‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 192 sur 205 · ARMÉE D'ITALIE · texte numérisé non relu

ARMÉE D'ITALIE

Le Vice-Roi, commandant en chef, informe le ministre de la guerre de la suite des opérations de l'armée d'Italie.

Après le passage du Tagliamento, et les avantages remportés au combat de Saint- Daniel, l'arrière-garde de l'ennemi, qui était toujours poursuivie Tépée dans les reins, a, été atteinte à Venzone par notre avant-garde, sons le commandement du général Desaix. Elle fît mine de vouloir tenir ; mais elle fut bientôt culbutée, et on lui fît quatre cent cinquante prisonniers, parmi lesciuels étaient plusieurs officiers d'état-major. Le général Colloredo, qui la commandait, a été blessé à la cuisse d'un coup de feu. Notre perte consiste en deux tués et cinquante-quatre blessés.

L'ennemi avait brûlé tous les ponts de la Fella ; mais c«s obstacles ont été surmontés. Il s'était fortifié dans le fort Malborghetto et sur le mont Predel. Ces positions ont été tournées; la première sous le feu du fort, et sans perdre un seul homme; la seconde, par les vallées de Roccanala et de Dogna. Les troupes charge de ces mouvements ont rencontré l'ennemi auprès de Tarvis, et ont emporté ce bourg au pas de charge.

Le fort de Malbarghetto a été canonné le 17, depuis cinq heures du matin jusqu'à

Mt

L^BHlIBl.

temps pour faire tenir leeancres, loraqn'on déplace les sonnettes. Cependant les travaux avancent ei seront terminés sous peu.

Legénéral de brigade du génie Lazowski fait travailler, sur la rive gauche , à une tète de pont qui aura seize cents toises de développement, et qui sera couverte par un bon fossé plein d'eau courante.

Le U^ équipage de la flottille de Boulogne, commande par le capitaine de vaisseau Baste, est arrivé. Un grand nombre de bateaux en croisière battent toutes les lies, couvrent le pont et rendent beaucoup de services.

Le bataillon des ouvriers de la marine travaille à la construction de petites péniches armées, qui serviront à maîtriser parfaitement le fleuve.

Après la défaite du corps du général Jellachich, M. Mathieu, capitaine-adjoint à rétatrmajor de l'armée a Italie, fut envoyé, avec un dragon d'ordonnance, sur la route de Salsboorg. Ayant rencontra successivement une colonne de six cent cinquante hommes de troupes de ligne, et une colonue de deux mille landwehrs, qui, l'une et l'autre, étaient coupées et égarées, il les somma de se rendre , et elles mirent bas les armes.

Le ffénéral de division Laoriston est arrivé a (Kdenbourg, premier comltat de Hongrie, avec une forte avant-garde. Il parah qu'il y a de la fermentation en Hongrie, que les esprits y sont très divisés, et que la majorité n'est pas favorable à T Autriche.

Le général de division Lasalle a son quartier-général vis-à-vis Presbourg, et pousse ses postes jusqu'à Altenboui et jusqu'auprès de Raab.

Trois divisions de l'armée d'Italie sont arrivées à Neustadt Le Yice-Roi est depuis deux jours an quartier-général de FEmpereur.

Le général Macdonald, commandant un des corps de l'armée d'Italie, est entré à Gratz. On a trouvé dans celte capitale de la Styrie d'immenses magasins de vivres et d'effets d'habillement et d'équipement de toute espèce.

Le duc de Dantzig est à Lintz.

Le prince de Ponte-Gorvo marche sur Vienne.

Le flânerai de division Yandamme, avec les niirtembergeois, est à Saint-Polten, Mautem et Krems.

La tranquillité règne dans le Tyrol.

