‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 29 sur 205 · ET 1807. IT · texte numérisé non relu

ET 1807. IT

cée d*ttn détachement d*înftinterie russe, formait une ligne qui s'étendait de Mehlsack à Braunsberg, en occupant cette dernière ville ; elle tenait le point le plus important de ceux que devait garder le premier corps. Il était donc essentiel de Ten chasser. Le comte Dupont, à la tête de sa division, qui venait d'être renforcée du 24* de ligne, eut Tordre, le 26 février, d'attaquer l'ennemi dans sa position de Braunsberg. Il marcha aux Prussiens sur deux colonnes. Celle de droite les rencontra à Zagern, et les rejeta sur une petite rivière qui est en arrière de ce village. Celle de gauche poussa l'ennemi sur Wittenberg , et toute la division ne larda pas à déboucher hors des bois.

L'ennemi , chassé des premiers postes qu'il occupait, fut contraint de se replier sur Braunsberg. Il y fut poursuivi , attaqué ; et , quoiqu'il se défendit avec opiniâtreté pendant quelques heures , le résultat du combat fut que les Prussiens, chassés de la ville, repassèrent précipitamment la Passai^e avec perte de 16 pièces de canon, de 2 drapeaux, d'une quantité de morts, et de 2,000 prisonniers. A la suite de cette brillante affaire , la division du comte Dupont s'étabUt à Braunsberg, où elle forma l'extrême gauche de l'armée.

Les Russes avaient affecté de considérer comme une retraite la marche rétrograde de l'armée française pour prendre ses cantonnements derrière la Passarge. Le général ennemi s*était même flatté qu'avëè de la persévérance il forcerait Napoléon à se retirer derrière la Vistule. Ce fut cet espoir mal fondé qui engagea Bennigsen à faire divers mouvements par lesquels , tâtant alternativement la gauche, le centre et la droite de l'armée française , il cherchait son point féibh pour la débusquer de sa position.

L'EMPIRE

A la fin de février, le général russe transporta son quartier-général, à Heilsberg. Le gros de son armée était entre cette ville et Bartenstein. L'avant-garde, sous les ordres du prince Bagration, était postée aux environs de Launau.

Le corps du général comte Tolstoï s'é^ tendait depuis Launau à Seebourg. Les Cosaques, sous les ordres de leur het^ man Platof, occupaient le terrain entre Passenheim et Malschewen , et appuyaient leur aile gauche au corps du> lieutenant-général comte de Wittgenstein, qui était chargé d'entretenir la communication entre la grande armée russe et le général Essen. Enfin^ les troupes prussiennes s'étendaient à la droite des Russes, depuis Wormditt jusque vers le Frische-Haff, passaift par Mehlsack. C'était la droite de cette ligncqui avaitétési maltraitée àBraunsberg par le comte Dupont.

Le 26 février, un détachement de trois bataillons ennemis, sousl^c^rdres du major baron de Korf , s'avança depuis les environs de Heilsberg jusqu'au village de Peterswalde sur l'Aile, pour tâcher de surprendre quelques gardes avancées du sixième corps , ou pour observer sa position. Le duc d'Elchingen ayant été instruit de l'arrivée de ce détachement, envoya aussitôt à Peterswalde le baron Belair à la tête du 6^ d'infanterie légère. La colonne ennemie,' attaquée avec impétuosité, fut culbutée; son commandant fut pris avec 400 des siens ; le reste n'échappa que par une prompte fuite.

Cependant l'ennemi ne se rebuta pas^ et envoya sur tous les points de la ligne française des avant-gardes de cavalerie et d'infanterie. Il plaça môme de l'artillerie vis-à-vis les quatre ponts de Spanden , Alcken, Sporthenen et Pittehnen. Le maréchal duc d'EIchingen jugea prudent d'évacuer Guttstadt , et

de se replier sur Deppen, od il était en mesure de se lier au corps du duc de Dalmatieet d'en être soutenu. L'Empereur donna au38itôt des ordres pour faire rapprocher d'Osterode le corps du prince d'Eckmûhl et les divisions de cuirassiers des comtes Nansou ty et Espagne. C'était dans la position d'Osterode que Napoléon avait résolu de recevoir les Russes et de leur livrer bataille, s'ils passaient F Aile et s'ils continuaient leur mouvement ofiPensif.

Mais pour prévenir la réunion des forces de l'ennemi sur F Aile , l'Empereur fit , le 1^ mars , une disposition générale de mouvement pour les journées du 2 et du 3. Le prince de Ponte- Corvo eut l'ordre de se porter, le 2 , au pont de Spanden ; le maréchal duc de Dalmatie, de concentrer tout son corps d'armée à Liebstadt, avec la division des cuirassiers Espagne et celle des dragons Klein. U fut enjoint au prince d'Eckmûhl, réuni à la division Nansouty, de se porter à Mohrungen. Enfin , le duc d'EIchingen eut Tordre de se préparer à attaquer Guttstadt avec toutes ses forces , par le chemin de Deppen.

Le 3, le duc de Dalmatie devait déboucher en deux colonnes, l'une par Alcken sur Wormditt, l'autre par Sportheneun. sur Schwendt. Le prince de Ponte-Corvo débouchait de Spanden sur Mehlsack. Le duc d'EIchingen devait efiectuer l'attaque projetée de Guttstadt. Enfin, le prince d'Eckmûhl devait prendre position en réserve entre Mohrungen et Guttstadt.

a Cette expédition,» était-il mandé aux maréchaux, a doit être considérée » sous le même rapport que le serait la )) sortie d'une place forte ; le résumé de » la journée du 3 a pour but de repren- » dre le poste de Guttstadt, d'enlever » les canons de l'ennemi, de lui inspi- » rer de l'épouvante , de culbuter son

» in&Dterie, et de lui apprendre à ne » plus approcher de si près son artille- » rie , et à se contenter de nous obser- » ver avec des détachements de troupes » à cheval. »

Les têtes decolonnedes quatrièmeet sixième corps ne parurent pas plus tôt, que Fennemi, qui n'avait été apparemment aussi audacieux que dans Fattente qu'on reculerait devant lui, s'empressa lui-même de faire sa retraite, lorsqu'il vit qu'on aviuEifiait sur lui. Il évacua les postes qu'il avait sur l'Aile et ceux qu'il tenait entre l'Aile et la Paasarge, depuis Wormditt jusqu'à Seilaberg; Q prit le paiti de se replier sur cette dernière- ville et sur Landsberg. La coopération des premier et troisième corps fut siême inutile. Les deux autres continuèrent leurs reconnaissances , pous^nt l'ennemi de poste en poste pendant plusieurs jours. Guttstadt fut repris. Il n'y eut d'affaire un peu diaude que cdle du 5, dans les bois entre Launau et Zechem , où était l'avant^garde ennemie , sous les ordres deBagration. Le6*d'in%nterie l^ère, les 27* et 39«de ligne du sixième corps, se battirent longtemps contre des troupes qui se renouvelaient sans cesse.

