‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 193 sur 205 · AFFAIRES DE POLOGNE · texte numérisé non relu

AFFAIRES DE POLOGNE

L*ennemi continue sa retraite avec la même précipitation. Le 28 mai, douze lanciers polonais, faisant une reconnaissance, ont rencontré a Skierniewice cent dix dragons autrichiens, qui se reliraient sur Eawa, les ont nus en déroute et leur ont fait onze prisonniers. Le 50, au matin , le général Kosinski, commandant Tavantgarde. après être entré à Loviecz, a poussé lusqu à Sochaczew, où il n'a plus Irouvé rennemi, qui parait se retirer sur la Pilica. Quelques rapports semblent cependant annoncer que le gros des troupes autrichiennes se dirige sur la Haute Silésie. Elles commettent partout des excès ; elles enlèvent les provisions, le bétail et les chevaux. Les nouvelles levées de tous les départements s'effectuent avec la plus grande rapidité et le plu9 grand succès.

L'EIPIRE.

L'archtéu« Verflnand, aa néprisde fa fXHiyeriiiOfi qull aTait faite avec le prfttce PoDiatowski, et de TeDgagenent qu'il avait pris de n'exiger aucaoe contribation, en a imposé une de 4d0,^d9 florins sur la Tille de Varsovie. Il a exigé de plus qu'on lui livrtt le pmkûtdaBinfMfitioBs territoriales, celai des baux des domaines, et le montant du reste d'un emprunt forcé qui avait été établi en 1S08, et dont le paiement n'échéait qu'en 18i0. A l'exemple du «tef, les généraux, les oCflôers et les 9ol> 4ato charcheat à ruiner le pays par tous Jes moyens. Ces aiesures annonçaient l'évaci'atioa de Varsovie, et die les a suivies 4leDrè0.

te prince Poniatowaki ificrii au prince de Neuchàtel, du qaartier ^^ général de JxjEeai»ie25iaaL que, le â4, le général de brigade EosaiccKi s'est emparé de iaros- Jaw, où il a {ait prisonniers un colonel, vingt-cinq officiers et neuf cente hommes. L'accvpaiion de cette vUle intercepte entièrameni la communication entre Graoovie et Lfiopol, et assure à l'armée la pos- BCBslon des trois qoarta delà GaUcie. Les avaafc-postes étaient à «ne jouraée de Cracovie.

Les dernières nouvelten qu'on a reçues daasle graadHduché, de l'année du priace Poniatowski. pestent qu'il s'est emparé de Srody, dernière ville de la Gaiieie, près de la frontière, et qu'il y a trouvé des magaaiiia considérables et des provisions en abondance.

Voici la prodamation pid>liée oar le pnnoe Serge Galitzin, à l'entrée de 1 armée russe en Galicie.

Proclamation.

La guerre qui a éclaté entre la France et l'Autriche ne pouvait être vue d'un œil indifférent parla Russie.

Toute sorte de soins el d'efforts ont été employés de notre c(Mé afin d'étouffer ce feu avant qu'il ne s'allumât entièrement, n fut dédaré. du premier moment , à la cour d'Autricne, oren vertu des traités et des engagements les plus étroits qui subsistent entre les deux empereurs de Russie et des Français, la Russie agirait conjointement avec la France,

L'Autriche ne voulut pas avoir égard à ces Teprésentalions, qui auraient dû être d'un SI grand poids pour elle ; mais elle masqua du prâexte a'une défense propre ses préparatifs ffuerriers ; jusqu'à ce que, enfin, par des démarches a^essives, elle découvrit les desseins orgueilleux de son ambition, et alluma lé flambeau de la guerre.

La Russie, en conséquence, ne pouvait pas se dispenser de prendre à cette guerre une part qui était fondée sur des traités solennels. A la première nouvcUe qui lui parvint, ellerompii tons les liens qui existaient entre elle et l'Autriche, et ordonna à son armée de s'approcher des frontières et la Galicie.

Eu entrant dans ce pays pour agir contre l'Autridie . et repousser, par la foree, les forces qu'elle déploie, le commandant en (ftef deVarmée, d'après l'ordre positif de B. M. fEmpeieur , doit dédaier aux tn»quiiles habitants de la Galicîe, comme il leur assure de la manière la phis solenueBe, que la Russie n'a aucune inimitié contre aucun Ceux, et que l'armée, dans «es mouvemeats, partout et quelque part que ce soit, respectera la sûreté personnelle de chacun, assurera les propriétés, et ne troublera pas la paix intérieure et la tranquâlité générale.

Le commandant en caef prouvera par les effels eon^len ces principes sont sacrés pour lui.

Faitau quarCer-généralt le 19 mai 1809.

Signé, prince OALirim , commandant enchef, aéméral d'infarUerie el ^uvaUer des Ordrts.

DIX^EUVIËME BULLETIN.

VieMie, tê i%iéhiiM».

L'anniversaire delà bataille deMarengo a été célébré par la victoire de Raab, que la droite de l'armée, commandée par le vice-roi^ a remportée sur les corps réunis de Tarchiduc Jean et de l'archiduc Palatin.

Depuis la bataiHe de la Piave. le viceroi a poursuivi Tarchiduc Jean répée dans les reins.

L'armée autrichienne espérait se cantonner aux sources de la Raab , entre Saint- Gothard^tCormond.

Le 5 juin, le vice-roi partit de NeustadI, et porta son quartier-général à Œdenbourg, en Hongrie.

Le 7, il continua son mouvement et arriva à Outts. Le général Lauristou, avec son corps d'observation, le rejoignit sur sa gauche.

Le 8, le général Montbrun, avec sa division de cavalerie légère, forba le passage de la Raabnitz , auprès de Sovenyhaga, culbuta trois cents cavaliers de l'insurrection hongroise et les rejeta sur Raab.

Le 9, le Vice-Roi se porta sur Sarvar. La cavalerie du général Grouchy rencontra rarrière-garde ennemie à Vasvar, et fit quelques prisonniers.

BULLETINS M U GRANDE-ARHfiE.

LbIO, le général MotiMicmatd, renant de Gratz» arriva à Gonnond.

Le 11 , le générai de division Grenier rencontra à KaraJco une colonne de flan- <}tteurB ennemis qoi défendaient le pont, et pasM la rivière de vive force. Le généralDebroc, avec le 9* de liussardfl, a fait «ne belle diarge sur un bataillon de quatre cents tiommes, dont trois cents ont été faits prisonniers.

Le 13) l'armée déboacha par le pont de Merse sur Papa. Le Yice^^Roi aperçât d'nne faautenr tonte Vannée oinemie en bataille. Le général de division Montbrun, général de cavalerie et oificier d'une grande espérance, déboucba dans la plaine, attaqua et culbuta la cavalerie ennemie, après avoir fait plusieurs mancsuvres précises et vinrareuses. L'ennenli avait déjà ooni> menoe sa retraite. Le Yice4Uii passa la nuit à Papa.

Le 13, a cinq beures du matin, Tannée «e ndt en marcne pour se porter sur Raab. lilotre cavalerie et la cavalerie autrichienne se montrèrent au village de Seanak. L'ennemi Ait culbuté, et on lui fit quatre cents prisonnierB.

L'archiduc Jean ayant fait sa jonction avec l'archiduc Palatin, près de Raab, prit position sur de belles hauteurs, la drdte appuyée à Raab , ville fortifiée , et la gauche couvrant le chemin deComorn, autre place forte de la Hongrie.

Le 1 4t à onze heures du matin, le Vice- Roi range son armée en bataille, et avec ttento-cinq mille hommes en attaque cinquante mille. L'ardeur de nos troupes est encore augmentée par le souvenir de la victoire mémorable qui a consacré cette Journée. Tous les soldats poussent des cris de Joie à la vue de l'année ennemie, qui était sur trois liffnes, et composée de vingt à vingt-cinq mule hommes, restes de cette superbe armée d'itelie, qui nagnère se croyait déjà maîtresse de toute l'Italie ; de dix mille liommes commandés par le général Haddick, et formés des réserves des glaces fortes de Hongrie; de cinq à six lilte hommes, composés des débris réunis du corps de Jellacnich et des autres colonnes du Tyrol , échappées aux mcuvefnents de l'armée par les gorges de la Carinthie ; enfin , de douze à quinze mille hommes de l'insurrection hongroise, cava« lerie et infanterie.

Le Vice-Roi plaça son armée, la càVa^^ terie du jénéral Montbrun, la brigade du

général Golbert et la cavalerie du général rèuchy sur sa droite: le corps du général Grenier , formant deux échelons, dont la division du général Seras formait l'échelon de droite, en avant: une division italienne, commandée par le général Baraguay-d'HiUiers, formant le troisième échelon, et la division du général hithod

en réserve. Le général Lauriston, avec son corps d'observation, soutenu par le général Sahuc, formait l'extrême gauche, et observait la place de Raab.

A deux heures après midi, la canonnade s'engagea. A trois heures, le prunier, le second et le troisième échelons en vint^ftt aux mains. La IMllade devint vive ; la première ligne de rennemi fût Mlbutée, mais la eeoonëe ligne arrOte un instant l'impétuosite de notre premier échelon, <(Ui fol aussitôt renforcé > et la culbuta. Aioni la réserve de l'ennemi se présenta. Le Vice- Roi , qui suivait tous les mouvements de l'ennemi, marcha, de son côté) avec sa réserve : là belle position des Autrichiens fut enlevée, et à quatre heures la victoire était déoideSh

L'ennemi , en pleine déroute « ee Iterait difficilement rallie, si un défilé ne s'était opposé aux mouvemente de notre cavalerie. Trois mille hommes fait» prisonniers, six pièces de canon et quatre drapeaux sont les iropfaées de eette journée. L^ennemi a laissé sur te champ de bataiUe trois mille morts, parmi lesquste on a trouvé un général4na]or. Notrs perte s*est élevée à neuf cents hommes tuée du blea>ses. Au nombre des première se trouve le col(mel Thierry, du W régiment d'infanterie légère, et parmi les derniers^ le général de brigade Vatentin el le colonel Expert*

Le Vice^Roi fait une mention particélière des généraux Grenier, Montbrun ^ Seras et Dauthouars. La division italienne Sevaroli a montré beaucoup de précision et de sanff«froid. Plusieurs généraux ont eu leurs chevaux tués ; quatre aides-^ecamp du Vice-Roi ont été légèrement atteints. Ce prince a éte constamment au milieu de la plus grande mêlée. L'artillerie , commandée par le général Sorbier; a soutenu sa réputation.

Le champ de bateille dé Raàb avait éte dès longtemps reconnu par l'ennctoi , car il annonçait' fort à l'avance qu'il tiendrait dans cette belle position. Le 15, il a éte vivement poursuivi sur la route de Comorn et de Peet.

Les habitants du payn sont tranquilleè, et ne prennent aucune part ft la guerre. La proclamation de l'Empereur a mis de l'agi*lation dans les esprits. On sait que la na* tton hongroise a toujours désiré son indépendance. La partie de rinsurrectlon qui se trouve à l'armée avait déjà été tevéé par la dernière diète; elle est eoùa leiar» mes, et eUe obéit.

L*EM?IRE

VINGTIÈME BULLETIN

riifmê, U 90/MtA 1809.

Lorsque la nouvelle de la victoire de Haab arriva à Bude> riaij[)ératric6 en partit à 1 heure même, ainsi que tout ce qui tenait au gouvernement.

L'armée ennemie a été poursuivie pendant les journées du 15 et du 16. Elle a passé le Danube sur le pont de Gomorn.

La ville de Raab a été investie. On espère être maître sous peu de jours de cette place importante. On a trouvé dans les faubourgs ces magasins assez considérables.

On a pris le superbe camp retranché de Raab, qui pouvait contenir cent mille hommes La colonne destinée à le défendre, n'a pu s'y introduire; elle a été coupée.

Un courrier venant de Bude, a été intercepté. Les dépêches^ écrites en latin, dont il était porteur, font connaître l'effet qu'a produit la bataille de Raab.

L'ennemi inonde le pays de faux bruits : cela tient au système adopté pour remuer les dernières classes du peuple.

M. de Metternich est parti le 18 de Vienne, il sera échangé, entre Gomorn et Bude, avec M. Dodun et les autres personnes de la légation française.

M. d'Epinay, ofiicier d'ordonnance de Sa Majesté, est arrivé de Pétersbourg. Il a passé au quartier-général de Tannée russe. Le prince Serge-Galitzin est entré en Galicie, le 3 de ce mois, sur trois colonnes, savoir: celle du général Levis par Drohycxyn, celle du prince Goriszakoff par Therespol, et celle du prince Suwarow par Wlodximirz,

VINGT-UNIEME BULLETIN

FfMM, U tt/lM'll iSOO.

Un aide-d^-camp du prince Joseph Poniatowski est arrivé du quartier-général de Tarmée du grand-duché. Le iO de ce mois^ le prince Serge-Galitzin devait être à Lublin et son avant-^arde à Sandomir.

L'ennemi se complaît à répandre des bulletins éphémères, où il remporte tous les jours une victoire. Selon lui, il a pris vingt mille fusils et deux mille cuirasses à la bataille d'Ësliuff. Il dit que le 21 et le 22 il était maître au champ de bataille, il a même fait imprimer et répandre une gravure de cette Bataille , où on le voit enjambant de Tune à l'autre rive, et ses batteries traversant les lies et le champ de bataille dans, tous les sens. 11 imagine

aussi une bataille qu'il appelle la bataiUe de Kitsée (1), dans laquelle un nombre immense de Français auraient été pris ou tués. Ces puérilités, colportées par de petites colonnes de landwehrs comme celle de Schill, sont une tactique employée pour inquiéter et soulever le pajrs.

Le général Marziani, qui a été fait prisonnier à la bataille de Raab, est arrivé au quartier-général. Il dit que depuis la bataille delà Piave, l'archiduc Jean avait perdu les deux tiers de son monde; qu*ii a ensuite reçu des recrues qui ont à peu près ronpli les cadres, mais qu'ils ne savent pas faire usage de leurs fusils. Il porte à douze mille hommes la perte de l'archiduc Jean et du Palatin à la bataille de Raab. Selon le rapport des prisonniers hongrois, l'archiduc Palatin a été, daBS cette journée, le premier à prendre U fuite.

Quelques personnes ont voulu mettre en opposition la force de Tannée autrichienne à Esling, estimée à qualre-vingldix mille hommes, avec les quatre-vingt mille hommes qui ont été faits prisonniers depuis Touverturede la campagne; elles ont montré peu de reflexion. L'armée autrichienne est entrée en campa^e avec neuf corps d'armée de quarante mille hommes chacun, et il y avait dans Tintérieiir des corps de recrues et de landwehrs; de sorte que rAutriche avait réellement plus de quatre cent mille hommes sous les armes. Depuis la bataille d'Àbensberg jusqu'à la prise de Vienne, y compris rltalie et la Pologne, on peut avoir fiait cent mille prisonniers à l'ennemi, et il a perdu ceat mille hommes tués, déserteurs ou égarés. Il devait donc lui rester encore deux cent mille hommes distribués comme il suit:

l'archiduc Jean avait à la bataille de Raab cinquante mille hommes. La principale armée autrichienne avait, avant U bataille d'Esling, quatre-vingt-dix mille hommes. 11 restait vingt-cinq mille hooH mes à Farchiduc Ferdinand à Varsovie, et vingt-cinq mille hommes étaient disséminés dans le Tyrol , dans la Croatie, et répandus en partisans sur les confins de la Bohême.

L'armée autrichienne à Esling était composée du premier corps, commandé par le général Bellegarde. le seul qui n'eût pas donné, et qui fût encore entier, et des débris du deuxième, du troisième, du quatrième, du cinquième et du* sixème oorns, qui avaient été écrasés dans les batailles précédentes. Si ces corps n'avaient rien perdu et eussent été reunis tds qu'ils étaient au commencement de la campagne.

(1) Kitiée e<t lar U rire droite da ttanobe, à aae li«iie dam lei torrai.

BULLETINS DE LA GHâNOE-àRMÉE.

il9 anrftieiit fomé deux cent quarante mille hommes. L'ennemi n'avait pas plus de qnatre-vinfçt-dix mille hommes : ainsi l'on voit combien sont énonnes les pertes qu'il avait éprouvées.

Lorsque rarchiduc Jean est entré en campagne, son armée était composée des huitième et neuvième corps, formant quatre-vingt mille hommes. Â Raab, elle se trouvait de cinquante mille hommes. Sa perte aurait donc été de trente mille hommes. Mais dans ces cinquante mille hommes, étaient compris quinze mille Hongrois de rinsurrection. Sa perte était donc réellement de quarante-cinq mille

L*archiduc Ferdinand était entré à Varsovie avec le septième corps, formant quarante mille hommes. Il est réduit à vingtcinq mille. Sa perte est donc de quinze mille hommes.

On voit comment ces différents calculs se soutiennent et se vérifient.

Le Vice-Roi a battu à Raab cinquante mille hommes avec trente mille Français.

A Esling, quatre-vingt-dix mille hommes ont m battus et contenus par trente mille-Français, gui les auraient mis dans une complète déroute et détruits, sans l'événement des ponts qui a produit le défaut de munitions.

Les grands efforts de FAutriche ont été le résultat du papier- monnaie, et de la résolution que le gouvernement autrichien a Crise de jouer le tout pour le tout. Dans \ péril d une bangueroute qui aurait pu amener une révolution, il a préféré ajouter cinq cents millions à la masse de son papier-monnaie , et tenter un dernier effort pour le faire escompter par l'Allemagne, l'Italie et la Pologne. Il est fort probable que cette raison a influé, plus que toute autre, sur ses déterminations.

Pas un seul régiment français n'a été tiré d'Espagne, si ce n'est la garde impérii^le.

, 1^ général comte Lauriston continue le siège de Raab avec la plus {;rande activité. La ville brûle déjà aepuis vingt-quatre heures, et cette armée qui a remporté à Esling une si grande victoire, qu'eue s'est emparée de vingt mille iîisils et de deux mille cuirasses: cette armée qui, à la batalle de Kitsée ^ a tué tant de monde et fait tant (le prisonniers ; cette armée qui, selon ses buAetins apocryphes, a obtenu de si grands avantages à la bataille de Raab, voit tranquillement assiéger et brûler ses principales places et inonder la Hongrie de partis, et fait sauver son imp^atrice, ses dicastères, tous les effets précieux de son g mvernement jusqu'aux frontières de la Turquie et aux exlremités les plus réculées deTEurope.

Un major autrichien a eu la fantaisie de

passer le Danube sur deux bateaux, à l'embouchure de la Marsch. Le général GiJIy Vieux s'est porté à sa rencontre avec quelques compagnies, l'a jeté dans l'eau et lui a fait quarante prisonniers.

VINGT-DEUXIÈME BULLETIN

La place de Raab a capitulé. Cette ville est une excellente position au centre de la Hongrie. Son enceinte est bastionnée, ses fosses sont pleins d'eau, et une inondation en couvre une partie. Elle est située au confluent de trois rivières; elle est comme le réduit du grand camp retranché où l'ennemi espérait réunir et exercer toute l'insurrection hongroise, et où il avait fait d'immenses travaux. Sa garnison, forte de dix-huit cents hommes, était insuffisante. L'ennemi comptait y laisser cinq mille hommes; mais par la bataille de Raab^ son armée a été séparée d'avec la place. Cette ville a souffert huit jours d*un bombardement qui a détruit les plus beaux édifices. Tout ce qu'on pouvait dire sur l'inutilité de la défense était sans effet; elle s'était bercée de la chimère d'être secourue.

Le comte de Mettemich , après être resté trois jours aux avant-postes, est retourné à Vienne. Le secrétaire d'ambassade Dodun et les personnes des légations alliées qui ne s'étaient pas encore retirées avant la prise de Vienne, ont été évacués sur les confins de la Hongrie, lorsqu'on a appris à Bude la perte de Ta bataille de Raab.

Deux bataillons de landwehrs, deux escadrons de hulans et un bataillon de troupes de ligne, formant ensemble deux mille cinq cents hommes, sont entrés à Bareuth. Ib ont, comme à Tordinaire, répandu des proclamations et cherché à exciter des soulèvements. Au même moment, le général Am-£nde est entré à Dresde avec trois bataillons de ligne, trois bataillons de landwehrs et quelques escadrons de cavalerie tirés de différents corps, tout cela formant sept à huit mille hommes.

le roi de Westphalie aréuni le 10' corps et s'est mis en marche. Le duc de Walmy a mis en mouvement, de Hanau, l'avantgarde de Tannée de réserve qu'il commande.

VINGT-TROISIÈME BULLETIN

Le 25 de ce mois, Sa Majesté a passé en revue un grand nombre de troupes sur iee

L'EHHIB»

kaoltwg éd SetonbraB. Oq t remaïf uë «ne superbe ligne de hiiii milie hoomies de cavalerie doat la garde faisait partie, et où ae se trouvait pas un régimettt de cuirassiers. On a remarqué égalerneot une ligne de deux cents pièces de canon. La tenue et i*air martial des troupes excitaient Tadmiration des spectateurs.

Samedi â4, à quatre heures après-midi, nos troupes sont entrées à Staab. Le 25, la f^aroisoB, priaoaaière de guerre , est partie. Décompte fait, elle s'est trouvée monter à deux mille cinq cents hommes.

Sa Majesté a donné, au général de division Narbonne, le commandement de cette place et de tons les comitas hongrois soumis aux armes françaises.

Le duc d'Àuerstaedt est devant Pres^ bourg. L'ennemi travaillait à des fortifications. On lui a intimé de cesser ses travaux, s'il ne voulait pas attirer de grands malheurs sur les paisibles habitants. Il n'en a tenu compte : quatre mille bombes et obus Tout force de renoncera son projet; mais le feu a pris dans celte malheureuse ville, et plusieurs quartiers ont été brûlés*

Le duc de ttaguse avec Tannée de Dalmatie a passé la Brave le iS, et marchait sur Gratz.

Le 24, le général Vandamne a fait embarquer, à Molk , trois cents Wurtembergeois, commandés par le major Kechler, pour les jeter sur l'autre rive et avoir des nouvelles. Le débarquement s'est fait. O» troupes ont mis en déroute deux compagnies ennemies, et ont pris deux oiBciers et quatre-vingts hommes du régiment de Mitrowski.

Le prince de Ponte-Gorvo et l'armée saxonne sont à Saint-Polten.

Le duc de Dantzig , qui est à Lintz , a fait faire une reconnaissance, sur la rive gauche, par le général de Wrede. Tous les postes ennemis ont été repoussés. On a pris plusieurs officiers et une vingtaine d*homnies. L'objet de cette reconnaissance était aussi de se procurer des nouvelles.

La ville de Vienne est abondamment approvisionnée de viandes ; rapprovisiou'^ nement de pain est plus difficile , à cause des embarras qu'on éprouve pour la mouture. Quant aux subsistances de l'armée, elk» sont assurées pour plus de six mois. Elle a des vivres, du vin et des légumes en abondance. Le vin des caves des couvents a été mis en magasin pour fournir aux distributions à faire à l'armée. On a réuni ainsi plusieurs millions de bouteilles.

Le 10 avril, au moment môme où le général autrichien prostituait son carac&re et tendait un plége au roi de Bavière, en écrivant la lettre qui a élé insérée dans tous les papiers publics, le général ChasteUer insur^^eait le T|[rol et surprenait sept cents oonscrita français qui allaient 4 Aaga* ^

booM^ où <Uie>t ienin »ég>iiaiH» <t fH marchaient sur la foi de la paix. Obligés de se rendre et faits prisonnierat tlilnraM massacrés. Panni eux se trouvaient qnatievingts Belges nés dans la même viUe qme Chasteller. Dix-huit cents Ravaiois, fhita prisonniers à la même époque, furent amai massacrés. GhasteUer qui oommandait^ M le témoin de ces horreurs. Non seulemeDi il ne s'y opposa point» mais on raconta d'avoir souri à ce massacre, espérant que les Tyroliens, ayant à redouter la vengeance d'un crime dont ils ne jponVhient espérer le pardon, seraient ainsi plus fortement engagés dans leur rébellioo.

Lorsque Sa Majesté a eu connaiwanff* de ces atrocités, elle se trouva dans une position difficile. Si die voulait reoowir aux représailles, vingt généraux, miHe officiers, quatre-vingt mille hommes Ma prisonniers pendant le mois d^avril, pouvaient satisfhire aux mânes des malbeureux Français ai lâchement égorgés. Vais des prisonniers n'appartiennent pas à la puissance pour laquelle ils ont combattu ; ils sont sous la sauve-garde de l'honneur et de la générosité de la nation qui les a désarmés. Sa Majesté considéra GhasIeUer comme étant sans aveu; oar, malgré les proclamations furibondes et les discours violents des princes de la maison de Lorraine, il était impossible de croire qu'ils approuvaient de pareils attentats. Sa Mur jesté lit en conséquence publier Tordra dn jour suivant :

Ordre du jour.

Àu «iwrM^'f lutffsflj imputait à Au,

D'après les ordres de rfimpemir, le nommé Chasteller, soi^KlIsant ràicral au service d'Autriche, moteur de rinsurree* tion du Tyrol, et prévenu d'être raoteur des massacres commis sur les prisonniers bavarois et français par les insurgés, sera traduit à une commission militaire anssiW qu'il sera fait prisonnier, et passé par les armes, s*il y a lieu, dans les vingt-quatre heures qui suivront sa saisie.

L$ fffinee de ffmtehétet, titx-dùtmétm^iê.

Signée ALBZANDnB.

À la bataille d'Ësling, lé général Dttrofnel, portant un ordre à un escadron avan* ce. fnt fait prisonnier ^ vlugl-einq hulans. L'empereur d'Autridie, fier dlin triomphe si facile, fit publia un ordre du jour conçu en cet tanner :

BULLETINS M U «IAlNDE- ARMÉE.

Mi^

Capie lïwm iMn de S. M, l'êmperewr d^ Autriche au pr4$w Charles»

Mon cher frère,

J'ai mfptis q«e TeoMnir Napoêéon a dédtfé le nmruis de tkasleller hors d« drai dee fs&M. Cette ooadtite mjasto et coitraire aux «sa^ des aatmiB, et dcNil an n'a aacon esempie dan» les dernières épof tes de Thisloire, m'otlife d'oser de représailles. En conséquence, j'ordome cnie ies g^éséraux fraiîçais Durosnel et Paaleni soient gardés comme otages, pour mbir le mëoie sert et les mènes traitements que rempeiear Napoléon se penaettrait de faire éprouver an général Gfaastelkt. U en coûte à non cosor de donner «a pareil ordre; mak je le dois à mes braves gnernen et à mes braves peuples , qu'un pareil sort peut atteindre au milieu des devoirs qu'ils vsnplissent avec tant de dé* vouement, ie vous charge de faire connais Ire cette lettee à rarmée, et de renvoyer, parnn parlementaire, au major-général de rompeiw Napoléon.

Wolskersdorf , le 25 mai 1M9.

Signée Faavçois.

Aussitôt que cet ordre du jour parvint à laconnaissancedeSaMajesté, die ordonna d'arrêter le nrinoe de CoUoredo, le prince de Mettemicn, le comte de Pergen et le eomte de Harddeck . et de les conduire en France, pour répondre des jours des géné> faux Duroanel et Foulera» Le mator-générai écrivit au cbef d'état-major de l'armée aatricbienne la lettre ci-apres :

A M, le fnajor --général de Varmie autrichienne.

Sehœnbrmm, le S juin 1 809.

Monsieur,

S. M « l'Empereur a eu connaissance d'un t>rdre donné par l'empereur François , qui déclare que les généraux français Durosnel et Foulers^ que les circonstances de la guerre ont mis en son pouvoir, doivent répondre de la peine que les lois de la justice infligeraient à M. Chasteller, qui s'est mis à la tète des insurgés du Tyrol , et a laissé égorger sept cents prisonniers français et dix-nuit à dix-neuf cents Ba- 'varois; crime inoui dans l'histoire des nations, qui eût pu exciter une terrible représaille contre quarante feld-maréchaux- Heutenants, trenfe-six généraux-majors, plus de trois cents colonels on majors , mille deux cents officiers et quatre-vingt millesoldale qui sont nos prisonniers, si Sa

Hajesté ne TCgtrdaHteBpitetmrteffrcomme placés sous sa kn etsous'soB liooneur, et d'aîllears n'avait eu des preuves que les efficiers autrichiens du Tyrol en onl été aussi indignés que nous.

Cependant, Sa Maje^ aordonnéfraele prince Cdloredo , le prince Mettemfdi , le comte Frédéric de Harddeck M le comtePergen seraient arrêtés et transférés en France» pour répondre de fa sèreté des généraux Durosnel et Foulers , menacés par Terdre du jour de voire souverain. Ces offideri pourront mourrir, Monsieur; mais fis ne mourront pas sans vengeance : cette vengeance ne tombera sur aucun prisonnier « mais sur les parents de caix qui ordo»neraient leur mort.

Quant à M. Chasteller, îl n'est pae encore an pouvoir de l'armée , mais , s'il est ar*rSté, vous pouvez compter que son procès sera instruit , et qu'il sera traduit à une commission militaire.

Je prie Votre Excellence de croire aux sentiments de ma haute considération.

Le major^énéral, eigné ALBxainmn.

La ville de Vienne et le corps des Stats de la Basse-Autriche sollicitèrent la clémence de Sa Majesté , et demandèrent k envoyer une dépulation à l'empereur François, pour faire sentir la déraison du procédé dont on usait à l'égard des généraux Du* rosnel et Foulers , pour représenter que Chasteller n'était pas condamné, qu'il n'était point arrêté, qu'il était seulement traduit devant les triounaux; que les pères , les femmes, les enfants, les propriétés des généraux autrichiens étaient entre les mains des Français , et que l'armée iî'ançaise était déciaée . si l'mi attentait à un seul prisonnier , à faire un exemple dont la postérité conserverait longtemps le souvenir.

L'estime que Sa Majesté accorde aux bons habitants devienne et aux corps des Etats, la détermina à accéder à cette demande. Elle autorisa MM. de CoUoredo, de Metternich, de Pergen et de Harddeck à rester à Vienne, et la députation à partir pour le quarlier-ffénéral de l'empereur d'Autriche.

Cette députation est de retour. L'empereur François a répondu à ces représentations^ qu'il ignorait le massacre des prisonniers français en Tvrol ; qu'il compatissait aux maux de la capitale et des grovinces, que ses ministres Pavaient 'ompé, etc., etc., etc. Les députés firent observer que tous les hommes sages voient avec peine l'existence de cette poignée de brouillons qui , par les démarches qu'ils eonseillent, par lesprodamationSi les ordres du jour, etc., qu'i» font adopter» ne oher*

L'BimU.

chflDt 4n*à fonetttflr tes pamioiis et tes haines, et à exaspérer un ennemi maître de la Croatie, de la Carinthie , de la Carniole, de la Styrie, de la Haute et de la Basse Autriche, de la capitale de l'Empire et d*une grande partie de la Hongrie ; gue les sentiments de TEmpereur pour ses sujets devaient le porter à calmer le vainqueur

eutôt qu*à l'irriter, et à donner à la guerre caractère oui lui est naturel chez Jes peuples civiusés, puisque ce vainqueur pouvait en appesantir les maui sur la moitié de la monarchie.

On dit que Tempereur d'Autriche a répondu que la plupart des écrits dont les députés voulaient parler étaient controuva; que ceui dont on ne désavouait pas Texistence étaient phis modérés; que les rédacteurs dont on se servait étaient d'ailleurs des commis français , et que lorsque ces écrits contenaient des choses inconvenantes, on ne s*en apercevait que quand le mal était fait. Si cette réponse, qui court dans le public, est vraie, nous n'avons aucune observation à faire. On ne peut mécimnaltre Tinfluence de l'Angleterre; car ce petit nombre d'hommes, traîtres à leur patrie, et^t certainement à la solde de cette puissance.

Lorsque les députés ont passé à Bude, ils ont vu l'impératrice. C'était quelques jours avant qu elle fût obligée de quitter cette ville. Ils l'ont trouvée changée, abattue et consternée des malheurs qui menacent sa maison. L'opinion de la monarchie est extrêmement défavorable à la famille de cette princesse. C'est celte famille qui a excité à la guerre. Les archiducs Palatin et Reinier sont les seuls princes autrichiens qui aient insisté pour le maintien de la paix. L'Impératrice était loin de prévoir les événements qui se sont passés. Elle a beaucoup pieuse; elle a montré un grand effroi du nuace épais qui couvre l'avenir; elle parlait de paix ; elle demandait la

riix ; elle conjurait les députés de parler l'empereur François en faveur de la paix. Ils ont rapporté que la conduite de i'archiduc Maximilien avait été désavouée, et que l'çmpereur d'Autriche l'avait envoyé au fond de la Hongrie.

VINGT.QUATRIÈME BULLETIN

fietmê,UZjwUM%W9.

Le général Bronssier avait laissé deux bataillons du 84* régiment de ligne dans la ville de Grats , et s'était porté sur Yildon pour se joindre à l'armée de Dalmatie.

Le 26 juin, le général Giulay se présenta devant Grati avec dix mille hommes, eonposés, U est vrai, de Croates et de ré-

giments des ihmtières. Le M« se dans un des faubourgs delà yîHe. rqxRissa toutes les attaques de l'^inemi, le culbuta partout, lui pnt cinq cents hommes, deux drapeaui , et se maintînt dans sa positm pendant quatone heures, donnant le tenuM au général Broussier de le secourir. Ce combat d'un contre dix a couvert de gloife le 84* et son cc^nel Gambin. Les dra^ peaux ont été présentés à Sa Majesté à la parade. Nous avons à regretter vingt tués et quatre-Tingt-douze blessés de ces braves gens.

Le duc d'Auerstaedt a fait attaquer, le 30, une des lies du Danube, peu éloignée de la rive droite, vis-à-vis Presbourg, où lennemi avait quelques troupes.

Le général Gudin a dirigé celte opération avec habileté : die a été exécutée par le colonel Decouz et par le 21* rédmeat d'infanterie de ligne que commande cet ofiBcier. A deux heures du matin, ce régiment, partie à la nage, partie dans des nacelles , a passé le trèsHM^t bras du Danube , s'est emparé de 111e , a culbuté les mille cinq; cents hommes qui 8*y trouvaient , a fait deux cents cinquante prisonniers, parmi lesquels le colonel du r^iment de Saint-Jiilien et plusi^irs officiers, et a pris trois pièces de canon que l'ennemi avait débarquées pour la défense de l'Ile.

Enfin , il n'existe plus de Danube pour l'armée française : le général comte Bertrand a fait exécuter des travaux qui excitent l'étonnement et inspirent l'admiraticm.

Sur une largeur de quatre cents toises et sur un fleuve le plus rapide du monde, il a , en quinze jours , construit un pont formé de soixante arches, où trois voitures peuvent passer de front; un second pont de pilotis a été construit , mais pour rinfanterie seulement , et de la largeur de huit pieds. Après ces deux ponts, vient un pont de bateaux. Nous pouvons donc passer sur le Danube en trois colonnes. Ces trois ponts sont assurés contre toute insulte , même contre l'effet des brûlots et machines incendiaires, par des estacades sur pilotis construites entre les lies, dm différentes directions, et dont les plus éloignées sont à deux cents cinquante t4Mse8 des ponts. Quand on voit ces immenses travaux, on croit qu'on a employé |^sieurs années à les exécuter; ils sont cependant l'ouvrage de quinze à vingt jours. Ces beaux travaux sont défendus par des têtes de pont ayant chacune mille six cents toises de dévéloppeinent, formées de redoutes palissadées , fraisées et entoorées de fosses pleins d'eau. L1le de Lobau est une place forte : il y a des manutentions de vivres , cent pièces de gros calibre el vingt mortiers ou obusiers de si^ ^

BOLLBTINS DB LA GlUNDS-ARIliE.

batterie; vis-à-vis Esliiig» sur le dernier bras du Dannbe, est un pont que le duc de Rivoli a fait jeter liier. 11 est couvert par une tète de pont qui avait été construite lors du premier passage.

Le général Legrand , avec sa division , occupe les bois en avant de la tète de pont. L'armée ennemie est en bataille, couverte par des redoutes ; la gauche à Enzersdorf, la droite à Gross-Aspem : quelques légères fusillades d'avant-postes ont eu lieu.

A présent que le passage du Danube est assuré, que nos ponts sont à Tabri de toute tentative, le sort de la monarchie autrichienne sera décidé dans une seule affaire.

Les eaux du Danube étaient, le l*' juillet, de quatre pieds au-dessus des plus basses, et de treize pieds au-dessous des plus hautes. La rapidité de ce fleuve est, dans cette partie, lors des grajides eaux, de sept à douze pieds, et lors de la hauteur moyenne, de quatre pieds six pouces par seconde, et plus forte que sur aucun autre point. En Hongrie, elle diminue beaucoup, et à Tendroit où Trajan fit jeter un pont, elle est presque insensible. Le Danube est là d'une largeur de quatre cent cinquante toises ; ici, il n'est que de quatre cents. Le pont de Trajan était un pont en pierres uni en plusieurs années. Le pont de César, sur le Rhin, fut jeté, il est vrai, en huit jours, mais aucune voiture chargée n'y pouvait passer.

Les ouvrages sur le Danube sont les plus beaux ouvrages de campagne qui aient jamais été construits.

Le prince Gagarin, aide-de-camp général de l'empereur de Russie, est arrivé avant-hier, à quatre heures du matin, à Schœnbrunn , au moment où l'Empereur montait à cheval II était parti de Pétersbourg le 8 juin. Il a apporté des nouvelles de la marcne de l'armée russe en Gallicie.

Sa Majesté a quitté Schœnbrunn. Elle campe depuis deux jours. Ses tentes sont fort oelles et laites à la manière des tentes égyptiennes.

Note sur la mtesse du Danube, par M. le baron de Pakas^, chargé par le gour f>eme7nent autrichien aè ta direction générale des ponts et des travaux du Danube,

La vitesse du Danube est par seconde,

A Ebersdorf, aux eaux basses . . de 3 pieds 4 pouces, au temps des crues ... 7 a 12 pieds, à la hauteur moyenne. • 4 pieds 6 pouces.

A Bude, aux basses eaux. . . de 2 pieds.

au temps des crues.. . . 4 a 8 pieds, à la hauteur moyenne. . 3 pieds 5 pouces.

A Orsowa (deux milles au-dessus du pont de Trajan), au temps des crues. . de 4 à 6 pieds.

Je n'ai pas eu l'occasion de faire des observations exactes sur la vitesse du Danube à Orsowa et vers l'embouchure de ce fleuve.

Je dois ajouter que les sinuosités du Danube font varier la vitesse considérablement.

Vienm, h % Juillet i9M.

Signé : baron Paussi.

Extrait d'une lettre du prince Poniatowshi à S. A. S. le prince de NeU" chdtel.

Au fMorfMr-tféWrfl/ d$ Fn^tow, 1$ 40y«lfi ISOS.

L'archiduc Ferdinand , inquiété sur ses derrières par la marche du jgénéral Zajonchek, qui avait déjà passe la Pillca a la hauteur de Pulawy, avait réuni toutes ses forces dans les environs de Sandomir, et paraissait vouloir chercher à pénétrer de ce côté. Le 5 de ce mois, xtù corps d'envi^ ron huit à dix mille hommes, aux ordres du général Schauruth, ayant tenté de s'approcher de la place, fut repoussé avec une perte considérable en tués et en blessés. Il perdit aussi trois cents hommes foits prisonniers.

Le 7, l'archiduc Ferdinand en personne marcha contre la place. Il fut attaqué aussitôt, et cette seconde tentative n eut pas plus de succès que la première. Il parut alors renoncer à cette entreprise ; et pour partager Tattention des troupes du prince Poniatowski, il se décida a déboucher , avec une partie de ses forces, par la Haute- Vistule ; en conséquence, le général Schauruth passa le fleuve à Polanice, et se porta sur la Yisluka, rivière qui est guéable sur tous les points.

Le prince Poniatowski^ attendant Tarmée russe qui s'approchait de lui, et dont une division doit faire sa jonction, le 12, avec ses troupes, pour soutenir ses opérations, renforça les garnisons des forteresses de Sandomir et de* Zamosk, formant les deux extrémités de la ligne , replia à l'embouchure du San le pont qu'il avait sur la Yistule, concentra ses forces et prit une position sur le San, à la hauteur de Pniow et de Gzekay.

Les nouvelles levées se poursuivent en Gallicie avec la plus grande activité : quatre régiments d'infanterie et quatre régiments (te cavalerie, levés aux frais des

L'HillU.

priocipaax hsibiiMâêtr sont déjà.

Dlés, habillés t;t é^ipes»

Fréééfic Augofltev par b gprâee cte Dieu, m de Saxe, dae de Yartorie, ttc.

Polonais! déjà Tarinée qai avait eovalki notre duché de Varsovie > a été forcée par fes victoires de votre grand régénérafeoi et par la valeur de nos troupes , d'abandonner la capitale et de rentrer dans ses foyers.

Après avoir rendu frâce à la divine Providence de la protection signalée qu'elle nous a accordée, nous nous faisons un devoir d'employer les premiers moments du rétablissement de notre gouvernement pour vous expriaer les senl&ments qu'exciieot en non» le pairiodame et l'attachement que la nation a développés d*une manière si éclatante, dans ce moment de détresse.

L'ennemi était entré dans le pays avec UM BombMos^ araiée; à peine parabeaitil possible de lui résister ; mais il apprit bientôt à connaître quelle est la force de la valeur . conduite par un chef aussi brave et aussi habile que notre ministre dç la guerre, le prince Poniato^vski.

Polonais ! vos bataillons , que le grand héros a créés, et auxquels il a inspiré cet esprit valetureux dont vous avez donné les meilleures 4)reuves sous ses yenx, ont montré qu'ils étaient dignes de leur créateur. Inférieurs en nombre, non seulement ils ont résisté à l'ennemi, mais ils l'ont partout attaqué avec succès. Ils ont porté la victoire dans les provinces de sa domination, et ils se sont partout couverts de gloire.

De son côté, l'ensemble de la nation a fait voir que l'esprit de valeur et de patriotisme des anciens Polonais était encore le sien, (/agression d'un ennemi nombreux, bien loin de lintimider, u*a fait gue l'enflammer à porter des offres volontaires et extraordinaires , à sacriOer la fortune individuelle : elle a tout livré pour la défense de la natrie. Les départements se sont surpasses à Tenvi : c'était à qui augmenterait l'armée de ligne de corps plus nombreux, h q^ui lui fournirait les subsistances nécessaires , à qui amènerait une plus forte levée pour s'opposer à l'ennemi. Ils ont prouve que l'amour de la patrie est une qualité distmctite de la nation , et se sont rendus dignes de servir de modèle. Aussi la Providence a-t-eUe également couronné par des succès ses généreux efforts.

Notre conseil d'État, par sa fidélité, son zèle, ses sages mesures, et même par le soin de se conserver en activité, au moyen de ses différents déplacements, secondé par toutes les autres autorités constilutiua-

neUes animées des mâmes sentiments» a

réussi à conserver la marche dû gouvernement, autant que les circonstances oui pu le permettre.

Polonais L ta patrie vous doit son saint * elle vous doit l'approbation de votre grand régénérateur, aux regards duquel n'auront point échappé la conduite valeureuse de rarmée et fe zèle ardent de la nation. Elle vous doit Taugmentation de sa considération auprès de vos voisins; elle vous doit la gloire du souverain de régner sur une telle nation.

Quoique dans l'éloignement, notre curar a toujours été auprès de vous : votre situation nous a toujours été présente. Votre patriotisme, votre fidâîlé et votre attachement à notre personne, ont augmenté, 8*11 est possible, le nôtre pour vous ; et , si nous n'avons pas pu tous porter tes secours que notre cœur eût désirés c'est âTcc douleur que nous nous en sommes vas empêché par les circonstances.

Nation polonaise! la tranquilfîté tous est rendue, et. avec elle, îe gouvernement constitutionnd. Notre soin le plus cher sera de tâcher de guérir les plaies dn pays, occasionnées par la guerre, de découvrir et récompenser ceux qui ont bien mérité , et de rétablir Tordre que votre bonheur futur exige. De votre coté, vous y contribuerez par une parfaite confiance dans ce gouvernement, qui ne se diriçera que par nos intentions toutes paternelles.

Donné à Francfort-sur-le-Mein , le î4 juin 1809.

Signé, FaàDÈaic-AuGCSTB.

Par le Roi,*

Lé mtuMrtf êecréUùn â*Élmi,

Signé, STA!fiSLAS BaszA.

ProckmaiMn du roi d» Saxe à cm

Nous Frédéric-Auguste, par la çr✠de Dieu, roi de Saxe, duc de Varsovie, etc.

La divine Providence s'est Insqii'ici teHement signalée en ftveur de notre ligne, que nous ne nous sommes trouTés que dans TagréaUe oMigation de lai offrir ce tribut de notre vive reconnaissance, et nous l'avons remplie , celte obligation , avec d'autant pias de zèle, que notn^^cceor ne connaît pas de plus grande jouissanœ

Sue de savoir lieureux ceux qui sont oooes à nos soinst

Nous eûmes, surtout dans les années

qui viennent de s'écouler, des raisons de

bénir la bonté de Dieu, loi^que aons re*

couvr&mes (ies mains du vainqaeur gêné-

, rcHU. nos États déjà perdus, et ce bonheur

BULLETINS Dff Ut fiAANDE-ARMÉE.

rtW

qtte la connaissaûce personnelle de ce grand homme joignit en noas «xtx sentiments de rémotioiï et de la gratttnde, cens de h. pfas sincère admiration pour ses cfnaRtés^ qn'on n'a jamais pn apprécier assez, et a motivé cette estime iVanche et sans réserve snr laquelle xïotre alHancé repose anssi solidement qere ^r les traités; ce «fui la rend doublement inviolable.

Même à Tépoqne actuelle, si féconde ert inquiétudes, ce n'a pas été poqr nous une faiMe consolation de voir notre royaume dans un état de tratiquiliité presque Mirfaite, (andis qae la guerre, ayant ramimé son flambeau, remouvefait dans d'autres pays ses (Kvastatîons. A la vériCé, les circonstances notrs ont fait croire nécessaire d'abandonner, potfr quelque temps, lïotrcf bonne vifle dis Dresde, et d'établir notre résidence dans celle de leipsig, qui éù est voisine*. Nous espérions cependant nous y livrer sans trouble à nos sollicitudes pour nos fidèles sujets, attendu que, d'après le cour» db la guerre, une invasion ennemie dans nos Etats ne paraissait nen moins que vraisemblable.

Il a été (fautant phis douloureux pour

3otos de* voii* cette e^érance trompée, et 'être obligés de Anus éloigner au-delà de teipsig, jusqu'à ce qu'après avoir dépassé la ligne dans laquelle les troupes, sortant de Bobème pour entrer en Saxe et en Franconie, pouvaient cerner notre personne et notre famille royale, nous nous soyons trouvés à Tabri du dançer.

Aujourd'hui notre confiance aaus la diyîne Providence nous ftiil vivre dans fespoir qu'elle bénira nos efforts pour affranchir la patrie de la présence de ren- Aemi, et que appuyés par les forces de S. M. le roi de Weslphalie, nolfe fidèle voisin et allié, nous pourrons bientôt y revenir.

Nous croyons de notre devoir, chers et fidèles Saxons, de vous faire de loin partager, pour votre tranquillité, cette ferme espérance. En attendant, nous Vous fe- Àtercions publiquement de ce que (fans fîntervalle vous supporter votre situation avec calme et dignité, que vous ne prêtez en aucune sorte, l'oreille à l'ennemi, et de ce que vous avez ainsi donné une nouvelle preuve de votre atoour, de votre affection envers nous, é|ui fait tiotre félicité que notre cœur paie sî bien de retour.

C'est avec d'autant plus de confiance

3ue nous vous invitons à votis attacher e plus en plus à nos principes, qni jusqu'ici, sous la protection divine, ont toujours fait le bonheur du pays, à bien vous en pénétrer, et à vous mettre à Tabri des préjudiœs que des malintentionnés pourraient chercher à vous faire éprouver en propageant des opinions erronées ; car 11

A'it pt fsrm ite^Y tfiednfitf qu^il V a dans nos États quelques personnes , les une^ faiblesr et égarée» , les autres guidées par des intentions perverses , qui non seule^ ment professent une façon de penser contraire à notre système, aux principes def notre gouvernement, auî sentiments que de juste» réflexions sur notre position nous ont inspirés, mais qui encore ont Faudacef de les contrarier par leriVs propos, et même par leur» actions.

Il est donc enjoint de la mfanière lapfu» expresse, aux diverses autorités de notre royaume, de redoubler d'attention sur tous ceux que de pareilles opinions rendent suspects, mai» particulièrement sur ceux qui pourraient se rendre coupables, soit par 1 expression très inconvenante de ces opinion», soit même par des action» tendantes à troubler l'ordre, aussi bien que sur la propag^ation ées nouvelle», par lesquelles le» inquiétude» des citoyens bien intentionné? peuvent être éveiHées, et quf pourraient tromper en partie les efforts de notre rtle potfr le repos de no» sujets, et en général de ne rien négliger pour que nos, sujets se conduisent conformément aux sentiment» qure nous venons d'exposer, et que no» intention» bienfaisantes soient exactement remplie»; et pour plus grande notoriété, non» avon» signé les prévîntes de notre main , et y avons fait apposer notre sceau royal.

Douné à Fr«nefbrl-sur-le-Illein , le 18 juin f 809.

Signée FfiÉrâiic-AiiGusrrB.

(t.-S.) Gborge-Guillaumb, comte de Hopfgwrten.

VINGT-CINQUIÈME BULLETIN

Woikertdorf, le$fuilM 1809.

Les travaux du g(^éra! comte Bertrand et du corps qu'il commande, avaient, dès les premiers jours du mois, dompté entièrement le Danube. Sa Majesté resohit surle-champ de réunir soft armée dans l'île de Lobau, de déboucher sur Tarmée autrichienne et de lui livrer une bataille générale. Ce n'était pas que la position de l'armée française ne fût très belle à Vienne ; maîtresse de toute la rive droite du Danube, ayant en son pouvoir l'Autriche et une forte partie de la Hongrie, elle se trouvait dans la plus grande abondance: si Ton éprouvait quelques difiîcullés pour rappfovisionnefncnt de la population de Vienne, cela tenait à la m^tuvaise organisation que f administration , à quelques embarras qtte chaque jour aurait fait ces-

iOH

LVMPIIB»

Mr, et au diflcuHés qoi naitsaient naUn rellement de circonstances telles que celles où Ton se trouvait, et dans an pays où le coamierce des grains est un privilège eidnsif du gouvernement. Mais comment rester ainsi séparé de Tannée ennemie par an canal de trois ou quatre cents toises, lorsque les moyens de passage avaient été préparés et assurés ? C'eût été accréditer les impostures aue l'ennemi a débitées et répandues avec tant de profusion dans son pays et dans les pays voisins. C'était laisser do doute sur les événements d'Esling; c'était enûn autoriser à supposer qu'ily avait une égalité de consistance entre deux armées si différentes, dont l'une était animée et en qttelq[ue sorte renforcée par des succès et des victoires multipliées, et l'aotre était découragée par les revers les plus mémorables.

