DEUXIÈME PARTIE
Bataille (IBckmîibl.— MouTemeiits etopéraiions des armées firançaiMB et autrfcbleiuMt en AUemagae , en Italie, en Pologne , depuis cette jonraée jusqu'à celle d^EssIing.
La journée d'Àbensberg et la prise de Landshut avaient réalisé les bril)an* tes conœptions de l'Empereur. La principale armée autrichienne, celle sur laquelle reposaient toutes les espérances de Tennemi , était coupée en deux parties , dont Vune venait d'être battue, et dont Tautre était tournée, ayant perdu sa ligne d'opérations et ses magasins. Les premières combinaisons de rarchiduc Charles avaient totalement échoué. Sa campagne était manquée dans son principe; et, pour la continuer, il fallait qu'il la refît sur un nou* veau plan , ce qui n'était pas fecîie devant un adversaire actif et redoutable.
La ressource du généralissime autrichien était dans les forces considérables dont il pouvait encore disposer. Indépendamment des troisième et quatrième corps de son armée , et du premier de réserve , qui étaient réunis autour de lui depuis le 19 avril , il fit approcher les premier et deuxième corps qui étaient sur la rive gauche du Danube et qui ne rencontraient plus d'obstacles à leur opération , depuis que l'armée française avait passé sur la rive droite de ce fleuve. La réunion des différents corps autrichiens s'effectua devant Ratisbonne le 20 avril. Le 65" régiment français d'infanterie de ligne était resté en garnison dans cette place, fermée par un mauvais mur et par un fossé. 11 y fut investi et attaqué le 19 par le deuxième corps
d'armée autrichien sous les ordres du comte de Kollowrath.
Le commandant de Ratisbonne défendit d'abord Stadt-am-Hof, bourg situé en bce de Ratisbonne , sur la rive gauche du Danube. Il fut cependant obligé , le 19 au soir, d'abandonner ce poste à des forces supérieures , et de se renfermer dans la place. Le lendemain matin , il fut sommé par le général ennemi de se rendre à discrétion . Le commandant français demanda un délai jusqu'à quatre heures après-midi , promettant de se rendre s'il n'était pas secouru avant cette heure. Mais il ne pouvait pas Tétre par le prince d'Eckmûhl ; celui-ci , affaibli de deux divisions que l'Empereur avait détachées de son corps pour l'opération de Landshut, n'était pas en mesure d'arrêter l'archiduc Charles; il ne pouvait que l'observer et le tenir en échec. Au lieu de troupes françaises, le commandant de Ratisbonne vit encore approcher de ses murs le premier corps de réserve autrichien que l'Archiduc détacha sur cette place , ce qui détermina le conïmandant français à capituler avec le prince Jean de Lichtenstein , chef de ce corps.
Après la prise de Ratisbonne, Tar* chiduc Charles, qui n'était qu'imparfaitement instruit , le 21 avril , du désastre que son frère, l'archiduc Louis, avait éprouvé la veille, n'avait pas en-
oore abandonné Tidée de prendre l*offensire le long du Danube, en le remontant du côté dlngolstadt; il se dédda préalablement à arrêter son armée mire ce fleuve et la rivière de laGrande- Laber, dans Tintervalle compris entre Rati^)onne et Eckmûhl , pour attendre, dans cette position, des nouvelles de son aile gaucbe, et la réunir à lui avant d'essayer de faire des progrès ultérieurs.
Les nouvelles qu'il attendait lui furent ^portées par les Français. L'empereulr Napoléon avait d'abord négligé de s'occuper des mouvements de TArdiiduc pour consommer l'opération si importante (d'après les résultats qu'elle devait avoir) de la destruction de l'aile gaucbe des Autrichiens. Mais en paraissant donner une libre carrière à leur œsntre et à leur aile droite , il a\'ait prescrit au prince d'Eckmûhl, lequel était resté en arrière sur la gauche, de surveiller l'archiduc Charles , de l'attaquer, s'il trouvait une occasion favorable; mais par dessus tout de l'éloigner de Land^shut.
Ce Maréchal remplit la commission dont il était chargé avec une distinction qui loi a mérité le nom de la journée ^oriease que ses travaux avaient préparée . n manœuvra depuis le 20 , pour occuper le généralissime autrichien et hii ûter le soupçon des véritables intentions de l'Empereur. Le prince d'Eckmûhl partit de Teuffen le 20 au matin, avec les divisions d^infenteriedes comtes Priant et Sa{nt-Hilaire,et la division 4e cavalerie légère du comte Montbrun ; il marcha parHausen sur ta Grande- Laber. Le 21 , le prince attaqua, àLeierndoif , les postes du troisième corps autrichien , et les chassa de ce village. Il continua d'avancer sans passer la Laber, en appuyant sa droite à cette rivière et «B prelMgeflnUagaudiB dMMles moA-
tagnes qui bordent la rive gauche du torrent.
Le prince d'Eckmûhl ne tarda pas à se trouver en présence du quatrième corps autrichien, commandé par le prince de Rosemberg, lequel était en position sur les hauteurs entre Laichlîng et Përing. Les Autrichiens avaient une batterie avantageusement placée au des^ sus de ce dernier village. Les Français s'avancèrent avec autant de vivacité que de bravoure sur le village qu'ils enlevèrent ; ils marchèrent ensuite à la batterie de l'ennemi, et s'en rendirent maîtres après un combat meurtrier. Les Autrichiens se replièrent sur Unter- Laichling où ils prirent position. Dans ce moment, arrivèrent sur la Laber les deux divisions d'infenterie bavaroises ainsi que la division de cavalerie de la même nation , sous les ordres du duc de Dantzig.
L'Empereur, instruit par un rapport du prince d'Eckmûhl des premières opérations de la journée, avait détaché ces troupes pour le soutenir. A l'approche de ce renfort, le troisième corps autrichien abandonna le point deSchierling, et alla se postera Eckmuhl sur la rive droite delà Laber. Le duc de Dantzig fit aussitôt occuper Schierling par les Bavarois. Ainsi appuyé, le prince d'Eckmûhl fit agir plus librement ses colonnes , et attaqua le quatrième corps autrichien àUnter^Laichlîng, dirigeant particulièrement ses efforts sur la droite de l'ennemi. L'archiduc Charles, qui était venu en personne à son quatrième corps, renforça sa droite menacée par des troupes tirées de la réserve. Les obstacles que présentaient les inégalités du terrain et les bois rendaient les manœuvres difficiles; on ne s'engageait que successivement. Le combat a%'aTt commencé tard; la nuit y mit fin. L'ennemi conserva da position dlfnter-
ttft
L'EMPIRK.
Laichlîng; mais bientôt il devait céder le terrain à un adversaire plus terrible qui s'avançait.
Le 22 a\Til , à la suite de différents mouvements qui avaient eu lieu dans la nuit , Tarchiduc Charles avait concentré quatre-vingt-dix mille hommes dans Tespace compris entre Eckmùhl et Ratisbonne. Le deuxième corps d'armée autrichien avait passé le Danube , sur le pont de cette ville , et avait pris position près de la chaussée d' Abbach , au village d'Essling.Le premier corps de réserve était avec le généralissime à son quartier-général d'Eglofsheim. Le troisième corps d'armée était posté entre Eglofsheim et Eckmûhl ; le château de cette dernière ville était occupé par un détachement de ce corps. Les Autrichiens avaient sur ce point une batterie de seize pièces de canon. Le quatrième corps était à Laichling. Le premier corps , sous le commandement du comte de Bellegarde, était resté à Hemau , sur la rive gauche du Danube.
Tout le terrain qui formait le champ de bataille de Tarmée autrichienne, depuis Eckmûhl jusqu'à Eglofsheim, est entrecoupé de montagnes, de vallées, de petites rivières torrentueuses, et d'une quantité de bois épars. D'Eglofsheim à Ratisbonne, le terrain où l'on a construit la chaussée qui va de Tune de ces villes à l'autre , est élevé sur la gauche de la route; sur la droite est une plaine marécageuse.
L'Archiduc, profitant de la supériorité de ses forces sur celles qu*il avait devant lui, résolut, le 22, de prendre Toffensive contre les Français, et de les tourner, sur leur gauche, par le défilé d'Abbach. Il comptait se rendre facilement maître de ce défilé, ainsi qued'Abensberg, et opérer alors sur les derrières de l'armée française , pendant que celle-d s'enfonçait en Bavi(»*e à la suite
de l'aile gauche des Autrichiens, que l'Archiduc ne croyait pas réduite à une aussi fâcheuse situation.
Mais dans le même temps que le généralissime méditait cette attaque, Napoléon , qui avait mis les trois corps de la gauche de l'armée autrichienne hors d état de gêner ses mouvements ultérieurs , revenait à pas de géant sur l' Arch'duc par la route de Landshut à Ratisbonne. Le 22, à trois heures du matin, l'Empereur avait fait partir, en avant-garde, le huitième corps, sauf une brigade d'infanterie qui resta en garnison à Landshut. Ces troupes prirent la route d'Eckmûhl par Ehrlsbach.
La division de cuirassiers du comte Saint-Sulpice eut l'ordre de suivre et de soutenir immédiatement ce mouve* ment. Les deux divisions d'inflcaiterie, mises, depuis la journée d'Abensberg, aux ordres du duc de Montebello, ainsi que les deux régiments de chasseurs et les cuirassiers du comte Nansouty, marchèrent en seconde ligne ; ces troupes partirent à quatre heures pour Ehrlsbach , où elles devaient être rendues à neuf heures.
