Une chose notable et que la postérité remarquera comme une nouvelle preuve de l'insigne mauvaise foi de la maison d'Autriche , c'est que le même jour qu'elle faisait écrire au roi de Bavière la Mtro ci-
joiate, elle UAatAi puUierdMa 1« Tjpl^la proclamation signée du général Idlachich : le même jour on proposait au roi d'être neutre et on insurgeait ses sujets. Comment concilier eette contradictioa, ou plutôt comment jiistiAar cette infamie ?
Lettre adresiée le 9 avril par Varehiduc Charles à S. M. le roi de Barnère, et insérée dans le premier bulletin de l'armée autrichienne.
Sire,
Tai rhonneur de prévenir Votre Majesté que, d'après la déclaration que S. M. l'empereur d Autriche a fait remettre à Fempereur Napoléon . j*ai reçu l'ordre d'entrer en Bavière avec les troupes sous mon commandement, et de traiter comme ennemis ceux qui opposeraient de la résistance.
Je souhaite ardemment, Sire, que vous écoutiez le désir de votre peuple, qui ne voit en nous que ses libérateurs. On a donné les ordres les plus sévères, afin que, jusqu'à ce que Votre Blajesté ait fait connaître ses intentions à cet égard, il ne soit exercé d hostilités que contre l'ennemi de toute indépendance politique en Europe. Il me serait très douloureux de tourner mes armes contre les troupes de Votre Majesté , et de rejeter sur vos sujets les maux d*une guerre entreprise pour la liberté générale, et dont le premier principe exclut ainsi tout projet de conquête : mais que si la force des circonstances entraînait Votre Majesté à une condescendance qui serait incompatible avec votre dignité et le bonheur ce votre peuple, je vous prie cependant d'être convaincu que mes soldats maintiendront dans toutes ks circonstances la sûreté de Votre Majesté Royale, et je vous invite. Sire, à vous confier à l'honneur de mon souverain et à la protection de ses armes.
Proclamation,
Dmumerih, h 17 Mril AI09.
Soldats,
Le territoire de la confédération a été violé. Le général autrichien veut que nous fuyons à Taspect de ses armes, et que nous lui abandonnions nos alliés. J'arrive avec la rapidité de l'éclair.
Soldats, j'étais entouré de vous lorsque le souverain d'Autriche vint à mon bivouac de Moravie; voua l'aves
BULLETINS M Là <}RANDE-ARMÉE.
implorer ma clémence et me jarer tnie amitié étemelle. Yainquenrs aans trois guerres, TAutriche a dû tout à notre générosité; trois fois elle a été parjure ! ! ! Nos succès passés nous sont un sûr garant de la victoire qui nous attend.
Marchons donc, et qu'à notre aspect l'ennemi reconnaisse son vainqueur.
Signij Napolâon.
Ordre du jour.
Soldats,
Vous avez Justifié mon attente : vous avez suppléé au nombre par votre bravoure: vous avez ^orieusement marqué la différence qui existe entre les soldats de César et les cohues armées de Xerxès.
En peu de jours, nous avons triomphé dans les trois oatailles de Tann, d'Abensberg et dTckmûht, et dans les combats de Peissing, Landshut et de Ratisbonne ; cent pièces de canon^ quarante drapeaux, cinquante mille prisonniers, trois équipages attelés, trois mille voitures attelées portant les bagages, toutes les caisses des régiments, voila le résultat de la rapidité do vos marches et de votre courage.
L'ennemi, enivré par un cabinet parjure, paraissait ne plus conserver aucun souvenir de vous ; son réveil a été prompt ; vous lui avez apparu plus terribles que jamais. Naguère, il a traversé Flnn et envahi le territoire de nos alliés ; naguère, il se promettait de porter la guerre au sein de notre patrie. Aujourd'hui, défait, épouvanté, il fuit en désordre ; déjà mon avantgarde a passé l'Inn ; avant un mois nous serons à Vienne.
De notre quartier-général impérial de Balisbonne, le 24 avril 1809.
Signé, NAPOtÉofr.
De par l'Empereur,
Le prince de Ifeuehâiél, major-générai,
Alexandre.
TROISIÈME BULLETIN
Au murtier-général de Burghauten.
/e30aort7i809.