Coupés par les mouvements du duc de Dantzig et de l'armée d'Italie, tous les Autrichiens qui s'étaient imprudemment enffagés dans cette pointe , ont été détruits, les uns par le duc de Dantzig, les autres, tels que le corps de JeUachich, par l'armée d'Itaue. Ceux qui étaient en Souabe. n'ont eu d'autre ressovoe que de tâcher de tra--

verser, en partisans, l'Allemagne, en m portant sur le Haut-Palatinat. Ils formaient une petite colonne d'infanterie et de cavalerie, qui s'était échappée de Undau, et qui a été rencontrée par le colonel Reisset, du corps d'observation du eénéral Beaumont. tUe a été coupée à Neumadt, et la colonne entière, officiers et soldats, a mis bas les armes.

Vienne est tranquille, le pain et le via sont en abondance : mais- la viande, qiie cette capitale tirait du fond de la Hongrie, commence à devenir rare. Contre timtes les raisons politiques et tous les motifs d'humanité , les ennemis font l'impossible pour affamer leurs compatriotes, et œtle capitale , qui renferme cependant lenrs femmes et leurs enfants. Ily a loin de cette conduite à celle de notre Henri IV , nourrissant lui-même une ville qui était alors ennemie et qu'il assiégeait.

Le duc de Montebello est mort hier à cinq heures du matin. Quelque temps aitpara vaut, l'Empereur s'était entretenu pendant une heure avec lui. Sa Majesté avait envoyé chercher, par le général Kapp, son aide-de-camp, M. le docteur Frani^, Pun des médecins les plus célèbres de l'Europe. Les blessures étaient en bon état, mais une fièvre pernicieuse avait fait, en pen d'heures, les plus funestes progrès. Tous les secours de l'art étaient aevenus inotiles. Sa Majesté a ordonné que le corps dn duc de Montebello soit embaumé et traoBporté en France, pour y recevoir les honneurs qui sont dus à un rang élevé et à d'éminents services. Ainsi a Uni l'un des militaires les plus distingués qu'ait eus U France. Dans les nombrrases batailles où il s'est trouvé, il avait reçu treize blessares. L'Bmpereur a été extrêmement sensible à cette perte, qui sera ressentie par tous les Français.

QUINZIÈME BULLETIN

SbêTêiorf, U S;«<ii ISM.

L'armée de Dalmatie a obtenu les plus grands succès. Elle a défait tout ce qui s'est présenté devant elle aux combats dn Mont-KitU, de Gradchatz, de la LIéca et d'OttachaU. Le générai en chef Sloissevich a été pris.

Le duc de Raguse est arrivé le t8 à Fiume, et a fait ainsi sa jonction avec l'armée d'Italie et avec la grande armée, dont Tannée de Dalmatie forme TextrAme droite. On fera connaître la relation dn duc de Raguse sur ces différents événements.

Le 38, une escadre anglaise de qutre

BULLETINS DE LA GaANDE-ARMÉE.

vaisseaux, denx frégates et un brick, sest présentée devant Triesle, avec Tintenlion de prendre Tescadre russe. Le général comte Caffarelli venait d'arriver ({ans ce

g>rt. Gomme la ville était désarmée , les usses ont débarqué quarante pièces de canon, dont vingt-quatre de 36, et seize de 24. On a mis ce& pièces en batterie, et l'escadre russe s'est embossée.

Tout était prêt pour bien recevoir Tennenai, qui, voyant son coup manqué, s'est

ifn millier d'Autrichiens ayant passé de Krems sur la rive droite du Danube, ont été culbutés par le corps wiirtembergeois, qui leur a fait soixante prisonniers.

SEIZIÈME BULLETIN

Eberidorf, 1$ \Juin 1809.

L'ennemi avait jeté sur la rive droite du Danube, vis-à-vis Presbourg, une division de neuf mille hommes , gui s'était retranchée dans le village dTlngerau. Le duc d'Auerstaedt Ta fait attaquer hier par les tirailleurs de Hesse-Darmstadt , soutenus par le i±^ régiment d'infanterie de ligne. Le village a été emporté avec rapidité. Un major, nuit officiers du régiment de Beaulieu, parmi lesquels se trouve le petit- fils de ce feld-marechal, et quatre cents hommes ont été pris. Le reste du réffiment a été tué, ou blessé, ou jeté dans Feau. Ce qui restait de la division a trouvé protection dans une île pour repasser le neuve. Les tirailleurs de Hesse-Darmstadt se sont très bien battus.