Les trois divisions d'infanterie qui restaient au prince d'Essling et les cuirassiers composant la division du comte Espagne, s'étant réunis dans la plaine entre Landshut et Ergolding, partirent à six heures avec Sa Majesté et son étatmajor, pour se porter directement sur Eckmûhl et tourner le flanc gauche de l'ennemi. A cette époque, la garde impériale n'avait pas encore rejoint l'armée ; elle ne prit par conséquent aucune part aux affaires de la campagne de Bavière.
Dans la journée mémorable où cette campagne à peine ouverte devait se terminer, le troisième corps français, sous les ordres du prince d'Eckmûhl , n'avait flm que deux divisions d'in-
CAMPAGNE fiinterie, savoir : la troisième et la quatrième de ce corps , et une division de cavalerie légère. La deuxième divi* sien dlnfanterie, commandée par le comte Priant , ayant sous lui les généraux de brigade barons Barbanègre, Gilly et Grandjean, était composée du IS*" régiment dinfonterie légère, des 33*, 48*, 108* et 111« de ligne. La quatrième, commandée par le comte Saint- Hilaire et par les généraux de brigade barons Brun, Marion et Lorencez, était composée des 10'' d'infanterie légère, 3% 19% 72« et 105« de ligne. La division de cavalerie légère du troisième corps était commandée par le comte Montbrun, secondé par les généraux de brigade barons Jacquinot et Pajol ; elle était composée des 11* et 12* de chasseurs, 7* et 5* de hussards.
Les deux divisions bavaroises faisant partie du septième corps de l'armée française , sous les ordres du maréchal duc de Dantzig, qui , dans la soirée du 21 , s'étaient réunies à celle du prince d'Eckmûhl, étaient les première et troisième divisions. La première, commandée par le prince royal de Bavière, ayant sous lui les généraux de brigade Rechberg, Stengel et Wieren , était composée des !•', 2% 4*, 8* régiments d'in- Emterie de ligne, de deux bataillons d'infonterie légère, du 1*' régiment de dragons et des 1*» et i* de chevau-légers. La troisième division, commandée par le général Deroi et par les généraux de brigade Siebani , Vinzenti et Seide- ^tz, était composée des 9% 10*, 5*, 14* régiments de ligne , de deux bataillons d'infanterie légère et de deux régiments de dragons. Les Bavarois avaient leur droite à Schierling et leur gauche vers Pâring. Les deux divisions du troisième corps s'étendaient depuis Pâring jusque sur les hauteurs de Dinzling.
La division de cavalerie légère du
comte Montbrun , qui était le 21 à Peising, près d'Âbbach, avait manoeuvré un jour entier pour ne point perdre ses communications avec les divisions d'infanterie de son corps d'armée. Dans la matinée du 22, la cavalerie légère du troisième corps était en bataille derrière rinfanterie, entre Pâring et Dinzling,
Le huitième corps d'armée , ou les troupes wûrtembergeoises qui arrivaient de Landsbut, en précédant l'Empereur, étaient commandées en chef par le comte d'Unsbourg, et en second par le baron deNeubronn. Elles étaient partagées en trois brigades d'infanterie, renfermant cinq régiments d'infonterie de ligne et trois régiments de chasseurs à pied. La cavalerie de ce corps était composée de deux régiments de chevaulégers et deux de chasseurs. -
La division de cavalerie du comte Saint^Sulpice , fa'sant aussi partie de lavant-garde de l'Empereur, renfermait les l*', 5*, 10* et 11* régiments de cuirassiers, formant deux brigades sous les ordres, Tune du comte de Fiteau, l'autre du baron Guiton.
La colonne du duc de Montebello, marchant en seconde ligne derrière le huitième corps, était formée des première et troisième divisions d'infanterie du troisième corps d'armée et de deux régiments de chasseurs à cheval, détachés de ce même corps. La première division d'infimterie, sous les ordres du comte Morand et des généraux de brigade barons Lhuillier et Lacour, renfermait le 13* d'infanterie légère, les 17*, 30* et 61* de ligne. La troisième division, sous les ordres du comte Gudin et des généraux de brigade comte Leclerc, barons Boyer et Duppdin, renfermait le 7* d'infanterie légère, les 12% 21*, 26* , et 85* de ligne. Les deux régiments de chasseurs à cheval étaient les 1*' et 2* de cette arme.
La division lie grosse cavalerie, commandée en chef par le comte Nan outy, et qui marchait avec la colonne du duc de Montehello , renfermait les i" et 2" régiments de carabiniers, formant une brigade sous les oixlres du comte de France, et les 2% 9% 3«et 12* de cuiras^ siers, formant deux brigades, sous les ordres des généraux barons Doumerc et Bèrkheim.
Des troupes parties de Landslmt en troisième ligne avec Sa Majesté, il n'arriva sur le chditnp de bataille d'Eckmûhl que la division de cuirassiers du comte Espagne, qui était composée des li^^ 6% V et 8* régiments de cette arme , commandés par les généraux de l)rigade barons Bordesoult et Raymond.
L'infanterie du maréchal prince d'Essling resta en arrière , et n'arriva point à Mnpspour participera l'action. Le Maréchal seul accompagna l'Empereur. La division de grenadiers du duc de Reggio ne se trouva pas non plus à Taflaire d'Eckmûhl , cette division n'étant pas encore aitivée à Landshut, lors du départ de Sa Majesté.
Dans la matinée du 22, l'archiduc Charles fit ses dispositions pour attaquer la gauche de l'armée française, du côté d'Abbach et de Peising. Le second corps de son armée formait , sous les ordres du comte de Koilowrath, la première colonne d'attaque, et devait se porter directement d'Essliftg,où il était, sur les points désignés. La seconde colonne , formée par la moitié du troi- «tirae corps, aux ordres du prince de flohcnzollem , devait marcher par Lucicepoiât sur Dinzling, et de là se diriger aussi sur Peising. La troisième colonne, composée du premier corps de réserve, commandé par le prince Jean de Licht«i6tatn , et avec laquelle devait marcher l'Archiduc généralissime, avait l'ordre de se mettre en mouvement à
L'KMPIRM.
midi , et de se tenir à quelque distance des deux premières, prête à les appuyer sur tous les points où cela serait nécessaire. L'autre moitié du corps de Ho henzollern ne devait pas quitter de la position d'Eckmûhl. Le quatrième corps, sous les ordres du prince de Rosemberg, était toujours destiné à occuper Laichling, où il devait tenir en échec le prince d'Eckmûhl et les Bavarois, pendant que les colonnes d'attaque les tourneraient sur leur gauche.
Les colonnes autrichiennes commencèrent à s'ébranler, ce qui jeta le prince d'Eckmûhl dans une certaine anxiété. 11 ne pouvait point se porter lui-même à la rencontre de l'ennemi , avant l'arrivée de l'Empereur qu'il savait approcher. Trop faible pour prendre l'offensive, il pouvait craindre d'être obligé de céder, à des forces très supérieures , les positions qu'il lui était intéressant de conserver. Dans cette situation critique, le prince d'Eckmûhl, portant un œil vigilant sur les mouvements des Autrichiens vers son ailo gauche, et se tenant prêt à la secourir si elle était attaquée, manœuvra, par sa droite, de manière à inquiéter le prince de Rosemberg, qu'il avait devant lui. Il y réussit tellement que le général autrichien fut contenu dans sa position d'Unter-Laichling, sans oser faire un pas en avant. Le grand but du prince d'Eckmûhl était de gagner du temps , dans la persuasion que bientôt tout allait changer de face.
Vers deux heures , le canon gronde sur la route de Landshut ; il annonce l'approche de Napoléon. Quelques moments après, le prince d'Eckmûhl reçoit les instructions de l Empereur. Certain d'être soutenu, il prend subitement l'offensive , . quitte sa position et fond sur les Autrichiens. Son artillerie, portée sur les hauteurs de Pâring, seconde
celte attaque par un feu terrible qui &it taire celui de la batterie autrichienne placée sur le plateau d'Unter-Laichling. L'ennemi évacue ce plateau et se retranche dans le village , ainsi que dans an petit bois qui est derrière. Presque aussitôt , il y est attaqué par le 10^ régiment d'infanterie légère, qui le presse avec une incroyable vigueur.
J. 'attaque du prince d'Eckmûhl a précédé de peu d'instants celle que Napoléon dirige en personne , sur la gauche de l'ennemi , par les points de Schierlîng et d'Eckmûhl. En débouchant dans la vallée de la Laber, par Buchhausen et Maîinsdorf , toutes les colonnes arrivant de Landshut se sont réunies vis-à-vîs de Lindach. Cette réunion étant accomplie, l'Empereur a ordonné au duc de Montebcllo de passer la Laber au dessous de Schierlîng , à la télé des divisions Gudin et Morand , et de déborder l'aile gauche de l'ennemi.
Pendant que son ordre s'exécute , Napoléon, afin de soutenir ce mouvement, envoie seize régiments de cavalerie pour tomber sur l'ennemi, en travci-sant Schierling ; et en même temps il dirige «ur Eckmuhl l'infanterie wûrtemberge.3i5e.
Cette triple attaque , combinée avec celle du prince d'Eckmûhl , a le plus grand succès La division Saint-Hilaire, soutenant les eiforts du 10" d'infanterie légère qui l'a précédée, force le village d'Un ter-Lai chling et le bois, après avoir éprouvé une vive résistance de la part des Autrichiens. Eckmuhl et le château sont emportés à la baïonnette par les troupes de Wurtemberg qu'anime la présence de Napoléon. Les troîsi'^me et quatrième corps autrichiens courent dans ce moment Je drnger de voir tout à la fois leur centre jpercé , leur droit* et leur gauche débordées.
