‹ Bibliotheque militaireChapitre 105 sur 614 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Causes de U décadence des légions.

On conserve encore aujourd'hui dans

propre, sa discipline, sa façon de'^ troupes le nom de légions, mais

vivre et de faire la guerre. Il est impossible que des troupes aussi mal assorties puissent bien agir de concert dans une afliiire où il est essentiel que tous les soldats se meuvent au même commandement. Des gens qui n'ont pas été dressés comme le reste de l'armée ne peuvent pas obéir également ni avec la même promptitude : cependant ces troupes étrangères ne laissent pas de devenir d'un grand secours ^ force d'exercices bien montrés. On les joignit toujours aux légions dans les batailles, comme armure légère; et si elles ne firent jamais la principale force des armées, on les comptait du moins pour un renfort utile.

Mais la l^ion romaine, composée de cohortes qui lui sont propres, réunit dans un même corps Tarmure pesante , c*est-à-dire les prince», les kasmires et les triaires; et les avant-enseignes , avec les légèrement armés, les férenlaires, les f ronfleurs et les arbalétriers, sans compter la cavalerie légionnaire qui lui appartient : or, toutes ces différentes parties n*ont^qu*un même esprit; elles sont d'inteUigence pour fortifier les camps y pour se mettre en bataille et pour combattre. La l^ion est donc en elle-même une armée en-

elles se sont abâtardies, depuis que, par un relâchement qui est assez ancien , la brigue a surpris les récompenses dues au mérite, et que par la faveur on est monté au grade que le service seul obtenait auparavant. On n'u pas eu soin de mettre de nouveaux soldats à la place de ceux qui se reti«* raient avec congé après le temps d^ leur service ; on a encore négligé de remplacer les morts, les déserteurs, ceux qu'on est obligé de renvoyée pour cause d'inQrmilé ou de maladie»

et tout cela Tait un si grand vide danSi les uoupes ,que, si on n'est pas ailentif à les recruter tous lea ans et mèw» tous les mois y l'armée la pitis nombreuse est bientôt épuisée. Ce qui a encore contribué à d^arnir nos légiooSj» c'est que le service y est dur, les armes pesantes, les récompenses tardives, la discipline sévère. La plupart des jeunes gens en sont effrayés, et prennent parti de bonne heure dans leaauxiliairesji oà ils ont moins de peine , et des récompenses plus promptes à espérer.

Caton l'Ancien y qui avait été souvent consul , et toujours victorieux à la tète des armées, pensa qu'il deviendrait plus utile à sa patrie en écrivant sur la discipline militaire, ^'U

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ne l'avâit été par ses victoires. Le fruit des belles actions est passager; mais ce qu'on écrit pour le public est d'une uiJlité durable.

Plusieurs auteurs ont iraité le môme sujet y surtout Frontin, dont les talens trouvèrent nn approbateur dans l'empereur Trajan. Ce sont les leçons, les préceptes de ces habiles écrivains que je rédige ici dans un abrégé le plus court et le plus fidèle qu'il m'est possible ; mais il n'appartient qu'à votre majesté de corriger les abus que les temps ont introdruils dans la milice, et de la remettre sur Tancien pied. Cette ré* forme, auguste empereur, dont les siècles à venir jouiront comme notre âge, serait d'auUint plus avantageuse, que de bonnes troupes bien disciplinées ne coûtent pas plus à entretenir que de mauvaises.

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