‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 51 sur 205 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Organisadon, farce, position des armées autrichiennes et firançaiflesd'Allenuigiie à Tépoqae des hostilités ; et moayements depuis Tinvasion de la Bavière Jusqu^à la bataille d'EcluniUil.

Le gouvernement autrichien, décidé à la guerre avec la France , ayant rassemblé et augmenté ses forces, songea à donner une organisation fixe à son armée , et à lui faire prendre des positions qui , au début de la campagne, la missent en mesure de déboucher rapidement sur les points qu'il avait d'abord résolu d'attaquer. D'après le nouveau système militaire établi en France par l'empereur Napoléon, le comité de la guerre à Vienne partagea l'armée autrichienne en corps d'armée, dans la composition et l'amalgame desquels entraient différentes armes , et qui avaient chacun leur commandant-général, leur état-major, leur chef d'artillerie et leur administration.

Neuf corps d'armée et deux de réserve furent formés. Le premier corps, sous les ordres du général comte de Bellegarde , fut composé de vingt-sept bataillons et seize escadrons ; le deuxième, sous les ordres du comte Kollowrath, était de la même force; le troisième, commandé par le prince de HohenzoUem , renfermait vingt- huit bataillons et seize escadrons ; celui du prmce de Rosemberg, qui était le quatrième, avait un semblable nombre de bataillons et d'escadrons ; le cinquième, commandé par l'archiduc Louis , frère de l'Empereur, avait le même nombre d'escadrons, mais un bataillon de moins que le quatrième ; le sixième , sous les

ordres du général baron Hiller , était fort de trente-un bataillons et vingtquatre escadrons. La force du septième, dirigé par l'archiduc Ferdinand, cousin de l'empereur, était de trente-cinq bataillons et quarante-quatre escadrons ; celle du huitième, aux ordres du marquis de Chasteler , était de vingt-trois bataillons et seize escadrons; enfin, trente bat^Uons et vingt-huit escadrons composaient le neuvième corps , commandé par le général comte de Giulay.

Le pn^mier corps de réserve aux ordres du prince Jean de Lichtenstein, renfermait douze bataillons de grenadiers et trente-six escadrons de cuirassiers et de dragons; le second corps de réser\e , aux ordres du général baron Kienmayer, se composait de cinq bataillons de grenadiers et vingt-quatre escadrons de cuirassiers, dragons et chevaulégers.

La totalité de ces forces montait a deux cent soixante-trois bataillons et deux cent cinquante-deux escadrons.

En estimant, d'après les états qui paraissaient les plus authentiques , les bataillons à onze cents hommes Tun dans l'autre , et les escadrons à cent vingt, ces forces présentaient un ensemble de deux cent quatre-vingt-neuf mille trois cents hommes d'infanterie, et de trente mille deux cent quarante de cavalerie, ou trois cent dix-neuf mille cinq cents quarante combattants. Cette armée trat-

CAMPiGNE

naît à sa suite cent soixante*huit pièces de canon de 3 , quatre cent douze de 6, quatr&-vingt de 12 , et cent trente-un obusiers; en tout, sept cent quatrevingt-onze pièces d'artillerie.

Indépendamment de cette formidable année de ligne, il se forma une armée de réserve , destinée à défendre les frontières des Ëtats héréditaires, et à recruter l'armée active. Cette réserve se composa de la milice appelée Landwehr, des dépôts d' infanterie et de cavalerie établis dans les différents cantons de conscription; enfin des levées qui formaient rinsurrection hongroise. La Landv^ehr présentait une masse de cent cinquantequatre bataiUons. Les dépôts d'infanterie et de cavalerie formaient cent soixante^eux compagnies et trentequatre escadrons. L'ensemble de ces forces pouvait s'évaluer à cent quatrevingMiuit mille honunes. L'insurrection hongroise était composée de dix-neuf bataillons, formant un effectif de vingtun mille hommes d'infanterie, et quatre-vingt-dix-huit escadrons, formant un corps de cavalerie de quinze mille hommes ; ce qui portait l'armée de réserve à deux cent vingtrquatre mille hommes. Mais il est juste de dire que la rapidité des événements fut cause qu'une partie de ces troupes nationales n'avait pas reçu son organisation définitive , et n'était pas prête au combat à l'ouverture de la campagne. Néanmoins, le fond en existait, et servit, dans le courant de la guerre , à recruter, compléter et grossir l'armée de ligne.

S. A. L l'archiduc Charles fut nommé généralissime de l'armée autrichienne, avec tous les pouvoirs nécessaires pour diriger les opérations; d'après les plans arrêtés, sans prendre de nouveaux ordres de la cour.

Toutes les forces autrichiennes furent

DE^IMQ.

tf7

divisées en trois armées principales :

rune,composéedespremier,deuxiëme, troisième, quatrième, cinquième, sixième corps et des deux corps de réserve, forma la Grande-Armée , sous les ordres immédiats de l'Archiduc généralissime, et fut destinée à se porter sur l'Allemagne ; l'autre, sous les ordi*es de l'archiduc Jean , autre frère de l'Empereur, composée des huitième et neuvième corps, forma l'armée de gauche, destinée à agir en Italie , en Tyrol et en Dalmatie. La troisième armée de droite fut formée du septième corps , et confiée à l'archiduc Ferdinand; sa destination fut d'opérer dans le grand-duché de Varsovie contre les PolcHiais.

En conséquence des destinations qui leur étaient assignées, les trois ar^ mées autrichiennes se concentrèrent et prirent des positions dans le courant de mars. Les cinq premiers corps de la Grande-Armée et le premier de réserve se rassemblèrent en Bohême, à Pilsen, Prague, Piseck, Budveisset Iglan. Le sixième corps et le deuxième de réserve se réunirent dans la Haute-Autriche, à Web et Enns.

L'armée de l'archiduc Jean se concentra dans la Carinthie et la Carniole ; le huitième corps près de Klagenfurth ; le neuvième près de Laybach.

Le septième corps, ou l'armée de Tarchiduc Ferdinand, se réunit entre CracoviCf Konskie et Radom.

L'artillerie de l'armée de l'archiduc Charles fut de cinq cent dix-huit pièces ; celle de l'archiduc Jean, de cent soixantedix-neuf; celle de l'archiduc Ferdinand, de quatre-vingt-quatorze.

Le commencement des hostilités de la part de l'Autriche fut fixé au 10 avril.

Pendant que l'ennemi faisait ses dispositions qui , d'après les discours des ofiiciers autrichiens et les pamphlets pu* bliés par les agents de la cour de Vienne,

L*nfFni«

ne tendaient à rien moins qu'à chasser les Français de T Allemagne, Tempereur Napoléon prenait ses mesures pour déjouer les projets de rAutriche , et les Sûre tourna à sa confusion. Il réunis* sait d'abord Tarmée du Rhin, sous les Mtlres du prince d'Ëckmûhl; c'était eelle qui , par sa position , devait opposer les premiers obstacles aux progrès de Tennemi. Cette armée était composée de quatre divisions d'infanterie; sa* voir : celles des généraux comtes Morand, Gudin, Priant et Saint^Hilaire, et d'une division de cavalerie légère , sous les ordres du comte Montbrun. Ces troupes formaient le troisième corps delaGrande-Arméef mais, sous le commandement du prince d'Eckmûhl, étaient encore conmie appartenant à l'armée du Rhin , les trois divisions de cuirassiers des généraux comte ifali'aouty, Saint^Sulpice et Espagne; la division de grenadiers du duc de Reggio, et la brigade de cavalerie légère du baron Colbert.

Quelque temps après, lorsque l'Empereur arrêta l'organisation définitive de l'armée d'Allemagne , les divisions de cuirassiers entrèrent dans, la formation de la réserve de cavalerie; et les grenadiers du duc de Reggio, ainsi-que la brigade de Colbert , furent compris ifans le deuxième corps d'armée.

Dans le nord de l'Allemagne, il y avait, depuis le commencement de Tannée 1808, sous les ordres du marédial prince de Ponte-Corvo, un corps dont la destination était d'agir de concert avec le Danemarck contre la Suède, qui, toujours alliée de l'Angleterre , se refusait d'accéder aux mesures prises à Tilsitt entre les deux empereurs de France et de Russie, pour fermer aux Anglais l'entrée du continent. Le quartier-général du prince de Ponte-Corvo étaità Hambourg ; son corps était com-

posé de deux divisions d'biiuiterie

française et d'une division hollandaise.

Une des divisons françaises , sous les ordres du comte Dupas, fut appelée sur le Danube, et, par la suite, fit partie du deuxième corps.