Tous les renseignements que l'on avait sur l'armée autrichienne portaient qu'elle était considérable, qu'elle avait été recrutée par de nombreuses réserves, par les levées de Moravie et de Hongrie, par tous les landwehrs des provinces; qu'elle avait remonté sa cavalerie par des réquisitions dans tous les cercles, et triplé ses attelages d'artillerie en faisant dlmmenses levées de charrettes et de chevaux en Moravie, en Bohème et en Hongrie. Pour ajouter de nouvelles chances en leur faveur^ les généraux autrichiens avaient établi des ouvrages de campagne, dont la droite était appuyée à Gross-Aspem et la gauche à Enzersdorf. Les villages d'Aspern, d'Esling et d'Enzersdorf, et les intervalles qui les séparaient, étaient couverts de redoutes palissadées, fraisées et armées de plus de cent cinquante |pièces de canon de position, tirées des places de la Bohème et de la Moravie. On ne concevait pas comment il était possible qu'avec son expérience de la guerre, l'Empereur voulût attaquer des ouvrages si puissamment défenaus, soutenu» par une armée qu'on évaluait à deux cent mille hommes, tant de troupes de ligne, que des milices et de l'insurrection, et oui étaient appuyés par une artillerie de nuit ou neuf cents pièces de campagne. Il paraissait plus simple de jeter de nouveaux ponts sur le Danube quelques lieues plus bas, et de rendre ainsi inutile le champ de bataille préparé par l'ennemi. Mais, dans ce dernier cas, on ne voyait pas comment écarter les inconvénients qui avaient déjà failli être funestes à l'armée, et parvenir en deux ou trois jours à mettre ces nouveaux ponts à l'abri des machines de fennemi.

D'un autre côié, l'Empereur était tranquille. On voyait élever ouvrages sur ouvrages dans file de Lobau, et établir sur le même point plusieurs ponts sur pilotis et plusieurs rangs d'estacades.

Cette sitoatîMi de l'armée française pCicée entre ces deux grandes difficultés n'avait pas échappé à l'ennemi. 11 convenait que son armée trop nombreuse et pas assez maniable, s'exposerait à une perte certaine si elle prenait l'offensive; mais en même temps, il croyait qu'il était impossible de le déposter de la position centrale où il couvrait la Bohème, la Moravie et une partie de la Hongrie. Il est vrai que cette pof^ition ne couvrait pas Vienne, et que les Français étaient en possession de cette capitale ; mais cette possession était jusqu'à un certain pçint, disputée, puisque les Autrichiens se maintenaient maîtres d'une rive du Danube, et empêchaient les arrivages des choses les plus nécessaires à la subsistance d'une si grande cité. Telles étaient les raisons d'espérance et de crainte, et la matière des conversations des deux armées.

Lorsque le 1" juillet, à quatre heures du matin, TEmpereur porta son quartiergénéral à rtle Lobau qui avait déjà été nommée, par les ingénieurs, lie Napoléon; une petite lie à laquelle On avait donné le nom du duc de Montebello , et qui battait Enzersdorf, avait été armée de dix mortiers et de vingt pièces de 18. Une autre tle nommée 1 tle Espagne avait été armée de six pièces de position de 12^ de quatre mortiers. Entre ces deux lies, on avait établi une batterie égale en force à celle de l'Ile Montbello et battant également Enzersdorf Ces soixante-deux pièces de position avaient le même but et devaient en deux heures de temps raser la petite ville d'Enzersdorf, en chasser Tennemi et en détruire les ouvrages. Sur la droite, l'Ile Alexandre était année de quatre mortiers , de dix pièces de douze , et de douze pièces de six de position , qui avaient pour but de battre la plaine et de protéger le ploiement et le déploiement de nos ponts.

Le 2 , le chef d'escadron Pelet , aide-decamp du duc de Rivoli , passa avec fcinq cents voltigeurs dans l'Ile du moulin , et s'en empara. On arma cette tle ; on la joignit au continent par un petit pont qui allait à la rive gauche. En avant, on construisit une petite flèche que Ton appela redoute Petit. Le soir les redoutes d'Esling en parurent jalouses : ne doutant pas que ce ne fût une première batterie que 1 on voulait faire agir contre elles, elles tirèrent avec la plus grande activité. C'était précisément Fintention que l'on avait eue en s'emparant de cette Ile : on voulait y attirer l'attention de l'ennemi pour le d^ tourner du véritable but de loperation.

Passage du bras du Danube à Vile Lobau,

Le 4 , à dix heures du soir , le générai Oudinot fit embarquer sur le grand Bras du Danube mille cinq cents voltigeurs commandés par le général Gonroux . Le colonel Baste, avec dix chaloupes canonnières, les convoya et les débarqua au-delà du petit bras de Ttle deJLobau dans le Danube. Les batteries de Tennemi furent bientôt écrasées, et il fut chassé des bois jusqu'au village de Muhlleuten.

A onze heures du soir, les batteries dirigées contre Enzersdorf reçurent l'ordre de commencer leur feu. Les obus brûlèrent cette infortunée petite ville, et en moins d'une demi-heure les batteries ennemies furent éteintes.

Le chef de bataillon Dessales, directeur des équipages des p»onts, et l'ingénieur

de marine avaient préparé, dans le

bras de Pile Alexandre, un pont de quatrevingts toises d'une seule pièce, et cinq gros bacs.

Le colonel Sainte-Croix, aide-de-camp du duc de Rivoli^ se jeta dans des bar-

3ues avec deux mille cinq cents hommes et ébarqua sur la rive gauche.

^ Le pont d'une seule pièce, le premier de celte espèce qui jusqu'à ce jour ait été construit , fut placé en moins de cinq minutes , et l'infanterie y passa au pas accéléré.

Le capitaine Payrmoffe jeta un pont de bateaux en une heure et demie.

Le capitaine Bazelle jeta un pont de radeaux en deux heures.

Ainsi , à deux heures après minuit , l'armée avait quatre ponts , et avait débouché la gauche à quinze cents toises au-dessous d'Enzersdorf , protégée par les batteries et la droite sur Vittau. Le corps du duc de Rivoli forma la gauche * celui du comte Oudinot le centre , et celui du duc d'Auerstaedt la droite. Les corps du prince de Ponto-Corvo, du vice-roi et du duc de Raguse, la garde et les cuirassiers formaient la seconde li^ne et les réserves. Une profonde obscurité, un violent orage et une pluie qui tombait par torrents, rendaient celte nuit aussi affreuse qu'elle était propice à l'armée française et qu'elle devait lui être glorieuse.

Le 5, aux premiers rayons du soleil, tout le monde reconnut quel avait été le projet de l'Empereur , qui se trouvait alors avec son armée en bataille sur l'extrémité de la gauche de l'ennemi , ayant tourné tous ses camps retranchés , ayant rendu tous ses ouvrag;es inutiles , et obligeant ainsi les Autrichiens à sortir de leurs positions et à venir lui livrer bataille dans le terrain qui lui convenait. Ce grand

vn.

problème était résolu , et sans passer le Danube ailleurs, sans recevoir aucune protection des ouvrages qu'on avait construits , on forçait l'ennemi à se battre à trois quarts de lieue de ses redoutes. On présagea dès lors les plus grands et les plus heureux résultats.

A huit heures du matin les batteries qui tiraient sur Enzersdorf avaient produit un tel effet, que l'ennemi s'était borné à laisser occuper cette ville par quatre batail* Ions. Le duc de Rivoli fit marcher contre elle son premier aide-de-camp Sainte- Croix, qui n'éprouva pas une grande résistance^ s'en empara, et fit prisonnier tout ce qui s'y trouvait.

Le comte Oudinot cerna le château de Sachsengang que l'ennemi avait fortifié, fit capituler les neuf cents hommes qui le défendaient, et prit douze pièces de canon.

L'Empereur nt alors déployer toute l'ar* mée dans l'immense plaine aEnzersdorf.

Bataille d'Enxersdorf.

Cependant l'ennemi , confondu dans ses projets, revint peu à peu de sa surprise et tenta de ressaisir quelques avantages dans ce nouveau champ de bataille. A cet effet, il détacha plusieurs colonnes d'infanterie, un bon nombre de pièces d'artillerie, et toute sa cavalerie, tant de ligne qu'insurgés, pour essayer de déborder la droite de l'armée française. En conséquence, il vint occuper le village de Rutzendorf. L'Empereur ordonna au général Oudinot de faire enlever ce village, à la droite duquel il fit passer le duc d'Auerstaedt, pour se diriger sur le quartier-général du prince Charfes, en marchant toujours de la droite à la gauche.

Depuis midi jusqu'à neuf heures du soir, on manœuvra dans cette immense plaine, on occupa tous les villages, et, à mesure qu'on arrivait à la hauteur des camps retranchés de l'ennemi, ils tombaient d'euxmêmes et comme par enchantement. Le duc de Rivoli les faisait occuper #ans résistance. C'est ainsi que nous nous sommes emparés des ouvrages d'Esling et de Gross- Aspern, et que le travail de quarante jours n'a été d'aucune utilité à l'ennemi. Il fit quelque résistance au village de Rachdorf, que le prince de Ponte-Corvo fit attaquer et enlever par les Saxons. L'ennemi fut partout mené battant et écrasé par la supériorité de notre feu. Cet immense champ de bataille resta couvert de ses débris.

Bataille de Wagram.

Vivement effrayés des progrès de l'armée

L'BIIPIIE.

française et ijles graoïto résplUts qu'elle

obtenait presque sans efforts , l'eanemi fit roarcber louiez ses IroMpe^, et à six heures in soir, il occupa la position suivante : sa

agram

ayailsagai

ï Eascniaor:

à (iross-Âspef A ; son centre

et 34 4rpitc à Glinzendprf.

Daps celte posiiion . la journée paraissait pfCiqùe fiui^, el jl fallail s'altinidre à avpir te )e[)dep)ai^ une grande bataille. Mais on t^yilait et pji coupait la position de Tenbeini en |'<pmpècbai)l île concevoir aucun syst^e, s(, dans la nuit, on s'en)parait du village ae Wagram. Alors sa ligne déjà immense, prise à la bite et par les chances m comoavi laissait errer les différents corps de I arfpee s^ns ordre et sans direction, et on en aurait eu bon marché, sans epgagemeqt sérieux, t'attaque de VVagram eût lieu, qqs troupes emportèrent ce villake; mais une colonne de Saxons et une colonne de Français se prirent dans l'obscurité pour des troupes ennemies, et cette opération Ait manquee.

On se prépara alors à la bataille de ^. un. 11 paratt que las dispositions du ûral Graqçais et du géqcrat autrichien j^0nt inverses. L'I^iUinereur passa toute la qqit à rassembler ses lorces sur son centre, oil il était de sa personne à uqe portée de éanoB de Wagram. À cet effet, le duc de Rivoli se porta sur la gauche U Aderklau, en laissant sur Aspern une seule division, qui eut ordre ^e se replier, en cas d'événemeut, s\ir 1 tie de Lobau. t» duc d Auers- ^çdt ^recevait l'ordre de dépasser le village dç Qrosshôffeu pour s'approcher du centre. Le fi^uéra^ autrichien, au contraire, affaiblissait soA centre pour garnir et augmeiH ffir ses extrémités, auxquelles ii donnait une nouvelle étendue.

Le Ç, à ta pointe da jour, le prince de P<uikte-Corvo occupa la gauche, ayant en seconde ligne le duc de Ri voit Le Vice-Roi le liait au cenUe. où le corps du comte Ottdinoti cekd du (lue de Raguse, ceux de la garde impériale el les divisions de cuiradiers formaient sept ou huit lignes.

Leduc d'Auei'staedt marcha de la droite poux arriver au centre. L'ennemi, au contraire , omettait le corps de BeUcffarde en ^rche su^' Stad^lan. Les,<;orps^ue Cotlo- \vrath, de Lichtenstein et de lliller liaient cetJLe droiU^ à U. position de Wagram où Qtait le prince de Hobenzoliern, et à Textrémité de la gaiiche à Neusiedel où dél^piichait le corps de Rosenberg pour déborder cffalemeut le duc d'Auerslaedt. Le corps de Jlosenberg el celui du duc d'Auerstaedt , faisant un mouvement inverse , se rencontrerai) t. a^ux nreipiers rayons du soleil, et donnèrent' le signal de la bataille. L'Empereur se pQr,t^ aussitôt sur ce point.

fit renforcer le doc d'Aoerstaedt par la division de cuirassiers du duc de Padone, et fît prendre le corps de Rosenberg en flanc par une batterie de douze pièces de la division du général comte de Nansouty. En moins de trois quarts d'b^re, le beau corps du duc d'Anerstaedt eut foit raison du corps de Rosenberg, le culbuU et le rejeta au-delà deNieusiedel, après lui avoir fait beaucoup de mal.

Pendant ce temps, la caopnaade s'eos»geait sur toute la ligne, et les dispositions de Teanemi se développaient de moBMiit en moment. TonU^ sa gaucne se ([graissait d'artillerie. On e&t dit que le général autrichien ne se battait pas pour la victoire, mais qu'il n'avait en vue que le moyen d*en profiter. Cette disposition de l'ennonii paraissait si insensée oue Ton ora^foait quelque piège, et que 1 Empereur différa quelque temps avant d'ordonner les faciles aispositions qu'il avait à faire pour anniH 1er celles de fennemi et les lui rendre funestes. Il ordonna au duc de Rivoli de faire une attaque sur le village qu'oocnpait 1 ennemi , et qui pressait un peu l'extrémité du centre de Varmée. Il ordonna au duc d' Auerstaedt de tourner la position de Neusiedel, et de pousser de là sur Wagram ; et il fit former en colonne le duo de Raguse et le général Macdonald pour enlever Wagram au moment où déboucherait le duc d Auerstaedt.

Sur ces entrefaites, on yînt prévenir quo l'ennemi attaquait avec fureur le viUage qu'avait enlevé le duc de Rivoli, que notre gauche était déborctée de troia mille toises , qu'une vive canonnade m faisait déjà entendre à Grosfr-Asnern, et que FiatervaUe de tifoss-Aspern aWagiam paraissait couvert d'une immei^ ligne d'aitiHorie. U n'y eut plus à douter. L'ennani commettait une énorme kute : il ne s'agissait que (Peu pjrofiter. L'Emperev ordottaa sur-le-champ au général HacdoiaM de disposer les divisions Broussiers et LajMut^ que en colonne d'attaque. Il les fit souftevr

Car la division du général Maasouty , par i garde à cheval et par une batterie do soixante pièces de la garde et de quaianlo pièces des difierenls corps. Le fçéoésaleoiiito de Lauri^loi)» à la tète de. cette baiteciede cent pièces, d'artillerie ,. marcha a«i tiol à l'ennemi^ s'avança sans tioer jQaq«'àhi demi-portée du canon^ et là ooaimença. unfeu prodigieux <fui ét^igniii celui, de l'ennemi el porta la mort dans ses rangs. Le^ général >Iapdonal(l marcha alors a» nas de charge. Le général de division RoHle, avec la brigade de fusiliers et de tiraîl^ leurs de la garde, soutenait 1^ général Macdonald. La garde avait, fait un* chao- I (cernent de front pour rendre cette aitaqne* ; infaillible. Dans. un. clin-cl'oeils leoontra |de Tennemi pg^^it.i^ne lieue do>tomiU4.s»«

BULLETINS DK LA GaANDË-ÀRMËE.

ton

émlù^ epoavantée, sentit le dan^^er de la

imsUioi) où elle i était placée, et rélrofçrada en grande liâte. Leduip de Rivoli l'attaqua' alors en tète. Pendant que la déroute du eentre portait la oonstemation et forçait les mouvements de la droite de Tennemi , sa gauche était attaquée et débordée par le duc d'Auerstaedtf qui avait enlevé Neugiedc), et qui, étant monté sur le plateau, marchait sur Wagram. La division Brousiier et la division Gudin se sont couvertes de gloire.

11 n'était alors que dix heures .du matin, et les hommes les moins clairvovants voyaient que la journée était décidée et que la victoire était à nous.

A midi , le comte Oudinot marcha sur Wagram pour aider à Taltaque du duc d'Auerstaedt. Il y réussit et enleva cette importante position. Dès dix heures, l'ennemi ne se haltait plus que pour sa retraite; dès midi , elle était prononcée et se faisait en désordre; et beaucoup avant. la nuit, l'ennemi était hors de vue. Notre gauche était placée à Jetelsée et Ebersdorf, notre centre sur Obersdorf , et la cavalerie de notre droite avait des postes jusque Shonkirchen.

Le 7, à la pointe du jour, l'armée était eii mouvement et marchait sur Korneubourg et Wolkersdord, et avait des postes sur Nicolsbourg. L'ennemi , coupé de la Oiongrie et de la Moravie^ se trouvait ac^ culé du côté de la bohème.

Tel est le récit de la bataille de Wa« gram : bataille décisive et à jamais ce* lèbre, où trois à quatre cent mille hommes, douze à quinze cents pièces de canon se battaient pour de grands intérêts, sur un champ de bataille étudié, médité, fortifié

Sar fennemi depuis plusieurs mois. Dix rapeaux, quarante pièces de canon, vingt mille prisonniers, dont trois ou quatre cents officiers et bon nombre de généraux, de colonels et de majors, sont les trophées de cette victoire. Les champs de bataille sont couverts de morts, parmi lesquels on trouve les corns de plusieurs généraux, et entre autres a un nommé Normann, Fran* çais traître à sa patrie, qui avait prostitué ses talents contre elle.

Tous tes blessés de l'ennemi sont tombés en notre pouvoir. Ceux qu'il avait évacués au commencement de l'action, ont été trouvés dans les villages cnvironoants. On peut calculer que le résultat de cette batadle sera de réduire l'armée aulri* chienne à moius de soixante mille hommes.

Notre perte a été considérable : on révalue à quinze cents hommes tués et à trois ou quatre mille blessés.

Le duc d'Istrie, au moment où il disposait l'attaque de la cavalerie , a eu son cheval emporté d'un -oup de canon; le

boulet est tombé sur sa selle, et lui a fait une légère contusion à la cuisse.

Le général de division Lasalle a été tué d'une balle. C*était un officier du plus grand mérite, et l'un de nos meHleurs généraux de cavalerie légère.

Le général bavarois de Wrede, et les généraux Seras, Grenier, Vignolle, Sahuc, Frère et Defrance, ont été blessés.

Le colonel prince Aldobrandini a été fraupé au bras par une balle. Les majors de la garde Dansmenil et Corbineau, et le colonel Sainte-Croix, ont aussi été blessés. L'adjudant-commandant Duprat a été tué.

Le colonel du 9* d'infanterie de ligne est resté sur le champ de bataille. Ce régiment s'est couvert de gloire.

L'état-major fait dresser l'état de nos pertes.

Une circonstance particulière de cette grande bataille, c'est aue les colonnes les plus rapprochées de vienne n'en étaient pas à douze cents toises. La nombreuse population de celte capitale couvrait les tours, les clochers, les toits, les monticules, pour être témoin de ce grand spectacle.

L'empereur d'Autriche avait quitté Wolkersdorf le 6, à cina heures du matin, et était monté sur un belvédère, d'où il voyait le champ de bataille, et où il est resté jusqu'à midi. Il est alors parti en toute bâte.

Le auartier-général français est arriyé à Wolkersdorf dans la matinée du 7.

VINGT-SIXIÈME BULLETIN

Woikersdorf, le 9juUM 1809.

La retraite de l'ennemi est une déroute. On a ramassé une partie de ses équipages. Ses blessés sont tombés en notre pouvoir : on en compte déjà au-delà de douze cents : tous les villages en sont remplis. Dans cinq de ses hôpitaux seulement, on CA a trouvé plus de six mille.

Le duc de Rivoli, poursuivant l'ennemi par Stokerau, est déjà arrivé à Hollabrunn.

li) duc de Raguse l'avait d'abord suivi sur la route de Bruun. qu'il a quittée à Wulfersdorf pour prenare celle de Znalm. Aujourd'hui, à neuf heures du matin, il a rencontré à Laa une arrière-^arde qu'il a culbutée, et à laquelle il a fait neuf cents prisonniers. Il sera demain à Znalm.

Le due d'Auerstaedt est arrivé aujourd'hui à Nicolsbourg.

L'empereur d'Autriche, le prince Antoine, une suite d'environ deux cents calèches, caresses et autres voitures, ont couché, le 6, à Erensbrunn ; le 7, à Hollahfunn, et te S, à Znain, d'où ils sont

L'EMPIEB.

partis le 9 au matin : selon les rapports des gens da pays qui les conduisaient, leur abattement était extrême.

L'un des princes de Rohan a été trouvé blessé sur le cbamp de bataille. Le feidmaréchal- lieutenant Wussako^icz est parmi les prisonniers.

L'artillerie de la garde s'est couverte de gloire. Le major d'Àboville qui commandait, a été blessé. L'Empereur l'a fait général de brigade. Le chef d'escadron d'artillerie Grenner a eu un bras emporté. Ces intrépides canonniers ont montré toute la puissance de cette arme terrible.

Les chasseurs à cheval de la garde ont chargé, le jour de. la bataille de Wagram; trois carrés d'infanterie qu'ils ont enfoncés. Ils ont pris quatre pièces de canon. Les chevau-iégers polonais de la garde ont chargé un régiment de lanciers. Ils ont fait prisonnier le prince d'Auersperg et pris deux pièces de canon.

Les hussards saxons d'Albert ont chargé les cuirassiers d'Albert, et leur ont pris un drapeau. C'était une chose fort singulière de voir deux régiments appartenant au même colonel, combattre 1 un contre l'autre.

Il parait que l'ennemi abandonne la Moravie et la Hongrie, et se retire en Bohème.

Les routes sont couvertes de gens de la landwehr et de la levée en masse, qui retournent chez eux.

Les pertes que la désertion ajoute à celles que l'ennemi a éprouvées en tués, blessés et prisonniers, concourent à l'anéantissement de cette armée.

Les nombreuses lettres interceptées font un tableau frappant du mécontentement de l'armée ennemie et du désordre qui y règne.

A présent que la monarchie autrichienne est sans espérance, ce serait mal connaître le caractère de ceux qui l'ont gouvernée, que de ne pas s'attendre qu'ils s'humilieront comme ils le firent après la bataille d'Austerlitz. A celte époque, ils étaient, comme aujourd'hui, sans espoir, et ils épuisèrent les protestations et les serments.

Pendant la journée du 6, l'ennemi a jeté sur la rive droite du Danube quelques centaines d'hommes des postes d'ooservation. Ils se sont rembarques après avoir perdus quelques hommes tués ou faits prisonniers.

La chaleur a été excessive ces jours-ci. Le thermomètre a été presque constamment à 26 deicrés.

Le vin est en très grande abondance. Il y a tel village où on en a trouvé jusqu'à trois millions de pintes. Il n'a heureusement aucune qualité malfaisante.

Vingt villages, les plus considérables

de la bdle plaine de Vienne, et teisqii*<Mi eu' voit aux environs d'une grande capitaie, ont été brûlés pendant la bataille. La juste haine de la nation se prononce contre les hommes criminels qui ont attirés tous ces malheurs sur elle.

Le général de brigade Laroche est entré, le 28 juin, avec un corps de cavalerie, à Nuremberg, et s'est dirigé sur Bareuth. Il a rencontre l'ennemi à Besentbeim, l'a fuit charger par le i^' régiment provisoire de dragons, a sabré tout ce qui s'est trouvé devant lui, et a pris deux pièces de canon.

VINGT-SEPTIÈME BULLETIN

A Znaim, U i%juUM 1809.

Le 10, le duc de Bivoli a battu devant Hollabrunn l'arrière-garde ennemie.

Le même jour à midi, le duc de Raguse, arrivé sur les hauteurs de Znaim , vit les bagages et l'artillerie de l'ennemi qui filaient sur la Bohème. Le général Bellegarde lui écrivit que le prince Jean de Lichtenstein se rendait auprès de l'Empereur avec une mission de son maître, pour traiter de la paix, et demanda en conséquence une suspension d'armes. Le duc de Raguse réponait qu'il n'était pas en son pouvoir d'accéder a cette demande , mais

Ïu'il allait en rendre compte à l'Empereur. n attendant, il attaqua rennemi, rai enleva une belle position, lui fit des prisonniers et prit deux drapeaux.

Le même jour au matin, le ducd'Auerstaedt avait passé la Taya vis-à-vis Nioolsbourg, et le général Grouchy avait battu Tarriére-garde du prince de Uosenberg, et lui avait fait quatre cent cinquante prisonniers du prince Charles.

Le 11; à midi, l'Empereur arriva vis-àvis Znaim. Le combat était engagé. Le duc de Raguse avait débordé la ville, et le duc de Rivoli s'était emparé*du pont et avait occupé la fabrique de tabac. On avait pris à l'ennemi, dans les différents engagements de cette journée, trois mille hommes, deux drapeaux et trois pièces de canon. Le général de brigade Bruyères, officier d'une grande espérance, a été blessé. Le général de brigatfe Guiton a fait une belle charge avec le 10" de cuirassiers.

L'Empereur, instruit que le prince Jean de Lichtenstein, envoyé auprès de lui, était entré dans nos postes, nt cessé le feu. L'armistice, ci-joint, fut signé à minuit, chez le prince de Neuchâtel. Le prince de Lichtenstein a été présenté à l'Empereur, dans sa tente, à deux heures du matin.

Suspension d'armes entre S. M. l'Empereur des Français^ roi d'Italie ; et S. M, l'Empereur d'Autriche.

ArU I*'. Il y aura suspension d'armes entre les armées de S. M. l'Empereur des Français, Roi d'Italie, et de S. M. l'Empereur d'Autriche.

IL La ligne de démarcation sera, du côté de la Haute-Autriche, la frontière qui sépare TAutriche de la Bohème , le cercle de Znaim, celui de Brunn, et une ligne tracée de la frontière de Moravie sur Raab , qui commencera au point où la frontière du cerclé de Brunn touche la March, et en descendant la March, jusqu'au confluent de la Taya, delà à Samt-Johann et la route jusqu'à Presbourg et une lieue autour de la ville; le ffrand Danube jusqu'à Tembouchure de la Raab et une lieue autour ; Ja Raab jusqu'à la frontière de Styrie; la Styrie, la Carniole, l'Istrie et Fiune.

fil. Les citadelles de Brunn et de Gratz seront évacuées immédiatement après la signature de la présente suspension d'armes.

IV. Les détachements de troupes autrichiennes qui sont dans le Tyrol et dans le Voralberg, évacueront ces deux pays; le fort de Sachsenbourg sera remis aux troupes françaises.

J- Les magasins de subsistances et ffnabillement, qui se trouveraient dans le pays qui doit être évacué par l'armée autrichienne et qui lui appartiennent, pourront être évacués.

VI. Quant à la Pologne, les deux armées prendront la ligne qu'elles occupent aujourd'hui.

VIL La présente suspension d'armes durera un mois ; et avant de recommencer les hostilités on se préviendra quinze jours d avance.

VIIL II sera nommé des commissaires respectifs pour l'exécution des présentes dispositions.

IX. A dater de demain 15, les troupes autrichiennes évacueront les pays désignés dans la présente suspension d'armes , et se retireront par journées d'étapes.

Le fort de Brunn sera remis le U à l'armée française, et celui de Gratz le 16 juillet.

Fait et arrêté entre nous soussignés, chargés des pleins pouvoirs de nos souverains respectifs, le présent armistice, S. A. S. le prince de Neuchâtel, majorgénéral de l'armée française , et M. le baron de Wimpffen, général-major et chef d'état-major de l'armée autrichienne.

Au camp devant Znaim, le 12 juillet 1 809.

Signé, âlbxandbe, WiMPFFcif.

VINGT-HUITIEME BULLETIN

Yimme, U îAJwlM 1809.

Le Danube a cru de six pieds. Les ponts de bateaux qu'on avait établis devant Vienne depuis la bataille de Wagram ont été rompus par les effets de la crue : mais nos ponts dËbersdorf, solides et permanents, n'en ont pas souffert. Ces ponts et les ouvrages^ de l'Ile de Lobau sont le sujet de l'admiration des militaires autrichiens. Ils avouent que de tels travaux à la guerre sont sans exemnles depuis les Romains.

L'archiduc Cfharles ayant envoyé le eénéral-major Weissenvof complimenter 1 Empereur, et depuis le baron de Wimpffen, et le prince Jea^ de Lichtenstein ayant fait la même politesse en son nom. Sa Ma-

i'estéja jugé à propos de lui envoyer le ducde i'ripul , grand-maréchal du palais, qui l'a trouvé à Budweis et a passe une partie de la journée d'hier à son guartier-ffénéral.

L'Empereur est parti hier à neuf heures du matin de son camp de Znaim , et est arrivé au palais de Schœnbrunn à trois heures après-midi.

Sa Majesté a visité les environs du village de Spitz, qui forme la tête du pont devienne. Elle a ordonné au général comte Bertrand différons ouvrages qui doivent avoir été tracés et commencés aujourd'hui.

Le pont sur pilotis de Vienne sera rétabli dans le plus court délai.

Sa Majesté a nommé maréchauxde Tempire^;legenéral Oudlnot, leducdeiRaguseet le général Macdonald. Le nombre des maréchaux était de onze* cette nomination le porte à quatorze. Il reste encore deux places vacantes; les places de colonel-

général des Suisses et de colonel-général es chasseurs, sont aussi vacantes.

Le colonel-général des chasseurs est, d'après nos constitutions, grand-officier de l'empire.

Sa^Majeslé a témoigné sa satisfaction de la manière dont la chirurgie a servi, et particulièrement des services du chirurgien en chef Heurteloup.

Le 7, Sa Majesté, traversant le champ de bataille, a fait enlever un grand nombre de blessés , et y a laissé le duc de Frioul , grand- maréchal du palais, qui y a passe toute la journée.

Le nombre des blessés autrichiens tombés en notre pouvoir s'élève de douze à treize mille.

Les Autrichiens ont eu dix neuf généraux tués ou blessés. On a remarqué, comme un fait singulier , que les officiers français, soit de raucienne France , soit des nouvelles provinces, qui se trouvaient au service d'Autriche , ont pour la plupart péri.

L'EMPIRE

On a intercepté plusieurs courriers « et Ton a trouvé, dans les lettres dont ils étaient porteurs, une corresponiiance suivie de Gontï avec le comte Sladion. L'influence de ce misérable dans les grandes décÎMpBS du cabinet aulrichien, est ainsi matériellemeiit prouvée. Voilà tes ÎBstrument» dont TAngleterre se servait oomme d'une nouvelle boite de Pandore , pour souffler Je» tempêtes et répandre les poison» sur le continent.

Le corps du doc de Rivoli forme ses camp» dans le cercle de Znaim ; celui du due d'Auerstaedt, dan» le cercle de Brunn; celui du maréchal duc de Bagose. dans le cercle de Koro-Neabourg: oetul du maréchal Oudinot, en avant de Vienne, à Spitz ; celui du VIce-Boi, sur Presbourg et Gratz. La garde impériale rentre dan» le» envi* ron» de Schœnbruno.

La récolte est très belle et partout d'une grande abondance. L'armée est cantonnée dan» de superbe» pays riche» en denrée» de toute» espèces et surtout en vin».

VINGT-NEUVIÈME BULLETIN

Vimme, U njmitlêl ISO».

Les génératix Durosnd et Foulcrs sont arrivés au quartier-général. Les conjectures qu'on avait formées au sujet du général Durosnel se sont toutes trouvées fausses. Il n'a pas été blessé , il n'a pas eu de cheval tué sous hii ; mais en revenant de porter au duc de Montebello, dans la journée du '22 mai , Tordre de concentrer son mouvement à cause de la rupture des ponts, il traversa un ravin où il trouva vingt-cinq hussards qu'il croyait former un de nos poste»v 11 ne s aperçut qu'ils étaient ennemis qu'au moment où ils lui sautèrent au collet. Comme on avait été longtemps sans avoir de ses nouvelles, et d'après quelques autres indices, on l'avait cru mort.

Le généra) de division Régnier a pris le commandement de» Saxons et a occupé Presbourg.

Le maréchal Hacdonald s'est mis en marche pour aller prendre possession de la citadelle de Gratz, où il doit être entré aujourd'hui.

Le maréchal duc de Baguse a campé se»

troupes sur les hautetrrs 3e Krems.

Sa Majesté assiste tous les matins aux parades de la garde qui sont fort belles. lies vélites et le» grenadiers à pied de la garde italienne se font remarquer par une excellente tenue.

Le prince Jean de Lichteinstein , rêve*

nanl de Bude, a été présenté le 18 à Sa Majesté ; il apportait une lettre de l'empereur d'Aulricho.

Le conile de Bu!)na, général-major aldede-camp de l'empereur d'Autriche, a dîné plusieurs foi» chez M* le comte Champagny.

^, Stt' Ips rives du Danube, on a rassemblé et réparé les bateaux du commerce qui avaient été dispersés par les événements de la guerre, et on les charge partout de bois, de légumes, de blés et de farines. On en voit arriver chaque jour.

Toute l'jurmée est campée.

TRENTIÈME BULLETIN

ViêiMê, U VijwUlei 1M9.

Le neuvième corps, que oomoiandait le prince de Ponte-Gorvo, a été di»»ou9 le 8. Les Saxons qui en faisaient partie so&t sous les ordres du général Régnier. Le prince de Ponte-Corvo est allé prendre tes eaux. Danà la bataille de Wagram, le vi^ lage de Wagram a été enlevé fe Sf entre dix et onze neure» du matin, et la gloire en appartient tout entière au maréchal Oudinot et à son corps.

D'après tous les renseignemeAt» qui ont été ()ris, la maison d'Autriche se préparait a la guerre depuis près de quatre ans, c'est-à-dire, depuis la paii de Presbourg. Son état militaire lui a ceûlé, pendant trois années , trois cent millions de frase» eh»'que année. Aussi son papier-monnaie, qui ne se montait qu'à un milliard de francs, lors de la paix de Presbourg , passe^t^H aujourd'hui deux milliards.

La maison d'Autriche est entrée en eann pagne avec soixante-deux régiment» de ligne, dix-huit régiments de freetièrfs, quatre corps francs ou légions, ayant ensemble un présent sous le» arme» de trois cent dix mille hommes; cent cinmaale bataillons de landwebr, commandes par d'anciens ofiiciers, et exercé» pendant dix nx>is, formant cent cinquante mille hommes ; quarante, mille homme» de rinsurrection hongroise, et soixante mille km* mes de cavalerie, d^arlillerieet de sapeurs; ce qui a porté ses forces réelles de cinq à six cent mille hommes. Aussi la maisoa d'Autriche se croyait-elle sûre de la victoire. Elle espérait balancer les desim^ de la France, lors même que toute» nos force» auraient été réunies, et elle ne doutait pt^ qu'elle ne s*avançât sur le Bbin, sachant que la majeure partie de nos troupes et nos plus beaux régiments étaient en Espagne. Cependant ses armée» sont aujour-

d'hni réduites à moins du quart, tandis que Tarmée française est double de ce qu'elle était à Ratisl;)o^ne.

Ces efforts, la éi\96t tf Autriche n'a pu 1^ taire qu'une fois. C'est un miracle at~ taché au papier-monnaie. Le numéraire est si rare, que l'on ne croit pas qu'il y ait dans les États de cette monarchie soixante millions de francs en espèees.

C'est ce qui soutient le papier-monnaie, puisque près de deux milliards qui, moyennant la réduction au tiers, ne valent que six à sept cent millions, ne sont que le signe nécesssHrc! à M dtmmïdh.

On a trouvé dans la citadelle de Gratz vingt-deux pièces de canon.

La forteresse de Sachsenbourg , située aut débouchés au Tyrèl , i été remise en général Rusca.

Le duc de Dantzig est entré eu Tyrol avec vingt-cinq mille nommes. Il a occupé, le 28, Levers, et il a partout désarmé les habitants. H doit en ce moment être à Inspruek.

liC général Thielman est entré à Dresde.

le duc d'Abrantès est à Bayreutb. Il a établi ses postes sur ta frontière de la Bohème.

L'EMPIRE

PREMIER BULLETIN

G^ÊMhinem, U 90 jum 181S.

A la fia de 1810, la Russie changea de système politiane ; l'esprit anglais reprit son influence ; rukase sur le commerce en fut le premier acte.

En lévrier 18if, cinq divisions de Farmée russe quittèrent, à marches forcées, le Danube, et se portèrent en Pologne. Par ce mouvement, la Russie sacrifia la Valachie et la Moldavie.

Les années russes réunies et formées, on vit paraître une protestation contre la France, qui fut envoyée à tous les cabinets. La Russie annonça par là qu'elle ne voulait pas même garder les apparences.

Tous les moyens de conciliation furent employés de la part de la France : tout fut inutile.

A la fin de 1611, six mois après, on vit en France que tout ceci ne pouvait finir que par la guerre ; on s'y prépara. La garnison de Dantzig lut portée à vlnfft mille hommes. Des approvisionnements de toute espèce, canons, fusils, poudre, munitions, équipages de pont, furent dirigés sur cette place ; des sommes considérables furent mises à la disposition du génie pour en accroître les fortifications.

L'armée fut mise sur le pied de guerre. La cavalerie, le train d'artillerie et les équipages militaires furent complétés.

En mars 1812, un traité d'alliance fut conclu avec l'Autriche : le mois précédent, un traité avait été conclu avec la Prusse.

En avril le premier corps de la Grande- Armée se porta sur l'Oder ;

Le deuxième corps se porta sur TElbe;

Le troisième corps sur le Bas-Oder;

Le quatrième corps partit de Vérone, traversa le Tyrol, et se rendit en Silésie. La garde partit de Paris.

Le 22 avril, l'empereur de Russie prit le commandement de son armée, quitta Pétersbourg et porta son quartier-général à Wilna.

Au commencement de mai, le premier corps arriva sur la Yistule à Elbing et à llarienbourg ;

Le deuxième corps à Marienwerder ;

Le troisième corps à Thorn ;

Le quatrième et le sixième corps à Plock;

Le cinquième corps se réunit à Varsovie ;

Le huitième corps sur la droite de Varsovie;

Le septième corps à Pulawi.

L'Empereur partit de Saint-Cloud le 9 mai, passa le Rhin le 13, FElbe le 29, et la Vistule le 6 juin.

DEUXIÈME BULLETIN

WitkoyfUky, le n juin ISIS.

Tout moyen de s'entendre, entre les deux empires, devenait impossible : l'esprit qui dominait le cabinet russe le précipita à la guerre. Le général Narbonne^ aide-decamp de l'Empereur, fut envoyé à Wilna, et ne put y séjourner que peu de jours. Ou acquérait la preuve que la sommation arrogante et tout-à-fait extraordinaire qu'avait présentée le prince Kourakin, où il déclara ne vouloir entrer dans aucune explication que la France n'eût évacué le territoire de ses propres alliés, pour les livrer à la discrétion de la Russie, était le sin^ qud non de ce cabinet, et il sVn vantait auprès des puissances étrangères.

Le premier corps se porta sur la Prégel. Le prince d'Eckmiihl eut son quartier-général, le 11 juin, à Kœnigsberg.

Le maréchal duc de Reggio, commandant le deuxième corps, eut son quartiergénéral à Vehlau; le maréchal ducd'Elchingen, commandant le troisième corps« à Soldapp ; le prince Vice-Roi, à Rastembourg; le roi de Westphalie, à Varsovie; le prince Poniatowski, à Pultusk ; l'Empereur porta son quartier-général, le 12, sur la Prégel, à KoenigBberg, le 17 à Justerbourg, le 19 à Gumbinem.

Un léger espoir de s'entendre existait encore. L'Empereur avait donné au comt& de Lauriston Tinstruction de se rendre auprès de l'empereur Alexandre ou de son ministre des affaires étrangères, et de voir s'il n'y aurait pas moyen de revenir sur la sommation du prince Kourakin, et de concilier l'honneur de la France et 1 in-

térOt de ses alliés avec Touvertare des négociations.

Le même esprit qui régnait dans le cabinet rasse, empêcha, sous différents prétextes, le comte de Lauriston de remplir sa mission, et Ton vit, pour la première fois, un ambassadeur ne pouvoir approcher ni le souverain, ni son ministre dans des circonstances aussi importantes. Le secrétaire de légation^ PrevosL apporta des nouvelles à Gumbinem ; et rEmpereur donna Tordre de marcher pour passer le Niémen : « Les vaincus , (ntp-il, prennent » le ton de vainqueurs ; la fatalité les entraîne, que les destins s'accomplissent. » Sa Majesté fit mettre à l'ordre de Tarmée la proâamation suivante :

« Soldats!

> La seconde guerre de Pologne est commencée. La première^ s'est terminée à Friedland et à Tilsilt : à Tilsitt, la Russie a juré éternelle alliance à la France et guerre à TAnglelerre. Elle viole aujourd'hui ses serments. Elle ne veut donner aucune explication de son étrange conduite que les ailles françaises n'aient repassé le Rhin, laissant par là nos allies à sa discrétion. La Russie est entraînée par la fatalité ! ses destins doivent s'accomplir. Nous croirait-elle donc dégénérés? ne serions-nous donc plus les soldats d'AusterlitzP Elle nous place entre le déshonneur et la guerre. Le choix ne saurait être douteux; marchons donc en avant ! passons le Niémen I portons la guerre sur son territoire. La seconde guerre de Pologne sera glorieuse aux armes françaises comme la première, mais la paix que nous conclurons, portera avec elle sa garantie et mettra un terme à cette orgueilleuse influence que la Russie a exercée depuis cinquante ans sur les affaires de l'Europe.

» En notre quartier-général de Wilko- » wiski,le22juin 1812.»

TROISIÈME BULLETIN

Kotimo, le 9Bjutn 1819.

Le 23 }uin, le roi de Naples, qui commande la cavalerie, porta son quartiergénéral à deux lieues du Niémen sur la rive gauche. Ce prince a sous ses ordres immédiats les corps de cavalerie commandés par les généraux comtes Nansouty et Montbrun; l'un composé des divisions aux ordres des ^néraux comtes Bruyères, Saint-Germam et Valence; l'autre, composé des divisions aux ordres du générai

baron Yattier, et des généraux comtes Sébastiani et Defrance.

Le maréchal prince d'Eckmiihl, commandant le premier corps, porta son quartier-général au débouché de la grande forêt de Pilwisky.

Le deuxième corps et la garde suivirent le mouvement du premier corps.

Le troisième corps se dirigea par Marlenpol. Le Yice-Roi, avec les quatrième et sixième corps restés en arrière, se porta sur Kalwarry.

Le roi de Westphalie se porta à Novogrod avec les cinquième, septième et huilième corps.

Le premier corps d'Autriche, commandé par le prince de Schwarzenberg, quitta

Lemberg le , fil un mouvement sur sa

gauche et s'approcha de Lublin.

L'équipage de ponts, sous les ordres du général Èblé, arriva le 23, à deux lieues du Niémen.

Le 23, à deux heures du matin, l'Empereur arriva aux avant-postes, près de Kowno, prit une capote et un bonnet polonais d un des chevau-légers, et visita les rives du Niémen, accompagné seulement du général du génie Haxo.

A huit heures du soir, l'armée se mit en mouvement. A dix heures, le général de division comte Morand fit passer trois compagnies de voltigeurs, et au même moment, trois ponts furent jetés sur le Niémen. A onze heure?, trois colonnes débouchèrent sur les trois ponts. A une heure un quart, le jour commençait déjà à paraître. A midi, fe général baron Pajol chassa devant lui une nuée de Cosaques, et fit occuper Kowno par un bataillon.

Le S4, l'Empereur se porta à Kowno.

Le maréchal prince d'Eckmiihl porta son quartier-général àRoumchicki.

Etle roi de Naples, à Eketanoni.

Pendant toute la journée du 24 et celle du 25, l'armée défila sar les trois ponts. Le 24 au soir, TEmpereur fit jeter un nouveau pont sur la Vilia, vis-à-vis Kowno, et fit passer le maréchal duc de Reggio avec le deuxième corps. Les chevau-Iegers polonais de la garde passèrent à la nage. Deux hommes se noyaient lorsqaMls furent sauvés par des nageurs du 26'^ léger. Le colonel Giiéhéneuc s'étant imprudemment exposé pour les secourir, périssait luimême; un nageur de son régiment le sauva.

Le 25, le duc d'Ëlchingen se porta à Kormelou: le roi de Naples se porta à Jijmoroni. Les troupes légères de l'ennemi furent chassées de tous côtés.

Le 26, le maréchal duc de Reggio arriva à Janow : le maréchal duc aJËlchingen arriva à Skorouli. Les divisions légères de cavalerie couvrirent toute la plaine Jusqu'à dix lieues de Wilna.

L'ËMnlIR.

Le94,toBMTéehaldaodeTarmile, ooih mandant le dixième oorps^ dont Ie0 Pra»aienf font partie, a pi»sé le Niémen à Tibitt , et marche sur Roasiena , aân de balayer la rive droite du fleuve et de protéger là navigation.

Le maréehal dnc de Bellune, commandant le neuvième corps, ayant spus ses ordres les divisions Heudeiet, l^agrange , Durutle, Partonneaux, occupe les pays entre l'Elbe et rOder.

Le général de division , comte ftapp^ gouverneur de Dantzig, a sous ses ordres la division Ûaendels.

Le générai de division , comte Hogea-* dorp , est gouverneur de Kœnigsberg.

L empereur de Russie est à Wiina avec sa garde et une partie de son armée^ occupant ftonikoutoui et Newtroki.

Le jgénéral russe Bagawout, commandant le deuxième corps, et une partie de Tarméc russe coupée de Wilna. n'ont trouvé leur salut qu'en se dirigant sur la bwina.

1^. ISiémen est navigable pour les bateaux de deux à trois cents tonneaux jusqu'à Kowno. Ainsi les communications par eau sont assurées jusqu'à Dantzig, et ave>c ia Yistule , rOJer et l'Ëlbe. Un immense approvisionnement en èau-de-vie, en farine, en biscuits, fiie de Dantzig et de Kœnigsberg sur Kowno. La Vilia, qui passe à vv ilna, est navigable pour de plus pelits bateaui, depuis Kowno jusqu'à Wilna. Wilna, capitale de ia Lithnanie, Tesl de toute la Pologne russe. L'empereur de Russie est depuis plusieurs mois dans cette ville , avec une partie de sa cour. L'occupation de cette place par l'armée française sera le premier fruit rie la victoire. Plusieurs officiers de Cosaques et des officiers porteurs de dépêches ont été arrêtés par la cavalerie légère.

QUATRIÈME BULLETIN

riiM, h m juin i9n.

Le 27, FËmpereur arriva aux avantpostes, à deux heures après-midi, et mit en mouvement l'armée, pour s'approcher de Wilna, et attaquer, le 2d à la pointe du jour, l'armée russe, si elle voulait déiendre Wilna ou en relarder la prise , pour sauver les immenses magasins qu'elle y avait. Une division russe occupait Troki, et une autre division était sur (es hauteurs de Waka.

A la pointe du jour, le ^, le roi de Napies se mit en mouvement avec l'avantgarde et la cavalerie légère du général comte Bruyères. Le maréchal prince d'BckmSihl rappuya avec son corps. Les Russes

se feptoyèrenl fktkmA. ApiMiafvir MuriM quelques coups de canon , ils mÉssèrnl eu toute hâte la Vilia^ brIitorenifepoDt de bois de W^ilna, et ioCeUdièrent d'imraeiises magasins évalués à plusieurs miHièM ée roubles ; plus de ocUt cinquaMe mille quintaux m farine^ un immease Approtisionnement de fourrais et d'avoine, «se masse considérable d'effets d'habiMemont j furent brûlés. Une grande <|uaBftilé d*armes, dont, en général, ia Russie s^anqee, et de munitions deguerre^ fureiil délrniM et jetées dans la Viltai

A midi, l'Empereur entra étLUfi Wlioa^ A trois heures^ le pont sur ia Vilia fui rétabli : tous les charpentiers de la ville s'y étaient portés avec empressement, m eonstruisaient un pont en même tempis que les pontonniers en construisaient ^ n autre.

La division Bruyères Mitrt retinemi sur la rive gauche. Dans une légère affaire «rarriète-gàfde, une cinotianlafiiede voitures fntetA enlevées aux Russes. Il y eut quelques hommes tués et Messéé; parmi ces dertffers est le capitaine âtÉ hussards, Ségur. Les cbevau-légers polonais de la garde firent une charge éur ]â droite <le la Vilia, mirent en déroute, poursuivirent et firent prisonniers km iiombre de Cosaques.

Le 25, le duc de Regglo avait pâs^ là Vilia mt un pont jeté près de Kowno. Le !»>, il se diri^Ji serf iavou , et le 27 suf Chalonï. Ce mouvement obligea le prince de Vittgènstein, commatidant le premier corps de fafmée russe, à évacuer toute lac SamogHfe ef le pays situé entre Kowno et la mer, et à se porter sur Wilkomi^ en $é faisant renforcer pair deux régiments de I< garde. Le 28, la rencoutre eAl lieu. Le maréchalf, (tec de Reggio, trottva f ennemi en bataille tis-à-vis DeveWdvo. La canonnade S'engagea : rennenri ht chassé de potion en posraon , et repassa levec tant de pfécipitatioii le nont, qu'H ue fMl pa^ le brûler. Il a pttâa trois ceirfs prisonniers, parmi lesquels plusieurs officiels et une centaine d'hommes tués ou btessés.

Notre perte se monte à une cinquantaine d'hommes.

Le duc de Reggio se loue de la brigade de cavalerie légère que conMomuNle le général baron Gastex, et du it** régiment d'infanterie légère, composé en entier de Français des départements au-delà des Alpes. Les ieunes oènscrits ronatos ont montré beaucoup d'intrépidllé^

L'ennemi a mis le feu à sov grand megasînde Wilkomir. Au dernier mmBealf tes habitants avaient pillé quelques tenneaux de farine; on est parvenu â ee rs* couvrer une partie.