L'Empereur est arrivé le 27, à six heures du soir, à Mulhdorf. Sa Majesté a envoyé la division du général de Wrede à Lauffen, sur l'Alza, pour tâcher d'atteindre le corps que l'ennemi avait laissé dans le Tyrol, et qui battait en retraite à marchee
forcées. Le général de Wrede arrivi te 9S à Lauffen, rencontra Tarrière-earde ennemie, prit ses bagages, et lui fit non nombre de prisonniers ; mais l'ennemi eut le tempe de passer la rivière et brûla le pont.
Le 27, le duc de Dantzig arriva à Wanesburgy et le 28 à Altenmarck.
Le 29, le général de Wrede, avec sa divison, continua sa marche sur Salzbourg : à trois lieues de cette ville, sur la route de Lauffen, il trouva des avant-postes de l'ar* mée ennemie. Les Bavarois les poursuivirent répée dans les reins, et entrèrent pêle-mêle avec eux dans Salzbourg. Le général de Wrede assure que la division du général Jellachidi est entièrement dispersée. Ainsi, ce général a porté la peine de rinfâme proclamation par laquelle il a mis le poignard aux mains des Tyroliens.
Les Bavarois ont fait cinq cents prisonniers. On a trouvé à Salzbourg d^ magasins assez considérables.
Le 28, à la pointe du jour, le duc distrie arriva à Burghausen, et posta une avant-garde sur la rive droite de l'Inn. Le même jour, le duc de Montebello arriva à Burghausen. Le comte Bertrand disposa tout pour raccommoder le pont que r«inemi avait brûlé. La crue de la rivière» occasionnée par la fonte des neiges , mit quelque retard au rétablissement du pont. Toute la Journée du 29 fut employée à ce travail. Dans la journée du 30, le pont a été rétabli, et toute l'armée a passé.
Le 28, un détachement de cinquante chasseurs, sous le commandement du chef d'escadron Margaron, est arrivé à Dittmaning, où il a rencontré un bataillon de la fameuse landwerh, qui, à son approche, se jeta dans un bots. Le chef d'escadron Margaron l'envoya sommer ; après s'être longtemps consultés, mille hommes de ces redoutables milices, postés dans un bois fourré et inaccessible à la cavalerie , se sont rendus à cinquante chasseurs. L'Empereur voulut les voir ; ils faisaient pitié ; ils étaient commandés par de vieux officiers d'artillerie, mal armés et plus mal équipés encore.
Le génie arrogant et farouche de l'Autrichien s'était entièrement découvert dans le moment de fausse prospérité, dont leur entrée à Munich les avait éblouis. Ils feignirent de caresser les Bavarois; mais les griffes du tigre reparurent bientôt. Le ailli de Muhldorf a été arrêté par eux et fusillé. Un bourgeois de Muhldorf, nommé Stark, qui avait mérité une distinction du roi de Bavière, pour les services qu'il avait rendus à ses troupes dans la dernière guerre, a été arrêté et conduit à Vienne pour y être jugé. A Burghausen , la femme du bailli, comte d'Armansperg, est venu supplier l'Empereur de lui faire rendre son mari que les Aulridiiens onl
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L'£Mraa«
emmeiiô à UntZt el de là à Vienne, sans qu'on en ait entendu parler depuis. La raison de ce mauvais traitement est qu*en 1805, il lui fut fait des réquisitions auxquelles il n'obtempéra point. Voilà le crime dont les Autrichiens lui ont gardé un si long ressentiment, et dont ils ont tiré cette injuste vengeance.
Xes Bavarois feront sans doute un récit de toutes les vexations et des violences que les Autrichiens ont exercées envers eux, pour en transmettre la mémoire à leurs enfants, quoiqu'il soit probable que c'est pour la dernière fois que les Autrichiens ont insulté aux alliés de la France. Des intrigues ont été ourdies par eux en T)rrol et en Westphaiie , pour exciter les suiets à la révolte contre leurs princes.
Levant des armées nombreuses divisées en corps comme l'armée française, marchant au pas accéléré pour singer l'armée française, faisant des bulletins, des proclamations, des ordres du jour, et singeant encore en cela l'armée française, ils ne représentent pas mal Tâne qui , couvert de la peau du lion, cherche à l'imiter ; mais le bout de l'oreille se laisse apercevoir, et le naturel l'emporte toujours.