EnjBn , l'ennemi fut repoussé ; il eut 900 honmies tués , un grand nombre de blessés, et on lui fit 900 àSOOprisonniers.

L'ennemi, bien reçu par le centre et pA la gauche de l'armée, donna quelques inquiétudes à la droite. Il envoya de nombreux détachements de Cosaques sur l'Omuleff et entre Ortelsbourg et Willenbérg, où était la cinquième division de dragons. Le général Essen fit même courir le bruit qu'il avait détaché la division d'infanterie du génml Wolkoskof pour occuper Willenbérg. L'Empereur détacha de son oâté lô roi de Naples à la tète de sept à

huit mille hommes de cavalerie, tirés des cantonnements qui étaient derrière Osterode, pour repousser Tennemi, en attendant que la division du comte Gazan, qui avmt l'ordre de se transporter à Willenbérg, fût arrivée à sa destination. L'ennemi n'avait point d'infanterie à Willenbérg. Le roi de Naples rencontra quelques escadrons de cavalerie qui voulurent défendre le pont de l'Omuleff. Le prince Borghèse, à la tête de son régiment ^ les chargea, les culbuta, et fit une centaine de prisonniers, dont deux capitaines. Le 25 mars, un corps de six cents Cosaques parut tout à coup au village de Rockloss, sur la route de Willenbérg à Nei* denbourg. D y avait dans ce village un fietible détachement d'infanterie et vingtcinq dragons du 25« régiment. Cette petite troupe se comporta avec tant de courage qu'elle força l'ennemi à renoiw cer au coup de main qu'il avait projeté sur elle.

Le 26 , la cinquième division de dragons se réunit à Willenbérg, avec un bataillon d'in&nterie du 21* léger et un escadron de hulans. On marcha sur Ortelsbourg, où l'ennemi avait rassem* blé du monde dans la nuit. Les Russes se retirèrent à l'approche des Français qui , de leur côté , après être restés jusqu'au lendemain à Ortelsbburg, et s'être assurés que l'ennemi n'avait pas dans les environs des forces imposantes, vinrent reprendre leurs cantonnements à Willenbérg.

Depuis cette époque, on poussa de temps en temps des reconnaissances sur Ortelsbourg , que l'ennemi réoccupa ; mais il n'en résulta que des combats d*àvant^postes qui ne changèrent rien pour le fond aux positions respeotives. Ils n'apportèrent nul obstacle au plan de VEmpereur, qui, invariable dans la résolution de rester tiiinquille

iniMMiE.

f)aDS set QKBtaafiemsais derrière la Pasoarge, voulait consacrer le reste de l'hiver à prendre Dantzig.

Le siège de cette place fut confié au dixième corps sous la direction du oia* réchal ducdeDantûg. Cette destination avait été affectée depuis longtemps au dixième corps , et il n'en avait été détourné que par le mouvement de Ten*nemi sur la Basse- Yistule. Pendant que la Grande-Armée marchait à sa rencontre, le duc de Dantzig reçut d*abord, comme on Ta vu , Tordre de couvrir Thorn. Lorsque T^oignement de Tennemi fit cesser les inquiétudes pour cette place, le dixième corps fiât des* tiné à servir de réserve à la gauche de bGr^nd&'Armée, et à prendre en con»

séquence sa direction sur Marienwerder etElbing.

Le 6 février > le duo de Dantxig se mit en marche de Thorn ; et le 11 du même mois, étant arrivé à Abrienv^etder , il y rencontra un parti d'environ trois rnifUe hussards et dragons prussiens , qui cherchaient à inquiéter les derrières de la 6rande*Armée et à s'emparer de quelques convois. L'avanlgarde du dixième corps chargea vigou* reusenient cette eavaterie , la culbuta, lui tua beaucoup de monde, lui prit trois cents hommes montés, et poursuivit 1^ reste de cette troupe, qui alla se réfugier sous le canon de Dantzig.

Le dixième eorps continua d'avancer, et ftat le 13 à Marienbourg, où le mare* chai reçut des ordres pour se porter à Qsteiode, afin d'y maintenir lacomrouaication entre l'armée qui était enoture sur le terrain d'EyIau et la Haut«" Vistule.

Lorsqu'on fut assuré que l'ennemi notait j^tts en mesure de &ire des opérations d'une certaine importance , et qu'en conséquence les cantonnements de l'anaée , pour le reste de l'hiver ,

furent définitivement «imAtéa par TEm^ pereur , Sa Majesté prescrivit au mare-* chai chef du dixième corps de ne plus différer l'investissement de Dantxig. Lea troupes qui furent chargées de cette opération.étaient la division du général Ménard, qui renfermait dix mille ÀU&* mands ; celle du général Dombrowski»

composée au moins de douze mille Polonais, et la brigade de cavalerie légère du général Dupré. La divisioA d'infiiaterie du général Boivin, avec lea troupes hessoises, eurent l'ordre da rester àMarienbou^, où elles devaient former une réserve. Indépendamment de l'artillerie jdes troupes i^lemaades, le Maréchal avait douze pièces firançaih ses. L'artillerie était commandée par le général Lariboissière^ et les travaux dtt siège furent confiés au général du génie comte Chasseloup.

Le 20 février, le Maréchal établit son quartier-général à Subkau, sur la rive gauche de la Vistule. Deux jours après, le général Dombrowski attaqua Dirschau, qui [était occupé par^un déta* chôment de )» garnison de Dantzli^* Dirschau fut emporté de vive fbrœ* L'ennemi perdit beaueou^ii de monde.

On lui fit 600 prisonnws , et on bii enleva 6 pièces de canon.

Le l*' mars, le quartier^gèoiéral du maréchal duc de Dantzig s'établit à Dirschau. On chassa entièrement l'ennemi de rile de Nogat. C'est une île formée par deux bras de b VisAde et par la baie de Frischhaff, Le général Boivin reçut l'ordre du quartier^énéral imp^îal de concourir à cette opération, depuis Marienbourg, et ensuite d'occuper cette ile avec une partie de sa division, pour empêcher l'ennemi d'y faire des débarquements, protéger le pont qu'on allait construire sur le bras de la Yistule appelé le Nogat, et maintenir la communication entre lee

troupes ^u siège de Dantzig et k Grande- Armée. Le dixième corps s'approcha de jour en jour de la place; le 10 mars , les troupes s'établirent dans les villages autour de Dantzig , et prirent position sur la petite rivière de Radaune, qui coule tout près de cette ville , au midi.

