‹ Bibliotheque militaireChapitre 218 sur 614 · I. eiipRRcrK LKon · texte numérisé non relu

I. eiipRRcrK LKon

la cnvalcrie. Sotivent on los m()\e avec quelques hoplites et un les place en dehors de la cavalerie à une petite distance. Cela se pratique quand on en a beaucoup. On pourra placer les jaculateurs aux ailes ou les insérer dans les files d'hoplites. Pour les frondeurs , ils se placeront aux extrémités de la ligne, et jamais on ne les insérera dans le milieu des files des hoplites. On mettra tout-à-fait derrière ceux-ci le surplus des archers et des jaculateurs, ou bien on les emploiera comme le besoin le requerra.

La cavalerie sera postée sur les flancs de la ligne d'inianterie. Les meilleures tagmes seront aux extrémités en dehors.

Si Ton a plus de douze mille chevaux , on les mettra sur dix de profondeur; si l'on en a moins , sur cinq. L'ordre de bataille formé, de l'excédant on fera une réserve qui se postera derrière en dehors des chariots , au cas où l'entiemi viendrait à paraître de ce côté; ou bien ils se tiendront sur les flancs.

On les rangera d*abord à files ouvertes, afin que, s'il faut changer l'ordre, on ait plus de facilité.

La cavalerie ne suivra pas l'ennemi avec trop d'impétuosité, de peur qu'il n'y ait quelqiie piège dressé, et que l'in&nierie étant découverte ne reçoive Un échec , si les escadrons venaient à être maltraités et dissipés. En cas qu'ils soient repoussés vivement par l'ennemi , ils se retireront vers les chariots iiui doivent être rangés derrière l'infanterie pour la garantir de ce côté; et s'ils ne sont pas encore en sûreté, ils mettront pied à terre pour combaure en fantassins. Si vous avez éprouvé que votre cavalerie ne puisse soutenir celle des ennemis, elle ne restera point sur les ailes , alignée à l'infanterie, mais elle se placera en arrière et appuyée aux extrémités de

la ligne des chariots : elle aura devant rîle un plus grand espace et sera moins exposée aux flèches des ennemis.

Que toutes ces choses se tassent dans les exercices pour les exécuter quand il faudra dans le temps du combat.

Maintenant pour ce qui regarde l'infanterie lorsque les difl'érentes divisions de I armée seront en bataille pour l'exercice, l'adjudant fera ces commandemens : « Qu'on garde le silence : tenezvous en bon ordre : conservez vos rangs : que personne ne quitte la bande : marchons aux ennemis. » Alors on se mettra en mouvement à pas modéré , sans souffrir que personne parle même 1 l'oreille.

On se servira de la voix ou du geste , ou de quelque signal, ou de la buccine pour marquer les commandemens, soit qu'on veuille faire marcher de front ou défiler , ou arrêter , ou doubler la hauteur ou la longueur, et le font de ta manière qu'on le ferait devant l'ennemi. On fera faire un quart dé conversioii à droite par dipbalangie, marcher en avant, se remettre comme on était, former un double front,»

reformer en ligne, marcher pat W droite, pat la gauche, allonger les files ou bien ouvrir les rangs, ce qui se lait en arrière; les resserrer; ioni» ces manœuvres étant utiles selon Toc^ casion. Il est à propos que te lrOup« soient exercées pat les signaux comtnt à la volt, soit à cause du grand bruit des chariots ou de la poussière, ciu H brouillard.

Les files étant de seize, si vOtt^ voulez augmenter votre front, ^i' pour ^ler celui de l'eiinemi ou qtt^I* quefois pour une plus belle parade, vous ferez ce commandement : « Sortez. » Aussitôt les hommes (Airâ se détfcheront tous ensemble et forméroilt une seconde file à côté de la première. I^

LEHPEABUR LÉON.

hauteur ne sera plus alors que de huit hommes. Si vous voulez la réduire à quatre y vous ferez encore le même commandement , et par ce moyen vous augmenterez beaucoup Télendue. Avant de faire cette manœuvre» il faut allonger votre front pour séparer les files qui sont Jointes » ce qui se fait en s'allongeantsur l'un et l'autre flanc.