L'empereur d'Autriche a quitté Vienne, et a signé en partant une proclamation , rédigée par Gentz, dans le style et l'es-
grit des plus sols libelles. Il s'est porté à charding, position qu'il a choisie, précisément pour n'être nulle part, ni dans sa capitale pour gouverner ses États, ni au camp où il n'eût été qu'un inutile embarras. Il est difficile de voir un prince plus débile et plus faux. Lorsqu'il a appris les suites de la bataille d'Eckmiihl, il a quitté les bords de l'Inn et est rentré dans le sein de ses États.
La ville de Scharding, que le duc de Rivoli a occupée, a beaucoup souffert. Les Autrichiens , en se retirant, ont mis le feu à leurs ma{;asins, et ont brûlé la moitié de la ville qui leur appartenait. Sans doute qu'ils avaient le pressentiment , et qu'ils ont adopté l'adage, que ce qui leur appartenait ne leur appartiendra plus.
QUATWÈME BULLETIN.
Au qumii9r^énéral de BrauMUt i» hr mai 1809.
Au passage du pont de Landshut, le général de brigade Lacour a montré du courage et du sang-froid. Le comte Lauriston a placé l'artillerie avec intelligence, et a contribué au succès de cotte brillante affaire,
L'évèque et les principales autorités de Salzbourg sont venus à Burghausen im-
pleurer la clémence de FEmperair pour leur
I)ays. Sa Majesté leur a donné Tassurance qu ils ne retourneraient plus sous la domination de la maison d'Autriche. Us ont promis de prendre des mesures pour faire rentrer les quatre bataillons de milices que le cercle avait fournis, et dont une partie a déjà été prise et dispersée.
Le quartier-général part pour se rendre, aujourd'hui i*' mai, à Rica.
On a trouvé à Braunau des magasins de deux cent mille rations de biscuit et de six mille sacs d'avoine. On espère en trouver de plus considérables encore à Ried. Le cercle de Ried a fourni trois bataillons de milices j mais la plus grande partie esl déjà rentrée.
L'empereur d'Autriche a été pendant trois jours à Braunau. C'est à Scnarding qu'il a appris la défaite de son armée. Les habitants lui imputent d'être le principal auteur de la guerre. Les fameux volontaires de Vienne, battus à Landshut, ont repassé ici , jetant leurs armes et portant à toutes jambes l'alarme à Vienne.
Le 21 avril , on a publié dans cette capitale un décret du souverain, qui déclare que les ports sont rouverts aux Anglais, les relations avec cet ancien allié rétaolies, etleshostillilés commencées avecrenneou commun.
Le général Oudinot a pris entre Altham et Reid, un bataillon de mille hommes. Ce bataillon était sans cavalerie et sans artillerie. A l'approche de nos troupes, il se mit en devoir de commencer la msillade ; mais, cerné de tous côtés par la cavalerie, il posa les armes.
Sa Majesté a passé en revue à Bur|{hausen plusieurs brigades de cavalerie légère, enlre autres celle de Hesse-Darmstadt, à laquelle elle a témoigné sa satisfaction. Le général Marulaz, sous les ordres duquel est cette troupe, en fait une mention particulière. Sa Majesté lui a accordé plusieurs décorations de la Légiond'Honneur.
Lcjgénéral de Wrede a intercepté un courrier, sur lequel on a trouvé les lettres ci-jointes, qui font voir l'alarme qui agite la monarchie.
A Madame Noble (VUbellager, à Braunau,
Wett, h 95 atrii.
Ma très chère mère ,
Les nouvelles désastreuses que nous recevons par les courriers qui passent ici et quelques autres personnes qui sont revenues hier de l'armée, nous ont tellement abattus , nous et toute notre jeunesse, que
nous courons çà et là comme des écervelés. Le désordre oue le premier combat a mis dans DOS armeiss voas est connu. Un second que Bonaparte lui-même nous livra à la tête de quarante mille hommes de troupes d*élite, et dans leguel le centre de notre armée fut enfoncé, a été sur le point de détruire toute notre armée de Bavière.
C*en était fait de nous, si Charles, au lieu de se retirer sur le Danube, avait passé rinn, comme les Français s*y attendaient. Près de Ratisbonne, il se réunit avec Bellegarde, et arrêta l'aile gauche de Tarmée française ; mais aujourd'hui tout est de nouveau dans rabattement, le lieutenant Kreiss Haupmann est parti à quatre heuras du matin pour Esserding. 11 ne parait pas que cela aille biçn du tout.