A ces forces purement françaises , et déjà établies en Allemagne , ne tardèrent pas à se joindre les quatre divisions d'inbnterie des généraux comtes Boudet, Molitor, Garra-Saint-Cyr «t Le^ grand. Pendant l'hiver, elles s'étaient mises en marche pour ae porter d'Allemagne en Espagne; mais ayant reçu contre-ordre à Lyon, elles retournèrent sur leura pas, prirent la direction du Rhin, et passerent.ee fleuve à Hu«> ningue. Pénétrant en Souabe, elles at lèrent successivement à Ubn pour for^ mer le quatrièmecorps de l'armée d*AI^ lemagne.

Les princes de la Gonfôdération du Rhin, conformément aux bases omstitutives de cette grande association , devaient dure cause commune avec la France, leur protectrice, dans toutes les guerres qu'elle aurait à soutenir. Ils ftirent engagés dans cette lutte avec d'autant plus de raison qu'elle les concernait personnellement, puisque les armements de l'Autriche avaient toujours eu pour but de soumettre ces princes.

La Bavière, menacée la première, comme la plus voisine de l'empire autrichien, avait conservé ses troupes sur le pied de guerre; elles formèrent le septième corps de la Grande-Armée française; Napoléon lui donna pour chef le maréchal duc de Dantzig.

Les troupes de Wurtemberg formèrent le huitième corps, dont le générai comte d'Unsbourg eut la direction.

Le prince de Ponte-Corvo fut chargé par l'Empereur de se rendre à Dresde pour prendre le commandement de l'armée saxonne qu'il devait orga-

CAMPA0ME m 1809.

idier acms I0 nom de neuvièuid corps.

Le dixième fut composé des troupes wsslpiiaiiemies ; le onzième, de celles qui ie trouvaieat en Dalmatie, sous les erdies du duc de Baguse.

L'armée dltalie» commandée pw le prineaVics-Roifet celle dePologne, aux ordres du prince Poniatowski, conservèrent leur dénomination.

Voici rétat plus détaillé des forces que Napoléon opposait à ràutricbe, dans les difiérents points que ceUe-ci meoaiçait d'une invasion.

Les quatre divisions d'in&nterie et la division de cavalerie légère du prince d'EckmiUil représentaient, avec rartilierie et le génie attachés au troisième corps d'armée . . . hommes £5,000

Le deuxième corps , formé au début de la campagne , et dont le commandement fut donné au maréchal duc de Montebello, fut composé d'abord des dix-huit bataillons de grenadiers du duc de fi^lgio, formant deux divisions sous les ordres des gé« néraux comte Claparèdeet baron Conroux, et montant à dix mille hommes ; de la division du comte Dupas, venant du nord de rAllemagne, et qui s'élevait à quatorze mille cinq cents hommes ; d'une légion polonaise de trois mille hommes, d'une brigade de cavalerie légère de trois mille hommes, aux ordres du baron Colbert , et de deux miUe hommes de troupes d'artillerie et du génie ; total. 32,500

Dans la suite, la division d'infanterie du général Saintr Hilaire, qui avait fait partie ,

A reporter. • hommes. 97,500

BepoH. . hommes, jusqu'à cette époque , du troisième corps d'armée, entra dans la composition du second.

Les quatre divisions d'infanterie du quatrième corps , qui furent encore augmentées des contingents des princes de Bade , de Nassau et de Hesse-Darmstadt, et la division de cavalerie de ce même, corps, sous les ordres du comte Mandas , représentaient, avec l'artillerie et le génie, un ensemble de. . . .

Le septième corps, ou l'armée bavaroise , partagé en trois divisions d'infanterie, commandées par le prince royal de Bavière, le comte de Wrede et le baron Deroi , formait, avec la cavalerie et le génie attachés à chaque division, une masse de

Le huitième corps, ou l'armée wûrtembergeoise, composé de huit régiments d'infanterie , trois brigades de troupes à cheval, avec lartillerie et le génie nécessaires, montait à

Le neuvième corps, ou l'armée saxonne, qui s'organisa un peu plus tard que les autres, fut composé de deux divisions, chacune de trois régiments de cavalerie; de quatre régiments d'infenterie , et de quatre cents hommes d'artillerie ; le tout ensemble représentant

Le dixième corps , ou l'armée du royaume de West-

A reporter. . hommes. 206,100

L'ElimB.

Repori. . hommes. 306,100 phalie, était composé de deux divisions westphaliennes, d'une division d'infanterie hollandaise, et de quatre mille cinq cents hommes de troupes françaises. Ces deux dernières divisions étaient auparavant sous les ordres du prince de Ponte-Corvo , et firent partie de Tarmée de Westphalie , après le départ du prince pour Dresde. L'ensemble de ces troupes montait à trente-un mille trois cents hommes de toutes armes. Mais cette armée n'étant point en ligne , une partie étant en garnison dans les Etils du roi , et les autres dan^ les places de Hambourg, Stettin, Stralsund, Custrin, Glogau, etc., on ne peut la porter ici que pour mémoire.

La réserve de cavalerie, composée des trois divisions de cuirassiers Nansouty , Saint-Sulpice et Espagne , pouvait s'évaluer, avec l'artillerie attachée à ce corps, à. . 15,000 Le total des forces opposées par rEmpereur à l'armée de l'archiduc Charles fut donc de hommes 221,100

Ce qui n'était pas l'équivalent des huit corps dont était composée l'armée du généralissime autrichien. Il faut encore observer que la division Dupas, qui était considérable, ne rejoignit le deuxième corps qu'après la bataille d'Eckmûhl, et que l'armée saxonne ne se mit en marche, et ne commença ses opérations que lorsqu'on était déjà près de Vienne. Ainsi, lorsque l'Empereur obligea les Autrichiens à évacuer la Bavière, à la suite de plusieurs défaites , il

avait trrate-huit à quarante mille hommes de moins que l'ennemi.

L'armée d'Italie, sous les ordres du prince Vice-Roi , Eugène-Napoléon , était composée de quatre divisions d1nfanterie française , d'une division d'infenterie italienne, d'une division de ca-> Valérie légère et de deux divisions de dragons. Cette armée pouvait s'évaluer à soixante-deux mille hommes, en y comprenant l'artillerie et le génie.

Mais une division française tout entière était encore dans le royaume deNaples, des détachements des régiments composant la division italienne tenaient garnison dans différentes places du royaume d'Italie ; le reste était en marche pour se rendre sur l'Adige. En somme, ce qui restait à la disposition du Vice-Roi, au commencement des hostilités , ne montait pas à hommes 45,000

Le corps du duc de Raguse en Dalmatie, qui prit la dénomination de onzième corps, avait une division d'infanterie commandée par le général Clausel, une brigade de cavalerie légère, sous les ordres du général Thiry ; la totalité de ce corps, avec les troupes de l'artillerie et du génie, était de 12,000

Total. . . . hommes 67,000 qui étaient opposés aux deuxième et neuvième corps autrichiens, formant l'armée de l'archiduc Jean.

• L'armée polonaise, sous les ordres du prince Poniatowski, renfermait une division d'infanterie de sept régiments qui, ensemble, ne représentaient pas plus de 12,700 hommes et une division de cavalerie légère de cinq régiments formant à peu près troismilleneuf cents hommes sous les armes. En ajoutant à

ces troupes quatorze cents artilleurs, sapeurs et hommes attachés au génie , on aura, pour l'armée polonaise, un total de dix-huit mille hommes ; ce qui était bien &ible , comparativement au septième corps autrichien, que Tarchiduc Ferdinand conduisait contre le grand-duché de Varsovie.

L'artillerie de la totalité des forces firançaises et alliées était, au début de la campagne, bien inférieure à celle des Autrichiens ; elle consistait en quatre cent vingt-cinq pièces de toute espèce et de tous calibres.

L'empereur Napoléon nomma le prince de Wagram et de Neuchàtel major^énéral de ses armées sur le Rhin et en Allemagne. Ce fut par des lettres du i au 11 mars , datées de Paris, que le Prince fit part de cette disposition aux différents conmiandantsdes corps, et leur adressa les {uremières instructions que leur donnait l'Empereur. En recevant l'ordre de se rendre à Dresde pour organiser l'armée saxonne, le prinoede Ponte-Gorvo futprévenuqu'ii devait mettre en marche la division Dupas et la cavalerie légère de son corps d'armée, et les diriger provisoirement sur Hanovre. Il fut enjoint au prince d'Essling d'avoir son quartier-général , leSO mars, à Ulm, point sur lequel d'autres ordres dirigeaient les difiërentes divisions qui devaient composer son corps d'année. Le prince d'Eckmûhl , dont l'armée avait été cantonnée , pendant l'hiver, dans la Thuringe, en Hanovre, sur la Saale et sur le Mein , qui se trouvait d^à au centre de l'Allemagne, et presque en présence de l'ennemi, reçut des instructions plus dé»

taillées.