L'investissement ayant été formé de ce côté , le Maréchal jugea fort important de s'emparer d'un terrain étroit entre la Yistule et la mer, qui fait partie de cette gitinde langue de terre qu'on appelle la Frische^Nehrung ; parce que, uae foi« maître de cet espace, il resserrait la ville du côté de Forient et du nord, et gênait sa communication avec la mer. L'ennemi a\iût des troupes sur ce terrain. Le Maréchal comxnanda pour cette expédition le général baron Schfamm, avec deux bataillon» saxons, un escadron du 19^ de chasseurs, cent lanciers polonais et six pièces d'artillerie. L'attaque eut lieu dans la nuit du 19 au âO mars, aveqje plus gran4 «uccès. L'ennemi fut battu et poursuivi jusque sous les ouvrages avancés de la place ; il eut i»00 bornai/^ tués; on lui fit 600 prisonniers. Le 36, la garnison de Dantâgit une sortie génârade. Elle fut repoussée avec perte de 300 prisonoiors et d'environ autant de«norts.

Le 3 avril, un parti prosaien de trois cents hommes d'infonterie et de cœt chevaux, qui s'étaient embarqués à Kônigaberg, abordèrent dans la prèsipi'ile, et s'avancèrenl jusqu'au village de Karisberg, d'où ib repoussèrent un poste français. Le ootonel Maingu^naud, aide4e-camp du duc de Dantsig, se porta sur ce point avec deux compagnies d'infanterie el quatre cents chevaux, n manœuvra si adroitonient qu'il coupa toute l'infant^ie de l'ennemi, el la força éà se rendre prisonnière.

1SQ6 ET 1807. Itt

Les travaux du siège ccmtÎBtt^nt pendant tout le mois d'avril avec activité de la part des Français, et ils auraient été couronnés d'un succès définitif, si l'on n'avait pas éprouvé, à cause des o&uvais chemins, des lenteurs et des difficultés pour compléter l'équipage de siège et avoir un wpjsn^ visionnament suffisant de munitions de guerre , qu'on tirait de Stettîn, de Glogau et de ftreslau. L'ennenU, qui avait beaucoup de moyens , mit à profit cette laiiteur forcée pour améliorer sa d^ fense. Le général prussien baron de Kalkreuth conunandait^Jiantzig, dont la garnison consistait en quatorce mille Prussiens et deux mille Russes. Un triple rang de fortifications, un terrain maiéeageux et feu^ile à inonda, enfin un fort situé à l'embouchure de la Vistule , nommé par cette raison Weichsdmûnde , et qui maintenait la contmunication de Dantxig avec la mer; tous ces moyens formidables avaient rendu difficiles les approches de la place. L'ennemi cherchait à retarder l'attaque par des sorties vigoureuses et souvent réitérées. Cependant cet expédient ne lui réussit pas; il fut constannnent repoussé, et, àchaque fois, b place fût serrée de plus près. Dès les premiers jours de mai , elle fut vivement canonnée.

Il y eut une afiEûre importante le 6 de ce mois. Ce fut la prise de l'Ile d'Oliva, située au nord-<mest de Dantzig, à l'embouchure du fleuve, et du côté opposé au fort de Weichselmûnde.

On avait posté dans cette tle mille Russes de ceux qui faisaient partie de la garnison de Dantxig. L'Ile et les retranchements qu'elle renfermait furent enlevés d'assaut. Sur les miDe Russes, 700 furent tués à la baïonnette; les 300 restants tombèrent entre les mains des Français, qui prirent en outre 17 bouchesàfeuetaoOchevauxd'artiUerie.

IM

L'EMPIRE

Le 8 mai, après une affaire très chaude, on se logea dans le chemin couvert.

La place de Dantzig était aux abois , lorsque le général en chef russe , qui jusque-là s'était montré assez indifférent sur le sort de cette ville, résolut de fiûre une tentative sérieuse pour la secourir. Il fit d'abord quelques mouvements du côté de PiUau, port situé en face de l'extrémité orientale de la langue de terre appelée Frische-Nriu^ung.

L'Empereur, sur Tavis qu'il reçut de ce mouvement) conjectura, ainsi qu'il le fit mander au maréchal duc de Dantzig, en date du 11 mai, que ce mouvement n'était qu'une démonstratipn ; que si l'ennemi avait réellement envie de secourir Dantzig, il le ferait par mer, et qu'il ne se hasarderait pas à longer la Frische-Nehrung en prêtant le flanc à toute l'armée française. Cependant Sa Majesté ordonna au duc de MontobeUo, chef du corps d'armée de réserve à Marienbourg, d'envoyer un bataillon à Fûrstenwerden pour y jeter un pont et y travailler à une tête de pont qui mettrait à même de déboucher sur les derrières de l'ennemi; s'il s'avançait sur Dantzig.

La conjecture de l'Empereur ne tarda pas être confirmée. L'avis parvint bientôt de l'armée qui était devant Dantzig , au quartier^énéral impérial, que cinquante bâtiments partis de Pillau étaient arrivés dans l'embouchure de la Vistule, et que , sous la protection du fort, dix mille hommes d'infanterie russe et cinq cents chevaux, commandés par le général Kamensky , étaient débarqués. A l'instant, l'ordre fut expédié à la division de grenadiers du duc Reggio, fusant partie du corps de réserve , de se porter devant Dantzig , sans s'arrêter.

En même temps , Napoléon prescrivit un grand mouvement de sa gauche

à sa droite. €e mouvement avait été prévu par les instructions envoyées au maréchal duc de Trévise, qui commandait le huitième corps en Poméranie , et au maréchal Rrune, qui commandait l'armée de réserve en Hanovre. Le premier eut Tordre de se rapprocher de l'armée qui assiégeait Dantzig, jusqu'au point de pouvoir agir conjointement avec elle, suivant les circonstances; le second, de porter des forces le long de laPeene, de la Trebel, dans les îles d'Usedom et de Wollin, et de transporter pendant quelque temps son quartiergénéral àStettin, afin de pouvoir prendre, dans ces différents lieux, la place du huitième corps.