Ces corps se mettent en retraite de
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toutes partb , cherchant un refuge et une protection dans la partie de l'armée commandée par l'Archiduc généralissime. Celui-ci leur envoie des renforts , ce qui encourage les princes de Rosemberg et de Ilohenzollern (qui étaient restés en personne à cette moitié de son corps d'armée ) , à essayer de se remettre en position dans le terrain coupé et couvert de bois qui sô trouve entre Eckmuhl et Eglofsheim.
Mais la cavalerie française qui a débouché par Schierling , et à laquelle se sont réunis les dragons Imvarois et la division légère du comte Montbrun , est déjà à la poursuite de l'ennemi, le serre de près, le rejette de posté en poste , l'empêche de se rallier, et le mène ainsi battant jusqu'à Ober-Sonding.
Cependant l'Archiduc généralissime ayant appris l'attaque faite sur sa gauche , et le paFSRge de la Laber par les Français , a suspendu le mouvement des colonnes qu'il portait en avant , pour prendre lui-même TofFensive.
En revenant sur ses pas , l'Archiduc a rencontré les troupes baltues de son aile gauche; dès lors il ne s'est plus occupé que de les rallier, et de les réunir au rostf! de son armée , afin de couvrir Ralisbonne. Le deuxième corps de l'armée autrichienne, formant la première colonne pour l'attaque projetée par l'Archiduc sur Abbach, est revenu prendre la première position qu'il occupait h Essling ; la seconde colonne s'est portée à Thalmassing; la troisième s'est avaîirép entre Thalmassing et Obor-Sonding.
L'armée française, en continuant son momoment , se trouve donc vers six heures du soir en présence de toute l'armée autrichienne. L'ardeur des Français s'accroît en raison du nombre do leurs ennemis. Les colonnes de cavalerie et d'infimterîe débouchent da
SCO
toutes parts dans ki plaine par Luckepoint, Sanding, Eglofsheim, Hagelstadt, Galzpach. L'ennemi tente plusieurs charges de cavalerie sur les têtes de colonnes, à Finstant où elles se prè* sentent hors des bois et des défilés.
Mais ces tentatives sont repoussées constamment et avec grande perte du côté des Autrichiens. Toujours com* battant , les Français se déploient et se forment en bataille. Alors ils chargent à leur tour et culbutent Fennemi déconcerté ; ils jettent la plus grande confusion dans la nombreuse armée autrichienne.
Plusieurs régiments ennemis, soit d'infanterie, soit de cavalerie, qui veulent se présenter isolément au combat, sont enveloppés, hachés en pièces ou forcés de se rendre. Des colonnes qui s'égaraient dans leur retraite, sont coupées, dispersées , et perdent leur artillerie. Un bataillon de grenadiers hongrois est renversé et foulé aux pieds par la cavalerie autrichienne que les cuirassiers français poursuivaient Tépée dans les reins. Vainement l'ennemi fait de nouveaux efforts pour défendre la chaussée de Ratisbonne ; les Français s'emparent de cette chaussée, et suivent vivement leurs avantages. Sans la nuit qui sépare les combattants, on peut conjecturer que la cavalerie française serait arrivée en môme temps que les Autrichiens au pont de Ratisbonne, et leur aurait absolument coupé la retraite.
La perte des Autrichiens, à la journée d'Eckmûhl, fut de 4,000 hommes tués, 20,000 prisonniers, 12 drapeaux et 16 pièces d'artillerie. Du côté des Français il y eut 1,200 hommes tués et 3,000 blessés. Dans le nombre des premiers, l'armée regi*ctta le général de division Cervoni , le général de brigade Her\'0 . chef d'état-major du prince
i;EM?mK,
d'Eckmûhl, et le colonel du 11* de chasseurs. Dans le nombre des blessés, l'on distingua le général Schramm et le général de cavalerie Clément qui eut un bras emporté.
L'armée française bivouaqua dans la plaine de Ratisbonne : l'infanterie en avant d'Eglolsheim; la cavalerie à Koifering. Les troupes légères à cheval poussèrent des postes jusque sur le Danube. Le quartier - général impérial passa la nuit à Eglofsheim , d'où celui du généralissime venait de sortir.
Dès le lendemain de la bataille d*Eckmûhl, on fut à même de juger dans l'armée française quelles suites avantageuses aurait cette journée, dont le succès avait été décidé par les plus savantes manœuvres. Les Autrichiens, de leur côté , purent voir dans quelle situation fâcheuse les avaient jetés les indécisions de leurs chefs , et la confusion qui en était résultée dans les mouvements. Refoulé dans Ratisbonne, l'ennemi avait profité de la nuit du 22 au 23 avril, pour passer sur la rive gauche du Danube , avec le projet de se retirer ensuite sur la Bohème. L'Archiduc avait laissé quelques régiments de cavalerie en bataille dans la plaine devant Ratisbonne; et il avait mis six régiments d'infanterie dans la ville. Ces troupes étaient destinées à favoriser le mouvement rétrograde de l'armée autrichienne; elles devaient la suivre, aussitôt qu'elle serait passée tout entière de l'autre côté du fleuve. L'Empereur Napoléon , instruit le 23, à la pointe du jour, du mouvement de l'en « nemi , ne le lui laissa pas achever tranquillement. Il porta sur Ratisbonne le corps du prince d'Eckmûhl , celui du duc de Montebello, les troupes de Wurtemberg et deux divisions de cuirassiers de la réser\'e. La cavalerie ennemie, chargée par ces derniers et ha
CAMPAGNE DE ia09.
tue dans trois attaques consécutives , perdit beaucoup de inonde ; elle franchit précipitanunent le pont du Danube , traversa Ratisbonne, et rejoignit son armée.
L'infanterie qui était dans la ville ferma les portes , et fit ses dispositions afin de contenir les Français , jusqu'à ce qu'elle pût trouver le moment favorable pour s'échapper à son tour.
L'Empereur fit approcher de l'artillerie, et mettre en batterie plusieurs pièces de 12 et quelques obusiers dont le feu causa beaucoup de ravage dans Ratisbonne. Les officiers du génie reconnurent une ouverture par laquelle on pouvait, au moyen d'une échelle, descendre dans le fossé , et remonter ensuite par la brèche que le canon avait déjà bîte à la muraille. Leduc deHontebello conduisit lui-même quelques centaines de grenadiers qui , passant par cette ouverture, gagnèrent une poterne et l'ouvrirent. Les Français s'introduisirent bientôt en foule dans la place. L'ennemi fut vivement poursuivi de rue en rue ; sa perte en cette occasion fut considérable , surtout en priaonniers.
Au moment de se porter sur Ratisbonne , l'Empereur avait donné au prince d'Essling l'ordre de se diriger sur Straubing, avec trois divisions d'infiinterie, pour se saisir du pont de bateaux que TÂrchiduc avait près de cette ville. Le Maréchal devait pousser des reconnaissances sur les deux rives du Danube, pour arrêter les colonnes et les bagages de l'ennemi. Le duc d'Istrie avait reçu l'ordre de continuer sa route sur Braunau, avec la division bararoise de Wrede et la division Molitor. Le maréchal duc de Dantzig fut renvoyé sur Landshut avec les deux autres divisions bavaroises; et le duc de R^Sk), à qui il avait déjà été pres-
crit antérieurement de se rendre à Landshut avec les grenadiers, eut de nouveau Tordre de presser sa marche sur ce point.
Ces différentes dispositions tendaient à forcer les Autrichiens d'évacuer promptement le territoire bavarois.
Déjà le Haut Palatinat était presque entièrement délivré de leur présence. L'archiduc Charles s'était réuni, à peu de distance de Ratisbonne , au général comte de Bellegarde, dont le corps n'avait pris part à aucune des affaires des journées précédentes. L'armée autrichienne , après cette jonction , se trouva forte encore de soixante-seize mille hommes. L'Archiduc se retirant par Walmûnchen et Cham, entra dans les montagnes qui couvrent les fi*ontières de la Bohême, du côté du Haut- Palatinat.
L'empereur Napoléon donna, le 2&, Tordre au maréchal prince d'Eckmûhl de suivre Tennemi dans sa retraite. A cette époque, la division du comte Saint^Hilaire fut retranchée du troisième corps , qui resta composé des divisions d'infanterie des comtes Morand, Gudin et Priant, et de la division de cavalerie légère du comte Montbrun. On lui adjoignit, pour l'opération dont il était chargé, la division de cuirassiers du comte Saint-Sulpice.
Il fut enjoint au prince d'Essling de marcher sur Passau , de faire lever le siège de cette ville et de passer TInn. Tout le reste de Tannée fut destiné à retourner sur Landshut. L'Empereur organisa définitivement le deuxième corps , et le composa de la division de grenadiers du duc de Reggio , de la division d'infanterie du comte Saint-Hilaire , et de la brigade de cavalerie légère du baron Colbert.
De son quartier-général de Ratis*
L'EMPIKE.
bonne , Napoléon adressa à son ariuéa la proclamation sui\aute :
« SCLDATS!