« Oest probable», lui fit écrire l'Empereur , .« si l'on en juge par les notions

» militaires et politiques que l'on a re-

» cueillies, que les rassemblements des m*

DE 1809. Ui

» Autrichiens ne seront suivis , de leur » part, d'aucuns mouvements hostiles.

D Néanmoins, en tout état de cause, Sa » Majestéajugéconvenabledevousdon- D ner une direction.

» Le 20 mars, toute votre armée , com- » pris les deux divisions de cuirassiers » qui étaient dans le Hanovre , sera réu- » nie à Bayreuth , Bamberg et Wûrtz- » bourg. U parait convenable et prudent » de faire occuper, armer et approvi* » sionner Cronach , Forchheim et Am* » berg. L'hôpital sera à Wûrtzboui|[.

» Il ne faut point d'embarras à Bayx> reuth ; la prudence veut que les choses » soient disposées de manière à pouvoir » évacuer cette principauté sans perdre B un seul homme, un seul chariot, ni » un seul cheval.

» Dans tout mouvement imprévu tur » Bayreuth, que l'ennemi ferait avec » des forces supérieures , vous ne devez » avoir qu'un but, c'est de manoeuvrer » pour être toujours maître de vous » porter sur le Danube, afin de vous » réunir au prince d'Essling et au duc » de Reggio dont la division de grenaj> diers, ainsi que les cuirassiers du » comte Espagne qui accompagnent » cette division , sont encore jusqu'à ce » moment sous vos ordres. Le duc de » Reggio a reçu des ordres directement » de l'Empereur pour quitter Hanau, » où il a été jusqu'à ce jour, et porter » ses cantonnements à Augsbourg et » sur le Lech. Dans le cas où vous feriez y> le mouvement prévu , vous jetteriez » vos bagages dans la citadelle de » Wûrtzbourg, qui doit être approvi- » sionnée.

» Du âO au 29, vous vous concentre- » rez sur Bamberg avec vos quatre di- )) visions d'infanterie, vos deux divi- » sions de cuirassiers, et vos huit régi- » ments de cavalerie. Vous prendrez » position à Bamberg , la droite tirant

MS

Ï/EMPIRK.

D vei'S le Danube. La gauche de l'année » bavaroise est à Straubing; tous vous » mettrez en communication avec elle 7i par voire droite.

» L'intention de TEmpereur est que ï) la division Priant reste dans le pays de » Bayreoth; la division Morand, àBam- » berg ; la <fivîsion Gudin , à Nuremberg » et Amberg. Votre cavalerie légère » sera placée dfe manière à observer j) tous les débouchés de la Bohême sur »VA!lemagne, depuis Egra jusqu'à » Cham et Ried , où s'étendent les pos- » tes de la cavalerie bavaroise. Quant à » la division Saint-Hilaîre , et aux deux » divisions de grosse cav^erie , vous les » jetterez en seconde ligne vers le Da- » nube , entre Nuremlxîrg et Ingol- » stadt , de manière que ces corps D n'aient aucun point de contact avec » l'ennemi.

» Si les mouvements des Autrichiens Ti continuaient h inquiéter la famille » royale de Dresde, et si elle voulait se » retirer à Leipsig, ou sur le Rhin , ce » serait une chose assez avantageuse; » et vous prendriez des mesures pour v> protéger sa maix^e. Cette retraite » rendrait le prince de Ponle-Cor\'0, » chargé du commandement de Tarmée » saxonne, plus libre de ses mouve- 1» ments. Au reste , il ne faut ri( n faire » de prématuré. D'(^pfè5 Topinion de rt TEmpereur, il n*y a aucune probabi- » lité que les Autrichiens veuillent enn treprendre quelque chose d'olTensif.

i> Cependant, m des circonstanecs im- » prévues démentaient oe pronostic , il » serait convenable que la famille royale j) se repliât sur Leipsig, puisque l'armée D saxonne pourmC être dans le casd'éh vacuer Dresde.

» S'il arrivait quelque chose d'im- 9 prévu , vous en préviendrez , sans y> perdre de temps, te eonmiftndant de 1^ IfaBdebaurg et le toi d» WMlpteKe.

» Voici maintenant la position de » l'armée :

» Le corps du prince d'Esslîng, à )) Ulm ;

» Le duc de Reggio et la division de » cuirassiers du comte Espagne, à Augs- » bourg;

)) Les troupes de Wurtemberg , sous » les ordres du général comte d'Uns- » bourg, à Haal, Erlangen et Neres- » heim ;

ï) L'armée bavaroise , sous le com- » mandement du maréchai duc de Dan- » tzig, à Straubing , Landshut et Munich .

» En cas d'événement et d'attaque » inopinée de la part de l'ennemi , vous » marcherez sur ces corps ; et ils sont » prévenus de marcher sur vous, les uns » en se portant en avant , les autres en T) rétrogradant de leur position actuelle, » de manière que votre réunion s'opère, » soit sur Ingolstadt, soit surDonauî) werth. Vous sentez bien que vous ne » seriez pas rendu à cette position , que » l'Empereur y serait arrivé. Ce mouvo- » ment concentrique réunirait plus dv n cent quatre-vingt mille hommes, » maîtres de manœuvrer sur l'une et » sur l'autre rive du Danube , couverts » sur la rive droite de ce fleuve par le )> Lech , et sur la gauche , par la Reid- )> nitz. »

Les ordres furent donnés en même temps pour augmenter les fortifications de Passau sur le Danube, réparer les têtes de pont 5ur le Lech , et armer la ville d'Augsbourg. Des ingénieurs-géographes furent envoyés pour reconnaître les frontières de la Bohème , du côté de la Bavière. Toutes les mesures nécessaires furent prises pour ôter à l'ennemi l'envie d'attaquer le premier, ou , s'il prenait à cet égard l'initiative, pour le laire repentir de sa décision. En général , le pian de l'Empereur était de «onœtttreraesfiMPcaBentfe Je Ledi^ Je

Banube , quel que ffti le point par où les Autrichiens déboucheraient.

On pouvait avoir quelque inquiétude sur le Tyrol , pays qui n'était cédé par l'Autriche à la Bavière que depuis le traité de Presbourg en 1805, et qui ren* fermait encore nombre de partisans et de créatures de ses anciens souverains.

L'Empereur jugea convenable de prendre des précautions qui furent expliquées dans une lettre du prince Majorgénéral au roi de Bavière , en date du 91 mars :

« Sire, rEmpereur m'a autorisé à » avoir Fhonneur d'écrire à Votre Ma- V jesté pour lui dire qu'if est probable » que les armées resteront quelque » temps à s'observer dans les positions B où elles vont se trouver. 11 paraît im- » possible que l' Autriche soit prête » avant la fin d'avril , d'autant plus que 9 la Russie a déclaré que si la moindre B hostilité avait lieu , eNe ferait entrer » en Autriche les troupes qu'elle a sur » les confins de ce pays. Mais , Sire, > l'Autriche peut profiter du temps où » Von s'observera pour fomenter des » troubles dans le Tyrol et dans la BSouabe, afin d'obliger (fy envoyer • des troupes, et d'aflhiUir d'autant j) notre armée principale, au moment » où elle pourrait avoir l'intention d'es- )» sayer une attaque vive et imprévue.

» L'Empereur désirerait, Sire, que B Votre Majesté ordonnât qu'il fût levé B sur-le-champ dans ses États douze 9 bataillons de milice , formant qua- B rante-huit compagnies , dont huit ba- B tttllons seraient dirigés sur Inspruck, B pour la défense du Tyrol, un batail- B Ion pour Porchheim , un pour Am- B berg, un pour renforcer la garnison B de Passau, enfin un pour Kufstein.

» L'Empereur a aussi demandé au roi B de Wurtemberg et au grand-doe de »Bate) pour le méoie objet,' qtatn»

» bataillons . afin de les placer sur les » frontières du Tyrol , et de marcher, )> en cas de besoin, au secours de vos » troupes dans cette province. Si la B guerre se déclare, l'Autriche aura » trop à faire ailleurs, pour entrepren- B dre rien de sérieux dans le Tyrol ; et, » dans le cas où notre armée marcbe- » rait en avant, ces milices se por* B teraient sur Sahbourg , et procure- » raient l'avantage de maintenir les der- » rières.