Les chefs de tous les corps d'armée, cantonnés sur l'Aile , la Passarge et la Narew, furent aussi prévenus, par des lettres du 13, que l'ennemi, pour fstvoriser son opération sur Dantzig , allait, suivant toutes les apparences, faire un mouvement général sur la ligne.

Cependant les Russes , après avoir mis leur artillerie à terre , débouchèrent. Je 15 mai, du fort de Weiohselmûnde ; et, formant trois cokmnes, ils marchèrent sur Dantzig. Ils avaient une lieue à fùre dans le Nehrung pour arriver jusqu'à la ville. Cet intervalle était occupé par les troupes françaises. Le baron Schramm , qui <tait au poste le plus avancé avec le S* d'infeuiterie légère et un bataillon saxon, reçut le premier choc des ennemis , et les contint. Le duc de Dantzig accourut bientôt avec la division polonaise, le 12" d'infanterie légère et le bataillon de la garde de Paris ; ces dernières troupes étaient arrivées depuis peu au siège.

Les progrès de l'ennemi furent tout-àfût arrêtés. Bientôt le duc de Reggio vint avec ses grenadiers achever dedéoider l'affaire. Après un combat opiniàtre» sur un terrain étroit , où les

tnanoeavres n'étaient nullement praticables, et où le courage seul décidait de tout , les Russes furent repoussés jusque dans le fort de Weichselmûnde, laissant plus de deux miOe morts sur le champ de bataille. Dès le soir même, l'enn^ni commença son rembarquement; et, au bout de deux jours, il fit voile pour Kônigsberg, n*emportant de son expédition que de la perte et de la honte.

Ce succès augmenta Fardeur des assiégeants, et abattit le courage des assiégés, qui perdaient tout espoir d*étre seconros. Le commandant de Dantzig, voyant sa garnison considérablement diminuée et ses remparts à moitié détruits, demanda à capituler, au moment on les colonnes françaises s'ébranlaient pour livrer un assaut général. La ville fut remise au Maréchal le 97 mai. La garnison eut la liberté de se retirer à Kônigsberg , mais avec serment de ne pas servir d'un an contre les Français. On lui laissa ses fusils et ses chevaux.

On trouva à Dantzig huit cents pièces d^artiOerie , des magasins immenses, des approvisionnements de toute espèce. Tels furent les avantages qu'on recueillit de cette conquête ; mais un phfts important encore fut celui d'acquérir une placé du premier ordre, par laqueQe l'armée française se trouvait solidement basée sur la Vistule. Le fort de Weichsefanûnde capitula le 29, aux mêmes conditions que la place.

Après la prise de Dantzig , le duc de Reggio eut Tordre de se rendre à Dîrschau. Ladiviâon Dombrowski passa au huitième corps ; le régiment de Paris et le 2* d'infanterie légère jdgnirent le corps d'armée de réa&rve. La garnison de Dantzig resta composée du H* d'infimterie de ligne et des troupes de Bade. De cette manière, le dixième corps d'ar^ mée se trouva dissous, et le maréchal

duc de Dantzig revint au quartiers-général de l'Empereur. Le général comte Rapp , aide-de-camp de Sa Majesté , fut nommé gouverneur de Dantzig. L'ar« tillerie du siège fut embarquée et dirigée sur les environs de Graudentz, dont le siège allait désormais être poussé avec vigueur.

Lorsque le général russe eut pris la résolution de jeter du secours dans Dantzig, il fit inquiéter toute la ligne des cantonnements de Tannée, mais plus particulièrement ceux du cinquième corps , à la droite. C'était un moyen pour attirer l'attention vers ce point, le plus éloigné de celui ou il voulait opérer. Les Russes se présentèrent à la tête du pont de Druczewo, où était le baron Gérard, avec le 88* de ligne, de la division du comte Suchet. Ce régiment fit bonne contenance. Le reste de la division arriva bientêt et repousba les Russes, qui se retirèrent à Ostrolenka; cette affaire eut lieu le 13 mai.

Le même jour, Tennemi attaqua Malga, où était cantonné un détachement du corps d'observation du général Zayoncheck,et il enleva un poste de Polonais. Mais le général Fischer marcha aux Russes , les culbuta , et leur tua 60 hommes, dont un colonel et deux capitaines.

II y eu t une autre affaire le 13, près de Wyszkow sur le Bug. Les Russes avaient construit des radeaux dans cet endroit, pour descendre facilement leur artillerie jusqu'à Temboucbure du Bug dans la Narew; ce qui était inquiétant pour Varsovie. L'Empereur donna au comte Lemarrois, son aide-de-camp. Tordre de brûler ces radeaux. Ce général prit avec lui deux r^iments de Bavarois, de ceuxquiétaientarrivésà Varsovie avec le prince royal, et un régiment de Polonais du corps de Zayoncheck. Il passa la Narewà Wiei^zbice le iOiuai, se porta rapi-

L'EHPIKE.

Le 8 mai, après une affaire très chaude, on se logea dans le chemin couvert.

La place de Dantzig était aux abois , lorsque le général en chef russe , qui jusque-là s'était montré assez indifférent sur le sort de cette viïle, résolut de faire une t^tative sérieuse pour la secourir. Il fit d'abord quelques mouvoments du côté de Pillau, port situé en face de Textrémité orientale de la langue de terre appelée Frische-Nehrung.

L'Empereur, sur l'avis qu'il reçut de ce mouvement, conjectura, ainsi qu'il le fit mander au maréchal duc de Dantzig, en date du 11 mai, que ce mouvement n'était qu'une démonstratipn ; que si l'ennemi avait réellement envie de secourir Dantzig, il le ferait par mer, et qu'il ne se hasarderait pas à longer la Frische-Nehrung en prêtant le flanc à toute l'armée française. Cependant Sa Majesté ordonna au duc de Monte-, belle, chef du corps d'armée de réserve à Marienbourg, d'envoyer un bataillon à Fûrstenvirerden pour y jeter un pont et y. travailler à une tête de pont qui mettrait à même de déboucher sur les denîères de l'ennemi,' s'il s'avançait sur Dantzig.

La conjecture de l'Empereur ne tarda pas être confirmée. L'avis parvint bientôt de l'armée qui était devant Dantzig , au quartier^énéral impérial, que cinquante bâtiments partis de Pillau étaient arrivés dans l'embouchure de la Vistule, et que , sous la protection du fort, dix mille hommes d'infanterie russe et cinq cents chevaux, commandés par le général Kamensky , étaient débarqués. A l'instant , l'ordre fut expédié à la division de grenadiers du duc RôggiO) faisant partie du corps de ré^ serve , de se porter devant Dantzig , sans s'arrêter.