Le Yice-Roi a aujourd'hui son quartiergénéral à OEdenbourg.

Les effets les plus précieux de la cour ont été transportés de Bude à Peterwaradin, où l'impératrice s'est retirée.

Le duc de Raguse est arrivé à Laybach.

Le général Macdonald est maître de Gratz. Il cerne la citadelle, qui fait mine de résister.

A la bataille d'Eslîng, le général de brigade Foulers, blessé dans une charge, fut précipité de son cheval, et le général de division Durosnel, aide-de-camp del'Em* pereur, portant un ordre à la oivision de cuirassiers qui chargeait, avait aussi été renversé. Nous avons eu la satisfaction d'apprendre que ces deux généraux et cent cinquante soldats que nous croyions avoir perdus, ne sont que blessés, et étaient rest^ dans les blés, où ils ont été faits prisonniers, lorsque l'Empereur, ayant appris que les ponts du Danube venaient ae se rompre , ordonna de se concentrer entre Esling et Gross-Aspem.

viu

Le Danube baisse : cependant la continuation des chaleurs fait encore craindre une crue.

DIX-SEPTDÈME BULLETIN.

Vienne, us Juin iWi»,

Le colonel Gorgoli, aide-de-camp de l'empereur de Russie, est arrivé .au quartier impérial avec une lettre de ce souverain pour Sa Majesté. Il a annoncé que l'armée russe, se dirigeant sur Olmutz, avait passé la frontière le Î4 mai.

L'Empereur a passé avantr-hier la revue de sa garde, infanterie, cavalerie et artillerie. Les habitants de Vienne ont admiré le nombre, la belle tenue et le bon état de ces troupes.

Le Vice-Roi s'est porté avec l'arméei dltalie à Œdenbourg, en Hongrie. Il paraît que Tarchiduc Jean cherche à rallier son armée sur la Raab.

Le duc de Raguse est arrivé avec l'armée de Dalmatie, le 3 de ce mois, à Laybach.

Les chaleurs sont très fortes, et les gens pratiques du Danube annoncent qu"l y aura un débordement d'ici à peu de jours. On profite de ce temps pour achever, indépendamment des ponts de bateaux et de radeaux, à planter les pilotis.

Tous les renseignements qu'on reçoit du côté de l'ennemi annoncent que les villes de Presbourg, Brunn et Znaime, sont remplies de blessés. Les Autrichiens évaluent eux-mêmes leur perte à dix-huit mille hommes.

Le prince Ponialowski, avec l'armée du grand -duché de Varsovie, poursuit ses succès. Après la prise de Sendormir, il s'est emparé de la forteresse de Zamosc, où il a fait éprouver à l'ennemi une perte de trois mille hommes et pris trente pièces de canon. Tous les Polonais qui sont à l'armée autrichienne désertent.

L'ennemi, après avoir échoué devant Thorn , a été vivement poursuivi par le général Dombrowski.

L'archiduc Ferdinand ne retirera que de la honte de son expédition. Il doit être arrivé dans la Silésie autrichienne, réduit au tiers de ses forces.

Le sénateur Vibiskî s'est distingué par ses sentiments patriotiques et son activité.

M. le comte de Metternich est arrivé à Vienne. Il va être échangé aux avantpostes ave^la légation française, à qui les Autrichiens avaient, contre le droit des gens, refusé des passe-ports, et qu'ils avaient emmenée à Pest.

Lettre du dm de Raguse.

