DEUXIEME PARTIE
Bataille dBckmubl.— Mouvements et opérations des armées frangalses et attlrfdiieanei en Allemagoe , en Italie, en Pologne , depuis cette journée Jusqu'à celle d^Essling.
La journée d'Àbensberg et la prise de Landshut avaient réalisé les bril)an* tes conceptions de TEmpereur. La principale armée autrichienne, celle sur laquelle reposaient toutes les espérances de Tennemi , était coupée en deux parties , dont l'une venait d'étro battue, et dont Tautre était tournée, ayant perdu sa ligne d'opérations et ses magasins. Les premières combinaisons de Tarchiduc Charles avaient totalement échoué. Sa campagne était manquée dans son principe; et, pour la conti-nuer, il fallait qu'il la refît sur un nouveau plan , ce qui n'était pas facile devant un adversaire actif et redoutable.
La ressource du généralissime autrichien était dans les forces considérables dont il pouvait encore disposer. Indépendamment des troisième et quatrième corps de son armée , et du premier de réserve , qui étaient réunis autour de lui depuis le 19 avril , il fit approcher les premier et deuxième corps qui étaient sur la rive gauche du Danube et qui ne rencontraient plus d'obstacles à leur opération , depuis que l'armée française avait passé sur la rive droite de ce fleuve. La réunion des différents corps autrichiens s'effectua devant Ratisbonne le 20 avril. Le 65« régiment français d'infanterie de ligne était resté en garnison dans cette place, fermée par un mauvais mur et par un fossé. Il y fut investi et attaqué le 19 par le deuxième corps
d'armée autrichien sous les ordres du comte de KoUowrath.
Le commandant de Ratisbonne défendit d'abord Stadt-am-Hof, bourg situé en face de Ratisbonne, sur la rive gauche du Danube. II fut cependant obligé, le 19 au soir, d'abandonner ce poste à des forces supérieures , et de se renfermer dans la place. Le lendemain matin , il fut sommé par le général ennemi de se rendre à discrétion. Le commandant français demanda un délai jusqu'à quatre heures après-midi, promettant de se rendre s'il n'était pas secouru avant cette heure. Mais il ne pouvait pas l'être par le prince d'EckmûM; celui-ci , affiiiblî de deux division» que l'Empereur avait détachées de son corps pour l'opération de Landshut, n'était pas en mesure d'arrêter l'archiduc Chartes; il ne pouvait que Tobserver et le tenir en échec. Au lieu de troupes françaises, le commandant de Ratisbonne vit encore approcher de ses murs le premier corps de réserve autrichien que l'Archiduc détacha sur cette place , ce qui détermina le commandant français à capituler avec le prince Jean de Lichtenstein , chef de ce corps.
Après la prise de Ratisbonne , Tarchiduc Charles, qui n'était qu'imparfaitement instruit , le 21 avril , du désastre que son frère , l'archiduc Louis, avait éprouvé la veille, n'avait pas en-
oore abandonné Tidée de prendre l'offensÎTe le long du Danube , en le remontant du côté dlngolstadt; il se dé* cida préidablementà arrêter son armée ^tre ce fleuve et la ri\nère de la Grande- Laber, dans Tintervalle compris entre Ratisbonne et Bckmûhl , pour attendre, dans cette position, des nouvelles de son aile gauche, et la réunir à lui avant d'essayer de faire des progrès ultérieurs.
Les nouvelles qu'il attendait lui furent apportées par les Français. L'empereur Napoléon avait d'abord négligé de s'occuper des mouvements de l'Archiduc pour consommer l'opération si importante (d'après les résultats qu'elle devait avoir) de la destruction de l'aile gauche des Autrichiens. Mais en paraissant donner une libre carrière à leur œntre et à leur aite droite , il a\'ait prescrit au prince d'Eckmûhl, lequel était resté en arrière sur la gauche , de surveiller l'archiduc Charles , de l'attaquer, s'il trouvait une occasion favorable; mais par dessus tout de l'éloigner de Landâhut.
Ce Maréchal remplît la commission dont il était chargé avec une distinction qui lui a mérité le nom de la journée glorieuse que ses travaux avaient préparée . Il manoeuvra depuis le 20 , pour occuper le généralissime autrichien ot faii ôter le soupçon des véritables intentions de l'Empereur. Le prince d'Eckmûhl partit de Tengen le 20 au matin, avec les divisions d^infenteriedes comtes Priant et Saint-Hila{re,et la division de cavalerie légère du comte Montbrun ; il marcha parHausen sur la Grande- Laber. Le 21 , le prince attaqua, à Leierndorf , les postes du troisième corps autrichien, et les chassa de ce vilhige.Il continua d'avancer sans passer la Laber, en appuyant sa droite à c^te rivière et «n prëiongeintsa gtuciiB dMM les mom^
tagnes qui bordent la rive gauche du torrent.
Le prince d'Eckmûhl ne tarda pas à se trouver en présence du quatrième corps autrichien, commandé par le prince de Rosemberg, lequel était en position sur les hauteurs entre Laîchlîng et Përing. Les Autrichiens avaient une batterie avantageusement placée au des^ sus de ce dernier village. Les Français s'avancèrent avec autant de vivacité que de bravoure sur le village qu'ils enlevèrent ; ils marchèrent ensuite à la batterie de l'ennemi, et s'en rendirent maîtres après un combat meurtrier. Les Autrichiens se replièrent sur Unter- Laichling où ils prirent position. Dans ce moment, arrivèrent sur la Laber les deux divisions d'înfiinterie bavaroises ainsi que la division de cavalerie de la môme nation , sous les ordres du duc de Dantzig.
L'Empereur, instruit par un rapport du prince d'Eckmûhl des premières opérations de la journée , avait détaché ces troupes pour le soutenir. A l'approche de ce renfort, le troisième corps autrichien abandonna le point deSchierling, et alla se postera Eckmûhl sur la rive droite de la Laber. Le duc de Dantzig fit aussitôt occuper Schierling par les Bavarois. Ainsi appuyé, le prince d'Eckmûhl fit agir plus librement ses colonnes , et attaqua le quatrième corps autrichien àUnter-Laichling, dirigeant particulièrement ses eflbrts sur la droite de l'ennemi. L'archiduc Charles, qui était venu en personne à son quatrième corps, renforça sa droite menacée par des troupes tirées de la réserve. Les obstacles que présentaient les inégalités du terrain et les bois rendaient les manœuvres difficiles; on ne s'engagpait que successivement. Le combat avait commencé tard ; la nuit y mît fin. L'ennemi conserva sa position dUnter*