En même temps. Napoléon prescrivit un grand mouvement de sa gauche

à sa droite. €e mouvement avait été prévu par les instructions envoyées au maréchal duc de Trévise, qui conmiandait le huitième corps en Poméranie , et au maréchal Brune, qui conunandait l'armée de réserve en Hanovre. Le premier eut Tordre de se rapprocher de l'armée qui assiégeait Dantzig, jusqu'au point de pouvoir agir conjointement avec elle, suivant les circonstances; le second, de porter des forces le long de la Peene, de la Trebel, dans les Oes d'Usedomet de Wollin, et de transporter pendant quelque temps son quartiergénéral à Stettin, afin de pouvoir prendre, dans ces différents lieux, la place du huitième corps.

Les chefs de tous les corps d'armée, cantonnés sur l'Aile , la Passarge et la Narew, furent aussi prévenus, par des lettres du 13, que l'ennemi, pour favoriser son opération sur Dantzig , allait, suivant toutes les apparences, faire un mouvement général sur la ligne.

Cependant les Russes , après avoir mis leur artillerie à terre , débouchèrent,, le 15 mai, du fort de Weicbselmûnde ; et, formant trois colonnes, ils marchèrent sur Dantzig. Ils avaient une lieue à fidre dans le Nehrung pour arriver jusqu'à la ville. Cet intervalle était occupé par les troupes françaises. Le baron Schranmi , qui <tait au poste le plus avancé avec le S* d'infanterie lé* gère et un bataillon saxon, reçut le premier choc des ennemis , et les contint. Le duc de Dantzig accourut bientôt avec la division polonaise, le 13* d'in£anterie légère et le bataillon de la garde de Paris ; ces dernières troupes étaient arrivées depuis peu au siège.

Les progrès de l'ennemi furent tout-à- &it arrêtés. Bientôt le duc de Reggio vint avec ses grenadiers achever dedéoider l'affaire. Après un combat opiniâtre, sur un terrain étroit , où les

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manœavres n'étaient nuflement praticables, et où le courage seul décidait de tout , les Russes furent repoussés jusque dans le fort de Weichselmûnde, laissant plus de deux mille morts sur le champ de bataille. Dès le soir même, Fennemi commença son rembarquement; et, au bout de deux jours, il fit ToOe pour Kônigsbei^, n*emportant de son expédition que de la p^te et de la honte.

Ce succès augmenta Fardeur des as-^ siégeants, et abattit le courage des assiégés, qm perdaient tout espoir d*étre secourus. Le commandant de Dantzig, voyant sa garnison considérablement diminuée et ses remparts à moitié détroits, demanda à capituler, au moment où les colonnes françaises s'ébranlaient pour livrer un assaut général. La ville fat remise au Maréchal le 97 mai. La garnison eut la liberté de se retirer à Kônigsberg, mais avec serment de ne pas servir d'un an contre les Français. On lui laissa ses fusils et ses chevaux.

On trouva à Dantzig huit cents pièces d'artiOerie , des magasins immenses, des approvisionnem^fits de toute es»

pèce. Tels furent les avantages qu'on recueillit de cette conquête ; mais un pfais important encore fut celui d'ac»

quérir one placé du premier ordre, par laquelle l'armée firançaise se trouvait solidement basée sur la Vistule. Le fort de Weichselmûnde capitula le 29, aux mêmes conditions que la place.

Après la prise de Dantzig , le duc de Reggio eut Tordre de se rendre à Dirschau. La division Dombrowski passa au huitième corps ; le régiment de Paris et le S"" dlinfanterie légère joignirent le corps d'armée de rés«*ve. La garnison de Dantzig resta composée du ki^ d'infanterie de ligne et des troupes de Bade. De cette manière, le dixième corps d'armée se trouva dissous, et le maréchal

duc de Dantzig revint au quartier-général de l'Empereur. Le général comte Rapp , aide-de-camp de Sa Majesté , fut nommé gouverneur de Dantzig. L'ar^tillerie du siège fut embarquée et dirigée sur les environs de Graudentz, dont le siégeallait désormais être pousséavec vigueur.

Lorsque le général russe eut pris la résolution de jeter du secours dans Dantzig, il fit inquiéter toute la ligne des cantonnem^its de l'armée, mais plus particulièrement ceux du cinquième corps , à la droite. C'était un moyen pour attirer l'attention vers ce point, le plus éloigné de celui où il voulût opérer. Les Russes se présentèrent à la tète du pont de Druczewo, où était le baron Gérard, avec le 88* de ligne, de la division du comte Suchet. Ce régiment fit bonne contenance. Le reste de la division arriva bientôt et repoussa les Russes, qui se retirèrent à Ostrolenka; cette affaire eut lieu le 13 mai.

Le même jour, l'ennemi attaqua Malga, où était cantonné un détachement du corps d'observation du général Zayoncheck ,et il enleva un poste de Polonais. Hais le général Fischer marcha aux Russes , les culbuta , et leur tua 60 hommes, dont un colonel et deux capitaines.

II y eut une autre affaire le 13, près de Wys&kowsur le Bug. LesRusses avaient construit dés radeaux dans cet endroit, pour descendre facilement leur artillerie jusqu'à l'emboudmre du Bug dans la Narew ; ce qui était inquiétant pour Varsovie. L'Empereur donna au comte Lemarrois, son aide-de-camp, l'ordre de brûler ces radeaux. Ce général prit avec lui deux régiments de Bavarois, de ceuxqui étaient arrivésà Varsovie avec le prince royal, et un régiment de Polonais ducorpsde Zayoncheck. Il passa la Narewà Wiei*zbice le lOmai, se porta rapi-

L'BMriP,

dementàWy8zkow,siirpritrennemi,le chassa de ce village et brûla tous les radeaux; il revînt ensuite à Wierzbice, sans avoir éprouvé de perte.

L'ennemi voulut avoir sa revanche.

Six mille Russes, venant de Nur, par la rive gauche du Bug, se présentèrent, le 13 , devant les ouvrages de la tète de pont sur la Narew à Wierzbice. Le comte Lemarrois accueillit Tennemi par un feu terrible de mitraille et de fusillade , le repoussa , lui tua 300 hommes ; et, lorsqu'il y eut du désordre parmi les Russes , le général français fit sortir ses troupes des retranchements, et poursuivit longtemps Tennemi l'épée dans les reins.

Le 16 mai , Fennemi tenta une nouvelle attaque sur le pont de Pultusk.

