‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 26 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Moatemeots el opérations de rarmée , depuis réublissemeat du quartier il YarsoTie , josqu^à la bataille d*Eylaa«

L'Empereur étant décidé à n'exécuter contre les Russes qu'une attaque générale, ne voulait rien entreprendre sans être sûr de pouvoir faire agir simultanément ses différents corps d'armée. C'était dans cet esprit qu'étaient rédigées toutes lesinstructionsenvoyées aux maréchaux. Ce qu'on leur recommandait particulièrement, c'était d'entretenir une correspondance journalière entre eux et avec le grand quartier^néral , afin que les uns et les autres fussent toujours instruits de leur position comme ils en instruiraient l'Empereur. Ces précautions étaient d'autant plus nécessaires que les mouvements d'un corps d'armée se trouvaient quelqu^bis ralentis par des cii^ «xmstances imprévues, et que les autres qui auraient compté sur sa coopération , sans connaître les causes de son retard, aucaient fait un calcul dangereux pour la sûreté de l'ensemble. Par exemple , le duc de Castiglione n'avait pas encore pu parvenir, le 19 , à jeter un pont à Zakroczyn, faute de matériaux; et le duc de Dalmatie, qui avait eu ordre de passer la Vistule à Wroclawiek et qui en avait été empêché par la même raison , ayant ensuite formé le projet de la passer à Wyszogrod , éprouva encore des obstacles qui lui parurent trop kmgs à surmonter. Il finit par franchir très heureusement ce fleuve à Plock , le S3 décembre.

Comme dans l'intervalle , le duc de Castiglione , qui avait fait passer son corps sur des bateaux , occupa la rive droite du fleuve , et comme toutes les mesures étaient prises pour le prompt achèvement du pont de Zakroczyn, il fut ordonné le 22 à ce maréchal de réunir ses troupes à Plonsk. Alors le duc de Dalmatie qui s'était un peu éloigné de ce dernier point , sa première destination, et qui se trouvait maintenant en seconde ligne , dut venir occuper les cantonnements du septième corps , et fut chargé de la garde de tous les passages de la Vistule.

A cette époque , l'armée russe était sur la Narew , et entre cette rivière et celle d'Ukra. Le projet de l'Empereur étant de la chasser de ces positions, le prince d'Eckmûhl , qui avait déjà un pont fortifié sur le Bug , à Okunin , reçut l'ordre , le 22 , de faire passer cette rivière à la totalité de son corps d'armée, de foire occuper Koszewo par une division d'infenterie , et de maîtriser autant que possible la rive droite de l'Ukra. La première réserve de cavalerie , aux ordres du roi de Naples, composée de la division de cavalerie légère du général Lasalle, de celle de cuirassiers du comte Nansouty, deft divisionsde dragons des généraux Klein, comte Milhaud,etcomtedeMons, fut destinée le même jour à effectuer le passago du Bug sur le pont d'Okunin^

LBMPIRB.

« L'intention de THnopertup, » étaitil mandé au prince d'Eckmtihl , « est » que vous portiez votre quartier-gé- » néral à Modiin. Le roi da Kaplâfi » aura le sien à Janowa; le maréchal w duc de Castiglione transportera ce » soir le sien à Plonsk, et aura ses » avant-postes sur l'Ukra. Ainsi rEni- » pereur compte que dans la journée » il se trouvera maître de toute la rive » droite de cette rivière. Il est probable » que Tennemi ne doit avoir qu'une » avant-garde àBoskowa. Si sa position » n*est pas trop formidable, et s'il n*y » a pas plus de douze mille hommes, y> -.cr l'attaquerez demain au jour , j) ? îc tout votre corps réuni; le duc » de Montebello partira demain de » Varsovie pour se rendre au pont du » Bug; le duc deDalmatie sera on marr> che de Plock sur Plonsk , où \c duc » de Castiglione sera déjà rendu. Le » prince do Ponte-Corvo , le dur dTI- » chingen , et la secondes réserve aux » ordres du duc d'Istrie , seront près » de se réunir à Biezun. Ainsi les » six corps d*armée et toute la cavale- » rie se trouveront , demain 23 , ras- » semblés sur la rive droite de la Vis- » tule , et manœuvreront sur la même » ligne d'opérations. L'Empereur por- » tera ce soir son quartier-général à Ja- » blona , et sera demain de très grand » matin auprès de vous au pont du j> Bug. »

Jusqu'à répoque où les Russes se déterminèrent à attendre l'attaque des Français sur l'Ukra et la Narew , on avait remarqué dansleui*? mouvements des incertitudes et des variations continuelles, et en général ce tâtonnement

at formait quAtr# usions aux ordres du général baron de Bennigsen. Ces troupes devaient former le corps d'av^î-garde de l'armée russe. A l'époque de la bataille d'Iéna, elles n'avaient pas encore dépassé le territoire russe ; cantonnées entre Grodno etOlitta,le long de la rive droite du Niémen , elles attendaient l'arrivée de quatre nouvelles divisions aux ordres du général Buxhowden , qui devait les rassembler à Wilna , et dedeux autres que commandait le lieutenant - général baron d'E*-sen , et qui étaient déjà cantonnées depuis longtemps à Brzesk sur 1 " Bug.

Malgré les retards ïjuYprouvait la réunion de ces différents corps d'armée, les Russes espéraient avoir le temps d'arriver avant les Français sur les bords de l'Oder en Silésie. Mais leur plan se trouva singulièrement changé par les victoires de Napoléon et par la rapidité de ses mouvements. La question n'était plus d'arnver sur l'Oder. Les Russes ])ouvaient à peine espérer de parvenir à temps sur ht Vistule. Ils y parvinrent cependant, mais pas assez tôtpours'ytétablirsolidement.

Le corps du général Bennigsen occupait encore , le 30 novembre, par des postes avancés, le faubourg de Praga et la rive droite de la Vistule jusqu'à Plock. Le centre de cette armée était à Pultusk , sur la Narew , rhière qui vient se réu-nir au Bug à Sierock.

L'an*:vée à Varsovie du troisième corps français et de la réserve de cavalerie , engagea le général russe à reployer tous les cantonnements qu'il avait le long de la Vfstule. Il retira do même ceux d'un C4)rps prussien com-

qtti annonce un défaut de plan préala- ! mandé par le général Lestocq , qui ocble pour les opérations militaires. Tout j cupait l'espace compris entre Plock et ce qui ét^ût rentré en Pologne, de l'ar- \ Thorn. Bennigsen concentra touU>s ses iiMc laUue H Auaterlitz, avait < té réor- Ldivîsions à Pultusk, et attendit dans Ann'm^ et r'onipb^tô (wn^^ l'été {\r 1806 , cette pc^ition l'arrivée <1ps autres corps

GAMPAGNl Dt

d'amie* nwes , el m partioDlIer oelu) dn féld-ociirédial Kamentki , que ran> pereur de Russie deetinail au eoinini|i>' dément sufiréine de son année en Pologne. Ce vieittard^àgé de quatre-vingt»

trois ans^ n'arriva que le 31 décembre, n ne fut pasplus t6t infirmé deFétat des cdioseâ, qu'il prétendit que ce serait une honte pour l'année russe de faire la rtetraite, et qu'il Malt à l'instant raénae ee porter en avant et reprendre les positions de la YiStule. Effwtivenieni , il transporta le lendemain son quartier-général de Pultusk k Nov^ miasto^et plaça deux divisions du oorps de Bennigsen h Psucyn , dans une atti^ tnde menaçante, vis4^vis de la division Morand du troisième corps , qui étaitàOkunin. Les deux autres diviF* siona du corps de Bennigeen s'étendi*leat le long de l'Ukra. L'armée aux ordres du général Buxbowden fit également un mouvem^fit en avant el oc** ci^ia Lopaczyn et Golymin.

Telle était la situation des Russes lorsque Napoléon arriva au peut du Rog, le 13, k deux heures du matin, iprèoavo^ passé le pcpit, TEmperenr en fit jeter un antre snr l'Ulura, prte de l'eflsbouohuiB de cette wmète dans le Bug, et porta la moitié éa corps dn frince d'BIckmûhl à la rive gauche de nikra. L'^ftnemi se reploya sans réeis^ iKBce ; mais comme sa force n'étut pas connue, des ordres furent envoyés an duc de Gast4gli<me et au duc de Dalma* tie : an premier, de se diriger sur N<v vemlasto, pour se joindre à l'armée qui avait passé l'Ukra, et appuyer 9a gauche; au second, d'accélérer sa marche sur Flon^ pour soutenir ce mouv#* ment.

La garde à pied et à cheval était en marche pour rejoindre l'Empweur. Le corps du duc de Montebelk) arriva, le Sik an matin, au pottl du Bug, qu'il

iM6ETia07. IM

fiiinchit sans s'arrêter, de méoM qui celui de l'Ukra. M avait ordre 4e suivre le chemin de Sierook , de manière k 00* euper, par sa droite , K.lkol et Orse* chowo, et, par sa gauche, Psucyn , ayant sa cavalerie en avant sur Sieroek. Le troisième corps et la réserve de cavalerie furent dirigés sur Nasielsk.

Napoléon se porta lui-même sur ce point. L'ennemi, qui avait lAttndonné Psucyn, était à Nasielsk et en avant de cette ville, du cdté de Caamowo.L'Emi* pereur fit attaquer les Russes dans cette dernière position. Elle était définidue par le comte Osterman Tolstoï, avec dix batailkms, qumse eseadraos et tnns batt^ies. Ce général fit lapins vive ré* sistance,mais n'en fut pas moins oUh gé de se rej^Iier jusqu'à Nasielak, où était le général Bennigsen.