On assure que Charles a dit qu'il fallait qu'il attaquât deux fois cette ^rmée, quoique jusqu ici ses efforts aient été malheureux. Les Français ont trois fois plus de cavalerie que nous. Le désordre a été si grand pendant la retraite, que nos gens ont brûle plus de mille chariots et jeté dans Teau des voitures chargées de poudre et de boulets, afin de n'être point retardés dans leur marche. On dit même que l'Empereur allait partir de Scharding ; mais dans le moment, il reçut des nouvelles moins défavorables de son frère Charles. On veut savoir qu'après le passage du Danube, TArchiduc a écrit à l'Empereur qu'il n'a plus qu'un coup désespéré à faire; mais que, s'il échoue, tout est perdu , et qu'il faut se préparer à tout.
Si vous ne croyez pas vos effets en sûreté où vous êtes, faites les moi passer ; mes amitiés.
J. Braunstiegel.
En relisant ma lettre, je trouve bien de la confusion ; pardonnez-moi ce désordre de style qui tient à celui de nos têtes.
A M. Jacob Philippe, à Salzbourg.
Cher Philippe ,
Donne-moi bientôt quelques nouvelles :
comment les choses vont-elles dans vos contrées? hier tout était en alarmes; on s'attendait à voir arriver les Français chez nous. On les croyait déjà à Paybach ; on les avait même vus à Efferding, et on croyait les voir ici hier au soir ou ce matin de bonne heure. Aujourd'hui on sait gue c'était un bruit faux ; mais ce qui est ien certain, c'est que l'archiduc Charles s'est retiré sur la Bohême. On regarde ici comme certain que Chasteler sortira du Tyrol avec son corps et bon nombre de Tyroliens, pour tomber sur les derrières
de l'armée française; faites-moi savoir quelque chose de positif à ce sujet.
Hier, S. E. Joseph, Palatin de Hongrie, est arrivé à Enns avec la nouvelle que l'insurrection hongroise est en marche , et que la première colonne est arrivée à Salnt-Polten.
Du 28 avril
LÉOPOLD SCHWAIf.
Mille choses aimables à ta mère.
Instructions secrètes de l'empereur François II, au comte de Aichlolt, président de la régence de Salzbourg.
Attendu que l'incertitude des événements de la guerre demande que l'on prépare les mesures de précaution nécessaires qu'exigeraient les circonstances, il a plu à S. M. l'Empereur d« faire connaître ses intentions motivées sur l'arrêté de son conseil du 26 du présent mois, dans le cas d'une irruption de troupes étrangères dans ses Etats héréditaires.
Dans le cas où l'ennemi s'avancerait vers la capitale, la ville de Pest sera le centre de toutes les affaires de la monarchie, et l'on dirigera sur ce point les caisses (les provinces menacées et toutes les propriétés du trésor public.
Sa Majesté nomme, pour cette époque, un conseil dont il fera connaître les membres en temps opportun , et qui , résidant à Vienne , communiquera avec la Basse- Autriche, et en tant qu'il n'y trouvera pas d'obstacles, avec les autres provinces qui pourraient être occupées par l'ennemi, et dont toutes les personnes que cela concerne recevront les instructions nécessaires, suivant que les circonstances l'exigeront.
Sa Majesté fait connaître la détermination à M. le Conseiller de cour, en lui recommandant en même temps le plus profond secret sur cette communication, jusqu'au moment où l'ennemi occupera son district.
Signé, Alg. de Ugarte.
Vienne, U S8 avril 1809.
CINQUIÈME BULLETIN
' Au eamp impérial d'Enns^ le 4 mat 1809.
Le l'^ mai, le général Oudinot, après avoir fait onze cents prisonniers, a poussé, au-delà de Ried, où il en a encore fait quatre cents, de sorte que dans cette jour*
vtMtm.
Bée y a pris q^inse cenls homoiefl sans tirer un coup de fQsil.
La ville de Braunau éUH une place fidrle d'assez d'importance, puisqu eue rendait maître d'un poot sur la rivière qui forme la frontière (fe rAutrlche. Par un esprit de vertige digne de ce débile cabinet, il a détruit une forteresse située dans une position frontière où elle pouvait lui être d'une grande utilité, pour en construire une à llomorn , au milieu de la Hongrie. La postérité aura peine à croire à cet excès d'inconséquence et de folie.