Le 29 , le duc d'Elchingea a jeté n»

int vis-à-vis Souderva. poor passer la

Hia. fies celooneB ont été dirigées 9» te»

BULLETINS DB l/l MANDE-ARMÉE.

cMniiiil d0 GiMiio et de la Wdftbyiiie^ pour maroher à la rencontre de différents corp9 russes coapés et éparpillés.

Wiloa est une ville de vingt-cinq à trente mille âmes, ayant on grand nombre de ooQVents, de beanx établissements, et des habitants pleins de patriotisme. Qiin^ tre on cinq cents jennes gens de l'Université, ayant plus de dit -huit ans, et appar^ tenant ann meilleiires familles, ont demandé à former un régiment.

L'ennemi se retite sni* la Dwina. Un

§rand nombre d'officiers d'état-major et 'estafettes tombent à chaque instant dans nos mains. Noos acquérons la preuve de l'exagération de totft ce one la Russie a oublie sur l'immensité de ses moyens.

]>eoi bataillons sealement par régiment sont à l'armée; les troisièmes bataillons, dont beaucoup d'états de sttnation ont été interceptés dans la correspondance des officiers des dépôts avec les régiments, ne se montent, pour la plupart , qu'à cent vingt ou deux cents hommes.

La cour est partie de Wilna, vingt-quatre heures après avoir afrpris notre passage à Kowno. La Ssmogitic, la Litbuanie, sont presque entièrement délivrées.

La centralisation de Bagration vers le nord a fort affaibli les troupes qui devaient défendre la Wolhynie.

Le roi de Westphalie, avec le corps du prince PoniatowsKi, le septième et le hui^ tième corps, doit être entré le 29 à Grodno.

Différentes colonnes sont parties pour tomber sar les flancs du corps de Ragration, qui, le 20, a reçu l'ordre de se rendre k marche forcée de Pronjanoni sur Wilna, et dont la tète était déjà arrivée à quatre journées de marche de cette dernière ville, mais que les événements ont forcée de retroffrader, et que l'on poursuit.

Jttsqfrà cette heure, la campagne n'a pas été sanglante ; il n'y a eu que des manœuvres : nous avons fait en tout mille prisonniers. Mais l'ennemi a déjà perdu la capitale et la plus grande partie des provtnces poionafses, qui s'insurgent. Tous les magasins de première, de deuxième et de troisième lignes , résultat de deux années de soin, et évalués phis de vingt millions de roubles^ sont consumés par les flammes ou tombes en noire pouvoir. Enfin, le quartier-général de l'armée française esl dans le lieu où était la cour depuis six semaines.

Parmi le grand nombre de lettres interceptées, on en remarque deux : Tune de l'intendant de l'armée russe qui fait connattre que déjà la Russie , ayant perdu tous ses magasins de première, de deuxième et de troisième lignes, est réduite à en former en toute hâte de nouveaux ; l'autity do doc Alexanidre de Wir-

tembergf faisant voir {|o'Après peo île jours decampagfte^ les provinces du «entre sont déjà déclarées en état de guerre.

Dans la situation présente des Choses , si Tarmée russe croyait avoir quelque chance de victoire , la défense de Wilna valait one bataille, et dans tous les paysi mais surtout dans celui où nous nous trouvons, la conservation d'une triple li^jne de magasins aurait dû décider un général à en risquer les chances.

Des manoeuvres ont donc senior rai» au pouvoir de Tarmée française une banne partie des provinces polonaises, la capi^ taie et trois lignes de magasins. Le feu a été mis aux magasins de Wilna avec tftnl de précipitation^ qu'on a pu sauver bcaooonp de choses.

CINQUIÈME BULLETIN

Wilna, iê^JuUleiiHi.

L'armée russe était plai^ée et organisée de la manière éuivante au comneoeement des hostilités :

Le premier corps,oofflmandé par le prince Wiltgenstein, composé des 5» et 1 indivisions d'infanterie et d'une divisioA de Ga<- Valérie, formant, en tont dix-huit mille hommes, artillerie et sapeoi^s compris, avait été longtemps à Chawli, et aidait de^

Suis occupé Rosiéna et était le 94 juin i ^evdanoni.

Le deuxième corps , commandé pa# le

général Bagavout, composé des 4«etl7* ivisions dlnfanterie et d'une division de cavalerie, présentant la même force, occupait Kowno.

Le troisième corps, enmmandé par le prince Schomoaloff, composé âe la f '<> di-* vision de grenadiers , d'une division d'infanterie et d'une division de cavalerie, formant vingt-quatre mille hommes, occupait Now-Troki.

Le quatrième corpd, commandé par le général Tatsckhoff, composé des tf ^ et 25' divisions d'infanterie et d*nne division de cavalerie, formant dix-hnit mille homme», était placé depuis Itow-Treki jusqu'à Lida.

La garde impériale était à Wilna.

Le sixième corps, commandé par le général Doctorow, composé de deux (avisions d infanterie et d'une division de cavalerie, formant dix-huit miHe hommes, avait fait partie de l'armée du prince Bagratifon. An milieu de juin, il arriva à Lida, venant de la Wolhynie, pour renforcer la première armée. Ce corps était, à la fin de juin, entre Lida et Grodno.

Le cinquième csorps, composé de la 2* di-* I vimn de grenadiers, deelr, f 9* ei Wd»**

lOiû

LumiB.

yisioDS d'infftntarie ei dedeax divisions de cavalerie, était, le TO^ à Wolkowisk. Le prince Bagration commandait ce corps, qui pouvait ôtre de quarante mille hommes.

Enfin, les 9* et 4 5" divisions d'infanterie, ei une division de cavalerie, commandées par le général Markow, se trouvaient dans le fbnd de la Wolhynie.

Le passage de fa Yilia , oui eut lieu le 25 juin, et la marche du duc de Reggio sur Janow et sur Chatoui , obligèrent le corps de Wittgenstein à se porter surWilkomiret sur la gauche, et le corps de Bagawoot à gagner Dunabourg par Mouchnicki et Gedroitse. Ces deux corps se trouvaient ainsi coupés de Wilna.

Le troisième et quatrième corps et la garde impériale russe se portèrent de Wilna sur Nlemischin , Swentzianoui et Vidzoui. Le roi de I^aples les poussa vivement sur les deux rives de la Yilia. Le 10' régiment de hussards polonais, tenant la tète de la colonne de la division du comte Sebastiani, rencontra, près de Lcbowo,un régiment de Cosaques de la garde, qui protégeait la retraite de Tarrière-garde, et la chargea tète baissée, lui tua neuf hommes et nt une douzaine de prisonniers. Les troupes pok>naises qui, jusqu'à cette heure, ont chargé, ont montre une rare détermination. Elles sont animées par l'enthousiasme et la passion.

Le 5 juillet, le roi de l^aples s'est porté sur Swentzianoui et y a atteint l'arrièregarde du baron de Tolly. Il donna ordre au général Montbrun delà faire charger, mais tes Russes ne l'ont point attendu, et se sont retirés avec une telle précipitation, u'utt escadron de hulans, qui revenait Tune reconnaissance du côté de Mikalilki, tomba dans nos postes. Il fut charge par le 12* de chasseurs et entièrement pris ou tué : soixante hommes ont été pris avec leurs chevaux. Les Polonais , qui se trouvaient parmi ces prisonniers, ont demandé à servir, et ont pris rang, tout montés, dans les troupes polonaises.

Le 4, à la pointe du jour, le roi de Naples est entré à Swentzianoui ; le maréchal duc d'Elchingen est entré à Maliatoui, et le maréchal duc de Reggio à A vanta.

Le 30 juin, le maréchal duc de Tarente est arrivé à Rosiena ; il s*est porté de là sur Ponevieji, Ghawli et Tesch.

Les immenses magasins que les Russes avaient dans la Samogitic ont été brûlés par eui, perte énorme, non seulement pour leurs finances, mais encore pour la subsistance des peuples.

Cependant le corps de Doctorow, c'est-àdire le sixième corps, était encore le 27 juin sans ordres, et n'avait fait aucun mouvement. liC 28, il se réunit et se mit en marche pour se porter sur la Dwina, par une marche de flanc. Le 30, son avant-

garde entra à S<Mnidâ. Elle fol ( par la cavalerie légère du baron ^ Bordesoult, et chassée de la ville.^ row se voyant prévenu, prit à droite et se porta sur Ochmiana. Le général baron Paiol y arriva avec sa brigade de cavalerie lé-

g^re, au moment où 1 avant-sarde de Docrow y entrait. Le général Pajol le fit charger. L'ennemi fut sabré et culbuté dans la ville. Il a perdu soixante hommes tués et dix-huit prisonniers. Le général Pajol a eu cinq hommes tués et quelques bkssés. Cette charge a été faite par le 9* régiment de lanciers polonais.

Le général Doctorow, voyant le chemin coupé, rétrograda sur Olchanoui. Le maréchal prince d'Eckmiihl, avec une division d'infanterie, les cuirassiers de la division du comte de Valence, et le V régiment des chevau-légers de la garde, se porte sur Ochmiana, pour soutenir le (Kénéral Pajol.

Le corps de Doctorow, ainsi coupe et rejeté dans le midi, continua de longer à droite, à marches forcées, en faisant le sacrifice de ses bagafçes, sur Smorodioui, Oanowcheff et Kobouïluicki, d'où il s'est porté sur la Dwina. Ce mouvement avait été prévu. Le général comte Nansouty, avec une division de cuirassiers, la division de cavalerie légère du ^çénéral comte Bruyères, et la division d'infanterie du comte Morand, s'était porté à Mikaïïitchki, pour couper ce corps. Il arriva le 5àSwir lorsqu'il débouchait, et le poussa vivement, lui prit un bon nombre de traînards, et l'obligea à abandonner quelques centaines de voitures de bagages.

L incertitude, lés angoisses, les marches et les contre-marcnes gu'ont fiaites ces troupes , les fatigues qu'elles ont essuyées, ont dû les faire beaucoup souffrir.

Des torrents de pluie sont tombés pendant trente-six heures sans interruption.

D'une extrême chaleur le temps a passé tout-à-coup à un froid très vif. Plusieurs milliers de chevaux ont péri par FdFet de cette transition subite. Des convois d*artillerie ont été arrêtés dans les boues.

Cet épouvantable orage, qui a fatigué les hommes et les chevaux, a nécessairement retardé notre marche, et le corps de Doctorow, qui a donné successivement dans les colonnes du général Bordesoult, du général Pajol et du général Nansouty, a été près de sa destruction.

Le prince Bagration, avec le cinquième corps, placé plus en arrière , marcne sur la Dwina. 11 est parti le 30 juin de Wolkowisk pour se rendre sur Mmk.

Le roi de Westphalie est entré le même jour à Grodno. La division Dombrooski a passé la première. L'hetman Platow se trouvait encore à Grodno avec ses Cosaques. Char^s par la cavalerie légère du prince Poniatowskii les Cosaques ont été

BULLETINS DE LA GMNDB-AaMÉE.

loti

éfMrpiUés; on leur a taé vingt hommes et fait soixante prisonniers. On a trouvé à Grodno une manutention propre à cuire cent mille rations de pain, et quelques restes de magasin.

11 avdt été prévu que Bagration se porterait sur la Dwina, en se rapprochant le plus possible de Dunabourg; et le général de division comte Grouchy a été envoyé à Bogdanow. Il était le 5 à Traboni. Le général prince d'Eckmiihl, renforcé de deux divisions/ était le 4 à Wichnew. Si le prince Poniatowski a poussé vivement l'arriëre-garde du corps de Bagration, ce corps se trouvera compromis.

Tous les corps ennemis sont dans la plus grande incertitude. L'hetman Plato.w Ignorait, le 30 juin, que depuis deux jours Wilna fut occupée par les Français. Il se dirigea sur cette ville jusqu'à lida, où il changea de route et se porta sur le midi.

Le soleil, dans la journée du 4, a rétabli les chemins. Tout s'organise à Wilna. Les faubourgs ont souffert par la grande quantité de monde qui s'y est précipité pendant la durée de l'orage. 11 y avait une manutention russe pour soixante mille rations. On en a établi une autre pour une égale q^aanttté de rations. On forme des magasins. La tète des convois arrive à Kowno par le Niémen. Vingt mille quintaux de farine et un million de rations de biscuit viennent d'y arriver de Dantzig.

SIXIÈME BULLETIN

Wiina , U SI JuiiM 1849.

Le roi de Naples a continué à suivre Tarrière-garde ennemie. Le 5, il a rencontré la cavalerie ennemie en position sur la Dwina : il l'a fait charger par la brigade de cavalerie légère que commande le général baron Subervic. Les régiments prussiens, wiirtembergeois et polonais, qui font partie de cette brigade, ont chargé avec la plus grande intrépidité. Ils ont culbuté une ligne de dragons et de hussards russes, et ont fait deux cents prisonniers hussards et dragons montés. Arrivé audelà de la Dwina, l'ennemi coupa les ponts et voulut défendre le passage. Le général comte Montbrun fit alors avancer ses cinq batteries d'artillerie légère, qui,* pendant

Î Plusieurs heures, portèrent le ravage dans es rangs ennemis. La perte des Russes a été considérable.

Le général comte Sébastian! est arrivé

le même jour à Yidzoni, d'où l'empereur

de Russie était parti la veille.

Notre avant-garde est sur la Dwina.

Le général comte de Nansouty était , le

5 juillet, à Postavoui. Il se porta, pour pas-

ser la Dwina, à six lieues de là, sur la droite du roi de Naples. Le général de brigade Roussel, avec le 9* régiment de chevau-légers polonais et le z* régiment de hussards prussiens, passa la rivière, culbuta six escadrons russes, en sabra un grand nombre, et fit quarante-cinq prisonniers avec plusieurs officiers. Le général Nansouty se loue de la conduite du général Roussel, et cite avec éloge le lieutenant Borke, du 2* régiment de nussards prussiens, le sous-officier Kranse et le hussard Lutz. Sa Majesté a accordé la décoration de la Légion-d'Honneur au général Roussel, aux officiers et sous-officiers ci-dessus dénommés.

Le général Nansouty a fait prisonniers cent cinquante hussards et dragons russes, montés.

Le 3 juillet, la communication a été ouverte entre Grodno et Wilna par Lida.

L'hetman Plalow, avec six mille Cosaques, chassés de Grodno, se présenta sur Lida et y trouva les avant-postes français. Il descendit sur Ivié le 5.

Le général comte Grouchy occupait Witchnew, Traboui et Soubolnicki. Le général baron Pajolétailà Perchai' ; le général baron Bordesoult était à Blactoui; le maréchal prince d'Eckmiihl était en avant de Bobrowitski, poussant des tètes de colonne partout.

Platow se retira précipitamment, le 6 ^ sur Nicolaew.

Le prince Ba(;ration, parti dans les premiers jours de juillet de Wolkowisk, pour se diriger sur Wilna, a été intercepté dans sa route. Il est retourné sur ses pas pour gagner Minsk; prévenu par le prince d'Eckmiihl , il a changé de airection, a r^ nonce à se porter sur la Dwina, et se porte sur le Borysthène par Bobriusk, en traversant les marais de la Bérésina.

Le maréchal prince d'Eckmiihl est entré le 8 à Minsk, il y a trouvé des magasins considérables en farine, en avoine, en effets d'habillement, etc. Bagration était déjà arrivé à Novoi-Sworgiew ; se voyant prévenu , il envoya l'ordre de brûler les magasins; mais le prince d'Eckmiihl ne lui en a pas donné le temps.

Le roi de Westphalie était le 9 à Nowogrodek ; le général Régnier, à Slonim ; des magasins, des voitures de bagages, des pharmacies, des hommes isolés ou coupés, tombent à chaque moment dans nos mains. Les divisions russes errent dans ces contrées, sans directions prévenues, poursuivies partout, perdant leurs bagages , brûlant leurs magasins, détruisant leur artillerio, et laissant leurs places sans défense.

Le général baron de Golbert a pris à Wileika un magasin de trois mille quintaux de farine, de cent mille rations de biscuit, etc. Il a trouvé aussi à Wileika

iOffi

L'BMFIIII.

une caisse de M,OM) fr. en monnaie de cuivre.

Tous ces avantages ne coûtent presque aucun homme à l'armée française; depuis que la campagne est ouverte, on compte à peine, dans tous les corps réunis, trente nommes tués, une centaine de blessés et dix prisonniers, tandis que nous avons déjà deux mille à deux mille cinq cents prisonniers russes.

Le prince de Schwarzenber^ a passé le Bug à Droffhitschin, a poursuivi I ennemi dans ses différentes directions, et s'est emparé de plusieurs voitures de bagages. I.e prince de Schwarzenberg se loue de l'accueil qu'il reçoit des habitants et de Tesprit de patriotisme qui anime ces contrées. Ainsi, dix jours après l'ouverture de la campagne, nos avant-postes sont sur la Dwina. Presque toute la Lithuanie, ayant quatre millions d'hommes de population , est conquise. Les mouvements de guerre ent commencé au passage de la Vistnle.

Les projets de l'Empereur étaient dès-lors démasqués, et il n'y avait pas de temps à perdre pour leur exécution. Aussi l'armée a-t-elle fait de fortes marches depuis le passage de ce fleuve , pour se porter par des manœuvres sur la Dwina, car il y a plus loin de la Vistule à la Dwina, que de la Dwina à Moscou ou à Pétersbourg.

Les Russes paraissent se concentrer sur Ponabourg; ils annoncent le projet de nous attendre, et de nous livrer bataille avant de rentrer dans leurs anciennes provinces, apràs avoir abandonné sans combat la Polojgne, comme s'ils étaient pressés par la justice, et qu'ils voulussent restituer un pays mal acquis^ puisqu'il ne l'a été, ni par io» traités, ni par le droit de conquête. La chaleur continue à être très forte.

Le peuple de Pologne s'émeut de tous côtés. L'aigle blanche est arborée partout. Prêtres, nobles, paysans, femmes, tous dcrmandent l'indépendance de leur nation.

Les paysans sont extrêmement jaloux du bonheur des paysans du grand-duohé^ qui sont libres; car, quoiqu'on en dise, la liberté est regardée par les Lithuaniens oomme le premier des biens. Les paysans s'expriment avec une vivacité d'élocution qui ne semble pas devoir appartenir aux âimats du nord , et tous embrassent avec transport l'espérance que la Un de la lutte sera le rétablissement de leur liberté. Les paysans du grand-duché ont gagné à la liberté, non qu'ils soient plus riches, mais que les propriétaires sont obligés d'être modérés, justes et humains ; autrement les paysans quitteront leurs terres pour chercher de meilleurs propriétaires Ainsi, le noble ne perd rien ; il est seulement oblige d'être juste; et le paysan gagne beaucoup. Ça dâ être une douc« jouissance pour le cœur de r£m|iefeur, que d'être témoin, en

traversant le gramMueU, ésa ttaaspMte de joie et de reconnaissance qu'exAita le bienfait de la liberté aoeordé à quatre nullions d*homm60.

Six régiment d'infanterie de nonvdle levée viennent d*êlro déorélés en Litluianie, et quatre régiments de eavalme viennent d'être offerts parla noblesse.

SEPTIÈME BULLETIN

IPïliM, h If jmiiêt istt.

Sa Majesté fait élever, sur la rive draite de la Vilia, un eam retranehé fermé par des redoutes, et fiit oonstraire une citadelle sur la montagne oà était l'aiiGion pa* lais des Jagelkms. On travaille à établir deux ponts de pilotis sur la Vilia. Trois ponts de radeaux existent d^à «ur cette rivière.

Le 8, l'Empereur a passé la revue d'une partie de la garde, composée des divisions Laborde et Roguet, que oommande le maréchal duc de Trévise, et de la vieille garde, que commande le maréchal duc de Duitzig, sur l'emplacement du camp retrandié. La belle tenue de ces troupes a excilé l'admiration générale.

Le 4, le maréchal duo de Tarmite fit partir de son quartier-^rénéral de Rossiena, capitale de la Samogitie , l'une des plus belles et des plus fertiles provinces (fe la Pologne, le général de brigade baron Bicstrd, avec une partie de la T division, pour se porter sur Poniewiez : le général prussien Kleist, avec une brigade prussienne a été envoyé sur Chawii, et le brigadier prussien de Jeannerel, avec une autre brigade prussienne , sur Teldi. Ces trois commandants sont arrivés à leur destination. Le général Kleist n'a pu atteindre qu'un hussard russe ; l'ennemi ayant évacué en toute h4le Chiiwii, après avoir inc^dié les magasins.

Le général Ricard est arrivé le 6 de grand matin à Poniewies; il a eu le bonheur de sauver les magasins qui s'y trouvaient, et qui contenaient trente mille quintaux de Êirine. Il a fait cent soixante prisonniers, parmi lesquels sont quatre officiers. Celte petite eipédition fait le plus grand honneur au détachement de hussards de ta Mort prussien qui en a été chargé. Sa Atajesté a accordé la déituration de !a l^ion-d' Honneur au commandant, au lie4itenant de Raven, aux sous-officiers Werner et Pormmercit, et au brigadier (irabowski, qui se sont distingués dans cette affaire.

I..e8 habitants de la provinpe de Samogitie se distinguent par iour patriotisme.

Ils oui un grief de plus que les autres PoloDais : iis étaient libres ; leur pays est riobe; il Tétait davantage; mais leurs destinées ont changé avec la chute de la Pclogoe. Les plus belles terres avant été donnée»! par Catherine an Koubow, les paysans, de libres qu'ils étaient, ont dA devenir esclaves, te mouvement de flanc qu'a fait Tannée sur Wilna , ayan^ tourné colle belle province, elle se trouve intacte, et sera de la plus grande utilité à Tarmée. Deux mille chevaux sont en route pour venir réparer les pertes de Tartiilerie. Des magasins considérables ont été conservés. La marcbe de Tarmée de Kowno sur Wilna et de Wilna sur Dunahourg et sur Minsk a obligé Tennomi à abandonner les rives du Miéinen, et a rendu libre cette rivière, par laquelle de nombreux convois arrivent de Kowno. Nous ayons dans ce moment plus do oani cinquante mille quintaux de farine, deux millions de rations de biscuit, six mille quintaux de riz, une grande quantité d'eaa-de-vie, six cents mille boisseaux d'avoine, etc., etc. Les convois se succèdent avee rapidité ; le Niénaen est couvert de bateaux.

Le passage du Niémea a eu lieu le 24, et TEmpereur est entré à Wilna le f8. La immière armée de Touest, commandée par Tempereur Alexandre, est composée de neuf divisions d*infanlerie et de quatre divisions de cavalerie. Poussée de poste en poste, elle occupe aujourd'hui le camp retranché de Drissa, où le roi de Naples, avec les oorps des maréchaux ducs irËlchingen et et iteggio, plusieurs divisions du premier eorps, et les corps de cavalerie des comtes Nansouty et Montbruo, la contient. La seconde armée, commandée par le prince Ba- §nition, était encore, le l^juillet, à Kobrin, où elle se réunissait. Les 9' et 15* divisions étaient plus loin, sous les ordres du générai Tormazow. A la première nouveDe du passage du Niémen , Bagration se mit eu mouvement pour se porter sur Wilna; il fit sa jcmctiou avec les Cosaquesde Plalow,

âui étaient vis-à-vis Gronno. Arrivé à la auteur d'ivié, il apprit une le chemin de Wilna lui était fermé. Il reconnut que Texécution des ordres qu'il avait, serait téméraire et entraînerait sa perte, Soubot- Bîoki, Traboui, Witcbnew, Volojiuk étant occupés par les corps du général comte fiiouehy, du général baron Pajol , et du maréchal prince d'Ëckmuhl. 11 rétrograda alors et prit la direction de Minsk; mais arrivé à (lemi-ckemin de cette ville, il ap-

frit que le prince d'Eckmiihl y était entré. 1 rétrograda encore une fois. De Newji, il maroka sur Slousk ; et de là il se porta sur <Kobruk»k, d'où il n'aura d'autre ressource qu'à passer te Borysthèno. Ainsi, les deux armées sont eot&4rement coupées et sépajmes entra elles par uu espace de cent lieues.

Le prince d*Eckmuhl s'est emparé de la

§ lace-forte de Borisow sur là Bérésina. oixante milliers de poudre, seize pièces de canon de siège, desjiôpitaux, sont tombés en son pouvoir. Des magasins considérables ont été incen(|iés, une partie cependant a été sauvée.

Le 10, le général Latour-Maubourg a envoyé la division de cavalerie légère, commandée par le général Rozniecki , sur Mir. Elle rencontra Tarrière-garde enne* mie à peu de distance de cette ville. Un engagement très vif eut lieu. Malgré Tinfériorité du nombre de la division polonaise, le champ lui est resté. Le général de Cosaques Gregoriew a été tué, et quinze cents Russes ont été tués ou blessés. Notre perte a été de cinq cents hommes au plus. La cavalerie légère polonaise s'est battue avec la plus grande intrépidité, et son courage a supplée au nombre* Nous sommes entrés le même jour à Mir,

Le 13, le roi de Westphalie avait sou quartier-général à Nesvy.

Le Vice-Roi arrive à Dockchitsoui.

Les Bavarois, commandés par le général comte Gouvion-Saint-Cyr, ont passéîla revue de TEmpereur, le 14, a Wilna. La division Deroy et la division de Wrede étaient très belles. Ces troupes se sont mises en marche pour Sloubokoe.

La diète de Varsovie, s'étant constituée en Confédération générale de Pologne, a nommé le prince Adam Czartoryski son président. Ce prince, âgé de quatre-vingts ans, a été, il y a cinquante ans, maréchal d'une dicte de Pologne. Le premier acte de la Confédération a été de déclarer le royaume de Potogne rétabli.

UnedéputationdelaConfextération a été présentée à TEmpereur à Wilna, et a soumis à son ajpprobation et à sa protection Tacte de la Confédération,

Réponse de l'Empereur au disœurs de Af. le comte Palatin WyMcki, président de la députation de la Confédé" ration générale de Pologne,

Messieurs les Députés de la Confédération de Pologne,

J'ai entendu avec intérêt ce que vous venez de me dire.

Polonais je penserais et j agirais comme vous; j'aurais voté comme vous dans Tasso.rableè de Varsovie : Tamour de la patrie est la première verlu de l'homme civilisé.

Dans ma position; j'ai bien des intérêts à concilier et bien des devoirs à remplir. Si J'eusse régne lors du uremier, du second ou du troisième partage (le la Pologne, j'aurais armé tout mon peuple pour vous sou-

lOM

LTHPIIB.

tenir. Ânssitdt que la victoire m'a permis de restituer vos anciennes lois à votre ca-

Ïiitale et à une partie de vos provinces, je 'ai fait avec empressement, sans toutefois prolonger une guerre qui eût fait couler encore le sang ae mes sujets.

J*aime votre nation ; depuis seize ans, j*ai vu vos soldats à mes c^tés , sur les champs d'Italie, comme sur ceux d'Espagne.

J'applaudis à tout ce que vous avez fait : j'autorise les efforts que vous voulez faire ; tout ce qui dépendra de moi pour seconder vos résolutions, je le ferai.

Si vos efforts sont unanimes, vous pouvez concevoir Tespoir de réduire vos ennemis à reconnaître vos droits; mais, dans ces contrées si éloignées et si élendues, c*est surtout sur Tunanimilé des efforts de la population qui les couvre, que vous devez fonder vos espérances de succès.

Je vous ai tenu le même langage lors de ma première apparition en Pologne; je dois ajouter ici aue j'ai garanfi à l'empereur d'Autriche l'intégrité de ses Etats, et que je ne saurais autoriser aucune manœuvre ni aucun mouvement qui tendraità le troubler dans la paisible possession de ce qui lui reste des provinces polonaises. Que la Lithuanie, ta Samogitie, Wilepsk, Polotzk, Mohilow, la Yolhynie, l'Ukraine, laPodolie, soient animées du même esprit que j'ai vu dans la grande Pologne, et la Providence couronnera , par le succès, la sainteté de votre cause; elle récompensera ce dévouement à votre patrie, qui vous a rendus si intéressants , et vous a acquis tant de droits à mon estime et à ma protection, sur laquelle vous devez compter dans toutes les circonstances.

HUITIÈME BULLETIN

Glùubokoé, le 32 juilM iSiS.

Le corps du prince Bagration est composé de quatre divisions d'infanterie, fortes de vingt-deux à vingt-quatre mille hommes, des Cosaques de Platon, formant six mille chevaux, et de quatre ou cinq mille hommes de cavalerie. Deux divisions de son corps (la 9" et la i&) voulaient le rejoindre par Pinsk ; elles ont été interceptées et obligées de rentrer en Wolhynie.

Le 14, le général Latour-Maubourg, qui suivait rarrière-garde de Bagration, était à Romanow. Le 16, le prince Poniatowski y avait son quartier-général.

Dans l'affaire du 10, qui a eu lieu à Romanow, le général Rosniecki, commandant la cavalerie légère du quatrième corps de cavalerie, a perdu six cents hom-

mes ibés ou blessés, ou fsÀis prisoBniers. On n'a à regretter aucun oiticier supérieur. Le généralRozniecki assure que Ton a reconnu sur le champ de bataille les corps du général de division russe comte Paalen, des colonels russes Adrianow et Jesowaryski.

Le prince de Schwarzenberg avait. Je 13, son quartier-général à Prazaoa. U avait fait occuper, le 11 et le 12, la position importante de Pinsk par un détadiement, gui a pris quelques hommes et des magasins assez considérables. Douze holans autrichiens ont chargé quarante-six Cosaques, les ont poursuivis pendant plusieurs lieues, et en ont pris six. Le pnnce de Schwarzenberg marcnesur Minsk.

Le général Régnier est revenu, le 19, à Slonim, pour garantir le duché de Varsovie d'une incursion, et observer les deux divisions ennemies rentrées en Woihynie.

Le 12, le général baron Pajol étant à Jghoumen, a envoyé le capitaine Vandoîs avec cinquante chevaux à KhalouL Ce détachement a pris là un parc de deux cents voitures au corps de Bagration, a fait prisonniers six omciers, deux cents canonniers, trois cents hommes du train, et a pris huit cents beaux chevaux d'artillerie. Le capitaine Vandois se trouvant éloigné de quinze lieues de l'armée, n'a pas jugé pouvoir amener ceconvoi, et Fa brûle ; il a amené les chevaux harnachés et les hommes.

Le prince d'EckmiiU était le 15 à Jghoumen ; le général Pajol était à Jachitsié, ayant des postes sur Swisloch; ce qu'apprenant. Bagration a renoncé à se porter sur Bonrunsk. et s'est jeté quinie lieues plus bas du coté de Mozier.

Le 17, le prince d'Eckmuhl était à Oolognino.

Le 15, le général Grouchy était à Borisow. Un parti qu'il a envoyé sur Star- Lepel, y a pris des magasins considérables, et deux compagnies de mineurs de huit oiliciers et de deuK cents hommes.

Le 18, ce général était à Kokanow.

Le même jour, à deux heures du matin, le général baron Colbertestentréà Orcha, où il s'est emparé d'immenses magasins de farine, d'avoine, d'effets d'habillement. U a passé de suite le Borystbène, et s'est mis à la |M)ursuite d un convoi d'artillerie.

Smolensk est en alarme. Tout s'évacue sur Moscou. Un ofiicier envoyé par l'Empereur pour faire évacuer les magasins d'Orcha, a été fort étonné de trouver la place au pouvoir des Français. Cet officier a été pris avec ses dépêches.

Pendant que Bagration était vivement poursuivi dans sa retraite, prévenu dans ses projets, séparé et éloigné de la Grande- Armée, la Grande-Armée, commandée par l'empereur Alexandre, se retirait sur la

BULLETINS DB LA GRANDE-ÂRmÉE.

Dwina. Le 14, le général Sébastiani saivaut rarrière-garae ennemie, culbuta cinq cents Cosaques, et arriva à Drouïa.

Le 13, le duc de Reggio se porta sur . JDunabourg, brûla d'assez belles baraques que Tennemi avait fait construire , fit lever le plan des ouvrages, brûla des magasins, et fit cent cinquante prisonniers. Après^ cette diversion sur la droite, il marcha sur Drouïa.

Le 15, Fennemi, qui était réuni de son camp retranché de Drissa, au nombre de cent à cent vingt mille hommes, instruit gue notre cavalerie légère se gardait mal, ut jeter un pont, fit passer cinq mille hommes d'infanterie, et cinq mille hommes de cavalerie, attaqua le général Sébastiani à l'improviste, le repoussa d'une lieue et lui fit éprouver une perte d*une centaine d'hommes tués , blessés et prisonniers, parmi lesquels se trouvent un capitaine et on sous-lieutenant du 11' de cbasseurs.

Le général de brigade baron Saint-Geniés, blessé mortellement, est resté au pouvoir de l'ennemi.

Le 1 6, le maréchal duc de Trévise, avec une partie de la ffarde à pied et de la garde à cheval, et ïa cavalerie légère bavaroise, arriva à Gloubokoé. Le Vice-Roi arriva à Dockchitsié le 17.

Le 18, l'Empereur porta son quartiergénéral à Gloubokoé.

Le 20, les maréchaux ducs d'Istrie et de Trévisè étaient à Ouchatsch ; le Yice-Roi à Kamen, le roi de Naples à Disna.

Le 18, l'armée russe évacua son camp retranché de Drissa, consistant en une douzaine de redoutes palissadées, réunies par un chemin couvert et de trois mille toises de développement dans l'enfoncement de la rivière. Ces ouvrages ont coûté une année de travail; nous les avons rasés.

Les immenses magasins qu'ils renfermaient ont été brûlés ou jetés dans l'eau.

Le 19, l'empereur Alexandre était à Witepsk.

Le même jour, le général comte Nansouty était vis-à-vîs Polotsk.

Le ^0, le roi de Naples passa la Dwina et fit inonder la rive droite par sa cavalerie.

Tous les préparatifs que l'ennemi avait faits pour défendre lo passage de la Dwina, ont été inutiles. Les magasins qu'il formait à grands frais depuis trois ans, ont été détruits. Il est tels de ses ouvrages qui, au dire des ^ns du pays, ont coûté dans une année six mille nommes aux Russes.

On ne sait sur quel espoir ils s'étaient flattés qu'on irait les attaquer dans les camps qu'ils avaient retranchés.

Le général comte Grouchy a des reconnaiManoes sur Babinovitch et sur Sienne. De tous odtés on marche sur l'Oula. Cette

rivière est réunie par un canal à la Bérésina, qui se jette dansleBorysthène; ainsi nous sommes maîtres de la communication de la Baltique à la Mer-Noire.

Dans ses mouvements, l'ennemi est obligé de détruire ses bagajges, de jeter dans les rivières son artillerie, ses armes. Tout ce qui est Polonais, profite de ces retraites précipitées, pour déserter et rester dans les bois jusqu'à Tarrivée des Français. On peut évaluer à vingt mille les déserteurs polonais qu'a eus rarméê russe.

Le maréchal duc de Bellune, avec le neuvième corps, arrive sur la Yistule.

Le maréchal duc de Castiglione se rend à Berlin, pour prendre le commandement du onzième corps.

Le pays entre l'Oula et la Dwina est très beau, et couvert de superbes récoltes. On trouve souvent de beaux châteaux et de grands couvents. Dans le seul bourg de Gloubokoé, il y a deux couvents qui peuvent contenir chacun douze cents malades.

NEUVIÈME BULLETIN

Bechmkotniki, ie Ssym'IM 181t.

L'Empereur a porté son quartier-général le 23 à Kamen, en passant par Ouchatsch.

Le Vice-Roi a occupé, le â2, avec son avant-garde, le pont de Rotscheiskovo.

Une reconnaissance de deux cent soixante chevaux, envoyée sur Bechenkoviski, a rencontre deux escadrons de hussards russes et deux de Cosaques, les a chargés, et leur a pris ou tué une douzaine d'hommes, dont un officier. Le chef d'escadron Lorenzi, qui commandait la reconnais-* sance, se loue des capitaines Bossi et Ferreri.

Le 23, à six heures du matin, le Vice- Roi est arrivé à Bechcnkoviski. A dix heures, il a passé la rivière, et a jeté un pont sur la Dwina. L'ennemi a voulu disputer le passage ; son artillerie a été démontée. Le colonel Lacroix, aide-de-camp du Vice-Roi, a eu la cuisse cassée par une balle.

L'Empereur est arrivé à Bechenkoviski le ^, à deux heures après midi. La division de cavalerie du général comte Bruyères, et la division du général comte Saint-Germain, ont été envoyées sur la roule de Witepsk; elles ont couché à michemin.

Le 20^ le prince d'Eckmiihl s'est porté sur Mohilow. Deux mille hommes qui formaient la garnison de cette ville, ont eu la témérité de vouloir se défendre ; ils ont

1416 luifibb.

(Hé éelimés p«f lA eavalerie légèie. Le 91 , trois mille Cosaques ont attaqué les avantpostes da prince d'Eckmubl; c'était Tavant-ffarde du prince Bagration, venue de Bobrunsk. Un bataillon du 85« a arrêté ççlte nuée de cavalerie légère, et Ta repoussée au loin. Ba^ation paraît avoir profité du peu d'activité avec laquelle il a elé poursuivi, pour se porter sur Bobrunsk, et de là il est revenu sur Mohilow.

Nous occupons Mobilow, Orcha, Msna, Folotsk. Nous marcbons sur Witepsk, où il paraît que l'armée russe s'est réunie.

Ci-joint le plan du camp retranché et des lignes que l'ennemi avait faits devant Ilrissa. C'est un ouvrage de tongue haleine.

DIXIEME BULLETIN

Wikpih, U tl i^Ui ISIS.

L*empereur de Russie et le graud-duc

Constantin ont quitté l'armée et se sont rendus dans la capitale. Le 17. l'armée russe a quitté le camp retranché de Drissa. et s'est portée sur Polotsk et Witepsk. L'armée russe qui était à Drissa consistait en cinq corps d'armée, chacun de deux divisions, et de quatre divisions de cavalerie. Un corps d'armée, celui du prince Witlgenstein, est resté pour couvrir Pétersbottrg; les quatre autres corps, arrivés le 24 à Witepsk, ont passé sur la rive gauche de la Dwina. Le corps d'Ostermann, avec une partie de la cavalerie de la garde, s'est mis en marche le 25 à la pointe du jour, et s'est porté sur Ostrovno.

Combat d'Oêtravno.

- Le tK juillet, le Général Nansouty, avec les divisions Bruyères et Saint-Germain, et le 8* régiment d'infanterie légère, se rencontra avec l'ennemi, à deux lieues en avant d'Ostrovno. Le combat s'eneagea.

Diverses charges dexavalerie eurent lieu : toutes furent favorables aux Français. La cavalerie légère se couvrit de gloire. Le roi de Naples cite, comme s'étant fait remarquer, la brigade Pire composée du 8* de hussards et du 16* de chasseurs. La cavalerie russe dont partie appartenait à la garde, fot culbutée. Les batteries que rennemi dressa contre notre cavalerie furent enlevées. L'infanterie russe qui s'avança pour soutenir son artiliene, fut rompue et sabrée par notre cavalerie lé-

Le Mk le Yice-Boi, marchant en tète des coioanes avec la division Delzons, un

combat opiniâtre d'avant-garde de ouiBni â vingt mille hommes s'engagea a une lieue au-delà d'Ostrovno. L^ Busses furent chassés de position en position. Les bois furent enlevés à la baïonnette.

Le roi de Maples et le Vice-Boi citant avec éloges les généraux baron Delzons, Huard et Bousseï; le 98* d'infanterie légère, les 84* et 92* régiments de ligne, et le 1*' régiment croate, se soiit fait remarquer.

Le général Boussel, brave soldat, après s'être trouvé toute la journée à la tète dot bataillons, le soir à dix Jieures, visitant lea ' avant-postes, un éclaireur le prit pour un ennemi, fit feu, et la balle lui fracassa le cr&ne. Il avait mérité de mourir troie heures plus tôt sur le champ de bataille, de la main de Tennemi.

Le 27, à la pointe du )our< le Yiee-ftoi fit déboucher en tète la division Broussier. Le 18* régiment d'infanterie lé^ et la brigade de cavalerie légère du liaroa de Pire, tournèrent par la droite. La divisioB Broussier passa par le grand chemin et fit réparer un petit pont que l'ennemi avait détruit. Au soleil levant, on aperçut Farrière-garde ennemie , forte de dix mille hommes de cavalerie, échelonnée dans la

I)laine, la droite appuyée à la Dwina, et a gauche à un \hhs garni d'infanterie et d'artillerie. Le général comte Broussier prit position sur une éminence avec le 53* régiment, en attendant que toute sa (fivision eût passé lo défilé. Deux compagnies de voltigeurs avaient pris les devants, seules; elles tongèrent la rive du fleuve, marchant sur cette énorme masse de cavalerie, qui fit un mouvement en avant, et enveloppa ces deux cents hommes, que Ton crut perdus et qui devaient l'être. 11 en fut autrement; ils se réunirent avec le plus grand sang-froid, et restèrent pendant une heure entière, investis de tous côtés, ayant jeté par terre plus de trob caits cavaliers ennemis. Ces compagnies donnèrent à la cavalerie française le tempe de déboucher.

La division Delzons fila sur la druita. Le roi de Naples dirigea l'attaque du bois et des batteries ennemies ; en moina d'une heure toutes les positions de rennemi fièrent emportées, et il fiit re^ dans la plaine, au-deU d'une petite rivière qui se jette dans la Dwina sous Witepsk. L'armée prit position sur les boTuS de cette rivière à une lieue de la ville.

L ennemi montra dans la plaine quinze mille hommes de cavalerie et soixante mille hommes d'infanterie. On espérai!

une bataille pour le lendemain. Les Russes se vantaient de vouk>ir la livrer. L'Eamereur passa le reste du jour à reconnaître le champ de bataille et à faire ses disjiusitions pour le lendemain; mai^v & m

tes?

pmle du jour, Famée russe avait battii eu relraiie dans ioales tes directions, se rendant sur Smolensk.

L'Empereur était sur itue hauteur, tout près des deux cents volligeurs, qui seuls, ' en plaine, avaient attaqué ta droite de la cavalerie ennemie. Frappé de leur bette eoatenance, il envoya demander de quel corps ils étaient. Ils répondirent : a Du, » i\»uffi%bfM^ et kê trois quarts enfants » de Paris I — Dites^leur , dit i'Impe- » reur, que ce sont de braves gens : ils » méritent Ums la oroix / » •

Les résultats des trois combats d'Ostrovno sont: dix pièces de canon russes attelées, prises; Les canonniers sabrés, vingt caissons de munitions, quinze cents prisonniers ; cinq ou six miUe Russes tués ou blessés. Notre perte se monte à deux cents hommes tués, neuf cents blessés et une cinquantaine de prisonniers..

Le roi de Naples £âit un éloge particulier des généraux Bruyères, Pire et Or* nano, du colonel Radziwill , commandant le Q"" de lanciers potonais , officier d'une rare intrépidité.

Les hussards rouges de la garde russe ont été écrasés, ils oni perdu quatre cents hommes, dont beaucoup de prisonnéevs.

Les Russes ont eu trois généraux tués ou blessés ; bon nombre de colonels et d'officiers supérieurs de leur armée sont resté» sup le champ de bataille.

Le 28, à lA pointe du jour , nous sommes entrés à Wilepsk, ville de trente mille habitants. Il y a vingt couvents. Nous y avons trouvé quelques magasins, -entre autres un magasin de sel évalué J 5,000,000.

Pendant que Taimée marchait sur Witepsk, le prince d'Ëckmiihl était attaqué à Mohilow.

Bagration passa la Bérésina à Bobrunski, et maidia sur Novoi-Bickow. te 23, à la pointe du jour, trois mille Cosaques atta« quèrent le ^^ de chasseurs et lui prirent cent hommes, au nombre desquels se trouvent le colonel et quatre officiers, tous blessés. La générale battit : on en vint aux ' mains. Le général russe Sicverse , avec deux divisions d'élite, cooimença l'attaque: depuis huit heures du matin jusqu'à ciiiq heures du soir, le feu fut engagé sur la lisière du bois et au pont que les Russes voulaient forcer. A cinq heures le prince d'Eckmiihl fit avancer trois bataillous (ïélite, se mit à leur ItUe, culbuta les Russes, leur enleva leurs positions, el les poursuivit pendant une lieue. La perte des Rus ses est évaluée à trois mille hommes tués et blessés et onze cents prisonniers. Nous avons perdu sept cents hommes tués ou blessés. Bagration, repoussé, se rejeta sur Bickow, où il passa le Borysltièue pour se l^prter sur Smolensk.

Le» coQibats de Muhibw et d'Ostrovuo

ont été briHanls cl hononiblaB pour nos armes; nous n'avons eu d'engagé que la moitié des iSorces que l'enneini a présentées, le terrain ne comportant pas a'autres développements.

ONZIÈME BULLETIN

r«mNft»M4«iÉf4ai9.

Les lettres interoeplées du camp de Ba^ gration parlent des perte» qu'a laites ce corps dans le combat de Mobilêw, et de rénorme désertion qu'il a épiquvée m roule. Tout ce aui était^'Poloûaiu est resté daos le pays ; de sorte que ee coroi qui^ en y comprenant les Cosacpies^de Platow, était de cinquante miHe hommes^ n'est pas actuellement fort de trente miiie beomies. Il se réunira vers le 7 ou le ft aoât> à Smolensk, à la Grande- Année..

La position de l'armée, au 4 aoûC, est la suivante :

Le quartier-général est à Wilepsk, avec quatre ponts sur la ûwina ;

Le quatrième eorns, à Soura}, occupaat Velij, Porietchè et ôusviaht ;

Le roi de Naples , à Boudina, aveo les trois premiers eocps de cavalerie.

Le premier coros, que commande le maréchal prince d'Ëckmûhl, est à l'emboU" chure de la Bérésina, dans le Borysthène, avec deux ponts sur ce dernier fleuve^ et un pont sur la Béminà, et des doubles tètes de pont ;

Le troisième cor^m , commandé par le maréchal duc d'Ëichingen, est à Liozna ;

Le huitième corps , que commande le duc d'Abrantès, est à Oroba, avec deux ponts et des têtes de pont sur le Borysthène;

Le troisième eor^, commandé par le prince Poniatowski, est à Mokilow , avec deux ponts et des tètes de pont sur le Borysthène;

Le deu&ième corps , eoinraandé par le maréchal duc de Beggîo, est sur la Drissa, on avant de Polotsk, sur la route de Se-

Le prioce de Scfawarzenberg est avec son corps à Slonim;

Le septième corps est sur Rozana ;

Le quatrième corps de cavalerie, av^.

une division d infanterie, commandée par le général comte Latour-Maubourg, est devant Bobrunsk et Mozier ;

Le dixième corps, oommandépar le duc de Tarente, est devant ûuaaJKmrg et

Le neuvième corps , commandé par le duc de Bellone, se réunit à Tilsttt :

Le onzième corps, commandé par [e<hie ; de CastiglLons, est à Stettia.

L'EMPIBB.

Sa MajeBtéamisrannée en quartier de rafraîchissement. La chaleur est excessive, plus forte qu'en Italie. Le thermomètre est a 26 et 27 degrés : les nuits mêmes sont chaudes.

Le général Kamenski , avec deux divisions du corps de Bagration, ayant été coupé de ce corps, et narrant pu le rejoindre, est rentré en Wolhynie, s est réuni à des divisions de recrues commandées par le général Tormasow, ei a marché sur le septième corps. Il a surpris et cerné le général de brigade Keugier, saxon , ayant sous ses ordres une avantngarde de deux bataillons et de deux escadrons du régiment du prince Clément. Après six heures de résistance, la plus grande partie de cette avant-garde a été tuée ou prise : le

Sénéral comie Régnier n'a pu venir que eux heures après à son secours. Le prince de Schwanenberg s'est mi8« le 30 juillet, en marche pour rejoindre le général Re- «nier et pousser vivement la guerre contre tes divisions ennemies.

Le 19, le général prussien Grawert a attaqué les Russes à Ekau en Gourlande, les a culbutés, leur a fait deux cents prisonniers et leur a tué bon nombre d'hommes. Le général Grawert se loue du major Stiern, qui , avec le 1*' régiment de dracens prussiens , a eu une grande part à raifalre. Réuni au général Kleist, le général Grawert a poussé vivement Fennemi sur le chemin de Riga, et a investi la tète du pont.

Le 30, le Vice-Roi a envoyé à VeliJ une brigade de cavalerie légère italienne.

Deux cents hommes ont diargé quatre bataillons du dépôt, qui se rendaient à Twer, les ont rompus, ont fait quatre cents prisonniers et pris cent voitures chargées de munitions de guerre.

Le31, Taide-de-camp Triaire, envoyé avec le régiment de dragons de la Reine de la jçarde royale italienne, est arrivé à Ousviath, a fait prisonniers un capitaine et quarante hommes, et s'est emparé de deux cents voitures cnargées de Canne.

Le 30, le maréchal duc de Reggio a marché de Polotsk sur Sebej. Il s'est ren* contré avec le général 'Witt^nstein, dont le corps avait été renforce de celui du prince Repnin. Un combat s'est engagé près du château de Jacoubovo. Le i6' régiment d'infanterie légère s'est couvert de gloire. La division Legrand a soutenu glorieusement le feu de tout le corps ennemi.

Le 31, l'ennemi s'est porté sur la Drissa pour attaquer le duc de Regsio par son flanc pendant sa marche. Le Maréchal a pris position derrière la Drissa.

Le !•' août, Tennemi a fait la sottise de passer la Drissa et de se placer en bataille devant le deuxième corps. Le duc de Reggio a laissé passer la rivière à la moitié au

corps ennemi, et quand il a vu enTinm quinze mille hommes et quatorze pièces de canon engagés au-delà de la rivière, il a démasqué une batterie de quarante pièces de canon qui ont tiré pendant une demi-heure à portée de mitraille. En même temps les divisions Legrand et Verdier ont marché au pas de charge, la baîonneUe en avant, et ont jeté les quinze mille Russes dans la rivière. Tous les canons et caissons pris, trois mille prisonniers, parmi lesquâs beaucoup d'ofnders et un aioe-decamp du général Wit^^stein, et trois mille cinq cents hommes tués ou noyés, sont le râultat de cette affaire.

Ce combat de Drissa, ceux d'Ostrowno et de Mohilow , dans d'autres guerres, pourraient s'appeler trois batailles. Le doc de Reggio fait le plus grand éloge du général comte Legrand, dont le sang-froid est remarquable sur le champ de bataille. 11 se loue beaucoup de la conduite du 26* ré-

giment d'infanterie légère et du 56* de gne.