L'ennemi fut encore attaqué k N»* sietsk , chassé de tous ses postes, et on lui prit plusieurs pièces de canon. Le quartier - général impérial remphiça celui de Bennigsen , k Nasielsk, le 24, après midi. C<mune l'ennemi s'était montré en ibfce, et qu'on ne savait pas encore définitivement quel parti Q j^rendralt, le due de Montèbello le^t l'ordre, le fik, au soir, de changer sa direction et de se porter k Nasielsk, L'ennemi se réunissait k Strxegoeyn. Bennigsen fut joint dans cette ville par une division de son corps d'armée qui venaift d'être battue par le duc de Casti* glione.

Ce maréchal, arrivant de Plonsk, sut l'Ukra, rencontra, k Kolozomb, l'enne^ mi qui défendait le pont. Aussitôt le duc de Castiglione ordonna le passage, qui fut exécuté brillamment en présent ce de douze mille hommes. Le ik* de ligne s'avança sur le pont en eotonne serrée, pendant que le lA» d'infiinterie légère le soutenait par une vive fîisfl^ sade. L'ennend Rit culè«té et iriveiiiAt

L'EMHEE.

poursuivi par la catalerie du comte Nansouty, et les dragons du général Klein, qui s'étaient réunis, pour cette attaque, au septième corps d'armée. Ce corps poursuivit sa route pour se rendre à sa destination de Novemiasto.

Le duc de Dalmatie arrivait à Soho* ctyn. Le prince d*Eckmûhl suivait pied à pied l'ennemi, qui s'était Retiré à Nasidsk; enfin, la cavalerie et les dragons de la réserve balayaient l'espace entre l'Ukra et la Narew. Le roi de Nàples rencontra, près de Lopaczyn , un r^iment de hussards russes, qui se rendait à Strzegocyn. Il fit charger ce régiment par les chasseurs de la garde, qui le mirent en déroute et lui enlevèrent trois piècesde canon.

Comme on supposait que l'ennemi avait une forte réserve à* Ciechanow, les maréchaux ducs d'Istrie et d'Elchingen, et le prince de Ponte-Corvo, en seconde ligne, reçurent des instructions pour se porter sur ce point.

La gauche de l'armée avait eu des succès, comme le centre et la droite.

Le 19 , le duc d'Istrie, marchant à la droite du sixième corps, qui chassait devant lui le général Lestocq , avait occupé Biezun, où devait s'effectuer la réunion de sa cavalerie avec les sixième et premier corps. Le général prussien , voulant probablement empêcher cette ràunion, tenta de reprendre ce poste ; et, le 23, à huit heures du matin , il déboucha sur Biezun par plusieurs routes. Le duc d'Istrie , qui n'avait point d'infanterie , ne voukint point donner à l'ennemi le temps de former la sienne , ordonna aux dragons du comte Grouchy de charger les colonnes ennemies à mesure que leurs têtes paraîtraient. Ces charges, exécutées avec beaucoup de vigueur et de précialon,repous8èrentet rejetèrent dans les marais environ 6 à T,000 hommes « dotit

était composée la division ennenne. Les Prussiens perdirent 500 prisonniers, 5 pièces de canon et 2 étendards : ils se retirèrent sur Mlawa, d'où ils ne devaient pas tarder à être encore chassés.

Cependant les généraux russes, dé* rangés dans tous leurs projets, ne formèrent plus d'autre plan que celui d'éehapper à leur puissant adversaire.

Le feld-maréchalKamenski commença luiHuême la retraite; il transporta son quartier-général à Lomza, en ordonnant à son armée de le suivie. Le baron de Bennigsen , qui prit dès-lors le commandement en chef, indiqua Pultusk pour rendez-vous général. Sa marche sur ce point conunença le 25 , avant le jour. Dès que son mouvement fut connu. Napoléon dirigea le corps du duc de Montebello sur Pultusk, et mita ses ordres la division de dragons du comte de Mons. En même lemps , le prince d'Eckmûhl reçut Tordre de se porter à Strzegocyn et de suivre l'ennemi dans sa retraite, soit qu'il se repliât sur Golymin, 9oit sur Pultusk. Le point de Golymin fut indiqué au duc de Gastiglione comme le but qu'il devait atteindre ; et il fut enjoint au duc de Dalmatie de s'élever jusqu'à Ciechanow pour tourner la droite de l'ennemi. Le roi de Naples fut aussi dirigé sur Golymin, avec toute sa grosse cavalerie. Les troupes légères de sa réserve et celles des différents corps d'armée étaient en avant, répandues de tous côtés : elles éclairaient la marche des corps, établissaient la communicartion entre eux, et faisaient un mal prodigieux aux Russes. Partout ceux-ci étaient coupés, battus ; à chaque pas on leur faisait des prisonniers, on leur enlevait de lartillerie et des bagages. Le quartier-général impérial fût à Lopaczyn, le 26, de grand matin.

Cette journée démêla enfin le nœud des alTaires , que b difficulté des cbe*

mins, la mauvaise saison et la longueur des nuits avaient encore embrouillé.

Alors les Russes occupaient Pultusk, où étaient leur quartier-général etlegrosde l'année. Le corps du général Buxhovirden était concentré à Golymin , entre Pultusk et Ciechanow ; et le corps prussien, sous le commandement du général Lestocq, était à Hhwa et à Soldau, deux TiDes qui se trouvaient sur la route qui fa de Varsovie à Kônigsberg , par le centre de la Pologne. Les Prussiens ne eMnmuniquaient déjà plus avec les lusses que par les marais de Przasznic et de Makow. Le projet du général Ben- Digsen était de tenir à Pultusk autant de temps qu'il lui en faudrait pour fiiîre filer sur Ostrolenka, et de là sur Grodno, son artillerie et ses bagages, afin de continuer avec moins d'embarras sa retraite sur les mêmes poipts.

Le duc de MontebeQo ayant, suivant les ordres qu*ii avait reçus , longé la Naiew, arriva devant Pultusk le 26, à dix heures du matin. Le général Bennigsen avait réuni quarante mille hommes dans cette position. Le ducde Montebello, très inférieur en nombre, rattaqua d'abord avec la division du eomte Sachet, qui était en première ygne ; celle du comte Gazan marchait en seconde ligne; sur la gauche était la division du comte Gud'm^ appartenant m troisième corps d'armée, et qui était lémde au cinquième.

Le général fusse était résolu de &ire de grands sacrifices pour tenir à Pultusk toute la journée du 36. Il encouragea ses troupes qui montrèrent de l'opiniâtreté. Le combat fut terrible. Les KÔsses perdirent du terrain d'heure en heure, quoiqu'ils eussent l'avantage de la position et du nombre, et que les manoeuvres des Français fussent dérangées par le dégel, qui rendait le terrain presque impraticable, et par une neige

1d06 ET 1807. 155

mêlée de pluie qui tombait en abondance. Ce temps Acheux amena plus tôt encore qu'à l'ordinaire l'obscurité , déjà si hâtive dans ces climats au mois de décembre. La nuit obligea à cesser le combat. Le lendemain, lorsque les Français voulurent suivre les avantages de la veille, ils s'aperçurent que l'ennemi avait profité des ténèbres pour s'échapper ; il avait mieux aimé abandonner trente pièces de canon , une partie de ses caissons et de ses voitures de bagages , que de s'exposer à tout perdre en renouvelant un combat qui ne pouvait que lui être funeste.

Le duc de Montebello prit position à Pultusk. Il était inutile de poursuivre l'ennemi qui avait une longue nuit d'avance ; on aurait fatigué les troupes sans résultat. A chaque moment les chemins devenaient plus difficultueux.

Le terrain gras et argileux de cette partie de la Pologne , alors détrempé par la pluie et le dégel, n'offrait de tout côté qu'un vaste marécage où le soldat pouVait à peine faire quelques pas, et d'où les bagages et l'artillerie ne se tiraient qu'avec des efforts prodigieux et avec beaucoup de pertes.

Les circonstances qui sauvèrent à Pultusk l'armée de Bénnigsen furent également favorables à Golymin , dans la même journée , au corps de Buxhowden. Attaqué d'abord par le prince d'Eckmûhl, qui arrivait du côté de Strzegocyn, ce corps fut pris en flanc par le duc de Castiglione qui arrivait par Gollaczisma. Le général de brigade Lapisse , à la tête du 16* d'infanterie légère , enleva à la baïonnette un village qui servait de point d'appui à l'ennemi. La division du comte lleudelet se déploya et marcha sur la position des Russes.

Le roi de Naples fit exécuter avec le plus gi'and succès plusieurs charges.

L'EMHBE.

poursuivi par la caTalerie du comte Nansouty, et les dragons du général Klein, qui s'étaient réunis, pour cette attaque, au septième corps d'armée. Ce corps poursuivit sa route pour se rendre à sa destination de Novemiasto.

Le duc de Dalmatie arrivait à Sobo* ctyn. Le prince d'Eckmûbl suivait pied à pied Tennemi, qui s'était retiré à NV sîelsk; enfin, la cavalerie et les dragons de la réserve balayaient l'espace entre l'Ukra et la Narew. Le roi de Nàpies rencontra, près de Lopaczyn , un régiment de hussards russes, qui se rendait à Strzegocyn. Il fit cbarger ce régiment par les chasseurs de la garde, qui le mirent en déroute et lui enlevèrent trois piècesde canon.

Comme on supposait que l'ennemi avait une forte réserve à Ciechanow, les maréchaux ducs d'Istrie et d'Eldiingen, et le prince de Ponte-Corvo, en seconde ligne, reçurent des instructions pour se porter sur ce point.

La gauche de l'armée avait eu des succès, comme le centre et la droite.