J'ai rhOBAWir d« rendre compte à Votre Uajesté au'ayant reçu du prince Vioe-Roi lu peoveUe que l'armée autrichienoe dltalfe opérait sa retraite, je me auia mis en marche pour entrer eu Croatie, le 14 de mai; le 16. nous avons trouve rennemi cbns les bellea positions qu'il occupait il y a quinze jours, et nous 1 y avons attaque. Après un comnai vif, mais court, toutes les positions du Monl-Kitta ont été emportées par U division Clauzel. Nous lui avons tué trois cents hommes, blessé six ou sept cents et pris cinq cents ; beaucouf^ ont jeté leurs armes pour se sauver phis YÎte dans les rochers, de manière que trois à quatre mille hommes ont été dispersés et manquent à l'armée. Parmi les prisonniers se trouvent plusieurs officiers^ et dans le nombre de ces derniers le général Sloïssevich, commandant en chef ici. La force du corps d*armée ennemi était de dix-neuf bataillons, tons régiments croates ou frontières : douze de ces bataUlons seulement se sont trouvés à l'affaire, les autres ayant été détachés sur la Basse-Zermagna.

Le lendemain 17 , j'ai marche sur rennemi, qui occupait les retranchements qu'il avait construits à Popina ; à liotre approche, il évacua ses retranchements sans qu'il fût possible de Tentamer, à cause de la grande promptitude qu'il y mit. Le 17 au soir, je le suivis devant Gradschats, ^ j'attaquai avec mon avant-garde Farrière-garde qu'il avait laissée au débouché des montagnes, afin de favoriser la rentrée de deux bataillons qu'il avait à £rvenick; son arrière-garde fut battue, nous la chassâmes de toutes ses positions, et nous la suivîmes dans la plaine ; alors l'ennemi la lit soutenir par toutes ses forces, et comme les bataillons qui devaient venir d'£rvenick étaient sur notre flanc, et que par la nature du pays ils nous occupaient beaucoup de monde, et que d'un autre côté toute l armée n'avait pas eu le t^ps d'arriver, il en est résulté que nous avons été dans le cas d'avoir dans la plaine Ufi combat contre des forces très su|^neures , combat que nous avons soutenu avec opiniâtreté. !f ous avons gardé toutes les positions que nous avions prises et tous les avantages que nous avions Q()lenus. Le combat a fini a dix heures du soir, i^ennemi a profité de la nuit pour évacuer, et au jour, nous sommes entrés dans .Gradschats. Dans ce dernier combat , j'ai été blessé d'un coup de feu à la poitrine, mais la blessure estfêgère, la balle n'ayant fait

qa'efflMffer, et Je n'en TfmpHs pas moins mes fonctions.

L'ennemi a pris position entre Grad»

schals et Gospich. Mous le suivrons aossitAt que rartillerie et les approvisionne* ments, que je n'ai po amener sur les crêtes, et qui n'ont pu se mettre en mouvement que lorsque nous avons été mat»

trerdela grand'route, nous auront joiats. J'espère que ce sera demain, et que nous partirons au plus tard après-demaia.

Je ne saurais donner trop de k>uaiges aux troupes qui ont combatln, savmr: le 8^ d'infiinterie lécère, il* et 25' de ligne, et aux braves et dignes colonels Bertrand, Bachelu et Minai, de oe§ régiments: te dernier a reçu sept blessures, dont heureusement aucune n'est très grave. 3e dois également des louanges au général Clauzel, et faire une mention loate particulière du général Deizons, qui a poiâsamment inuué sur ces succès.

Le nombre d'hommes hors de combat dans ces deux affaires, s'élève à trois cents.

Je suis avec le plus profond respect, etc.

Au quartier- générai de Gradschats, le 18 mai 1809.

Le duc DS IUguss, général m chef de l'armée de ïkUmatie.

NML

Lettre du duc de Raguee,

SiRB,

J'ai eu l'honneur de rendre compte à Totre Majesté de l'entrée en campagne de votre armée de Dalmatic, de la défaite de Farmée ennemie an Mont-Kitta, de la prise du général Stoïssevich, commandant en chef, et du combat de Gradschats. /e dois maintenant à Votre Majesté le rapport des opérations qui ont suivi.