L'Empereur est arrivé à Ried, le 2 mai, à une neure du matin, et à Lambach le même jour, à une heure après midi.
On a trouvé à Ried une manutention de kttit fours organisés, et des magasins contenant vingt mille quintaux de farine.
Le pont de Lambach sur la Traun avait été coupé par Tennemi ; il a été rétabli dans la journée.
Le même jour, le duc d'istrie, commandant la cavalerie, et le duc de Montebello, avec le corps du général Oudinot, sont entrés à Yels. On a trouvé dans cette ville une manutention, douze ou quinze mille quintaux de farine, et des magasins de vins et d>au-de-vie.
Le duc de Dantzig, arrivé le 30 à Salzbourg, a fait marcner sur-le-champ une brigade sur Kufstein et une autre sur Rastadt, dans la direction des chemins d'Halle. Son avant-garde poursuivant le g;énéral Jellachich, l'a forcé dans la position de Colling.
Le 1^' mai, le quartier-^néral du maréchal duc de Rivoli était à Sharding.
L'adjudant-commandant Trinqualye, commandant l'avant -garde de la division Saint-Cyr, a rencontré à Riedan, sur la route de Neumarck, Tavant-garde de Tenncmi ; les chevau-Iégers wiirtembergeois, les dragons badois et trois compagnies de voltigeurs- du 4* régiment de ligne français, aussitôt qu'ils aperçurent l'ennemi, fattaquèrcut et le poursuivirent jusqu*à Neumarck. Ils lui ont tué cinquante hommes et fait cinq cents prisonniers.
liCS dragons badois ont bravement charjçc un demi-bataillon du régiment de Jordis, et lui ont fait mettre bas les armes ; le lieutenant-colonel d'Emroerade, qui les commandait, a eu son cheval percé de coups de baïonnettes. Le major Sainte- Croix a pris de sa propre main un drapeau à l'ennemi. Notre perte est de trois nommes tués et de cinquante blessés.
Le duc de Rivoli continua sa marche le â , et arriva le S à Lintz. L'archiduc Louis et le général Hiller, avec les débris de leurs corps renforcés d'une réserve de ffrenadiers et de tout ce qu'avait pu leur fournir le pays, étaient en avant delà Traun avec trente-cinq mille hommes;
mais neaaoés d'être tournés par lé due de Montebello, ils se portèrent sur Eben» berg pour y passer la rivière.
Le 3, le duc d'tstrie et le général Oadi- Dot se dirigèrent sur Eberwerg, et fiiest leur jonction avec le duc de Rivoli. Ib rencontrèrent en avant d'Ebersherj^, Tarrière-garde des Autrichiens. Les mUépides batailhNis des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses poursuivirent l'eDoeni qui passait le pont, culbutèrent dans la rivière les canons, les chariots, huit à neuf cents hommes, et jnrirent dans la ville trois ou quatre mille hommes que l'ennemi y avait laissés pour sa défense. Le général Claparède, dont ces batailloos faisaient l'avaat-garde , les suivait; il déboucha à Ebersberg, et trouva trente mille Autrichiens occupant une superbe position. Le maréchal doc d'istrie passait le pont avec sa cavalerie, pour soutenir la divisioa, et le duc de Rivoli ordonnait d*appuyer son avant-carde par le corps d'armée. Ces restes des corps du prinoe Louis et du général Hiller étaient perdus sans ressource. Dans cet extrême danger, l'ennemi mit le feu à la ville, qui est construite en bois. Le feu s'étendit en on instant partout; le pont fut bientôt enoHn* bré, et rincendie gagna même jusqu'au premières travées qu'on fut obli^ de couper pour le conserver. Cavalerie, inian* terie, rien ne put déboucher, et la divisioa Claparède seule, et n'ayant que quatre pièces de canon , lutta pendant trois heures contre trente mille ennemis. Cette action d'Ebersberg est un des plus beaux laits d^armes dont l'histoire puisse conserver le souvenir.