Le 19 , le duc d'Istrie, marchant à la droite du sixième corps, qui chassait devant lui le général Le^ocq , avait occupé Biezun, où devait s'effectuer la réunion de sa cavalerie avec les sixième et premier corps. Le général prussien , voulant probablement empêcher cette réunion, tenta de reprendre ce poste ; et, le 23, à huit heures du matin , il déboucha sur Biezun par plusieurs routes. Le duc distrie , qui n'avait point d'infanterie , ne voulant point donner à l'ennemi le temps de former la sienne , ordonna aux dragons du comte Grouchy de charger les colonnes ennemies à mesure que leurs têtes paraîtraient. Ces charges, exécutées avec beaucoup de vigueur et de précision, repoussèrentet rejetèrent dans les marais environ 6 à 7,000 honunes^ dot\i

était composée ladivision ennemie. Les Prussiens perdirent 500 prisonniers, 5 pièces de canon et 2 étendards : ils se retirèrent sur Mlawa, d'où ils ne devaient pas tarder à être encore chassés.

Cependant les généraux russes, dérangés dans tous leurs projets, ne formèrent plus d'autre plan que celui d'échapper à leur puissant adversaire.

Le feld-maréchalKamenski commença lui-même la retraite; il transporta son quartier-général à Lomza, en ordonnant à son armée de le suivre. Le baron de Bennigsen , qui prit dès-lors le commandement en chef, indiqua Pultusk pour rendez-vous général. Sa marche sur ce point oonunença le 25, avant le jour. Dès que son mouvement fut connu. Napoléon dirigea le corps du duc de Montebello sur Pultusk, et mita ses ordres la division de dragons du comte de Mons. En même temps , le prince d'Eckmûhl reçut Tordre de se porter à Strzegocyn et de suivre l'ennemi dans sa retraite, soit qu'il se repliât sur Golymin, soit sur Pultusk. Le point de Golymin fut indiqué au duc de Castiglione comme le but qu'il devait atteindre ; et il fut enjoint au duc de Dalmatie de s'élever jusqu'à Ciechanow pour tourner la droite de l'ennemi. Le roi deNaples fut aussi dirigé sur Golymin, avec toute sa grosse cavalerie. Les troupes Itères de sa réserve et celles des difiérents corps d'armée étaient en avant, répandues de tous côtés : elles éclairaient la marche des corps, établissaient la communication entre eux, et faisaient un mal prodigieux aux Russes. Partout ceux-ci étaient coupés, battus ; à chaque pas on leur faisait des* prisonniers, on leur enlevait de l'artillerie et des bagages. Le quartier-général impérial fut à Lopaczyn , le 26, de grand matin.

Cette journée démêla enfin le nœud des affaires, que la difficulté des che*

mins, h mauvaise saison et la longueur des nuits avaient encore embrouillé.

Alors les Russes occupaient Pultusk, où étaient leur quartier-général etiegrosde l'année. Le corps du général Buxhowden était concentrée Golymin, entre Pultusk et Giechanow ; et le corps prussien, sous le commandement du général lestocq, était à Mlawa et à Soldau, deux villes qui se trouvaient sur la route qui va de Varsovie à Kônigsberg , par le centre de la Pobgne. Les Prussiens ne eommuniquaient déjà plus avec les Busses que par les marais de Przasznic et de Makow. Le projet du général Bennigsen était de tenir à Pultusk autant de temps qu'il lui en faudrait pour bîre filer sur Ostrolenka, et de là sur Grodno, son artillerie et ses bagages, afin de continuer avec moins d'embarras sa retraite sur les mômes points.

Le duc de Montebello ayant, suivant les ordres qu'il avait reçus , longé la Narew, arriva devant Pultusk le 26, à dix heures du matin. Le général Bennigsen avait réuni quarante mille hommes dans cette position. Le ducde Montebello, très inférieur en nombre, rattaqua d'abord avec la division du eomte Suchet^ qui était en première Kgne ; celle du comte Gazan marchait ea seconde ligne; sur la gauche était la division du comte Gudin, appartenant an troisième corps d'armée, et qui était léunie au cinquième.

Le général russe était résolu de iaire de grands sacrifices pour tenir àPultoak toute la journée du 36. Il encouragea ses troupes qui montrèrent de l'opiniAtreté. Le combat fut terrible. Les Eusses perdirent du terrain d'heure en heure, quoiqu'ils eussent 1 avantage de la position et du nombre, et que les manœuvres des Français fussent dérangées par le dégel, qui rendait le terrain prasque imiNratiGaMe, et par une neige

mêlée de pluie qui tombait en abondance. Ce temps fâcheux amena plus tôt encore qu'à l'ordinaire l'obscurité , déjà si hâtive dans ces climats au mois de décembre. La nuit obligea à cesser le combat. Le lendemain, lorsque les Français voulurent suivre les avantages de la veille, ils s'aperçurent que l'ennemi avait profité des ténèbres pour s'échapper ; il avait mieux aimé abandonner trente pièces de canon , une partie de ses caissons et de ses voitures de bagages , que de s'exposer à tout perdre en renouvelant un combat qui ne pouvait que lui être funeste.

Le duc de Montebello prit position à Pultusk. Il était inutile de poursuivre l'ennemi qui avait une longue nuit d'avance ; on aurait fatigué les troupes sans résultat. À chaque moment les chemins devenaient plus difiicultueux.

Le terrain gras et argileux de cette partie de la Pologne , alors détrempé par la pluie et le dégel, n'offrait de tout côté qu'un vaste marécage où le soldat pouVait à peine faire quelques pas, et d'où les bagages et l'artillerie ne se tiraient qu'avec des efforts prodigieux et avec beaucoup de pertes.

Les circonstances qui sauvèrent à Pultusk l'armée de Bennigsen furent également fiivorables à Golymin , dans la même journée , au corps de Buxhowden. Attaqué d'abord par le prince d'Eckmûhl, qui arrivait du côté de Strzegocyn, ce corps fut pris en flanc par le duc de Castiglione qui arrivait par Gollaczisma. Le général de brigade Lapîsse , à la tête du 16' d'infanterie légère , enleva à la baïonnette un village qui servait de point d'appui à l'ennemi. La division du comte Heudelet se déploya et marcha sur la position des Russes.

Le roi de Naples fit exécuter avec le plus grand succès plusieurs charges.

L'ElIPUtK.

dans lesquelles la division des dragons Klein se distingua. La nuit arriva trop tôt pour les Français et bien à propos pour les Russes. Comme à Pultusk , Tennenii fit sa retraite à la faveur de l'obiycurité ; comme à Pultusk , il abandonna aux vainqueurs beaucoup d'artillerie et de bagages. Buxhowden se retira sur Ostrolenka par la route de Makow.

On se battait encore à Golymin , lorsqu'à la gauche de l'armée, le ducd'Elchingen attaqua les Prussiens à Soldau d'abord et puis àMlawa. L'ennemi occupait Soldau avec six mille hommes d'infanterie et mille de cavalerie. Protégé par les marais qui forment des obstacles considérables aux environs de cette ville , il croyait être à l'abri d'une attaque. Cette diSiculté fut surmontée par les 69*^ et 76^ de ligne , qui , les premiei*s, se lancèrent âur la position des Prussiens. Culbutés de devant Soldau , ils voulaient se défendre dans la ville ; mais , poursuivis de rue en rue , ils furent forcés de l'évacuer. Le général Lestocq voyant par quel petit nombre de troupes il avait été attaqué , revint sur Soldau avec des renforts. Le duc d'Elchingen en envoya de son côté.

L'ennemi fit quatre attaques consécutives; maïs aucune n'eut de succès. Le général Lestocq prit enfin le parti de se retirer à Neidenbourg, pendant le con[>bat de Soldau.

Le général comte Marchand, qui avait été détaché à j^Uawa avec le 39"" de ligne et le 6^ d'infanterie légère , en chassa l'ennemi , après un combat très brillant. Le résultat de toutes ces affaires fut, quant aux Prussiens, d'affaiblir considérablement le seul corps d'armée qui leur restait; et quant aux Russes, la perte de 60 pièces de canon avec leurs affûts et leurs caissons, de 400 voitures de bagages attelées, et de 10,000 hom-

mes tant tués que blessé» et faits pin :h sonniers. -^

L'ennemi, qui était revenu en avaiU s avec la confiance de la victoire, fut for- î ce à une retraite longue et pénible dans <] la plus mauvaise saison. Satisfoit de i tant de succès , l'Empereur résolut de ï donner du repos à son armée, et de ^ l'établir dans des quartiers d'hiver. Il ^ ordonna d'abord , par des lettres du 9d novembre, aux diiï'érents cx>rps, de .^ prendre des cantonnements provisoirai ^^ dans la position où ils se trouvaient, 4 pour faire évacuer leur artillerie et les j canons pris à l'ennemi , et pour voir d'ailleurs encore si celui-ci ne s'arrêterait pas. Mais quand on eut la certitude , que les Russes continuaient leur retraite. Sa Majesté régla les cantonnements définitifs.

Le premier corps fut placé à Osterode, Elbing et Ma^ienwerder. Il devait, dans cette position avancée, couvrir les blocus de Colberg, Dantzig et Graudenz; couper les communications de DantzigavecKônigsberg; menacer cette dernière ville, et y attirer tontes le» forces des Prussiens.

Le sixième corps fut canteoué à droite du premier, à Soldau, Mlawa et Chorzellen.

Le quatrième , à droite du »ivèiBe , )i Prasnitz , Makow et dans le district de Plock.

Le septième corps occupiaWyszQgrod et son arrondissement jusqu'à la rive droite de l'Ukra.