L'artillerie et les vivres que j'attendais de Dalmatie. m'ayant joint le 19, je me mis en marche, le 20, pour Gospich. Le 21, de bonne heure, j'arrivai à la vue de Gospich. L'ennemi était renforcé des colonnes d'Obrovatz et d'Ervenik, qui étaient fortes de quatre mille hommes, et qui ne s'étaient pas encore battues. H avait reçu de plus deux bataillons du régiment du Bannat, et avait fait réunir toute la popolation en armes. Ses forces étaient douoles des nôtres. La position de l'ennemi était belle. <iOspich est situé à la réunion de qnatrr rivières, de manière que de quelque cAlc que Ton se présenlo, il est nécessaire d'en passer deux. Ces rivières sont toutes très encaissées, on m peut les pass^ qtjfi

BULLETINS D£ Là 4UIANDE-ARMEE.

vi»-à^vi& l6s chauissées^ et, daiv& celte saisoD, une seule est gueable. Je me décidai à ne pas attaquer de front Gospich. mais à tourner sa positioa de manière a menacer la retraite de Teniiemi. Pour at^ teindre ce but« il fallait passer une des rivières à ]K>rtée du canon des batteries ennemies établies de l'autre côté de la Licea^ ou traverser des montagnes extrêmement âpres et difficiles , o& les Croates auraient pu résister avec avantage. L'ennemi occupant la rive opposée de cette rivière, il fallut Ten chasser, afin de pouvoir rétablir le pont qui avait été coupé. Deux compagnies de voltigeurs du 8* régiment, commandées par le capitaine Bourillon, ayant passé un g«é, remplirent M objet,attendu que rennemi, eomptant sur sa position, était peu en force; elles occupèrent deux pitotis qui touchaient la rivière. A

Peine ce mouvement fut-il exécuté, que ennemi déboucha parle pmit de Beiay, et marcha sur la division Mootrlchard, qui suivait la division Clauzek Je donnai imméxliatement Tordre au général Glauzelde faire passer au général Delzenst avec le 8' réffiment d'infanterie légère, la petite rivière qui était devant nous, afin d'occuper les mamelons dont s'étaient emparés m voltigeurs, et de les défendre avec la plus grande opiniâtreté possible, s'il y était attaqué. Je lui donnai également l'ordre de rapprocher un peu les autres régiments de sa division, de manière à soutenir la division Montrichard, avec laquelle j'allais combattre l'ennemi qui découchait.

L'ennemi marcha à nous sur trois colonnes : j*eus bientôt disposé toute la division Montrichard, et après être resté en position pour bien juger du projet de Tenncmi, je me décidai à faire attaquer la colonne du centre par le 18' régiment d'infanterie légère, à la tète duquel marchait le général Soyez , tandis que le 79*^ régiment que commande le colonel Godard, et avec lequel se trouvait le général Montrichard, contenait la droite de Tarmée ennemie. La charge du i8" régiment fut extrêmement brillante; il est impossible d'aborder Tennemi avec plus de confiance et d'audace que ne le fil ce brave régiment ; l'ennemi fut culbuté et il perdit trois piè • ces de canon. Dans cette glorieuse charge, le général Soyez fut blessé d'une manière très grave. Je fis soutenir immédiatement le 18* régiment par le 5% sous les ordres du colonel Plauzonne, qui marcha sur la colonne de gauche de rennemi, et la fit replier, yennemi s'opiniâtrant, envoya de puissants renforts, qui exigèrent de notre côté de nouveaux efforts. Le TO* régiment qui avait suivi la droite de l'ennemi, s^était réuni à notre centre en faisant le tour d'un montioiiv qui l'en séparait. Je