» En peu (le jours, nous avons triomn phé dans tes trois batailles de Thann, » d'Abensberg et d'Eckmubl , dans les i> conoLbats de Laichling , de Landshut » et de Ratisbonne : 100 pièces de ca- » non, 40 drapeaux, 50,000 prison- » niers, 3 équipages de pont , tous les » parcs de Tennemi portés sur 600 » chariots attelés, 3,000 voitures attey> lées portant les bagages de Tannée , » les caisses des régiments : voilà leré- » sultat de votre courage et de la rapi- » dite de vos marches !
» L*ennemi , enivré par un cabinet » égaré, paraissait ne plus conserver » aucun souvenir de vous. Son réveil » a été prompt. Vous lui éte§ apparus » plus terribles que jamais. Naguère il » a traversé l'Inn et envahi le teri itoire » de nos alliés ; naguère il se promet- » tait de porter le carnage au sein de )) votre patrie. Aujourd'hui , défait , » épouvanté , il fuit en désordre. Déjà » mon avant - garde a passé l'Inn ; )> avant un mois , nous serons à » Vienne. »
Cette proclamation fut envoyée à Dresde, au prince de Ponte-Corvo, avec Tordre de commencer à agir. Ses instructions portaient : de contenir les Autrichiens en Bohême , en tenant sa ligne d'opération sur RatisbonnQ, et de manœuvrer de manière à se mettre entre la Bohème et Ratisbonne, en ^ortc que sa retraite fût assurée sur ci^tte ville, et que sa ligne, étant la u\t)me que celle de l'armée , il put tuiijtiui\s, suivant les circonstances, être secouru et renforcé par elle.
Le prince de Ponte-Corvo était prévenu que l'Empereur, décidé à marcher sur Vionno . attendait avec impatience
son arrivée entre la Bohème el latis?
bonne, pour arranger définitivement l'expédition deBohénœ, et coordonner les opérations de son corps avec celles des autres corps de Tarmée. On lui mandait qu'aussitôt après son arrivée au point désigné, le prince d'Eckmûhl ferait un mouvement sur la droite, et se dirigerait vers l'Autriche. La dépêche ajoutait qu'il trouverait des renforts à Ratisbonne, où le général Rouyer avait Tordre de concentrer toutes les troupes arrivant successivement des derrières de Tarmée, et où la division du comte Dupas, qui poursuivait sa marche par le cœur de l'Allemagne , devait se rendre aussi provisoirement.
L'envoi de la proclamation impériale fut fait également au prince Poniatowski, chef de Tarmée polonaise.
L'Empereur lui luisait mander en même temps que, vu la distance qui les séparait, il ne pouvait que s'en rapporter à son zèle pour agir dans le sens des inté^ rets communs.
Napoléon fit écrire au vice-roi d'Italie de concentrer ses troupes et de ne pas les disséminer pour attaquer.
« Avancez avec confiance », ajoutait la dépêche du Major-général, « T£mpe- » reur vous seconde , et va percer au » cœur de l'Autriche. L'ennemi ne tien- » dra pas devant vous. Jamais nous » n'avons trouvé les Autrichiens aussi » mauvais qu'ils se sont montrés en » Bavière. Cette armée , déjouée dans » Tespérance qu elle avait eue de la » victoire , est démoraUsée. »
Dans le même temps que l'armée se mettîiit en mouvement pour so porter sur Landshut , le duc d'Istrie et le comte de Wrede étaient aux prises avec Tennemi. Le Maréchal, ayant suivi avec vivacité les débris des cinquième et sixième corps autrichiens, battus à Abensberg et à Landshut, était arrivé
GAMPÂfiMP DE 1809.
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le as à Neumark. Au-delà de cette ville, les Autrichiens , renforcés d'une division de grenadiers, qui était restée en arrière , et qui n'avait point donné dans les combats précédents , prirent position et s'avancèrent sur Tavant-garde ba^'aroise, qui les serrait de trop près. n s'en suivit un combat où les Bavarois perdirent du terrain , et évacuèrent momentanément Neumark.
En apprenant cet événement, l'Empereur fit passer l'ordre au prince d'Essling de manœuvrer sur la colonne du général Hiller, et de la prendre en flanc. Mais cette précaution se trouva superflue. Le général Hiller, qui n'avait repris un peu d'assurance que parce qu'il ignorait ce qu'était devenu l'archiduc Charles, s'était persuadé qu'il tenait en échec l'armée de l'Empereur, n fut instruit positivement, le 25, du désastre du généralissime autrichien. Dans ces conjonctures, Hiller se pressa d'évacuer la Bavière et de repasser rinn. Le général Jellachich évacua Munich le même jour, et dirigea sa retraite sur S^bourg, où le duc de Pantzig le ^vit à la tète des Bavarois.
L'Empereur partit de Batisbonne le 26, à huit heures du matin , et arriva à Landshut à une heure après midi. Le duc de Montebello en était parti dans la matinée du même jour, pour se porter sur Wilsbibourg, et de là sur Neumark. C'était la route que l'Empereur voulait suivre, comme la plus directe, pour arriver sur Tlnn. Le corps du prince d'Essling continuait son mouvement sur Passau. Il avait laissé la division du comte Boudet en arrière, à Straubing, pour établir la communication entre son corps et celui du prince d'Eckmùhl.
Le 27, la marche versl'Inn fut continuée. Le duc d'Istrie se porta sur Mùhldorf , où il passa l'Inn. Le duc de
Montebello erriva quelques heures après, passa la rivière, et fit see dispositions pour se porter sur la Salza, par une marche de nuit. La réserve de cavalerie , et une partie de la garde impériale qui venait d'arriver sous les ordres du comte Walter, furent aussi dirigées sur Mùhldorf , par la route de Neumark. Le corps wùrtembergeois s'y porta depuis Wilsbibourg, laissant Neumark à droite. L'Empereur lui-même partit de Landshut le 27 à midi , et arriva le soir à Mixhldorf. Il fut mandé au duc de Dantzig d'accélérer sa marche sur Salzbourg. Quant au prince d'Essling, il avait débloqué Passau par s^ seule apparition ; ce même jour, 27 au matin , il passa i'Inn près de cette ville.
Le deuxième corps se porta, le 28, sur Burghausen et y passa la Salza. Le huitième fut envoyé par la riye gauche de rinn dans la direction de Braunau.
Le quatrième se porta sur Scharding.
Les débris des corps des généraux Hiller et archiduc Louis n'opposaient aucune résistance. Ils fuyaient; mais ils brûlfûeQt les ponts derrière eux.
L'Empereur arriva de sa personne à Burghausen le 28 à midi ; la rupture du pont sur la Salza retint le quartier-général dans cette ville. Par la même rai-r son , la cavalerie de la garde et celle de la réserve restèrent en arrière à Âltr Œtting.
De Burghausen, le 29, l'Empereur fit écrire au duc de Dantzig : « Sa )) Majesté pense, M. lo Mai'échal, » que vous serez aujourd'hui à Salz- )> bourg , et que vous aurez aussitôt en- » voyé un détachement pour délivrer le )) fort de Kufstein, que les rebelles » tiennent bloqué. Occupez-vous de )> faire désarmer les habitants du Tyrol; » punissez sévèrement tout ce qui se- )) rait enclin à la révolte. Envoyez de » forts partis sur le chenûn de Spital',
L'EUFIEE.
» en Carinibie, afin d'avoir des nou- » Yelles d'Italie. Il est important que » vous soyez éclairé à quinze ou dix- » huit lieues sur cette route, {larce que, » sans cette précaution , des colonnes a ennemies , venant dltalie , pourraient » se porter sur vous, avant que vous n'en » fussiez instruit. Envoyez également » des détachements d'une force res- » pectable du côtédlnspruck , avec de » l'artillerie. Publiez une proclamation » qui fasse sentir aux Tyroliens leur » égarement et les malheursqui les men nacent, s'ils continuent de prêter To- » reille aux suggestions de F Autriche.
» Dirigez le général Wrede sur Strass- V walchen ; et que de là il pousse des )) reconnaissancessurLambach.Jevous » préviens que l'intention de l'Empe- )> reur est d'occuper Salzbourg comme » une place forte ; il faut la mettre en » état de défense, et y former des ma- » gasins pour nourrir trois mille bom- » mes pendant trois mois. L'Empereur » voudrait que, d'ici à huit jours, la » citadelle .fût à l'abri d'un coup de » main» et année au moins de douze ^ pièces en batterie. »
Telles étaient les dispositions prescrites par l'Empereur, pour la soumission du Tyrol. La révolte de ce pays était non seulement d'un dangereux exemple, mais elle pouvait encore inquiéter sérieusement les derrières de Farmée, pendant la marche sur Vienne.
Les Bavarois furent à Salzbourg un jour plus tard que Napoléon ne l'avait compté. Le général autrichien Jellachich avait fait sa retraite sur cette ville en quittant Munich. Le 29, il approchait de Salzbourg, lorsque son avant-garde rencontra celle du comte de Wrede qui s'était portée sur Salzbourg par la route de Lauffen , à la même époque où /es Autrichiens avaient repasse 1*1 nn , et où le gros de Tarmée française arr/vart
sur cette rivière. Les Autrichiens et les Bavarois furent bientôt aux prises. Les corps de bataille des deux partis soutinrent leur avant-garde; mais les Autrichiens furent culbutés. Les Bavarois, les poursuivant chaudement, entrèrent pêle-mêle avec eux dans Salzbourg.
Depuis ce jour, le corps de Jellachich, très affaibli, ne conserva plus d'ensemble.
