LIV. H
riger leurs coups et de se fortifier les bras. Les archers et les frondeurs dressaient pour but des fagots ou des bottes de paille , contre lesquels ils tiraient des flèches à six cents pieds de dislance; ils jetaient aussi des pierres avec le fustibale et frappaient souvent leur bot. Il faut dresser les frondeurs à ne tourner qu'une seule fois la fronde autour de leur tête avant que de lâcher la pierre; mais autrefois on exerçait tous les soldats à jeter à la main des pierres d'une livre; cette manière est plus expéditive parce qu'on se passe de fronde. On les obligeait encore à s'exercer sans cessai lancer les armes de jet ou les flècho plombées; et pour ne pas en interrompre Texercice pendant l'hiver, on construisait pour la cavalerie des man^ies qu'on couvrait de tuiles ou de bardeaux, et, à leur défaut, de roseaux, d'herbes de marais ou de chaume.
Pour l'infonlerie, on bâtissait des basiliques ou grandes salles couvertes»
afin d'avoir toujours des lieux à l'abri des injures de l'air pour y exercer les troupes lorsqu'il faisait mauvais temps; mais, dès que la pluie ou la neige cessait, on les exerçait à découvert, tant on craignait que la discontinuation du travail n'amollit le corps et le courage des soldats; on les accoutumait encore à abattre des arbres, à porter des fardeaux , à nager dans la mer ou dans les rivières, à marcher à grands pas et à courir avec armes et bagages. Ces exercices étaient ordinaires et fréquens , soit pour les légions, soit pour les troupes auxiliaires; car enfin, si le soldat bien .exercé souhaite le combat, autant celui qui est ignorant Tapprcliende. En un mot, qu'on se persuade qu'à la guerre l'art est au-dessus de la fui-ce; et si on Ole la discipline et l'exercice, il n'y aura plus de diflerence entre un soldat et un paysan.
VÊCÈCE ,