X'emnereur de Russie a ordonné des levées d'nommes dans les deux gouvernements de Witepsk ^ de Mohilow. Mais, avant que ses ukases y fussent arrivés, nous étions maîtres de ces provinces. Ces mesures n'ont donc rien produit.

Nous avons trouvé à Witepsk des proclamations du prince Alexandre de Wurtemberg, et nous avons appris qu'on s'amusait, en Russie^ à chanter des Je Deum à l'occasion des victoires obtenues par les Russes.

DOUZIÈME BULLETIN

AU combat de la Drissa, le général russe Koulniew, officier de trotipes légères, très distingué, a été tué. Dix autres géneraoi ont été blessés: quatre colonels ont élé tués.

Le général Ricard est entré avec sa brigade dans Dunabourg, le 1*^ août. Il y a trouvé huit pièces de canon ; tout le reste avait été évacué. Le duc de Tarente a dA s'y porter le 2. Ainsi, Dnnaboarjç, que l'ennemi travaillait à fortifier depuis cinq ans, où il a dépensé plusieurs millionB, qui a coûté la vie à plus de vingt nulle hommes de troupes russes, pédant la dorée des travaux, a été abandonné sans tirer un coup de fusil, et est en notre noovoir. comme les autres ouvrages de rennemi, et comme le camp retranché qu'il avait fait à Drissa.

En conséquence de la prise de Duna-

BULLETINS DE LÀ GRANDE-ÂRMtiE.

avancer sur le NiémeD , rétrogradât sar Dantzifff et fût mis en dépAt dans cette place. Au commencement de la campagne, on avait préparé deux équipages de siège, Tune contre Dunabourg, et l'autre contre J^ga.

Les magasins de Witepsk s'approvisionnent, les hôpitaux s'organisent, les manutentions s'élèvent.

Ces dix jours de repos sont extrêmement utiles à l'armée. La chaleur est d'ailleurs excessive. Nous avons ici plus chaud que nous n'avons eu en Italie. Les moissons sont superbes ; il parait que cela s'étend à toute la Russie. L'année dernière avait été mauvaise partout. On ne commencera à couper les seigles que dans huit ou dix jours.

Sa Majesté a fait faire une grande place devant le palais qu'elle occupe à Witepsk. Ce palais est situé sur le bord de la rive fi^auche de la Dwina. Tous les matins, à SIX heures, il y a grande parade, où se trouvent tous les omciers de la garde. Une des briffades de la garde en grande tenue défile alternativement.

TREIZIÈME BULLETIN

SmoUmU, U SI août iSIt.

Uparatt qu'au combat deMohilow, gagné par le prince d'Eckmiihl sur le prince BagraUon, le 23 juillet, la perte de l'ennemi a été considérable.

Le duc de Tarente a trouvé vingt pièces de canons à Dunabourg, au lieu de huit qui avaient été annoncées. Il a fait retirer de l'eau plusieurs bâtiments chargés de plus de quarante mille bombes et autres prqiectiles. Une immense quantité de munitions de guerre a été détruite par l'ennemi. L'ignorance des Russes en fait de fortifications se fait voir dans les ouvrages de Dunabourg et de Drissa.

Sa Majesté a donné le commandement de sa droite au prince de Schwartzenberg, en mettant sous ses ordres le septième corps. Ce prince a marché contre le général Tormazow, l'a rencontré le 13, et l'a battu. Il Huit le plus grand éloge des troupes autrichiennes et saxonnes. Le prince Schwarlenberg a montré dans cette circonstance autant d'activité que de talent. L'Empereur a fait demander des avancements et des récompenses jpoor les officiers de son corps d'armée qui se sont distingués.

Le 8, la Grande-Armée était placée de la manière suivante :

Le prince Yice-Roi était à Souraj avec le quatrième corps, occupant par des avanWgardes Velij, Ouswiath et Porietch ;

Le roi de Naples étaitàNikQUlino, avec la cavalerie occupant Inkovo ;

Le maréchal duc d'Elchingen , commandant le troisième corps, était à Liozna ;

Le maréchal duc d'Eckmiihl , conunandant le premier corps, était à Doubrowna ;

Le cinquième corps , commandé par le prince Poniatowskî, était à Mohilow ;

Le quartier-général était à Witepsk;

Le deuxième corps, commandé par le maréchal duc de lleggio, était sur la Drissa ;

Le dixième corps, commandé par le duc de Tarente, était sur Dunabourg et Riga.

Le 8 août, douze mille hommes de cavalerie ennemie se portèrent sur Inkovo, et attaquèrent la division du général comte Sébastiani, qui fut obtisée de battre en re- . traite l'espace d'une demi-lieue pendant toute la journée, en éprouvant et faisant éprouver à l'eanemi des pertes à peu près égales. Une compagnie de voltigeurs du 24« régiment d'infanterie légère, faisant partie d'un bataillon de ce régiment, qui avait été confié à la cavalerie ^ur tenir position dans le bois, a été prise. Nous avons eu deux cents hommes environ tués et blessés : l'ennemi peut avoir perdu le mâme nombre d'hommes.

Le 12, l'armée ennemie partit de Smolensk, et marcha par différentes directions avec autant de lenteur que d'hésitation sur Porietch et Nadra.

Le 10 , l'Empereur résolut de marcher à l'ennemi, et de s'emparer de Smolensk, en s'y portant par l'autre rive du Borysthène. Le roi de Naples et le maréchal duc d'Elchingen partirent de Liozna, et se rendirent sur le Borysthène,près de l'embouchure de la Bérésina, vis-à-vis Khomino, où, dans la nuit du 13 au 14, ils jetèrent deux ponts sur le Borysthène.

Le Yice-Roi partit de Souraj et se rendit, par Janovitski et Lionvavistchi, àRasasna, où il arriva le 14.

Le prince d'Eckmiihl réunit tout son corps aDoubrowa le 13.

Le général comte Grouchy réunit le troisième corps de cavalerie à Rasasna le 12.

Le général comte Eblé fit jeter trois ponts a Rasasna le 13.

Le quartier-général partit de Witepsk et arriva à Rasasna le 13.

Le prince Poniatowski partit de Mohilow et arriva le 13 à Romanow.

Le 14, à la pointe du jour, le général Grouchy marcha sur Liadié, il en chassa deux régiments de Cosaques et s'y réunit avec le corps de cavalerie du général comte Nansouty.

Le même jour, le roi de Naples, appuyé par le maréchal duc d'Elchingen, arriva à Krasnoï. La vingt-septième division ennemie forte de cinq mille hommes

L'EMPIRE

dinfaiilerie, M soutenue fiâr deux lâilic chevaux et douze pièces decamm, était en posiUott devant cette ville. Elle fut atta-

2 née el déjiosiée en un moment, par ie duc 'Elchiogen. Le t^' régiment d'infanterie atiaqua ia petite viUe de Krasnoï à la baionMite avec intrépidité. La cavalerie exécuta des charges admirahles. Le Général de brigade baron Bordesoult et le 3' régiment de chasseurs se distin^èrent.

La prise de huit pièces d'artillerio, dont cinq de 12 et deux licornes, et de quatorze eaisaons attelés, quinze centa prisonniers, un champ de bataille jonché de plus de mille cadavres russes ; tels lurent les avantages du combat de Krasnoï, où la diviiiott russe qui était de trois mille hommes, perdit la moitié de son monde.

Sa Majesté avait, le 15, son quartier^ général à la poste de Kovoaitnia.

Le 16 au matin, les hauteurs de Smo* lensk furent couronnées ; la ville présenta à nos yeux une enceinte de murailles de< quatre mille toises de tour, épaisses de dix pieds et haute de vingt-cinçf , entremêlées de touri« dont plusieurs étaient armées de canons oe gros calibre.

Sur la droite du Borysthène, on apercevait et l'on savait que les corps ennemis tournés, revenaient en grande hâte sur leurs {Mts, pour défendre Sinolensk. On savait que les généraux eilnemis avaient des ordres réitères de leur mattre de livrer bataille et de sauver Smolénsk. L'Emt)oreur reconnut la ville, et plaça son armée, qui lut en position dans la journée du 16. Le maréchal duc d'Elchingen eut la gauche au Borysthène; le maréchal prince d'Ëchmiihl le centre; le prince Poniatowaki la droite: la garde fut mise en réserve au centre: le Vice-Roi en réserve à la droite, et la cavalerie sous les ordres du roi de Naples 4 Textrème droite. Le duc d'Abrantès avec le huitième corps, s'était égaré et avait fait un faux mouvement.

Le 16, et pendant la moitié de la journée du 17, on resta en observation. La fusillade se soutint sur la ligne. L'ennemi occupait Smolénsk avec trente mille hommes, et le reste de son armée se formait sur les belles positions de la rive droite du fleuve, vis-a-vis la ville, communicant par trois ponts. Smolénsk est considéré par les Russes comme ville forte et comme le boulevart de Moscou

Le 17, à deux heures après midi, voyant que l'ennemi n'était pas débouché, qu'ils se fortifiait dans Smolénsk et qu'il refusait la bataille; que malgré les ordres qu'il avait et la belle position au'il pouvait prendre, sa droite à SmoleasK et sa gauche au cours du Borysthène, le général ennemi manquait de résolution, l'Empereur se porta sur la droite^ et ordonna au prince Poniatowski de faire changement

de front, la droite en avait, et de placer sa droite au Borysthène, en ooccq^t iii des faubourgs par des postes et des batteries pour couper le pont et intavepler la communication de la ville avec la rive droite. Pendant ce temps, le maréciMl prince d'Eckmiihl eut ordre de foire attaquer deux foubourgs que l'ennemi avak retranchés à deux nulle toises de la place et qui étaient défendus chacun par sept ou huit mille hommes d'infanterie et par du gros canon. Le général comte Priant eut ordre d'achever 1 investissement, en ap* ouyant sa droite au corps du prince Poniatowski, et la gauche à la droite de Taitaque que faisait le prince d'ËckmôliL

A deux heures aprèsHuidi, la division de cavalerie du comte Bruyères, ayant chassé les Cosaques et la cavaksirie ennemie, occupa le plateau qui se rapproche le plus du pont en amont. Une batterie de soixante pièces d'artillerie fut établie sur ce plateau, et tira à mitraille sur la partie de l'armée ennemie restée sur la rive droite de la rivière, ce gui obligea bientôt les masses d* infanterie rosse à évacuer cette position.

L'ennemi plaça alors deux batteries de vingt pièces de canon à un couvent, pour inquiéter la batterie qui le foudroyait et celles qui tiraient sur le pont. Le prince d!Eckmùhl confia l'attaque du faubourg de droite au général comte Morand , et celle du faubourg de gauche au général c^mte Gudin. A trois heures, la canonnade s'engagea: à quatre heures et demie commença une vive fusillade, et à cinq heures les divisions Morand et Guriin en* levèrent les faubourgs retranchés de l'ennemi avec une froide et rare intrépidité, et le poursuivirent jusque sur le cbemiii couvert, qui fut jcrnché de cadavres russes.

Sur notre gauche, le duc d'Elchinf^en attaqua la position que l'ennemi avait kors de la ville, s'empara du site et poursuivit l'ennemi jusque sur le glacis.

A cinq heures, la communication de la ville avec la rive droite devint dlfficiie el ne se fit plus que par des hommes isolés.

Trois batteries de pièces de 12 de brèche furent placées contre les murailles à sbc heures du soir, l'une par la division Friand. et les deux antres par les divisions Morano et Gudin. On déposta l'ennemi des tours qu'il occupait, par des obus qui y mirent le feu. Le général d'artillerie comte Sorbier rendit impraticable à l'ennemi Toccapation de ses chemins couverts par des balteries d'enfilades.

Cependant, dès deux heures après midi, le général ennemi, aussitôt qu'il s'aperçut

2u^n avait des projets sérieux sur la ville, t passer deux divisions et deux régimeols d'infanterie de la garde pouf renforcer Jes quatre divisions qui étaient dans la vîBft.

BtîLLETINS DE U GRilLNDE-^ARMgE.

lO&l

Ces forces réunies combosaieht la molMé de l'armée russe. Le combat continua toute la nuit; les trois batteries de brèche tirèrent avec la plus grande activité. Deux compagnies dé mineurs firent attachées aux remparts.

Cependant la Ville était en feu. Au milieu d'une belle nuit d'août , Smolensk oflrait aux Français fe spectacle qu*offre aux habitants de Naples une éruption du Vésuve.

A une heure après minuit, l'ennemi abandonna la villeiet repassa la rivière. A deux heures, les premiers grenadiers qui montèrent à Tassant ne trouvèrent plus de résistance; la place était évacuée, deux cents pièces de canon et mortiers de gros calibre, et une des plus belles villes de la Russie, étaient en notre pouvoir, et cela à la vue de toute l'armée ennemie.

Le combat de Smolensk, qu'on peut à juste titre appeler bataille , puisque cent mille hommes ont été engagés de part et d'autre, coûte aux Russes la perte de quatre mille sept cents hommes restés sur le , champ de bataille, de deux mille prisonniers la plupart blessés, et de sept à huit mille blessés. Parmi les morts, se trouvent Cinq généraux russes. Notre perte se monte à sept cents morts et à trois mille cent ou trois mille deux cents blessés. Le général de brigade Grabowski a été tué : les généraux de brigade Grandeau et Dalton ont été blessés. Toutes les troupes ont rivalisé d'intrépidité. Le champ de bataille à offert, aux yeux de deux cent mille personnes

3 ni peuvent l'attester, le spectacle d'un caavre ft-ançais ^ur sept ou huit cadavres russes. Cependant les Russes ont été pendant une partie des journées du 16 et du 17 retranchés et protégés par la fusillade de leurs créneaui.

Le 18, on a rétabli les ponts sur le Borysthène que l'ennemi avait brûlés ; on n est parvenu à maîtriser le feu qui consumait la ville, que dans la journée du 18, les $a[)eurs français ayant travaillé avec activité. Les maisons de la ville sont remplies de Russes morts et mourants.

Sur douze divisions qui composaient la grande armçe russe , deux divisions ont été entamées et défaites aux combats d'Ostrowno, deux l'ont été au combat de xMohî"low, et six au combat de Smolensk. il n'y ** a que deux divisons et la garde qui soient restées entières.

Les traits de courage qui honorent l'armée et qui ont distingué tant de soldats au combat de Smolensk , seront l'objet d'un rapport particulier. Jamais l'armée française n'a montré plus d'intrépidité que dans cette campagne.

QUAtOliZÎËME BULLETIN.

SmoleMk, U » août 1819.

Smolensk peut être considérée oomihë une des plus belles villes de la bussie. Sans les circonstance de la guerre qui f ont mis le feu, ce qui a consumé d'immerises magasins de inarchandises coloniales et de denrées de toute espèce , cette ville eût été d'une grande ressource pour l'armée : même dans l'état où elle se trouvé , elle sera de la plus grande utilité, sous te point de vue militaire 11 reste de grandes maisons qui offrent de beaux emplacements poilr les hôpitaux. La province de Smolensk est très fertile et très belte, el fournira de grandes ressources pour led subsistances et les fourrages.

Les Russes ont voulu , depuis leà évé^ nements de la guerre, lever une milice d'esclaves-paysans qu'ils ont armés de mauvaises piques. Il y en avait déjà cinq mille révnis ici; (i'était uu objet de dérision et de raillerie pour l'armée russe elle-même. On avait fait metUre à Foirdre du jour que Smolensk devait être le tombeau des Français , et que si l'on avait ju^é convenable d'évacuer la Pologne, c'était à Smolensk qu'on devait se battre pour ne pas laisser tomber ce boulevart de la Russie entre nos mains.

La cathédrale de Smolensk est une des plus célèbres églises grecgues de la Russie. Le palais èpiscopal forme une espèce de ville k part.

La chaleur est excessive: le thermomètre s'élève jusqu'à vingt-six degrés ; Il fait plus cliauu qu'en Italie.

Combat de PoloUk.

Après le combat de Drissa , le dUc dé R^ggio, sachant que le général enikei&i Wittgenstein s'était renforcé de douie trol^ sièmes bataillons de la garnisoh de Dunabourg, et voulant l'attirera un combat endeça du défilé sous Polotsk,^ vint ranger les deuxième et sixième corps ea bataille sous Polotsk. Le général Wittgenstein le suivît, l'attaqua le 16 et lé 17, et fut vigoureusement repoussé. La division bavaroise de Wrede, du sixième corps , s'est distinguée. Au moment où le duc de Reggio faisait ses dispositions pour profiter de la victoire et acculer l'ennemi sur le défilé, il a été frappé à l'épaule paf un biscaïen. Sa blessure, qui estjrrave, l'a obligé à se faire transporter à Wilna ; mais il ne paraît pas qu'elle doive être f tt* quiétante pour les suites.

Le général comte Gouvion-Saint-Cyr H pris le commandement des deuxième M dixième corps. Le 17 ftH loir, l*toDetnl B'é^

L'BMPIBB.

tait retiré au-deUi des défilés. Le général Terdier a été blessé. Le général Maison a été reconnu général de division, et l'a remplacé dans le commandement de sa division. Notre perte est évaluée à mille hommes tués et blessés. La perte des Russes est triple; on leur a iait cinq cents prisonniers.

Le 18, à quatre heures après midi , le général Gouvion-Saint-^yr, commandant les deuxième et sixième corps, a débouché sur Tennemi, en faisant attaquer la droite par la division bavaroise du comte de Wrede. Le combat s*est engagé sur toute la ligne ; Tennemi a été mis dans une déroute complète et poursuivi pendant deux lieues, autant que le jour Fa permis. Vingt pièces de canon et mille prisonniers sont restés au pouvoir de Farmée française.

Le général bavarois Deroy a été blessé.

Combat de Valoutina.

Le i9, à la pointedu jour, le pont étant achevé, le maréchal duc d*JElchingen déboucha sur la rive droite du Borysthène , et suivit l'ennemi. A une lieue de la ville, il rencontra le dernier échelon de Tarrièregarde ennemie. C'était une division de cinq à six mille hommes placés sur de belles hauteurs. Il les fit attaquer à la baïonnette par le A' régiment d*infanterîe de ligne et par le 72' de ligne. La position fut enlevée et nos baïonnettes couvrirent le champ do bataille de morts; trois à quatre mille prisonniers tombèrent en notre pouvoir.

Les fuyards ennemis se retirèrent sur le second échelon gui était placé sur les hauteurs de Yaloutina. La première position fut enlevée par le 18* de ligne, et sur les quatre heures après midi, la fusillade s'engagea avec toute l'arrière-garde de l'ennemi qui pr^ntait environ quinze mille hommes. Le duc d'Abrantès avait passé le Borysthène à deux lieues sur la droite de Smolensk ; il se trouvait déboucher sur les derrières de l'ennemi ; il pouvait, en marchant avec décision, intercepter la grande route de Moscou et rendre difficile la retraite de cette arrière-garde. Cependant les autres échelons de l'armée ennemie qui toient à portée, instruits du succès et de la rapidité de cette première attaque, revinrent sur leurs pas. Quatre divisions s'avancèrent ainsi pour soutenir leur arrière-garde , entre autres les divisions de grenaaiers qui jusqu'à présent n'avaient pas donné; cinq à six mule hommes de cavalerie formaient leur droite , tandis que leur jgauche était couverte par des bois garnis de tirailleurs. L'ennemi avait le plus grand intérêt à conserver cette position le

plus longtemps possible, die était très belle et paraissait inexpugnable. Nous n'attachions pas moins d'importance à la lui enlever, afin d'accélérer sa retraite et de faire tomber dans nos mains tous les chariots de blessés et autres attirails dont l'arrière- Çarde protégeait l'évacuation. C'est ce qui a donné lieu au combat de Yaloutina, l'un des plus beaux faits d'armes de notre histoire militaire.

A six heures du soir, la division Gudin, gui avait été envoyée pour soutenir le troisième corps, dès l'instant qu'on s'était aperçu du grand secours que l'ennemi avait enfoyé à son arrière-garde, déboucha en colonne sur le centre de la position ennemie, fut soutenue par la division du général Ledru, et après une heure de combat, enleva la position. Le général comte Gudin, arrivant avec sa division, a été, dès le commencement de Taotion, atteint par un boulet qui lui a emporté la cuisse; il est mort glorieusement. Cette perte est sensible. Le général Gudin était un des officiers les plus distingués de l'armée; il était recommandable par ses qualités autant que par son intrépidité. Le

général Gérard a pris le commandement e sa division. On compte gue les ennemis ont eu huit généraux tues ou blessés, un général a été fait prisonnier.

Le lendemain , à trois heures du matin, l'Empereur distribua sur le champ de bataille des récompenses aux régiments qni s'étaient distingués; et commele 127% qni est un nouveau régiment, s'était bien comporté. Sa Majesté lui a accordé le droit aavoir une aigle, droit que ce régiment n'avait point encore, ne s'etant trouvé jusqu'à présent à aucune bataille. Ces récompenses, données sur le champ de bataille, au milieu des morts, des mourants, des débris des trophées de la victoire, offraient un spectacle vraiment militaire et imposant.

L'ennemi, après ce combat, a tellement précipité sa retraite, que, dans la journée du 20, nos troupes ont fait huit limes sans pouvoir trouver de Cosaques, et ramassant partout des blessés et des traînards.

Notre perte, au combat de Yaloutina, a été de six cents morts et de deux mille six cents blessés. Celle de l'ennemi, comme l'atteste le champ de bataille, est triple- Nous avons fait un millier de prisonniers, la plupart blessés.

Ainsi, les seules divisions russes qui n'eussent pas été entamées aux combats

Erécédents deMohilow, d'Ostrovno, de :rasnoï et de Smolensk, l'ont été au combat de Yaloutina.

Tous les renseignements confirment que l'ennemi court en toute hftte sur Moscou; que son armée a beaucoup souffert dans les

préoéd^ts combats , et qu'elle éproave en outre une grande désertion. Les Polonais d^rtent en disant : Vous nous avez abandonnés sans combattre; quel droit avez-vous maintenant d'exiger que nous restions sous vos drapeaux P Les soldats russes des provinces de Mohilow et de Smolensk profitent également de la proximité de leurs villages, pour déserter et aller se reposer dans leur pays.

La division Gudin a attaqué avec une telle intrépidité, que l'ennemi s'était persuadé que c'était la garde impériale. C'est d'un mot faire le plus bel éloge du T régiment d'infanterie légère^ et des 12*. 21 « et 127* de ligne qui composent cette division.

Le combat de Valoutina pourrait aussi s'appeler une bataille, puisque plus de quatre-vin^l mille hommes s y sont trouvés engages. C'est du moins une affaire d'avant-garde du premier ordre.

Le général Grouchy, envoyé avec son corps sur la route de Donkovtchina, a . trouvé tous les villages remplis de morts et de blessés, et a pris trois ambulances contenant neuf cents blessés.

Les Cosaques ont surpris à Liozna un hôpital de deux cents malades wiirtembergeois, que, par négligence, on n'avait pas évacués sur Witepsk.

QUINZIÈME BULLETIN

Slawkow, h SB août 1813.

Le général de division Zayôncheck, commandant une division polonaise au combat de Smolensk, a été blessé. La conduite du corps polonais a étonné les Russes, accoutumés à le» mépriser : ils ont été frappés de leur constance et de la supériorité qu'ils ont déployée sur eux dans celte circonstance.

Au combat de Smolensk , et à celui de Valoutina, Tennemi a perdu vingt généraux tués, blessés ou prisonniers , et une très grande quantité d'officiers. Le nombre des hommes tués, pris ou blessés dans ces différentes affaires, peut se monter à vingtcinq on trente mille hommes.

Le lendemain du combat de Valoutina, Sa Majesté a distribué aux 12* et 31* régiments d'infanterie de ligne, et 7* régiment d'infanterie légère, un certain nombre de décorations de la Légion-d'IIonneur, pour des capitaines, pour des lieutenants sous-lieutenants, et pour dessous-officiers et soldats. Les choix ont été faits sur le champ , au cercle devant l'Empereur , et confirmés avec acclamation par les troupes.

L'armée ennemie, en s*en allant, brûle les ponts, dévaste les routes, pour retarder autant qu'elle peut la marche de l'armée française. Le 21, elle avait re-

eassé le Borysthène à Slob-Pniwa, >ujours suivie vivement par notre avantgarde.

Les établissements de commerce de Smolensk étaient tout entiers sur le Borysthène , dans un beau faubourg ; les Russes ont mis le feu à ce faubourg , pour obtenir le simple résultat de retarder notre marche d'une heure. On n'a jamais fait la guerre avec tant d'inhumanité. Les Russes traitent leur pays comme ils traiteraient un pays ennemi. I«e pays est beau et abondamment fourni de tout. Les routes sont superbes.

Le maréchal duc de Tarente continue à détruire la place de Dunabourg ; des bois dé construction, des palissades, des débris de blockauss, qui étaient immenses, ont servi à faire des feux de joie en l'honneur du 15 août.

Le prince de Schwarzenberg mande d'Ossiatif le 17, ({ue son avant-garde a poursuivi l'ennemi sur la route de Divin ; qu'il lui a fait quelques centaines de prisonniers, et l'a obligé à brûler ses bagages. Cependant le général Blanchi , commandant l'avant-garde, est parvenu à saisir huit cents chariots de bagages que l'ennemi n'a pu ni emmener ni brûler.

L'armée russe de Tormazow a perdu presque tous ses bagages.

L'équipage de siège de Riga a commencé son mouvement de Tilsitt pour se porter sur la Dwina.

Le général Saint-Cyra pris position sur la Dissa. La déroute de l'ennemi a été complète au combat dePolotsk du 18. Le brave général bavarois Deroy a été blessé sur le champ d'honneur : âge de soixante-douze ans et ayant près de soixante ans de service. Sa Majesté l'a nommé comte de TEmpire, avec une dotation de 30.000 francs de revenu. Le corps bavarois s étant comporté avec beaucoup de bravoure. Sa Majesté a accordé des récompenses et des décorations à ce corps d'armée.

L'ennemi disait vouloir tenir à Doroffhobouj. Il avait à son ordinaire remué de la terre et construit des batteries; l'armée s'étant montrée en bataille, l'Empereur s'y est porté; mais le général ennemi s'est ravise, a battu en retraite et a abandonné la ville de Doroghobouj , forte de dix mille âmes ; il y a huit clochers. Le quartiergénéral était le 26 dans cette ville. Le 27, n était à Slawkovo. L'avant-garde est sur Viazma.

Le Vice-Roi manœuvre sur la gauche, à deux lieues de la grand'ronte; le prince d'Ëckmtihl sur la grand'ronte, le prince Poniatowski sur la rive gauche d'Osma,

vnmiM.

ta prise tie Smolensk parait avoSr fait an fâcheux effet sur l'esprit des Russes. C'est Smolensk'la'Sainte, Smolmsk-ta- Forte; la Clef de Moscou, et mille aWres dictons populaires : Qui a Sfnolemk, a Mosœu, disent les paysans.

La chaleur est excessive ; il n'a pas plu depuis un mois.

Le duc de Bellune , arec le neuvième corps fort de trente mille hommes, est parti deTilsitt pourWilna, devant former la réserve.

SEIZIÈME BULLETIN

Viaxma, U 31 août 1812.

Le quartier-général de l'Empereur était le It à Slaskovo, le 28, près de Semlowo, le :âi>, dans un château à une lieue en arrière de Viazma, et le 50 à Viazma ; Tarmée iuarchaot sur trois colonnes, la gauche, formée par le Vice-Roi, se dirigeant par Konouchkino, Znamenskoï, Kostereckovo et Novoé : le centre formé par le roi de Naples, les corps du maréchal prince d'Efckmiilil , du maréchal duc d'Klchingen et la garde, marchant sur la grand roule, et la droite par le prince l^ouiatowski, marchant sur la rive gauche de l'Osma, par Volesk, Louchki, Pokroskoé et Slouchkino.

Le tl, Pennemi, voulant coucher sur la rivière de l'Osma, vis-à-vis du village de Ricbke, pris position avec son avantgarde. Le roi de Naples porta sa cavalerie sur la gauche de Tennemi, lui montra sept à huit mille hommes de cavalerie. Un bataillon ennemi fut enfoncé par le 4' régiment de lanciers. Une centaine de prisonniers fut le résultat de .cette petite affaire. Les positions de l'ennemi Turent enlevées, et il fut obligé de précipiter sa retraite.

Le 28, l'ennemi fut ))oursuivi. Les avantgardes des trois colonnes françaises rencontrèrent les arrière-gardes de l'ennemi ; elles échangèrent plusieurs coups de canon. L'ennemi fut r(3poussé partout.

Le général comte Caulaincourt entra dans Viazma le 29 à la pointe du jour.

L'ennemi avait brûlé les ponts et mit le feu à plusieurs quartiers de la ville. Viazma est une ville de quinze mille habilanls ; il y a quatre mille bourgeois, marchands et artisans ; on y compte trente-deux églises. On a trouvé des ressources assez consi-. dérables en farine, en savon, en drogues, etc., et de grands magasins d'eaunde-vie.

Les Russes ont brûlé les magasins, et les plus belles maisons de la ville étaient en feu à notre arrivée. Deux bataillons du 35* se sont emptoyés avec beaucoup d'a<>-

tivité à réteindr« : on «»t j^anrénu I te dominer et à sauver les trois quarts éft la ville. Les Gosaoues , âvànt^de partir, ont exercé le plus affreux pillage, ce qui a M\ dire aux habitants gue les Russes pensent que Viazma ne doit plus retourner sous leur domination, puisqu'ils la traitent d'Uné manière si barbare: Toute la population des villes se retire à Moscou. On dit qu'il y a aujourd'hui un million cinq cent imlle âmes réunies dans cette grande ville ; on craint les résultats de ces rassemblements. Les habitants disent que le génénd Kutusoff a été nommé général en chef de l'armée russe, et qu'il en a pris le oom* mandement le 18.

Le grand-duc Constantin, qui était revenu à l'année, étant tombé malade^ l'a quilbte.

Il est tombé un peu de pluie qui a abattu la grande poussière qui incommodait l'armée, l^ temps est aujourd'hui très-beau ; il se soutiendra, à ce qu'on croit, jusqu'au 10 octobre, ce qui donne encore, quarante jours de campagne.

blX-SEPTIÉME BULLETIN.

Gk^a», U 3 fjH^mbrê IHft^

Le quartier-impérial était, le 3t août, à Valitchero, le 1" et le .2 septembre, à Ghjat.

Le roi de Naples, avec l'avant-garde, avait, le 1*', son quartier-fiénéral à dix verstes en avant de Ghjat : le Vice-Roi, à deux lieues sur la gaucne, à la mtaie hauteur ; et le prince Ponialowskl, à deux lieues sur la droite. On a échangé partout quelques coups de canon et des coups de sabre, et Ton a fait quelques centaines de prisonniers.

La rivière de Ghjat se jette dans le Volga. Ainsi , nous sommes sur le pendant des eaux qui descendent vers la Met Caspienne. Le Ghjat est navigable juaqu'au Volga.

La ville de Ghjat a huit ou dix mille âmes de population; il y a beaucoup de maisons en pierres et efi briques ; plusieurs clochers et quelques faoriques de toile. On s'aperçoit que 1 agriculture a fait de grands progrès dans ce pays depuis quarante ans. Il ne ressemble plus en rien aux descriptions qu'on en a. Les pommesde-terre, les légumes et les choux y sont en abondance; les granges sont pleines; nous sommes en automne , et il lait ici le temps qu'on a en France au oommenoemen t d'octobre.

Les déserteurs, les prisonniers, les habilants» tout le monde s'aooorde à dire fttâ

KiSh

k fMft jgrtud^éMMre «^6 à M«»c6tt et daA6 r«tnnée nisse, qui est divisée d'topl*. nions, el gui a fait des pertes énormes dans les différents eombats. Une partie dt's irénéraux a été ctutngée; It paratt que Topinion de Tannée n'est t>as favorable aux plans du f^^iiéral Barciav de Tolly : on Taocuffe d'avoir fait battre ses divisions en détail.

Le .prince de Schwartzenberg est en Volfaynie ; les tusses fuient devant lui.

Des affaires asses chaudes ont eu lieu devant Riga ; les Prussiens ont toujours eu l'avantage.

Nous avons Ifonvé ici deux bulletins russes , qui rendent compte des combats devant Scnolensk et du combat de la Drissa. Ils ont paru assez curieux pour que nous les joignons ici. Lorsqu'on aura la suite de ces bulletins, on les enverra au Moniteur. Il paraît, par ces bulletins, que (o rédacteur a profité de la leçnn qu'il a reçue de Moscou, qu'il ne faut pas dire la vérité au peuple russe, mais le tromiier par des oiensonges. Le feu a été mis a Smolensk par les Russes ; ils l'ont mis aux faubourgs le lendemain du combat , lorsqu'ils ont vu notre pont établi sur le Borysttiène. Ils ont mis le feu à Doroghobouj, à Yiazma, à Ghjat; les Français sont parvenus à l'éteindre. Gela se conçoit facilement : les Français n'ont pas d'Intérêt à mettre le feu à des villes qui leur appartiennent, et à se Driver des ressources qu'elles leur offrent. Partout on a trouvé les caves remplies d'eau-de-vie, de cuir et de toutes sortes d'objets utiles à l'armée.

Si le pays est dévasté, si Thabitant souffre plus que ne le comporte la guerre, la faute en est aux Russes.

L'armée se repose le 2 et le 5 aux environs de Ghjat.

On assure que Tennemi -travaille à des camps retranchés en avant de Mojaisk, et à des lignes en avant de Moscou.

Au combat de Krasnoï, le colonel Marbeuf, du 6." de chevau-légers, a été blessé d'un cou|) de baïonnette, à la tète de son régiment^ au milieu d'un carré d'infanterie russe qu'il avait enfoncé avec une grande intrépidité.

Nous avons jeté six ponts sur la Ghjat.

DIX-HUITIKME BULLETIN.

Mofaïik, l^ 10 nTpttmhf 1819.

Le 4, l'Empereur partit de Ghjat et vint camper près de la poste de Gritueva.

Le 5, à six heures du jnatin, l'armée se mit en mouvement. A deux heures après midi, on découvrit l'armée russe placée, la droite da cAté de la Moskowa, la gau-

lée stir les lia^l(^r$ ^ la rite |ça«clrfî d^. la Kologa. A douze cents loisés eh avant de la gauche, l'ennemi avait commenté à fortifier un beau mamelon entre deux bois, où il avait placé neuf à dix mille hommes. L'Empereur l'ayant reconnu, résolut de né pas difl^r«r un moitieiit, et d'enlever celte position* Il ordonna au roi de Naples de passer la Kologa avec la dîvisioh Gmn* pans et la cavalerie. Le prince Poniatow-^ ski, qBi était venu par la droite, se trouva en mesure de tourner la position* A quattia heures, l'attaque commença. En une heure de temps, la redoute ennemie fut prise avec ses canons ; le corps ennemi chassé du bois et mis en déroute, après avoir laissé le tiers de son monijle sur le champ de bataille. A sept heures du soir le feu cessa.

Le 6, à deux heures du matin, l'Emp^ reur parcourut les avant-|ibstes ennemis t on passa la journée à se reconnaître.

L'ennemi avait une position très resserrée. Sa ffauche était fort affaiblie par la perte de ïà position de la veille ; elle était appuyée à un grand bois, soutenue par un beau mamelon couronné 'd'une redoute armée de vingtH^inq pièces .de canon.

Deux autres mamelons couronnés de redoutes, à cent pas l'un de l'autre, protégeaient sa ligne jusqu'à un grand viU lage que l'ennemi avait démoli, pour couvrir le plateau d'artillerie et d'infanterie, et y appuyer son centre. Sa droite passait derrière la Kologa en arrière du village de Borodino. et était appuyée à deux beaux mamelons couronnes de redoutes et de batteries. Cette position parut belle et forte. Il était facile de manœuvrer et d'obliger l'ennemi à l'évacuer ; mais cela aurait remis la partie, et sa position ne fut pas jugée tellement forte qu'il fallut éluder le combat. 11 fut facile de distinguer que les redoutes n'étaient qu'ébauchées, le fossé peu profond, non palissade, ni fraisé. On évaluait les forces de l'ennemi à cent vingt ou cent trente mille hommes. Nos forces étaient égales, mais la supériorité de nos troupes n était pas douteuse.

Le 7, à deux heures du matin, l'empereur était entouré des maréchaux à la po* sition prise i' avant-veille. A cinq heures et demie, le soleil se leva sans nuages ; la veille il avait plu : < C'est le soleil d'Austerlitz, > dit l'Empereur. Qnoiqn'au mois de septembre, il faisait aussi froid qu'en décembre en Moravie. L'armée en accepta l'augure. On battit au ban, et on lut l'ordre du jour suivant :

• Soldats, voilà la bataille que vous

> avez tant désirée! Désormais la victoire

> dépend de vous : elle nous est néces-

> saire ; elle nous donnera Tabondanoe « » de bons quartiers d'hiver, et un prom|ft

tOM

L'EKPIU.

» retour dans te Mtrie ! Condoisez-Toas » comme à Austerlitz, à Friedland, à Wi- » tepsk, à Smolensk, et qae la postérité » la plus recalée cite avec orgueil votre

> conduite dans cette journée ; que Ton » dise de vous : Il était à cette grande

> bataille sous les murs de Moscou! >

« Au camp impérial, sur les hauteurs

> de Borodino, le 7 septembre, à deux

> heures du matin. >

L*armée répondit par des acclamations réitérées. Le plateau sur lequel était l'ar* mée était couvert de cadavres russes du combat de Tavani-veille.

Le prince Poniatowski, qui formait la droite, se mit en mouvement pour tourner la foret sur laquelle Fennemi appuyait sa gauche. Le prince d'Echmiihi se mit en marche le long de la forêt, la division Gompans en tète. Deux batteries de soixante pièces de canon chacune, battant la position de Tennemi, avaient été construites pendant la nuit

A six heures, le général comte Sorbier,

?ui avait armé la batterie droite avec artillerie de la réserve de la garde, commença le feu. Le général Pernetty, avec trente pièces de canon, prit la tète de la division Gompans (quatrième du premier corps), qui lonsea le bois, tournant la tèle de la position de Tennemi. A six heures et demie, le général Gompans est blessé. A sept heures, le prince d*Ëckmiihl a son cheval tué. L attaque avance, la mousqueterie s'engage. Le Vice-Roi, qui formait notre ffaucne, attaque et prend le villase de Borodino que Tennemi ne pouvait défendre, ce village étant sur la rive gauche de la Kologa. A sept heures, le maréchal duc d'Elchingen se met en mouvement, et sous la protection de soixante pièces de canon que le général Foucher avait placées la veille contre le centre de l'ennemi, se porte sur le centre. Mille pièces de canon vomissent de part et d'autre la mort. A huit heures, les positions de l'ennemi sont enlevées, ses redoutes prises, i^t notre artillerie couronne ses mamelons. L'avantage de position qu'avaient eu, pendant deux heures, les batteries ennemies, nous appartient maintenant. Les parapets qui ont été contre nous pendant rattaque, redeviennent pour nous. L'ennemi voit la bataille p|eraue, qu'il ne la croyait que commencée. Partie de son artillerie est prise, le reste est évacué sur ses lignes en arrière. Dans cette extrémité, il prend le parti de rétablir le combat, et d'attaquer avec toutes ses masses ces fortes positions qu'il n'a pu (garder. Trois cents pi^es de canon françaises placées sur ces hauteurs, foudroient ses masses, et ses soldats viennent mourir au pied de ces parapets qu'ils avaient élevés tes jours précéaents avec tant de soin et comme des abris protecteurs .

€aTilefi^lt

La loi de Naplei, arec la eank diverses chargée. Le duc d'Elchingen se couvrit de gloire, et montra autant d'intrépidité que de sang-froid. L'Emp^eor ordonne une charge de front, la droite ea avant : ce mouvement nous rend msitres des trois quarts du chanq> de bataille. Le prince Poniatowski se bat dans tes bois avec des succès variés.

Il restait à l'ennemi ses redoutes de droite : le général comte Morand y marche et les enlève ; mais à neuf heures du matin^ attaqué de tous cotée, il ne peut s*y maintenir. L'ennemi , encouragé par œ succès, fit avancer sa réserve et ses dernières troupes pour tenter encore la fortune. La garde impériale en fait partie. Il attaque notre centre sur lequel avait pivoté notre droite. On craint, pendant on moment, qu'il n'enlève le village brûlé; la division Priant s'y porte : quatre-vingts

Kièces de canon françaises arrêtent daord, et écrasent ensuite les colonnes ennemies qui se tiennent, pendant deux heures, serrées sous la mitraille, n'osant pas avance, ne voulant pas reculer, et renonçant à l'espoir de la victoire. Le roi de Naples décide leur incertitude; il fait marcher le quatrième corps de cavalerie qui pénètre par les brèches que la mitraille de nos canons a faites dans les masses serrées des Russes et les escadrons de leon cuirassiers ; ils se débandent de tous côtés. Le général de division comte de Gaulaincourt, gouverneur des pages de l'Empereur, se porte à la tête du 5' de cuirassiers, culbute tout , entre dans la redoute de

gauche par la gorce. Dès ce moment, plus 'incertitude, la ibataille est (gagnée: il tourne contre les ennemis les vingt-etmne pièces de canon qui se trouvent dans la redoute. Le comte de Gaulaincourt, qui venait de se distinguer par cette hâle charge, avait terminé ses destinées; il tombe mort frappé par un boulet: mort glorieuse et digue d'envie l

Il est deux heures après-midi, toute espérance abandonne l'ennemi : la bataille est finie ; la canonnade continae encore; il se bat pour sa retraite et pour son salut, mais non plus pour la victoire.

La perte de l ennemi est énorme; douxe à treize mille hommes et huit à neuf mille chevaux russes ont été comptés sur le champ de bataille ; soixante pièces de canon et cinq mille prisonniers sont restés en notre pouvoir.

Nous avons eu deux mille cinq cents hommes tués et le triple de blessés. Notre

Eerte totale peut être évaluée a dix mille ommes ; celle de l'ennemi à quarante ou cinquante mille. Jamais on n'a vu un pareil champ de bataille. Sur six cadavres , il y en avait un français et cina russes. Quarante généraux russes ont été tués,

BULLETINS DE U GRANDB-ABMËE.

iosrr

Uesflés ou pris ; te général Bagration a élé blessé.

Nous avons perdu le général de division comte Montbrun, tué d'un coup de canon; le jgénéral comte Caulaincourt, qui avait été envoyé pour le remplacer, tué d'un même coup une heure après.

Les généraux de brigade Compère , Plauzonne, Marion, Huart, ont été tués ; sept ou huit généraux ont été blessés , la plupart légèrement. Le prince d'Eckmiihl n'a eu aucun mal. Les troupes françaises se sont couvertes de gloire et ont montré leur grande supériorité sur les troupes russes.

Telle est en oeu de mots l'esquisse de la bataille de la Hoskowa , donnée à deux lieues en arrière de Mojaisk, et à vingtcinq lieues de Moscou, près de la petite rivière de la Moskowa. Nous avons tiré soixante mille coups de canon , qui sont dé|à remplace par l'arrivée de nuit cents voitures d'artillerie qui avaient dépassé Smolensk avant la bataille. Tous les bois et les villages depuis le champ de bataille jusqu'ici sont couverts de morts et de blessés. On a trouvé ici deux mille morts ou amputés russes. Plusieurs généraux et colonels sont prisonniers.

L'Empereur n'a jamais été exposé; la garde, ni à pied, ni à cheval, n'a donné, et n'a pas perdu un seul homme.

La victoire n'a jamais été incertaine. Si l'ennemi, forcé dans ses positions, n'avait pas voulu les reprendre, notre perte aurait été plus forte que la sienne ; mais il a détruit son armée en la tenant depuis huit heures jusqu'à deux sous le feu de nos batteries, et en s'opiniàtrant à reprendre ce qu'il avait perdu. C'est la cause de son immense perte.

Tout;ie monde s'est distingué. Le roi de Naples et le duc d'Elchingen se sont fait remarquer.

L'artillerie, et surtout celle de la garde, s'est surpassée.

DIX-NEUVIÈME BULLETIN

Moicou, le 16 tgpUmbre 1819.

Depuis la bataille de la Moskowa, l'armée française a poursuivi Tennemi sur les trois routes de Mojaïsk, de Svenigerod et deKalouga, sur Moscou.

Le roi de Naples était le 9 à Koubiuskoë. le Vice-Roi à Rouza, le prince Ponfatowski à Fomenskoë. Le quartier-général est parti de Mojaïsk leiS. et a été porté à Peselina; le 13, il était au château de Berwska. Le 14, à midi, nous sommes entrés à Moscou.

L'ennemi avait élevé sur la montagne des Moineaux, à deux verstes de la vflle , des redoutes qu'il a abandonnées.

La ville de Moscou est aussi grande que Paris ^ c'est une ville extrêmement ricne, remplie des palais de tous les principaux de 1 Empire. Le gouverneur russe Rostopchin a voulu ruiner cette belle ville , lorsqu'il a vu que Tarmée russe l'abandonnaît. Il a armé trois mille malfaiteurs Qu'il a fait sortir des cachots; il a appelé également six mille satellites, et leur a fait distribuer des armes de l'arsenal.

Notre avant-garde . arrivée au milieu de la ville, fut accueillie par une fusillade partie du Kremlin. Le roi de Naples fit mettre en batterie quelques pièces de canon, dissipa cette canaille, et s'empara du Kremlin.

Nous avons trouvé à l'arsenal soixante mille fusils neufs et cent vingt pièces de canon sur leurs affûts.

La plus complète anarchie régnait dans la ville; des forcenés ivres couraient dans les quartiers, et mettaient le feu partout. Le gouverneur Rostopchin avait lait enlever tous les marchands et négociants, par le moyen desquels on aurait pu rétaolir l'ordre. Plus de quatre cents Français et Allemands avaient été arrêtés par ses ordres. Enfin, il avait eu la précaution de faire enlever les pompiers avec les pompes; aussi l'anarchie la plus complète a désolé celte grande et belle ville, et les flammes la consument. Nous y avons trouvé des ressources considérables de toute espèce.

L'Empereur est logé au Kremlin, qui est au centre de la ville, comme une espèce de citadelle entourée de hautes murailles. Trente mille blessés ou malades russes sont dans les hôpitaux, abandonnés sans secours et sans nourriture. Les Russes avouent avoir perdu cinquante mille hommes à la bataille de la Moskowa. Le

J)rince Bagration est blessé à mort. On a ait le relevé des généraux russes blessés ou Uiés à la bataille ; il se monte de quarante-cinq à cinquante.

VINGTIÈME BULLETIN

Moicou, le 17 iepUmbre ISIS.

On a chanté un Te Deum en Russie pour le combat de Polotsk , on en a chanté

Eour le combat de Riga, pour le cornât d'Ostrovno, pour celui de Smolensk ; partout , selon les relations des Russes, ils étaient vainqueurs, et l'on avait repoussé les Français loin du champ de bataille : c'est donc au bruit des Te Dewm russes que l'armée est arhvce à Moscou. On s'y croyait vainqueurs, du moins la populace , car les gens instruits savaient ce oui se passait.

Moscou est l'entrepôt de l'Asie et de l'Europe; ses magasins étaient immenses;

LUDJil.

tontes tes ntuoas éUienl aBorérittOiinées de totti pour huit mois. Ce n était que de la veille, et du jour mèiae de notre eiitrée, que le danger avait été bien connu. On a trouvé, dans la maison de ce misérable Eostopcliin, des papiers et une lettre à demi-écrile ; il s'est sauvé sans l'achever.

Moscou, une des plus belles et des pltt0 riches Nilles du monde, n eiiste plu& Dans la journée du U , le feu a été mis par les Busses à la bourse, au bazar et à i'hdpiial. Le 16, un vent violent s'est élevé; trois à quatre cents brigands ont mis le feu dans la ville en cinq cents endroits à la fois, par l'ordre duffouveroeur Rostopcbin. Les cinq sixièmes des maisons sont en bois : te feu a pris avec une prodigieuse rapidité : c*était un océan de flammes. Des églises, il y en avait seize cents ; des palais, plus Ue mille; tf immenses magasins ; presque tout a. été consumé. On a préservé le Kremlin*

Cette perte est incalculable pour la Russie, pour son commerce, pour sa noblesse, qui y avait toui laissé. Ce ne-st pas 1 évaluer trop baut que de la perler à plusieurs milliards.

On a arrêté et fusillé une centaine de ces cbauffeurs ; tous ont déclaré qu'iis avaient agi par les ordres du gouverneur Rostopchin et du directeur de la police.

Trente mille blessés et malades russes ont été brûlés. Les plus riches maisons de commerce de la Russie se trouvent ruinées : la secousse doit être considérable : les effets d'Iiabillement, magasins et fournitures de l'armée russe ont été brûlés, et elle y a tout perdu. On n'avait rien voulu évacuer, parce que Ton a toujours voulu penser qu'il était impossible aarriver à Moscou, et qu'on a voulu tromper le peuple. Lorsqu^on a tout vu dans la main du Français, on a conçu Thorrible projet de brûler cette première capitale « cette ville sainte, centre de l'EuiDire, et l'on a ré* doit deux cent mille oons habitants à la mendicité. C'est le crime de Rostopchin , exécuté par des scélérats délivrés des prisons.

Les ressources que Tarmée trouvait sont par là fort diminuées; cependant l'on a ramassé, et Ton ramasse beaucoup cio choses.' Toutes Us caves sont à 1 abri Cn feu, et les habitants, dans les vingt-quatre dernières heures, avaient enfoui beau( oup d*objets ; on a lutté contre le feu ; mais le

gouverneur avait eu l'affreuse précaution 'emmener ou de faire briser toutes les pompes.

L'ariiiée se remet de ses fatigues : elle a en abondance du pain, des pommes-deterre, des choux, des légumes, des viandes, des salaisons, du vin, de Teau-de-vic, du sucre, du café, enfin des provisions de toute espèce.

L'avaol-gafde esl à vnfrt nonlw m» k route de Kasan, par laquelle se retire l*en« neni. Une autre avant-^aide française est sur la rottts> cb Saint-Merabomg au Teanemi n'a parsonne.

La température est eacosa ceKs ds Tantomne : le soldat a trouvé beancQiif» de palisses et des feunuffes pour l'iiiver. Moscou ça est le magasin.

VlNGT-UNitME BULLETIN.

Moteou, lé iO'iéptembn ISIS.