B L'Empereur vient en outoe d*or- » donner qu'il serait formé plusieurs » bataillons de milice en Italie pour ser« B vn* à la défense du Tyrel. »

Ces sages mesures n'étaient pas encore exécutées , lorsque les Autrichiens commencèrent les hostilités, ce qui leur laissa la liberté de feire de rapides progrès dans le Tyrol. Les Bavarois n'avaient, dans ce pays, que deux régiments d'infenteriede ligne , tin d'infanterie légère , et un régiment de dragons, qui étaient répartis à TVcnte, h Brixen et à Inspruck , sous les ordres du général Klînkel. 11 est vrai qu'un régiment d'infettterie française, qui marchait de Brescia sur Augsbonrg, passant par le Typol , se joignît à ces troupes, dont le total s'élevait à peine à sept mille hommes.

En Italie, le Vice-Roi avait fait concentrer, dans le Frioul , les divisions dlnfanterie des généraux comtes Broussier et Serras , avec sa cavalerie légère ; la première division d'infenterie sur b Ledra; la seconde entre Udinc et Cividale. C'était dans ces positions qu'il attendait le parti que prendraient les Autrichiens. Derrière ces premières troupes, s'avançait la division du général Grenier, avec les dragons du-comte Grouchy ; elle avait l'ordre de passer le Taglîemento. Mais les renforts qu*at- \m(kA\ Tarmée française de Pîméneor

L'EMPIRE

de lltalie et du royaume de Naples, étaient encore loin de TAdige. Il en résultait que le Yice-Roi était forcé de se maintenir sur la défensive vis-à-vis de Farchiduc Jean , qui fut renforcé , dès les premières opérations , par trentetrois bataillons, formant vingtrsix mille hommes de la Landwehr de la Garinthie, de la Camioleetde llstrie.

Le duc de Raguse occupait la Dalmatie et avait son quartier^général à Zara, capitale de cette province ; il était en mesure de se défendre, et il attendait Tattaque de l'ennemi. En Pologne, le prince Poniatowski était, avec sa petite armée , dans un camp retranché sur la rive droite de la Vistule, à peu de distance de Varsovie, attendant que les mouvements des Autrichiens décidassent de ceux qu'il ferait lui-même pour s'opposer à leurs projets.

Telle était la situation des corps français, lorsque le 10 avril, le généralissime autrichien, avançant l'époque à bH quelle, suivant toute vraisemblance, il devait exécuter son mouvement, passa rinn , et entra dans le royaume de Bavière , après avoir écrit au Roi pour le prévenir qu'il ouvrait la campagne , et pour l'engager à se joindre à lui contre la France. Toutes les opérations correspondantes avec celles de l'archiduc Charles , en Italie , en Tyrol et en Pologne, conunencèrent le même jour.

L'opération de la Pologne fut exécutée par les Autrichiens, sur une seule ligne. L'archiduc Ferdinand passa, le Ik avril, la Piliça, près de Novemiasto, sans aucune résistance. Le 17, son avanir-garde rencontra, pour la première fois, des postes ennemis à Pietrikosi, et les culbuta. Le prince Poniatov^ski concentra ses forces et prit, le 19, une position avantageuse à Ruszow. Il y atteikUt l'attaque des Autrichiens; mais,

céder du terrain après la plus vigou* reuse résistance. Le général polonais se replia sur son camp retranché près de Varsovie. L'archiduc Ferdinand le suivit pied à pied, et le cerna dans ses lignes. Alors le prince Poniatowski ne voulant pas exposer la ville de Varsovie à une ruine certaine, prit le sage parti de remettre, le 23 avril, cette place, par capitulation, à l'armée autrichienne. Il se retira à Praga , de l'autre côté de la Vistule, où il attendit que les nouvelles de la Grande-Armée décidassent de ce qu'il ferait ultérieurement.

L'archiduc Jean , chargé des opérations contre les troupes françaises et alliées qui occupaient le Tyrol, le Frioul et la Dalmatie , divisa son armée en trois corps. Une division de huit mille hommes , faisant partie du huitième corps autrichien, fut dirigée sur le Tyrol, sous les ordres du lieutenantgénéral comte de Ghasteler. Une division à peu près de même force, commandée par le général Stoichevich , et prise dans le neuvième corps d'armée, fut délachée en Dalmatie. Enfin , l'arv chiduc Jean prit lui-même le com* mandement de la colonne principale qui s'avança sur le Frioul par Ponteba, Gividale et Goriza.

L'invasion du Tyrol fut heureuse pour les Autrichiens. Le général Ghasteler entra dans ce pays par Lientz et la vallée de Pusther ; le 12 avril, il porta sou quartier^énéral à Brunecken, Les habitants du Tyrol, faciles à exalter, et tenant, par une ancienne habitude, à la domination de l'Autriche, se soule-^ vèrent en masse à l'approche de ceux qu'ils regardaient comme des libéra-^ teurs. Parmi les gens ardents qui parurent à leur tête , se distingua, dès les premiers moments, un aubergiste nommé Hofer. Les troupes bavaroise»

qui m traivaieiit lépandiMi 4u» o»

CAUFA6MB

pays furent assaillies, enveloppées.

Quelques détachements furent massacrés, d'autres contraints de mettre bas les armes.

Le général bavarois qui commandait dans Inspruck fut forcé de capituler, le 13 avril, avec le major Teimer, chef des Tyroliens; il se rendit prisonnier avec la garnison , après avoir soutenu plusieurs jours une chaude attaque. A la &veur de Tinsurrection , le général autrichien poursuivit sa marche sans obstacle, et entra, le 13, à Brixen. Le 15, il établit son quartier^énéral à Inspruck. La forteresse importante de Kufstein , que les insurgés ne purent pas attaquer régulièrement, fût bloquée par eux. Le 17, le général Chasteler, pensant à établir sa communication avec Tarmée de Tarchiduc Jean , envoya des détachements dans la partie méridionale du Tyrol , et bientôt s'y porta lui-même.

Après quelques combats contre une division française , composée de cinq régiments qui avaient été détachés de l'armée d'Italie, sous les ordres du général Baraguey-d'Hilliers, les Autrichiens se rendirent maîtres de Botzen, le 21 avril ; de Trente, le 22 , de Roveredo, le 25. Cette dernière ville fut occupée à la suite d'une action très vive qui eut lieu à Volano, entre les Autrichiens et les Français. Le général Chasteler s'arrêta à Roveredo , où il reçut, quelques jours après, la nouvelle des revers de l'archiduc Charles en Bavière.

La colonne autrichienne envoyée contre la Dalmatie eut d'abord quelques légers succès, lesquels, joints à ceux que l'archiduc Jean avait obtenus en Italie, donnèrent à ce prince une aveugle confiance : il fit sommer le duc de Baguse , commandant les troupes françaises en Dalmatie, de rendre les armes. Le général français reçut cette somma-

DE 1809. %m

tion avec l'indignation qu'elle devait lui inspirer. Mais, dans l'incertitude des événements, il concentra ses troupes, et les mit sous le canon de Zara, où il attendit des nouvelles d'Allemagne , et des ordres pour régler sa conduite.

Pendant que les détachements de l'archiduc Jean agissaient suivant la direction qui leur était prescrite, ce prince s'avançait lui-même sur l'armée française d'Italie. Un détachement autrichien , commandé par le colonel Wolkmann , déboucha par la vallée de la Fella , et se porta sur Yenzone, en avant duquel la division du comte Broussier avait pris posiUon. Après um forte fusillade, les Français se retiré* rent.

Le plan du Vice-Boi n'était pas de disputer avec beaucoup d'acharnement le terrain en avant du Tagliamento.

L'archiduc Jean suivait le colonel Wolkmann sur deux colonnes ; l'une, composée du huitième corps, était de quinze bataillons et de seize escadrons; la seconde , formée de dix-huit bataillons et de vingtrdeux escadrons du neuvième corps d'armée, était à une marche derrière la première. Le 11 avril , les Autrichiens occupèrent Cividale ; le 13, l'archiduc Jean eut son quartiergénéral à Udine, où il réunit son armée. Les divisions des généraux français Broussier, Grenier et Serras, se retirèrent derrière le Tagliamento, qu'elles passèrent à Dignago et Codroipo.

Le 15, l'armée autrichienne franchit cette rivière et se porta sur Pordenone; son avant-garde eut, près de cette ville, un engagement avec l'arrière - garde française qui suivait la route de Sacile.

Le prince Vice-Boi avait pris position en avant de Sacile, à Fontana- Fredda, où il attendait l'ennemi. Il avait placé la division Serras à droite, près de Tamw ; ,1a division Grenier

L'BliPIEE.