plaçai en deuxième li^e le 81' régiment, sous les ordres du général Launay , et da colonel Boutée et en réserve un batailloa du 11' régiment, aue je détachai de la division Clauzel. L ennemi ayant fait ua nouvel effort, le 79' régiment le re^ avec sa bravoure ordinaire, et un bataillon le chargea, tandis que le 8i' en faisait autant. Cette charge fut si vive, que V&Btnemi se précipita dans la rivière et s'y noya en grand nombre , tout oe qui avait passé aurait été détruit* si dopze pièces de canon de l'ennemi, placées sur Pautit rive de la Licea, n'avaient mis obstacle à ce qu'on le poursuivit davantage. Cet effort termina la journée à notre gauche. Le général Launay, qui marchait à la tite du 79' régiment et du 81', y iiit grièvor ment blessé.

Pendant que ces affaires se passaient, Tennemi détacha six bataillons pour attaquer les positions qu'occupait le 8' régiment d'infanterie légère. Ce corps, un oes plus braves de l'armée fraûçaise^ que commande le colonel Bertrand, et que le général Delzons avait trèa bien posté, résista avec beaucoup de vigueur et de persévérance. Après plusieurs tentatives inutiles, pour enlever sa position de vive force, l'ennemi s'occupa à la tourner : i{ allait être en péril, lorsque j'ordonnai an général Clauzel d'envoyer au général Deizons les trois bataillons du il' régiment sous les ordres du colonel Bachelu, pour nonseulement soutenir et assurer le 8<> riment, mais encore pour prendre l'offensive et menacer la retraite de tout le corps ennemi qui Pavait tourné. Le générau Delzons fit le meilleur emploi de ces forces, et le 1 1* régiment soutint, dans cette circonstance, son ancienne réputatiou, et en moins de trois quarts diieure, I ennemi perdit de vive force ou évacua toutes ses positions ; ce succès mit fin au combat. .

Pendant la nuit, on s'occupa, avec la plus grande activité, àrétablir le pont qui avait été coupé. Mon intention était de le passer avant le jour avec toutes mes forces, pour me trouver le plutôt possible sur la communication de Tennemi, ne supposant pas qu'il retardât d'un seul instant sa retraite. Les travaux du pont furent plus longs que je n'avais pensé, et le transport de mes blessés fut tellement difficile, qu'à midi les troupes n'étaient pas encore en état d'exécuter leur mouvement. D'un autre côté, l'en nom! avait fait un mouvement offensif avec quatre ou cinq mille hommes en remontant la Licea. Cette confiance de l'ennemi semblait devoir provenir de l'arrivée prochaine du secours qu'amenait le général Knesevicb, et que l'on disait à peu uheures de marche. Cependant la division Montrichard passa le ruisseau sans être inquiétée, et aussitôt que la tète de mes co-

L'EMPIHE.

loniies 86 montra à rentrée de ]a plaine, rennemi se disposa à la retraite, rappela ses troupes qui avaient remonté la Licea, et vint se former devant nous avec sept bataillons et une grande quantité d'artillerie, pour battre les débouchés par lesquels nous devions pénétrer des montasues dans la plaine. Le général Delzons, à la tête du 23" régiment, gaffna autant de terrain qu'il put sur les bords du ruisseau, et à peine Tecolond Piauzonne, qui commande la brigade du général Soyez depuis sa blessure, eut-il formé les 5' et 18* régiments,Iqu'il marcha à l'ennemi et le força à la retraite. Nous gagnâmes dans un instant assez de terrain pour former Tarmée sans danger.

Ce combat est fort honorable pour le colonel Piauzonne et pour le 5" régiment La nuit qui survint nous empèclia de profiter de ces succès, et au jour, nous ne vtmes plus rennemi.