Trois cents ehaolfeurs ont été arrftiés et fusillés. Us étaient armés d'une fosée de six pouces, contenues entre deux morceaux de bois ; ils avaient aussi des artifices qu'ils jetaient sur les toits. Ce misérable Rostopchin avait fait confectionner les artiioes en faisant croire aux habitants qu'il voulait faire un ballon, qu'il lancerait plein de matières incendiaires sur l'armée française. 11 réunissait sous oe prétexte les artifices et autres objets nécessaires à Teiécution de son projet.

Dans la journée du i9et dans celle du 90, les incendies ont cessé. Les trois quarts de la ville saut brûU% , entre autres le beau palais de Catherine, entièrement meublés è neuf. N reste au plus le quart des maisons.

Pendant que RostojKhin enlevait les pompes (le la ville, il laissait soixante mille fusils, cent cinquante pièces de canon, plus de cent mille boulets et bombes, un million cinq cent mille cartouches, quatre cents milliers de poudre, quatre cents mil* tiers de salpêtre et de soufre. Ce n'est que le 19 qu'on à découvert les quatre cents milliers de poudre, les quatre cents milliers de salpêtre et de soufre, dans un bel établissement situé à une demi -lieue de U ville. Cela est important : nous voilà af)provisionnés pour deux campagnes.

On trouve tous les jours des caves pleines de vin et d*eau-de-vie.

Les manufactures commençaient à fleurir à Moscou ; elles sont détruites. Lincendie de celte capitale retarde la Russie de cent ans.

Le temps parait tourner à la phiie. l<a plus grande partie de l'armée est casernéc dans MOSCOU.

VINGT-DEUXIÈME BULLETIN

Moscou, le 27 ttpUmbrû 1842.

Le oonsul-général Lesseps a été i

intendant de la |Mroviuce de Mosoeu. il s

BULLETINS DB LA ORANDE-ARlfÉE.

(Vganisé une manieipaliîé et ^usienn commiflsioDS, ioates composées de gens du

pays»

Les incendies ont entièrement cessé. On découvre tons les jours des magasins de suore, de pelleteries, de draps, etc.

L'armée ennemie paraît se retirer sur Kalouga et Toala. Toula renferme la plus ôrande fabrique d'armes qu'ait la Russie. .Botre avant-garde est sur la Fakra.

L'Empereur est logé au palais Impérial du Kremlin. On a trouvé au Kremlin pluneura ornements servant au sacre des empereurs^ et tous les drapeaux pris aux Turcs depuis cent ans.

. Le temps est à peu près comme à la fin (f octobre à. Paris. ïï pleut un peu et l'on a eu quelques gelées biancbes. On assure que laMoskowa et les rivièret do pays ne gMent point avant la mi-novembre.

La plus grande partie de l'armée est cantonnée à Moscou, où elle se remet de ses fatigues.

yiNGT-TROI«l:M£ BULLETIN.

Motcou, le 9 oetobfû I^IS

l'avant-garde, commandée parle roi de }|aples, est sur la Nara, à vingt lieues de Moscou. L'armée ennemie est sur Kalouga. Des escarmouches ont lieu tous les jours : le roi de Inaptes a eu dans toutes ravantage , et a toujours chassé l'ennemi de ses positions.

Les Cosaques rôdent sur nos flancs. Une patrouille de cent cinquante dragons de Ja garde, commandée par le major Marthod, est tombée dans une embuscade de Cosaques, entre le chemin de Moscou et de Kalouga. Les dragons en ont sabré trois cent, se sont fait jour; mais ils ont eu vingt hommes restes sur le champ de bataille, qui ont été pris, parmi lesquels le major, blessé grièvement.

Le duc d'Elchingen est à Boghorodock.

L'avani-garde du Yice-Roi est à Troitsa. sur la roule de Dmitrow.

Les drapeaux pris par les Russes sur les Turcs dans (îifferenles guerres, et plusieurs choses curieuses trouvées dans le Kremlin, sont partis pour Paris. On a trouvé, dans la principale église, une Madone enrichie de diamants et de perles, avec l'inscription suivante, en langue russe :

« Les Français et les Polonais ayant été

> vaincus par les Russes, et la ville de » Danlzig ayant été prise en 1753, Pimpé-

> ratrice Anne Iwanowa fit enrichir, en » 17Û0, de perles et de diamants cette

> image de m Vierge, en actions de grâces » de cet événement. > On Ta aussi envoyée il Paris.

Il paraît que Rostonchin est aliéné. A Yoronovo, il a mis le feu à son château et y a laissé l'écrit suivant attaché à un poteau :

« J'ai embelli pendant huit ans cette

> campagne , et j y ai vécu heureux atl

> sein de ma famille. Les hajbitants do >- cette terre, au nombre de mille sept cent

* vingt, la quittent à votre kpprocne (1),

> et moi, je mets le feu à ma maison, pour

> qu'elle ne soit pas souillée par votre « présence. — Français, je vous ai aban-

> donné mes deux maisons de Moscou,

> avec un mobilier d'un demi-million de

> roubles. Ici, vous ne trouverez que des

• cendres.

» Signé, cpmte FÉnon RotTOPonif «

«Ce 39 septembre 181 S, Yoronovo. »

Le palais du prince Kouraktn est un de ceux qu'on est parvenu à sauver de l'incendie. Xe général comte Nansouty y est logé.

On est parvenu avec beauooiip de peine à tirer des hôpitaux et des mais(tes incendiées une partie des malades russes. Il reste encore environ quatre mille de ces malheureux. Le nombre de ceux qui ont péri dans Tincendie, est extrêmement considérable.

Il fait depufs huit jours du soleil, et plus chaud qu'à Paris, dans cette saison. On ne s'aperçoit pas qu'on soit dans le nord.

Le duc de Reggio, qui est à Wilna, est entièrement rétabli.

Le général en chef ennemi Bagration est mort des blessures qu'il a reçues à la bar taille de la Moskowa.

L'armée russe dévoue rincendie de Moscou.

VINGT^UATRIKME BULLETIN.

Mçteo^, le \k oHobre iSli.

Le général baron Delzons s'est porté sur Dmitrow. Le roi de I^apies est à Tavant-garde sur la I^ara, en présence de l'ennemi , qui est occupé à refaire son armée, en la complétant par des milices.

Le temps est encore beau. La première neige est tombée hier. Dans vingt jours^ il faudra être en quartiers d'hiver.

Les forces gue ta Russie avait en Moldavie ont rejoint le général Tormazow.

Celles de Finlande ont débarqué à Riga. Elles sont sorties et ont attaque le di:2:ième corps ; elles ont été battues : trois jniUe

(1) Ils sont retournés.

L'EMPIBB.

bommes ont été faits prisonmen. On n*a pas encore la relation officielle de ce brillant combat, qui fait tant d'honneur au général d'Tork.

Tous nos blessés sont évacués sur Smolensk, Minsk et Mohilow. Un grand nombre sont rétablis et ont rejoint leurs corps-

Beaucoup de correspondances particulières entre Saint-Pétersbourg et Moscou font bien connaître la situation de cet empire. Le projet d'incendier Moscoa ayant été tenu secret, la plupart des seigneurs et des particuliers n avaient rien enlevé.

Les ingénieurs ont levé le plan de la ville, en marquant les maisons oui ont été sauvées de l'incendie. Il résulte que l'on n'est parvenu à sauver du feu que la dixième partie de la ville. Les neuf dixièmes n'existent plus.

VINGT^INQUIÈME BULLETIN.

 NoUtkoë, 1$ 10 octobre 4S11.

Tous les malades qui étaient aux bd-

fûtaux de Moscou ont été évacués dans les oomées du 15, du 16, du 17 et du 18, sur Mojaîsk et Smolensk. Les caissons d'artillerie, les munitions prises, et une grande quantité de choses curieuses, et de trophées, ont été emballés et sont partis le iô. L'armée a reçu Tordre de faire du biscuit pour vingt jours, et de se tenir prête à partir; effectivement, l'Empereur a quitté Moscou le i9. Le quartier-général était le même jour à Desna.

D'un côté, on a armé le Kremlin et on Ta fortifié : dans le même temps, on l'a miné pour le faire sauter.

Les uns croient que l'Empereur veut marcher sur Toula et Kalouga pour passer l'hiver dans ces provinces, en occupant Moscou par une garnison dans le Kremlin.

Les autres croient que l'Empereur fera sauter le Kremlin, et brûler les établisse- , menls publics qui restent, et qu'il se rapprochera décent lieues de la Fotogne pour établir ses quartiers d'hiver dans un pays ami, et être à portée de recevoir tout ce qui existe dans les magasins de Dantzig, de Kowno, de Wilna et Minsk, pour se rétablir des fatigues de la guerre.

Ceux-ci font l'observation que Moscou est éloiffné de Pétersbourg de cent quatrevingts lieues do mauvaise route, tandis qu'u n'y a de Wilepsk à Pétersbourg que cent trente lieues ; qu'il y a de Moscou à Kiow deux cent dix-huit lieues, tandis qu*il n'y a de Smolensk à Kiow que cent

douze lieues; d'où Ton conclut que Mes* cou n'est pas une position militaire. Or, Moscou n'a plus d importance politique, puisque cette ville est brûlée et ruinée pour cent ans.

L'ennemi montre beaucoup de Cosaques, qui inquiètent la cavalerie: l'avant-êirde de la cavalerie, placée en avant de vinkovo, a été surprise par une borde de œs Cosaques ; ils étaient dans le camp avaot qu'on put être à cheval. Ils ont pris un parc du général Sébastiani de cent voitures de bagages, et fait une centaine de prisonniers. Le roi de Naples est monté a cheval avec les cuirassiers et les carabiniers, et apercevant une colonne d'infanterie légère de quatre batailkms, une l'ennemi envoyait pour appuyer les Cosaques, il Ta chargée , r jmpue et taillée en pièces. I^e général Dezi, aide-de-camp du roi, officier brave, a été tué dans cette charge, qui honore les carabiniers.

Le Vioe-Roi e^t arrivé à Fomioskoë.

Toute l'armée est en marche.

Le maréchal duc de Trévise est resté à Moscou avec une garnison.

Le temps est très beau, comme en France en octobre, peut-être un peu plus cband. Mais dans les premiers jours de novembre, on aura des froids.

Tout indigue qu'il faut songer aox quartiers d'hiver. Notre cavalerie soitoot en a besoin. L'infanterie s'est remise à Moscou, et elle est très bien portante.

VINGT-SIXIÈME BULLETIN

Boro^th, le 95 octobre 181S.

Après la bataille de la Moskowa, le général Kutusoff prit position à une lieue en avant de Moscou; il avait établi plusieurs redoutes pour défendre la ville ; il s'y Unt, espérant sans doute en imposer jusqu'au dernier moment. Le 14* septembre, ayant vu l'armée française marcher à lui, il prit son parti et évacua la position en passant par Moscou. Il traversa cette ville avec son quartier-général, à neuf heures du matin. Notre avant-garde la traversa à une heure après midi.

Le commandant de l' arrière-garde russe fit demander qu'on le laissât défiler dans la ville sans tirer : on y consentit; mais au Kremlin, la canaille armée par le gouverneur fit résistance et fut sur-le-champ dispersée. Dix mille soldats russes furent le lendemain et les iours suivants, ramassés dans la ville, ou ils s'étaient éparpillés par l'appât du pillage : c'étaient d'anciens et bons soldats : ils ont augmenté le nombre des prisonniers.

Les 15, 16 et 17 septembre» le génm

BULLETINS D£ L.\ GRANDE-AaMÉE.

d'arhère^garde russe dit. que Too ne tirerait plus et que Ton ae devait plus se battre, et parla beaucoup de paix, il se porta sur la route de Kolomna et notre avantgarde se plaça à cinq lieues de Moscou, au pont de la Moskowa. Pendant ce temps, l'armée russe quitta la route de Kolomna, et prit celle de Kalouga i)ar la traverse. Elle fit ainsi la moitié du tour de la ville, à six lieues de distance. Le vent y portait des tourbillons de flammes et de fumée. Cette marche, au dire des officiers russes, était sombre et religieuse. La consternation était dans les âmes : on assure qu'officiers et soldats étaient si pénétrés, que le plus grand silence régnait dans toute Farmée, comme dans la prière.

On s'aperçut bientôt de la marche de r^nemi.

Le duc distrie se porta à Desna avec un corps d'observation.

Le roi de Naples suivit Tennemi d'abord sur Podol, et ensuite se porta sur ses derrières, menaçant de lui couper la route de Kalouga. Quoique le roi n'eut avec lui que l'avant-garde , l'ennemi ne se donna que le temps d'évacuer les retranchements qu'il avait faits, et se porta six lieues en arrière, après un combat glorieux pour l'avantgarde. Le prince Poniatowski prit position derrière la Nara, au confluent de l'Istia.

Le général Lauriston -ayant dû aller au quartier-général russe le 5 octobre, les communications se rétablirent entre nos avantpostes et ceux de l'ennemi, qui convinrent entre eux de ne pas s'attaquer sans se prévenir trois heures d'avance ; mais le 18, à sept heures du matin , quatre mille Cosaques sortirent d'un bois situé à demi-portée de canon du général Sébastiani , formant l'extrême gauche de l'avant-garde, qui n'avait été ni occupée ni éclairée ce jour- là. Ils firent un hourra sur cette cavalerie lé^re dans le temps qu'elle était à pied à la distribution de farine. Cette cavalerie légère ne put se former qu'à un quart de lieue plus loin. Cependant, Tennemi pénétrant par cette trouée, un parc de douze pièces de canon et de vingt caissons du général Sébastiani, fut pris dans un ravin, avec des voitures de bagages au nombre de dix, en tout soixante-cinq voitures, au lieu de cent gue l'on avait porté dans le dernier Bulletin.

Dans le même temps, la cavalerie régulière de l'ennemi et deux colonnes d'infanterie pénétraient dans la trouée. Elles espéraient gagner le bois et le défilé de Voronosvo avant nous; mais le roi de Naples était là; il était à cheval; il marcha et enfonça la cavalerie de ligne russe dans dix ou douze charges différentes. 11 aperçut la division de six bataillons ennemis commandés par le lieutenant-général BIul- 1er, la chargea et renfonça. Cette division

vu.

a été massacrée. Le lieutenant^néral Mutleraététué.

Pendant que ceci se passait, le prince Poniatowski repoussait une division russe avec suocès. Le général polonais Fischer a été tué d'un boulet.

L'ennemi a non seulement ^ouvé une perte supérieure à la nAtre, mais il a 1» honte 'd'avoir violé une trêve d'avant^

§arde, ce qu'on ne vit presque jaoïaîs. lotre perte se monte à huit cents hommes tués, blessés ou pris. Celle de remiemi est double. Plusieurs officiers russes ont été

Eris ; deux de leurs généraux ont été tués ; ) roi de Naples dans cette journée, amontré ce que peuvent la présence d'esprit, la valeur et l'habitude de la guerre. En général, dans toute la campagne, oe prince s*est montré digne du rang suprême où il est.

Cependant l'Empereur, voulant oUigar l'ennemi à évacuer son camp retrancherez le rejeter à plusieurs marches en arrière, pour pouvoir tranquillement se porter sur les pays choisis pour ses quartiers d'lû« ver, et nécessaires à occuper actuellemeiil pour l'exécution de ses projets ultérieurs, avait ordonné le 17 par le général Lauriston à son avant-garde, de se placer derrière le défilé de Winkowo. afin que ses mouvements ne pussent pas être apefçus.

Depuis que Moscou avait cessé d'exister, l'Empereur avait projeté ou d'abandonner cet amas de décombres, ou d'occuper seulement le Kremlin avec trois mille hommes, mais le Kremlin , après quinte jours de travaux, ne Ait pas jugé assez Ibrt pour être abandonné pendant vingt on trente

i'ours à ses propres forces. Il aurait affai- )li et gêné l'armée dans ses mouvements, sans donner un grand avantage. SI l'ofr eût voulu garder MOSCOU contre les men** diants et les pillards, il fallait vingt raille hommes. Moscou est aujourd'hui un vrai cloaque malsain et impur. Une popilatîoii de deux cent mille âmes errant dans les bois voisins, mourant de faim , vienl sur ces décombres chercher quelques débris et quelques légumes des jardins pour vivre. Il parut inutile de compremettte quoi que ce soit pour un objet qui n'était uaucnne importance militaire , et qui est aujourd'hui devenu sans importance politique.

Tous les magasins qui étaient dans la ville ayant été découverts avec soin, les autres évacués, l'Empereur fit miner te Kremlin. Le duc de Trévise le fit sauter le 25 à deux . heures du matin ; l'arsenal , les casernes, les magasins, tout a été dé^ truit. Cette ancienne citadelle, qui date de la fondation de la monarchie, ce premier palais des czars, ont été ! Le duc de Trévise s'est mis en marche pour Vereja.

L'aide-de-camp de l'empereur de Russie Wintzingerode ayant voulu percer, le 22, à

loia

L'EMPIRE

la tètd de cinq cents Cosa^aes, M r^ poimé et fait prisonnier avec un jenne oficier russe, nommé Nariskin.

Le 4«artier-j|;énéral fut porté le 19 au ch&teau de Troitskoe ; il y séjourna le tMf. La 21, UéUit à Igpatiew; le 92, à Pooînskoi, toute Tannée ayant fait deux narckea de fiaoc ; et le 33 à Borowsk.

L'Empemir compte se mettre en nMireke ledft pour gagner la Dwina, et prendre uns position qui le rapproche de qua- Ire-Tiiigts lieues de Pétersboorf; et de Wilna, double avantage, c'esi-à-dire, pins prte de vingt macches des moyens et du

Be quatre mille maisons de pierre qui «uaûient à AIqsooq, il n'en restait plus fue deux cents. On a dit qu'il en restait le quart^ parce qu'on y a compris huit états égiMes; encore «ne partie en est endomma^. De kuit mille maisons en bois, il m restait à peu près cinq cents* On pronosa à» TEmpereur de laire brCdei le reste de la ville peuir servir les Russes comme ib le veoleat, et d'étendre cette mesure autffiÊt de Moscou* 11 y a deux mille villages et autant de maisons de campagne ou de chftteaux. On proposa de iormer quatre eobnaes de dojox nulle hommes chacune, ^ da les charoer d^inoendier tout à vingt lieues & la ronoe. Cda apprendra aux Au»m^ disait-on, à faire la guerre en règle et non en Taitaresi. S'ils brûlent un village, une maison, il faut leur répondre en leur ea brûlant cent»

L'£mpeceur s'est refusé à ces mesures qui auraient tant aggi^avé les malbeurs de cette population, âur neuf mille proprié* taires dont on aurait brûlé les châteaux, eent peuirètre sont des sectateurs du Marat de la Russie; mais huit mille neuf cents sont de braves gens déjà trop victimes de L-intrigMe de qudques misérables. Pour nnaîr eent eoupablea, on en aurait ruiné ault mille neuf cents. 11 faut ajouter que Tan aurait mis absolument sans ressources deux cent mille pauvres serfs innocents de tout cela. L'Empereur s'est donc contenté d'ordovier la destruction des citadelles et établissements militaires, selon les usages de la guerre,. sans rien faire perdre aux particuuers déjà trop malheureux par les suites de <sette guerre.

Les habitants de la Russie ne reviennanipas duten^ qu'il fait depuis vingt jauiB. C'est le soleil et les belles journées d% voyage de Fontainebleau. L'armée est dans un pays exirômement riche, et qui

eut se comparer aux meilleurs de la aoce et de iAllemagne*

YINGT^EPTIÈME BULLETIN.

y^rêia, U S7 9cloàr$ IMS.

Le 22 octobre, le prince Poniatowskiae porta sur Yereia. Le 23<, l'armée aUait suivre ce mouvement, lorsque , dans i'apièsmidi. Cil apprit que l'ennemi avait quitté son canm retranché et se portait sur li petite ville de Mak^-Jaroslavelz. On juM nécessaire de marcher à lui pour Fm

Le Yice-Roi re^t Tordre de s'y porlef, La division Mzons arriva le S3, àsii heures du soir, sur la rive ga«iche> s'em-> para du pont et le fit rétablir.

Dans la nuit du 23 au 24, deux divisiias russes arrivèrent dans la ville, et s'emparèrent des hauteurs sur la rive dr^te,qii sont extrêmement favorables.

Le ai, à la pointe du jour, le eonbil s'en^ea. Pendant ce temps, larmée canemie parut tout entière, ei vint prendre position derrière la ville : les dsvisiois Deizons, Rroussier et Pino> et la garde ililieone, furent successivemeni engagées.

Ce combat faut le plus grand honneur ai Vice-Roi et au quatrième cûr()s d'année. L'ennemi engagea les deux tiers de sm armée pour soutenir la position; ce fut en vain : la ville fut enlevée, ainsi qnelei hauteurs. La retraite de Fennemi fat ai précipitée, qu'il fut obli^ de jeter vingt pièces de canon dans la rivière.

Vers le soir, le maréchal prince d^Sekmiihl déboucha avec son corps, et tonle l'armée se trouva en bataille arec son artillerie le 25, sur la position que l'eaneoi occupait la veille.

L'Empereur porta son quartier-génàal le 24 au vlUage de Ghorodnia. A sept heur» du matin, six mille Cosaques qui s'étaient glissés dans les bois, firent un Aoiirro général sur les derrières de la position, et enlevèrent six pièces de canon qui étaient parquées. Le duc d'istrieseportaangatop avec toute la cavalerie à cheval : cette horde fut sabrée , ramenée et jetée dans la rivière; on lui reprit l'artiUerie qu'ells avait prise et plusieurs voitures qui loi appartenaient ; six cents de ces Cosaqoes ont été tués, blessés ou pris ; trente hommes de la garde ont été blessés et trois tués. Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui. L'intrépidité dont œ général a donné tant de preuves, se montre dans toutes les occasions. Au oommena^de la charge, les ofiiciers de Cosaques a)vpelaient la garde, qu'ils reconnaissaient, Mu8ca4vi8 de Paris. Le major des dragons Letort s'est fait remarquer. A huit heores, l'ordre était rétabli.

L Empereur se porta, à Mala-JaroshmU.

reconnut la position de l'ennemi, et or-

donna l'attaque pour le lendemain ; mais la nuit, Tennemi a battu en retraite. Le prince d'Eckmiihl Ta poursuivi pendant six lieues ; l'Empereur alors Ta laissé aller et a ordonné le mouvement sur Vereia.

Le 26, le quartier-général était àBorowsk, et le 27, à Vereia. Le prince d'Eckmûhl est ce soir à Borowsk; le maréchal duc d'Elchingen, à Mojaïsk.

Le temps est superbe , les chemins sont beaux; c'est le reste de l'automne : ce temps durera encore huit jours , et à cette époque nous seront rendus dans nos nouvelles positions.

Dans le combat de Malo-Jaroslavetz, la garde italienne s*est distinguée. Elle a pris la position, et s'y est maintenue. Le général baron Delzons, officier distingué, a été tué de trois balles. Notre perte est de quinze cents nommes tués ou blessés. Celle des ennemis est de six à sept mille. On a trouvé sur le champ de bataille dix-sept cents Russes, parmi lesquels onze cents recrues habillées de vestes grises, ayant à peine deux mois de service.

L'ancienne infanterie russe est détruite; l'armée russe n'a quelque consistance que par les nombreux renforts de Cosaques récemment arrivés du Don. Des sens instruits assurent qu'il n'y a dans l'infanterie russe que le premier rang, composé de soldats, et que les deuxième et troisième rangs sont remplis par des recrues et des milices, que, maigre la parole qu'on leur avait donnée, on y a incorporées. Les Russes ont eu trois généraux tués. Le général comte Pino a été légèrement blessé.

VINGT-HUITIÈME BULLETIN

Smolensk, le i 1 novembre 1813.

Le quartier-général impérial était le 1" novembre à Wiasma, et le 9 à Smolensk. Le temps a été très beau jusqu'au 6 ; mais, le 7, Thiver a commence, la terre s'est couverte de neige : les chemins sont devenus très glissants et très difficiles pour les chevaux de trait. Nous en avons beaucoup perdu par le froid et les fatigues; les bivouacs de la nuit leur nuisent beaucoup.

Depuis le combat de Malo-Jaroslavelz, Tavant-garde n'avait pas vu l'ennemi , si ce n'est les Cosaques, qui, comme les Arabes, rôdent sur les flancs et voltigent pour inquiéter.

1^ 2, à deux heures après midi , douze mille hommes d- infanterie russe , couverts par une nuée de Cosaques , coupèrent la roule à une lieue de Viasma, entre le prince d'Eckmiihl elle Vice-Roi. Le prince d'Eckmiihl et le Vice-Roi firent marcher

sur cette colonne, la chassèrent du chemin, la culbutèrent dans les bois, lui prirent un général-major avec un bon nombre de prisonniers, et lui enlevèrent six pièces decanon ; depuis, on n'a plus vu l'infanterie russe, mais seulement des Cosaques..

Depuis le mauvais temps du 6, nous avons perdu plus de trois mille chevaux de trait et près de cent de nos caissonii ont été détruits.

Le général Wittfçenstein, ayant été renforcé par les divisions russes de Finlande et par un grand nombre de troupes de milice, a attaqué, le 18 octobre, le maréchal Gouvion-Saint-Cyr; il a été repoussé par ce maréchal et par le g^énéral de Wrède, qui lui ont fait trois mille prisonniers et ont couvert le champ de batiùlle de ses morts.

Le 20, le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, ayant appris que le maréchal duc de Bellune, avec le neuvième corps, marchait pour le renforcer, repassa la Dwina et se porta à sa rencontre, pour, sa ionctioa opérée avec lui, battre vVittgenstein et loi faire repasser la Dwina.

Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr fait le plus grand éloge de ses troupes. La division suisse s'est fait remarquer par son sang-froid et sa bravoure. Le colonel GuéheneuQ, du 26' régiment d'infanterie légère, a été blessé. Le maréchal Gouvion- Saint-Cyr a eu une balle an pied. Le marréchal duc de Reggio est venu le remplacer et a repris le commandement du deuxième corps.

La santé de rEmpereur n'a jamais été meilleure.

VINGT-NEUVIÈME BUUETIN.

MoiodeUi^no, lé 5 déeenOre iUX

Jusqu'au 6 novembre, le temps a été parfait, et le mouvement de l'armée s'est exécuté avec le plus grand succès. Le froid a commencé le 7; dès ce moment, chaque nuit nous avons perdu plusieurs centaines de chevaux, qui mouraient au bivouac. Arrivés à Smolensk, nous avions perdu bien des chevaux de cavalerie et (l'artillerie.

L'armée russe de Wolhynie était opposée à notre droite. Notre droite quitta la ligne d'opération de Minsk, et prit pour pivot de ses opérations la ligne de Varsovie. L'Empereur apprit à Smolensk, le 9, ce changement de lignes d'opérations , et présuma ce que ferait l'ennemi. Quelque dur qu'il lui parût de se mettre en mouvement dans une si cruelle saison, le nouvel état des choses le nécessitait. Il espérait arriver à Minsk, ou du moins sur la Béré-

L'£1IPIH£.

sina. avant rennemi ; il partit le 13 de Smoiensk ; le 16, ilcoacha à KrasDOÎ. Le froid, qui avait commencé le 7, s'accmt subitement, et du 14 au 15 et au 16, le thermcmiëtre marqua 16 et 18 degrés audessous de glace. Les chemins furent couverts de verj[las ; les chevaux de cavalerie, d'artillerie, ae train, périssaient toutes les nuits, non par centaines, mais par milliers, surtout les chevaux de France et d'Allemagne. Plus de trente mille chevaux périrent en peu de jours ; notre cavalerie se trouva toute à pied; notre artillerie et nos transports se trouvaient sans attelage. Il fallut abandonner et détruire une bonne partie de nos pièces et de nos munitions de guerre et de bouche.

Cette armée, si belle le 6, était bien différente dès le 14, presque sans cavalerie, sans artillerie, sans transports. Sans cavalerie, nous ne pouvions pas nous éclairer à un quart de lieue ; cependant , sans artillerie , nous ne pouvions pas risquer une bataille et attendre de pied ferme ; il .fallait marcher, pour ne pas être contraint à une bataille, que le défaut de munitions nous empêchait de désirer ; il fallait occuper un certain espace, pour ne pas èlre tournés, et cela sans cavalerie qui éclairât et liât les colonnes. Cette difficulté , jointe à un froid excessif subitement venu, rendit notre situation fâcheuse. Des hommes que la nature n'a pas trempés assez fortement pour être au-dessus de toutes les chances (lu sort et de la fortune, perdirent leur galle, leur bonne humeur , et ne révèrent que malheurs et catastrophes ; ceux qu'elle a créés supérieurs à tout, conservèrent leur gatté et leurs manières ordinaires , et virent une nouvelle gloire dans des difficultés différentes à surmonter.

L^ennemi. qui voyait sur les chemins les traces ae cette affreuse calamité qui frappait l'armée française, chercha à en profiter. 11 enyeloppait toutes les colonnes

Ïiar ses Cosaques, qui enlevaient, comme es Arabes dans les déserts, les trains et les voitures qui s'écartaient. Cette méprisable cavalerie, qui ne fait que du bruit, et n^est pas capable d'enfoncer une compagnie de voltigeurs, se rendit redoutable a la faveur des circonstances. Cependant l'ennemi eut à se repentir de toutes les tentatives sérieuses qu'il voulut entreprendre; il fut culbuté par le vice-roi au-devant duquel il s'était placé, et il y perdit beaucoup de monde.

Le duc dXlchingen qui, avec trois mille hommes, faisait l'arrière^garde, avait fait sauter les remparts de Smoiensk. U fut cerné et se trouva dans une position critique ; il s'en tira avec cette intrépidité qui le distingue. Après avoir tenu l'ennemi éloigné (le lui pendant toute la journée du J8, et l'avoir constamment repoussé, à la

nuit il fit un mouvement par le flanc droit, passa le Borysthène et déjoua tous les calculs de l'ennemi. Le 19 , l'armée passa le Borysthène à Orza, et Tannée russe fatlgnée, ayant perdu beaucoup de monde , cessa là ses tentatives.

L'armée de Volhynie s'était portée dès le 16 sur Minsk et marchait sur Borisow. Le général Dombrowski défendit la tète de pont de Borisow avec trois mille hommes. Le 23, il fut forcé et obligé d'évacuer celte position. L'enueml passa alors la Bérésina, marchant sur Bobr, la division Lambert faisant l'avant-garde. Le deuxième corps, commandé par le duc de Reggio ,

3U1 était à Tscherein , avait reçu 1 «ordre e se porter sur Borisow pour assurer à l'armée le passage de la Berésina. Le 24, le duc de Reggio rencontra la division Lambert à quatre lieues de Borisow. l'attaqua, la battit, lui fit deux mille prisonniers, lui prit six pièces de canon, cinq cents voitures de bagages de l'armée de Volhynie, et rejeta l'ennemi sur la rive droite de la Berésina. Le général Berkeim, avec le 4* de cuirassiers, se distingua par une belle charge. L'ennemi ne trouva son salut qu'en brûlant le pont qui a plus de trois cents toises.

Cependant l'ennemi occupait tous les passages de la Berésina : cette rivière est large de quarante toises; elle charriait assez de glaces, mais ses bords sont couverts de marais de cinq cents toises de long, ce qui la rend un obstacle difficile à franchir.

Le fsénérsA ennemi avait placé ses quatre divisions dans différents déboudiés où il présumait que l'armée française voodrait passer.

Le 26, h la pointe du jour , rEmpeieur, après avoir trompé l'ennemi par divers mouvements faits dans la journée du 2S, se porta sur le village de Studzianca, et fit aussitôt, malgré une division ennemie et en sa présence, jeter deux ponts sur la rivière. Le duc de Resgio passa , atUqaa. l'ennemi et le mena nattant deux heures ; l'enneoii se retira sur la tète de pont de Borisow. Le général Legrand , officier da premier mérite, a été blessé grièvement , mais non dangereusemenL Toute la journée du 26 et du 27 Tannée passa.

Le duc de Bellune, commandant le neavième corps, avait reçu ordre de suivre le mouvement du duc de Regno , de faire l'arrière-garde et de contenir Tarmée russe de la Dwina qui le suivait. La division Partouneaux faisait Tarrière-garde de œ corps. Le 27, à midi, le duc de Bellune arriva avec deux divisions au pont de Stiidzianca.

La division Partouneaux partit à la nuit de Borisow. Une> brigade de oetle division, qui formait l'arrière-garde , et qui

BULLETINS DE LA 6RANDE-ARMËE.

était chargée de brtiler les ponts, partit à sept heures da soir ; elle arriva entre dix et onze heores; elle chercha sa première brijpade et son général de division , qui étaient partis deux heures avant, et qu'elle n'avait pas rencontrés en route. Ses recherches furent vaines : on conçut alors des inquiétudes. Tout ce qu'on a pu connaître depuis, c'est que cette première bri- ^de, partie a cinq heures, s est égarée à six; a pris à droite au lieu de prendre à gauche, et a fait deux ou trois lieues dans cette direction ; que dans la nuit et transie de froid, elle s'est ralliée aux feux de l'ennemi, qu'elle a pris pour ceux de l'armée française; entourée ainsi, elle aura été enlevée. Cette cruelle méprise doit nous avoir fait perdre deux mille hommes d'infanterie, trois cents chevaux et trois pièces d'artillerie. Des bruits couraient que le ffénéral de division n'était pas avec sa colonne et avait marché isolément.

Toute l'armée ayant passé le 28 au matin, le duc de Bellune gardait la tète de pont sur la rive gauche; le duc de Reggio, et derrière lui toute l'armée , était sur la rive droite.

Borisow ayant été évacué, les armées de la DwinaetdeYolhynie communiquèrent; elle concertèrent une attaque. Le :28, à la pointe du jour, le duc de Reggio fil prévenir l'Empereur qu'il était attaqué: une demi-heure après, le duc de Bellune le fut sur la rive gauche, l'armée prit les armes. Le duc d'Elchingen se porta à la suite du duc de Reggio, et le duc de Trévise derrière le duc d'Elchingen. Le combat devint vif: Tenuemi voulut déborder notre droite. Le général Doumerc, commandant la cinquième division de cuirassiers, et qui faisait partie du deuxième corps resté sur la Dwina, ordonna une charge de cavalerie aux 4* et 5' régiments de cuirassiers, au moment où la légion de la Yistule s'engageait dans des bois pour pers^er le centre de l'ennemi, qui fut culbuté et mis en déroute. Ces braves cuirassiers enfoncèrent successivement six carrés d'infanterie, et mirent en déroute la cavalerie ennemie qui venait au secours de son infanterie : six mille prisonniers, deux drapeaux et six pièces de canon tombèrent en notre pouvoir.

De son côté , le duc de Bellune fit char-

ger vigoureusement l'ennemi, le battit, lui t cinq à six cents prisonniers, et le tint hors la portée du canon du pont. Le générai Fournier fit une belle charge de cavalerie.

Dans le combat de la Bérésina, l'armée de Yolhynie a beaucoup souffert. Le duc de Reggio a été blessé; sa blessure n'est pas dangereuse : c'est une balle qu'il a reçue dans le côté.

Le lendemain 29, nous restâmes sur le

champ de bataille. Nous avions à choisir entre deux routes: cdlede Minsk et celle de Wilna. La route de Minsk passe au milieu d'une forêt et de marais incultes, et il eût*été impossible à l'armée de s'y nourrir. La route de Wilna, au contraire, passe dans de très bons pays. L'armée, sans cavalerie, faible en munitions, horriblement fatiguée de cinquante jours de marche, traînant à sa suite ses malades et les blessés de tant de combats, avait besoin d'arriver à ses magasins. Le 30, le quartierrnéral fut à Plechnitsi ; le l*' décembre, Slaiki ; et le 3 , à Molodetchno, où l'armée a reçu ses premiers convois de Wilna.

Tous les officiers et soldats blessés, et tout ce qui est embarras, bagages, etc. , ont été dirigés sur Wilna.

Dire que l'armée a besoin de rétablir sa discipline, de se refaire , de remonter sa cavalerie, son artillerie et son matériel; c'est le résultat de l'exposé qui vient d'être fait. Le repos est son premier besoin. Le matériel et les chevaux arrivent. Le général Bourcier a déjà plus de vingt mille chevaux de remonte dans différents dépôts. L'artillerie a déià réparé ses pertes. Les généraux, les officiers et les soldats ont beaucoup souffert de la fatigue et de la disette. Beauooup ont perdu leurs bagages par suite delà perte de leurs chevaux; quelques-uns par le fait des embuscades des Cosaques. Les Cosaques ont pris nombre d'hommes isolés, d'ingénieurs-géographes qui levaient des positions, et d'offi- , ciers blessés qui marchaient sans précaution, préférant courir de«*'risques plutôt que de marcher posément et dans les convois.

Les rapports des officiers généraux commandant les corps, feront connaître les officiers et soldats qui se sont le plus distingués, et les détails de tous ces mémorables événements.

Dans tous ces mouvements, l'Empereur a toujours marché au milieu de sa garde, la cavalerie commandée par le maréchal duc d'Istrie, et l'infanterie commandée par le duc de Dantzi^. Sa Majesté a été satisfaite du bon esprit que sa garde a montré : elle a toujours été prête à se porter partout où les circonstances l'auraient exigé ; mais les circonstances ont toujours été telles , que sa simple présence a suffi, et qu'elle n'a pas été dans le cas de donner.

Le prince de Neuchâtel, le grand-maréchal, le grand-écuyer, et tous les aides-decamp et les officiers militaires de la maison de l'Empereur, ont toujours accompagné Sa Majesté.

Notre cavalerie était tellement démontée que l'on a dû réunir les officiers auxquels il restait un cheval pour en former quatre compagnies de cent cinquante hommes

L'BHPIBI.

chacane. Les généraux y taisaient les fonctions de capitaines , et les colonels celles desoas-officiers. Cet escadron sacré, commandé par le général Groochy, et sous les ordres du roi de Naples, ne perdait pas de Tae TEmpereur dans tons les mouvements.

La santé de Sa Majesté n'a jamais été meiiieiire.

Pmit, le iS iéeêm^f.

Le 5 décembre , l'Empereur réunit au

Siartier-général de Smorgony, le roi de aples, le Vice-Roi, le prince de Neuchâtel, et les maréchaux ducs d'Elchingen, de Dantzig, de Trévise , le prince d'Ëckmiililf le duc d'istrie, et leur fit connaître

qu'il avait nommé le roi de Naftles ton lieutenant-général pour commanoer l'armée pendant la rigoureuse saison.

Sa Majesté passant à Wilna, aocordann travail de plusieurs heures à If. le due de Bassano.

Sa Majesté voyagea ineoanito dans tu seul traîneau, avec et sous Te nom de duc de Vicênee. £lle visita les fortificatioDS de Praga, parcourut Varsovie, et y passa plusieurs neures inconnue. Deux heoreg avant son départ, elle fit diercher le comte Polocki et le ministre des finances da grand-ducbé, qu'elle entretint longtemps.

Sa Majesté arriva le 14, à une beoie après minuit, à Dresde, et descendit chei le comte Serra, son ministre. Elle s'entretint longtemps avec le roi de Saxe, et repartit immédiatement, prenant la route de Leipsig et de Hayence.

B1]ILETINS DELA GRANDE-AftMtiE.

Entrait du Moniteur du % a'oril 4813 (1).

▲ s. M. L'iMPKIATlUGB-RKIlrt! Bt B^GBIfTE.

Situation de$ armées françaises dans le Nord, au^iUnars.

La garnison de Bantzig avait délogé rennemi de toutes les hauteurs d'Oliva, dans les premiers jours de mars.

Les garnisons de Tiiorn et de Modiin étaient dans le meilleur état. Le corps qui bloquait Zamosc s*en était éloigné.

Sur l'Oder, les places de Stettin, CustrJn et Glogau n étaient pas assiégées. L'ennemi se tenait hors de la porm du canon de ces forteresses. La garnison de Stettin avait brûlé tous les faubourgs et préparé tout le terrain autour de la place.

La garnison de Spandau avait également brûlé tout ce qui pouvait gêner la défense delà place.

Sur l'Elbe, le 17, on avait fait sauter une arche du pont de Dresde, et le général Durulte avait pris position sur la rive gauche. Les Saxons s étaient portés autour de Torgau.

Le Vice-Roi était parti de Leipsig, et avait porté le 21, son quartier-général à Hagdebourg.

Le général Lapoype commandait à Wittenberg le pont et la place, qui étaient armés et approvisionnés pour plusieurs mois. On l'avait remise en bon état.

Axrivé à Magdebourg, le Vice-Roi avait envoyé, le 22, le général Lauriston sur la rive droite de TEIbe. Le général Maison s'était porté à Mockern et avait poussé des postes sur Burg et sur Ziczar; il n'a trouvé que quelques pulks de troupes légères, qu'il a culbutés et sur lesquels il a pris ou tué une soixantaine d'hommes.

Le 12, le général Carra Sainl-Cyr, commandant la trente-deuxième division militaire, avait jugé convenable de repasser sur la rive gauche de lElbe, et de laisser Hambourg a la garde des autorités et des

(1} Dans cette c^mpajcne et dans la BulraDle, les bulletins cessent d^re numérotés. Les nouvelles de l'armée «ttîent adreaiées à l'Iinpérttrioe.

gardes nationale^. Du 18 au âO, différen-* tes insurrections se maaifestèrent dans les départen^nts des Bouches-de-r£lbe el éd

l'ËfflS.

Le général Morand^ oui occupait la Poméranie suédoise, ayaiu appris Févacuatioa de Berlin, faisait sa retraite sur'Hambourg. 11 passa l'Elbe à ZoUenspischer, et le 17, il nt sa jonction avec le général Carra Saint-Cyr. Deux cents hommes de troupes légères enaeaûes ayant atteint son arriere-garde, il les fît charger et leur tua quelques honunes. Le général Morand |e posta sur la rive gauche, et le général Saiat-Gyr se dirigea sur Brème.

Le 24, le général Saint-Cyr fit partir deux colonnes mobiles, pour se porter sur les batteries de Calsbourg et de Blexen, que des contrebandiers aidés des paysans et de quelques débarquements anglais avaient enlevées. Ces colonnes ont mis les insurgés en déroute et repris les batteries. Les chefs ont été pris et fusHIéd. Les Anglais débarqués n étaient qu'une centaine; on n'a pu leur faire que quarante prisonniers.

Le Vice-Roi avait réuni toute son armée, forte de cent mille hommes et de trois cents pièces de canon, autour de Magdebourg, manœuvrant sur les deux rives.

Le général de brigade Hontbrun, au}, avec une brigade de cavalerie, occupait Steindal, ayant appris que Tennemi avait passé le Bas-Elbe dans des bateaux près de Werden, s*y porta le 28, chassa les troupes légères de Tennemi, et entra dans Werden au galop. Le 4* de lanciers OKécuta une charge à fond dans laqnelte il tua une cinquantaine de Cosaques et en

{)rit dou7.e. L'ennemi se hâta de regagner a rive droite de TElbe. Trois gros bateaux furent coulés bas, et quelques barques chavirèrent ; elles pouvaieiit être olutrgées de soixante chevaux et d'un pareil nombre d'hommes. On a pu sauver dix-sept cavaliers, parmi lesqdeb se sont trouvés deux officiers dont un aide-de-camp du génésal Dornberg. qui oommaodait o^te colonne.

U parait qu'un oorps de troupes légères, d'un millier de clieTa«X| de deux mille hommes d'infanterie et de six pièoes de canon, est parvenu à se diriger du cdté de BninsiriâL, poiur «xiitri à U «énlt# lé

iùiS

L*EMPIRF.

Hanovre et le royaume de Westpbalie. Le roi de Westphalie s'est mis à la poursuite de ce corps, et d'autres coloones envoyées par le Vice-Roi arrivent sur ses derrièws.

Quinze cents hommes de troupes légères ennemies ont passé TElbe le 27, près de Dresde, sur des batelels. Le jçénéral Durutte marche sur eux. Les Saxons avaient laissé ce pont dégarni , en se groupant autour de Torgau.

Le prince de la Moskowa était amve le 26, avec son quartier-général et son corps d'armée à Wurtzbourg; son avants garde débouchait des montagnes de la Tburinge. , , ^^

Le duc de lUiruse a porte le 22 mars son quartier-général à Hanau ; ses divisions s'y réunissaient.

Au 50 mars, Tavant-garde du corps d'observation d'Italie é&it arrivée à Augsbourg. Tout le corps traversait le Tyrol. . .

Le 27, le général Vandamme arrivait de sa personne à Brème. Les divisions Dumonceau et Duiour avaient déjà dépassé Wesel. ^ ^ .

Indépendamment de l'armée du viceloi, des armées du Mein et du corps du roi de Westphalie, il y aura dans la première quinzaine d'avnl, près de cinquante mille hommes dans la trente-deuxième division miliuire, afin de faire un exemple sévère des insurrections oui ont trouWé celte division. Le comte de Bentink, maire de Vareil, a eu l'infami^î de se mettre à la tête des révoltés. Ses propriétés seront confisquées, et il aura, par sa trahison, consommé à jamais la ruine de sa famille.

Pendant tout le mois de mars, il n'y a eu aucune affaire. Dans toutes ces escarmouches, dont celle du 28 (à Werden) est, de beaucoup, la plus considérable, Tannée française a toujours eu le dessus.

Extrait du Moniteur du 15 aiml 1813.

S. M. l'Empereur est parti aujourd'hui à une l^eure du matin pour Mayenco.

A s. ■• |.*imèâATKlCB-ailMB IT uUsUTR.

SihMêitm dei armées françaises dans le Nord,au6avrtL

Les nouvelles de Danti^ig étaient satisfaisantes. La nombreuse garnison a formé des camps en dehors. L'ennemi se tenait éloigné de la place, et ne paraissait pas en disposition de rien tenter. Deux frégates anglaises «'étaient foit vohr devant la place.

A Tbom, il n'y avait rle« de nouviMW,

On y avait mis le temps à profit pour anoéliorer les fortifications.

L'ennemi n avait que très peu de forces devant Modiin : le général Daendels en a profilé ponr faire une sortie, a repoussé le corps ennemi , et s'est emparé aun gros convoi, où il y avait entre autres cinq cents bœufs.

La garnison de Zamosc est maîtresse du pays a six lieues à la ronde, l ennemi n'observant cette place qu'avec quelque cavalerie léffère.

Le ^néral Frimont et le prince Poniatowski étaient toujours dans ta même position sur la Pilica.

Steltin, Custrin et Glogau étaient dans le même état. L'ennemi paraissait avoir des projets sur Glogau, dont le blocus était resserre.

Le corps ennemi qui, le 27 mars, a passé l'Elbe à Werden, et dont l'arrière-garde a été défaite le 28 par le général MontbruD, et jetée dans la rivière , s'était dirigé sur Lunebonrg.

Le 26, le général Morand partit de Brème, et se porta sur Lunebourg, où il arriva te 1'' avril. Les habitants, soutenus par quelques troupes légères de l'ennemi, voiilurent faire résistance ; les portes furent enfoncées à coups de canon , une trentaine de ces rebelles passés par les armes, et la ville fut soumise.

Le 2, le corps ennemi qu'on supposait de trois à quatre mille hommes, cavalerie, infanterie et artillerie, se présenta devant Lunebourg. Le général Morand marcha à sa rencontre avec sa colonne, composée de huit cents Saxons «il deux cents Français, avec une trentaine de cavaliers et quatre pièces de canon. La canonnade s'engagea : Tennemi avait été forcé de quitter plusieurs positions, lorsque le général Morand fut tué par un boulel."Le commandement passa à un colonel saxon* Les troupes, étonnées de la perte de leur chef, se replièrent dans la ville, et après s'y être défendues pendant une demi-Joarnee, elles capitulèrent le soir. L*enneaii fit ainsi prisonniers sept cents Saxons et deux cents Français. Une partie des prisonniers ont été repris.

Le lendemain, le général Hontbnm, commandant l'avant-garde du corps du prince d'Eckmiihl, arriva à Lttnd[)our^. L'ennemi, instruit de son approche , avait évacué la ville en toute hâte et repassé l'Elbe. Le prince d'Eckmûhl, arrive le 4, a forcé l'ennemi à retirer tous ses partis de la rive gauche de l'Elbe et a fait occuper Stade.

Le 5, le général Vandamme, avait réuni à Brème les divisions Saint-Cyr et Dnfour. Le général Dumonceau, avec sa division, était à Minden.

Le Vice-Roi a rencontré, le 2 avril, une divisioa prussienne en avant de Magde-

BULLETINS^DE LA GRANDE-ARMfiE.

bourg sur la rive droite de TEIbe, Fa culbutée, Ta poursuivie Tespace de plusieurs lieues f et nû a fait quelques centaines de prisonniers.

La brigade bavaroise, qui fait partie de la division du /général Durutte , a eu * le 29 mars, une affaire à Goldiz avec la cavalerie ennemie. Cette infanterie a repoussé toutes les charges que l'ennemi a tentées sur elle, et lui a tue plus de cent hommes, parmi lesquels on a reconnu un colonel et plusieurs officiers. La perte des Bavarois n'a été que de seize hommes blessés. Depuis lors, le général Durutte a continué son mouvement sans >ètre inquiété, pour se porter sur la Saale à Bernbourg.

un détachement de cavalerie ennemie était entré le 3 dans Leipzig.

Le duc de Bellune était en observation à Galbe et Bernbourg sur la Saale.

Extrait du Moniteur du 16 atril i«^13.

A s, M. L'IMP&BÀTRICB-RSIHB IT BI6BNTB.

Situation des Armées francises dans le nord, au 10 avril.

Le 5, la trente-cinquième division, commandée par le général Grenier, a eu une affaire d'avant-poste sur la rive droite de TElbe, à quatre lieues de Magdebourg.

Quatre bataillons de cette division seulement ont été engagés. L'infanterie a montré son intrépidité ordinaire, et l'ennemi a été repoussé.

1^ 7, le Yice-Roi, étant instruit que Tennemi avait passé l'Elbe à Dessau, a envoyé le cinquième corps et une partie du onzième pour appuver le deuxième corps, commandé par le duc de Bellune. Lui-même il s*est porté à Stassfurt, oii son quartier-général était le 9, et il a réani son armée sar la Saale, la gauche à l'Elbe, la droite appuyée aux montagnes du Hartz , et la reserve à Magdebourg.

Le prince dEckmiibl, qui, le 8, avait son quartier-général à Luneoourg , se mettait en mardie pour se rapprocher d» Magdebourg.

L'artillerie des divisions du général Yandamme arrivait à Brème et à Minden.

La tète d'un corps composé de deux divisions, qui doit prendre position à Wezel sous les ordres du généraiLemarrols, commençait à arriver.

