CHAPITRE XXXU
Des sièges.
L'attaque et la défense des places demandent beaucoup de capacité et de
ONOSANDER.
valeur de la part d'un général , ainsi qu'un grand appareil de machines. Il doit prendre des précautions infinies* et cacher ses desseins pour attaquer, ainsi que son adversaire pour se défendre. L'aniégé , quoique f^né à i\|entreprendre qu'en conséquence des attaques , connaît les dangers qui le nienaceot, et il peut Irouver des moyens pour ^*y opposer. L'assiégeant, libre dans ses manœuvres , et nuiitre de les déterminer, n'en est pas moins pour cela exposé à toutes sortes de dangers. Quoiqu'il assure son armée par un bon fossé et par des retranchemens bien gardés], il a le désavantage d'éir& vu par les ennemis , duiiaut de leurs murailles; ils jvgent de ses opérations, et peuvent apprécier leurs, sorties pour détruire ses machines'^ et pour forcer tous ses endroits faibles.
Le général qui défend une place ne doit pas manquer de tenter de fréquentes 9or(i^8, pour inquiéter rassié* géant. Elles sont d'autant plus à craindre* qu'il ignore d'où ell^ partent, et où elles se portent^ Il est donc nécessaire, pour s'en garantir, qu'il reconnaisse toutes les portes et issues de là place, et qu'il le9 masque par des troupe en eqibuscade.
' L'assiégeant doit encore préférer la nuit pour le ieitrgs de ses escalades.
L'obscurité cachant ses dispositions aux assiégés, ils peuvent d'autanU moins s'y opposeï^ qu'ils ignorent quel est l'endroit ^'il veut attaquer, jle mênoe que le nombre" des échelles et des hommes ^qu'il y destine. La consternation survient aisément, et produit de la confusion dans les ordres et dans l'exécution. L'attaque inopinée, dans la nuit, est toujours favorable à ceux qui la font, et dangereuse et terrible pour ceux qui l'essuient.
L'homme croit dans le danger, avec
onosam»i:r.
une pleine cttlîtude,*loul Cd que la crainte lui inspire. Il résulte de là, que h nuit grossit le danger, et que le moindre objet y parait gigantesque.
L'obscurité ne laisse à Tbomme d'tutie bcnlté de juger que par ce qui frappe ses oreilles. S'il apprend- que rennemi a monté le rempart, n*y en eût-il qu'un , il croira qu'il y en a mille. n fuit, et l'abandonne à l'ennemi» qui ne manque pas de profiter de cette terreur panique.
Gomme, dans un siège Je soldat est obligé à tontes sortes de fatigues» et aux travaux les plus pénibles, l'exemple du chef est le plus sûr moyen d'y encourager le soldat. Le général, en s'y prêtant le premier, engagera le soldat à le suivre. Cette méthode a plus de force et d*eflet que les menaces , ou que la violence. Le soldat sent alors toute la nécessité du travail ; il aurait honte de s'y refuser. Son général , en faisant comme lui, le flatte de l'idée qu'il le traite en camarade, et non en esclave.
Le général doit connaître le mécanisme et la toTCd de chaque machine, et en mettre en œuvre le plus grand nombre possible. Je ne prétends pas en donner le détail. Les plus utiles sont le bélier, l'hélépole, la sambuque, les loure fixes et mouvantes , la tortue à creuser, et la catapulte. Le nombre de CCS machines est proportionné aux entreprises, aux richesses, et aux troupes des assi^;eans.
Leur construction et leur maniement appartiennent aux ingénieurs. Leur usage et leur direction sont du ressort du général, qui en destine le nombre et remplacement, suivant leura qualités et suivant ses vues.
n faut d'abord qu'il détermine la