Le 25, nous entrâmes à Gospich ; le 24, nous marchâmes par Ottochatz , et nous rencontrâmes rennemi à la position d'Ians, qui se retira à notre approche; le 25^ nous arrivâmes devant Ottocliatz, où était encore Tarrière-garde de l'armée ennemie, forte de six bataillons, rartillerie et les bagages. Les ponts étant coupés, nous tournâmes tous les marais d'Ottochatz. Le général Delzons, à la tète du 8« régiment, soutenu par le 23* de la division Clauzel, chassa rennemi de toutes les positions qu'il occupait, pour couvrir la grande route. Ce combat fut brillant pour le 8* régiment, comme pour ceux qui l'avaient précède ; et le général Delzons, suivant son usage, conduisit cette affaire avec beaucoup de talent et de vigueur. Il y a reçu une blessure qui , j'espère, ne l'empêchera pas de reprendre son service. Si le général Montrichard ne s'était pa? trouvé de trois heures en arrière, l'arrière-^arde de l'ennemi était évidemment détruite, l'artîUerie et les bagages pris. Dans la nuit, l'ennemi s'est retiré et toute hâte sur Carlestadt ; quelques bagages sont encore tombés entre nos mains.

Le 26, nous sommes entrés à Segna, et le 28 à Fium, où l'armée se rassembla le 29, et d'où elle partira le 31, pour rejoindre Tarmée d'Italie.

L'ennemi, dans cette courte campagne, a eu environ six mille hommes hors de combat. Il a eu un très grand nombre de déserteurs. Nous avons combattu ou marché tous les jours pendant quatorze heures, et les soldats, au milieu des privations, des fatigues et des dangers, se sont toujours montrés dignes des bontés de Votre Majesté.

Je devrais faire reloge de tous les colonels, officiers et soldats, car ils sont tous animé» du meilleur espnt : mais je ne puis dire trop de bien des coloneb

Piauzonne et Badielu, qui sont des officiers de la plus grande capacité.

Je aois aussi beaucoup d'élo^ ^^JS^ néral Clauzel, et me louer du général llrlet. commandant l'artillerie, du colonel Delaure, chef de l'étatHonajor , et du chef d'escadron Amiot, commandant la cavalerie.

Nous avons en, dans ces trois différentes affaires, quatre cents tués ou blessés.

Tous nos vœux seront comblés, Sire, si ce que nous avons fait obtient les suffrages de votre Majesté.

Je suis, avec le plus profond respect, Sire,

De Votre Majesté,

Le très humble, très obéissant, tr^ dévoué serviteur et fidèle sujet.

Signé, le duc de Ragusb, giflerai en chef.

Au quartier-général, àFium,]e50mai4809«

Au ëumUêr'Uéniral, à Ukmow pur U Sam <0SlMMiBO9.

A. S. A. S. le prince de Neuehdtel, f>ioe' connétable, major-général.

Monseigneur,

Ainsi que j*ai eu l'honneur d'en informer Votre Altesse Serénissime le 19 de ce mois, j'ai fait attaquer Zamosc par deux bataillons du 2* régiment d'infanterie, deux compagnies de voltigeurs du 3% et quatrevingts voltigeurs du 6% avec six pièces de canon aux ordres du général Pelletier.

Cette entreprise a eu le meilleur succès. La place a été prise d'assaut bier à deux heures du malin. L'ennemi a perdu trois mille hommes tués et pris, plusieurs officiers supérieurs et colonels, quarante pièces de canon et des approvisionnements considérables de tous genres.

Les troupes se sont conduites de la manière la plus brillante Je ne saurais parler avec trop d'éloges des bonnes dispositions du général Pelletier.

La place de Zamosc commandant , par sa position , une grande étendue de pays, met à notre pouvoir toute la partie de la Galicie iusqu à Leopol et Brody. Le général de brigade Kamienski est en marche avec le 6* régiment de cavalerie, pour pénétrer de ce côté aussi loin qu'il pourra. Nos avant-postes sont aujourd'hui à deux milles de Leopol.

Agréez, Monsieur, Texpression de ma plus haute considération.

Le générai de diffition eommamdani Ut trampm polonaiêêt dfê netÊ^ième eorpê.