Le iO, le général Souham avait envoyé un régiment à Erfurt, où on n'avait pas encore de nouvelles des troupes légères de l'ennemi.

Le duc de Raguse prenait position sur les hauteurs d'Eisenach.

L'armée française du Mein paraissait en mouvement dans différentes airections.

Le prince de Neuchfttel était attendu à Mayence.

Une partie de l'état-major de l'Empereur vêtait arrivée, ce qui faisait présumer l'arrivée prochaine de ce souverain.

Extrait du Monitewr ùa 16\anTil\%iZ.

i A g. ■. L'HirimATHCB-BnilS BT BiGBBTB.

SiUmtion des armées françaises dans le nord, au 20 avril.

Dantzig. Thom, Hodlin, Zamosc, étaient dans le môme état.

Stettin, Gustrin, Glogau, Spandau, n'étaient que faiblement bloqués.

Magdebourg était le point de réserve du Vice-Roi.

Yittemberg et Torgan étaient en bon état. La garnison de Wittemberg avait repoussé lltttaque de vive force. ^

Le général Vandamme était en avant de Brème; le général Sébastian! entre Gelleet le Wezer ; le Yice-Roi dans la même position; la gauche sur l'Elbe, à Temboucbure de la Saaie; et la droite au Hartz. occupant Bernbourg, sa réserve à Magdebourg.

Le prince de la Moskowa était à Erfurt ; Le duc de Raguse à Gotha, occupant Langen-Saltza : le duc d'Istrie à Eisenach ; le comte Bertrand à Gobour^.

Le général Souham était à Weymar. La ville avait été occupée par trois cents hussards prussiens, qui furent éparpillés dans la journée du 19 par un escadron du 10* de hussards, et un escadron badois, sous les ordres du général Laboissière. On leur a pris soixante hussards et quatre officiers, parmi lesquels se trouve un aide-de-camp du général Bliicher.

Extrait du Moniteur du S mai 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation de l'armée au 25 avril.

La place de Thom a capitulé : la garnison retourne en Bavière ; elle était composée de six cents Français et de deux mille sept cents Bavarois; dans ce nombre de trois mille trois c<mts hommes , douze cents étaient aux hépitauz. Aucun préparatif n'annonçait encore le commencement du siège de Dantzig ; la garnison était en bon état et maîtresse des dehors. Modlin et Zamosc n'étaient point sérieusement inquiétés. A Stettin, un combat très vif avait eu lieu. L'ennemi, ayant voulu s'introduire entre Stettin et Dam, avait été culbuté dans les marais, et quinze cents Prussiens y avaient été tués ou pris.

L'EimiB.

Une latlre reçue de Giogan faisait connatlre que cette place, au \2 avril, était dans le meilleur état. Il o'y avait nen de nouveau à Custrîn. Spandau était assiéffé : un magasin à poudre y avait sauté, et Fenoemi ayant cru pouvoir profiter de cette circonstance pour donner l'assaut, avait été repoussé après avoir perdu mille bommes tués ou èmés. On n*a point foit de prisonniers, parce qu'on était séparé par des marais.

Les Russes ont jeté des obus dans Wittenberg, et brûlé une partie de la viiie. Ils ont voulu tenter une attaque de vive force qui ne leur a point réussi. Us y ont perdu cinq à six cents bommes.

La posilion de Farmée russe paraissait être la suivante : un corps de partisans, commandé par un nommé Dornberg, qui , m 1809, était capitaine des gardes du roi de Westphalic, et qui le trahit làcbement, était à Hambourfl; . et faisait des courses entre FElbe etleweser. Le général Sébastiani était parti pour lui couper FEibe.

Les deux corps prussiens des généraux Lecoq et Bliicher paraissaient occuper, le premier, la rive droite de la Basse-Saale ; e second, la rive droite de la Haute- Saale.

Les généraux russes Winlzingerode et Witt^enstcin ocC/Upaient Leipsiff ; le général Barclay de Tolly était sur la Vistttie<» observant Dantzig ; le général Saken était devant le corps autrichien, dans la direction de Cracovie. sur la Pilica.

L'empereur Alexandre, avec la garde russe, et le général Kutusoff, ayant une vingtaine de mille hommes , paraissaient être sur FEder; ils s'étaient fait annoncer à Dresde pour le 12 avril, ils s'y étaient fait depuis annoncer pour le 20 : aucune de ces annonces ne s'est réalisée.

L'ennemi paraissait vouloir se maintenir sur la Saale.

Les Saxons étaient dans Torgau.

Yoici la position de Farmé(ï française :

Le Vice-Roi avait son quarlier-gcnérai à Mansfeld, la çauche appuyée à Femboucliure de la Saaie, occupant Galbe et Bernbourg, où est le duc de Bcllune. Le général Lauriston. avec le cinquième corps, occupait Asiebcn, Sondorsleben et Gcrostet. La trente-unième division était sur Eisleben, la trente-sixième et la trentecinquième étaient en arrière en réserve. Le prince de la Moskowa avait son corps en avant de VVeymar. Le duc de Raguse était à Gotha ; le quatrième corps , commandé par le g^énéral Bertrand, était à Saalfeld, le douzième corps, sous le^ ordres du duc de Reggio, arrivant à Gobourg.

La jçarde est à Erfurt, où F Empereur est arrive le 25, à onze heures du soir. Le 26» Sa Majesté a passé la revue de la garde et a

visité les forUltetioM de la vtHietdelt citadelle. Elle a fait désigner des leean pour y établir des bApitanx qai pussest contenir six mille malades eu olosés, ayant ordonné qu'Erfort sentit ia denûfere ligne d'évacuation.

Le 27, Ffimpereur a passé en revue la division Bonnet, laisant partie du «inène corps, aux ordres du duc de Raguse.

Toute Farmée paraissait en meuve* ment : déjà tous les partis que FeaDODi avait sur la rive gauche de la Saale ee sont repayés. Trois mille honraies de cah Valérie s'étaient portés sur Nordhanseï pour pénétrer dans le Harti, ^ un aatr« parti sur Ueiligenstadt pour neoaoer Gassel : tout cela s'est reployé avec précipitation , ea laissant des malades , dei blessés et des traînards qui ont été fiits prisonniers. Depuis les hauteurs d'Bbers* dorf jusqu'à Fembouchnre de la Saale, il n'y a plus d'ennemis sur la rive gauche.

La jonction entre Farmée de l'Elbe et Farmée du Mein doit s'opérer, le 27, entre Naumbourg et Mersebourg.

Extrait du Moniteur du A fnai IdtS.

S. M. l'Impératrice-Reine et Bégenie a reçu les nouvelles suivantes de la sitaatioo de Farmée au 28 avril.

Le quartier-général de l'Empereur était le 28 a Naumbourg : le prince de la Moskowa avait passe la Saale. Le général Souham avait culbuté une avant-garde de deux mille hommes qui avait voaiv s'opposer au passage de la rivière. Tout le corps du prince de la Moskowa était ea bataille au-iielà de Naumbourg.

Le général Bertrand occupait léna et avait son corps rangé sur le fameux champ de bataille d'iéna.

Le duc de Reggio, avec ledoaziène corps, arrivait à Saalfeld.

Le Vice-Roi débouchait par Halle et Mersbourff.

Le général Sébastian! s'était porté, le 24, sur Vclzcn : il avait culbuté un corg de quatre mille aventuriers, coamaiu^ par le g:cnéral russe Czernicheff : il avait dispersé son infanterie; il avait pris une partie de ses bagages et son artillerie, et le poursuivit Fépée dans les reins sur Lanebourg.

Extrait du Moniteur du 5 mai 1811

S. M. FImpératrice-Reine et Bégenlei reçu les nouvelles suivantes sur la sitiU' ^ tion des armées au 30 avril»

im

Le 29, rEmperear avait porté sou quariier^-générai à Naambourg.

Le prince de la Moskowa s'était porté sur Weissenfels. Soa avant-garde, commandée par le général Souham , arriva près de cette ville, à deux heures après midi, et se trouva en présence du général russe Lanskoi, commandant une division de six à sept mille hommes de cavalerie, d'infanterie et d'artillerie. Le général Souham n'avait pas de cavalerie ; mais sans en attendre, il marcha à l'ennemi et le culbuta de ses différentes positions. L ennemi démasqua douze pièces de canon ; le général Souham en ût mettre un pareil nombre en batterie. La canonnade devint vive et fit des ravages dans les rangs russes qui étaient à cheval et à découvert, tandis que nos pièces étaient soutonues par des tirailleurs placés dans des lavins et dans des villages. Le général (îhemineau s*est fait remarquer. L'ennemi essaya plusieurs charges de cavalorie: notre infanterie le reçut en carré et par on feu de file qui couvrit le champ ue bataille de cadavres russes et de che^ vaui . Le prince de la Moskowa dit qu'il n'a jamais vu à la fois plus d'enthousiasme et àd sanff-froid dans TinCanterie. Nous entrâmes dans Weissenfels ; mais vo}[ani ouel 'ennemi voulait tenir près de la ville, 1 infanterie marcha à lui au pas de charge, les s';hakos au bout des fusils et aux cris de m'oe VEmpereur ! La division ennemie 86 mit en retraite. Notre perte en tués et blessés a été d'une centaine d'hommes.

Le 27, le comte Lauriston s'était porté sur Wettein, où l'ennemi avait un pont. Le général Maison fit placer une batterie qui obligea l'ennemi à brClier le pont, et il s empara de la tète de pont que l'ennemi avait construite.

Le 28^ le comte de Lauriston se porta vis-à-vis Halle, où un corps prussien occupait une tète de pont, culbuta l'ennemi et l'obligea d'évacuer cette tète de pont, et de couper le pont. Une canonnade très vive s'en était suivie d'une rive à l'autre. Notre perte a été de soixant6*sept hommes ; celle de l'ennemi a été bien plus considérable.

Le Vice-Roi avait ordonné an maréchal duc de Tarente de se porter sur Mersebourg. Le 29, à quatre heures après midi, œ maréchal arriva devant cette ville, il y trouva deux mille Prussiens, qui vouln-^ rent s'y défendre ; ces Prussiens étaient du corps d'Yorck, de ceux mêmes que le maréchal commandait en chef, et qui l'avaient abandonné sur le Niémen. Lemar léchai entra de vive force, leur tua du monde, leur fit deux cents prisonniers, parmi lesquels se trouve un major, et s'empara ae la ville et du pont.

La oomto Bertrand avait, le 19, son

quartier-général à Dornbour|[6urla $aale, occupant par une de ses divisions le pont d'iéna.

Le duc de Ragude avait son quartiergénéral à Kœsen sur la Saalo ; le duc de Ueggio avait son quartier-général à Saal*felu sur la Saaie.

Ce combat de Weissenfels est remar* quable, parce que c'est une lutte d'infanterie et ae cavalerie en égal nombre et en rase plaine, et que l'avantage y est resté à notre infanterie. On a vu de jeunes bataillons se comporter avec autant de sangfroid et d'impétuosité que lés plus vieilles troupes.

Ainsi, pour début de cette campagne, l'ennemi est chassé de tout ce qu'il occu-» pait sur la rive gauche de la Saale: nous sommes maîtres de tous les débouchés de cette rivière: la Jonction entre les armées de l'Elbe et du Mein est opérée, et les villes importantes de Naumoourg, de Weissenfels et de Mersebourg, ont été occupées de vive force.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente « reçu les nouvelles suivantes de la situa* tion des armées au 2 mai, à neuf heures du matin:

Le 1*' mai, l'Empereur monta à cheval, à neuf heures du matin, avec le prince de la Moskowa et le général Souham. La division Souham se mit en mouvement vers la belle plaine qui commence sur les hau* tours de Weissenfels et s'étend jusqu'à l'Elbe. Cette division se forma en quatre carrés de quatre bataillons chacun, chaque carré à cinq cents toises IMn de l'autre, et ayant quatre pièces de canon. Derrière les carrés se plaça la brigade de cavalerie du général Laboissière, sous les ordres du comte de Valmy, qui venait d'arriver. Les divisions Gérard et Marchand venaient derrière en échelons et formées de la même manière que la division Souham. Le ma<* réchal duc d'Istrie tenait la droite avec toute la cavalerie de la ^arde.

A onze heures , ces dispositions faites , le prince de la Moskowa , en présence d'une nuée de cavalerie ennemie qui cou* vrait la plaine, se mit en mouvement sur le défilé de Posema. On s'empara de diffé» rents villages sans coup férir. L'ennemi occupait, sur les hauteurs du défilé, une des plus belles positions qu'on puisse voir; il avait six pièces de canon, et présentait trois lignes de cavalerie.

Le premier carré passa le défilé au pas de charge et aux cris de vive l'Empereur longtemps prolongés sur toute la ligne. On s'empara de la hauteur. Les quatre carrés de la division Souham dépassèrent le défilé.

Den antrea diyisioBS de canlerie vja«

vMfm.

Uoe lettre repue de Giogan faisait connattre que cette place, au \2 avril, était dans le meilleur elat. Il n'y avait rien de nouveau à Custrin. Spandau était assiéffé : un magasin à poudre y avait sauté, et rennemi ayant cru pouvoir profiter de cette circonstance pour donner Tassant, avait été repoussé après avoir perdu mille bommes tués ou èrasés. On n'a point fiilt de prisonniers, parce qu'on était séparé par des marais.

Les Russes ont jeté des obus dans Wittenberg, et brûlé une partie de la viiie. Us ont voulu tenter une attaque de vive force qui ne leur a point réussi. Us y ont perdu cinq à six cents bommes.

La position de larmée russe paraissait être la suivante : un corps de partisans, commandé par un nommé Domt)erg, qui , en 1809, était capitaine des gardes du roi de Westphalic, et qui le trahit lâcbement, était à Ilambourff . et faisait des courses entre FElbe etleWeser. Le général Sébastian! était parti pour lui couper l'Ëibe.

Les deux corps prussiens des généraux Lccoq et Bliicher paraissaient occuner, le

{)remier, la rive droite de la Basse-Saale ; e second, la rive droite de la Haute- Saale.

liCs généraux russes Winizingerode et l^iltgeustcin occupaient Leipsig ; le général Barclay de Tolly était sur Ta Vistule, observant Dantzig ; le général Saken était devant le corps autrichien, dans la direction de Cracovic. sur la Pilica.

L'empereur Alexandre, avec la garde rus^^e, ct le général Kulusoff, ayant une vingtaine de mille hommes , paraissaient être sur TEder ; ils s étaient fait annoncer à Dresde pour le 12 avril, ils s'y étaient fait depuis annoncer pour le 20 : aucune de ces annonces ne s est réalisée.

L'ennemi paraissait vouloir se maintenir sur la Saale.

Les Saxons étaient dans Torgau.

Voici la position de l'armée française :

Le Vice-Roi avait son quartier-général à Mansfeld, la çauche appuyée à l'emboucbure de la Saaie, occupant Calbe et Bernbourg, où est le duc de Beliune. Le général Lauriston. avec le cinquième corps, occupait Asieben, Sonderslcben et Gcrostet. La trente-unième division était sur Eisleben, la trente-sixième et la trentecinquième étaient en arrière en réserve. Le prince de la Moskowa avait son corps en avant de VVeymar. Le duc de Raguse était à Gotha ; le quatrième corps , commandé par le (général Bertrand, était à Saalfeld, le douzième corps, sous les ordres du duc de Reggio, arrivant à Cobourg.

La garde est à Erfurt, où l'Empereur est arrivé le 25, à onze heures du soir. Le 26» Sa Majesté a passé la revue de la garde et a

visité le» forlîlailkmf de la fttli et 4e II citadelie. Elle a fait désigner des lootn pour y établir des bApitaox qni puineit contenir six mille malades ou nleasés, ayant ordonné qu'Eriurt serait la denûère ligne d'évacuation.

Le 27, l'Empereiir a pasaéen revue la division Bonnet» laisant partie du sizièBe corps, aux ordres du duc de Raguse.

Toute l'armée paraissait en mmnment : déjà tous les partis que l'enneiii avait sur la rive gauche delà Saale w sont reptoyés. Trois mille hommes de ca* Valérie s'étaient portés sur NordhaQ»»

pour pénétrer dans le Harti, et qb autre parti sur lieiligenstadt pour menacer Cassel : tont cela s*est reployé avec précipitation , en laissant des malades , des blessés et des traînards qui ont été faits prisonniers. Depuis les hauteurs d'Ebendorf jusqu'à Tembouchure de la Saale, il n'y a plus d'ennemis sur la rive sauctke.

La jonction entre Tarmée de lElbeel Tarmee du Mein doit s'opérer, le 27, entre Naumbourg et Mersebourg.

Extrait du Monitetir du A mai IdtS.

S. M. limpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles sui vantes de la siluation de Tarmée au 28 avril.

Le quartier-général de TEmpereur était le 28 a Naumbourg : le prince de la Moskowa avait passe la Saale. Le géoéral Souham avait culbuté une avant-garde de deux mille hommes qui avait vooln s'opposer au passage de la rivière. Tool le corps du prince de la Moskowa était ea bataille aunielà de Naumbourg.

Le général Bertrand occupait léna et avait son corps rangé sur le fameux champ de bataille d*iéna.

Le duc de Reggio, avec le douzièse corps, arrivait à Saalfeld.

Le Vice-Roi débouchait par Halle et Mersbourg.

Le général Sébastian! s'était porté, le 24, sur Velzen : il avait culbuté un corps de quatre mille aventuriers, oommandes par le général russe Czernicheff : il avait dispersé son infanterie ; il avait pris uoe partie de ses bagages et son artillerie, et le poursuivit Tépée dans les reins sur Lunebourg.

Extrait du Moniteur du 5 mai 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur là sittta* , tlon dea armées au 30 avril.

im

Le 29, rSmperear avait porté son qaartier^-général à Naambourg.

Le prince de la Moskowa s^était porté sur Weissenfels. Son avant-garde, commandée par le général Souham , arriva près de cette viUe, à deux heures après Oiidi, et se trouva en présence du générai russe Lanskoi, commandant une division de six à sept mille hommes de cavalerie, d'inranterie et d'artillerie. Le général Souham n'avait pas de cavalerie ; mais sans en attendre, il marcha à l'ennemi et le culbuta de ses différentes positions. L'ennemi démasqua douze pièces de ca* non ; le général Souham en fit mettre un pareil nombre en batterie. La canonnade devint vive et fit des ravages dans les rangs russes qui étaient à cheval et à découvert, tandis que nos pièces étaient soutenues par des tirailleurs placés dans des lavins et dans des villages. Le générai (Ihemineau s'est fait remarquer. L'ennemi essaya plusieurs charges de cavalerie: notre infanterie le reçut en carré et r: on feu de file qui couvrit le champ bataille de cadavres russes et de che^ vaujL . Le prince de la Moskowa dit qu'il n'a jamais vu à la fois plus d'enthousiasme et àd sang-froid dans Tinfanterie. Nous entrâmes dans Weissenfels ; mais vo]rant ouel 'ennemi voulait tenir près de la ville, I infanterie marcha à lui au pas de charge, les schakos au bout des fusils et aux cris de 'ùixe V Empereur I La division ennemie se mit en retraite. Notre perte en tués et blessés a été d'une centaine d'hommes.

Le 27, le comte Lauriston s'était porté sur Wettein, où l'ennemi avait un pont. Le général Maison fit placer une batterie qui obligea l'ennemi à orûler le pont, et il s empara de la tête de pont que l'ennemi avait construite.

Le 28^ le comte de Lauriston se porta vis-à-vis Halle, où un corps prussien occupait une tète de pont, culbuta l'ennemi et l'obligea d'évacuer cette tète de pont, et de couper le pont. Une canonnade très vive s'en était suivie d'une rive à l'autre. Notre perte a été de soixante-sept hommes ; œlle de l'ennemi a été bien plus considérable.

Le Vice-Roi avait ordonné an maréchal duc de Tarente de se porter sur Mersebourg. Le 29, à quatre heures après midi, ce maréchal arriva devant cette ville, il y trouva deox mille Prussiens, qui voulu-^ rent s'y défendre ; ces Prussiens étaient du corps d'Yorck, de ceux mêmes que le maréchal commandait en chef, et qui l'avaient abandonné sur le Niémen. Le maréchal entra de vive force, leur tua du monde, leur fit deux cents prisonniers, parmi lesquels se trouve un major, et s'empara oe la ville et du pont.

La oomte Bertrand avait, le 19, son

quartier-général à Dornbour|[ sur la Saale, occupant par une de ses divisions le pont d'iéna.

Le duc de Raguse avait son quartiergénéral à Kœsen sur la Saale ; le duc de Ueggio avait son quartier-général à Saal*feld sur la Saale.

Ce combat de Weissenfels est remar* quable, parce que c'est une lutte d'infanterie et ae cavalerie en égal nombre et en rase plaine, et que l'avantage y est resté à notre infanterie. On a vu de jeunes bataillons se comporter avec autant de sangfroid et d'impétuosité que lés plus vieilles troupes.

Ainsi, pour début de cette campagne, l'ennemi est chassé de tout ce qu'il occu^ pait sur la rive gauche de la Saale; nous sommes maîtres de tous les débouchés de cette rivière; la jonction entre les armées de l'Elbe et du Mein est opérée, et les villes importantes de Naumbourg, de Weissenfels et de Mersebourg, ont été occupées de vive force.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation des armées au 2 mai, à neuf heures du matin :

Le 1*' mai, l'Empereur monta à cheval, à neuf heures du matin, avec le prince de la Moskowa et le général Souham. La division Souham se mit en mouvement vers la belle plaine qui commence sur les hauteurs de Weissenfels et s'étend jusqu'à l'Elbe. Cette division se forma en quatre carrés de quatre bataillons chacun, chaque carré à cinq cents toises l\in de l'autre, et ayant quatre pièces de canon. Derrière les carrés se plaça la brigade de cavalerie du général Laboissière, sous les ordres du comte de Valmy, qui venait d'arriver. Les divisions Gérard et Marchand venaient derrière en échelons et formées de la même manière que la division Souham. Le maréchal duc dlstrie tenait la droite avec toute la cavalerie de la ^arde.

A onze heures , ces dispositions faites , le prince de la Moskowa , en présence d'une nuée de cavalerie ennemie qui couvrait la plaine, se mit en mouvement sur le défilé de Posema. On s'empara de diffé^ rents villages sans coup férir. L'ennemi occupait, sur les hauteurs du défilé , une des plus belles positions qu'on puisse voir; il avait ^x pièces de canon, et présentait trois lignes de cavalerie.

Le premier carré passa le défilé au pas de charge et aux cris de vive l'Empereur longtemps prolongés sur toute la ligne. On s'empara de la hauteur. Les quatre carrés de la division Souham dépassèrent le dé* filé.

Deux antrea divisions de cavalerie Tin«

L'BMPIBE.

rent alors renforcer feonemi avec vingt pièces de canon. La canonnade devint vive ; l'ennemi ploya parfont : la division Souham se dirigea sur Lutzen ; la division (lérard prit la direction de la rente de Pegau. L'Empereur voulant renforcer les bat* teries de cette dernière division, envoya douze pièces de la garde sous les ordres de son aide-de^^mp le ffénéral Dronot, et ce renfort fit merveille. Les rangs de la cavalerie ennemie furent culbutés par la mitraille.

Au même moment , le Vice-Roi débouchait de Mersebourg, avec le onzième coips, commandé par le duc de Tarente.

et le cinquième commandé par le général Lauriston : le corps du général Lauriston tenait la gauche sur la grande route de Mersebourg à Leipsig ; celui du duc de Tarente, 01^ était le Yice-Boi, tenait la droite. Le Yice-ftoi ayant entendu la vive canonnade qui avait lieu près de Lutzon, fit un mouvement à droite, et l'Empereur se trouva presqu'au même moment au village de Lutzen.

La division Marchand, et successivement les divisions Brenier et Ricard passèrent le défilé; mais l'affaire était décidée quand elles entrèrent en ligne.

Quinze mille hommes de cavalerie ont donc été chassés de ces belles plaines, à peu près par un pareil nombre d'infanterie. C'est le général Wintzingerode qui commandait ces trois divisions, dont une était celle du général Lanskoi ; Tennemi n'a montré qu'une division dlnfanterie.

Devenu plus prudent par le combat de Weissenfels* et étonné du bel ordre et du sang-froid de notre marche. Fennemi n'a osé aborder d'aucune part 1 infanterie, et il a été écrasé par notre mitraille. Notre perte se monte à trente-trois hommes tués et cinquante-cinq blessés, dont un chef de bataillon. Cette perte pourrait être considérée comme extrêmement légère, en comparaison de celle de l'ennemi qui a eu trois colonels, trente officiers et quatre cents hommes tués ou blessés, outre un grand nombre de chevaux; mais par une de ces iatalités dont l'histoire de la guerre est pleine, le premier coup de canon qui fut tiré dans cette journée, coupa le poignet au duc d'Istrie, lui perça la poitrine, el le Jeta roide mort. Il s'était avancé à cinq cents pas du côté des tirailleurs pour bien reconnaître la plaine« Ce maréchal, qu'on peut à juste titre nommer brave et juste, était reoommandable autant par son coupd mil militaire , par sa grande expérience de l'arme de la cavalerie, que par ses qualités civiles et son attacnement à l'Empereur. Sa mort sur le c|^tmp d'honneur est la plus digne d'envie ; elle a été si rapide gu^elle a dû être sans douleur. Il est peu de pertes qui passent être plus sensibles

au coeur de l'Empereur ; raimée et U France entière partageront la douleur qw Sa Majesté à ressentie.

Le duc d'Istrie, depuis les premières campagnes d'Italie^ c'est-à-dire depuis seize ans, avait toujours, dans différents grades, commandé la garde de rEmpereor, qu'il avait suivi dans toutes ses campagnes et à toutes ses batailles.

Le sanff-froid, la bonne volonté et l'intrépidité des jeunes soldats étonnent lesvétérans et tous les officiers : c'est le cas de dire qu'aitx âmes bien néa, la valmr n'attfind pas le nombre des années.

Sa Majesté a eu dans la nuit du i'^aa 3 mai son quartier-général à Lutzen; kv Yice-Roi avait son quarti^- général à Markrandsted ; le général Lauriston était à Kiebersdorf ; le prince de la Moskowa avait son quartier^général i Kaia, et le duc de Raguse avait le sien à Poserna. Le général Bertrand était à Stolissen; le doc de Reggio en marche sur Naumbourg.

A Dantzig la ([amison a obtenu de grands avantages et fait une sortie si heureuse qu'elle a fait prisonnier un corps de tiois mille Russes.

La garnison de Wittemberg; paraît aotsi s'être distinguée et avoir fait, dans une sortie, beaucoup de mal k l'ennemi.

Une lettre en chiffres, qui arrive en ce moment de la garnison de Glogau, est conçue en ces termes :

« Tout va bien ; les Russes ont fait plusieurs tentatives sur cette place, ils ont été toujours repoussés avec beaucoup de perte; trois ou quatre mille hommes oous bloquent, tantôt moins, tantôt plus. La tranchée a été ouverte pendant deux jouis; le feu de nos batteries les a forcés d'abandonner leur projet.

• Glogau, le 15 avril 1813.

» Signé, le général Lanjlhe. >

S. M. limpératrice-Reine et Régate a reçu des nouvelles de S. M. l'Empereur et Roi du champ de bataille, à deux lieues en avant de Lutzen, le 2 mai , à dix heores du soir, au moment où l'Empereur se je* tait sur un lit de repos pour prendre qiîeiques heures de sommeil.

L'Empereur fait connattre à Sa Majesté qu'il a remporté la victoire la (rfus complète sur l'armée russe et prussienne, cobh mandéeen personne par l'empereur Alexaiidre et le roi de Prusse ; qu'on a tiré à cette bataille plus de cent cinquante mille coups de canon; que les troupes s'y sont couve^ tes de gloire, et que malgré l'immense in* fériorite de cavalerie qu'avait l'année français, la bonne volonté et le coursée

BULLETINS DE LA 6RANDE-AEHÉE.

naftnrds aax Francis ont suppléé à toni.

L'eonemi était vivement poursuivi.

Ancan maréchal, aucune personne cornposantla maison de l'Empereur n'a été tuée ni blessée.

Extrait du Monitewr du 9 mai 1913.

S. M. rimpératrice-Beine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de Tarmée :

Les combats de Weissenfels et de Lutzen n'étaient que le prélude d'événements de la plus haute importance. L'empereur Alexandre et le roi de Prusse qui étaient arrivés à Dresde avec toutes leurs forces dans les derniers jours d'avril, apprenant que l'armée française avait débouché de la Thurinse, adoptèrent le plan de lui livrer bataille dans les plaines de Lutzen, et se mirent en marche pour en occuper la position ; mais ils furent prévenus par la rapidité des mouvements de l'armée française ; ils persistèrent cependant dans leurs projets, et résolurent d'attaquer l'armée pour la déposter des positions qu'elle avait prises.

La position de l'armée française an 2 mai, à neuf heures du matin, était la suivante :

La gauche de l'armée s'appuyait à l'Ester ;' elle était formée par le Vice-Roi , ayant sous ses ordres les cinquième et onzième corps. Le centre était commandé par le prince de la Moskowa, au village de Kaïa. L'Empereur avec la jeune et la vieille garde était à Lutzen.

Le duc de Raguse était au défilé de Poserna, et formait la droite avec ses trois divisions. Enfin le général Bertrand, commandant le quatrième corps, marchait pour se rendre à ce défilé. L'ennemi débouchait et passait l'Ester aux ponts de Zwenkau, Pegau et Zeits. Sa Majesté ayant l'espérance de le prévenir dans son mouvement, et pensant qu'il ne pourrait attaquer que le 5, ordonna au général Lauriston , dont le corps formait l'extrémité de la gauche, de se porter sur Leipsig, afin de déconcerter les projets de 1 ennemi et de placer l'armée française , pour la journée du 3 , dans une position toute différente de celle où les ennemis avaient compté la trouver et où elle était effectivement le 2, et de porter ainsi delà confusion et du désordre dans leurs colonnes.

A neuf heures du matin , Sa Majesté ayant entendu une canonnade du côté de Leipsig, s'y porta au galop. L'ennemi défendait le petit village de Listenau et les ponts en avant deLeipsiff. Sa Majesté n'attendait que le moment ou ces dernières positions seraient enlevées , pour mettre en mouvement toute son armée dans cette di-

rection, la faire pivoter sur Leipsiff, passer sur la droite de l'Ester, et prendre rennemi à revers ; mais à dix heures, l'armée ennemie déboucha vers Kaïa, sur plusieurs colonnes d'une noire profondeur: l'horizon en était obscurci. L'ennemi présentait des forces qui paraissaient immenses : l'Empereur fit sur le champ ses dispositions. Le Vice-Roi reçut l'ordre de se porter sur la ffauche du prince de là Moskowa; mais il lui fallait trois heures pour exécuter ce mouvement. Le prince de la Moskowa prit les armes, et avec ses cinq divisions soutint le combat, qui, au bout d'une demi-heure, devint terrible. Sa Majesté se porta ellemême à la tôte de la garde derriVe le centre de Tarmée , soutenant la droite du prince de la Moskowa. Le duc de Raguse, avec ses trois divisions, occupait l'extrême droite. Le général Bertrand eut ordre de déboucher sur les derrières de Tarmée ennemie, au moment où la ligne se trouverait le plus fortement engagée. La fortune se plut à couronner du plus brillant succès toutes ces dispositions. L'ennemi, qui paraissait certain de la réussite de son entreprise, marchait pour déborder notre droite et gagner le chemin de Weissenfels. Le général Compans , général de bataille du premier mérite, à la tête de la première division du duc de Raguse , l'arrêta tout court. Les régiments de marine soutinrent plusieurs charges avec sang-froid, et couvrirent le champ de bataille de l'élite delà cavalerie ennemie. Mais les grands efforts d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie, étaient sur le centre. Quatre des cinq divisions du prince de la Moskowa étaient déjà engagées. Le village de Kaïa fut pris et repris plusieurs fois. Ce village était reste au pouvoir de l'ennemi : le comte de Lobau dirigea le général Ricard pour reprendre le village : il fut repris.

La bataille embrassait une ligne de deux lieues, couverte de feu, de fumée et de tourbillons de poussière. Le prince de la Moskowa, le général Souham, le général Girard, étaient partout, faisaient face à tout. Blessé de plusieurs balles, le génénrl Girard voulut rester sur le champ de bataille. Il déclara vouloir mourir en commandant et dirigeant ses troupes, puisque le moment était arrivé, pour tous les Français qui avaient du coeur, de vaincre ou de mourir.

Cependant, on commençait à apercevoir dans le lointain la poussière et les premiers feux du corps du général Bertrand. Au môme moment, le Vice-Roi entrait en ligne sur la gauche, et le duc de Tarente attaquait la réserve de l'ennemi, et abordait au village où l'ennemi appuyait sa droite. Dans ce moment, l'ennemi redoubla ses efforts sur le centre, le village de Kaïa fut emporté de nouveau ; notre centre lié-

L*EMPniE.

chit; quelques bataiDons se débandèrent ; mais celte valeureuse jeunesse, à la vue de TEmpereur, se rallia en criant rzre l'Empereur ! Sa Majesté jugea que le moment de crise qui décide du ^ain on de la perte des batailles était arrivé: il n*y avait plus un moment à perdre. UEmpereur ordonna au duc de Trévisc de se porter, avec seize bataillons de la jeune garde, au village de Kaïa, de donner tête baissée , de culbuter Tennemi, de reprendre le village , et de faire main basse sur tout ce qui s'y trouvait. Au même moment, Sa Majesté ordonna à son aido-de-camp le général Drouot, officier d'artillerie de la plus

grande distinction, de réunir une batterie e quatre-vingts pièces, et de la placer en avant de la vieille garde, qui fut disposée en échelons comme quatre redoutes , pour soutenir le centre, toute notre cavalerie rangée en bataille derrière. Les généraux Bulauloy, Drouot et Devaux partirent au galop avec leurs quatre-vingts bouches à feu placées en un même groupe. Le feu devint épouvantable. L'ennemi fléchit de tous côtés. Le duc de Trévise emporta sans couj) férir le village de Kaïa, culbuta l'ennemi et continua a se porter eu avant en baltanl4a charge.Cavaieric, infanterie, artillerie de l'ennemi, tout se mit en retraite.

Le général Bonnet, commandant une division du duc de Raguse, ref ut l'ordre de faire un mouvement par sa gaucho sur Kaïa, pour appuyer les succès du centre. Il soutint plusieurs charges de cavalerie, dans lesquelles Teunemi éprouva do grandes perles.

Cependant le général comte Bertrand s'avançait et entrait eu ligne. C'est en vain que la cavalerie ennemie caracola autour de ses carrés ; sa marche n'en fut pas ralentie. Pour le rejoindre plus promptement, TEmpereur ordonna un cnangement de direction en pivotant sur Kaïa. Toute la droite lit un cnangemc^it de front, la droite en avant.

L'ennemi ne fit plus que fair, nous le poursuivîmes une licue et demie. Nous arrivâmes bientôt sur la hauteur que l'Empereur Alexandre, le roi de Prusse et la famille de Brandebourg y occupaient pondant la bataille. Un officier prisonnier qui se trouvait là nous apprit cette cii constance.

Nous avons feit plusieurs milliers do prisonniers. Le nombre n'a pu en être considérable, vu rinfériorité de notre- cavalerie et le désir que l'Empereur avait montré de l'épargner.

Au commencement de la bataille, l'Empereur avait dit aux troupes : « C'est une

> bataille d'Egypte. Une bonne infanterie, • soutenue par de rartillcrie, doit savoir

> sesuilîre.

Le général Courre, chef d'élat-majordu

prince de la Moskowa, a été tué, mort digne d'un si bon soldat ! Notre perte se monte à dix mille tués ou blessés. Celle de rennemi peut être évaluée à vingt-cinq oa trente mille hommes. La garde royale de Prusse a été détruite. Les gardes de l'empereur de Russie ont considérableaenl souffert : les deux divisions de dix régiments de cuirassiers russes ont été écrasées.

Sa Majesté ne saurait trop faire d'éloge de la bonne volonté, du courage et de l'iiitrépidité de l'armée. Nos jeunes soilate ne considéraient pas le danger. Us ont, dans celte grande circonstance , rdevé toute la noblesse du sang français.

L'état-major général , dans sa relalioo, fera connaître les belles actions qui ont illustré cette brillante journée, qui, coQUoe un coup de tonnerre, a pulvérisé les (himériques espérances et tous les calculs de destruction et de démembrement de IKm-

{)iro. Les trames ténébreuses, ourdies par e cabinet de Saint-James pendant tout on hiver, se trouvent en un instant dénouées comme le nœud gordien par Tépée d'Alexandre.

Le prince de nesse-Hombourg a été tué.

Les prisonniers disent que le jeune prince royal de Prusse a été blessé, que le priiKC de Mecklembourg-Strelilz a été tué.

L'infanterie delà vieille garde, donlsii bataillons étaient sculliment arrivés, asouteuu par sa présence l'affaire avec ce sang'froid qui la caractérise. Elle n'a pas tiré un coup de fusil. La moitié derannée n'a pas donné, car les quatre divisions do corps du général Lauriston n'ont fait qu'occuper Leipsig ; les trois divisions du doc de Reggio étaient encore à deux iournécs du champ de bataille ; le comte Bertrand n'a donne qu'avec une de ces divisions, et si légèrement, qu'elle n*a pas perdu cin-

3uaute hommes; ses seconde et troisième ivisions n'ont pas donné. La seconde division de la jeune garde, commandée jiar le général Barrois, était encore à cinq journées; il en est de même de la moitié de la vieille garde , commandée par le général Decouz, qui n'était encore qu'à Lrfurt : des batteries de réserve, Torroant plus de cent Iwuchcs à feu, n'avaient |ws rejoint, et elles sont encore en marche depuis Maycnce jusqu'à Erfurl; le corps da duc (le Bellune était aussi à trois jours da champ de bataille. Le corps de cavalerie (lu gûnéral Sébastian!, avec les trois divisions du prince d'Eckmiihl, étaient du côlé du Bas-Elbe. L'armée alliée, forte de cent cinquante à deux cents mille hommes, commandée par les deux souverains, ayant un grand nombre de prini^s de la maison de Prusse à sa tôle, a donc été défaite et mise on déroute par moins de la moitié de Tarméc française.

iossi

L&s âmbriafteei et le ehamp de bataHle offraient le spectacle le plus touchant : les jernies soldats, à la vue de l'Empereur, faisaient trère à teur douleur, en criant vive VEmperewr ! ^ Ily a vingt ans, a dit fSnpereur, (^m je commande les armées françaises : jen'ai pas encore vu autant de bravtmre et de (moiiement,

LTurcfpe sérail en/hi tranquille , si les souverains et les ministres, qnf cKrigent leurs cabinets, pouvaient avoir été présent» sur ee champ de bataille, lis renoneeraienl à Fespéranee de faire rétrograder réloile delà France; ifs verraient que les conseillers qui veulent démembrer TEmpire français et humilier l'Empereur, préparent la perte de tenrs souverains.

E9tr(»it du Manieur du iO mxii 1815.

S. M. rimpératrice-Reinc et Régente a reçu les nouvelles suivantes def Tarmée» au 3 mai, à neuf heures du soir :

L'Empereur, à la pointe du jour du 5, avait parcouru le champ de bataille. A dix heures, il s'est mis en marche pour suivre Fennemi. Son quartier-général, le 5 au soir, était à Pegau Le Yice-Roi avait son quartier-général à Wichstanden, à mi-chemin de Pegau à Borna. Le comte Lauriston, dont le corps n'avait pas pris part à la bataille, était parti de Leipsig , pour se porter sur Zwenkau où il était arrivé. Le duc de Raguse avait passé TElster au village de Lielzkowitz, et le comte Bertrand l'avait passé au village de Gredel. Le prince de la Moskowa était resté en position sur le champ de bataille. Le duc de Reggio, de Naumbourg devait se porter sur Zeist.

L'empereur de Russie et le roi de Prusse avaient passé par Pegau, dans la soirée du 3, et étaient arrivés au village de Loberstedt à onze heures du soir ; ils s'y étaient reposés quatre heures, et en étaient partis le 3, à trois heures du matin, se dirigeant sur Borna.

L'ennemi ne revenait pas de son élonnemeut de se trouver battu dans une si grande plaine , par une armée ayant une si grande infériorité de cavalerie. Plusieurs colonels et officiers supérieurs, faits prisonniers, assurent qu*au quartier-général ennemi, on n*avait appris la présence de 1 Empereur à l'armée que brsque la bataille était engagée; ils croyaient tous l'Empereur à Erfurt.

Comme cela arrive toujours dans de pareilles circonstances, les Prussiens accusent les Russes de ne les avoir pas soutenus ; les Russes accusent les Prussiens de ne s'être pas bien baitus. La phis grande confusion règne dans leur retraite. Phn Sieurs de ces prétendus volontaires qu'on

lève en Prusse, ont été laits prisonniers : ifs font pitjé. Tous déclarent qu'ils ont été enrôlés de force, et sous peine de voir les biens de leurs familles confisqués.

Les gens du pays disent qu'un prince de Hesse-Hombourg a été tué ; que plusieurs généraux russes et prussiens ont été tués ou blessés; le prince de Mecklembotrg-Streliti aurait égaleaBent été t«é; mais toutes ces nouvelles ne sont encore que des bruits du pays.

Le joie de ces contrées d'être délivrées des Cosaques ne peut se décrire. Les habitants parlent avec mépris de toutes les proclamations ei de toutes les tentative» qu'on a faites pour les engager à s i»surger.

L armée russe* et prussienne était composée du corps des généraux prussiens York, Bliicher et Bulow : de ceux des gé« néraux russes Wittgenstein, Wintzingerode, Miloradowitch et Tormazow. Les sardes russes et prussiennes v étaient.

L'empereur de Russie, le roi de Pnisee, te prince-royal de Prusse, tous les princeade la maison de Prusse, étaient à la bataille.

L'armée combinée russe et prussienne est évaluée de cent cinquante à deux cent mille hommes* Tous les cuirassiers russes y étaient, et ont beaucoup souffert.

S. M. rimpératrice-Reino et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au U mai au soir:

Le quartier-général de l'Empereur était le 4 mai, au soir, à Borna ;

Celui du Vice-Roi à Kolditz ;

Celui du général comte Bertrand à Frobbourg;

Celui du général comte Lauriston à Mœlbus;

Celui du prince delà Moskowa à Leipsig;

Celui du duc de Reggio à Zeitz.

L'ennemi se retire sur Dresde dans le plus grand désordre et par toutes les routes.

Tous les vijlages qu'on trouve sur la route de l'armée sont pleins de blessés russes et prussiens.

Le prince de Neuchàtel, major-général, a ordonné que l'on enterrât, le 4 au matin, à Pegau, le prince de Mecklembourg-Sirelits , avec tous les honneurs dus à son grade.

A la bataille du 2, le i^néral Dumontier, qui eomoiaide la division de la jeune

Sarde, a soutenu la réputation qu'il avait éjà acquise dans les précédentes campagnes. 11 se loue beaucoup de sa division. Le général de division Brenier a été blessé. Les généraux de brigade Chemineau et Crrillot ont été blessés et anpôtés. Recensement fait des coups de canon

L'KMnU.

tirés à la bataille, le nombre s'en est trouvé moins considérable qu'on avait cru d'abord : on n'a tiré que trente-neuf mille cinq cents coups de canon. À la bataille de la Moskowa^ on en avait tiré cinquante et quelques mille.

Exéraiê du Monit&wr du 11 afyril 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 5 mai au soir :

Le quartier-général de l'Empereur était à Colditz, celui du Vice-Roi à Harla, c^ lui du duc de Raguse derrière Colditz, celui du général Lauriston à Wurtzen, du prince de la Moskowa à'Leipsig, du duc de Reggio à Altenbourg et du général Bertrand à Rochlitz.

Le Yice-Roi arriva devant Colditz, le 5, à neuf heures du matin. Le pont était coupé, et des colonnes d'infanterie et de cavalerie avec de l'artillerie défendaient le

Sassage. Le Yice-Roi se porta avec une ivision à un gué qui est sur la gauche, passa la rivière, et gagna le village de komtchau, où il fit placer une batterie de vingt pièces de canon : l'ennemi évacua alors la ville de Colditz dans le plus grand désordre, et en défilant sous la mitraille de nos vingt pièces.

Le Vice-Roi poursuivit vivement l'ennemi ; c'était le reste de l'armée prussienne, forte de vingt à vingt-cinq mille hommes, qui se dirigea, partie sur Leissnig et partie 9ur Gersdorff.

Arrivées à Gersdorff, les troupes prussiennes passèrent à travers une réserve qui occupait cette position : c'était le corps russe de Milloradovilch, composé de deux divisions formant à peu près huit mille hommes sous les armes; les régiments russes, n'étant que de deux bataillons, de quatre compagnies chaque, et les compagnies n'étant que de cent cinquante hommes, mais n'ayant que cent hommes présents sous les armes, ce qui ne fait que sept à huit cents hommes par régiment : ces deux divisions de Milloradovitch étaient arrivées à la bataille, au moment où elle finissait, et n'avaient pas pu y prendre pari.

Aussitôt que la trente-sixième division eut rejoint la trente-cinquième, le Vice- Roi donna ordre au duc de Tarente de former les deux divisions en trois colonnes, et de déposter l'ennemi. L'attaque fut vive : nos braves se précipitèrent sur les Russes, les enfoncèrent et les poussèrent sur Harta. Dans ce combat , nous avons eu cinq à six cents blessés, et nous avons fait mille prisonniers: l'ennemi a perdu dans cette journée deux mille hommes.

Le général Bertrand, arrivé à BoeUiti, y a pris quelques convois de blessés, de malades et de nagages, et a fait des prisonniers ; plus de douze cents voitures de blessés avaient passé par celte route.

Le roi de Prusse et l'empereur Alexandie avaient couché à Rochlitz.

Un adjudant-sous-oificier du 17' provisoire, qui avait été {ait prisonnier à la bataille du â, s*est échappé et a raooité que Tennemi a fait de grandes pertes, et se retire dans le julus grand désordre ; qse pendant la bataille» les Russes et les Pr«siens tenaient leurs drapeaux en rés^rre, ce qui fait que nous n en avons pas pi prendre ; qu ils nous ont fait cent deox prisonniers, dont quatre officiers; que ces prisonniers étaient conduits en arrière sous la garde du détachement laissé au drapeaux; que les Prussiens ont fait de mauvais traitements aux prisonniers; que deux prisonniers ne pouvant pas marcoer par extrême fatigue, ils leur ont passé le sabre au travers du corps ; que lélooBement des Prussiens et des Russes d'avoir trouvé une armée aussi nombreuse, aussi bien exercée et munie de tout, était à son comble; qu'il y avait de la mésintelligence entre eux, et qu'ils s'accusaient respectivement de leurs pertes.

Le général comte Lauriston, de Wurtzen, s'est mis en marche sur la grand'route de Dresde.

Le prince delà Moskowa s'est pcMlé sur l'Elbe pour débloquer le général Tbidma& qui commande à Torgau, prendre position sur ce point, et débloquer Wittemoerg:iI paraît que cette dernière place a fait une belle défense, et repoussé plusieurs atuques qui ont coûté fort cher à l'ennemi.

Des prisonniers racontent que l'empereur Alexandre, voyant la bataille penlue, parcourait la ligne russe pour animer le soldat, en disant : « Courage , Dieu est > pour nous. »

Ils ajoutent que le général prussien Biûcher est blessé, et qu^il y a cinq f,énérm de division et de brigade prussiens tués ou blessés.

Extrait du Moniteur du 13 aryril 1813.

S. M. l'Impératrice-Reine et Régentes reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 6 mai an soir *

Le quartier-général de S. M. l'Empereur et Roi était à Wuldheim, celui di Yice-Roi, 2i Ertsdorf; celui du général Lauriston était à Oschatz ; celui du prince de la Moskowa, entre Leipsis et Torgao; celui du comte Bertrand, à Mittweyda ; G^ lui du duc de Reggio, à Penig.

L'ennemi avait brûlé à Waldheim on très beau pont en bois d'une seule arche;

BULLETINS DE LA. GBANDË-ARMÉË.

ce qui nous avait retardé de quelques ' heures. Son wTrière-garde avait voulu défendre ie passage, mais s*était reployée sur firtzdorl : la position de ce dernier point est fort belle. Uennemi a voulu la tenir. Le pont étant brûlé, le Yice-Roi fit tourner le village par la droite et par *fi gauche. L'ennemi était placé derrière des ravins. Une l'usillade et une canonnade assez vives s'engagèrent ; aussitôt on marcha droit à Tennemi, et la position fut enlevée. L'ennemi a laissé deux cents morts sur le champ de bataille.

Le général Yandamme avait, le 1" mai, son quartier-général à Harbourg. Nos troupes ont pris un cutter de guerre russe arme de vinfft pièces de canon. L'ennemi a repassé l'Elbe avec tant de précipitation, qu'il a laissé sur la rive gauche une infinité de barques propres au passage et beaucoup de bagages. I^s mouvements de la Granae-Armée étaient déjà connus, et causaient une grande consternation à Hambourg. Les traîtres de Hambourg voyaient que le jour de la vengeance était près d'arriver.

Le général Dnmonceau était à Lunebourg.

A ia bataille du 2, les officiers d'ordonnance Berenger et Pretel ont été blessés, mais peu dangereusement.

Extrait du Moniteur dui^ maiiSiZ.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 9 mai au matin :

Le 7, le quartier-général de S. M. l'Empereur et Roi était à Nossen.

. Entre Nossen etWiisdruf, le Vice-Roi a rencontré l'ennemi placé derrière un torrent et dans une belle position. Il l'en a déposté, lui a tué un millier d'hommes et fait cinq cents prisonniers.

Un Cosaque, qui a été arrêté, était porteur de l'ordre de brûler les bagages de Tarrière-garde russe. Effectivement, huit cents voitures russes ont été brûlées, des bagages et vingt pièces de canon ont été ramassés par nous sur les routes ; plusieurs colonnes de Cosaques sont coupées : on les poursuit.

Le 8, à midi , le Yice-Uoi est entré à Dresde. L'ennemi, indépendamment du grand pont qu'il avait rétabli, avait jeté trois ponts sur l'Elbe. Le Yice-Roi ayant fait marcher des troupes dans ia direction de ces ponts, l'ennemi y a mis le feu surle-champ ; les trois tètes de pont qui les couvraient ont été enlevées.

Le même jour 8, à neuf heures du matin, le comte Lauriston était arrivé à Meissen. Il y a trouvé trois redoutes avec des block-

haus que les Prussiens y avaient oona^ truites ; ils avaient brûlé le pont.