Le troisième s'étendit le long de la rive gauche de l'Ukra, depuis son em^ bouchure jusqu'à la petite rivière de Zielina , ayant dans son arrondissement Nasielsk et Pultusk.

Le cinquième fut placé entre Sierook et Varsovie, occupant Nieporeut* Jar> Uona et le faubourg de Praga.

Les divisions de kt réserve de cavato?

GAMPA6NB DC

M, aux ordvMdu roi de Naples, reçurent diverses destinations. La division de cuirassiers, aux ordres du général Kftnsouty, eut ses cantonnemenis assignés à la rive gauche de la Yistule , le long de la Pillça. U fut ordonné à la di* fision de cuirassiers du général Espapa, de venir depuis Posen , où elle était aloKs, rejoindre celle du général NansoQty, et occuper Petrikau, ainsi que les lives de la Piiiça.

La cavalerie légère du général Lasalle et les dragonsdu général Milîiaud furent placés en avant du quatrième corps, m i'Omulaf . Les dragons du comte de ïojns restèrent avec le troisième corps. Ceux du général Klein furent établis à Bobrawnich et Dobrzyn.

La réserve de cavalerie aux ordres du dac d'Istrie fut dissoute, et ce maréchal eut l^ordre de revenir auprès de l'Empereur à V'arsovie. La division do cavalerie légère du général Tiliy et les dragons du général Sahuc furent attachés au premier corps d*armée. Les dragons du comte de Grouchy se joigoirent au sixième. Les cuirassiei*s du ^Déral d'Ilautpoul furent cantonnés «Qtre GoUup et Rypiu.

L'Empereur revint à Varsovie, et y ameaa le grand quartier-général. L'infaoterie de la garde resta à Varsovie auprès de Sa Hs^esté. Quatre escadrons de la garde à cheval furent également destinés à demeurer à Varsovie ; le reste delà cavalerie, de même que Tartillene et l'ambulance , eurent l'ordre de prendre leurs cantonnements depuis Yanovie jusqu'à BiaJa, en s'étendant sur la rive gauche de la Vistule et sur la

Toute l'armée fut établie dans ses <iDtûDnements définitib, le 6 janvier 1807. Mais depuis, le 1$ décembre U06, que l'Empereur était arrivé à Vajcsovie , jusqu'à répocfue du 6 janvier

IW» ET 1807. lil

1801 , il s'était pasdé sur les derrières de Tarmée différents événements. La guerre n'avait pas eu moins d'activité en Silésie qu'en Pologne. Jérôme , roi de Westphalie , ayant été rappelé au* près de l'Empereur, pour assister aux premières opérations de la campagne contre les Russes , avait laissé la direc* tion du siège de Breslau à son chef d'état-major, le général comte Hédou* ville.

Pour inquiéter les assiégeants, le gouverneur de la Silésie, le prince d'Ànhalt-Pless , forma un corps de huit mille hommes tirés des garnisons des places de Silésie qui n'étaient pas bloquées par les Français, et des garder des forêts et des montagnes, qui forment, dans ce pays, une corporation nombreuse. Le général comte Hédouville fit marcher contre lui le comte.

Montbrun , avec une partie des troupes de Wurtemberg, et le général Minucci, qui commandait les Bavarois. Ces deux généraux atteignirent les Prussiens à Strehlen , le 2^ décembre , les mirent en déroute , leur pr irent kOO hommes , 600 chevaux et un convoi de subsistances que l'ennemi avait Tintention de jeter dans Breslau.

Après cet échec, le prince de Pless rallia ses troupes derrière la Neisse, et revint encore à marches forcées sur Breslau, dans l'espoir de surprendre, par une apparition subite, quelques quartiers des troupes du siège, et de parvenir à introduire du secours dans la ville. Il arriva effectivement , le 30 décembre, avec environ neuf mille hoimnes aupri's du village de Kleinl)ourg, où était le quartier «-général v^ûrtembergeois. Mais le cx)mte d'Unsbourg, qui dirigeait le siège sur la ri^'e gauche de l'Oder, reçut vigoureusement l'attaque des Pmssiens, et les contint pendant qu'il avait envoyé

LEMma.

prévenir les généraux Montbrun et Hinucci. Ils manœuvrèrent sur les derrières du prince d'Anhalt-Pless avec tant de succès que celui-ci fut obligé de se retirer précipitamment. On lui fit 1,800 prisonniers dans le premier moment de sa retraite. Mais les généraux Minucci et Montbrun le poursuivirent, le joignirent près de Scliweidnitz et auraient infailliblement détruit son corps, si cegénéral prussien nes*étaitempressé de le disperser et de faire rentrer ses troupes dans les places par petits détachements.

Le 5 janvier 1807 , Bi^slau capitula.

On trouva dans cette place une immense artillerieetdes magasins detouteespèce.

Après la reddition de Breslau, le neuidème corps se partagea pour assiéger ou bloquer à la fois toutes les autres forteresses de la Silésie. La prise de Brieg suivit de huit jours celle de Breslau. Schweidnitz capitula un mois après. Toutes ces places se trouvaient abondamment pourvues d'artillerie et de munitions de guerre , qui donnèrent des moyens pour subjuguer les autres.

Le huitième corps était toujours dans la position qu'il avait prise, d'après les ordres de l'Empereur, datés de Custrin. Le duc de Trévise avait fait faire une expédition sur Wollin , petite ville de la Poméranie prussienne , située dans une lie de la mer Baltique. Un bataillcm du 2"^ d'infanterie légère , que le Maréchal avait envoyé prendre possession de Wollin, venait d'y arriver, lorsqu'il fut attaqué par un détachement de mille Prussiens de la garnison de Colberg. Non seulement les Français, inférieurs en nombre, soutinrent le choc, mais ils repoussèrent l'ennemi, lui prirent 100 hommes avec k pièces de canon, et restèrent maîtres du poste.

Le 7 janvier, l'Empereur fit émre au maréchal duc de Trévise qu'il le laissait maitre d'attaquer la Poméranie suédoise quand il le voudrait. Il lui fut prescrit de s'emparer de Ttle de Rûgen, et de commencer par bloquer Stralsund , en attendant qu'on fit des préparatifs du siège de cette place , si elle paraissait vouloir attendre une attaque régulière avant de se rendre.

Le temps que l'armée passa dans les cantonnements fut employé à mettre de l'ordre dans ce qui tenait à son organisation , et à assurer son bien-être, sans néanmoins surcharger un pays qu'elle venait aflhtnchir, et qui devait désormais être l'allié fidèle de la France.

Les travaux de fortifications nécessaires pour assurer les cantonnements de l'armée contre les entreprises de l'ennemi , et se former sur la Vistulc une base militaire solide, devinrent l'objet de l'attention particulière de l'Empereur. Sa Majesté décréta:

l"" Que les villages de Sierock, au confluent de la Narew et du Bug, et de Modlin , situés au confluent du Bug ou Narew avec la Vistule , seraient fermes tous les deux d'une enceinte bastionnée , armée de trente pièces de canon de campagne , avec des magasins contenant un approvisionnement de cinquante coups par pièce et de deux millions de cartouches.

S"» Qu'il y aurait une ligne qui couperait la presqu'île à la jonction de la Narew et du Bug.

3<» Qu'une tête de pont serait construite sur la rive gauche du Bug ou Narew ; une autre sur la rive droite de la Vistule, à Modlin; une autre qui couperait la presqu'île formée par la Vistule et le Bug ou Narew.

4i« Que la rive gauche de la Narew à Pultusk serait aussi défendue par une

céte de pont année de vingt pièces de canon.

5* Qu'indépendamment des huit redoutes déjà existantes , il serait construit à Praga une tête de pont de deux à trois cents toises de développement, servant de réduit pour la défense du pont de Varsovie , et armée de douze pièces de canon.

6* Que la vieille enceinte de Thorn serait relevée , et que quarante pièces de canon seraient établies en batterie sur les remparts de cette ville.

7^ Qu'il y aurait à Sierock une manutention de dix fours, desvmagasins pour nourrir cent mille hommes pendant dix jours; trois cent mille boisseaux d'avoine et une ambulance.

S'^ Qu'une manutention , des magasins et des hôpitaux devaient être établis à Modlin , dans la même proportion qu'à Sierock; qu'il serait formé à Thorn une manutention , des hôpitaux et des magasins, les [dus consid^aUes qu'il serait possible , cette ville étant destinée à devenir le grand entrepôt de l'armée.

Les ordres furent donnés pour foire arriver des renforts à l'armée , soit pour remplir les vides occasionnés par la guerre ou par les maladies , soit pour exécuter sur les derrières , les opérations qui ne pouvaient pas être confiées aux corps cantonnés vls-Â-vis de l'ennemi. Le 7' régiment d'in&nteriede ligne, le quatrième escadron des 15', 19* et 23'' régiments de chasseurs qui étaient en Italie, eurent Tordre de se rendre {NTOvisoirement à Augsbourg. Les 2« et 15« régiments d'infanterie légère du corps du duc de Trévise furent appelés à Posen , où ils devaient recevoir de nouvelles instructions.

Quatre régiments provisoires , organisés par les soins du duc de Yalmy ,

lOT

avec les conscrits qui venaient des dépôts de l'intérieur de la France, furent dirigés sur Berlin , pour en composer la garnison, pendant que les troupes des contingents de Wûrtzbourg et de Bade, la première légion du nord, formée de soldats allemands enrôlés par la voie du recrutement, et la légion italienne, se rendaient sur l'Oder, de Berlin où elles étaient, pour être en-suite emptoyées aux sièges de Colbei^ et de Dantzig. Pendant ce temps*là , le duc de Yalmy continuait l'oi^canisation des régiments provisoires, et bientôt les 5% 6^ 7* et 8* allaient être complets.

