Le second ordre est celui des
ebevsiiers ou des nobles, qui prennent
tous les armes , quand il y a quelque
{uerre; et avant l'arrivée de César il
7 ea avait presque tous les ans, soit
attaquer , soit pour se défendre.
quelqu'un parmi eux a de puis*
et de biens, plus il a de vassaux
diens. C'est la seule marque de
qu'ils connaissent.
"Ili Toute la nation gauloise est fort
apÉUtieuse ; en sorte que , dans leurs
pmém maladies, et dans les dangers
sàikse trouvent à la guerre, ils ne
tMI pas difficulté d'immoler des bom-
>Mi, ou de promettre par serment d'en
aoiler, ei ils emploient les druides à
ctMinisIère; ils s'imaginent que la vie
Anliomme est nécessaire pour racheter
ish d'uB homme, et que les dieux im-
MMsbne peuvent éti-e apaisés qu'à
9f^x : ils ont même établi des sa-
publics de cette espèce. D'au-
OBi des statues d'osier d'une énorme
leur, qu'ils remplissent d'hommes
; ensuite ils y mettent le feu et,
font expirer dans les flammes. Ils
choisissent de préférence des voleurs et des brigands , ou des hommes coupables de quelque autre faute : ils croient qu'un pareil sacrifice est bien plus agréable à leurs dietix ; mais quand il leur en manque, ils leur substituent des victimes innocentes.
17. Leur grand dieu est Mercure, dont ils multiplient les statues : ils le croient l'inventeur des arts, le guide des voyageurs dans \vs chemins et dans les routes , le patron des marchands.
Après lui, les divinités les plus révérées sont Apollon , Mars , Jupiter et Minerve, sur lesquels ils ont à peu près les mêmes idées que les autres peuples. Us croient qu'Apollon a la vertu de guérir, que Minerve préside aux arts , que Jupiter possède l'empire du ciel , que Mars est l'arbitre de la guerre. La plupart du temps, ils font vœu de consacrer à Mars les dépouilles de l'ennemi , et après la victoire ils lui sacrifient le bétail dont ils se sont rendus maîtres ; le reste est déposé dans un lieu propre à cette destination , et l'on voit dans plusieurs villes de ces monceaux entassés dans des lieux consacrés. Il arrive rarement, qu'au mépris de la religion, quelqu'un cache le butin qu'il a fait, ou ose détourner un objet quelconque de ce qui a été mis en dépôt; les^ chfttimens les plus cruels sont attachés à un pareil crime.
18. Les Gaulois se disent descendus de Pluton; c'est une tradition qu'ils tiennent des druides. En conséquence, ils mesurent le temps par le nombre des nuits, et non par celui des jours. Soit qu'ils commencent les mois ou les années , ou qu'ils parlent du temps de leur naissance, toujours la nuit précède le jour. Quant aux autres usages, les Gaulois ne diffèrent guère du reste des peuples, que paice qu'ils ne permettent i\ leurs enf;u»s (te paraître devant eux en
fi^SAR.
public » qiie lors^'ib sont en Age et en état de porter les armes. Ils jugeol in^ décent de laisser leurs enfans en bas ftge seiDontrer publiquemeiilà leurs regards,
19. Un homme en se mariant est obligé de mettre dans b oommunauiô la môme somme» estimation faite» qu'il a reçue pour la dot de sa femme : on dresse un état de loulcet argent» et les inlérôts qu*it a rapportés en soni misa pari; les deux sommes et ce qu'elles ont produit apparlicnneni au survivant.
Le mari a puissance de vie et de mort sur sa femme , comme sur ses enfans.
Quant un personnage de distinction meurt » ses parens s'assemblent » et si sa femme est soupçonnée , on lui donna la question comme à un esclave ; et si elle est convaincue, on la brûle» après lui avoir fait souflTrir les plus cruels tourmens. Leurs funérailles sont ma- Çnifiqu<is et somptueuses pour le pays : pn y brûle tout ce qui parait avoir été Tobjet des affections du défunt, jus«« 4|u'aiix animaux eux-»mômes; il n'y a pas fort long-temps encore que les esclaves et les affranchis que Ton savait qu'il avait aimés» étaient jetés au feu avec son corps.
20. Dans leurs républiques qui passent pour bien réglées » il est établi par les lois» si l'on apprend d*après le bruit public ou autrement quelque af- Élire concernant l'état, d'en informer le magistrat» sans le communiquer à aucun autre : car on sait que souvent des personnes imprudentes et sans expé-> rience» effrayées par de faux bruits»
sont capables de se porter aux plus grandes extrémités» et de prendre un mauvais parti sur des cas de la dernière importance. Le magistrat n'en découvre au peuple (|ue ce qu'il juge convenable» et csiclie le reste. Il n'y a qu'au conseil
Su'il soit permis de parler d'affiiires 'éial.
3 i . IM Aliemoads OBt dos coiUttttea fort différentes. On ne voit cbes oqx ni druides pour la religion» ni sacrifices* Ils ne roetteiu au nombre des dieux « que ceux qu'ils voient etdont ils éprouvent visiblement l'assistance. Tek soni le Soleil, la Lune et Vulcain; ils n'oni pas la moindre notion des autres. Toute leur vie se fiasse à la chasse ei à la guerre^ Ils s'endurcissent au travail el à la (aligne dès Teniance. Ils estimeal fort ceux qui sont long-lemps SOAS barbe; ils prétendent qu'ils en devîen<> nent |>lus vigoureux et plus robustes* C'est une honte parmi eux d'avoir conamerce avec une femme avant l'âge de vingt ans ; ce qui ne peut demeurer in* connu » parce qu'ils se baignent pêie* mêle dans les rivières» ot qu'ils ne soni couverts que d'une simple peau » ou de quelque autre habillement fort court»
qui laisse à nu la plus grande pari ic da leurs corps.
22. Ils ne s'attachent point à l'agri* culture» et ils ne vivent pour aitfisi dire que de lait » de fromage et de chatr* Nul n'a un champ fixe» et qui lui ap* partienne en propre; mais tous les ans» les magistrats et les anciens en assignant un où il leur plaît» à une communauté ou à une famille» proportionnellement au nombre des membres qui la composent » et à la fin de l'année ils les font passer ailleurs. Ils apportent plusieurs raisons de cet usage : c'est pour qu'on ne s'accoutume pas dans un endroit »
au point de sacrifier les armes à l'agriculture; pour éviter qu'il ne prenne ei^ vie à chacun de s'étendre» et qu'à la fia les grands ne chassent lés petits; pour que l'on ne songe point à bâtir des mai* sons commodes , contre le froid et le chaud; el que personne ne cherche à s'enrichir» ce qui ne manque presque jamais de faire naiire la division el Is^ mésintelligence; enfin pour entretenir
«UniMB DIS GàUlM. — UV. tl.
fii mit fie les plut pirissâiis ne sont poi plus riditt que tes solres.