Toute la rive de l'Elbe est libre de l'ennemi.

S. M. l'Empereur est arrivé à Dresde le 8, à une heure après-midi. L'Empereur, en faisant le tour de la ville, s'est porté surle-champ au chantier de construction à la Porte de Pirna, et de là au village de rieisnitz, où Sa Majesté a ordonné qu'on jetât un pont. Sa Majesté est revenue à sept heures du soir, de sa reconnaissance, au palais où elle est logée.

La vieille garde a fait son entrée à Dresde à huit heures du soir.

Le 9, à trois heures du matin, l'Empereur a fait placer lui-même, sur un des bastions qui domine la rive droite, une batterie qui a chassé l'ennemi de la position qu'il occupait de ce cdlé.

Le prince de la Moskowa marche sur Torgau.

Une relation, que Fennemi a faite de la bataille de Lutzen , n'est qu'une série de faussetés. On assure ici que l'ordre avait été donné de chanter un Te Deum, mais

2ue des gens du pays, qui leur étaient afdés, ont fait sentir que ce serait ridicule : que ce qui pouvait être bon en Russie, serait par trop absurde en Allemsigne.

L'empereur de Russie a quitté Dresde hier matin.

Ce fameux Stein est l'objet du mépris de tous les honnêtes gens. 11 voulait révolter la canaille contre les propriétaires. On ne revenait pas de surprise de voir des souverains comme le roi de Prusse, et surtout comme l'empereur Alexandre, que la nature a doués de belles qualités, prêter Tappui de leurs noms à des menées aussi criminelles qu'atroces.

Indépendamment des canons et des bagages pris à la poursuite de l'ennemi, nous avons fait à la bataille cinq mille prisonniers, et pris dix pièces de canon. L'ennemi ne nous a pris aucun canon ; mais il a fait cent onze prisonniers.

Le général en chef Kutazoff est mort à Bautzcn, de la fièvre nerveuse, il y a quinze jours. Il a été remplacé dans le commandement en chef par le général Wittgcnstein, qui a débuté par la perte de la bataille de Lutzen.

Extrait du Moniteur du 16 ma» 1813.

S. M. l'Impératrice-Reine et Régonte a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, le 10 mai au soir :

Le 9, le colonel Lasalle, directeur des équipages de pont, a commencé à faire établir des radeaux pour le pont qu'on jette au village de Prielnitz. On y a établi

i«se

LiimiiE.

Cernent nn f>a^et^imL Trois cenls voltigeurs ont été Jetés sur la rive droite, sous la protection de vingt pièces de canon placées sur une hauteur.

A dit heures du matin, l'ennemi s*est avancé |K)ur culbuter ces tirailleurs dans Teau. Il a pensé qu'une batterie de douze pièces serait suffisante pour faire taire les nôtres ; la canonnade s'est engagée : les nièces de l'ennemi ont été démontées ; trois bataillons qu'il avait fait avancer en tirailleurs ont été écrasés sous notre mitraille : l'Empereur s'y est porté; le général Dulauloi s'est placé avec le général Devaux et dix-huit pièces d'artillerie légère sur la gandte du village de Prielnitz, position gui nrend à revers toute la plaine de la nve droite ; le général Drouot s'est porté avec seize pièces sur la droite ; Tennemi a fait avancer quarante pièces de canon ; nous en avons mis jusqu'à quatre-vingts eu batterie.

Pendant ce temps, on traçait un boyau sur la rive droite, en forme de tète de pont, où nos tirailleurs s'établissaient à couvert. Après avoir eu douze à quinze pièces démontées, et quinze à dix-huit cents hommes tués ou blessés , l'ennemi comprit la toUe de son entreprise , et, à trois heures de raprès-midi, if s'éloigna.

On a travaillé toute la nuit au pont ;. mais l'Elbe a crû ; quelques ancres ont dérivé , le pont ne sera terminé que ce soir.

Aujourd'hui 10, l'Empereur a fait passer dans la ville neuve , en profitant du pont de Dresde, la division Charpentier. Ce soir, ce pont se trouve rétabli ; toute l'armée y passe pour se porter sur !a rive droite. Il paratt que l'ennemi se retire sur rOder.

Le princ? de la Moskowa est à Wittenberg : le général Lauriston est à Torgau ; le général Reynier a repris le commandement du septième corps, composé du contingent saxon et de la division Durutte.

Les quatrième, siiième, onzième et douzième corps passeront sur le pont de Dresde demain, à la pointe du jour. La

Sarde, jeune et vieille, est autour de Drcse. La deuxième division de la garde, commandée par le général Barrois, arrive auiourd hui a Altenoonrg.

Le roi de Saxe , qui s'était dirigé sur Prague pour être plus près de sa capitale, sera rendu à Dresde dans la journée de demain. L'Empereur a envoyé une escorte de cinq cents nommes de sa garde, avec son aide-de-camp le général Flahaut, pour le rerevoir et l'accompagner.

Deux mille hommes de cavalerie ennemie ont été coupés de l'Elho. ainsi qu'un prand nombre ne bagages, fie patrouilles (te troupes légères et de Cosaques. Il parait qo ils se sont réftijrins en Bohème.

Extrait du Moniteur du M/rdi 18 mai 1813.

S. M. rimpératrice-Reine el Régeale a reçu les nouvelles suivantes sar la sita»* tion des armées, le 11 mai au soir :

Le Vice-Roi s'était porté, avecleoizième corps, àRicboffswerda; le général Bertrand, avec le quatrième corps, à Ko^ nigsbruck ; le duc de Raguse , avec II sixième corps, à Reicbenbach ; le duc de Reggio à Dresde; la jeune et la vieille garde à Dresde.

Le prince de la Moskowa est entré h U au matin à Torgau, et a pris positîoo m la rive droite, a une journée de cette plan; le généra] Lauriston est arrivé le mbm jour à Torgau avec son oorps à troisheares de l'après-midi.

Le duc de BeUune, avec le deaxiàtt corps, s'est mis en marche sur WittembeiiL ainsi que le corps de cavalerie dugéBén Sébastiani.

Le corps de cavalerie commandé par le général Latour-Maubourg a passé le 1 1 or le pont de Dresde, à (rois heom après mini.

Le roi de Saxe a ooudié à SedUli.

Toute la cavalerie saxonne d<Mt rejoindre, dans la journée du 15, à Dresde. Le fiiéa»ral Reynier a repris le commandemeal do septième corps 4 Torgau : ce corps est composé de deux divisions saxonnes, formant doute mille hommes.

Sa Majesté a passé toute la journée sur le pottt, 4 voir délier ses troupes.

Le colonel du génie Beroani, aêde^e* camp de TEmperear, a mis une grande m- Uvité dans k réparatiob «ta pont de Dresde.

Le général Rognial, oomaandait a chef le génie de l'armée, a Irsiûé kss oamges qui vont ooavrir la ville neufe, et servir de tète de pont.

On trouvera ci-jomt la rdaliSB qmt été faite de la bataille du S da&s la Hazette de Berlin.

On a intercepté im courrier du ^mite de Stackelberg, ex-ambassadeur de Bo«e à Vienne, au comte de Nesseirode , aeoé^ taire d^tat, accompagnant l'emjptfeur de Russie à Dresde. On a aussi lateraple plusieurs estafettes venant de Berlin et de Prague.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente i reçu les nouvelles suivantes sur la situation de l'armée au 12 mai au soir:

Le 12, à dix heures du matin, la /carie im|)ériale a pris les armes et s'est mise ea halaillo sur le cliemin de Pirna jusqu'à» Gross-Garten. L'Empereur en a passe »

revue. Le roi deSaxe, qui avait ooochéla veille à Sedlilz, est arrivé à mv^. ws

BULLETINS W Là GKAND£*ARMÉE.

dnx miTerains Mut desooadas de ehe- ¥at et se sont embrassés, et ensuite sont entrés, à la tète de la garde, dans Dresde, aux acelamatioDs d'une immense population. Gela formait un très beau spectacle.

A trois lieures, l'Empereur a passé la revue de la division de cavalerie du général Fresia, composée de trois mille chevaux, venant d Italie. Sa Majesté a été extrêmement satisfaite de cette cavalerie, ident la bonne tenue est due aux soins et à l'activité du ministre de la guerre du royaume d'Italie, Fontanelli , qui n'a rien épargné pour la mettre en bon état.

L'Empereur a donné ordre au Yice-Roi de se rendre à Milan pour y remplir une mission spéciale. Sa llajeste a été extrènenent satisftiite de la conduite que ce prince a tenue pendant tonte la campa^^ne : cette conduite a acquis au Vice-Roi un nouveau titre à la confiance de l'Empereur.

Proclamation de V Empereur à Varmée.

«c Soldats,

» Je suis content de vous ! vous avez rempli mon attente ! vous avez suppléé à tout par votre t)onne volonté et par votre bravoure. Vous avez, dans la célèbre journée du 2 mai , défait et mis en déroute l'armée russe et prussienne, commandée par l'empereur Alexandre et le roi de Prusse. Vous avez ajouté un nouveau lustre à la gloire de mes aig!es; vous avez montré tout ce dont est capable le sang français. La bataille de Lutzen sera mise au-dessus des batailles d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland et de la Moskowa ! Dans la campagne passée, l'ennemi n'a trouvé de refuge contre nos armes qu'en suivant la méthode féroce des barbares sans ancêtres. Des armées de Tartares ont incendié ses campagnes, ses villes, la sainte Moscou elle-même! Aujourd'hui ils arrivaient dans nos contrées, précédés do tout ce

âue l'Allemagne, la France et l'Italie ont e mauvais sujets et de déserteurs, pour y prêcher la révolte, l'anarchie, la guerre civile, le meurtre. Us se sont faits les apAtres de tous les crimes. C'est un incendie moral qu'ils voulaient allumer entre la Yistule et le Rhin, pour, selon l'usagé des (çouvernemeots despotiques, mettre des déserts entre nous et eux. Les insensés! ils connaissaient peu l'attachement à leurs souverains, la sagesse, l'esprit d'ordre et le bon sens des Allemands, ils connaissaient peu la puissance et la bravoure des Français !

» Dans une seide journée, vous avez > déjoué tous ces complots parricides

Nousr^etterons ces Tartares dans leurs affreux climats, qu'ils ne doivent pas franchir. Qu'ils restent dans leurs dé^ serts glacés, séjour d'eselavaffe, de barbarie et de corruption , où 1 homme est ravalé à l'égal de la brute. Vous avez bien mérité de l'Europe civilisée ; soldats! r Italie, la France. l'Allemagne, vous rendent des actions de grâces !

> De notre camp impérial de Lutzen. le 3 mai 1813.

» Signée NAPOLioN. »

ExPrait du Moniteur du jeudi 20 mai 1815.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, le 13 mai au matin :

La place de Spandau a capitulé. Cet événement étonne tous les militaires. Sa Majesté a ordonné aue le général Bruny, le commandant de l'artillerie et le commandant du génie de la place, ainsi que les membres du conseil de défense qui n'auraient pas protesté , fussent arrêtés et traduits devant une commission de maréchaux, présidée par le prince vice-connétable.

Sa Majesté a également ordonné que la capitulation de Thorn fût l'objet d'une enquête.

Si la garnison de Spandau a rendu sans siège une place forte environnée de marais, et a souscrit à une capitulation qui doit être l'objet d'une enquête et d'un jugement, la conduite qu'a tenue la garnison de Wittemberg a été bien différente. Le général Lapoype s'est parfaitement conduit, et a soutenu Vhonneur des armées dans la défense de ce point important, qui <lu reste est une mauvaise place, n'ayant qu'une enceinte à moitié détruite, et qui ne pouvait devoir sa résistance qu'au courage de ses défenseurs.

Le baron de Montaran, écuyer de l'Empereur, suivi d'un homme des écuries, s'était égaré le 6 mai, deux jours avant d'arriver à Dresde. 11 e«t tombé dans une

Eatrouille de cavalerie légère de trente ODunes, et a été pris par l'ennemi.

Un nouveau courrier adressé de Vienne par M. de Stackelberg à M. de Nesselrode a Dresde, vient d'être intercepté. Ce qui est singulier, c'est que les dépêches sont datées du 8 au soir, et que pourtant elles contiennent des félicitations de M. de Sta<v kelberg à l'empereur Alexandre sur la victoire éclatante qu il vient de remporter, et sur la retraite des Français au-delà de la Saale.

LUMPIBB.

S. H. rimpératrioe-Reine et Bégente a reçu les Bouvelles suivantes sur la situation derarmée, au ii mai au matin :

L'armée de FEIbe a été dissoute, et les deux armées de TElbe et du Mem n*eB font plus qu'une seule.

Le duc de Bellune était, le 13 au soir, sur Wittemberg.

Le prince de la Moskowa partait de Torgau pour se fxirter sur Lukau.

Le comte Laurlston marchait de Torgau sur Dobriiugk.

Le comte Bertrand était à Kœnigsbruck.

Le duc de Tarente avec le onzième corps, était campé entre Bichofswerda et Bautzen. Il avait dans les journées du 11 et du 12 poursuivi vivement Tarmée ennemie. Le général Miloradowitch, avec une arrière-garde de vingt mille hommes et quarante pièces de canon, a voulu, le 12, tenir les positions de Fischbacb, <le Gapellemberg, et celle de Bischorsworda, ce qui a donné lieu à trois combats successifs dans lesquels nos troupes se sont conduites avec la plus grande intrépidité ; la division Charpentier s'est distinguée à l'attaque de droite ; Tennemi a été tourné dans ses positions, et débusqué sur tous les points ; une de ses colonnes a été coupée. Nous lui avons fait cinq cents prisonniers. Il a eu plus de quinze cents hommes tués ou blessés. L'artillerie du onzième corps a tiré deux mille coups de canon dans ce combat.

Les débris de Tannée prussienne, conduite nar le roi de Prusse, qui avaient passé a Meissen, se sont diriges par Kcenigsbruck sur Bautzen pour se réunir à l'armée russe.

Le corps du duc de Reggio a passé hier à midi le pont de Dresde.

L'Empereur a passé la revue du coris de cavalerie et des beaux cuirassiers au général Latour-Maubourg.

On dit que les Russes conseillent aux Prussiens de brûler Postdara et Berlin, et de dévaster toute la Prusse. Ils commencent eux-mêmes à donner l'exemple ; ils ont brûlé de gatté de cœur la petite ville de Bischofswerda.

Le roi de Saxe a diné le 13 chez l'Empereur.

La deuxième division de la jeune garde, commandée par le général Barrois, est attendue, demain 1^, à Dresde.

Extrait du Monitewr du samedi 92 mai 1813.

S. M. l'Impératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situa^ tion des armées au 16 mai au soir.

Le 15, S. M. l'Empereur et S. M. le roi

de Saxe ont passé la revue de qvaire régiments de cavalerie saxons ( on de bassardSf un de lanciers, et deux régiments de cuirassiers), qui font partie du corps da général Latour-lfaubourff. Ensuite LL.

MM. ont visité le champ de bataille et la tète de pont de Prielnitz.

Le duc de Tarente s'était mis en moavement le 15, à cing heures du malin, pour se porter vis-à-vis Bautzen.

Il a rencontré, au débouché do bois, l'arrière -garde ennemie; quelques diargea de cavalerie ont été essayées contre notre infanterie, mais sans succès. L'ennemî ayant voulu néanmoins tenir dans cette position, la fusillade s'est engagée, et il a été déposté.

Noos avons eo deux cent cinquante hommes tués ou blessés dans cette affaire d'arrière-ffarde. On estime la perte de l'ennemi de sept à huit cents homoies.doBt deux cents prisonniers.

La deuxième division de la jeune garde, commandée parle général Barrois, est arrivée hier à Dresde.

Toute l'armée a passé l'Elbe.

Indépendamment do grand pont de Dresde, il a été établi un pont de bateaux en aval, et un autre en amont de la ville. Trois mille ouvriers travaillent à couTrir la nouvelle ville par une tète de pont.

La Gazette de Berlin du 8 mai contenait le règlement de la landsPurm. On ne peut pousser la folie plus k)in ; mais il eat a prévoir que les habitants de la Prusse ont trop de bon sens et sont trop attachés aux vrais principes de la propriété, pour imiter des barbares qui n'ont rien de sacré*

A la bataille de Lotzen, on régiment composé de l'élite de la noblesse prussienne, et qui se faisait appeler Co$aque$ prussiens, a été presque entièrement détruit ; il n'en reste pas quinze hommes ; ce qui a mis en deuil toutes les familles.

Ces Cosaques singeaient réelleinent les Cosaques du Don. De pauvres jeunes gens délicats avaient à la main la lance, qu'ils soutenaient à peine, et étaient oostomés comme de vrais Cosaques.

Que dirait Frédéric, dont les ouvrages sont pleins d'expressions de m^ris pour ces hideuses milices, s'il voyait que sou petit-neveu y cherche aujounf hui des modèles d'uniforme et de tenue.

Les Cosaques sont mal vètos; ib sont sur de petits chevaux presque sans selle et sans harnachement, parce que ce sont des milices irrégulières que les peuplades du Don fournissent, et qui s'établissent à leurs frais. Aller chercher là un modèle pour la noblesse de Prusse, c'est montrer à quel point est porté i'e8j>rit de déraison et d'inconséquence qui dirige les affaires de ce royaume.

iÛ6i

Extrait du Mcnitewr du Ivndi 24 mai 1813.

S. M. rimpératrice^Reine et Régente a reça les nouvelles suivantes sur la situation des années au 18 mai :

L'Empereur était toujours à Dresde. Le 15, le duc de Trévise était parti avec le corps de cavalerie du ^néral Latour-Maubourg et la division d'infanterie de la jeune garde du général Dumontier.

Le 16, la division de la jeune garde commandée par le général Barrois partait également de Dresde.

Le duc de Reggio, le duc de Tarente, le ducdeRa^^se et le comte Bertrand étaient en ligne vis-à-vis Bautzen.

Le prince de la Moskowa et le générai Lanriston arrivaient à Hoyers-Verda.

Leduc de Bellune, le général Sébas* tiani et le général Reynier marchaient sur Berlin. Ce qu'on avait prévu est arrivé : à rapproche du danger, les Prussiens se sont moqués du règlement du landsturm, une proclamation a fait connaître aux habitants de Berlin qu'ils étaient couverts par le corps de Bulow ; mais que, dans tous les cas, si les Français arrivaient , il ne fallait pas prendre les armes , mais les recevoir suivant les principes de la guerre. Il n'est aucun Allemand qui veuille brûler ses maisons ou qui veuille assassiner personne. Cette circonstance fait l'éloge du peuple allemand. Lorsque des furibonds, sans honneur et sans principes , prêchent le désordre et l'assassinat, le caractère de ce bon peuple les repousse avec indignation. Les Schlegef, les Kotzbue et autres folliculaires aussi coupables voudraient transformer en empoisonneurs et en assassins les loyaux Germains ; mais la postérité remarquera qu'ils n'ont pu entraîner un seul indiviau, une seule autorité, hors de la ligne du devoir et de la probité.

Le comte Bubna est arrivé le 16 à Dresde. Il était porteur d'une lettre de l'empereur d'Autriche pour l'empereur Napoléon. Il est reparti le 17 pour Vienne.

L'empereur Napoléon a offert la réunion d'un congrès à Prague pour une paix générale.

Extrait du Moniteur du dimanche 30 mai 1818.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur les événements qui se sont passés à l'armée, dans les journées des 19, 30, 21 et 22 mai, et sur la position de l'armée an 23 :

L'eofipereur Alexandre et le roi de Prusse

attribuaient la perle de la bataille de Lutzen à des fautes aue leurs généraux avaient commises dans la direction des forces combinées, et surtout aux difficultés attachées à un mouvement offensif de cent cinquante à cent quatre-vingt mille hommes. Us résolurent de prenafre la position de Bautzen et de Hochkirch, déjà célèbre dans l'histoire de la guerre de sept ans ; &Y réunir tous les renforts qu'ils attendaient de la Yistule et d'autres points en . arrière ; d'ajouter à cette position tout ce '

3ue 1 art pourrait fournir de moyens, et là, e courir les chances d'une nouvelle bataille^ dont toutes les probabilités leur paraissaient être en leur faveur.

Le duc de Tarente, commandant le onzième corps , était parti de Biscbofswerda, le 15, et se trouvait, le 15 au soir, à une portée de canon de Bautzen, où il reconnut toute l'armée ennemie. Il prit position.

Dès ce moment, les corps de l'armée française furent dirigés sur le camp de Bautzen.

L'Empereur partit de Dresde le 18 ; il coucha a Hartz, et le 19, il arriva, à dix heures du matin, devant Bautzen. Il employa toute la journéOi à 'reconnaître les positions de l'ennemi.

On apprit que les corps russes de Barclay de ToUy, de Langeron et de Sass, et le corps prussien de Kleister, avaient rejoint l'armée combinée, et que sa force pouvait être évaluée de cent cinquante à cent soixante mille hommes.

Le 1 9 au soir, la position de l'ennemi était la suivante : sa gauche était appuyée à des montagnes couvertes de bois, et perpendiculaires au cours de la Sprée, à peu près à une lieuéde Bautzen. Bautzen soutenait son centre. Cette ville avait été crénelée, retranchée ot couverte par des redoutes* La droite de l'ennemi s'appupit sur des mamelons fortifiés qui défendaient les débouchés de la Sprée, du côté du village de Nimshiilz ; tout son front était couvert sur la Sprée. Cette position très forte n'était qu'une première position.

On apercevait distinctement, à trois mille toises en arrière, de la terre fraîchement remuée, et des travaux qui marquaient leur seconde position. La gauche était encore appuyée aux mêmes montagnes, à deux nulle toises en arrière de celles de la première position, et fort en avant du village de Holchkich. Le centre était appuyé à trois villages retranchés, où l'on avait (ait tant des travaux, qu'on pouvait les considérer comme des places fortes. Un terrain marécageux etdilBcile couvrait les trois quarts du centre. Enfin, leur droite s'appuyait en arrière de la première position, à des villages et à des mamelons également retranchés.

Le front de l'armée ennemie, soit dans

L^BHPIRE.

la première, soit dans la seconde position, pouvait avoir une lieue et demie.

a D'après cette reconnaissance, il était faede concevoir comment, malgré une batailile perdue comme celle de Lutzen , et huit jours de retraite, Tennemi pouvait encore avoir des espérances dans les chances de la fortune. Selon Toxpression d*un ofQcier russe, à qui on demau lait ce qu'ils voulaient faire : Nous ne voulons, disaitil, ni avancer, ni reculer. — Vous éêes maîtres du premier point, répondit un offlaier français, dans peu de jours, Véfoénement prouvera si tous êtes maîtres de l'autre ! Le quartier -général des deux souyerains était au village de Nalcben.

Au 19, la position de l'armée française était la suivante :

Sur la droite était le duc de R^gio, s'appuyant aus montagnes sur la rivd gaucne delà Sprée, et séparé de la gauche ae l'en* nemi par cette vallée. Le duc de Tarente était devant Bautzen, à cheval sur la route de Dresde. Le duc de Raguse était sur la gauche de Bautzen, vis-à-vis le village de Niemenschiitz. Le général Bertrand était sur la gauche du duo de Raguse, appuyé à un moulin à vent et à un bois, et faisant mine de déboucher de Jaselitz sur la droite deTennemi.

Le prince de la Moskowa, le général Lauriston et le général Reynier étaient à Hoyerswerda, sur la route de Berlin, hors de ligne et en arrière de notre gauche.

L'ennemi, ayant appris qu'un corps considérable arrivait par Hoyerswerda, se douta que les projets de l'Empereur étaient de tourner la position par la arpite, de changer le champ de bataille, de faire tomber tons ces retranchements élevés avec tant de peine, et l'objet de tant d'es-

Krances. N'étant encore instruit que de rrivée du général Lauriston, il ne supposait pas que cette colonne fût de plus lie dix-huit à vingt mille honmes. Il détacha don"; contre elle, le 19, à quatre heures du matin, le général York, avec douze mille Prussiens, et le général Barclay de Tolly, avec dix-huit mille Russes. Lés Russes se placèrent au village de Klix, et les Prussiens au village de Weissig.

Cependant, le comte Bertrand avait envoyé le général Pory, avec la division italienne, à Kœnigswartha, pour maintenir notre communication avec les corps détachés. Arrivé à midi, le général Pery fit de mauvaises dispositions ; il ne fit pas fouiller la forêt voisine. Il plaça mal ses postes, et à quatre heures, il fut assailli par un hourra^ qui mit du désordre dans quelques bataillons. Il perdit six cents nommes, parmi lesquels se trouve le sénéral de brigade italien Balathier, blesse; deux canons et trois caissons ; mais la divisioa

ayant pris tes armes, a'awaya au bûiiiit fit face à l'ennemi*

Le comte de Yalmy étant arrivé avec de la cavalerie, se mit à la tète de la division italienne, et reprit le village de Kœnigswartha. Dans ce même moment, le corps du comte de Lauriston, qui marchait ea tète du prince de la Moskowa pour tourner la position de l'ennemi , parti de Hoyerswartha, arriva sur Weissig. Le combat s'engagea, et. le corps d'York aarait été écrasé^ sans la circonstance d'un défilé à passer, qui fit que nos troupes ne parent arriver que successivement. Après trois heures de combat, le village de Weissig fut emporté, et le corps d'York, caUrate, fut reieté de l'autre (»ié de la Sprée.

Le combat de Weissig serait seul «d événement important. Un rapport détaillé en fera connaître les circonstances.

Le 19, le comte de Lauriston coucha donc sur la position de Weissig; leprioœ de la Moskowa à Mankersdorf, et le coiAle Revnier à une lieue en arrière. La droite de la position de l'ennemi se trouvait évidemment débordée.

Le 2 ), à huit heures du naatin, l'Empereur se porta sur la hauteur en arrière de Bautzen. Il donna ordre au duc de Re^ de passer la Sprée, et d'attaquer les moQtagnes qui appuyaient la gauche de Teih nemi ; au duc de Tarente de jeter un pont sur chevalets sur la Sprée, entre Baatzea et les montagnes , au duc de Raguse de jeter un autre pont sur chevalets sur la Sprée, dans l'enfoncement qu*î forme celte rivière sur la gauche, à une demi-lieaede Bautzen ; au duc de Dalmatie, auquel Si Majesté avait donné le conmande ueat supérieur du centre, de passer la Sprée pour inquiéter la droite de Tennemi; enfia, aa prince de la Moskowa. sous les ordres da-

2uel étaient le troisième corps, le comte auriston et le général Régnier, de s'approcher sur Klix, de passer la Sprée, de tourner la droite de l'ennemi, et de se oor^ ter sur son quartier-général de Wurtcheif et de là sur Weissemberg.

A midi, la canonnade s engagea. Le doC de Tarente n'eut pas besoin de jeter son pont sur chevalets : il trouva devant lii un pont de pierre, dont il força le passais Le duc de Raguse jeta son pont ; tout soa corps d'armée passa sur l'autre rive de la Sprée. Après six heures d'une vive caiwnnade et plusieurs charges qve r^nneiM fit sans succès, le géoérai Compans fit occoper Bautzen ; le général Bonnet fit occuper le village de Niedkayn, et enleva an pas de charge un plateau qui le rendit maître de tout le centre de la position de lea* nemi ; le duc de Reggio s'empara des M* teurs; et à sept heures du sofr, I'odabh fut rejeté sur sa seconde position. Lof<H^ rai Bertrand passa un des foras doit SV"^;

mais renaeiiii conserva les hauteurs qui appuyaient sa droite, et par ce moyen se maintint entre le corps du prince de la Moskowa et notre armée.

L'Empereur entra à huit heures du soir à Bautzen, et fut accueilli par les habitants et par les autorités avec les sentiments que devaient avoir des alliés, heureux de se voir délivrés des Stein, des Kotzbue et des Cosaques. Cette journée, qu'on pourrait appeler, si elle était isolée, la bataille de Bautzen, n'était que le prélude de la bataille de Wurtchen.

Cependant l'ennemi commençait & comprendre ia possibilité d'être forcé dans sa position. Ses espérances n^étaient plus les mêmes, et il devait avoir dès ce moment le présage de sa défaite. Déjà toutes ses dispositions étaient changées. Le destin de la bataille ne devait plus se d(k;ider derrière ses retranchements. Ses immenses travaux, et trois cents redoutes, devenaient inutiles. La droite de sa position, qui était opposée au quatrième corps, devenait son centre, et il était obligé dejeter sa droite, qui formait une bonne partie de son armée, pour l'opposer au prince de la Moskowa, dans un lieu qu'il n'avait pas étudié et qu'il croyait hors de sa position.

Le ii, à cinq heures du matin, l'Empereur se pbrta sur les hauteurs, à trois quarts de lieue en avant de Bautzen.

Le duc de Reggio soutenait une vive fusillade sur tes hauteurs que défendait la S ucbe de l'ennemi. Les Russes, qui senlent rimportance de cette position, araient placé là une forte partie de leur armée, afin que leur gauche ne fût pas tournée. L'Empereur ordonna aux ducs de Reggio et de Tarente d'entretenir ce combat, afin d'empêcher la gauche de Tennemi de se dégarnir, et de lui masquer la véritable attaque dont le résultat ne pouvait pas se faire sentir avant midi ou une heure.

A onze heures, le duc de Raguse marcha à mille toises en avant de sa position , et engagea une épouvantable canonnade devant les redoutes et tous les retranchements ennemis.

Là garde et la réserve de l'armée, infanterie et cavalerie, masquées par un rideau, avaient des débouchés faciles pour se porter en avant par la sauche ou par la droite, selon les vicissitudes que présenterait la journée. L'ennemi fut tenu ainsi incertain sur le véritable point d'attaque.

Pendant ce temps, le prince de la Moskowa culbutait l'ennemi au village de Klix, passait la Sprée, et menait battant ce qu'il avait devant lui jusqu'au village de Preilltz. A dix heures, il enleva le village; mais les réserves de l'ennemi s'étaot avancées pour couvrir le quartier-général , le prince de la Moskowa fut ramené et perdit

le village de Preilitg^ Le doc de Dalmatie commença à déboucher à une heure après midi. L*ennemi, qui avait compris tout le danger dont il était menacé par la direction qu'avait prise la bataille, sentit que le seul moyen de soutenir aveo avantage le com'< bat contre fe prinoe de la Moskowa, était de nous empêcher de déboucher. Il voulut s'opposer à l'attaque du duc de Dalmatie. Le moment de décider la bataille se trouvait' dès-lors bien indiqué. L'Empereur, par un mouvement à gauche, se porta, en vingt minutes, avec la garde, les quatre divisions du général Latour-Maubourg et une grande quantité d'artillerie, sur le flanc de la droite de la position de l'ennemi, qui était devenue le centre de l'armée russe.

La division Morand et la division wurtember^eoise enlevèrent le mamelon dont l'ennemi avait fait son point d'appui.

Le ffénéral Devaux établit une batterie dont il dirigea le feu sur les masses qui voulaient reprendre la position. Les généraux Dalauloi et Drouot, avec. soixante pièces de batterie de réserve, se porteront en avant. Enfin, le duc de Trévise, avec les divisions Dumontier et Barrois de la. jeune garde, se dirigea sur l'auberge de KiMn- Baschwitz, coupant le chemin de Wartchen à Baugen.

L'ennemi fut obligé de dégarnir sa droite pour parer à cette nouvelle attaque. Le prince de la Moskowa en profita et marche en avant. Il prit le villase de Preisig et s'avança, ayant débordé r armée ennemie sur Wurtchen. Il était trois heures après midi, et lorsque l'armée était dans la plus grande incertitude du succès, et qu'un feu épouvantable se faisait entendre sur une ligne de trois lieues, l'Empereur anoonça que ia bataille était gagnée.

L'ennemi^ voyant sa droite tournée, se mit en retraite, etbient&t sa retraite devint une fuite.

A sept heures du soir, le prince de U Moskowa et le général Lauriston arrivèrent à Wurtchen. i>e duc de Raguse reçut alors Tordre de faire un mouvement inverse de celui que venait de faire la garde, ocfiUftt tous les villages retranchés et toutes les redoutes que l'ennemi était obligé d'évacuer, s'avança dans la direction d^jckirch, et prit ainsi en flanc toute la gauche de l'earnemi, qui se mit alors dans une épouvan<* table déroute.- Le duc de Tarente, de sou c6ié, poussa vivement cette gauche et Im fit beaucoup de mial.

L'Empereur coucha sur la route au milieu de sa garde , à l'auberge de Kieia» Baschwitz. Ainsi, l'ennemi, forcé dam toutes ses positions, laissa en notre pouvoir le champ de bataille couvert de ses morts et de ses blessés, et plusieurs millieni de prisonniers.

Le 22. à quatre heurea4u iaatiA« i'er^

L»E«PIRE

mée française se mit en mouvement. L'ennemi avait fui toute la nuit par tous les chemins et par toutes les directions. On ne trouva ses premiers postes qu'au-delà do Weisseml)erg, et il n'opposa de la résistance que sur les hauteurs en arrière de Reicbenbach. L'ennemi n'avait pas encore vu notre cavalerie.

Le général Lefèvre-Desnouettes, à la tète de quinze cents chevaux lanciers polonais et des lanciers rouges de la garde, chargea , dans la plaine de Reichenbach, la cavalerie ennemie, et la culbuta. L'ennemi, croyant qu'ils étaient seuls, fit avancer une division de cavalerie, et plusieurs divisions s'engagèrent successivement. Le

général Latonr-Maubourg, avec ses quane mille chevaux et les cuirassiers français et saxons, arriva à leur secours, et Elusieurs charges de cavalerie eurent lieu. ,'ennemi, tout surpris de trouver devant lui quinze à seize mille hommes de cavalerie, quand il nous en croyait dépourvus, se retira en désordre. Les lanciers routes de la garde se composent en grande partie des volontaires de Paris et des environs. Le général Lefèvre-Desnouettes et le général (iolbert. leur colonel, en font le plus grand éloge.

Dans cette affaire de cavalerie, le général Bruyères, général de cavalerie légère de la plus haule distinction, a eu la jambe emportée par un boulet.

Le général Reynier se porta , avec le corps saxons, sur les hauteurs au-delà de la Reichenbach. etpoursuivil l'ennemi jusqu'au village de Ilolterndorf. La nuit nous prit à une lieue de Gœrlitz. Quoique la journée eût été extrêmement longue, puisque nous nous trouvions à huit lieues dn champ de bataille, et guo les troupes eussent prouvé tant de fatigues, l'armée française aurait couché à G œrJitz : mais l'ennemi avait placé un corps d'arrièregarde sur la hauteur en avant de cette Ville, et il aurait fallu une demi-heure de

Iuvr de plus pour la tourner par la gauche. ^'Empereur ordonna donc qu'on prit po- •ition.

Dans les batailles du 90 et 21, le général wûrtembergeois Franquemont et le général Lorencez ont été blessés. Notre perte dans ces journées peut s'évaluer à onze ou douze mille hommes tués ou blessés. Le soir de la journée du 22, à sept heures, le grand maréchal duc de Frioui, étant sur ime petite éminence à causer avec le duc de Trévise et le général Kirgener, tous les trois pied à terre et assez éloignés du feu, nn des derniers boulets de l'ennemi rasa de près le duc de Trévise, ouvrit le basventre au grand-maréchal , et jeta roide mort le général Kirgener. Leduc dcFrioul se sentit aussitôt frappé à mort; il expira douze heures après.

Dès que les postes furent placés et que l'armée eut pris ses bivouacs, ITmpereor alla voir le auc de Frioul. Il le trouva avec toute sa connaissance, et montrant le plos grand sang-froid. Le duc serra la maio de l'Empereur, qu*il porta à ses lèvres Toute ma vie, lui dit-il, a été consacrée à totn sercice, et je ne la regrette que par Inutilité dont elle pouvait vous être mcore I — Duroc, lui dit TEmpereur, il est une autre vie ! Cest là que vous irez m'attendre, et que nov>s nous retrouverons un jour / — Oui , Sire ; mais ce «era dans trente ans, quand voxts aura triomphé de vos ennemis, et réalisé toutes les espérances de notre patrie.... J'ai vécu en honnête homme ; je ne me reproche rien. Je laisse une fille. Votre Majesté lui servira de père.

L'Empereur, serrant de la main droite le grand maréchal, resta un quart-d'heure la tète appuyée sur la main gauche dans le plus profond silence. Le grand maréchal rompit le premier ce silence :—Ah I Sire, allez-TOus-en ! ce spectacle vous peine I L'Empereur, s'appuyant sur le duc deDalmatie et sur le grand-écuyer, goilla le duc de Frioul sans pouvoir lui dire autre chose que ces mots : Adieu donc, mm ami ! Sa Majesté rentra dans sa tente, et ne reçut personne pendant toute la nuit.

Le 23, a neuf heures du malin, le général Reynier entra dans Gœriilz. Des ponts furent jetés sur la Neiss, et 1 armée se porta au-delà de celle rivière.

Au 2:1, au soir, le duc de Bellnne était sur Bolzonbcrg ; le comte Lauriston avait son quartier-général à Ilochkirch; le comte Reynier en avant de Trotskendorf, sur le chemin de Laubau ; c* le comte Bertrand en arrière du même village; le dac de Tarenlc était sur Schœnbcrg; l'Empereur était à Gœrlitz.

Un parlementaire, envoyé par l'ennemi, portait plusieurs lettres ou i'on croit qu'il, est question de négocier un armistice.

L'armée ennemie s'est retirée, par Banalau et Laubau, en Silésie. Toute la Saxe est délivrée de ses ennemis, et dès demain 2i, l'armée française sera on Silésie.

LVnnemi a brûlé beaucoup de baga^, fait sauter beaucoup de prrcs, dissémine dans les villages une grande quantité de blessés. Ceux qu'il a pu emmener sur des cbarreltes n'étaient pas pansés : les habitants en portent le nombre à plus de dixhuit mille. Il en est resté plus de dix mille en notre pouvoir.

La ville de Gœrlitz, qui compte huit à dix mille habitants, a reçu les Français comme des libérateurs.

La ville de Dresde et le ministère saxon ont mis la plus grande activité à approvisionner Tarmée, qui jamais n'a été dans une plus grande abondance.

Quoiqu'une grande guantité de munitioDS ait été consommée, les ateliers de Torgau et de Dresiie, et les convois (jui arrivent, par les soins du général Sorbier, tiennent notre artillerie bien approvisionnée.

On a des nouvelles de Glogau, Custrin et Stettin. Toutes ces places étaient dans un bon état.

Ce récit de la bataille de Wurtchen ne peut èlre considéré que comme une esquisse. L'état-major-général recueillera les rapports qui feront connaître les ofTiciers, soldats et les corps qui se sont distingués.

Dans le petit combat du 2i, à Reicnenbach, nous avons acquis la certitude que notre Jeune cavalerie est, à nombre égal, supérieure à celle de Tennemi.

Nous n'avons pu prendre de drapeaux ; Fennemi les retire toujours du champ de bataille. Nous n'avons pris que dix- neuf canons, Tennenii avant fait sauter ses

S arcs et caissons. D ailleurs, l'Empereur eut sa cavalerie en réserve; et jusqu'à ce qu'elle soit assez nombreuse, il veut la ménager.

Extrait du Moniteur du mndredi 4 juin 1815.

S. M. rimpcralrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au &? mai au soir :

Le 26, le quartier-général du comte Lauriston était à llaynau. Un bataillon du général Maison a été chargé inopinément, à cinq heures du soir, par trois mille chevaux, et a été obligé de se reployer sur un village. Il a perdu deux pièces de canon et trois caissons qui étaient sous sa garde. La division a pris les armes. L*ennemi a voulu charger sur le 153" régiment ; mais il a été chasf^ du champ de bataille, qu'il a laissé couvert de morts. Parmi les tués se trouvent le colonel et une douzaine d'officiers des gardes-ducorps de Prusse, dont on a apporté les décorations.

Le 27, le quartier-général de TEmpéreur était à Leignitz, où se trouvaient la jeune et la vieille garde, et les corps du général Lauriston et du général Reynier. Le corps du prince de la Moskowa était à Haynau ; celui du duc de Bellune manœuvrait sur Glogau. Le duc de Tarente était à Goldberg. Le duc de Raguse et le comte Bertrand étaient sur la route de Goldberg à Liegnilz.

Il paratt que toute Tannée ennemie a pris la direction de Jauer et de Schweidnitz.

On ramasse bon nombre de prisonniers.

Les villages sont pleins de blessés ennemis.

Liegnitz est une assez jolie Tille de dix milie nabitants. Les autorités l'avaient quittée par ordre exprès; ce qui mécontente fort les habitants et les paysans du cercle. Le comte Daru a été en conséquence chargé de Ibrmer de nouvelles magistratures.

Tous les gens de la cour et toute la noblesse qui avaient évacué Berlin, s'étaient rétirés a Breslau ; aujourd'hui ils évacuent Breslau. et une partie se relire en Bohême.

Les lettres interceptées ne parient que de la consternation de l'ennemi et des pertes énormes qu'il a laites à la bataille de Wurtchen,

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 29 mai au matin :

Le duc de Bellune s'est porté sur Glogau. Le général Sébastiani a rencontré, près de Sprottau, un convoi cnnomi, l'a chargé, lui a pris vingt-deux pièces de canon, quatre-vingts caissons et cinq cents prisonniers.

Le duc de Raguse est arrivé le 28, an soir, à Jauer, poussant l'arrière^garde ennemie, dont il avait tourné la position sur ce point. Il lui a fait trois cents prisonniers. Le duc de Tarente et le comte Bertrand étaient arrivés à la hauteur de cette ville.

Le 28, à la pointe du jour, le prince de la Moskowa, avec les corps du comte de Lauriston et du général Reynier, s'était porté sur Neumarck. Ainsi, notre avant-

f^arde n'est plus qu'à sept lieues de Breslau.

Le- 29 mai, à dix heures du matin, le comte Schouvaloff, aide-de-camp de l'empereur de Russie, et le général Kleist^ général de division prussien, se sont présentés aux avant-postes. Le duc de Vicence a été parlementer avec eux. On croit que cette entrevue est relative à la négociation de l'armistice.

On a des nouvelles de nos places, qui sont toutes dans la meilleure situation.

Les ouvrages qui défendaient le champ de bataille de Wurtchen sont très considérables ; aussi l'ennemi avait-il dans ses retranchements la plus grande confiance.

On peut s'en faire une idée, quand on saura que c'était le travail de dix mille ouvriers pendant trois mois; car c'est depuis le mois de février que les Russes travaillaient à cette position qu'ils considéraient comme inexpugnable.

Il paratt que le ^néral Witt|;enslein a quitté le commandement de l'armée com* binée : c'est le général Barclay de ToUy qui la commande.

L'armée est ici dans le plus beau pays

lÛM

L'BMFIIB.

poflsiUe: la SiMsie est un iardia oodUq, oà rarmee le trouve dans la plas grande abondance de tout.

Extrait du Moniteur du mardi S juin iStZ.

S. M. limpératrice-Reine et Bégente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 30 mai 1813 :

Un convoi d'artillerie d^une cinquan* tainede voitures, parti d*Augsbourg, g*est éloigné de la roule de l'armée, et s^ dirige d'Âugsbourg sur Bajrreuth ; les partisans eunemis ont attaqué ce convoi entre Zwickau et Ghemnitz, ce qui a occasionné la perte de deux cents bommes et de trois cents chevaux qui ontété pris ; de sept à huit pièces de canon^ et de plusieurs voitures qui ontété détruites; les pièces ont été reprises. ^ Sa Afajesié a ordonné de îaire une enquête pour savoir qui a pris sur soi de changer la route de 1 armée. Que oe soit un général ou un commissaire des guerres, il doit être puni selon la rigueur des lois militaires, la route de l'armée ayant été ordonnée d'Âugsbourg par Wurtsbourg et Fulde.

Le général Poinsot^ venant de Branswick avec un régiment de marche de cavalericL iort de quatre centë hommes, a été atlaaue par sept à huit cents hommes de cavalerie ennemie près Halle; ilétéfttit prisonnier avec one centaine d'hommes; deux cents hommes sont revenus à Leipsift*

Le doc de Fadoue est arrivé k Leipsig» où il réunit sa cavalerie pour balayer toute la ri v# gauche de r£lbe.

S. H. Itmpératrice-ReiDe et Bégente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 31 mai au soir :

Le duc de Yicence, le comta de Scbouvaloff et le j^néral Kleist ont eu une conférence de dix-huit heures, au couvent de Watetstadt, près de Liegnitz. Ils se sont séparés hier 50, à cinq heures après midi. Le résultat n'est pas encore connu. On est convenu, dit-on, du principe d'un armistice, mais on ne paraît pas d'accord sur les limites qui doivent former la ligne de démarcation. Le 31, à six heures du soir, les conférences ont recommencé du c6té de Streigau.

Le quartier-général de l'Empereur était à Neumarck; celui du prince de la Moskowa, ayant sous ses ordres le général Laurfeton et le général Beynier, était à Lissa. Le duc de Tarente et le comte Bertrand étaient entre Jaoer et Streigao» Le

duc de BagMe «dt MtiB Mm fl 9iBmarck. Le duc de Belhine étmà Seuuui sur rOder. 6k)gaa était entièrement dé^ bloqué. La garnison a eu constamment du succès dans ses sorties. Cette place a encore pour sept mois de vivres.

Le 2Me duc de Beggio ayant pris position à HoYerswerda, fut attaqué |Nur le corps du général Bulow, fort de quinze à dix-huit mille hommes. Le combat s*engagea ; l'ennemi fut repoussé sur tous m points et poursuivi l'espace d^ deux lieues.

Le SB mai, le lieatenant-général Taadamme s'est emparé de Wilhelsmburg, devant Hambourg.

Le 24, le quartier-général du prince d'Eckmiihl était i Haarbourg. Plusieurs bombes étaient tombéiss dans Hambourg, et les troupes russes paraissant évacuer celte ville, les négociations s'étaient ouvertes pour la redailion de celle place; les troupes danoises faisaient cause commune avec les troupes françaises.

11 devait y avoir, le 2S, une oonfénnoe avec les généraux danois , pour réator It plan d'opérations. M. le comte de Baas, ministre de Tinlérieur du roi de Danemark, et chargé d'une mission auprès de rËmpereur. était parti pour se rendre au quartier-général.

Extrait du Maniteur du lO/utn; f 8f 8.

S. M. rimpéfafrice-Beine et Bégente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au ^2 juin 1813 :

Le quartier-général de TEmpereur était touîours à Neumark; celui dn prince de la ilQskowa était à Lissa; le duc de Tarente et le comte Bertrand étaient ^tre Jauer et Striegau ; le doc de Bagnse au village d'Eisendorf ; le troisième corps au village de Titersdorf ; le duc de Bâlone entre Glogau et Liegnitz.

Le comte de Bubna était arrivé à Liegnitz, et avait des conférences avec le doc de Bassano.

Le ^néral Lauriston est entré è Bredaa le 1*' juin, à six heures du matin, tloe division prussinane de six à sept mille hommes, qui couvrait cette ville en défendant le passage de la Lobe » a été enfonoôe au village de Neukircben.

Le bonrgueme^re et quatre députés de la ville de Bresiau ont été présentés à TEmpereur, à Neumark, le i^juin, à deux heures après midi.

Sa Haieslé leur a dit qu'ils pouvaient rassurer les habitants; que, quelque chose qu'ils eussent tailepour seconder l'esprit o'anarchie que les Stein et les Scharnhorsa voulaient exciter, elle pardonnait à tons*

BULLETINS DK 1* OBàNDB-ARMÉfi.

Ll vm« «H MrtlitMiieiil trtnqnlBe, et

tons led hàbitanto y sont restés. Breslati offre de très grandes ressources.

Le dac de Vioenoe et les plénipotentiaires russe et prussien, le comte Schouvaioff et le général de Kleist, avaient échangé leurs pleins- pouvoirs et avaient neutralisé le village de Peiocherwiti. Quarante hommes d'infenterie et vingt hommes de cavalerie, fournis par Tarn^ française, et le mÂme nombre d'hommes, fournis par Tarmée alliée, occupaient respectivement les deux entrées du village. Le 2 au matin les plénipotentiaires étaient en conférence pour convenir de la ligne qui, pendant Farmistice, doit déterminer la position des deux armées. En attendant, des ordres ont été donnés des deux quartiers-généraux, afin qu^aucunes hostilités n'eussent lieu. Ainsi, depuis le 1" juin, à deux heures de Taprè^midi, il n'a été commis aucune hostilité de part et d'autre.

Extrait du Moniteur du t>endredi H juin 1815.

S. M. riropératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au 3 juin 1813 :

. La suspension d'armes subsiste toujours . Les plénipotentiaires respectifs continuent leurs négociations pour 1 armistice.

Le général Launston a saisi sur TOder plus de soixante bâtiments chargés de farine, de vin et de munitions de guerre, qui avaient été destinés pour Tarmée qui assiégeait irlogau ; toiis ces approvisionne'ments viennent d'être dirigés sur cette place.

Nos avant-postes sont jusqu'à mi-chemin de Brieg.

Le général Hogendorp a été nommé ffouverneur de Breslau. Le plus ffrand ordre règne dans cette ville. Les nabitants paraissent très mécontents et mèrne indi-

f;nés des dispositions faites relativement au andsturm * on attribue ces dispositions au général Scnarnhorss, qui passe pour un jacobin-anarchiste. Il a été blessé à la bataille de Lutsen.

Les princesses de Prusse, qui s'étaient retirées en toute hâte de Berlin pour se réfugier à Breslau, ont quitté cette dernière ville pour se réfugier plus loin.

Le duc de Bassano s'est rendu à Dresde, où il recevra le comte de Kaas, ministre du Danemark.

S. M. l'Impératrioe-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation îles années au 4 juin au soir :

L'armistice a été signé le 4^ à deux heurea après midi.

iMf

S. M. rsnipereor part le tf^ à la ptinte du jour, pour se rendf e à Liegnitz. On ereil que penaant la durée de l'armisyce » Sa Majesté se tiendra une partit du teraiwà Glogau. et la plus grande partie à Dresde, afin d'être plus près de ses Etats.

Emtrmi du Moni^mr du dimoticAt 13 jmn 1815.

S. M. rimpératrioe-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au 6 juin 1H15 :

Le quartier-général de l'Empereur était, le 6, à Liegnite.

Le prince de la Moskowa était tott|ottrs à Breslau.