A cette époque, quelques mouvements insurrectionnels se manifestèrent dans la Hesse : après avoir d'abord agité Cassel, ils se répandirent parmi les paysans des montagnes; mais cet essai des ennemis de la France, qui avait pour but d'intercepter les communications de la Grande -Armée, tourna à la honte des agitateurs et au détriment des malheureux qui s'étaient laissés abuser. Des ordres envoyés au premier avis , et tout à la fois au maréchal duc de Yalmy à Mayence, au général Michaud , commandant à Hambourg, et au général Loison, commandant à Munster , pour faire marcher de ces différents points des colonnes de troupes françaises , hollandaises ou allemandes , établirent promptement , au milieu de la Hesse, une force plus que suflisante pour soumettre les rebelles et rendre la tranquillité à ce pays.

La soumission des places ennemies des côtes de la mer Baltique et de celles qui bordaient la Yistule, fut considérée comme un objet de la première importance , pendant que les travaux de la campagne étaient suspendus. Le général de division Rouyer, à la tête

i^immB.

des troupes de nefise-Darm^tadt ^ fut chargé de IMnvestissement de Guau* deru! , place très forte , située sur une hauteur dominant ia VisJtule , au nord de Thorn. Le duc d'Elchingen, dont les cantonnements étaient les plus rapprochés de ce point , reçut Tordre de secourir ce blocus.

Le duc de Bellune fut chargé de commencer les approches de Dantzig à l'embouchure de la Vistule , et celle de Colberg, ville de Pomérahie , située à Tembouchure de la Persante. On donna au duc de Bellune , jyour remplir ce double objet, les troupes de Bade et la légion du Nord , qui étaient H Stettin , la première légion polonaise, forte de cinq mille hommes , qui arrivait de France , et qui avait déjà dépassé Berlin , et enfin la seconde légion polonaise , formée depuis peu en Pologne par le général Dombrowski, et qui composait à cette époque un corps de douze à quatorze mille hommes.

Ces deux sièges devaient être couverts par le prince de Ponte-Corvo , dont le corps était cantonné à Elbing et dans le pays compris entre cette ville et la Vistule.

La volonté itérativement énoncée de l'Empereur était que l'armée jouît du repos qui lui était indispensable , pendant que Sa Majesté prenait ses mesures pour agir, quand il en serait temps , en masse et avec unité. En conséquence , il était spécialement recommandé aux maréchaux chefs des corps d'armée, de ne point laisser dépasser à leurs troupes les cantonnements désignés.

Le duc d'Elchingen transgressa cet ordre , en poussant des partis dans l'intérieur de la Prusse orientale , du cAté de Kônîgsbevg. L'Empereur lui jQt écrire le 18 janvier par le Major-général : « 9a Majesté me charge de

» vous témoigner son mécontenlemehl » des mouvements que vous avez feltè j) sans ses ordres. L'intention de Sa » Majesté n'est point d'aller à Kônîgs- « berg. Si tc»lles avaient été ses vues, » elle vous eût fait passer ses instruc- » tions. L'Empereur, M. le Maréchal, » pour l'ensemble de ses projets, n'a » besoin ni de conseils ni de plans de » campagne. Personne ne connaît sa » pensée, et notre devoir est d'obéir.

» Vous sentez assez que les mesures » partielles nuisent au plan général des » opérations , et peuvent compromet- » tre toute une armée. L'intention de » l'Empereur est que son armée se re- » pose. Les cantonnements qu'il lui a » fait prendre tiennent à des vues ulï> térieures. L'Empereur savait que les îi Prussiens étaient en retraite. Ce n'é- » tait point une raison pour vous dis- » séminer sur une étendue de vingt ï) lieues. Sa Majesté vous ordonne , » M. le Maréchal , de reprendre vos » cantonnements , tels qu'ils vous ont ï> été donnés. Revenez lentement, car » c'est le premier pas que l'Empereur » fait (aire en marche rétrograde. »

Le duc de Bellune étant tombé entre les mains de l'ennemi , en allant de Graudenz à Colberg , la commission dont il était chargé fut donnée au maréchal duc de Dantzig, qui commandait auparavant la garde impériale à pied. L'Empereur, en mettant sous les ordres de ce maréchal les troupes destinées aux sièges de Graudenr, Colberg et Dantzig , les organisa sous la dénomination de dixième corps de la Grande-Armée, par un ordre du 23 janvier.

Ce corps se composa , !• de la division formée des deux lép;ions polonaises réunies sous les ordres du général Dombiowski ; 2*^ des troupes de Bade^ commandées par le général Klonmann ;

GAMPAriIft DE

JHeh premt^e légion du Nord, Commandée par le général Puthod ; 4.*» d*une brigade d'infanterie française, composée des 2* et 15« régiments d'infanterie légère , sous les ordres du général Boivin ; et d'une brigade de cavalerie française, composée des 19* et 23* régiments de chasseurs à cheval , sous tes ordres du général Dupré. Il fut enjoint au duc de Dantzig d'employer les troupes de Bade à bloquer Colberg, et d'îles mettre aux ordres du général Menant. Quant au restede ses troupes, ses mstructions portaient de les conduire devantDantzig , pour en faire le siège, qu'il devait diriger personnellement.

Les affaires étaient dans cette situation , lorsque l'avis que l'ennemi faisait de sérieux mouvements parvint au quartier-général. Déjà , avant l'époque où fut organisé le dixième corps, on avait eu des pressentiments que les Russes ne laisseraient pas écouler Thi- Tcr sans former quelques tentatives sur les cantonnements de l'armée française. Les soins qu'avait pris l'ennemi, en se retirant , de couper tous les ponts et de brûler les moulins, quoique depuis rOmuleff il ne fût pas poursuivi ; ?on séjour aux environs do Nowogrod et de Kolno , où ses troupes manquaient absolument de tout ; les mouvements que le corps du général Essen avait feîts entre le Bug et \û Narew, sur le prince d'Eckmûhl , pour donner de Pînquiétude et attirer Tattention ; enfin , les rapports des émissiiires, tout confirma que non seulement l'ennemi avait arrêté sa marche rétrograde, mais qu*en changeant de direction, îl se portait, avec toute son armée, dans la Prusse royale. Dès le 16 janvier, les idées avaient commencé à se fixer , et les jours suivants, lorsque de forts partis de Cosaques revinrent à Myszyniec et sur la Rossoga, tout doute fut dissipé.

t8Ô6ETl807. m

On pensa d abord que la marche do rennemi dans la Prusse royale avait pour objet d'aller cou\Tir Kônigsberg , qui se trouvait menacé par les partis du corps du duc d'Elchingen , et j)eutétre d'entreprendre quelque chose contre ce corps d'armée , que son chef avait fait avancer trop hasardeusement entre Bartenstein et Schippenbeil. Mais le mouvement des Russes ayant continué , même après que le duc d'Elchingen eut retiré ses troupes pour les faire rentrer dans la ligne des cantonnements , et d'ailleurs la marche de l'ennemi se prolongeant au-delà de Kônigsberg, du côté de la Vistule, on s'aperçut qu'il avait d'autres projets.

Le général Bennigsen était à cette époque seul commandant de l'armée russe. Kamenski et Buxhowden avaient été rappelés. Bennigsen , dès qu'il se vit le maître de diriger à son gré les opérations, résolut de prendre l'oflensive.

Il partit de Grodno. Le 12 janvier, il passa la Bober près de Goniondz , et se dirigea ensuite sur Bialla , où il se renforça des quatre divisions qu'avait précédemment commandées le générai Buxhowden. 11 s'avança le 17 jusqu'à Rhein , pour réunir à lui les troupes aux ordres du général Lestock, qui étaient postées à Barten. Il eut soin de répartir une division de son armée dans les postes de Goniondz , Johannisbourg et Nikolaïken , afin d'occuper les passages entre la grande chaîne des lacs, qui traverse cette partie du royaume de Prusse , et d'entretenir une communication libre et sûre entre lui et le général Essen , auquel il avait donné ordre d'avancer depuis Wysokie-Masowieckie, jusqu'à Ostrolenka.

L'armée russe ayant à sa droite le

corps prussien , augmenté de quelques

régiments russes, continua sa marche

Bischoffstein , Heilsberg et Worm-

L EMPIRE

ditt. Le 25, elle arriva à Liebstadt; et son avant-garde poussa jusqu'à Mohrungen. Le corps prussien, prenant sa direction plus au nord , passa à Bartenstein, Mehtsack, Preusch-Holland, et s'avança même jusque près de Satfeldt.

Le premier corps d'armée , sous les ordres du prince de Ponte-Corvo, se trouvait le plus exposé par ces mouvements de Tennemi. Le 21, le Prince avait fait occuper Elbing par la division du comte Dupont et par une brigade de dragons. Dès qu*il eut des avis certains sur la marche des Russes , il résolut de replier cette division et de concentrer toutes ses troupes à Moh rungen, pour maintenir sa communication avec Osterode, par où son corps se liait avec le reste de la Grande- Armée.

La division du comte d'Erlon , qui venait de Salfeldt, arriva à Mohrungen le 25 , précisément comme les Russes se portaient sur cette ville. L*ennemi présentait vingt mille hommes entre Mohrungen et Pfarrersfeldchen ; et il occupait en force ce dernier village. Il y fut attaqué par le 9*" d'infanterie légère , le 8' et le di'' de ligne et une brigade de dragons. Après une vive résistance , on le chassa du village. Il reprit position sur un plateau en arrière , d'où il fut encore chassé; mais ayant été renforcé par sa réserve , et s'étant remis en bataille devant Georgenthal, il s y maintenait contre toutes les attaques, lorsque la tête de la division du comte Dupont déboucha sur ce village par Wiese , et aborda Tennemi par son flanc droit, pendant que le prince de Ponte-Corvo l'attaquait vivement de front. L'ennemi ne tint pas contre ce double choc : il se retira en désordre , avec perte de plus de 600 morts ; on lui fit 200 prisonniers, et on lui enleva un obusier. Après cette glorieuse journée , le Prince n'ayant

point encore d'ordres de l'Empereur, et jugeant qu'il avait affidre à des forces trop considérables,pour essayer de se maintenir seul, détermina sa retraite sur Strasburg, et la commença le 26.

