‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 27 sur 205 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Balailto de Preosch-Bylao. -> Monvenifliits et opérations de rarmée Jawpi'aa i*' Juin.

Après les différents combats qui avaient eu lieu depuis le renouvellement de la campagne, et dans lesquels les Français avaient obtenu le double avantage de faire éprouver une perte sensible à Tennemi et de le forcera ralentir sa retraite, les Russes ne pouvaient plus suivre leur mouvement rétrograde sans s'exposer aux plus grands dangers. L'armée française les serrait de si près, que s'ils avaient continué à se reUrer sans livrer une bataille , ils auraient fini par voir leurs flancs débordés, et par être coupés et détruits en détail.

n n'y avait qu'un coup décisif qui pût de nouveau séparer les deux armées. Le général Bennigsen le sentait ; et comme il se trouvait sur le champ de bataille qu'il avait en quelque sorte choisi lui-même , puisque son intention avait toujours été de n'accepter un engagement général qu'en plaine , il résolut de s'arrêter, persuadé d'ailleurs que l'intérêt et l'honneur de son armée, que la force des circonstances lui prescrivaient également de combattre. Cette résolution du général russe était bien conforme aux vœux des Français, qui, fatigués de poursuivre une armée fugitive, et de voir ainsi la gloire leur échapper, ne demandaient que de voir Tennemi suspendre sa marche et leur faire tête. Au surplus , les Russes qui ne reculaient que pour obéir à leur général » déniaient ausâ le combat. IlTégiiail

une égale ardeur dans les deux armées.

L'une et l'autre présentaient l'élite des forces de deux puissants empires; l'une et l'autre étaient pénétrées de ce qu'elles devaient à leur réputation, et bien résolues de ne pas manquer à leur devoir. Tout pronostiquait donc une journée terrible et à jamais mémorable dans les fastes de la guerre.

Preusch-Eylau est une petite ville de la Prusse orientale , à dix lieues environ au midi de Kônigsberg. Elle est située à la pointe septentrionale d'un lac , dans une vaste plaine , où la terre n'offre que de légères inégalités ; mais cette plaine est prodigieusement entrecoupée de petits lacs, de marais et de ruisseaux. Ces accidents du sol n'étaient pas visibles le jour de la bataille. Toutes les eaux étaient gelées et recouvertes d'un pied de neige , au point que le pays ne présentait, à perte de vue, qu'un terrain uni et sans obstade.

Le 7 février, dans le milieu de la journée, lorsque l'armée française arriva devant Eylau , les Russes étaient en force dans cette ville ; ils paraissaient déterminés à s'y maintenir et à soutenir leur avant-garde qui avait pris position en avant. Le duc de Dalmatie détacha les brigades des barons Schinner et de Prade de la division du général Levai , pour obliger les Russes à quitter le plateau de Ziegelhof . Ces troupes devaient s'emparer d'abord de la tête du bois qui est à droite de Grûnhôfoben,

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