était au centre à Fonlajaa-Fredda; la division Broussier à gauche, vers Vigo- Novo. Les deux armées étaient a peu près égales en infanterie; mais les Au> trichiens avaient une supériorité très marquée en cavalerie. Les Français atr laquèrent l'ennemi par sa gauche, qui était à Porzia, le 16, à huit heures du matin. Le combat s'étendit bientôt sur toute la ligne , et se prolongea sans audm avantage décidé , jusque vers cinq heures du soir. Enfin les Autrichiens remportèrent par le nombre de leurs troupes à cheval qui s'étendirent dans la plaine de Vigo-Novo. Le Yice^Roi fit sa retraite en bon ordre et sans être pourauivi par l'ennemi, auquel il avait &it payer cher la victoire.

ls$ Français passèrent tranquillement la Piave le 19 ; les Autrichiens n'arrivèrent sur cette rivière que le 23. Le même jour, l'archiduc Jean porta son quartier-général à Trévise et fit bloquer Palma-Nova , où le Vice-Roi avait jeté trois mille cinq cents hommes de garnison. L'armée française se retirait surVicence. Le 27, le prince Vice-Roi mitson quartie^général à Caldiero, à peu de distance de Vérone , sur la rive gauche de l'Adige. 11 concenti'a son armée dans cette forte position, où il fut joint par des renforts venus de l'intérieur du royaume d'Italie, et par la division du général Lainarque qui sortait du royaume de Naples. Le duc de Tarente, qui devait prendre le commandement de la moitié de l'ai"mée française d'Italie , arriva aussi de France, pendant qu'on était campé à Caldiero.

L'ennemi, de son cOté , était campé derrière Saint-Bonifacio rt Villa-Xova, ayant son avant-garde sur l'Alpon. Le Vice-Roi était déjà assez fort à cette époque pour reprendre l'offensive sur les Autrichiens. Il s'y préparait , lors-

que les nouvelles des victoires de Tenobpereur Napoléon, en Allemagne, qu'il reçut le 29 , le décidèrent à se porter en avant sans plus tarder.

Les succès des Autrichiens dans les parties éloignées de celles où devait agir leur armée principale , n'étaient que des avantages éphémères ; ils ne prenaient de l'importance qu'autant que la victoire se déciderait aussi pour eux au centre de leurs opérations; dans le cas contraire, ils devaient se transformer en revers. L'Archiduc généralissime , pénétré de cette vérité , avait réuni sur son centre des forces assez imposantes pour faille espérer des succès semblables à ceux qu'obtenaient ses ailes. Cependant, dès le début de la campagne, les mouvements des Français, très différents de ceux que l'Archiduc prévoyait, avaient déjà forcé ce prince à changer ses premiers plans.

La majorité de ses forces devait d'abord déboucher de la Bohême , et se porter , par la rive gauche du Danube, sur le centre de l'Allemagne , tandis que l'invasion de la Bavière, confiée à un seul corps d'armée , devenait une opération secondaire. Mais la concentration des forces fmnçaises et alliées , entre le Danube et le Lech, ordonnée par l'empereur Napoléon, et la marche rapide des différents corps vers les points qui leur étaient désignés dans cet intervalle , firent juger à l'archiduc Charles, qu'en suivant son premier projet il exposait le corps du général Hiller, destiné pour la Bavière, à être accablé par le gros de l'aj^niée française, qui ne naanquerait pas de se porter sur ce général par Landshut, et qui ensuite le prendrait lui-même à revers en se rapprochant du Danube à Straubing.

Pour ne point s'exposer à des pertes de détail qui compromctti^ient le sort

Wî

de It campagne, TArcbiduc résolut de porter directement au-devant de Fennemi la plus grande partie de son armée, et de prendre sa ligne principale d'opérations sur la rive droite du Danube, entre riser et ce fleuve, dans la direction de Ratisbonne. Son grand but était d'occuper cette ville, avant que les Français n'eussent eu le temps de s'en emparer, et d'y réunir à lui deux corps d'armée qu'il laissait en Bohême, et qui devaient se mettre en mouvement en même temps que lui, pour opérer cette jonction en traversant le Haut-Palatinat.

Avec des moyens aussi formidables , l'Archiduc se flattait dedominerlesdeux ri^es du Danube depuis Ratisbonne jusqu'à Donawerth, ce qui le rendait maître de la Bavière, et lui ouvrait la Souabe et laFranconie ; mais il espéra surtout ( ce qui était de la plus grande importance pour lui) empêcher la jonction des corps français qui se trouvaient sur la rive gauche du Danube, avec ceux qui étaient déjà sur la rive droite , ou qui y arrivaient.

En conséquence de ce nouveau plan, le généralissime autrichien se décida à ramener six corps de son armée , savoir, les troisième , quatrième , cinquième et sixième, et les deux corps de réserve sur l'Inn, qu'il passa à Braunau et à Scharding , le 10 avril , en même temps qu'il donna Tordre aux premier et deuxième corps, qui étaient restés en Bohême, de déboucher sur le Baut-Palatinat. Un détachement de huit bataillons et de huit escadrons, sous les ordres du général Jellachich, passa rinn à Salzbourg , et fut dirigé sur Munich. Un autre détachement de trois bataillons et d'un escadron de hussards fut envoyé à Passau sous la conduite du général Dodovich, pour occuper la ville et cerner la forteresse d'Oberhausfi.

La marche de Tannée autrichienne fut très lente, à cause des pluies et des mauvais chemins. Les Bavarois qui, au premier bruit de Tin vasion de leur pays, avaient abandonné Tlser, eurent Tordre d'y revenir, et la division l^avaroise du général Deroi prit position à Landshut. L'armée autrichienne n'arriva sur Tlser que le 16 avril; et l'archiduc Charles se porta lui-même à Landshui, avec quatre corps d'armée, pour forcer le passage. Le corps du général Hiller reçut Tordre de se diriger sur Mosbourg, afin de couvrir la route de Munich et d'empêcher que rien, de ce côté, ne pût faire diversion au passage de Tlser à Landshut. Le corps du prince de Rosemberg eut Tordre d'aller passer TlseràBingelsingen, et d'envoyer des partis sur la route de Landshut à Ratisbonne.

Après une assez vive résistance , les Bavarois postés à Landshut durent céder à des forces très supérieures, et firent leur retraite en bon ordre. Cette division exécuta son mouvement rétrograde sur Pfaffenhausen pour aller se réunir au reste de Tarmée bavaroise qui se concentrait derrière TAbens. La division du comte de Wrede était partie le 12 avril de Straubing, pour se transporter au rendez-vous général. La division du prince royal de Bavière avait quitté Munich le 13, et s'était dirigée sur Abensberg par Freiding et Pfaffenhofen. Le roi de Bavière avait quitté Munich le 11, pour se rendre, avec sa famille, à Dillingen,en Souabe.

La capitale de la Bavière se trouvant abandonnée, le général Jellachich y entra sans résistance le 16 avril, le même jour que l'Archiduc passa Tlser à Landshut. Les Autrichiens, qui avaient cru d'abord attacher à leur cause le roi de Bavière, et qui avaient trouve dans 1«

L'EMPIRE

monarque un allié inviolable de Napoléon, espérèrent ensuite , mais avec aussi peu de succès, se faire des partisans parmi les Bavarois. Ceux-ci, attendant rheure de la vengeance, ne montrèrent que de Téloignement pour d'anciens ennemis qui s'efforçaient de les séduire. Les Autrichiens virent qu'ils ne devaient compter que sur la force pour venir à bout de leurs des* seins.

À la même époque où Tarcbiduc Charles était entré en Bavièreet avait occupé le pays entre llun et User , le premier et le troisième corps de l'armée autrichienne, quele comte de Bellegarde commandait, étaient sortis de Bohème, savoir, une colonne par Egra et Tirschenreût, l'autre par Haid et Rosshaupt, pour se porter à Weyden surla Nab, et s'avancer ensuite parHirschau, Amberg et Neumark sur Ratisbonne , où devait s'opérer leur jonction avec les autres corps de la grande armée autrichienne.

Cependant la nouvelle de l'invasion de la Bavière par les ÂuUîchiens était parvenue promptement au quartiergénéral français à Strasbourg. Aussitôt le prince Major-général avait écrit à l'Enipereur pour lui rendre compte des premières dispositions qu'il avait faites en attendantes ordres de Sa Majesté.

tt Sire , à l'instant je reçois une lettre )) du duc de Reggio , qui en contient )) une du 9 avril , du duc de Dantzig , » par laquelle le Maréchal dit : Je » m*empresse de vous donner avis , mon » cher général, que L'ennemi a déclaré » la guerre, et qu'il est sur le territoire » bavarois : il a commencé ce matin le » passage de CInn , près de Braunau ; je » vais me replier sur Munich , Dachau » etAugsbourg. Je compte toujours, mon » cher général , sur votre cavalerie, en n arrière de, l^achau.

» L'ennemi , Sire , en passant llnn » à l'improviste , nous a prévenus.