Le jour du combat de Mohrungen, l'Empereur avait ordonné la levée des cantonnements de l'armée. Il fut écrit au duc de Dantzig de couvrir Thom avec tout ce qu'il avait de troupes; de réunir avec promptitude son corps d'armée, et d'appeler encore à lui la division de cuirassiers du général Espagne. On prescrivit au duc de Dantzig la même surveillance à l'égard de Brom berg qu'à l'égard de Thom , cette ville renfermant aussi des magasins considérables. On le prévint enfin que sofi corps était destiné à servir de réserve à la gauche de la Grande-Armée , pendant la durée des opérations qui allaient commencer.

Le 26, l'Empereur fit écrire au prince de Ponte-Corvo , dont il ne connaissait pas encore les mouvements, de ne point s'entêter à défendre Elbing, mais de se retirer dans le but de couvrir Thorn et d'appuyer la gauche du duc d'Elchingen. Celui-ci eut l'ordre de réunir sou corps à Neidenbourg , et fut prévenu en même temps d'entretenir une communication intime avec le premier corps, qu'il était destiné à seconder pour protéger Thorn, si l'ennemi s'approchait de cette place. La réunion du quatrième corps fut indiquée à Chorzellen ; celle du septième à Mlawa ; celle de la ré- *serve de cavalerie, à Willenberg, où devait àtre le quartier-général du roi de Naples. Les ordres donnés au prince d'Eckmûhl eurent pour objet de rassembler ses troupes à Pultusk. Le duc d'Istrie, commandant général de la garde impériale , reçut des instructions pour la porter à Pultusk et à Przasznic. Le duc de Montebello^ à la tête du cin-

ijuième corps et de la division de dragons da comte du Mons , fut envoyé à Wysritow.

Le 28, Tannée continua son mouvement. Le cinquième corps reçut des ordres pour se rendre à Brok afin de s'opposer au général russe Essen, qui manoeuvrait entre la Narew et le Bug.

< L'intention de l'Empereur , était-il « mandé au duc de Montebello, est que » vous soyez en mesure d'attaquer l'en- » nemi le 1» février et de vous empa- » rer de Nur. Les villes d'Ostrow et » d'OstroIenka seront sous vos ordres,

> ainsi que toute la presqu'île formée » par le Bug et h Narevv. »

Le corps du prince d'Eckmûhl fut avancé jusque sur Hyszyniec; celui du roi de Naples, sur Orteisbourg; celui du duc d'Elchingen, sur Hohenstein : ce dernier dut être remplacé à Neidenbourg par le maréchal duc de CastigKone. Le duc de Dalmatie, à la tète du quatrième corps, marcha surWilIenberg; la garde impériale, sur Chorzellen. Tous les corps devaient être arrivés à ces différentes destinations le 31. Le prince Major-général écrivit au prince de Ponie-Corvo de prendre ses mesures pour être rendu le même jour à Osterode. Dans sa lettre il ajoutait :

€ Cet ordre vous est donné , mon «Prince, conune si l'ennemi n'avait » plus rien tenté contre vous, et qu'il » se fût mis sur la défensive. Mais si

V vous aviez fait des marches rétrogra- 9 des , conformément aux derniers or- » dres qui vous ont été donnés , pour réouvrir Thom, vous agiriez alors » suivant le plan général , en tâchant

V de rejoindre , le plus tdt qu'il vous » serait possible, la gauche de l'armée. » L'Empereur sera à son avant*garde,

> en avant de Willenberg, le l"* février, » et prendra l'offensive contre l'en- 9 nemi avec ses forces réunies. L'inten-

1806 ET i807.

» tion de l'Empereur est de percer » l'ennemi par son centre et de jeter » à gauche et à droite les partis en- » nemis qui ne se seraient pas rétirés à » temps. Mais Sa Majesté persévère » dans son système de couvrir Thom.

» C'est d'abord le but de vos mouve- » ments, ensuite de vous réunir à la )) gauche de l'armée. Sa Majesté désire » que vous envoyiez un aide-de-camp in- » telligent, qui soit, le 31 , àWillenberg, » pour instruire l'Empereur de ce qui » se passe à la gauche. Plus l'ennemi » sera en force du côté de la Vistule, et » mieux cela vaudra pour nous. »

Le duc de Reggio , qui depuis Berlin avait marché à la tête de sa division sur la Pologne, par le chemin de Lowitz, reçut l'ordre de continuer sa marche, dès le lendemain de son arrivée dans cette ville, pour être rendu le l*' février à Varsovie, et, sans désemparer, de venir joindre la Grande-Armée. Il fut arrêté qu'une nouvelle division serait organisée sous les ordres du général comte Lemarrois , aide-de-camp de Sa Majesté. Cette division dut être formée de quatre mille Polonais tirés de la légion de Poniatov^ski , et de cinq bataillons composés de tous les hommes isolés qui arriveraient de France, jusqu'au 8 février. On attacha six pièces decanon à cette division , dont la destination fut de garder, en avant de Varsovie, les bords de la Narew et du Bug, pour en éloigner l'ennemi, ou, au besoin, pour se porter sur ses derrières.

L'esprit de précaution qui veillait au midi sur la sûreté des derrières de l'ar^ mée , étendait sa prévoyance vers le nord. Le général Ménard, qui était occupé au blocus de Colberg, reçut l'avis qu'il n'en était plus chargé , et qu'il devait se rendre à Neu-Stettinpour se mettre à la tête des troupes de Bade ^ de la brigade de cavalerie du général

i;emwi

Dupcé , 6t de k première légion du Nord; il était aux ordres du duc de Dantzig, du corps duquel ces différentes troupes faisaient partie. Le général Ménard était prévenu qu'il y aurait telle circonstance qui pourrait faire, qu'un corps ennemi se jetât sur Dantzig, et de là sur TOder ; et qu'alors, par sa position , il le contiendrait et manœuvrerait pour protéger Posen, et maintenir la communication avec la Yistule.

Le duo de Dantzig avait, de son c6té, l'ordre de se préparer à réunir son corps à Marienwerder, et même de rapprocher de lui, au besoin, la division du général Ménard , afin que , selon la nature des événements qui allaient se passer, il pût se porter sur Dantzig ou sur la gauche de l'armée. C'est ainsi que toutes les mesures étaient prises à la fois pour parer aux revers et tirer de la victoire le plus grand parti possible.

Dans ces conjonctures si importantes, et lorsque tout annonçait que des événements décisifs auraient lieu incessamment sur le théâtre où combattaient les armées françaises et russes, le cabinet de Pétersbourg en était probablement à se repentir d'avoir eu assez confiance dans les succès de cette guerre , pour oser provoquer une lutte avec la Turquie, en même temps qu'il s'était engagé à tenir tète à un ennemi comme la France. A la même époque où l'armée française pénétrait en Pologne, une année russe de trente mille hommes, sous les ordres du général Michelson envahissait la Moldavie et la Valadûe, et parvenait sur le Danube à Bucharest. Mais les Russes furent bientôt obligés de s'arrêter , moins encore par les forces que les Turcs leur opposèrent, que par l'obligation où ils se trouvèrent de tourner toutes leurs troupes contre les Français.» En effet, le «orps du général fissen , qui était des-

tiné primitimoiept à (otxim k réMWi de Michelson, avait assez à &ire main-» tenant de soutenir Bennigsen et de défendre la partie de la Pologne où il se trouvait.

D'après cette situation des affaires, l'empereur Napoléon considérait cette guerre entre les Eusses et les Turcs, c<xnme un incident très avantageux, non seulement à celle qu'il soutenait contre la Russie, mais encore aux vues ultérieures desapolitique. LaDcdoiatie, cédée à la France par le traité de Pre&bourg, était maintenant conune un poste avancé et conune un chaînon qui pouvait servir à lier les opérations des armées françaises à celles des Turcs contre l'ennemi commun; et cette pro^ vince devenant par cette raison d'un intérêt particulier dans les nouvelles circonstances où l'on se trouvait, Napoléon fit transmettre au ducde Raguse, qui commandait en DalmaUe, les avis suivants:

a Un courrier, parti de Constanti- » nople le 2 juillet , est arrivé à Varso- » vie le 30 décembre, la Porte avait » déclaré formellement la guerre à la » Russie , et le 29 l'ambassadeur russe » était parti avec toute sa suite. Il )) rogne à Constantinople un grand en- » thousiasme pour cette guerre. Vingt » régiments de janissaires sont partis » deConstantlnople.Onassuroquevingt » autres sont partis d'Asie pour se ren- » dre en Europe. Déjà près de soixante ïk mille hommes sont réunis à Rasow.

» Paswan-Oglouen a vingt mille à Wid- » din. Le courrier assure que dans la » Turquie Ton déploie la meilleure vo- » Ion té.