Quand vous verrez que le front est jDégal et que les uns devancent les autres , vous direz : c Alignez le front. »^ Ceux qui sont au dernier rang et les autres qui sont à la queue pousseront les paresseux et veilleront à ce que personne ne reste derrière.

On se resserre lorsqa'étant à deux ou trois Jets de flèches de l'armée ennemie, on doit commettre tout son front contre elle. On commande : « Joignez-vous. »

Alors toute la ligne» depuis les flancs» 86 resserre vers le milieu » de sorte qu'elle n'oulre-passe pas les chariots.

Cette manœuvre peut se faire de pied ferme ou en marchant » ainsi que celle de faire serrer les rangs.

Lorsque les deux armées étanten présence» on commence à tirer des flèches»

si ceux qui sont sur le front n'ont point de cuirasse» vous ordonnerez de faire la tortue; alors ceux du premier rang tenant leurs boucliers droit devant eux»

et près les uns des autres» seront couverts Jusqu'aux genoux. Ceux qui sont derrière» élevant le bouclier au-dessus de leur tète» penchés en avant» auront le visage garanti ainsi que la poitrine » et combattront de cette manière.

Lorsqu'on sera à la portée d'un jet de flèche de l'ennemi » et près d'en venir aux mains» oh dira t « Préparez- vous, t Un autre criera : c A l'aide. » En même temps tous jetteront un cri général :

« 0 Dieu ! » Alors les armés à la légère tireront leurs flèches en haut. Les porieboucliers» qui sont sur le front» lance-

ront leurs dards ou javelots» et immédiatemeiit après» mettant l'épée à la main» ils chargeront l'ennemi qui ne manquera pas de reculer» ce qui ne doit pas les porter à quitter leur rang. Ceux des rangs qui suivent » couvrant leurs tètes des boucliers, aideront les premiers avec leurs piques.

Former la diphalangie» c'est lorsque marchant droit aux ennemis qui sont en présence» et les files étant de seize» on veut faire une seconde ligne. On commande aux huit premiers de ne pas bouger. Les huit autres font demi-tour»

et se mettent en mouvement » marchant jusqu'à une distance mai'quée» assez grande pour que les flèches de l'ennemi» tirées de l'un et de l'autre côté» ne puissent frapper à dos aucune des lignes ; mais qu'elles tombent dans le vide qui est entre elles. On commande eiisuile : « Demi-tour ; » alors vous les ferez remettre» s'il le faut» dans la première situation. La diphalangie se fait quand on peut être attaqué parderrière»

et que les chariots ne suivent point» où qu'ils sont forcés par les ennemis : il est alors nécessaire de présenter un front de ce coté» à moins que la cavalerie , ayant été obligée de mettre pied à terre» ne serve pouf la garde des chariots.

La phalange aniphisiomc se fait lorsque n'étant point en diphalangie , c'està-dire n'ayant point une seconde ligne»

les ennemis paraissent inopinément devant et derrière : on commande aux demi-fiIes de la queue de Taire le demitour pour se présenter à l'ennemi de ce côté.

On décline sur la droite ou sur la gauche» soit pour étendre la ligne» ou de peur d'être enveloppé » ou pour traverser un passage étroit en marchant par le flanc.

Si vos files étant à quatre de hau^

l'cupereue Léon.

leur, vous voulez les doubler pour avoir plus de force , vous ferez ce commandement à tous ceux qui sont sortis : « Rentrez. » Si ensuite vous voulez mettre les files à seize, vous direz encore aux huit épistates ou seconds : < Rentrez. » Si vous voulez que la profondeur soit de trente-deux, ce qui nest pas fort nécessaire y vous commanderez : « File de droite ou de gauche, doublez sur l'autre file. »

Changer de front, c'est lorsque les ennemis paraissant sur les derrières , on veut faire passer les chefs de Gle, et successivement les autres, de la tête à la queue. Le commandement se fera ainsi : < Changez de place. » Le premier protoslate ayant fait demi- tour passe dans toute la hauteur de la file suivi des autres, et vient se placer au lieu où était Touragos , autrement le serre-file , qui va prendre sa place en faisant face vers le côté qui était auparavant la queue.