L'ennemi voyant que la division Claparède était sans communication, avança trois fois sur elle, et fut toujours arrêté et reçu par les baïonnettes. Enfin, après un travail de trois heures, on parvint à détourner les flammes et à ouvrir un passage. Le général de division Legrand , avec le 26' d'infanterie légère et le 18' de ligne, se porta sur le château que lennemi avait fait occuper par huit cents hommes. Les sapeurs enfoncèrent les portes, et Tincendie ayant gagné le château , tout ce qu'il renfermait y périt. Le général Legrand marcha ensuite au secours de la division Gaparède. Le général Durosnel, qui venait par la rive droite avec un millier de chevaux, se joignit à lai, et l'ennemi fnt obligé de se mettre en retraite en toute hâte. Au premier bruit de ces événements, l'Empereur avait marché lui-même, par la rive droite, avec les divisions Nansouty et Molitor.
L'ennemi, qui se retirait avec la plus grande rapidité , arriva la nuit à Enns, brûla le pont, et continua sa fuite sur la route de Vienne. Sa perte consiste ea
BULLETINS D8 LA 6BÂNDE-ÂRMËE.
vn
doQse inilld hommes, dont sept mille cinq cents prisonniers, quatre pièces de canon et denx drapeaux.
La division Glaparède, qui foit partie des grenadiers d^Oudinot , s*est couverte de gloire; elle a eu trois. cents hommes tués et six cents blessés. LMmnétuosité des bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses, a fixé l'attention de tout» l'armée. Le pont, la ville et la position d'Ebersberg seront des monuments durables de leur courage. Le voyageur s'arrêtera et dira : C'est ici, c'est de ces superbes positions, de ce pont d'une si longue étendue, de ce château si fort par sa situation, qu^une armée de trente-cinq miUe Autrichiens a été chassée par sept mille Français.
Le général de brigade Gohorn, officier d une singnUère intrépidité, a eu un cheval tué sous lui.
Les colonels en second Cardeneau et Lendy ont été tués.
Une compagnie du bataillon corse poursuivant l'ennemi dans les bois, a fait à elle seule sept cents prisonniers.
Pendant l'affaire cTEbersherg, le duc de Montebelio arrivait à Steyer , où il a lait rétablir le pont que l'ennemi avait coupé.
L Empereur pouche aujourd'hui à Enns dans le château du prince d'Awersperg ; la journée de demain sera employée à rétablir le pont.
Une dépêche télégraphique donne les nouvelles suivantes de la continuation des succès de l'armée d'Italie :
Le 8, elle a passé la Plave, en présence de l'ennemi ; elle lui a pris seize pièces de canon, et lui a fait prisonniers plus de cinq mille hommes, parmi lesquels se trouvent un général d artillerie, un de cavalerie, et un grand nombre d'officiers.
Plusieurs généraux autrichiens sont restés sur le champ de bataille.
S. A. I. le prince vice-roi est à la poursuite de l'ennemi , qui est eu pleine déroule.
SIXIÈME BULLETIN
SaitU-PoUsn, le 9 mai 1809.
Le maréchal prince de Ponte-Corvo, qui commande le neuvième corps, composé en grande partie de l'armée saxonne, et qui a longé toute la Bohême , portant partout l'inquiétude, a fait marcher le général saxon Cotschmitt sur Égra. Ce général a été bien reçu par les habitants, auxquels il a ordonne de faire désarmer la tandwehr. Le 6, le quartier^néral du prince de Ponte-Corvo était à Retz, entre la Bohême et Ratisbonne.
Le nommé Schill, espèce de brigand qui s'est couvert de crimes dans la dernière campagne de Prusse, et qui avait obtenu le grade de colonel, a déserté de Berlin avec tout son régiment, et s'est porté sur Yiltemberg, frontière de la Saxe. U a cerné cette ville. Le général Lestocq Ta fait mettre à l'ordre comme déserteur. Ce ridicule mouvement était concerté avec le parti qui voulait mettre tout à feu et à sang en Allemagne.
Sa Majesté a ordonné la formation d'un corps d'observation de l'Elbe, qui sera commandé par le maréchal duc de Walmy et compose de soixante mille hommes.
L'avant-garde est déjà en mouvement pour se porter d'abord sur Hanau.