» L'intention de l'Empereur, M. le )) Duc, est que vous envoyiez dnq c^- » ciersdu génie et autant de Tartillerie » à Constantinople. Vous écrirez au » pacha de Bosnie «t it c«lui d# Sctttari ,

CAMPAtiNE DE » afin qu'ils vous envdent des flrmans B pour certifier que les officiers sont ar > rivés. Faites passer des officiers d'état- » major aux pachas de Bosnie et de Buscharest, et aidez-les de tous vos » moyens, comme conseils, approvi- B sionnements et munitions. II serait B possible que la Porte demandât un B corps de troupes , et ce corps ne peut B ayoirqu'unobjet,celuidegarnirleDa- B nube. L'Empereur n'est pas très éloi- B gné de vous envoyer avec vingt-cinq B mille hommes sur Widdin; et alors B vous entreriez dans le système de la B Grande-Armée , puisque vous en se- B riez rextréme droite. VingtH^inq mille B Français qui soutiendraient s(Hxante B mille Turcs, obligeraient les Russes, B non pas à laisser trente mille hommes B sur le Danuhe, comme ils l'ont fait, B mais à envoyer une armée d'une force B double , ce qui ferait une diversion B bien favorable aux opérations de TEm- B pereur. Tout cela n'est encore qu'hy- B pothétique ; ce que vous pouvez faire B dans le moment. Général, c'est d'en- B voyer vingt à trente officiers, si les B pachas vous les demandent. Mais ne B donnez point de troupes , à moins que B ce ne soient des détachements à cinq B ou six lieues des frontières, pour ia- B voriser quelques expéditions. Sa Ma- B jesté me charge de vous dire que vous B pouvez compter sur les Turcs comme B sur de véritables alliés, et vous êtes B autorisé à leur fournir ce que vous B pourrez en cartouches, canons, pou- B dre , etc., s'ils vous le demandent.

B Un ambassadeur de Perse et un de h Constantinople se rendent à Varsovie ; ^ et quand vous recevrez cette lettre, » ils seront déjà arrivés à Vienne. Ces B deux grands empires sont de cœur B attachés à la France, parce que la B France seule peut les soutenir contre

1806 ET|180t. MS

» Dans cette circonstatice importante, » les Anglais hésitent et paraissent vou- » loir rester en paix avec la Porte. Cette » dernière puissance s'est servie , pour » cela, de la menace de transporter » quarante mille hommes jusqu'aux » portes d'Ispahan ; et nos relations sont » telles avec la Perse, que nous nous » porterions sur Tlndus. Ce qui était » chimérique autrefois, cesse de l'être » en ce moment, où l'Empereur reçoit » fréquemment des lettres des sultans, » non des lettres emphatiques ettrom- » penses, mais qui manifestent une vé- » ritable crainte contre la puissance dfes » Russes, et une grande confiance dans » la protection de l'Empire français.

» Envoyez des crfSciers au général » Sébastian!, à Constantinople, pour » correspondre avec lui. L'éloignemetit » de la Dalmatie à Varsovie est tel que » vous devez beaucoup prendre sur )) vous. L'Empereur a ordonné au gé- » néral Sébastiani d'envoyer à Widdin » un officier de son ambassade pour » servir de correspondance intermé- )) diaire avec Constantinople. Mais cela » n'empôche pas que vous n'en fessiez » partir un de votre côté pour cette ville.

» Il est bon que des officiers français )) parcourent les diiférentes provinces )i de la Turquie. Us feront connaître » tout le bien que l'Empereur veut au » Grand-Seigneur. Cela serviraà exalter » les têtes, et vous obtiendrez des ren- » seignementsqui vous seront utiles, et » que vous me transmettrez.

)) En deux mots, M. le Duc, l'Em- D pereur est ami sincère de la Turquie , )) et ne désire que lui faire du bien. 0 Conduisez - vous en conséquence.

» L'Empereur regarde la déclaration de B guerre de la Turquie à la Russie )> comme l'événement le plus heureux )) dans notre position. Sa Majesté re- » marque que, dans ces conjonctures

UEHPIRB.

9 d*im si grand intérêt, vous ne vous V entremettrez point assez dans les » afiaires des pachas de Bucharest , de » Bosnie et de Scutari , avec lesquels D vous devez fréquemment correspon- » dre. »

Le 30 janvier , Napoléon se transporta à Pultusk. Le lendemain Sa Majesté fut à Przasznic, décidée à prendre, le I" février, Toffensive par Willenberg.

Le projet de l'Empereur était de tourner l'ennemi par sa gauche, et, si celui-ci s'engageait sur la Haute-Vistule, de lui couper sa ligne d'opérations et sa retraite. L'Empereur manœuvrait dans ce but , à la tète des troisième, quatrième, sixième et septième corps, de la réserve de cavalerie et de sa garde. Les premier et dixième corps étaient toujours destinés à couvrir la Vistule , et même à attirer l'ennemi de ce côté. Le cinquième corps eut toujours la môme destination que celle qu'on lui avait fait connaître le 28. L'Empereur fit seulement écrire au duc de Rovigo, auquel il venait de confier le commandement de ce corps d'armée en l'absence du duc de Montebello, qui était tombé malade, que si le général ennemi Essen était trop fort pour qu'il pût le chasser de sa position de Nur, il se bomAt à occuper Brok et Ostrolenka; que, dans toutes les hypothèses, sa destination était de couvrir la rive droite de la Narew, depuis l'OmuIeff jusqu'à Sierock ; de garder la position de Sierock et la rive droite du Bug ; de défendre Varsovie; enfin , de tenir en échec le corps d'Essen, de manière qu'il ne pût, ni se réunir au général Bennigsen, ni rien entreprendre d'essentiel contre la droite de l'Empereur.

Pendant ces mouvements rapides de la Grande -Armée, le général russe Atait toujours à Mohrungen , ignorant encore le danger qui le menaçait. Le

hasard permit qu'il en fût instruit par l'interception de la lettre que l'Empereur avait écrite, le 28, au prince de Ponte-Corvo; l'officier qui portait cette lettre étant tombé entre les mains des Cosaques sans avoir eu le temps d'anéantir ses dépêches. Cet accident causa le double mal de laisser le prince de Ponte-Corvo sans notions sur les événements de l'armée ( ce qui fit que ce maréchal resta inactif) , et d'instruire l'ennemi des desseins de Napoléon à son égard. Aussitôt Bennigsen envoya l'ordre à toutes ses divisions de rétrograder en toute hftte , et de se rassembler à Jonkowo , à trois lieues d'Allenstein , sur la route de Liebstadt. Le i*endezvous était indiqué pour le 2 février au soir.

Cependant l'armée française continuait d'avancer. L'ordre fut envoyé au sixième corps, du quartier-général de Villenberg , le 31 janvier , d'aller prendre position entre Gilgenbourget Allenstein , et au septième de se porter aussi par DebenhofTen à ce même point d'Allenstein , où il devait être derrière le sixième corps , prêt à le soutenir. La réserve de cavalerie et le quatrième corps durent se diriger avec toutes leurs forces sur Passenheim. Il était recommandé au roi de Naples de pousser sa cavalerie légère jusqu'à Ortelsbourg. Le troisième corps marcha à la droite du quatrième sur Myszyniec ; et sa destination , à partir de ce dernier point , était de se porter dans la direction d'Ortelsbourg. La garde impériale marchait en seconde ligne derrière le quatrième corps.

Le 1" février, le roi de Naples entra de vive force dans Passeinheim , après avoir culbuté plusieurs colonnes de cavalerie ennemie. Le grand point de mire était Allenstein. On supposait que l'ennemi, lorsqu'il saurait sa gauche mena,-

Itt

oée, se retirerait par là ou par Guttstadt. Le â, le quatrième corps arriva le premier à AUenstein. La réserve de cavalerie y fut rendue le même jour. Le sixième et le septième corps y arrivèrent dans la journée du 3. Ce môme jour le corps du prince d*£ckmûhl s'avança jusqu'à Wartenbourg. Le quartier-général impérial était à Passenheim.

Les différentes colonnes russes qu'on avait aperçues autour d' AUenstein , avaient été estimées à vingt-cinq mille hommes. On supposait que le reste de l'armée russeétaitàLiebstadt. L'ennemi avait évacué AUenstein sans résistance.

Lequatrième corps etiaréservede cavalerie furent dirigés sans délai sur Guttpstadt. L'Empereur marcha lui-même à la tête de ces deux corps. Le sixième eut l'ordre de passer l'Allé à AUenstein et de s'étendre de manière à former la gauche de l'aimée. Le septième fut placé au centre, à Gettkendorf. La garde impériale était en réserve.

Lorsque la position de l'armée ennemie , qui était dans la plaine de lioodtken , sa droite appuyée à Jonkowo , sa gauche à Bergfried , fut mieux reconnue , Napoléon ordonna m duc de Dalmatie de suivre la route de Guttstadt, en longeant la rive droite de l'AUe , et de s'emparer du pont de Bergfried , pour déboucher sur les derrières de l'ennemi. La brigade de cavalerie légère du quatrième corps d'armée , le précédant de beaucoup , entra dans Guttstadt, où elle surprit un grand nombre de voitures de bagages de l'armée russe. Dans le même temps , le duc de Dalmatie se portait sur le pont de Bergfried, à la tète de la division du baron Levai et de ceUe du comte Legrand. L'ennemi défendait avec douze bataiUons cette position importante qui couvrait la retraite de son fiaoc gaudie« A trois heures après midi,

la canonnade commença. Le V de li»

gne , le 24* d'infonterie légère et un bataUlon du 28^ de ligne , abordèrent l'ennemi et parvinrent à le débusquer de sa position , malgré sa vive résistance. La colonne russe , engagée dans un défilé , souffrit considérablement , et ne fit sa retraite qu'à la faveur de la nuit , laissant sur le champ de bataille 800 cadavres et 6 pièces de isa^ non.