Le duc de Montebello , entrant le 30 dans Braunau , reçut l'ordre de partir pour Ried, et de faire en sorte que son avant-garde y fût rendue le l*' mai. Le corps wurtembergeois s'arrêta à Braunau , et travailla à la réparation du pont. L'Empereur, le quartier-général, la garde, la réserve, passèrent la Salza à Burghausen, le 30 au soir, sur un pont réparé par les soins du comte Bertrand, général en chef du génie. Il fut prescrit au duc d'Istrie, qui avait repris le commandement de la réserve de cavalerie, depuis que sa mission particulière était terminée, de marcher sur Ried, et, parvenu à ce point , de suivre le Chemin deLintz qui est à gauche. Le prince d'Essling, qui était à Scharding, eut aussi l'ordre de se diriger sur Lintz. La garde impériale, tant h pied qu'à cheval , fut envoyée à Braunau par la rive gauche de l'Inn. Ce même jour, le Major-général écrivit au duc de Dantzig, de faire poursuivre , par un détachement de dix mille hommes, la colonne de Jellachich, que l'on savait s'être retirée sur Rastadt.
Le l"" mai , Napoléon arriva à Braunau. Le duc de Montebello suivait l'ennemi sur Ried. Le duc de Reggio formait avec ses grenadiers l'avant-garde du deuxième coi'ps. Il rencontra entre Altheim et Ried un bataillon séparé du corps du général Hiller. Ce bataillon, qui se trouvait sans artillerie et sans cavalerie pour le soutenir, fut enlevé.
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Le même jour, le duc de Reggio dépassa Bied, et ramassa encore deux à trois ceQtsprisonniersavec plusieurs voitures de bagage.
Le huitième c<M*ps arrivait sur Altheim en arrière du deuxième. D' Altheim, ce corps devait se rendre à Ried, et de là se mettre en communication par sa gaache, sur la route de Scharding à Lintz,avec le corps du prince d'Essling ; tandis qu'il se lierait par sa droite, sur la route de Ried à Lambach, avec le duc de Hontebello. La destination des Wûrtembergeois était ainsi de servir de communication entre les deuxième et quatrième corps, et d'éclairer l'armée ducôtédeWels.
Le duc distrie eut Tordre de faire &ire un mouvement général à sa cavalerie l^ère , et d'en envoyer une partie en avant sur Haag , une autre à gauche sur Lintz pour se lier avec le prince d*Essling, et une troisième à droite surStrasswalchen, pour entrer en communication avec le général de Wrede qui devait y être arrivé. Le duc de Dantzig occupait Salzbourg. Le prince d'Eckmûhl avait des ordres pour réunir fion corps à Passau , afin de pénétrer de là en Autriche par Lintz, où il devait être rendu le 5 ou le 6. Les divisions Dupas et Rouyer étaient destinées à rester en arrière, le long du Danube, pour entretenir la communication de la grande-Armée avec le prince de Ponte-Corvo qui s'avançait.
Le prince d'Essling pressait sa marche sur Lintz. Son objet était de s'emparer du pont sur la Traun, et même, s'il était possible, du pont du Danube. On lui mandait du quartier-général que peutr-étre l'ennemi essaierait de défendre la Traun à Ebersberg, où la position était à son avantage; mais que, pour l'en débusquer, l'Empereur ferait passer la Traun à Lambach , où la
position est à l'avantage de la rive gauche. On recommandait au princed'Essling d'envoyer des partis sur Wels, afin d'opérer sa jonction avec les corpç du centre que dirigeait l'Empereur en personne. A cette époque , on savait que l'armée de l'archiduc Charles était rentrée tout entière en Bohême , et c'est ce qui avait décidé le rappel du prince d'Eckmûhl. L'armée autrichienne , d'après les notions les plus sûres, se portait sur Budweis. Mais l'Empej'eur avait calculé qu'elle ne pouvait pas arriver vis-à-vis de Lintz avant le 7 mai ; ce qui faisait présumer à Sa Majesté queFArchiduc chercherait plutôt à foire sa réunion sur Krems , avec les restes des cinquième et sixième corps de son armée.
Le grand quartier-général fut établi le 2 à Lambach. Ce jour, le duc de Montebello arrivait à Wels ; le prince d'Essling à Lintz. Le général autrichien Hiller continuait sa retraite par la grande route de Lintz h Vienne. Le duc d'Istrie , qui était arrivé à Wels avec sa cavalerie légère , eut l'ordre de poursuivre et de presser vivement l'ennemi; les divisions de cuirassiers furent aussi dirigées sur Wels. La division Claparède suivait d'un autre côté l'ennemi sur la route deLintzàEnns.L'enncmi serré de près se détermina à prendre position à Ebersberg , derrière la Traun , près de l'embouchure de cette rivière dans le Danube. L'armée de Ililler, à laquelle étaient venus se rallier plusieurs bataillons de la Landwher , présentait environ trente mille hommes sous les armes. Le prince d'Essling talonnait l'arrière-garde autrichienne , tellement que les troupes de la division Claparède passèrent le pont sur la Traun , en même temps que l'ennemi , et pénétrèrent dans Ebersberg. Il s'en suivit un corn- I bat très vif, pendant lequel les obus
L'ËMPIBE.
lancés par les troupes deHiller, qui bordaient les hauteurs , au delà d'Ebersbergt enflammèrent une partie de la ville, ainsi que le pont qui fut très endommagé. Les troupes du quatrième corps, qui venaient au secours de la division Claparède, furent forcéesde s'arrêter jusqu'à ce qu'on eût rendu le pont praticable.
Pendant trois heures que dura ce travail , l'intrépide division Claparède soutint l'effort des Autrichiens avec un courage au dessus de tout éloge.
Le prince d'Essling étant parvenu à détourner les flammes, et à ouvrir un passage , la division du comte Legrand , du quatrième corps , vola au secours de Claparède. Le comte Durosnel , accourant par la rive droite de la Traun , avec mille chevaux de la réserve , rejoignit les deux divisions d'infanterie.
L'ennemi abordé à son tour quitta bientôt le champ de bataille , et se sauva précipitamment , laissant dans Ebersberg 1,000 morts, 4 canons et 2 drapeaux. Dans la poursuite, les Français flrent encore aux Autrichiens un millier de prisonniers. Le général Hiller arriva la nuit à Enns, fit brûler le pont, au delà de cette ville sur la rivière du même nom, etcontinua en diligence sa retraite sur Vienne.
De Wels , où il était le 3, l'Empereur fît donner l'ordre au quatrième corps de poursuivre vivement l'ennemi sur Enns, et de rétablir le pont. Le deuxième corps fut envoyé sur Steyer. Les cuirassiers amtonnèrent entre Ebersberg et Enns. Le quartier-général impérial fut dans cette dernière ville le 4. On attendait le même jour 16 troisième corps à Lintz. Les Wùrtembergeois furait prévenus qu'aussitôt que le prince d'Eckmùhl serait arrivé à Lintz , ils passeraient sous ses ordres. Ce fut à Enns que l'Empereur arrêta la formation d'une division de réserve composée
d'un régiment d'in&nterie wûrIemNr** geois, d'un bataillon bavai'ois, d'un régiment d'infanterie du grand-duc de Berg, de cinq régiments provisoires de dragons et d'un régiment de hussards de Bade. Cette division fut confiée au baron de Beaumont. Ses instructions portaient : d'avoir son quartier-général à Augsbourg , à la sûreté de laquelle il devait spécialement veiller , comme sur une place de la première importance; d'empêcher les Tyroliens de déboucher de leur pays, pour faire des incursions; d'arrêter les insurrections partielles qui pourraient éclater en Souabe ou en Bavière; de s'opposer aux petits partis autrichiens qui sortiraient de la Bohême; de veiller avec le plus grand soin à la sûreté des derrièresde l'armée , ainsi qu'à celles des états de Bavière , de Wurtemberg et de Bade. Les résidents de France près de ces cours furent instruits de ces dispositions , par lesr quelles l'Empereur garantissait de toute insulte et de tout danger les princes de la Confédération du Bhin.
Sur les frontières de l'Empire, à May ence, à Strasbourg, le maréchal duc de Valmy organisait des bataillons pro* visoires formés des conscrits qu'on lui envoyait des dépôts de l'intérieur, et les faisait filer successivement sur Augs* bourg, d'où ces corps étaient ensuite envoyés à la Grande-Armée. De cette manière, l'armée se renforçait en avançant, et voyait ses pertes réparées.
On s'occupa le 4 de jeter un pont sur l'Enns et de rétablir celui que les Autrichiens avaient brûlé. Le colonel du génie baron Blein fut chargé de tracer une tête de pont à Enns , et une autre à Ebersberg, pour assurer, en cas de retraite , le passage de l'Enns et de la Traun , et les défilés qui sont entre les deux rivières. Ainsi Napoléon victorieux prévoyait la possibilité de» revers;
CAMPAGNE M laOd.
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kxsquetoat lui présageait de nouveaux succès , il donnait par cet esprit de prévoyance un exemple mémorable aux généraux de tous les siècles.