Signé, Josbph, prince Pohutowski.

BULLETINS DE LA GRÂMDE-ARMfiE.

Le général de dit>isi(m Dombrowski au prince Poniatowski, ministre de la guerre.

Notre armée, pleine de courage, n*a pu

g n'obtenir un heareox r^uUat. Tonte la gne de Tennemi, danA. son étendue, de^ puis la rivière de Notée jusqu'à Czento- •chow, assaillie sur tons ses points, le 22, fut frappée d'une telle épouvante, qu'elle se retira avec une précipitation oui ressemblait à une déroute. Je dois a la justice d'accorder des éloges à la valeur des corps

Sue je commande, composés, en petit nomre, de troupes de ligne, et principalement de la levée en masse des départements.

Animée du plus grand zèle, l'expédition conduite par le ^néral Kosinski , dont la valeur et le patriotisme sont connus, n'a pu qu'atteindre sont but. Le colonel Stuart y a puissamment concouru, ayant couraceusement, pour la seconde fois, repoussé I ennemi de la forteresse de Czenstochow, aussi bien que le général de brif^adeMicbel Dombrowski, qui s*est opposé si vivement à l'ennemi, se retirant vers Leczyca, qu'il l'a forcé d'abandonner Leczyca même, et de se replier avec précipitation sur Kutno. Je nepeuz refuser les mêmes éloges à ceux qui ont particulièrement contribué à cette

le dos die l'ennemi.

Le général Kosinski est aujourd'hui à Babiak, et le major Bielanewski, avec l'avant-garde, à Kutno. L'aile gauche, s'étendant vers Gosty vin, va bientôt nettoyer la rive gauche de la Vistule, au moins sur la ligne vis-à-vis de Plock.

Le palatin Wibycki écrit, sous la même date, a minuit, de Posen :

I^ lettre du général Dombrowski au prince ministre de la guerre, dont ci-dessus copie, a été écrite avant qu'il se soit mis en marcne et ait quitté SIeszyn. On avait espéré jusqu'à auj jurd'hui, à midi, qu'on attelndraitrennemi prèsdeLoviecz. Dans cet instant. Je reçois une estafette du général Dombrowski, par laquelle il m'apprend que son avant-garde poursuit sur Loviecz toute la division du {général Mohr. Le général Kosinski s'y dirige également. Le général Dombrowski les suit après avoir quitté SIeszyn, Kutno et Kloaawa. Le fi^néral Hanke, conformément au plan arrêté par le général commandant sur la rive gauche.

dissipe : on ne sait plus que faire, et de ceux qu'on prend, et de ceux qui arrivent volontairement.

DlX-HUrriÉME BULLETIN.

La division du général Chasteller. qui avait insurgé le Tyrol, a passé, le 4 de ce mois, aux -environs de Clagenfurth, pour se jeter en Hongrie. Le général Husca a marché à elle, et il y a eu un engagement assez vif où l'ennemi a été battu, et où on lui a fait neuf cents prisonniers.

Le prince Euj^ne, avec un gros corps, manœuvre au milieu de la Hongrie.

Depuis quelques jours, le Danube a augmenté d'un pied.

Le général Gratien, avec une division hollandaise, ayant marché sur Stralsund, où s'était retranché le nommé Schill, a enlevé ses retranchements d'assaut. Schiil avait ordonné de brûler la ville , pour assurer sa retraite ; mais sa bande H en a pas eu le temps : elle a été en entier tuée ou prise ; lui-même a été tué sur la grande place près du corps-de-garde, dans le moment où il se sauvait et cherchait à gagner le port pour s'embarquer.

L'arcniduc Ferdinand a évacué précipitamment Varsovie le 2 juin. Ainsi, tout le grand-duché est abandonné par l'armée ennemie, tandis que les troupes que commande le prince Poniatowski, occupent les trois quarts de la Gallcie.

tendait qu'au-delà oe la Pilica, et ce ne sera encore que ses débris. Son armée se

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