» Dans la situation des choses , voici à » quoi je m'arrête:

» Je donne au prince d'Essling le » commandement du corps du duc de » Reggio, des Bavarois , des Wûrtem- » bergeois , et de toutes les troupes sur » la rive droite du Danube. Je lui ot- » donne de porter son camp sur le » Lech.

» Je préviens le duc de Dantzig que » la division bavaroise qui esta Strau- » bing doit &ire son mouvement sur » Ingolstadt. Quant aux deux autres » divisions , leur mouvement est déjà » commencé sur le Lech , conformé- B ment à vos premières intentions.

» Je donne au prince d'Eckmûhl le » commandement de toutes les troupes » qui sont sur larivegauche duDanube; » je lui ordonne de se réunir sur In- » golstadt, où se replierontaussi la di- » vision du général Saint-Hilaire et la D cava]erie,si lescirconstances l'exigent.

» Je préviens le prince d'Eckmûhl du » commandement que j'ai donné au » prince d'Essling. Je lui annonce que » le quartier-général sera à Dona- » werth , et que c'est sur ce point que » les armées se réuniront.

» J'expédie un courrier au prince de » Ponte-Corvo, pour le prévenir que » la réunictn de l'armée se fait à Ingol- » stadt et Donawerth.

» J'écris au roi de Westphalie pour » le mettre au fait de tout ce qui se » passe.

Dans deux heures je pars pour » Donawerth. Je donne l'ordre à l'in- » tendant généralet au commandant en » chef de rartillerie de m'y suivre. C'est » donc là que j'attendrai les ordres de » Votre Majesté. »

Le prince Major-général arriva effectivement à Donawerth le 13 avril; et

il œ tarda pas à y recevoir les prenùè- i à se retirer. Le lendemain , il se reporta res instructions de TEmpereur, par lesquelles Napoléon ayant pénétré,

d'après les notions qu'il avait eues de la marche de Tennemi, les intentions de Tarchiduc Charles sur Ratisbonne , faisait prescrire au prince d'Eckmiihl de concentrer sous les murs de cette ville toutes les troupes de son commandement. La position des Bavarois fut fixée derrière l'Abens , où ils s'étaient repliés. Le prince d'Essling, à la tète de son corps d'armée, dut occuper la droite d'Augsbourg, et le duc de Reggio la gauche. Les troupes wûrtembergeoises qui étaient encore en marche reçurent Tordre de se porter à Rain , position intermédiaire entre Donawerth et Augsbourg.

En marchant pour exécuter Tordre qu'il avait reçu , le prince d'Eckmûhl devait se croiser avec les corps ennemis qui avaient débouché de la Bohème.

Le général comte Priant , dont la division faisait Tavant-garde du troisième corps de Tannée française, rencontra effectivement Tennemile 11 avril, à quelque distance d'Hirschau. Il y eut un engagement , et les Français forcèrent les Autrichiens à se replier sur Hirschau que Tennemi se mit en mesure de défendre. Mais le général Priant Ty laissa et continua sa marche sxir Amberg. Ce général se dirigea ensuite à droite versNeumark, pour se rapprocher des autres divisions du corps dont il faisait partie. Les Autrichiens occupèrent Amberg.

Cependant , pour couvrir et masquer les mouvements du troisième corps et pour gagner du temps , le général Priant jugea convenable d'attaquer, le 13, les Autrichiens à Amberg. Il les poussa sur cette ville; mais Tennemi étant en force dans le voisinage, envoya de nouvelles troupes , ce qui engagea le comte Priant

de nouveau sur Tavant-garde autrichienne , par la route de Neumark à Amberg. On combattit toute la journée.

A chaque instant , Tennemi recevait de nouveaux renforts. Le général Priant se replia sur Neumark, après avoir rempli son but, qui étaitd'attirer l'attention des Autrichiens sur le point d' Amberg, et d'arrêter leurmarchesur Ratisbonne.

En effet , les Français prévinrent Tennemi sur ce point important ; le prince d'Eckmûhl occupa, le 15 avril, Ratisbonne et Stadt-am-Hof , sur la rive gauche du Danube. Le général Priant vint Ty rejoindre le lendemain.

Toute l'armée se trouvait dans les diverses positions qu'il lui avait été ordonné de prendre , lorsque Napoléon arriva , le 17, avant midi, à son quartier-général à Donawerth. Comme les mouvements de Tarchiduc Charies, à cette époque , annonçaient positivement l'intention de se porter entre Ratisbonne et Ingolstadt , pour intercepter la communication du prince d'Eckmûhl avec les Bavarois, et que Ton avait acquis la certitude que la grande majorité des forces autrichiennes était sur la rive droite du Danube, l'Empereur attachait moins de prix à l'occupation de Ratisbonne, qu'à la concentration de ses forces. Il ordonna en conséquence au prince d'Eckmûhl de quitter son camp de Ratisbonne, en laissant seulement un régiment en garnison dans cette ville, et de se rendre à Neustadt. Il fut enjoint au duc de Dantzig de réunir tous les Bavarois, et de se rendre à Pfaffenhofen et Bibourg, entre TIser et Neustadt, pour manœuvrer dans cette direction et pour cx)ntenir les colonnes ennemies qui débouchaient par Landshut et Preysing.

Le prince d'Essling, ayant en avantgarde le corps du duc de Reggio, dut

KO

L'EHPIBE,

arriver sur Aicha et Pfaftenhofen , et le comte d'Unsbourg, à la tète des Wùrtembergeois , fut appelé à Neubourg. Les divisions de cuirassiers qui, au moment de l'arrivée de l'Empereur à l'armée, formèrent de nouveau la réserve de cavalerie, dont le commandement fut donné au maréchal duc d'Istrie , furent dirigées sur Ingolstadt.

Tous ces mouvements avaient pour but de rassembler l'armée sous la main de TEmpereur, et de mettre Sa Majesté en mesure de porter un coup décisif partout où l'ennemi se trouverait en défaut. La multiplicité aussi bien que Tincertitude des mouvements des Autrichiens à cette époque , donnaient lieu de conjecturer qu'ils tomberaient dans le plége que Thabileté de Napoléon leur tendait.

Les têtes de colonnes de l'ennemi approchaient du Danube. L'Archiduc manœuvrait dans le but d'occuper les défilés d'Abbach etdePostsaal, position par laquelle il aurait débordé le flanc droit du prince d'Eckmùhl, en même temps que le flanc gauche des Bavarois, et séparé ces deux corps. Il avait rassemblé autour de lui, par des marches forcées, les troisième et quatrième corps de son armée, et le premier corps de réserve. Le 19 avril , au matin , il porta son quartier-général à Kloster- Rohr, village à peu de distance d'Abensberg , sur la route de Landshut à Ratisbonne.

Le cinquième corps de l'armée autrichienne , sous les ordres de l'archiduc Louis, était à Siogenbourg, à trois lieues derrière son frère, et le sixième, sous les ordres du général Ililler , encore plus au sud. Ce dernier corps avait sa tête à Mainbourg , et descendait, en échelons, jusqu'à l'Iser. Il était destiné à couvrir le flanc gauche de Tannée et à maintenir la communica-

tion avec Landshut , pendant que Ter»

chiduc Louis tiendrait en respect le^ Bavarois et les empêcherait de mettre obstacle au mouvement de T Archiduc généralissime, sur les défilés d'Abbach,

Dans cette situation , la marche de flanc qu'exécuta le troisième corp$ français pour se réunir aux Bavarois sur TAbens, occasionna des rencontrer avec Tennemi. Le 19, le prince d'Eckmùhl était en mouvement sur quatre colonnes pour se porter à Abensberg; la tète de la troisième colonne , qui était formée par la quatrième division d'infanterie de son corps d'armée, et qui avait pris la route par Paifing , fut attaquée à la hauteur de Thann.

La deuxième division, celle du comte Priant, qui composait la seconde colonne, ayant été retardée par les mauvais chemins, entra en ligne avec la quatrième. Pendant toute la journée, ces deux divisions soutinrent l'effort du troisième corps de Tarmée autrichienne et d'une partie du premier corps de réserve de grenadiers et de cuirassiers ; ils se maintinrent daûs une bonne position qu'ils avaient prise à la pointe d'un bois entre Thann et Hausen. Plusieurs régiments autrichiens perdirent leurs commandants; les généraux princes Louis et Maurice Lichtenstein, le général Lusignan, furent blessés à cette afiaire; ainsi Tarchiduc Charles, éprouvant du retard dans sa marche, manqua les défilés dont il voulait se saisir, et la réunion du troisième corps français avec le septième s'efiectua dès le soir même. Cette réunion prépara dès lors de grands événements.