Le quartier-général impérial resta les 4, 5 , 6 et 7 àEnns. L'Empereur fit instruire, en ces termes, le prince de PoQte-Gorvo de la situation de Tarmée :
« Le prince d'Essling est à Enns ; les 9 cuirassiers sont derrière lui: le duc » de Ifontebelio , à Steyer avec la cava- » lerie légère de la réserve. Le prince . » d'Ëckmûhle8tàLintz,ayantle huitiè- » me eorps auprès de lui , sous ses or- » dres. Le duc de Dantzîg est à Lam- » bach etSalzbourg. L'archiduc Charles » n'a pas pu rejoindre , à Lintz , les dé- » bris des corps des généraux Hiller et » archiduc Louis, dont nous avons » achevé la défaite à Ëbersberg. 11 est à » présumerquerennemi va manœuvrer » pouropérer sa réunion à Krems; mais » nous espérons y ôtre avant lui. Il
corps enmouvementpourpaaserrEnns, et de continuer ensuite sa route sur Amstetten. Les divisions de cuirassiers Nansouty etSaint-Sulpice eurent l'ordre de se rendre dans le même lieu. Il fut enjoint au duc distrie de se porter avec le reste de la réserve sur Molk. Le duc de Montebello eut la même destination.
Il fut ordonné au général comte Walter de faire partir les tirailleurs et les fusiliers de la garde en avant des cuirassiers, pour marcher sur Amstetten. La vieille garde et toute la cavalerie de la garde devaient se rendre à Strenberg, après le départ de l'Empereur.
Le 7 , dans la journée , le grand quartier-général arriva à Môlk; le quatrième corps et les cuirassiers eurent Tordre de se rendre dans cette ville.
On écrivit au prince d'Ëckmùhlde faire filer deux divisions de son corps d'armée, l'une sur Enns, Tautre sur Môlk.
Le8, le quartier impérial resta à Mélk;
B n'aura plus de ressources que Vienne. | le 9 , il fut à Saint^Pôlten. La garde, » Quant à vous , Pi*ince, l'intention de ! tant à pied qu'à cheval, eut l'ordre de
» l'Empereur est que vous arriviez à » Passau le plus promptement possible.
se rendre à Neumark. Il fut mandé au duc de Montebello d'envoyer en toute
\lors réuni à la division Dupas , vous { diligence la division Saint-Uilaire à
» serez tout-à-fait en ligne et vous for- > m^^zla gauche de l'armée. »
Le duc de Dantzig avait mandé que quatre bataillons qu'il avait envoyés pour débloquer Kufstein, avaient été repoussés. « Pu'sque quatre bataillons » n'ont pas été sufiisants, » lui fit répondre l'Empereur, en date du 26, a n'envoyez plus de petits renforts.Mar- » chez vous-même; écrasez les rebelles; » brûlez leurs villages; faites passer par » les armes ceux' qui toniborout entre 9 vosuiiiins; menacez luspiuck. !>lais >» avant de partir, assurez Salzbourg par » une bonne garnison, et, au besoin, » (aites-y revenir la division de Wrede. »
Le prince d'Essling reçut le 6 l'ordre de mettre le ieiiflemain malin tout son
Mautern, pour forcer l'ennemi à évacuer totalement la rive droite du Danube, et à brûler son pont. Ce mouvement devait être soutenu par les cuirassiers du général Espagne. Il fut également prescrit au ducde|Montebellode détacher les grenadiers du duc de Reggio, pour forcer à la retraite l'infanterie ennemie qui paraissait vouloir tenir dans le détilé de Siegards-Kirchen , sur la route de Vienne.
Cette opération faite , le duc de Montebelio devait établir son quartier-général à Siegards-Kirchen. La cavalerie légère de la réserve marchait avec le deuxième corps d'armée.
Les cuirassiers Nansouty et Saint- Sulpice furent dirigés sur Saintr-Polten.
Le prince d'Essling eut l'ordre d«
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porter 8on quartier-général à Saint- Pôlten» et d'établir son corps en échelons, la tète à Saint-Pôlten et la queue àMôlk.
Le Major-général mandait au prince d'Eckmûblque Ton supposait quedeux de ses divisions étaient en marche de Lintz sur Môlk ; que cependant TEnh pereur le laissait maître de ses mouvements, et qu'il pouvait lui-même se porter sur Enns ou rester encore à Lint2, suivant ce qu'il jugerait convenable. 11 lui était recommandé de faire filer des partis de cavalerie et d'infanterie, moitié français, moitié wùrtembergeois, sur Walsee , Ips et Steyer ; d'entretenir toujours à Enns un bataillon de troupes de Wurtemberg avec un officier intelligent; et d'avoir des postes au confluent de l'Enns avec le Danube, afin de surveiller Mauthausen et la route de la Bohême qui aboutit à ce point.
L'avis fut donné au prince de Ponte- Corvo que tout ce qui restait de troupes au général Hiller, ayant repassé le Danube à Krems, se portait sur la Bohême ; et que l'Empereur marchait sur Vienne, qui, disaitron, voulait se défendre. Sa Majesté , se trouvant à une trop grande distance du prince de Ponte-Corvo pour pouvoir diriger ses opérations, fit ajouter qu'elle s'en rapportait à son zèle et à son habileté, l'in* vitant seulement à se rapprocher le plus vite possible de Lintz où il trouverait le huitième corps qui devait y rester après le départ du prince d'Eckmùhl.
Le 9, à huit heures du soir, le duc de Montebello reçut l'ordre de porter tout son corps à Vienne, dès le lendemain à deux heures du matin. Il devait être soutenu par les divisions des comtes Nansouty et Saint-Sulpice. Le prince d'Essling reçut les instructions pour suivre en seconde ligne le duc de Mon-
tebello, et partir à trois heures. U fut mandé en même temps au prince d'Eckmùhl d'envoyer toute sa cavalerie légère directement à Mautern, pour couvrir, du côté du Danube, le flanc gauche de l'armée, pendant sa marche sur Vienne. La division du comte Gudin, du troisième corps, devait venir se con« centrer à Saint-Pôlten ; et le reste du corps filer sur Môlk.
Le 10, le mouvement sur Vienne s'exécuta comme il avait été prescrit la veille. L'Empereur se rendit de sa personne à l'avant-garde, et parut à neuf heures du matin , avec la tête du deuxième corps, aux portes de la capitale de rÀutriche.C'était le même jour, juste un mois après que l'armée autrichienne avait passé l'inn, pour envahir la Bavière, se faisant précéder de proclamations qui annonçaient des prétentions et des espérances exagérées.
L'archiduc Maximilien, beau-frère do l'empereur d'Autriche, commandait dans Vienne; il manifesta l'intention de faire de la résistance. La garnison de Vienne était composée de dix bataillons de Landwehr d'Autriche, dix bataiUons de troupes de ligne et quatre escadrons de cavalerie , faisant environ seize mille hommes. Comme les (aubourgsn'étaient pas susceptibles de résistance, et que le chemin couvert n'était pas même palissade, la défense était bornée aux remparts de la place. L'empereur Napoléon, voyant avec peine un projet de résistance aussi déraisonnable quinutile, et qui compromettait une ville que son intention était de ménager, fit venir au château de Schônbrunn une députation des huit faubourgs de Vienne. Il chargea cette députation de se rendre dans la cité pour porter à Farchiduc Maximilien une lettre qu'il lui fit écrire par le prince de Neuchàtel, et qui était ainsi conçue :
Sf.9
Cl Monseigneur, le duc de Montebello » a envoyé ce matin à Votre Altesse » un officier parlementaire , accompa- » gné d'un trompette. Cet officier n'est » pas revenu. Je la prie de me faire » connaître quand elle est dans Tinten- » tion de le renvoyer. Le procédé peu » usité qu'on a employé dans cette cir- » constance m'oblige à me servir des 3» habitants de la ville pour commun!- » quer avec Votre Altesse.
» Sa Majesté l'Empereur et Roi, mon » souverain, ayant été conduit à Vienne » par les événements de la guerre, dé- » sire épargner à la grande et intéres- B santé population de cette capitale, les » calamités dont elle est menacée, et » me charge de repsésenter à Votre Al- » tesse que si elle continue à vouloir » défendre la place, elle occasionnera » la destruction d'une des plus belles j» villes de l'Europe, et fera supporter » les malheurs de la guerre à une raul- » titude d'individus que leur état , leur B sexe ou leur ftge devraient rendre » étrangers aux maux causés par les ar- » mes.
n L'Empereur , mon souverain , a » manifesté , dans tous les pays où la » guerre l'a fait pénétrer, sa sollicitude » pour éviter aux populations non ar- » mées de pareils désastres. Votre Al- » tcîîse doit être persuadée que Sa » Majesté est sensiblement affectée de » voir toucher au moment de sa ruine » cette grande ville ; elle regarde » comme un titre de gloire de l'avoir » déjà sauvée.
» Cependant , contre l'usage élabli » dans les forteresses , votre Altesse a » fait tirer du côté du faubourg; et ce » canon pouvait tuer, non un ennemi » de votre souverain , mais la femme 0 ou l'enfant d'un de ses plus zélés » serviteurs. J'ai l'honneur de faire 1» observer à Votre Altesse que pondant
» celte journée, l'Empereur s'est refusé » à laisser entrer aucune troupe dans » les faubourgs, se contentant seule- » ment d en occuper les portes , et de » faire circuler des patrouilles pour w maintenir l'ordre. Mais si Votre Al- » tesse continue à vouloir défendre la » place, Sa Majesté sera forcée à faire » commencer les travaux d'attaque ; » et la ruine de cette capitale sera con- )) sommée en trente-six heures par le » feu des obus et des bombes de nos )) batteries, comme la ville extérieure » sera détruite par l'effet des vôtres. » Sa Majesté ne doute pas que toutes » ces considérations n'influent sur Vo- » tre Altesse , et ne l'engagent à re* )) noncer à un projet qui ne retarderait )> que de quelques moments la prise » de la ville. Je prie Votre Altesse de » me faire connaître sa dernière réso- » lution. »
On ne fut pas peu surpris de voir qu'à l'entrée de la députation des faubourgs dans la cité, le feu des remparts redoubla. L'Empereur, obligé d'agir malgré lui, se porta avec le prince d'Essling sur le bras du Danube qui sépare le faubourg de Leopoldstadt de la ville , et ordonna que deux comiwignîes de voltigeurs occupassent un petit pavillon sur la rive droite, du côté du faubourg , pour protéger la construction d'un pont. Un bataillon de grenadiers ennemis qui défendait ce poste, fut chassé par les voltigeurs français et par la mitraille de quinze pièces d'artillerie qu'on amena sur ce point.