Pendant la durée du combat de Bergfried, le duc d'Elchingen chassa, sans beaucoup de résistance , des bois de Mondtken et de Jonkowo , les Russes qui y appuyaient leur droite, et qui voulaient éviter une affaire générale. Le roi de Naples , à la tête d'une division de dragons, traversa ces bois, entra dans la plaine , la parcourut dans tous les sens et fit beaucoup de prisonniers. Sans la nuit qui surprit les deux armées en présence , il est à présumer que celle des Russes aurait éprouvé une perte considérable en se retirant.

Le général Bennigsen ne pouvait plua se dissimuler que toutes ses combinaisons avaient échoué. Il se trouvait d'aile leurs sur un terrain très coupé , qui favorisait les tiraUleurs français au grand détriment de ses troupes , bien moins habiles à ce genre de guerre. Il jugea que s'il ne pouvait pas éviter une bataille , il ne devait la donner au moins que dans un terrain où il pût faire usage de son immense artillerie, et déployer sa cavalerie qui était fort nombreuse. En conséquence il résout de continuer sa retraite à marches forcées, et au risque même de sacrifier ses tirailleurs, pour gagner les vastes plaines de la Prusse. D'après ce nouveau plan, Bennigsen ordonna au général prussien Lestocq de commencer son mouvement rétrograde en même

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LUMNU.

tomiM que rarméê nisse , et de couvrir son flanc droit.

Le 4 au matin , les corps français se disposant à renouveler le combat de la veille, acquirent bientôt la certitude de la disparition de Tennemi. On s'aperçut qu'il n'avait laissé qu'une arrière-^arde. Le duc deDalmatie marcha sur cette troupe. Elle fut maltraitée pendant toute la journée , et perdit beaucoup de monde. On la força à abandonner quantité de bagages et de voitures de vivres. L'Empereur passa la nuit du 4 au 5 à Schlitt.

Comme les conjectures les mieux fondées étaient que Tennemi ferait tous 866 efforts pour arriver avant les Français à Landsberg , l'Empereur fit écrire au roi de Naples, le 5, que son grand objet devait être de se diriger pour couper la route de Liebstadt à Guttstadt , au point de Wolfsdorf , et gagner ainsi l'ennemi de vitesse. Le duc de Dalmatie eut Tordre de continuer de manœuvrer sur la gauche de Tennemi ; le prince d'Eckmùhl , celui de se rendre à Guttstadt. Il fut mandé au duc d'Elchingen , que si Tennemi avait laissé de Tinfanterie en arrière il la suivit , sinon qu'il devait se porter derrière la réserve , du côté de Wolfsdorf , pour de là atteiadre Arensdorf.

Le duc de Castiglione eut Tordre de prendre position à Sommerfeld.

L'Empereur , allant de Schlitt à Wolfsdorf , reçut , à Deppen , Tavis qu'une colonne ennemie n'avait pas encore franchi !a Passargc , et se trouvait par conséquent débordée par la gauche de l'armée française, et séparée des Russes. L'Empereur ordonna au roi de Napics , au prince d'Eckmûhl et au duc de Dalmatie de continuer de suivre Bennigsen qui se retirait par An nsdorf sur Landsberg; et il fil ti-avtrst'.r la Pi^ssarge au corps

du due d'Elchingen , h la division de cavalerie légère du général Lasalle et aux dragons du comte Grouchy, pour aller attaquer le corps ennemi qui se trouvait coupé. C'était celui du général Lestocq. L'ennemi voulut un moment essayer de forcer le passage , mais il vint trouver la mort au miÛeu des baïonnettes fhinçaises. On lui fit un millier de prisonniers, et on lui enleva dix pièces de canon.

Le même jour que le duc d'Elchingen remportait cet avantage , le roi de Napics étant arrivé sur les hauteurs de Vvaltendorf , avec la plus grande partie de sa cavalerie, se trouva en présence de Tarrière-garde des ennemis qu'il chargea sur le champ et qu'il rejeta sur le gros de son armée , après lui avoir feit éprouver une perte notable.

Le quartier-général impérial était à Arensdorf le 5 au soir, et celui de Bennigsen à Heilsberg. L'ennemi ne parvenait à échapper que par des marches de nuit. Le 6, le troisième corps fut dirigé sur Heilsberg; la réserve de cavalerie sur Landsberg; le quatrième coq)s au soutien de celle-ci. L'Empereur en personne, à la tête de la garde impériale, était en seconde ligne , derrière le corps du maréchal duc deDalmatie. Celui du duc de Castiglione formait Tarrièregarde de l'armée , à une marche de distance.

Il fut mandé au duc d'Elchingen, qui avait fait depuis Liebstadt le rapport de son combat de Deppen , qu*il était nécessaire, avant tout, d'avoir le reste du corps prussien ; qu'en conséquence il dexait lui couper la retraite en se dirigeant sur Wormditt. « L'Empereur, »

ajoutait la lettre du Major^général, « ne » doute pas que le prince de Pontem Corvo ne soit dans la journée de dett main à la queue de Tennemi. Ma-

CAMFAGNB BB fM6 ET iW!.

• BCBimef d<mo de manière à achever ■ de défaire et de prendre cette armée » pnineane. Si elle recule, poussez la » en vous élevant toujours du côté de » la mer, jusqu'à ce que vous puissiez » la confier au prince de Ponte-Ck>rvo, » qui s'en chargera. »

Celui-ci était effectivement, le 6, à Qsterode , où il reçut Tavis du combat deDeppen , et en même temps Tordre de prendre à sa charge ce corps prussien, jeté hors de sa ligne d'opérations, et d'employer tous ses effùris pour Tempécher de rejoindre les Russes.

Comme , d'après la direction de retraite que l'ennemi avait prise , il n'y avait plus lieu d'avoir aucune inquiétude pour Thom, il fut ordonné le 6, au maréchal duc de Dantzig, de reprendre, sur la Basse-Vistule, les opérations que l'arrivée inopinée des Russes avait nécessairement suspendues. Il lui fut écrit de se porter sur Elbing avec les troupes françaises et allemandes qui étaient de son corps d'armée, tandis qu'il ferait investir de nouveau Graudenz par les Polonais, auxquels il confierait aussi la garde de Thorn.

Le mouvement du duc de Dantzig sur Elbing avait pour objet, dans les intentions de l'Empereur, de pouvoir se rapprocher de Kônigsberg, si les événements rendaient la présence de son corps nécessaire à la Grande-Armée, ou , dans le cas conti*aire, de se porter devant Dantzig, point sur lequel il avait Tordre de se diriger, en attendant la division du général Ménard: le séjour de cette division à Neu-Stettin devenait une précaution superflue depuis que les Russes s'étaient éloignés de la Vistule.

Le contingent de troupes que le roi de Saxe devait fournir, en raison de son accession à la Confédération du Rhin,

marchait à cette époque sur Posen, et

était aussi destiné à grosdr le dixième corps, qui allait devenir assez formidable pour s'acquitter de toutes les opérations que l'Empereur lui confiait. Le blocus de Colberg, que le général Ménard avait abandonné , fut repris par une division de troupes italiennes, sous les ordres du général Teulié.

Dans la journée du 6, l'armée fit une longue marche. Le roi' de Naples rencontra encore l'arrière-garde ennemie entre Olandau et Hoff. Elle était composée de douze bataillons qui avaient pris position sur les hauteurs de Landsberg, et de quelques lignes de cavalerie qui soutenaient l'infanterie. Après plusieurs attaques , tant sur la droite que sur la gauche de l'ennemi, lorsque le roi de Naples aperçut quelque hésitation dans les rangs des Russes , et le commencement de leur retraite , il les fit charger par les cuirassiers et les dragons. Cette charge, faite très à propos, fut des plus brillantes, et plusieurs régiments russes furent écharpés. L alarme se communiqua au corps de bataille de l'ennemi. Le général Bennigsen envoya un corps considérable pour appuyer et recueillir son arrièregarde.

Sur ces entrefaites, les corps des ducs de Dalmatie et de Castiglione arrivaient et commençaient à se mettre en ligne.

Le septième corps prit position sur la gauche , le quatrième sur la droite. On envoya toute la cavalerie contre le village de Hoff. Ce village fut enlevé par les cuirassiers de la division d'Hautpoul, qui y firent un grand carnage.

L'infanterie française se porta en avant et culbuta tout ce qui se présenta devant elle. Les 26"^ et 75* régiments, du quatrième corps d'armée, se distinguèrent particulièrement! Les cuirassiers d'Hautpoul firent des prodiges.

Peu s'en Mut qu'il n'y eût ce jour-

LEMPIRB.

là une action générale. Mais la nuit étant survenue, Tannée russe en profita, comme à son ordinaire , pour se retirer. Le 7, de grand matin, les Français continuèrent à la suivre. La réserve de cavalerie faisait Tavant-garde. Les quatrième et septième corps marchaient derrière elle , et à la hauteur Tun de l'autre. La garde impériale et le quartier-général venaient ensuite. Ce jour-là. Tordre fut envoyé au maréchal duc dTlchingen de venir se réunir à la Grande-Armée par Kreutzbourg; et au prince d'Eckmahl, de marcher entre

Bartenstein et Preusch-Eylau , de ma* nière à être le soir, avec la majeure partie de son corps, à deux lieues de cette dernière ville. On mena battant Tarrière-garde ennemie jusqu'à Ziegelhof , près d'Eylau. Le gros de Tannée russe était entré dans cette ville. L'ennemi s'arrêta sur le plateau de Ziegelhof : le roi de Naples et le duc de Dalmatie firent former leurs troupes du côté opposé , sur le plateau de Grûnhôfchen. Le reste de l'armée était encore en marche. Le grand quartiergénéral était à Landflberg.

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