L'empereur Napoléon était à Ingolstadt le 19. Sa Majesté envoya Tordre au prince d'Esshng , qui arrivait sur Pfafienhofen, de faire filer des renforts sur Abensberg, de marcher avec le gros de soii corps d'armée dans la direction

CAMVAONB DE 1809.

de Landshut, et de tâcher de s'empa^ rer d'un pont quelconque sur Flser.

Cette opération avait le double but de lier la partie de Tarmée qui arrivait du côté du midi avec celle qui venait du côté du nord, et de menacer la ligne de communication ainsi que la retraite de l'ennemi. Pour exécuter oet ordre , le prince d'Essling se dirigea sur Freysing; et il fit continuer la marche du duc de Reggio sur Pfaffenhofen, d'où ce général devait se porter à Geissenfeld. Afin d'assurer au pont de Wohlbourg, sur le Danube , un passage pour les troupes du prince d'Eckmûhl, l'Empereur détacha lé comte d'Unsbourg à la tète du huitième corps, avec ordre de se porter au devant de ce pont , au débouché de la vallée de llunchmûnster. Le duc de Dantzig, qui occupait ce poste , devait le céder au comte d'Unsbourg, et se porter au devant de rennemi avec toutes les divisons bavaroises réunies.

En arrivant le 19 à Pfaffenhofen, le duc de Reggio attaqua et culbuta un détachement autrichien qui gardait ce poste. Ce détachement appartenant au corps d'armée du général Jelîachich, était le seul que l'ennemi eût jeté dans l'intervalle de douze lieues qui se trouvait entre l'extrême gauche de l'armée autrichienne postée à Mainbourg, et le général Jelîachich lui-même qui occupait Munich.

Ces petits combats n'étaient que le prélude d'opérations d'une haute importance , dont la justesse et la rapidité déconcertèrent les projets de l' Autriche. Le combat de Tlrnnn avait réuni Faile gauche et le centre de la Grande- Armée française ; l'occupation de Pfaffenhofen avait rapproché l'aile di^oite et l'avait mise en ligne.

Le premier de ces combats avait fait échouer le principal dessein de l'Archi-

duc généralissime ; mais sa ligne de bataille restait encore intacte. Elle commençait à Eglofsheim , près de Ratisrbonne , et se prolongeait en remontant par Luckepoint et Siegenbourg jusqu'à Mainbourg, presqu'en face de celle des Français, qui partait de Ratisbonne et s'étendait en remontant par Abbach et Abensberg jusqu'à Pfaffenliofeu. Le quartier-général de l'archiduc Charles était, dans la nuit du 19 au 20, à Eglofsheim ; celui de l'empereur Napoléon, à Wohbourg. Les centres des deux armées, près d' Abensberg, étaient fort rapprochés; mais la partie de l'armée autrichienne qui se trouvait sur ce point n'était que l'extrémité gaudie da centre de sa ligne.

Napoléon ayant pris une connaissance détaillée du terrain et de la position des Autrichiens , résolut de couper , pai' une manœuvre décisive, l'aile gauche de l'ennemi et de l'isoler du centre. Cette aile gauche était formée du cinquième corps , sous les ordres de l'archiduc Louis ; du sixième, sous le commandement du général Hiller ; et du deuxième corps de réserve commandé par le général Kienmayer. Une telle manœuvre , si elle réussissait , conduisait les Français à Landshut, sur la ligne d'opérations de l'ennemi et au milieu de ses magasins.

Abensberg, qui se trouvait être le point de départ de l'attaque projetée , est situé sur la rive droite de la petite rivière d'Abens qui se jette dans le Danube à peu de distance de cette ville.

Le terrain qui environne Abensberg étant inégal et coupé de bois, permet de cachera l'ennemi les mouvements d'une armée. Abensberg se trouvait dans une situation à peu près centrale, entre l'extrémité de la gauche du centre des Autrichiens, placée àHausen, et la tête de leur aile ^ucbe qui était

fl»

L*BMnBB.

à Siegenbourg , poussant des postes jusqu'à Kloster^Rohr. Les troupes qui occupaient les positions de Siegenbourg , étaient celles qui composaient le cinquième corps autrichien; et ce corps avait derrière lui, à peu de distance, sur les hauteurs de Lutmannsdorf , le deuxième corps de réserve.

C'est contre ces deux corps que Napoléon dirige son attaque. L'Empereur ôte au prince d'Eckmûhl les première et troisième divisions d'infanterie et deux régiments de chasseurs, qu'il met sous les ordres du duc de Montebello.

Il ordonne à ce maréchal de se porter, par Kloster-Rohr , sur Hausen , de refouler vers le Danube tous les postes de l'armée de l'archiduc Charles qu'il trouverait dans cet intervalle, d'intercepter la communication entre ces corps ennemis et ceux de l'aile gauche, etd'empôcher absolument le généralissime autrichien de poiter des secours à son frère. Pour mieux contenir encore l'archiduc Charles , l'Empereur fait passer au prince d'Eckmûhl l'ordre de l'inquiéter sur son front avec les divisions qui lui restaient.

Les instructions du prince d'Essling portaient de faire remonter le corps du duc de Reggio par Au, pour concerter ses opérations avec la gauche de l'armée; et, quant à lui-même, d'accélérer sa marche sur Freysing et Mosbourg.

Cependant Napoléon réunissant sous son commandement immédiat les troupes bavaroises et celles du Wurtemberg, parle à ces soldats, les encourage , les échauffe , et fait passer dans leur àme cette confiance sans bornes qu'il inspirait aux Français. Il les mène immédiatement à l'ennemi , attaque de front les Autrichiens à Siegenbourg , avec la division bavaroise du comte de Wrede , et dirige le comte d'Uns-

bourg, avec les Wflrtembergeois , sur le flanc droit de l'ennemi. En même temps, il envoie le duc deDantzig, à la tête de deux autres divisions bavaroises , sur Rothenbourg , dans la direction de Landshut , pour tâcher de déborder le sixième corps autrichien posté à Mainbourg , et de l'envelopper dans la défaite du cinquième.

Après quelques heures de résistance, l'archiduc Louis est complètement battu. Il perd quatre mille hommes, plusieurs drapeaux, dix pièces de canon. Ce prince fait d'abord sa retraite sur le corps de grenadiers de réserve placé derrière lui. Mais bientôt il est obligé de reculer vers l'Iser, où il est recueilli par le général Hiller. Celui-ci , qui n'a pu réunir ses troupes à temps pour se mêler au combat de Siegenbourg, prend le commandement des trois corps réunis, et se replie sur Landshut, vivement poursuivi et pressé par l'armée française qui, dans cette occasion, enlève à l'ennemi un assez grand nombre de prisonniers.

Les Autrichiens manifestaient l'intention de tenir à Landshut ; mais ce point important ne devait pas rester longtemps entre leurs mains. Le prince d'Essling arrivait à Landshut depuis Freysing , par Mosbourg. Le duc de Reggio eut l'ordre d'abandonner la route de Neustadt , qu'il ne suivait que pour soutenir les efforts de la partie de l'armée qui attaquait les Autrichiens à Siegenbourg, et de marcher droit à Landshut, sa première direction n'ayant plus d'objet depuis le succès de la bataille d'Abensberg. Le duc de Dantzig continuait d'avancer sur Landshut par Pfaffenhausen etNeuhausen. Le duc de Montebello qui, pendant la journée du 20, avait sans cesse combattu les troupes du sixième corps autrichien , et les avait chassées de Rhor, Haûsen et des

CAMt^AGNt DE 1809.

tes

autres postes , tourna ensuite à droite , et prit la route de Landshut par Rothenbourg, ville que l'ennemi évacua aussi à son approche. Enfin la division bavaroise de Wrede, les troupes wurtembergeoises , les cuirassiers de la réserve j rétal-major-général et TEmpereur lui-même, suivirent, à peu de distance, la même, route que le maréchal duc de Dantzig.

Le 21 avril on arriva, de grand matin, à la vue de Landshut. L'Empereur détacha aussitôt le maréchal duc distrie à la tête de la division de cuirassiers du comte Nansouty , et de la cavalerie des septième et huitième corps, pour attaquer la cavalerie autrichienne qui était restée sur la rive gauche de Tlser, pendant que l'infanterie gagnait la rive droite, en toute hâte. Le duc d'Istrie culbuta la cavalerie ennemie qui s*en* fiiità travers le faubourg de Seligenthal, oktralnant avec elle tout ce qui se trouvait encore sur la rive gauche de la rivière*

L'ennemi voulait mettre le feu au pont de riser pour arrêter les Français ; mais les grenadiers du 17* régiment de ligne, conduits par le général comte de Lobau, aide-de-camp de l'Empereur , atteignirent le pont et s'en emparèrent avant que l'incendie ne f&t allumé. Ces braves entrèrent péle-méle dans la ville avec les Autrichiens. Ceux-ci se rallièrent à quelques divisions que le général HiOer avait formées sur la rive droite de riser. L'armée française parut bientôt en bataille devant l'ennemi, qui fit mine de soutenir le combat pour avoir k temps de fiaire filer ses bagages, son artillerie et ses pontons.