A huit heures du soir, le pavillon était occupé, et les matériaux de pont étaient réunis. A neuf heures, une batterie de vingt obusiers, construite à cent toises de la place , commença le bombardement : dix-huit cents obus furent lancés en moins de quatre heures. L'archiduc Maximilien envoya le 11, à une
L'EMMRB.
heure du luatîn , deux balaillons qui s'avancèrent en colonne serrée, pour reprendre le pavillon d'où les Français soutenaient K souvriers qui travaillaient au pont. Le feu réuni des deux compagnies de voltigeurs et de rjutillerie, repoussa cette colonne , qui essuya une grande perte.
Après cet événement , l'archiduc Maximilien s'étant déterminé à remettre le commandement de Vienne au général O'Reilly , lit passer les différents hras du Danube à la plus grande partie de la garnison, passa lui-même ce lleuve, et Lrùla les ponts après lui. L'Empereur consentit à recevoir la place de Vienne des mains du général O'Reilly, en vertu d'une capitulation.
Tout vv qui concernait la sûreté des I)ropriétf'»s et la tranquillité des citoyens fut soigneusement prévu ; ce qui restait de troupes ou garnison dans Vienne , et qui montait à deux mille hommes, fut fait prisonnier de guerre.
L'Empereur fit son entrée dans i Vienne le 12, et parcourut la ville aux acclamations des habitants. Sa Majesté revint ensuite à Schônbrunn, où son quartier-général fut fixé. Lag:jrde impériale resta auprès de l'Empereur. Le deuxième corps et les trois divisions de cuirassiers furent établis dans la ville. Toute la cavalerie légère de la réserve fut répartie depuis Mautern , sur le Danube , jusque vers Neustadt , au midi de Vienne , sur la roule de la Styrîo. Le corps du prince d'Essling prit position entre Sioghards-Kirchen et Vienne. Les corps en arrière continuèrent leurs m(;uvements, chacun suivant ses instructions. Tous reçurent lavis de la piise de Vienne. On leur écrivît que TalTinre principale du moment était de se reposer , de rallier les troupes et de se procurer des barques pourdominer et bien éclairer leDunube.
Cependant, quelque important qu*il fût de surveiller ce qui se passait sur ce fleuve, assez bien pour ne point avoir d'inquiétude de ce c^té, l'Empereur ne voulait pas qu'on hasardât aucune expédition qui pût compr(Hnetr tre les troupes. Il fit blâmer par le Major-général le maréchal prince d'Eckr mùhl , parce qu'il avait souffert que le comte d'Unsbourg dont le corps était sous ses ordres , eût envoyé des patrouilles de trois à quatre cents hommes sur la rive gauche du Danube, en s*en fonçant dans les terres. « La guerre,» lui faisait écrire l'Empei-eur, « a des » principes ; et on ne compromet point )) de braves soldats , lorsque , suivant » les règles, la retjraite n'est point as- » surée. Une colonne de quatre cents )) hommes, longeant la rive gauche du » Danube, peut à tout instant courir )) des dangers. Ces mouvements n*ont » aucun résultat intéressant pour Tar- » mée ; et ils donnent des chances à » l'ennemi pour obtenir de légers suc- » ces qui lui inspirent de la hardiesse. » On peut envoyer de Lintz quelques D petits détachements de Talitre côté » du Danube , pour avoir des nouvel^- » les de l'ennemi, avec l'ordre de ren- » trer lorsqu'ils auront rempli leur )) mission. Sa Majesté me charge en* » core de vous mander que le comte » d'Unsbourg a été autorisé à garder la » tête du pont de Lintz, mais nullement )) à entrer en Bohême; et il a eu grand » tort d'aller à Freystadt. Ne perdez pas » de vue que l'Empereur ne manœu- » vrant que sur une rive du Danube, il » fautquetoutrentre dans ce principe.»
L'Empereur organisa le 13 le gouvernement de la ville de Vienne. Il nomma gouverneur le général de division comte Andréossy. Un général de brigade fut désigné pour commandant d'armes. La garnison' de la place fut^composée des
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freoadieré da duc de Reggio , et d*un régiment wurtembergeois qui se trouvait avec le corps du prince d'EssIing, ei qui en fut détaché.
Le gouverneur de Vienne eut l'ordre de faire désarmer les habitants sans distinction, et de prévenir par une proclamation ceux qui garderaient des armes, qu'ils seraient traduits devant une commission militaire. Ce désarmement achevé, l'Empereur se réservait de créer une garde nationale composée de bourgeois de Vienne.
Dès le jour môme de l'entrée de Tnrmée dans cette capitale, le général comte Songis, en qualité de commandant de Tartillerie, et le général comte Bertrand, comme commandant du génie, avaient eu l'ordre de reconnaître le Danube et de faire les préparatifs nécessaires pour Jeter un pont entre Vienne et Presbourg. Le point d'Ebersdorf, à deux lieues au dessous de Vienne, ayant été choisi, les travaux commencèrent, et le prince d'Esslinj^ eut l'ordre de les protéger avec la division du comte Moiitor, dont il prit le commandement en personne. L'ennemi n'inquiéta nullement cette construction , et pendant les journées des if^, 15, 16, 17 et 18, on n'aperçut aucun parti autrichien un peu considérahlo sur la rive gauche du Danube. L'ouvrage fut poussé avec la plus grande célérité; et l'armée pleine d'ardeur vit approcher le moment désiré où il n'y aurait plus d'obstacles entre elle et l'armée ennemie.
Dans le même temps que Napoléon, suivant ses premiers avantages avec vigueur , avait achevé de disperser l'ennemi, envahi l'Autriche et subjugué sa capitale , il s'était passé plusieurs événements importants sur les derrières, sur la droite et sur la gauche de la prin* cipale armée.
En Italie , la fece des affaires avait entièrement changé. Aussitôt que le prince Vice-Hoi eut reçu le courrier qui lui apportait le nouvelle de la victoire d'Eckmûhl , il se mit en mouvement pour prendre l'offensive. Le général autrichien, instruit de son côté des désastres de son parti, changea de rôle, et prépara la retraite , qu'il ne tarda pas à commencer. Il n'y eut aucune rencontre jusqu'au 8 mai. Ce jour, Tarmée d'Italie passa la Piave, et trouva l'armée autrichienne en position à San-Salvador. Le combat s'engagea; il fut sanglant , et dura depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir. Les Autrichiens furent battus; ils perdirent 6 pièces de canon , et on leur fit plusieurs milliers de prisonniers. Le 11 , l'armée d'Italie passa le Tagliamento.
Les Autrichiens voulurent encore défendre les hauteurs de San-Daniel ; mais toutes leurs positions furent successivement emportées à la baïonnette. Les troupes françaises entrèrent à Udine et àPalma-Nova.
L'armée d'Italie, poursuivant toujours l'ennemi, occupa, le 16, Tar\is en Carinthie. Le 17, le fort de Malborghetto fut enlevé d'assaut. Ce même jour , l'archiduc Jean entrait à Villach avec le huitième corps autrichien; il détacha le lieutenant général deGiulay, à la tête du neuvième corps, pour s'opposer au duc de Tarente, que le prince Vice-Roi avait dirigé sur Goritz. L'archiduc Jean avait précédemment donné l'ordre au général comte dd Chasteler d'évacuer le Tyrol et de venir le joindre. Ce prince prit sa direction par Klagenfurt et Grâtz, dans le but d'aller se réunir , auprès de Raab en Hongrie, à l'archiduc Palatin, son frère, qui était campé sous le canon de cette place , à la tt te des troupes de Tinsurrection hongroise. L'armée d'Italie oc-
LEMMRE.
cupii successivement les lieux évacués par rennemî. Le duc de Tarente s'était emparé de Goritz le 15; il fit occuper Trieste, le 18, par le générai Schilt. Le 20, le prince Yice-Roi était déjà à Yillach; et le 21, lorsque les rives du Danube étaient ensanglantées par Tune des plus terribles batailles des guerres modernes, Tarmée dltalie, pressée d'arriver aux champs où ses frères d'ai^ mes cueillaient des lauriers, avait déjà des postes au delà de Klagenfurt. Le prince Vice-Roi transporta ce jour même son quartier-général dans cette ville.
Le duc de Raguse, chef de l'armée de Daimatie , avait aussi eu dos ordres )>our se rapprocher du principal théâtre de la guerre. Pendant qu'il était ciimpé auprès de Zara, il eut à soutenir plusieurs attaques de l'ennemi , et les repoussa toujours victorieusement. 11 était dans cette situation défensive, lorsque, dans les premiers jours de mai, il eut le premier indice des victoires de l'Empereur, par la retraite du général Stoichewich qui commandait devant lui. Ce général ennemi, apprenant que l'archiduc Jean gagnait à grandes marches la Hongrie, et qu'après la prise de Goritz, le duc de Tarente s'était porté sur Laybach et sur la route de Karlstadt, craignit d'être coupé par la suite de ce mouvement; il s'empressa de rétrograder pour aller rejoindre l'Àrchiduc, par Agram et Warasdin.