Le maréchal duc de Montebelio a passé l'Enns à Steyer le 4, et est arrivé le 5 à Amstetten, ou il a rencontré lavant-garde ennemie. Le général de brigade Colbert a fait faire, par le 20* régiment de chasseurs à cheval, une charge sur un régiment de hulans, dont cinq cents ont été pris. Le jeune Lauriston, âjfçé de dix-huit ans, et sorti depuis six mois des pages, a arrête le commandant des hulans, et après un combat singulier, l'a terrassé et l'a fait prisonnier. Sa Majesté lui a accordé la décoration de la Légion-d'Honneur.
Le 6, le duc de Montebelio est arrivé à Molck, Je marédial duc de Rivoli à Amstetten, et le maréchal duc d'AuerstaeJt à Lintz.
Les débris des corps de Farchiduc Louis et du général Hiller ont quitte Saint-Polten le 7 ; les deux tiers ont passé le Danube à Crems : on les a poursuivis jusqu'à Mautem, où l'on a trouvé le pont coupé ; l'autre tiers a pris la direction de Vienne. , Le 8, le quartier-général de l'Empereur était à Saint-Polten.
Le quartier-général du duc de Montebelio est aujourd'hui à Sighartskirchen.
Le maréchal duc de Dantzig marche de Salzbourg sur Inspruck, pour prendre à revers les détachements que l'ennemi a encore dans le Tyrol, et qui inquiètent les frontières de la Bavière.
On a trouvé dans les caves de l'abbaye de Molck plusieurs millions de bouteilles de vin, qui sont très utiles à Farmée. Ce n'est qu après avoir passé Molck qu'on entre dans les pays de vignobles.
Il résulte des états qui ont été dressés, que sur la ligne de l'armée, depuis le passage de rinn, on a trouvé, dans les différentes manutentions de l'ennemi, quarante mille quintaux de farine, quatre cent mille rations de biscuit et plusieurs centaines de milliers de rations de pain. L'Autriche avait formé ces magasins pour marcher en avant; ils nous ont beaucouxi servi. * ^
L'BIIPIU.
SEPTIÈME BULLETIN
ftMMM, le 13 ma» 1809.
Le 10, à neuf heures du matin, TEmperear a paru aux portes de Vienne avec le corps du maréchal duc de Montebello; c'était à la même heure , le même jour et un mois juste après que Tarmée autrichienne avait passé rlnn , et que Tempereur François II s'était rendu coupable d'un parjure, signal de sa ruine.
Le 5 mai , i'arcbiduc Maximilien, frère de l'impératrice, jeune prince âgé de vingtsix ans, présomptueux, sans expérience, d'un caractère ardent, avait pris le commandement de Vienne, et fait les proclamations ci-jointes.
Le bruit était général dans le pays que tous les retranchements qui environnent la ca[)itale étaient armés, qu'on avait construit des redoutes , qu on travaillait à des camps retranchés, et que la ville était résolue à se défendre. L'Kmpereur avait peine à croire qu'une capitale si généreusement traitée par l'armée française en 1805, et que des habibants dont le bon esprit et la sagesse sont reconnus, eussent été fanatisés au point de se déterminer à une aussi folle entreprise. 11 éprouva donc une douce satisfaction, lorsqn'en approchant des immenses faubourgs de Vienne, il vit une population nombreuse, des femmes, des enfants , des vieillards, se précipiter audevant de l'armée française, et accueillir nos soldats comme des amis.
Le général Conroux traversa les faubourgs, et le général Tharreau se rendit sur l'esplanade, qui les sépare de la cité. Au moment où il débouchait, il fut reçu par une fusillade et par des coups de canon, et légèrement blessé.
Sur trois cent mille hommes qui composent la population de la ville de Vienne, la cité proprement dite qui a une enceinte avec des bastions et une contrescarpe, contient à peine quatre-vingt mille habitants et treize cents maisons. Les huit quartiers de la ville qui ont conservé le nom de faubourgs, et qui sont séparés de la cité par une vaste esplanade, et couverts du côte de la campagne par des retranchements, renferment plus de cinq mille maisons, et sont habités par plus de deux cent vingt mille âmes qui tirent leur subsistance de la cité, où sont les marchés et les majgasins.
L'archiduc MaximiJien avait fait ouvrir des registres pour recueillir les noms des habitants qui voudraient se défendre.
Trente individus seulement se firent inscrire, tous les autres refusèrent avec indignation ; déjoué dans ses espérances par le bon sens des Viennois^ il fit venir dix
bataillons de landwdir et dix bataiUoBS de troupes de ligne, composant une force de quinze à seize mille hommes, et se renferma dans la place.