Je n'ignore pas qu'il y a d'autres commandemens d'exercices , et d'autres mouvemens qui ont été décrits par les anciens, surtout par Arrien et Élien qui rapportent les mêmes cm)ses. Pour ne pas être trop prolixe, je les renfermerai dans un seul article. J'omettrai les autres, soit pour en avoir déjà parlé, soit à cause de leur inutilité.

Voici les mouvemens et les noms qu'on trouve dans Éiien :

KXiaî;, déclinaison, c^est-^-àire se tourner à droite ou à gauche; à droite du côté de la pique, à gauche du côté du bouclier.

MiTaêûX-n, changement de front..,. Il se fait au moyen du demi-tour à droite ou à gauche par chaque homme.

ÉwKTTpofTQ, conversion.,.. C'est ce que nous appelons quart de conversion d'un corps entier par la droite ou la gauche , le chef de file du flanc faisant le pivot.

AvfltffTp&çiî ) reversion..,, Cest le moo-

ÂvTiffTpo^ ) ment contraire au premier, pour revenir sur le terrain que l'on a quitté.

nept(Ti7affp,oç , double conversion.,.. Savoir deux quarts de conversion de suite sur le même côté.

Éxicepiffira<rH.oç, triple conversion.^. Par lesquelles on revient sur son premier terrain. Ces trois mouvemens de suite peqvent s'appeler le moulinet.

Awatew, décimer.

Eiil ipe« àiro^oûvflti, se diriger droit.

iliklcaivt, faire évolution.

AîwXa<rittÇfiv, se doubler.

Ztux^iv, c'est lorsque la file est étendoe dans toute sa hauteur, chaque honune ^faisant face vers son chef de file.

Zu-fsiv , ' c'est lorsqu'on a fait Élire à droite ou à gauche à une phalange, les rangs deviennent files et les files rangs.

nXacfîa çftXflt'yÇ , phalange transverse.

6pd7i çoXa-yÇ, phalange droite..., Qni marche ou se présente par le flanc.

AcW çaXa-yÇ, phalange oblique....' Qjii approche une de ses ailes de renneroi, avec laquelle elle combat, l'autre restant éloignée.

Éira7«d-pi , c'est lorsque la phalange marche par syntagmes, ou telles autres divisions que ce soit , qui se suivent les unes les autres, comme quand nos bataillons marchent par compagnies ou par pelotons, les chefs à la tête.

napiu^oXin , interposition.

nporaÇiç , préposition,,.. C'est lorsque les psilites sont en avant.

ÈTziroLliÇy postposition.... Lorsque les psilites sont derrière.

npoffTaÇiî, apposition.... Lorsqu'on les met sur Tun ou l'autre flanc, ou sur toos les deux , faisant un front aligné à celoi de la phalange.

' ïîTOTfltÇiç , subjonction..*. Lorsqu'on les place en potence sur l'un et l'autre flanc.

EuTflcÇiç, imposition,... Lorsqu'on les met dans les intervalles de la phalange pour les remplir.

IlftpâTaSiç, ligne, ordre de bataille.

Ce sont là les noms des mouvemens

L'EMPKRICIli LÉON.

OU dispositions; et voici les commandemens :

A vos annes.

Prépares- Toos.

Que personne ne quitte la phalange.

Silence , attendez le commandement.

Haut les piques.

Reposez les piqaes.

Que l'ouragos dresse sa file*

Gardez vos distances.

Toamez vers la pique.... à droite.

Tournez vers le bouclier.... à gauche,

Marche.

Halte.

Marchez devant tous.

Doublez la profondeur.

Kemettcz-TO08«.

Faites la laconique vers la pique.

Remettez-vous.

INSTTTOTION Vm.

Des déliu et peines militaires.

Si un soldat résiste à son chef d'escouade» celui-ci à son dizainier, le dizainier à son centurion» ils seront châtiés; si quelqu'un de la bande résiste de même à son comte» il sera puni de mort. Tout officier qui n'exécutera pas les ordres de son supérieur sera puni selon la gravité de la faute.