Sept mille hommes partis de Brock, sous les ordres du général Tusskof, vinrent se présenter devant la tête du pont de la Narew, et firent des dispositions pour donner l'assaut aux retranchements. Ce poste important était défendu par six bataillons de Bavarois. Le prince d'Essling , dont le quartier-général était à Przasznic , vint se mettre à leur tête.

Les Russes recommencèrent la charge à quatre reprises consécutives, et furent repoussés constamment. Ils éprouvèrent une perte considérable.

Pour 6ier à l'ennemi toute idée d'entreprises semblables, l'Empereur fit parvenir au prince d'Essling l'ordre de s'emparer d'Ostrolenka, de réunir sur ce point la division du comte Suchet avec le corps du prince royal de Bavière, et de les y faire camper. « Ces for- » ces , » lui était-il mandé, « obligeront » l'ennemi à se tenir à la distance de » deux marches , à rester aussi réuni , » et à ne plus feire d'expéditions par- » tîelles. La grande quantité de trou- » pes légères de Tennemi nous rend

» inutile autant que désavantageuse la )) guerre de poste; nous l'éviterons ei) » campant. D'ailleurs , dans les camps, » les troupes sont plus sainement , plua » aisées à nourrir , indépendaomienl » de ce que la discipline et l'instructiou >) y gagnent. Au surplus, l'Empereur D ne veut point placer son armée en » cordon. Sa Majesté adopte les can^ps, » par divisions en carré. »

Dans les plans de Napoléon, tout était Ué, tout était en harmonie; les opérations des corps les jAiis éloignée les uns des autres concouraient à un but commun. Pendant la durée du siège de Dantzig , les opérations en arrière de l'armée avaient été continuées avec vi-* gueur. Le huitième corps d'armée avait agi pour expulser les Suédois de PAl* lemagne, ou du moins pour les empocher de tenter quelque diversion depuis Strakund. Le 30 janvier , le duc de Trévise fit le blocus^ ^ cette place du c6tô de la terre, ^ès avpîr chassé dans la ville tous les postes suédois qui en couvraientles approches. On travailla immédiatement à construire , le long de la mer, une ligne de redouter qui furent armées afin d'éloigner les ohaloupes cih nonnières des Suédois. Ceux-ci, pendant le mois de février, firent de n(Hnbreuses sorties pour empêcher l'achèvement de ces travaux.

Dans le même temps, unedivision, commandée par le général Teullié , mais sous les ordres supérieurs du duc de Trévise, chef du huitième corps, manœuvraitdevant Colberg. Cette division, composée de deux régiments italiens, d'un régiment de fusiliers de la garde impérialede nouvelle formation, et d'une compagnie de dragons d'ordonnance, attaqua l'ennemi à Naugarten , près de Colberg , dans des retranchements hérissés de canons. Le colonel Boyer , à la tète des fusiliers de la garde, escalada

CAMPAGNE m

ces Eçtrancb^^menU, y péuéUa et en chassa lennemi, qui perdit 100 hommes tués, 300 prisonniers et 6 pièces de canon. On procéda alors à Tinvesiissement de Golberg.

Quant à Stralsund^différentes raisons militaires et politiques empêchaient qu'on ne fit le siège régulier de cette place. « Il faudrait , » écrivit le prince Hajor-général au duc de Trévise, en date du 5 mai , « un équipage de âége pour prendre Stralsund. On n'en a point. Cette opération doit être suspendue. Prenez une bonne position pour surveiller cette place. Vivez en Poméranie; défendez les débouchés de rOder, et surtout faites reposer vos troupes. L'Empereur , en se privant de votre corps d'année , n a point eu pour but d'envahir la Poméranie, ni de prendre Straisund, mais seulement la précaution et la nécessité de laisserun corps d'observation qixi surveille k la fois Berlin, Hambourg, Stettin et l'Oder , et qui s' expose aux dâ)arqu«cneiits que,dan& la saison prochaine, les Anglais pourraient faire dans le nord , soit à Dantzig , Ccdberg , Bostock, Stralsund , ou à I embouchure de l'Elbe. Votre destination est de mettre obstacle à ces débaïquements, soit par vos propres forces, soit en coopérant avec les troupes qui y feraient face sur les différents points désignés. Loin d'attaquer spécialeinent lea possessions du roi de Suède, concluez même, aï vous le vouies^unefspèced^tràveavec iecomman*dimt de Stridsvind. Si c'est un homme ea crédit , parlei-lui en ce sens : que QOU3 BOUS voyons avec peine en guerre avec la nation suédoise, que nous estimons, et^ qui nous voudrions ne pasbiie tort. Ces vérités peuvent avoir de l'influence surVesprit du Roi, ou tout au moins faire voir

1906 ET 1807. ifl^

» aux PoméraniengetauxSuédoi&quç » c est le Roi seul qui prolonge les mai^ » de la guerre que nous faisons avec rer » gret à la Suède. Protégez , ij. le Maré- )) chai, le blocus de Colberg , qu il^^erait » plus utile de prendre que Stralsund.

» L'Empereur veut que la* division )i TeuUié continue d'être sousvqs or drefif » et fasse pai*tie de votre corps d'ar* » mée. »

La seule affaire qui eut lieu devait Stralsund , pendant le mois 4e mars , fut celle du 14>. Deux mille hommes d'infanterie de la garnison , accoo^par gnés de deux escadrons de cavalerie et de six p^ces de canon , débouchèi'ent »ur une redoute à la gauche de la ligne où était la division du comte Dupas.

Cette redoute , qui n'était point encore palissadée , était occupée par une seule compagnie de voltigeurs du 58* de ligne; bientôt accoururent quelques compagnies du 4-® d'infonterie légère, qui. n'était pas loin. Ce peu de troupes brava les efforts de toute la brigade suédoise, dont les tentatives réitérées furent inutiles , et qui finit par rentrer honteusement dans Stralsund.

Il y eut un oombat brillant le 19mai, en av^it de Colberg. L'ennemi avait oonairuit des redoutes le long de la petite rivière de la Persante. Ces redoutes lurent attaquées au point de Selltrow, et emportées avec beaucoup de résolution par le 1^' régiment italien d'infanterie légère. Le 29 du môme mois , le duc deTrévise se porta devant Colberg avec la piu& grande partie de son corps d'année. La seule division du général baron Grandjean resta en observation dans la Poméranie suédoise. Elle eut Tordre de prendre position sur laPeene.