Le duc de Montebello loi envoya an aidede-camp porteur d'une sommation; mais des bouchers et quelques centaines de gxM sans aveu qui étaient les satellites de Farchiduc Maximilien, s'élancèrent sur le parlementaire, et l'un d'eux le blessa. L'archiduc ordonna que le misérable qui avait commis une action aussi infâme. Tût [promené en triomphe dans tonte la ville, monté sur le cheval de l'officier français, et environné par la landwehr.
Après cette violation inouïe du droit des gens, on vit l'affreux spectacle d'une partie d'une ville qui tirait contre l'autre, et d^une cité dont les armes étaient dirigées contre ses propres concitoyens.
Le générai Andréossi , nommé gouverneur de la ville, organisa dans chaque faubourg des municipalités, un comité central des subsistances et une garde nationale, composée des négociants, des &bricants et de tous les bons citoyens, armés pour contenir les propriétaires et les mauvais sujets.
Le général gouverneur fit venir à Schoenbriinn une députation des huit faubourgs; l'Empereur la chargea de se rendre dans la cité, pour porter une lettre écrite par le prince de Neuchâtel, major-général, al'arcbiduc Maximilien. Il recommanda aux députés de représenter à l'archiduc que, s'il continuait a faire tirer sur les faubourgs, et si un seul des habitants y perdait la vie par ses armes, cet acte de frénésie, cet attentat envers les peuples, briseraient à jamais les liens qui attachent les suiets à leurs souverains.
La députation entra dans la cité le it, à dix heures du matin, et l'on ne s'aperçut de son arrivée que par le redoublement du feu des remparts. Quinze habitants des faubourgs ont péri, et deux Français seulement ont été tués.
La patience de TEmpereur se lassa : il se porta, avec le duc de Rivoli, sur le bras du Danube qui sépare la promenade du Prater des faubourgs , et ordonna que deux compagnies de voltigeurs occupassent un petit pavillon sur la rive gauche, pour protéger la construction d*ttn pont. Le bataillon de grenadiers qui défendait le passage fut chassé par les voltigeurs «( par la mitraille de quinze pièces aariillerie. A huit heures du* soir, ce pavillon était occupé et les matériaux du pont réunis. Le capitaine Portâtes , aide-de-camp du prince de Neuchâtel, et le sieur Susaldi, aide-de-camp du général Boudet, s'étaient jetés des premiers à la nage pour aller chercher les bateaux qui étaient sur la rive opposée.
BULLETINS DE LÀ 6RANDË-ARMËË.
A neuf heures du soir, une batterie de vingt obusiers, constmite par les généraux Bertrand et Nayalet. à cent toises de la place, commença le bombardement; dixnuit cents obus furent lancés en moins de quatre heures, et bientôt toute )a ville parut en flammes. Il faut avoir vu Vienne, ses maisons à huit, à neuf étafçes, ses rues resserrées, cette population si nombreuse dans une aussi étroite enceinte, pour se faire une idée du désordre, de la rumeur et des désastres que devait occasionner une telle opération.
Uarchiduc Haximilien avait fait mar*cher, à une heure du matin, deux bataillons en colonne serrée, pour tâcher de reprendre le pavillon qui protégeait la construction du pont. Les deux compagnies de voltigeurs ({ui occupaient ce pavillon qu*eUes avaient crénelé, reçurent Tennemi à bout portant; leur ieu et celui des quinze pièces d'artillerie qui étaient sur ut rive droite, couchèrent par terre une partie de la colonne; le reste se sauva dans le plus grand désordre.
L'Archiduc perdit la tète au milieu du Ixxnbardement, et au moment surtout où il apprit que nous avions passé un bras du Danube, et que nous marchions pour lui couper la retraite. Aussi faible, aussi pusillanime qu'il avait été arrogant et inconsidéré, il s'enfuit le premier et repassa ces ponts. Le respectable général O'Reilly n'apprit que par la fuite de TArchiduc qu'il se trouvait investi du commandement.
Le i2, à la pointe du jour , ce général fit prévenir les avant-postes qu'on allait cesser le feu, et qu'une dépulation allait être envoyée à l'Empereur.
Cette députation fut présentée à Sa Majesté dans le parc de Schœnbriinn. EUe était composée de