Le duc de Raguse se mit en marche en même temps que l'ennemi. Ayant appris les opérations du duc de Tarente, il se dirigea par Zeng et Fiume pour se réunir à cette portion de l'armée d'Italie. En quittant la Daimatie, et destiné à entrer en ligne avec la Grande- Armée, le corps du duc de Raguse prit la dénomination de onzième corps. Ayant atteint , le 11 , les Autrichiens qui
avaient pris position à Muntkitta, il lei attaqua et les chassa d'un poste avantageux, après un combat très rude, où le général Stoichewich fut fait prison* nier. Le colonel Rebrosvich, qui prit le commandement, se retira sur Karktadt, toujours poursuivi par le duc de Raguse, qui le chassa successivement de Gradschatz, de Gospich etd'Ottoscfaatz.
L'ennemi fuyant en toute hftte, et ne montrant ni pouvoir ni volonté détenir ferme, le duc de Raguse l'abandonna; conformément à ses instructions, il tourna sur sa gauche pour marcher en seconde ligne derrière l'armée d'Italie.
Il lui avait été mandé de Schônbrunn de couper le chemin de la Hongrie au corps du général Chasteler, et de maintenir la communication sur Grfitz pendant que le Vice-Roi suivrait sur Raab les corps autrichiens.
Dans le Tyrol, les affiaires avaient été chaudes et multipliées. L'exaltation des têtes et lesdiflScultés du terrain avaient concouru à rendre la guerre plus vive et plus opiniâtre dans cette contrée.
Quoique abandonnés par les Autrichiens qui avaient commencé à évacuer le Tyrol, aussitôt qu'ils avaient appris la défaite de l'archiduc Charles à Eckmûhl, les Tyroliens entêtés dans leur révolte, combattaient seuls, et avaient repoussé les premières troupes qui s'étaient présentées pour débloquer Kufstein, l'une des principales entrées de leur pays. Mais d'après les nouveaux ordres de l'Empereur, le maréchal duc de Dantzig réunit son corps d'armée à Salzbourg, et se porta sur Kufistein avec des forces imposantes. Les rebelles n'osèrent pas l'attendre. Le 12 mai, les environs de cette forteresse furent délivrés de leur présence.
Le duc de Dantzig se mit à la pour^ suite des insurgés ; il les chassa de poste en poste , de montagne en montagne.
CAMPAC.NE DK J80i).
Néanmoins fls se réfugiaient dans leurs âpres rochers; ils se ralliaient, revenaient à la charge et ne cédaient le terrain qu'en faisant acheter, par des torrents de sang, chaque pas qu'on gagnait sur eux. Les Bavarois et les Tyroliens se battirent avec acharnement à Saint- Jean , à Rattenberg , à Worgel , à Schwatz. Ce dernier endroit fut pris d'assaut par les troupes bavaroises ; le carnage y fut horrible ; et la ville fut brûlée. La suite de ces dîflérents combats fut de rejeter les insurgés sur Inspruck. Chasteler avai^ déjà fait sa retraite par Sternach et Lientz en Carinthie. Il avait cependant laissé dans le Tyrol deux à trois mille hommes sous les ordres du colonel Buol. Lorsque les Bavarois se présentèrent devant Inspruck , les insurgés demandèrent une suspension d'ai*mes qui leur fut refusée ; ils se rendirent alors k discrétion, et remirent Inspruck au duc de Dantzig, le 19 mai.
A cette même époque, le Maréchal reçut une lettre qui lui avait éié écrite du quartier-général impérial le 17, par laquelle l'Empereur lui prescrivait, aussitôt qu'il se serait emparé d'Inspruck , de frapper l'esprit des Tyroliens par des proclamations énergiques, où il leur peindrait tout le mal que leur avaient causé les Autrichiens. Il était recommandé en même temps au duc de Dantzig de donner de fréquentes nouvelles du corps de Chasteler ; et si ce général ennemi tombait entre ses mains, de faire exécuter en vingt-quatre heures l'ordre du jour qui le concernait. Cet ordre, daté du quartier impérial d'Enns, le 5 mai, portait que l'empereur des Français , considérant Chasteler comme étant hors du droit do la guerre, le condamnait, s'il était saisi, à être fusillé, comme chef de brigands, pour avoir laissé massacrer en sa prévu.
sence des prisonniers français par des paysans tyroliens.
Dans le grand-duché de Varso\ie, les choses se passèrent comme on avait pu le prévoir. Après la capitulation de Varsovie , le prince Poniatowski attendait, sur la rive droite de la Vistule, l'occasion de reprendre l'offensive, lorsque plusieurs circonstances lui donnèrent lieu de le faire avec succès. L'archiduc Ferdinand , ne soupçonnant pas que les opérations de l'archiduc Charles auraient une aussi déplorable issue, crut, après s'être fait remettre Varsovie, qu'il pouvait suivre sans obstacles ses avantages, et il se porta sur Thorn , dont il s'empara.
Pendant qu'il s'avançait vers le nord, le prince Poniatowski , ayant appris ce qui s'était passé en Bavière, se hftta d'organiser la levée en masse de la partie du Grand-Duché , située sur la rive droite de la Vistule , et il attira encore à lui bon nombre d'hal)itants de la Gallicie autrichienne , qui brûlaient de redevenir libres et Polonais. Le prince Poniatowski forma de toutes ces recrues plusieurs régiments qui furent bientôt dressés et armés. Se voyant en forces, et l'ennemi éloigné, il pénétra dans la Gallicie qui était dégarnie de troupes.
Il occupa Lublin le 14 mai ; força, le 18, Sandomir de se rendre par capitulation ; prit Zamosc d'assaut , et poussa des partis jusqu'auprès de Lemberg.
L'archiduc Ferdinand fut forcé de revenir précipitamment de Thorn. A son retour, instruit des malheurs de la grande armée autrichienne , il ne pensa plus qu'à évacuer le Grand-Duché , et à faire sa retraite sur la Silésie.
Le prince Major-général écrivit le 18 mai au prince Poniatowski , de la part de l'Empereur : « Sa Majesté est sati&- » faite de vos opérations et du bon es- » prit qui anime le Duché. Elle présume
L'EMPIRE
» que vous êtes reutré dans Yareovie » abandonné par Tarchiduc Ferdinand- » Vous ètea le maître de vous appro- » cher d'OImûtz, ou de vous jeter en n Siiéaie. Le principal but de vos opé- » rations doit être de tenir en échec » un corps ennemi égal au vôtre, » et de vous rapprocher de TEmpe-- » reui*«
» Sa Majesté fera vraisemblablement » passer demain le Danube à son armée » pour tomber sur les corps de l'armée » ennemie qui se sont sauvés sur la rive » gauche du fleuve. Il est à présumer » que quand vous recevrez cette lettre, )» nous serons plus près de vous. Exci- » tez Finsurrection de la Gallicic : elle » fournira des bataillons utiles. Recru- » tez, et augmentez votre armée par » tous les moyens possibles : cela est » de la dernière importance. Quant à » Farmée russe , l'Empereur a reçu des » lettres de Pétersbourg, du 28 avril; » et ce môme jour l'ordre était donné ji à cette anidée d'entrer en Gallicie. » Nous faisons cause commune avec les » Russes : ainsi n'ayez aucune inquio- » tudede ce côté.»
Effectivement, très pou de temi^s après, quarante mille Russes, sous les ordres du lieutenant-général prince (iallitzin, pénélrèi^nt dans la partie de la Pologne appartenîint aux Autrichiens, précédés d'une proclamation qui annonçait la part que l'empereur de Russie, comme fidèle allié de celui des Français, voulait prendre à la guerre prosente , en faveur de la France contre
l'Autriche. Les Russes marchèrent sur Lemberg qu'ils occupèrent.
Pendant ces grands noouvements, l'archiduc Charles n'avait pas dépassé les frontières de la Bohême. Occupé de recruter son armée , et de réparer son matériel qui était dans le plus mauvais état, il avait marché constamment depuis sa retraite en Bohême, mais avec lenteur, et sans tenter aucune des diversions qu'on avait supposé qu'il hasarderait pour retarder les progrès de Farmée française. Le 3 mai, F Archiduc avait transporté son quartier-général à Budweis sur la Moldau. Il en était parti le 6, et s'était avancé jusqu'à Meissau, lorsqu'il apprit la capitulation de Vienne. Cet événement, qui dérangea beaucoup ses calculs, le décida néanmoins à ac^ célérer sa marche pour se réunir au corps du général Hiller qui avait repassé le Danube à Krems, et pour venir offrir la bataille aux Français, lorsque ceux-ci déboucheraient sur la rive gauche du fleuve. Le 16 mai, FArchi duc atteignit le pied du Bisamberg ; il rassembla son armée dans la plaine qui est au bas de cette montagne , et lui fit prendre ensuite une position vis-à-vis do Vienne. Il mit son quartier-général à Engersdorf , près de la chaussée de Vienne à Brunn. La chaîne de ses avant-postes s'étendit d'un côté jusque vers Presbourg , de l'autre jusqu'auprès de Krems. Dans cette situation , FArcliiduc attendit que Farmée française se présentât sur la rive gauche du fleuve.