Deux jours après, la garnison de Stralsund fut renforcée de quelques Suédois. L'ennemi , profitant de l'éloignement du duc de Trévise , déboucha

L'EMPIRE

en force , le 3 avril , et se porta sur la Peene. Le général Grandjean , conformément à ses instructions , prit position àÀnklam. Dès qu'on eut avis, au quartier-général impérial , du mouvement des Suédois , Tordre fut expédié le 7 avril, au duc de Feltre , à Berlin , de &ire marcher tous les régiments provisoires qui étaient dans cette ville , de même que toute la cavalerie disponible du dépôt de Potsdam. Il était enjoint au duc de Feltre de prévenir de ce qui se passait le maréchal Brune , qui était venu prendre le commandement de différents corps de troupes qu*on rassemblait dans le Hanovre , afin que ce maréchal inquiétât autant que possible les Suédois sur leur flanc droit, pour les empêcher d'avancer ; en même temps , le duc de Feltre devait écrire au commandant de Magdebourg de redoubler de surveillance, et de se mettre en correspondance avec le maréchal Brune.

Le même jour, il fut ordonné au duc de Trévise de quitter promptement le siège de Colberg et de se porter à Stettin, où il devait réunir à son corps d'armée le 15* de ligne, et les 3*, 5«, 6*, 7« et 8« régiments provisoires. « Ces » renforts, M. le Maréchal , » lui faisait écrire l'Empereur, a vous composeront » trente à trente-deux mille honmies » avec lesquels vous rejeterez l'ennemi » au-delà de la Peene, s'il a l'audace de 3> passer cette rivière. Vous recevrez , » d'ailleurs , encore des renforts du » maréchal Brune« Observez que votre » ligne d'opérations doit être sur Stet- » tin ; couvrez BerUn , et surtout main- » tenez vos communications avec la » Grande-Armée.

» L'Empereur blâme le général » Grandjean d'avoir prévenu trop tard » le duc de Feltre de l'invasion des Sué- » dois. U exposait Berlin , d'où le duc

» de Feltre avait foit sortir la garnison , » et vous aussi, M. le Maréchal, vous » avez commis une faute , en prescri- » vaut au général Grandjean de s'élol- » gner de Stralsund , lorsque l'ennemi » s'y renforçait. Vous avez, en outre, » affaibli votre corps d'armée , en lais- » sant vos parcs en arrière , sans pren- » dre position , comme vos instructions » l'indiquaient.

» Au suiplus, l'Empereur trouve » qu'il ne faut plus penser qu'à remé- » dier au mal qui est fait. Ne vous înj> quiétez plus de Colberg. Qu'importe » Colberg, si l'ennemi pille Berlin et » nos derrières! Votre corps sera aug- )) mente du 3® de ligne , qui est parti de » Posen pour Stettin. C'est un beau et )) bon régiment. Franchissez là Peene ; » poussez l'ennemi, et, s'il le faut, re- » venez prendre position sur cette ri- » vière, et faites-y construire des têtes » de pont, qui désormais en imposeront » aux Suédois. L'Empereur a préposé » le général comte Loison pour diriger » les opérations devant Colberg. Pré- » venez-le qu'indépendamment des » deux régiments italiens qu'il aura j> sous ses ordres , on va lui envoyer » douze mille Polonais et quatre cents » Wùrtembergeois. »

Cependant les Suédois, protégés par une nombreuse fiottiQe, avaient fait des débarquements sur différents points.

Se jugeant en force, ils hasardèrent de passer la Peene. Ils débouchèrent sur Anklam et Demmin, et se dirigèrent ensuite sur Passewalk. Le 16 avril, le duc de Trévise réunit ses troupes à Passewalk. Il se porta rapidement sur la route d'Anklam, culbuta l'ennemi à BiUing et Ferdinanshoff, fit 400 prisonniers, poussa les Suédois sur AnUand , entra dans cette ville en même temps qu'eux, et s'empara du pont sur la Peene.

CAMPAGNE DE Par ce mouvement, la colonne du général suédois Cardell, qui était à Ukermunde , fut coupée. Cette colonne fut attaquée dans Ukermunde, le 17 avril, par le général baron de Vaux. On loi tua beaucoup de monde, et on lui enleva 500 prisonniers et 3 pièces de canon. Le rieste de cette troupe s'embarqua précipitamment sur le Haff.

Ensuite de ces évén^ents, le baron d^ssen, qui commandait Tarmée suédoise en Poméranie, demanda un armistice au duc de Trévise. Ce maréchal, qui savait que cette mesure était dans les vues de TEmpereur, arrêta aussitôt sa poursuite, et consentit à une suspension d'armes , qui fut signée de part et d'autre le 18 avril, et par laquelle il était stipulé qu'on se préviendrait dix jours d'avance, en cas de reprise des hostilités. Lorsque cet arrangement fut terminé, le Maréchal reporta le gros de ses troupes devant Colberg.

Maïs l'Empereur le fit blâmer de sa précipitation ; car s'il avait suivi les Suédois jusqu'à Stralsund , avant de conclure aucune trêve, il aurait fait un grand nombre de prisonniers et se serait probablement emparé de leurs chaloupes canonnières, que le mauvais temps retenait dans le Haff. D'un autre côté, Sa Majesté ne voulait point d'armistice qui l'empêchât de disposer du huitième corps, et elle trouvait par conséquent beaucoup trop bref le délai convenu de dix jours , pour se prévenir en cas que les hostilités dussent reoonunencer. En date du 24 avril , l'Empereur fit transmettre au duc de Trévise, pour le baron d'Essen, un modèle de lettre qui contenait en substahce :

« Par l'article 6 de l'armistice signé

> entre nous, M. le Général, il est dit

> qu'avant de recommencer les hostili- » tés, on doit se prévenir dix jours d'a-

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» vance. Cette circonstance m'oblige k » tenir mes troupes réunies ; ce qui , » dans un pays épuisé par le séjour des » armées , fait beaucoup souffrir les » troupes qui sont sous mes ordres.

» S. M. l'Empereur et Roi , comme » commandant en chef son armée , » me fait connaître qu'elle ne peut ap- » prouver l'armistice qu'en y ajoutant » la modification que le delà pour se » prévenir avant de recommencer les » hostilités sera d'un mois , au lieu de » dix jours. Je me flatte que vous ne » vous refuserez pas à une aussi légère » modification qui constate de plus en » plus les intentions pacifiques de » l'Empereur. Mais si vous ne vouliez » pas y accéder, je ne pourrais voir «dans l'armistice que vous-même » m'avez demandé qu'une ruse de » guerre , pour attendre l'arrivée de » l'expédition anglaise ; et la pré- » voyance alors me ferait un devoir de » ne pas attendre pour recommencer » les hostilités que de nouveaux enne- » mis soient venus augmenter votre » armée.