Les commissaires nommés par Tempe* pereur de Russie, pour l'etécution de l'armistice, étaient le comte de Schouwaloff. lieutenant-général, aide-de-carnp-générai de TEmpereur, et M. dé Kutnsoff, majorgénéral, aide-de-camp-général de l'Empereur. Les commissaires nommés de la pari de la France, sont le général de division comte Dumontier, commandant une divi« sion de la garde, et le général de brigade Flahaut , aide-de-camp de l'Empereur. ^ Ces commissaires se tiennent à Neumark.

Le duc de Trévfee porte son quartier-^ général à Glogau, avec la jeune garde. \m vieille garde retourne à Dresde, oh Ton croit que Sa Majesté va porter son quar^ tfer-genéral.

Les différents corps d'armée as sont nia en marche pour former des camps dans les différentes positions de Goldberg , de Lc^ wenberg, de Buntsiau, de Liegnita, de Bproteau, de Sagan, eie.

Le corps polonais du prince PoadalowsU,' qui traverse la Bohème» est altendt à ZJW tau le 10 juin.

ExVroit à/u Moniteur du timdi I4> :

juin 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et R^ente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au 7 juin 1813 :

Le quartier-général de S. M. l'Empefeur était à Buntziau. Tous les corps d'armée étaient en marche pour se rendre dans leurs cantonnements. LXMer étail oouvert de bateaux qui descendaient de Breslau à Glogau, chargée d'aittHerie^ d'outils, de fanne et d obfets de tmite es^ pèce prisa l'ennemi.

La ville de Hambourg a élé reprisa le

30 mai de vive force. Le priBce d'Acier

IomU sêloiieapéciAlanMitdeJacoatfirito

VËMHÊE.

da géDéral Vandiuiiiie. Hambourg avait élé perdu, pendant la campacne précédente, par la pusillanimité du général Saint-Cfyr : c*e8t à la vigueur qu'a déployée le i^énéral Yandamme, du moment de son arrivée dans la trente-deuxième division militaire, qu'on doit la conservation de Brème, et aujourd'hui la prise de Hambourg. On y a mit plusieurs centaines de prisonniers. On a trouvé dans la ville deux ou trois cents pièces de canon, dont quatre-vingts sur les remparts. On avait fait des travaux pour mettre la ville en état de

Le Danemark marche avec nous : le prince d'Eckmûhl avait le projet de se porter sur Lubeck. Ainsi, la trente-deuxième division militaire et tout le territoire de Fempire sont entièrement délivrés de Teoneroi.

Des ordres ont élé donnés pour faire de Hambourg une place forte : elle est environnée d'un rempart bastionné , ayant un large fossé plein d'eau, et pouvant être couvert en partie par des inondations. Les travaux sont dirigés de manière que la communication avec Hambourg se fasse par les lies, en tout temps.

L'Empereur a ordonné la construction d'une autre place sur l'Elbe, à l'embouchure du Havel. Kœnigstein. Torgau, Wittemberg, Magdebourji;, la place du Havel et Hambourg, compléteront la défense de la ligne de TElbe.

Les ducsdeCambridge et de Brunswick, princes de la maison d'Angleterre « sont arrivés à temps à Hambourg pour donner

eus de relief au succès des Français, sur voyage se réduit à ceci : ils sont arrivés et se sont sauvés.

Les derniers bataillons des cinq divisions du prince d'Eckmuhl, lesquelles sont composées de soixante-douse bataillons au grand complet, sont partis de Wesel.

Depuis le commencement de la campagne, l'armée française a délivré la Saxe^ conquis la moitié de la Silésie, réoccupe la trente-deuxième division militaire, confondu les espérances de nos ennemis.

Extrait du Moniteur du mercredi 16 juin 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au 10 juin 1815 :

L'Empereur était arrivé le 10, à quatre heures du malin, à Dresde. La gardo à cheval y était arrivée à midi. La garde à pied y était attendue le lendemain 1 i .

SaMajesté, arrivée au moment où on s'y attendait le moins, avait ainsi rendu inutiles les préparatifs faits poursaréoeptioiL

A nlidi, le im de Saxe est Yew voir l'Empereur, qu'on a logé au faubourg»

dans la belle maison Haroolini , oà il y a un grand appartement au rez-de-chaussée et un beau parc ; le palais du Roi, qu'habitait précédemment l'Empereur, n ayant pas de jardin.

A sept heures du soir, TEmperair a reçu M. de Kaas, ministre de riotérieor et de la justice du roi de Danemark.

IJne brigade danoise de la division anxi« liaire mise sous les ordres du prince d*Ekmiihl, avait pris, le 2 juin, possessioA de Lubeck.

Le prince de la Moskowa était, le 10, à Breslau; le duc de Trévise à Gloffau; le duc de Bellune à Grossen : le duc ae Riecgio sur les frontières de la Saxe et de la Prusse du côté de Berlin. L'armistice avait été publié partout. Les troupes faisaient des préparatifs pour asseoir leurs baraques et camper dans leurs positions respectives depuis Glogau et Liegnitz, jusqu'aux frontières de la Bohème et à Goerlite.

Extrait du Moniteur du dirnanehe fO juin 1813.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées au 14 juin au soir :

Toutes les troupes sont arrivées dans leurs cantonnements. On élève des baraques et l'on forme les camps.

L'Empereur a parade tous les Jours à dix heures.

Quelques partisans ennemis sont racore sur les derrières. Il y en a qui font la

guerre pour leur compte, à la manière de Chili, et qui refusent de reconnaître l'armistice. Plusieurs colonnes sunt en mouvement pour les détruire.

Le baron de Kaas, ministre de l'intérieur du Danemarck, et enyoyé avec des lettres du Roi, a été présente à l'Empereur.

Extrait du Moniteur du dimanche 27 juin 1813.

S. M. llmpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de lltrmée, en date du âl juin :

Le huitième corps, commandé par le prince Poniatowski, qui a traversé la Bohème, est arrivé à Zittau en Luxace.

Ce corps est fort de dix-huit mille hommes, dont six mille de cavalerie. Tous les ordres ont été donnés pour compléter son habillement, et pour Im fbumir tout oe qui pourrait lui manquer.

BULLETINS Nt LJL 6KANDE-AIIMËB.

8a Majesté a été te »à Pirna et à K<e- Bîgstein.

Le président de Kaas, envoyé par le roi de Danemarck, a reçu son audience de congé et est parti de Dresde.

Les corps francs prussiens, levés à rinstar de celui de Schill, ont continué, depuis Tarmistioe, à mettre des contributions et à arrêter les hommes isolés.

On leur a fait signifier Tarmistioe dès le 8 ; mais ils ont déclaré faire la guerre pour leur compte; et comme ils continuaient la même conduite, on a fait marcher contre eux plusieurs colonnes. Le capitaine Lutzow^ qui commandait une de ces bandes, a été tué ; quatre cents des siens ont été tués ou pris, et le reste dispersé. On ne croit pas que cent de ces brigands soient parvenus à repasser TElbe.

Une antre bande, commandée par un capitaine Colombe, est entièrement cernée; et on a l'espoir que sous peu de jours la rive gauche de 1 Elbe sera tout-à-faît purgée de la présence de ces bandes, qui se portaient à tonte espèce d*excès envers ces malheureux habitants.

L'officier envoyé à Custrin est de retour. La garnison de cette place est d'environ cinq mille hommes, et n'a que cent cinquante malades. La place est dans le meilleur état, et est approvisionnée pour six mois en blé, riz, légumes, viandes fraîches, et tons les objets nécessaires.

La garnison a toujours été maîtresse des dehors de la place jusqu'à mille toises. Pendantces quatre mois, le commandant n*a pas cesse dé travailler à augmenter les moyens de son artillerie et les fortications de la place.

Toute Tannée est campée ; ce repos fait le plus grand bien à nos troupes. Les distributions régulières de riz contribuent beaucoup à entretenir la santé du soldat.

A S, M. l'ImpéraPrice'Reine et Régente.

Ie25yiftti18l$.

Le 24, l'Empereur adtnécbez le roi de Saxe. Le soir, la Comédie-Française a donné sur le théâtre de la cour une représentation d'une pièce de Molière, à laquelle Leurs Majestés ont assisté.

Le roi de Westphalie est venu à Dresde voir l'Empereur.

Le 25. 1 Empereur a parcouru les différents débouchés des forêts de Dresde et a fait une vingtaine de lieues. Sa Majesté, partie à cinq heures après-midi, était de retour à dix heures du soir.

Deux ponts ont été jetés sur l'Elbe, visà-vis la forteresse de Kœnigstein. Le ro-

cher de Sifliensteinf qui est sur ht rive droite, àunedemi-portee de canon de Kosnigstein, a été occupé et fortifié. Des magasins et autres établissements militaires sont préparés dans cette intéressante position. Un camp de soizante mille hommes, appuyé ainsi à la forteresse de Kœnigslein, et pouvant manœuvrer sur les deux rives, serait inattaquable par quelque force que ceiftt.

Le roi de Bavière a établi autour de Nymphembourg, près de Munich, un camp de vingt-cinq mille hommes.

L'empereur a donné au duc de Castiglione le commandement du corps d'observation de Bavière. Cette armée se réunit à Wiirlzbourg. Elle est composée de six divisions d'infanterie et de deux de cava* lerîe.

Le Vice-Roi réunit entre la Piave et l'A* dige l'armée d'Italie, composée de trois corps. Le général Grenier en commande un.

Le nouveau corps qui vient d'être formé à Magdebourg, sous le commandement du

général Yandamme, compte déjà quarante ataillons et quatre-vingts pièces d'artillerie.

Le prince d'Ëckmiihl est à Hambourg.

Son corps a été renforcé par des troupes venant de France et de Hollande, de sorte que sur ce point il y a plus de troupes qu'il n'y en a jamais eu. La division danoise, qui est réunie au corps du prince d'Eckmûhlj est de quinze mine hommes.

Le deuxième corps, que commande le duc de Bellune , n avait qu'une division pendant la campagne qui vient de finir. Ce corps a été complété, et le duc de Bellune commande aujourJ'bui les trois divisions.

Les circonstances étaient si urgentes au commencement de la campagne, que les bataillons d'un- même régiment se trouvaient disséminés dans difiérents corps. Tout a été régularisé, et chaque régiment a réuni ses bataillons. Chaque jour il arrive une grande quantité de bataillons de marche qui passe l'Elbe à Magdebourg. à Wittemberg, à Torgau, à Dresde. Sa Majesté passe tous les jours la revue de ceux qui arrivent par Dresde.

Les équipages militaires de l'armée ont aujourd'hui, soit en caissons d'ancien modèle , soit en caissons du nouveau modèle (dit n"* 3) , soit en voitures à la comtoise, de quoi transporter des vivres pour toute l'armée pour un mois. Sa Majesté a reconnu que les voitures à la comtoise, ainsi que les caissons d'ancien modèle, ont des inconvénients, et elle a prescrit que désormais les équipages, au fur et à mesure des remplacements, fassent établis sur les modèles des caissons n"" 2, attelés de quatre chevaux et qui portent facilement vingt quintaux.

Lwniié

VwÊiûéê en p<Hirviiêd$ nouUfis porta-lifft pewnl «eize livres, et faisant cbaqae joar cinq quhitaax de farine. On a distrihtté trois de ces moulins par bataillon.

On travaille avec la plus ^ande activité à augmenter les fortifications de Glo<- §aa.

On travaille également à auffmenter les fortifications de Wittemt»erg. Sa Majesté veut faire de cette ville une place regu- Hère ; et comme le tracé en est défectueux, elle a ordonné qu'on la fit couvrir par trois couronnes en suivant à peu près la même méthode que le sénateur Chasseloup^Laubat a mise en pratique à Alexandrie.

Torgau est en bon état.

On travaille aussi avec une grande activité à fortifier Hambourg. Le général du Ênie Haxo s*y est rendu pour tracer la cilelle et les ouvrages à établir dans les lies pour lier Harbourg avec Hambourg.

Les ingénieurs des ponts-et-chaussées y construisent deux pÎMits volants dans le même système que ceux d'Anvers, un pour la marée montante, l'autre pour la marée descendante.

Une nouvelle place sur TElbe a été tracée par le général Haxo du c6té de Yerden, à Temboucbure de la Uavel.

Les forts de Cuxhaven, qui étaient en état de soutenir un siège, mais qu'on avait abandonnés sans raison , et qu^ l'ennemi avait rasés, se rétablissent- On y travaille avec activité; ce ne seront plus de simples batteries fermées, mais un fort qui, comme le fort in4iériai de TËscaut, protégera l'arsenal de construction et le bassin, dont rétablissement est projeté sur rsibe, depuis que l'inaénieur Beaupré, qui a employé deux ans a sonder ce flrâve, a reconnu qu'il avait les mêmes propriétés que l'Escaut , et que les plus grandes escadres pouvaient y être construites et réunies dans ses rades.

La troisième diviuoo de la jeune garde, que commande fe général Laborde, officier d'un mérite consommé , est campée dans les bois en avant de Dresde , sur la rive droite de l'Elbe.

La quatrième division de la jeune garde que commande fe général Friant, debouibe par Wurtzbourg. Des régiments de cette division ont déjà dépassé cette ville, et se portent sur Dresde.

La cavalerie de la garde compte déjà plus de neuf mille chevaux. L'artillerie a déjà plus de deux cents pièces de canon. L'mfonterie forme cinq divisbns, dont quatre de la jeune garde et une de la vieille.

Le septième corps, que commande le génénU Reynier, composé de la division Du- ( ratte, qui est une division française, et de deux divisions saxonnes, reçoit son

complénieiiÉ. Ceoarpi eitoiMéanmi

de Gœrlitz. ' Toute la cavalerie légèn saxonne y est réunie, et va teeé^wat complétée.

Le roi de Saxe porte aussi ses deux beau régiments de cuirassiers à leur ceoi|M.

Sa Majesté a été extrêmement saUifaHe des rois et des grands ducs de la coolédératicm. Le roi ne Wurtemberg s'est pi^ cttlièrement distingué. Il a fait, proportin gardée, des efforts égaux à oeox <te II France, et son armée, infanterie, cinl»rio et artillerie, a été portée aumndeonplet. Le prince Emile de Hes8e*DanMl«lt,

Sui commande le contingent de Hes»armstadt , s'est constamment kit distiigver dans la campagne passée et ém ^le^ par beaucoup de saog^-froid it beaucoup d'intrépidité. C'est wi jene prince d'espérance, que rEmpercur «Se^ tienne beaucoup. Les seuls priixxs è Saxe sont en arrière pour le contingeot.

Mn seulement la citadelle d'Krfort eH en bon étal et parfaitement approYimr née, mais les fortifications ont été rekiféeii elles sont couvertes par des ouvrages stiices, et désormais Ërfurt sera une pliee forte de première importanoe.

Le congrès n'est pas encore réoni : m espère pewrtant qu'il le sera sous qoelQiB jours, bi on a perdu un mois , la BÉe jD*en est pas à la France.

L'Angleterre, qui n'a pas d'argent, n'i pu en fournir aux coalisés; mais elle vient d'imaginer un expédient noiveu.

Un traité a été conclu entre l'AnglètorR, la Russie et la Prusse, moyennant leqiÉ il sera créé pour plusieurs centainei è millions d'un nouveau papier garaoti pir les trois puissances, c'est sur cette maource que Ton compte pour Caire famm frais de la guerre.

La garnison de M odlin est en boa éUI; les fortifications sont augmentées. On déchifi'rait au quartier-général les rapports des gouverneurs de llodiin et ZamoscLes garnisons de ces deux places sont restées maîtresses du pays à une lieue aotov d'elles, les troupes qui les bloquaient netant que des milices mal armées et fliai équipées.

L'Empereur a pris à sa s(4de Tamiée ai prince Pooiatowski, et lui a donné ne nouvelle organisation. Des ateliers ant établis pour fournir à ses besoins. Avait vic^t jours, elle sera équipée à nesf ^ remise en bon état.

Quelque brillante que soit cette sitution, et quoique Sa Majesté ait rérileneat plus de puissance militaire que jamais; die n'en désire la paix qu'avec pras d'ardenr.

L'administration a fait aèbeler mt grande quantité de riz , afin que penduii toute la grande chaleur cette l^réeuBAie

BULLETINS M Là OHANDI-ARMÉE.

lOTi

pbot m mitrt dans les rattons du soldat.

S. M. rEmpereiir a fait, le 28, nne eonrse de huit à dix heures aux environs de Dresde.

On a reçu des nouyeHes de Hodlin et de Zamosc. Ces places sont dans la meilleure situation, soit pour les vivres et les munitions de guerre , soit pour les fortifications.

Le capitaine Planât, officier d'état-ma* Jor, chargé de porter l'armistice, est arrivé à Dantzig. Il a eu peine à pénétrer dans la place, parce que le généra! Rapp, gouverneur, ennuyé du grand nombre de parlementaires que Tennemi lui envoyait ions les jours, avait déclaré qu'il n'en recevrait plus. L'officier a donc eu beaucoup de peine à se faire reconnaître. On se peindrait difficilement la joie que sa présence a causée à cette belle et nombreuse garnison , qui est loin d'avoir la contenance d'une garnison de place assiégée ; elle est maîtresse de tous les environs. Les rations qu'on doit lui fournir pendant la durée de 1 armistice ont été fliées à vingt mille par jour; ce qui excite avec raison des réclamations de la nart du gouverneur.

Plusieurs fois cette garnison , dans les cinq mois de blocus , a été jeter des obus dans le quartier-général ennemi, et, pour ainsi dire, l'assiéger.

Le général Rapp avait réuni un bon bataillon de la garde à pied , qui se composait d'hommes fatigués on gelés, qui s'étaient réfugiés dans la place.

La place avait ses vivres assurés pour une année : les gens de l'art estiment ''u'elle pourrait soutenir plus de trois mois

luer le retard que les sorties de la garnison pourraient apporter dans les travaux du siège, liais, jusqu'à cette heure, l'ennemi n*avaii manifesté en aucune façon l'intention de tenter une aussi difficile entreprise.

S^lraii eu Moniimr du dimanehe iHjumetiSiS.

Maçd9iomr§, h IS/ntîM lBt3.

L'Empereur est arrivé ici aujourd'hui à sept neures du matin. Sa Majesté est aussitôt montée à cheval, et a visité les fortifications qui rendent Magdebourg une des plus fortes places de l'Europe.

Sa Majesté était partie île Dresde le 10, à trois heures du matin. Elle a déjeuné à Torgau, a visité les fortifications de cette

glace, et y a vu la brigade de troupes axonnes commandée par le général Le-

oooq. A six heures du soir, elle est arrivée à Wittemberg, et çnU visité les fortifications.

Le 11, à cinq heures du matin, Sa Majesté a passé en revue trois divisions (les cinquième, sixième et sixième bis) arrivant de France ; elle a nommé aux emplois vacants, et a accordé des récompenses à plusieurs officiers et soldats.

Pani de Wittemberg à trois heures après midi , l'Empereur est arrivé à six heures à Dessau, où Sa Majesté a vu la division du général Philîppon.

Sa Majesté a quitté Dessau à deux heures du matin, et dès cinq heures elle se trouvait à Magdebourg , où sont campés les trois divisions du corps du général comte Vandamme.

ExiraU du Mamêeur du $mdi n juillet 1813.

L'Empereur est parti de Magdebourg le 13, après avoir vu les divisions du corps du général Yandaoïme , et s'est rendu à

Le 14, à cinq heures du matin, Sa Majesté a vu le troisième corps de cavalerie, que commande le duc de Padoue.

Dans l'après-midi, Sa Majesté a vu, sur la grande place de Leipsig, le reste de troupes du duc de Padoue qu'elle n'avait pas pu voir voir le matin • Elle est montée ensuite en voiluro, à cinq heures du soir, pour Dresde, oii eUp est arrivée à une benra après minuit.

S. M. l'Impéntrice-leine et Bégeote a raou les nouveUes suivantes de l'armée :

Le duo de Vioeace, grand-écuyer. et Je ûomt* de Narfaonne, ambassadeur de France à Vienne, ODt été nommés par l'Empereur ses ministres plénipotentiaires à Prague.

Le oomle de Narbonne éUit parti le v.

Où croit que le duc de Vioence partiim le 1«.

Le eoBteiller intime d'Anstett, liénîpch teniiaire de Tempefeur de Russie, était arrivé, le 12 juillet, à Prague.

Une ooBventioB avait été signée à Neumark pour la prolongation de l'armistice jusqu'à la mi-iaoùt.

Extrait du Moniteur du lundi 6 sep^ tembre 1813.

S. M. llmpératrice«Reinc et Régente a reçu les nouvdies suivantes de Tailâéeatt îOaoût :

vtMran.

Les ennemis ont dénoncé rarmistice le 11 à midi , et ont fait connaître que les hostilités commenceraient le 17 après minait.

En même temps, une note de M. le comte de Metleroich, ministre des relations extérieures d'Autriche, adressée au comte de Narbonne, lui Tait connaître que TÂutriche déclarait la fçuerre à la France.

Le 17 au matin, les dispositions des deux armées étaient les suivantes :

Les quatrième, douzième et septième oorps , sous les ordres du duc de Reggio, étaient à Dahme.

Le prince d'Eckmiihl, avec son corps, auquel les Danois étaient réunis, campait devant Hambourg, son quartier-général étant à Bergedorf.

Le troisième corps était àLiegnitz, sons les ordres du prince de la Moskowa.

Le cinquième corps était à Goldberg, sous les ordres du général Lauriston.

Le onzième corps était à Lœwenberg, sous les ordres du duc de Tarente.

Le sixième corps, commandé par le duc de Raguse, était a Bunziau.

Le nuitieme corps, aux ordres du prince Poniatowski, était à Zittau.

Le maréchal Saint Cyr était, avec le

?uatorzième corps , la gauche appuyée à Elbe, au camp de Kœnigstein, et à cheval sur la grande chaussée de Prague à Dresde, poussant des corps d observation jusqu'aux débouchés de Mariemberg.

Le premier corps arrivait à Dresde, et le deuxième à Zittau.

Dresde, Torgau, Witlemberç, Magdebourg et Hambourg avaient cnacun leur garnison, et étaient armés et approvisionnés.

L'armée ennemie était, autant qu'on en peut juger, dans la position suivante :

Quatre-vingt mille Russes et Prussiens étaient entrés, dès le 10 au matin , en Bohème, et devaient arriver, vers le 21, sur l'Elbe Cette armée est commandée par l'empereur Alexandre et le roi de Prusse, les généraux russes Barclay de Tolly, Wittgenstein et Miloradowich . et le général prussien Kleist. Les gardes russe et prussienne en font partie : ce qui, joint à l'armée du prince de Schwarzembierg, formait la ffrande armée et une force de deux cent mille hommes. Cette armée devait opérer sur la rive gauche de TElbe, en passant ce fleuve eu Bohème.

L'armée de Silésie, commandée par les généraux prussiens Bliicher etYorck,et par les généraux russes Sacken et Langeron, paraissait se réunir sur Breslau : elle était forte de cent mille hommes.

Plusieurs corps prussiens, suédois et des troupes d'insurrection couvraient Berlin, et étaient opposés à Hambourg et au duc de Reggio. L'on portait la force de ces ar-

mées, qui ooavraiait Berlin , à eeai dix

mille hommes.

Toutes les opérations de Tennemi étaient faites dans l'idée que l'Empereur repasserait sur la rive gi^uche de l'hlbe.

La garde impériale, partie de Dresde»

se porta, le 15, à Bautzen, et, le 18, à Gœrlitz.

Le 19, l'Empereur se porta à Zittau-, fit marcher sur-le-champ les troupes du prinoe Poniatowski, força les débouchés de la Bohème, passa la grande chaîne des montagnes qui séparent la Bohème de la Luzaoe« et entra à Gobel, pendant le temps que le général Lefèvre-Desnouettes, avec une division d'infanterie et de cavalerie de la garde, s'emparait de Ruml)oarg, franchissait le col des montagnes à Georgentbal, et que le général polonais Reminski s'enaparait de Friedland et de Reichenberg.

Cette opération avait pour but d inquiéter les alliés sur Prague, et d'acquérir des notions certaines sur leurs projets. On a|^ prit là ce que nos espions avaient déjà fait connaître, que l'élite de l'armée russe et prussienne traversait la Bohème, se réunissant sur la rive gauche de l'Elbe.

Nos coureurs poussèrent jusqu'à seize lieues de Prague.

L'Empereur était de retour de Bohème à Zittau le 20, à une heure du matin. Il laissa le duc de Beilune avec le deuxième corps à Zittau, pour appuyer le corps du pnooe Poniatowski ; il plaça le général Vandamme, avec le premier corps, à Rambourg, pour appuyer le général Lefèvre- Desnouettes , ces deux généraux occupant en forces le col, et faisant construire des redoutes sur le mamelon qui domine sur le col. L'Empereur se porta , par Lauban en Silérie, ou il arriva le 20, avant sejit heures du soir.

L'armée ennemie de Silésie avait violé l'armistice, traversé le territoire neutre dès le 12. Ils avaient, le in, insulté tous nos avant-postes, et enlevé quelques vedettes.

Le 16, un corps russe se plaça entre le Bober et le poste de Suiiler, occupé par deux cents hommes de la division Charpentier. Ces braves, qui se reposaient sur la foi des traités , coururent aui armes, passèrent sur le ventre des ennemis et les dissipèrent. Le chef de bataillon LaGuill»mie les commandait.

Le 18, le duc de Tarente donna l'ordre au général Zucchi de prendre la petite ville de Lahn ; il s'^ porta avec une brigade italienne; il exécuta bravement son onlre, et fit perdre à l'ennemi plus de cinq cents hommes : le général Zucchi est un officier d'un mérite distingué. Les troupes italiennes ont attaque, à la baïonnette, les Russes , qui étaient en nombre supérieur.

Le 19, l'ennemi est venu camper à Zobten. Un corps de douze mille Russes a passé

BULLETINS DE LA GRANDË-ARMËE.

le Bober et a attaqué le poste de Siebenicken , défendu par trois compagnies lé-

Êres. Le général Lauriston fait prendre ; armes à une partie de son corps, part de Lœwenberg. marche à l'ennemi et le culbute dans le Bober. La brigade du général Lafitte, de la division Rochambeau, s'est distinguée.

Cependant , TEmpereur, arrivé le 20 à Lauban, était le 21, à la pointe du jour, à Lœwenberg, et faisait jeter des ponts sur le Bober. Le corps du général Lauriston passa à midi ; le général Maison culbuta, avec sa valeur accoutumée , tout ce qui voulut s'opposer à son passage , s'empara de toutes les positions, et mena Tennemi battant jusqu auprès de Goldberg. Le cin-

Suiëme et le onzième corps rappuyèrent.

ur la gauche, le prince de la Moskowa faisait attaquer le général Sacken par le troisième corps, en avant de Bunzlau, le culbutait, le mettait en déroute, et lui faisait des prisonniers. L'ennemi se mit en retraite. * Un combat eut lieu le 23 août devant Goldberg. Le général Lauriston s'y trouvait à fa tète des cinquième et onzième corps. Il avait devant lui les Russes qui couvraient la position du Flensberg, et les Prussiens qui s'étendaient à droite sur la route de Lie^nllz. Au moment où te général Gérard débouchait parla gauche sur Nieder-au, une colonne de vingt-cinq mille Prussiens parut sur ce point : il la fit attaquer au milieu des barragues de l'ancien camp; elle fut enfoncée de toutes parts ; les Prussiens essayèrent plusieurs charges de cavalerie qui furent repoussées à bout-portant ; ils furent chassés de toutes leurs positions, et laissèrent sur le champ de bataille plus de cinq mille morts , des prisonniers etc. A la droite, le Flensberg fut pris et repris plusieurs fois; enfin, le 155* régiment s'élança sur l'ennemi et le culbuta entièrement. L'ennemi a perdu, sur ce point, mille morts et quatre mille

L'armée des alliés se retira en désordre et en toute hâte sur Jauer.

L'ennemi ainsi battu en Silésie, l'Empereur prit avec lui le prince de la Moskowa, laissa le commandement de l'armée de Silésie au duc de Tarente. et arriva le 25 à Stolpen. La garde vieille et jeune, infanterie, cavalerie et artillerie, fit ces quarante lieues en quatre jours.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de 1 armée, au 28 août :

Le 26, à huit heures du matin, l'Empereur entra dans Dresde. La grande armée russe, prussienne et autrichienne, com-

mandée par les souverains, était en pré* sence ; elle couronnait toutes les collines qui environnent Dresde à la distance d'une petite lieue par la rive gauche. Le maréchal Saint-Cyr, avec le quatorzième corps et la garnison de Dresde, occupait le camp retranché et bordait de tirailleurs les palanques qui environnaient les faubourgs.

Tout était calme à midi : mais pour l'œil exercé, ce calme était le précurseur de Torage : une attaque paraissait imminente.

A qualre heures heures après midi, au signai de trois coups de canon, six colonnes ennemies, précédées chacune de cin- 3uante bouches à feu, se formèrent, et peu e moments après descendirent dans la plaine ; elles se dirigj^rent sur les redoutes. En moins d'un quart-d'beure la canonnade devint terrible. Le feu d'une redoute étant éteint, les assiégeants l'avaient tournée et faisaient des efforts au pied de la palanque des faubourgs, où un bon nombre trouvèrent la mort.

Il était près de cinq heures : une partie des réserves du quatorzième corps était engagée. Quelques obus tombaient dans la ville ; le moment paraissait pressant. L'Empereur ordonna au roi de Naples de se porter avec le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg sur le flanc droit de l'ennemi, et au duc de Trévise de se porter sur le flanc gauche. Les quatre divisions de la jeune garde, commandées par les généraux Dumortier, Barrois, Decouz et Roguet, débouchèrent alors, deux par la porte de Pirna et deux par la porte de Plauen. Le prince de la Moskowa déboucha à la tètè de la division Barrois. Ces divisions culbutèrent tout devant elles : le feu s'éloigna sur-le-champ du centre a la circonférence, et bientôt fut rejeté sur les collines. Le champ de bataille resta couvert de morts , de canons et de débris. Le général Dumontier est blessé, ainsi que les généraux Boyeldieu, Tyndal et Combelles. L'officier d'ordonnance Béranger est blessé à mort; c'était un jeune homme d'espérance. Le général Gros, de la garde, s'est jeté le premier dans le fossé d'une redoute où les sapeurs ennemis travaillaient déjà à couper des palissades : il est blessé d'un coup de baïonnette.

La nuit devint obscure et le feu cessa, l'ennemi ayant échoué dans son attaque et laissé plus de deux mille prisonniers sur le champ de bataille, couvert de blessés et de morts.

Le 27, le temps était affreux ; la pluie tombait par torrents. Le soldat avait passé la nuit (tans la boue et dans l'eau. A neuf heures du matin, l'on vit distinctement l'ennemi prolonger sa gauche et couvrir les collines qui étaient séparées de son centre par le vallon de Plauen.

LIMPIU.

Le roi de Napted partit avec le corpe du duc de BeUane et les divisions de cuirassiers, et déboucha sur la route de Freyberg pour attaquer cette gauche. Il le fit avec le plus grand succès. Les sii divisions qui composaient cette aile furent culbutées et éparpillées. La moitié^ avec les drapeaux et les canons, fut faite prisonnière, et dans le nombre se trouvent plusieurs généraux.

Au centre, une vive canonnade soutenait l'attention de Tennemi, cl des colonnes se montraient prèles à Taltaquer sur la gauche.

Le duc de Trévise, avec le ^néral Nansouty, manœuvrait dans la plaine, la

gauche a la rivière et la droite aux colnés.

Le maréchal Saint-Gvr liait notre gauche au centre, qui était formée par le corps du duc de Raguse.

Sur les deux heures après midi, l'ennemi se décida à La retraite, il avait perdu sa grande communication de Sohème par sa gauche et par sa droite.

Les résultats de cette journée sont vingtcinq à trente mille prisonniers, quarante drapeaux et soixante pièces de canon.

Qn peut compter que Tcnnemi a soixante mille hommes ae moins. Notre perte se monte, en blessés, tués ou pris, à quatre mille hommes.

La cavalerie s'est couverte de gloire.

L'état-màjor de la cavalerie fera connaître les détails et ceux qui se sont distingués.

La jeune garde a mérité les éloges de toute l'armf)e. La vieille garde a eu deux bataillons engagés ; ses autres bataillons étaient dans la ville disponibles en réserve. Les deux bataillons qui ont donné, ont tout culbuté à Tarme blanche.

La ville de Dresde a été épouvantée et a couru de grands dangers. .

La conduite des habitants a été ce qu'on devait attendre d'un peuple allié. Le roi de Saxe et sa famille sont restés à Dresde, et ont donné l'exemple de la confiance.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de l'armée , en date du 50 août :

Le 28, le 29 et le 30, nous avons poursuivi nos succès. Les généraux Castes, Doumerc et d'Audenarde, du corps du général Latour-Maubourg, ont pris plus de mille caissons ou voitures de munitions, et ramassé beaucoup de prisonniers. Les villages sont pleins de blessés ennemis ; on en compte plus de dix mille.

L'ennemi a perdu, suivant les rapports des prisonniers, huit généraux tues ou blessés.

Le duc de Raguse a eu plusieurs affaires

d'avant-garde qui atte^eai l'intrépidilé de ses troupes.

Le général Yandamme , commandant le premier corps, a débouche le 25 par Kcbnigstein, et s'est emparé, le 26, du camp de Pirna, de ia ville et de Hoheudorf. iii intercepté la grande communicatioA de Prague à Dresde. Le duc de Wurtemberg , avec quinze mille Russes^ avait été char ise d'observer ce débouché. Le i8, le fséoéral Yandamme Ta attaqué, battu, Im a (dl deux mille prisonniers, lui a pris six pièces de canon et Ta pmrâsé en bohème. Le prince de Reuss, général de brigade , ^ cier de mérite, a été tué.

Dans la journée du 29, le général Yandamme s'est placé sur les hauteurs de la Bohème et s'y est établi, il fait battiek pays par des coureurs et des partis, pov avoir des nouvelles de l'ennemi , Tinquiér ter et s'emparer de ses magasins.

Le prince d'Eckmûhl était le 24 à Schwerin. A n'avait encore eu aucune affaire majeure. Les Danois s'étaieat distingués dans plusieurs petites affaires.

Ce début de la campagne est des plK brillants, et fait concevoir de grandes espérances. La qualité de notre infanterie est de beaucoup supérieure à ceUe de l'ennemi.

Extrait du M(miteur du mercredi^ septembre 1813.

S. M. l'Impératrice-Rcine et Régente a recules nouvelles suivantes de l'année, en date du 1'^ septembre :

Le 28 août, le roi de Naples a coufilié i Freyberg avec le duc de Beliune ; le 29, à Lichtenberg; le 50, à Zetau; le 51, a Sayda.

Le duc de Raffuse, avee le sixième corpi» a couché le â8 a Dippoldiswalda , où rennemi a abandonné douze cents blessés; te 29, à Falkenhain ; le 30, à Altejiberg, et 31 à Zinwald.

Le quatorzième corps, sous les ordres du maréchal Saint-Cyr,éUitle28àMaxeB; le 39, à Reinhard-Grimma; le 30, à Ditr tersdortf, et le 51 à Liebenau.

Le premier corps, sous les ordres du g^ néral Yandamme, était le 28 à Uoiieodon, et le 29 à Pelcrswalde, oxupant les mofttagues.

Le duc (le Trévise était on position, v 28 et le 29, à Pirna.

Le fiénéral Pajol, commandant la cafalorie du quatorzième corps, a fait des prisonniers. .

L'ennemi se retira dans la posili^B de Dippoldiswalda et Altenberg. Sa canote suivit la route de Plauen et se replia par Tharandt sur Dippolswalda, ne poova»

faire sa retraite par la route de FreyiW-

BULLETINS DE hk eiANDE-ARMÉE.

St droite ne pouvant 8e retirer par la chaussée de Firna ni par celle de Dohna, 80 retira sur MaxeOi et de là sur Dippoldiswalda. Tout cequiélaiten partisan et détaché sur Meissen, se trouva coupé. Les oa^a^ges russes, prussiens, autrichiens, s'étaient entassés sur la chaussée deFreyberg ; on y prit plusieurs milliers de voitures.

Arrivé à Altenberg, où le chemin de . Tœplitz à Dippoldiswalda devient impra- Ucaole, Tennemi prit le parti de laisser plus de mille voitures de munitions et de bagages. Cette grande armée rentra en Bohême après avoir perdu partie de son artillerie et de ses bagages.

Le 29, le général Vandamme passa avec huit ou dix bataillons le col de la grande chatne, et se porta sur Klum : il y rencontra l'ennemi, fort de nuit à dix mille hommes ; il s^engagea ; ne se trouvant plus assez fort, il fit descendre tout son corps d'armée ; il eut bientôt culbuté Tennemi. Au lieu de rentrer et de se replacer sur la hauteur, il resta et prit position à Kulm, sans garder la montagne ; cette montagne commande la seule chaussée ; elle est haute. Ce n'était que le 30 au soir que le maréchal Saini-Cyr et le duc de Raguse arrivaient au débouché de Tœplitz. Le général Vandamme ne pensa qu'au résultat de barrer le chemin de Tennemi et de tout prendre. A une armée qui fuit, il faut fai/re un pont d'or ou opposer une barrière d'acier, il n'était pas assez fort pour former cette barrière d*acier.

Cependant l'ennemi voyant que ce corps d'armée de dix-huit mille hommes était ^ecdlen Bohème, séparé par de hautes montagnes, et que tout le reste était encore au pied en-deça des monts, se vit perdu s*il ne le culbutait. Il conçut l'espoir de l'attaquer avec succès; sa position étant mauvaise. Les gardes russes étaient en tête de Tarmée qui battait en retraite ; on y joignit deux divisions autrichiennes fraîr ches ; le reste de l'armée ennemie s'y réu-

{lit à mesure qu'elle débouchait, suivie par es deuxième, sixième et quatorzième corps. Ces troupes débordèrent le premier corps. Le général Vandamme fit bonne contenance, repoussa toutes les attaques, enfonça tout ce qui se présentait , et couvrit de morls le champ de bataille. Le désordre gagna Tarmée ennemie, et l'on voyait avec admiration ce que peut un petit nombre de braves contre une multitude dont le moral est affaibli.

A deux heures après midi, la colonne prussienne du général Klcist, coupée dans 8a retraite, débouc^ia par Peierswalde pour tâcher de pénétrer en Bohème ; elle ne rencoatra aucun ennemi, arriva sur le haut de la montagne sans résistance, s'y plaça, et là, vit l'affaire qui était engagée. L ef-

fet de cette colonne sur les derrières de l'armée, décida l'affaire.

Le général Vandamme se porta sur-lechamp contre cette colonne, qu'il repoussa; il fut obliffé d'affaiblir sa ligne dans ce moment délicat. La chance tourna; il réussit cependant à culbuter la colonne du général Kleist, qui fut tué; les soldats prussiens jetaient les armes et se précipitaient dans les fossés et les bois. Dans cette bagare, le général Vandamme a disparu ; on le croit frappé à morU

Les généraux Corbineau, Bumonoeaa et Philippon se déterminèrent à profiter du moment, et à se retirer, partie par la

grand'route, et partie par des chemins de 'averse, avec leur division , en abandonnant tout le matériel, qui consistait en trente pièces de canon et trois cents voitures de toute espèce , mais en ranienant tous les attelages. Dans la position oti étaient les affaires, ils ne pouvaient pas prendre un meilleur parti. Les tués, blessés et prisonniers doivent porter notre Eerte dans cette affaire à six mille hommes, l'on croit que la perte de l'ennemi ne peut être moindre que de quatre à cinq mille hommes.

Le premier corps se rallia, à une lieue du champ de bataille, au quatorzième corps. On dresse l'état des pertes éprouvées dans cette catastrophe, due à une ardeur guerrière mal calculée.

Le général Vendamme mérite des regrets; il était d'une rare intrépidité. 11 est mort sur le champ d'honneur, mort digne d'envie pour tout brave.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de iVmée, en date du 2 septembre :

Le 31 août, l'ak^mée russe, prussienne et autrichienne, commandée par l'empereur Alexandre et le roi de Prusse, était entrée en Saxe, et s'était portée, le 22, sur Dresde, forte de cent quatre-vingts à deux cent mille hommes, avant un matériel immense, et pleine de l'espérance non seulement de nous chasser de la rive droite de FEibe, mais encore de se porter sur le Rhin, et de nourrir la guerre entre le Rhin et l'Elbe. En cinq jours de temps, elle a vu ses espérances confondues : trente mille prisonniers, dix mille blessés tombés en notre pouvoir, ce qui fait quarante mille ; vingt mille tués on blessés, et autant de malades par l'effet de la fatigue et du défaut de vivres (elle a été cinq à six }ours sans pain), l'ont affaiblie de près de quatre-vingt mille hommes.

Elle ne compte pas aujourd'hui cent mille hommes sous les armes; elle a perdu plus de cent pièces de canon, des parcs

L'EMPIBE.

entiers, quinze cents charrettes à munitions d'artillerie, qu'elle a fait sauter ou qui sont tombées en notre pouvoir ; plus de trots mille voitures de bagages, qn elle a brûlées ou que nous avons prises. On avait quarante drapeaux ou étendards.

Earmi les prisonniers, il y a quatre mille Russes. L'ardeur de Tarmee française et le courage de l'infanterie fixent l'attention.

Le premier coup de canon tiré des batteries de la garde impériale, dans la journée du 27 août, a blessé mortellement le général Moreau, qui était revenu d'Amérique pour prendre du service en Russie.

Extrait du Moniteur du jeudi 16 septembre 1813,

S. M. r Impératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de l'armée, en date du 6 septembre au soir :

Le 2 septembre, l'Empereur a passé, à Dresde, la revue du premier corps, et en a conféré le commandement au comte de Lobau.

Ce corps se compose des trois divisions Bumonceau, Philippon et Teste. Ce corps a moins perdu qu'on ne l'avait cru d'abord, beaucoup d'hommes étant rentrés.

Le {général Yandamme n'a pas été tué; il a été fait prisonnier. Le général du génie Haxo, qui avait été envoyé en mission auprès du général Yandamme, se trouvant dans ce moment avec ce général, à été fait également prisonnier. L'élite de la garde russe a été tuée à cette affaire.

Le 3, l'Empereur a été coucher au château de Harta, sur la route de Silésie ; et le 4, au villai^e de Hockirch (au-delà de Bautzen). Depuis le départ de Sa Majesté de Lœvenberg, des événements importants s'étaient passés en Silésie.

Le duc de Tareute, à qui l'Empereur avait laissé le commandement de 1 armée de Silésie, avait fait de bonnes dispositions pour poursuivre les alliés et les chasser de Jauer : l'ennemi était repoussé de toutes ses positions; ses colonnes étaient en pleine retraite : le 26, le duc de Tarenle avait pris toutes ses mesures pour le faire tourner ; mais dans la nuit du 26 au 27, le Bober et tous les torrents qui y affluent débordèrent; en moins de sept à huit heures, les chemins furent de trois à quatre pieds d'eau et tous les ponts emportés. Nos colonnes se trouvèrent isolées entre elles. Celle qui devait tourner l'ennemi ne put arriver. Les alliés s'aperçurent bientôt de ce changement de circonstances.

Le duc de Tareute employa les journées du 28 et du 29 à réunir ses colonnes séparées par l'inondation. Elles parvinrent a regagner Bunzlau, oix se trouvait le seul

pont oui n'eût pas été emporté par les eaux du Bober. Mais une brigade de la division Puthod ne put pas y arriver. Au lieu de chercher à se jeter du côté des montagnes, le général voulut revenir m Lœvenberg. Là, se trouvant entouré d'ennemis et la rivière à dos, après s'être défendu de tous ses moyens, ifa dû céder aa nombre. Tout ce qui savait nager dans ses deux régiments se sauva; on en compte environ sept à huit cents : le reste fut pris.

L'ennemi nous a fait dans ces différentes affaires trois à quatre mille prisonniers, et nous a pris deux aigles de deux régiments, avec les canons de la brigade.

Après ces circonstances qui avaient faligue l'armée, elle repassa successivemenl le Bober, la Queisse et la Neisse. L'Eo-

S^reur la trouva le 4 sur les hauteurs de ochkirch. Il Ot, le soir même, réattaqner l'ennemi, le fit débusquer des hauteurs dD Wohlenberg, et le poursuivit pendant tonte la journée du 5, Tépée dans les reins, jus<|u'à Gœriitz. Le général Sébastian! exécuta des charges ae cavalerie à Reichenbach, et fit des prisonniers.

L'ennemi repassa en toute hâte la Neisse et la Queisse, et notre armée prit position sur les hauteurs de Gkerlitz, au-doà de la Neisse.

Le 6, à sept heures du soir, l'Empereor était de retour à Dresde.

Extrait du Moniteur du lundi îù stftembre 4815.

S. M. rimpératrice-Reine et Réceoiea reçu les nouvelles suivantes de lamée, en date du 7 septembre :

Le duc de Reggio, avec les dcaiième, septième et quatrième corps, s'est ponék 23 août sur Beriin. Il a fait attaqaer ie village de Trebbin, défendu par l'année ennemie, et l'a forcé. Il a continué son mouvement.

Le 24, le septième corps, n'ayant pas réussi dans le combat de uross-fieeren, le duc de Reggio s'est reporté sur Witteinberg.

Le 3 septembre , le prince de la Moskowa a pris le commanaement de l'arnée, et s'est porté sur Interborgh. Le 5, il * attaqué et battu le général Tauenlzico; mais le 6, il a été attaqué en marche par l'armée ennemie, commandée par le géo^ rai Bulow. Des charges de cavalerie sbt ses derrières ont mis le désordre dans ses parcs. Il a dû se retirer sur Torgau. 11 a perdu huit mille tués, blessés ou prisonniers et douze pièces de canon. La perte de l'ennemi doit avoir été aussi très forte.

Extrait du Moniteur du samedi 25 septembre 18i3.

S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reça les nouvelles saivantes de l'armée, en date du 15 septembre :

Le quartier-général de l'Empereur était à Dresde.

Le duc de Tarente, avec les cinguiëme, onzième et troisième corps, s*était placé sur la rive gauche de la Sprée. Le prince Poniatowski, avec le huitième corps, était à Stolpen. Toutes ces forces étaient ainsi concentrées à une Journée de Dresde , sur la rive droite de TElbe.

Le comte de Lobau, avec le premier corps, était à Nollendorff , en avant de Péterswalde; le duc de Trévise à Pirna; le maréchal Saint-Cyr, sur les hauteurs de Borna, occupant les débouchés de Furslenwalde et du Geyersberg ; le duc de Bellune, à Altenberg.

Le prince de la Moskowa était à Torgan avec les quatrième, septième et douzième corps.

Le duc de Raguse et le roi de Naples, avec la cavalerie du général Latour-Maubourg, se portaient sur Grossen-Hayn.

Le prince dEckmiihl était surRatzeburg.

L^armée ennemie de Silésie était sur la droite de la Sprée. Celle de Bohème était : les Russes et les Prussiens, dans la plaine de Tœplitz , et un corps autrichien a Marienberg. L'armée ennemie de Berlin était à Junterbork.

Le général français Margaron, avec un corps d'observation, occupait Leipsig.

Le château de Sonnenstein, au-dessus de Pirna, avait été occupé, fortifié et armé.

Sa Majesté avait donné le commandement de Torgau au comte de Narbonne.

Les quatre réjçiments des gardes-d'honneur avaient été attachés, le premier, aux chasseurs à cheval de la garde ; le deuxième , aux dragons ; le troisième, aux grenadiers à cheval ; et le quatrième, au 1 '" régiment de lanciers. Ces régiments de la garde leur fournissaient des instructeurs, et toutes les fois qu'on marchait au combat, y joignaient de vieux soldats pour renforcer leurs cadres el les guider. Un escadron de chaque régiment des gardes-d'honneur était toujours de service auprès de l'Empereur, avec l'escadron que fournit chaque régiment de la garde ;. ce qui portait à huit le nombre des escadrons de service.

Noilendorff, et menaça de tourner la division Dumonceau, qui était sur la hauteur. Cette division se retira en bon ordre sur Gushabel, où le comte de Lobau réunit son corps. L'ennemi, ayant voulu attaquer le camp de Gushabel , fut repoussé et perdit beaucoup de monde.

Le 1 5, l'Empereur partit de Dresde, et se porta au camp de Pirna. Il dirigea le général Mouton-Duvernet, commandant la quarante-deuxième division, par les villages de Langenhenersdorf et de Bera, tour* nant ainsi la droite de l'ennemi. En même temps, le comte de Lobau Tattaqua de front. L'ennemi fut mené Tépée dans les reins tout le reste de la journée.

Le \ 6, il occupait encore les hauteurs audelà de Péterswalde. A midi, on se mit à sa poursuite, il fut délogé de sa position. Le général Ornano fit faire de belles charges à sa division de cavalerie de la garde et à la brigade de chevau-légers polonais du prince Poniatowski. L'ennemi fut poussé et jeté en Bohème dans le plus grand désordre. Il a fait sa retraite avec tant d'activité, qu'on n'a pu lui prendre que quelques prisonniers, parmi lesquels se trouve le général Bliicher, commandant l'avant-

Sarde, et fils du général en chef prussien llucher.

Notre perte a été peu considérable.

Le 16, l'Empereur a couché à Péterswalde, et le 17, Sa Majesté était de retour à Pirna.

Thielmann, général transfuge du service de Saxe, avec un corçs de partisans et de transfuges, s'est porté sur la Saale. Un colonel autrichien s est aussi porté en partisan sur Colditz. Les généraux Margaron, Lefèvre-Desnouettes et Pire, se sont mis avec des colonnes de cavalerie et d'infanterie à la suite de ces partis , espérant en avoir bon compte.

Extrait du Moniteur du lundi VI septembre 1813.

S. M. l'Impératrice-Reine el Régente a reçu les nouvelles suivantes de l'armée, en date du 19 septembre :

Le 17, à deux heures après midi, l Empereur est monté à cheval, el au lieu de se rendre à Pirna, est allé aux avantr-postes. Ayant aperçu que l'ennemi avait fait une grande quantité d'abattis pour défendre la descente de la montagne. Sa Majesté le fit attaquer par le général Duvernet, qui, avec la quarante-aeuxième division, s empara du village d'Abessau et repoussa l'ennemi dans la plaine de Tœpntz. Il

S. H. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de l'armée, au . 17 septembre : 1 icu^uu^nu^ *«. |»*7«7..w»* «« -. -

Le 14, l'ennemi déboucha deTœpUlz sur I l'obliger de démasquer ses forces. Ce ge-

était chargé de manœuvrer de manière à reconnaître la position de l'ennemi, el a

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