Si quelqu'un a reçu une injure » il en demandera justice à son préfet; si celui-ci lui a fait tort , \\ aura recours à un chef supérieur; si quelqu'un est assez osé d'exercer la magie» il sera banni et chassé des troupes.

Ceux qui conspireront contre leur préfet, pour telle raison que -ce soit»

seront punis de mort» surtout les cheb du complot. Celui qui , étant de garde dans une ville ou un château» trahira son devoir et quittera son poste, sans la permission de son chef» sera puni de mort.

Le déserteur sera puni du dernier supplice» non - seulement lui» mais ceux qui» ayant su son dessein » ne Tauroni pas découvert au préfet.

On punira le soldat qui n'exécutera pas Tordre de son dizainier; mais s'il manque par ignorance» le dizainier sera puni lui-même pour ne l'avoir pas instruit.

Celui qui trouvera une bête échappée ou telle autre que ce soit» et ne l'accusera pas à son préfet, sera châtié ainsi que celui qui en aura eu connaissance et qui sera regardé comnie complice.

Quiconque aura causé du dommage I son Yititf et ne l'aura pas réparé de son gré » sera condamné à lui payer le double de sa valeur.

Si lorsqu'il y a du loisir» un soldat néglige de réparer ses armes» et que son dizainier ne l'y ait point obligé ou ne l'ait point déclaré à son commandant» le soldat et le dizainier seront punis.

Si un soldat désobéit à son propre préfet» il sera puni selob l'exigence du cas.

Tel officier ou soldat qui» en quartier d'hiver ou bien en route» aura fait du dommage à un habitant » et ne l'aura pas satisfait » sera condamné à lui payer le double de sa valeur. L'officier qui aura fait tort à un soldat en lui rete* nant quelque chose sera condamné de même.

Pendant que l'armée sera assemblée»

si quelque chef permet à un soldat de s'en aller chez lui » il paiera une amende de trente écus. Lorsque les troupes seront en quartier d'hiver» on pourra donner des congés pour un certain temps.

Si celui à qui on aura confié la garde d'une ville ou d'un château machine quelque trahison ou abandonne sa

Alà

L£UPEREUR LEON*

place sans nécessité , lorsqu'il pouvait la dérendre , il sera puni de mort.

L'armée éiant en bataille, ou pendant le combat , si un soldat abandonne sa troupe , s'enfuit ou quitte son poste, ou se détourne pour dépouiller un mort, ou pour courir au camp, au bagage de l'ennemi, il sera puni de mort; et ses N effets seront distribués à sa bande, à qui il a donné un exemple pernicieux , capable d'y meure le désordre.

Si, dans une occasion semblable, une fagme ou une bande tournait le dos sans aucune raison valable, elle sera décimée» et ceux sur qui le sort tombera seront tués à coups de flèches par les soldats des autres bandes : si dans ce nombre il s'en trouve de blessés, ils seront pardonnes.

Si une enseigne est enlevée par les ennemis, ayant pu l'éviter, ceux qui auront été commis à sa garde seront punis , dégradés et mis les derniers de la bande, soumis à tous les autres : s'il y en a de blessés, ils seront exempts de châtiment. ^

Le camp étant posé et fermé, s'il arrive qu'étant attaqué , une troupe ne se porte poitit à la défense, ou se re* tire dans quelque lieu à l'écart , elle subira la même peine que les traîtres.

Si un soldat jette ses armes dans le combat, il sera puni comme un lâche qui se dépouille pour armer l'ennemi.

Si un officier qui aura employé un soldat à son service ou pour ses affaires particulières l'a empêché de se rendre au jour marqué au quartier d'assemblée , ou s'il est cause qu'il y soit venu avec des armes en mauvais état, il sera condamné à une amende; savoir, pour le général , d'une livre d'or; le lurmarque, trente-six écus; le dronguaire vingt-quatre, et le comte douze.

Ces ordonnances doivent être lues et publiées à la tête des troupes assem*

blées , soit qu'il n'y ait qu'une bande, une turme ou toute l'armée , uon-seulement lorsqu'on va aux ennemis, tm dans les temps d'exercices et attUci occasions où cela sera jugé nécessaire

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