» Au surplus , M. le Général, l'Em- » pereur m'autorise à vous transmettre » ses propres expressions sur le désir » qu'il a de se réconcilier avec votre )) maître. Je n'ai rien de plus à cœur, » me fait écrire Sa Majesté , « que le ré- » tablissement de la paix avec le roi de » Suède. Les passions peuvent nous » avoir désunis; mais l'intérêt dupeu- » pie , qui règle la conduite des sou- » veraîns, doit nous rapprocher. La » Suède ne peut pas se dissimuler que, » dans la lutte actuelle , elle est aussi » intéressée que la France au succès » de mes armes. Elle sentira bien da- » vantage encore le contre - coup de » l'accroissement de la puissance russe. » Est-ce donc pour la destruction de » l'empire de Constantinople que se

ITÎMWRÉ.

% battent les Suédois ? Ne devraient-ils J) pas plutôt se battre avec nous, pour » maintenir l'indépendance de cet em- » pire ? Depuis Tenvahissement de la T> Valachie et de la Moldavie par les » Russes, depuis la dernière expédition D des Anglais devant Constantinople , » les vues de la Russie ne se trouvent- » elles pas entièrement démasquées ?

» La Suède n'est pas moins intéressée » que la France à avoir aussi un contre- » poids contre Ténorme puissance ma- » ritime des Anglais. Dans aucun cas, » la Suède n'a rien à craindre de la )) France ; mais tout de la Russie. Ac- » coutumes par la tradition de nos pè- » res à nous regarder comme des amis » naturels , nos liens paraissent devoir » se resserrer encore après le partage » de la Pologne , et les dangers que » court la Porte-Ottomane. Nos intérêts » politiques sont les mêmes. Nous de* » vrions être alliés ; au moins ne soyons » pas ennemis.

» Si le général suédois ne veut pas n consentir à la modificationproposée, » était- il ajouté au duc de Trévise , « vous vous ferez appuyer par le maréy> chai Brune , qui a reçu des ordres » pour vous seconder , et vous envahi- » rez de nouveau la Poméranie. Il sci*a )) impossible à lennemi, sans le secours » de cette province , de garder une si » grande quantité de cavalerie dans » Stralsund. D'ailleurs, l'occupation de » la Poméranie placera le roi de Suède » dans une situation violente. Il se » compromettra aux yeux de ses peu- » pies par son obstination à favoriser le » parti qui est si opposé aux intérêts de )) la Suède.

» Au contraire , si M. d'Essen accède » à ce que l'Empereur exige , ' vous m renverrez aussitôt sur Dantzig , Ma- » rienwerder et Thorn les 3« et 7* de p ligne, le 3® de chasseurs à cheval, et

» tous les régiments provisoires ; vous «établirez votre quartier -général à » Stettin. Vous cantonnerez vos trou- » pes autour de Stettin, de Demmin et » d'Anklam; vous ferez reconnaître » avec soin les bords de la Peene , la » position de Demmin et les bords de » la Trebel ; vous ferez fortifier et re* » trancher sur votre ligne les endroits » qui en sont silsreptibles, pour empé- » cher toute communication entre la » Poméranie suédoise et les £tats de » Prusse. Vous vous occuperez , sans » délai, de la formation de l'équipage » de siège pour Colberg, dont les ma- » térîaux vous seront fournis par les ï) places de Stettin , Custrin et Magde- » bourg; vous ne conserverez dans vo- » tre corps d'armée aucun embarras , )) afin qu'à chaque instant vous puis- )) siez vous porter , soit du côté de » Hambourg, soit sur la Vistule. Vous » vous mettrez en correspondance avec » le chargé d'affaires de l'Empereur à » Copenhague , et lui recommanderez » de vous informer de tous les mouve- » ments que pourraient faire , par le » Sund , les Anglais , dont l'expédition » qui se prépare dans la Tamise doit » toujours être l'objet de votre surveil- » lance. Ayez aussi une correspon- » dance journalière avec le maréchal » Brune et le duc de Feltre, de ma- » nière à pouvoir concerter ensemble » toutes vos opérations. H paraît , au » surplus, par les rapports reçus d'An- » glelerre , que le débarquement ne » peut avoir lieu avant quinze jours ; » et alors les divisions des généraux )) Boudet et Molitor , qui arrivent dl« » talie , seront à Magdebourg et as- » sureront les derrières de l'armée. »

La modification demandée par reoipereur Napoléon fut jointe à l'armistice conclu entre le duc de Trévise et le baron d'Essen, par un article additionnel

CAMPA6NC BC

èft date du 2i avril. Le htiltième corps occupa les cantonnements qui lui avaient été prescrits ; mais ce ne fut pas pour longtemps. Les événements néce»^ sitèrent d'autres dispositions. L'Empereur organisa définitivement Tarmée du maréchal Brune, sous le nom de corps d'observation de la Grande-Ar* mée.

Par un ordre du 4 mai , ce corps devait être composé : !<> de toutes les troupes hollandaises, montant à quatorze mille hommes; 2*^ des troupes fournies par l'Espagne , en raison de son alliance offensive et défensive avec la France; ces troupes, dont le nombre montait de quatorze à quinze mille bommes, traversaient en ce moment la France , et étaient attendues en Hanovre pour la fin de juin ; 3<» des divisions des généraux comtes Boudet etMolitor, que le vice-roi d'Italie avait fait partir deVîcence et de Brescîa, d'après les ordres qu'il en avait reçus en date du 30 mars , et qui venaient d'arriver dans le nord de TAUemagne. Ces divisions réunies montaient de douze à quatorze mille hommes.

Les instructions du Maréchal portaient que son corps était chargé de défendre les embouchures de TEms, du Weser, de l'Elbe ; de tenir en échec la Poméranîe suédoise, et de garantir particulièrement Berlin, Magdebourg, Hameln et Stettin. Aussitôt qu'un débarquement aurait été effectué par l'ennemi, le Maréchal devait réunir ses forces pour l'obliger à se rembarquer.

Mais, afin d'opérer plus promptement cette réunion , il lui était prescrit de répartir ses troupes de la manière suivante : sa gauche entre le Weser et l'Elbe ; son centre entre Lûbeck et Deramîn ; sa droite entre Demmin et rOder ; son quartier-général à Schwerin , et les divisions Molitor et Boudet

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