Au moment d'essuyer sur son front

une vive attaque , le général Riller vit paraître sur son flanc gauche les têtes des colonnes du prince d'EssIing, dont le corps avait passé Tlser au pont de Mosbourg , et qui s'avançait par la rive droite, menaçant de tourner Landshut.

Dans cette perplexité, le général ne songea plus qu'à sauver ses troupes par une prompte retraite, et abandonna ses équipages aux Français qui firent un butin immense. Vingt-cinq pièces de canon, un train nombreux de pontons, plus de mille chariots de munitions et de bagages attelés, tombèrent au pouvoir du vainqueur. On trouva dans Landshut des magasins considérables, cette ville étant le premier dépêt des Autrichiens en Bavière. Indépendamment de la perte qu'on fit éprouver à l'ennemi, et qui monta à plus de 3,000 hommes, tu^ ou blessés , on lui fit 5 à 6,000 prisonniers.

L'archiduc Louis et le général Hiller se retirèrent sur Tlnn par Neumarit et Alt-OEtting. Napoléon envoya à leur poursuite le duc d'Istrie avec la division du comte de Wrede , celle du comte MoUtor, qui (ut détachée du corps du prince d'Essling, et une division de cavalerie légère commandée par le général comte Marulas. L'archiduc Louis étant rentré en Autriche, le général Hiller resta seul chef des débris des cinquième et sixième corps et de la réserve des grenadiers. Il prit position à Alt-OEtting , où il eut quelques jours de tranquillité, parce que la poursuite des Français fut un peu ralentie dans l'attente des grands événements qui devaient se passer dans le voisinage du Danube.

L*BMPIBB.

à Siegenbourg , poussant des postes jusqu'à Kloster-Rohr. Les troupes qui occupaient les positions de Siegenbourg , étaient celles qui composaient le cinquième corps autrichien; et ce corps avait derrière lui , à peu de distance, sur les hauteurs de Lutmannsdorf , le deuxième corps de réserve.

C'est contre ces deux corps que Napoléon dirige son attaque. L'Empereur ôte au prince d'Eckmûhl les première et troisième divisions d'infanterie et deux régiments de chasseurs, qu'il met sous les ordres du duc de Montebello.

Il ordonne à ce maréchal de se porter, par Kloster-Rohr, sur Hausen, de refouler vers le Danube tous les postes de l'armée de l'archiduc Charles qu'il trouverait dans cet intervalle, d'intercepter la communication entre ces corps ennemis et ceux de l'aile gauche, etd'empôcher absolument le généralissime autrichien de porter des secours à son frère. Pour mieux contenir encore l'archiduc Charles , l'Empereur fait passer au prince d'Eckmûhl l'ordre de l'inquiéter sur son front avec les divisions qui lui restaient.

Les instructions du prince d'Essling portaient de faire remonter le corps du duc de Reggio par Au, pour concerter ses opérations avec la gauche de l'armée; et, quant à lui -môme, d'accélérer sa marche sur Freysing et Mosbourg.

Cependant Napoléon réunissant sous son commandement immédiat les troupes bavaroises et celles du Wurtemberg, parle à ces soldats, les encourage , les échauffe , et fait passer dans leur âme cette confiance sans bornes qu'il inspirait aux Français. Il les mène immédiatement à l'ennemi , attaque de front les Autrichiens à Siegenbourg , avec la division bavaroise du comte de Wpede , et dhige le comte d'Uns-

bourg, avec les Wûrtembergeois , sur le flanc droit de l'ennemi. En même temps, il envoie le duc deDantzig, à la tête de deux autres divisions bava* roises , sur Rothenbourg , dans la direction de Landshut , pour tâcher de déborder le sixième corps autrichien posté à Mainbourg , et de l'envelopper dans la défeite du cinquième.

Après quelques heures de résistance, l'archiduc Louis est complètement battu. II perd quatre mille hommes, plusieurs drapeaux , dix pièces de canon. Ce prince fait d'abord sa retraite sur le corps de grenadiers de réserve placé derrière lui. Mais bientôt il est obligé de reculer vers l'Iser, où il est recueilli par le général Hiller. Celui-ci , qui n'a pu réunir ses troupes à temps pour se mêler au combat de Siegenbourg , prend le commandement des trois corps réunis, et se replie sur Landshut, vivement poursuivi et pressé par l'armée française qui, dans cette occasion, enlève à l'ennemi un assez grand nonobre de prisonniers.

Les Autrichiens manifestaient l'intention de tenir à Landshut ; mais ce point important ne devait pas rester longtemps entre leurs mains. Le prince d'Essling arrivait à Landshut depuis Freysing , par Mosbourg. Le duc de Reggio eut l'ordre d'abandonner la route de Neustadt , qu'il ne suivait que pour soutenir les efforts de la partie de l'armée qui attaquait les Autrichiens à Siegenbourg, et de marcher droit à Landshut, sa première direction n'ayant plus d'objet depuis le succès de la bataille d'Abensberg. Le duc do Dantzig continuait d'avancer sur Landshut par Pfaffenhausen etNeuhausen. Le duc de Montebello qui, pendant la journée du 20, avait sans cesse combattu les troupes du sixième corps autrichien , et les avait chassées de Rhor, Haûsen et des

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autres postes, tourna ensuite à droite , et prit la route de Landshut par Rothenbourg, ville que Fennemi évacua aussi à son approche. Enfin la division bavaroise de Wrede, les troupes wûrtembergeoises , les cuirassiers de la réserve y rétat-major-général et l'Empereur lui-même, suivirent, à peu de distance, la même, route que le maréchal duc de Dantzig.

Le 21 avril on arriva, de grand matin, à la vue de Landshut. L'Empereur détacha aussitôt le maréchal duc d'Istrie à la tête de la division de cuirassiers du comte Nansouty , et de la cavalerie des septième et huitième corps, pour attaquer la cavalerie autrichienne qui était restée sur la rive gauche de Tlser, pendant que rinfanterie gagnait la rive droite, en toute hâte. Le duc d'Istrie culbuta la cavalerie ennemie qui s'enftiità travers le faubourg de Seligenthal, entraînant avec elle tout ce qui se trouvait encore sur la rive gauche de la rivière.

L'ennemi voulait mettre le feu au pont de riser pour arrêter les Français ; mais les grenadiers du 17* régiment de ligne, conduits par le général comte de Lobeu, aide-de-camp de l'Empereur, atteignirent le pont et s'en emparèrent avant que l'incendie ne fût allumé. Ces braves entrèrent pêle-mêle dans la ville avec les Autrichiens. Ceux-ci se rallièrent à quelques divisions que le général HiU^ avait formées sur la rive droite de riser. L'armée française parut bientêt en bataille devant l'ennemi, qui fit mine de soutenir le combat pour avoir k temps de fiaire filer ses bagages, son artillerie et ses pontons.

Au moment d'essuyer sur son front

une vive attaque , le général Billcr vit paraître sur son flanc gauche les têtes des colonnes du prince d'Essling, dont le corps avait passé Flser au pont de Mosbourg, et qui s'avançait par la rive droite, menaçant de tourner Landshut.

Dans cette perplexité, le général ne songea frius qu'à sauver ses troupes par une prompte retraite, et abandonna ses équipages aux Français qui fiirent un butin immense. Vingt-cinq pièces de canon, un train nombreux de pontons, plus de mille chariots de munitions et de bagages attelés, tombèrent au pou* voir du vainqueur. On trouva dans Landshut des magasins considérables, cette ville étant le premier dépêt des Autrichiens en Bavière. Indépendamr ment de la perte qu'on fit éprouver à l'ennemi, et qui monta à plus de 3,000 hommes, tués ou blessés , on lui fit 5 à 6,000 prisonniers.

L'archiduc Louis et le général Hiller se retirèrent sur l'Inn par Neumari^ et Alt-OEtting. Napolécm envoya à leur poursuite le duc d'Istrie avec la division du comte de Wrede, celle du comte Molitor, qui fut détachée du corps du prince d'Essling, et une division de cavalerie légère commandée par le général comte Marulas. L'archiduc Louis étant rentré en Autriche, le général Hiller resta seul chef des débris des cinquième et sixième corps et de la réserve des grenadiers. Il prit position à Alt-OEtting , où il eut quelques jours de tranquillité, parce que la poursuite des Français fut un peu ralentie dans l'attente des grands événements qui devaient se passer dans le voisinage du Danube.

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