Un Inès-grand honneur pour ces
fcupte, est de Toir le pays borné, de
Ml oûtéi, psr de vastes déserts. C'est »
fim eux » une marque de valeur, que
I km foisias aieni quitté teuffs habita-
tm, et que personne n'ose s'étaMir
Mfiès d'eux; d'ailleurs ils s'en croient
fhi es sûreté 9 et plus à couvert des
iscnsions subites. Lorsqu'une nations
winerie offensive ou défensive » elle
somme des chefs pour la diriger, et leur
fase pouvoir de vie et de mort. En
iSBfi de psix , ils n'ont point de ma-
{ittisi général ; mais les principaux»
chacun dans leur province ou dans leur
fBMtier, rendent la justice et décident
les prooÈs. Les brigandages hors des
limile$ de chaque nation , n'ont rien de
léirittsni; ils ne se fonl» suivant eux,
fie pour exercer la jeunesse ei pour
Mer l'oisiveté. Lorsque, dans le con*
tâlyuades principaux d'entre eux s'est
^ré chef de quelque entreprise , afin
ffu cenx qui veulent le suivre se pro*
moeat, quiconque approuve son des*
itin et consent à l'avoir pour comman-
^le lève et lui promet de leseconder,
Qfii lui attire de grands applaudis*
■OCDI : ceux qui après cette promesse ,
tt le suivent pas, passent pour des
<lteteurs et des traîtres indignes de
toste confiance. Le droit d'hospitalité
ai acre chez eux : quel que soit le mo-
iifqni vous fasse recourir à eux, vous
tosàr de leur protection , et d'y trou-
Kr un asile inviolable; toutes leurs
■lisons vous sont ouvertes , et vous y
to nourri.
34. Autrefois les Gaulois étaient plus ksves que les Allemands , et ils poi^ iMit souvent la guerre ches eux , et CtMsme ils manquaient de terres , à CttK de leur grand nombre, ils en« i
voyaient des oohmes auKlelà du Rhin* C'est ainsi que les cantons les plus feN tiles de TAllemagne situés vers la Forêt-Noire, qui a été connue des Grecs»
comme on le voit par Énitosthène et par quelques autres , qui la nomment Or« cynie , tombèrent au pouvoir des Tou^ lonsains qui s'y établirent; ils y sont restés jusqu'i présent en grande reputation de justice et de valeur; ils y vi« vent encore aujourd'hui dans la mOme pauvreté , la même indigence et la même frugalité que les Allemands »s'ba« billent et se nourrissent comme eux« Quant aux Gaulois, lo voisinage de la province romaine, et la connaissance du commerce de mer, les a mis dans l'abondance et dans l'usage des plaisirs* Peu à \\eu accoutumés i se laisser battre, après avoir été vaincus plusieurs fois»
ils ne se comparent plus aux Allemands en valeur.
25. Cette Forêt«>Noire, dont on vient de parler , a neuf journées en latitude. On ne peut déterminer autrement son étendue; car ces peuples ne connaissent point les mesures itinéraires. Elle corn* mence aux frontières de la Suisse, de Spire et de Bâie, et s'étend le long du fhinube jusqu'aux confins des Daces et de la Transylvanie. De là, elle tourne sur la gauche dans des contrées éloi* gnées de ce fleuve, et par sa vaste éien* due touche aux pys de divers peuples.
H n'y a point d'Allemand qui dise eu avoir trouvé l'extrémité, quoiqu'il ait marché soixante jours , ni découvert où elle commence. Il est certainqu'elle renferme plusieurs bêtes sauvages qu'on ne voit point ailleurs. Voici celles qui diffèrent surtout des autres, et qui méritent le plus d'être remarquées.
26. Il s'y trouve une espèce de bœuf ressemblant au cerf, lequel a au milieu du front une corne plus grande e| plus droite que celle que nous connais-
C^SAR
8ons, e( dont le haul se partage en plusieurs branches comme une palme; le mâle et la femelle se ressemblent , et leurs cornes ont la même forme et la môme grandeur.
27. D'autres qu'on nomme élans, ont la figure d'une chèvre, et la peau lacheiée; mais ils sont un peu plus grands; ils n'ont point de cornes, point de jointures aux jambes, et ne peuvent par conséquent ni se coucher, ni se relever dans leur chute. Les arbres leur servent de lit, ils s'appuient contre, et se reposent en s'inclinant un peu. Lorsque les chasseufô ont découvert à leurs traces les arbres contre lesquels ils vont gîter; ou ils les détruisent par la racine, ou ils les scient, de manière qu'ils puissent encore se soutenir de* bout, et lorsque l'animal vient s'appuyer contre, il les renverse par sa pesanteur, et tombe avec ces arbres ; c'est ainsi qu'on s'en rend maître.
28. Une troisième espèce est celle dos taureaux sauvages, un peu plus petits que les éléphans. Du reste pour la forme, l'apparence el la couleur, ils ressemblent aux taureaux privés; mais ils sont très - forts et très - légère à la course , de sorte qu'ils n'épargnent ni les hommes, ni les animaux , quand ils en ont aperçu : on les prend dans des fosses faites exprès , et on les y assomme. C'est par celte sorte de chasse que les jeunes gens s'exercent et s'endurcissent au travail; ceux qui en tuent le pins, et qui en rapportent les cornes i^our preuve, reçoivent de grandes louangt^s. Ces quadrupèdes ne se peuvent apprivoiser, quelque petits qu'on les prenne. La grandeur, la forme et la nature de leure cornes sont fort différentes de celles de nos bœufs. On les recherche avec un grand Soin; on les garnit d'argent par le bord, et l'on s'en sert à boire dans les festins.
29. César instruit par les coureurs de ceux de Cologne, que les Suèves s'étaient retirés dans leurs forêts, réso* lut de ne pas avancer plus loin, de peur de manquer de vivres , parce que, nous l'avons déjà dit, les Allemands ne cultivent que peu leurs terres. Mais pour retenir ces peuples par la crainte de son retour, et les empêcher d'envoyer du secours en Gaule , après avoir fait passer le Rhin à son armée , il ne fit couper de son pont qu'environ deux cents pieds du côté qui touchait au territoire de Cologne; el au bout opposé qui touchnit à la Gaule , il fit bâtir une tour à quatre étages, y laissa dbnze cohortes en garnison ; fortifia particulièrement ce poste, et en donna le commandement au jeune C. Volcatius Tullus. Pour lui , comme les blés commençaient à mûrir, il marcha contre Ambiorix et traversa la forêt des Ardennes, qui est la plus grande des Gaules , et qui s'étend depuis le Rhin et les frontières de Trêves jusqu'au llainaut, sur un espace de près de deux cents lieues. Il fit prendre les devans à L. Mi« nucius Basilus avec toute la cavalerie, espérant que par sa diligence, il pourrait profiter de quelque circonstance favoi-able. Il l'avertît de ne pas faire allumer de feu dans son camp, de peur qu'on ne s'aperçût de loin de son arrivée; il l'assura qu'il le suivrait incessamment.
30. Basilus obéit ponctuellement ^ el sa marche ayant été plus rapide que ne pensèrent les Barbares , il on surprit plusieurs dans la campagne. Sur ce qu'il apprit d'eux, il marcha contre Ambiorix, qui, suivant les rapports , n'avait que peu de cavalerie avec lui.
Dans toutes les entreprises , môme dans les militaires, la fortune a toujours la plus grande part. En effet, comme ce fut un grand hasard de surprendre Am-
GUElIftK 0E8 CAULW. — LIV. VI.
ïktix avant qu*i1 pût se mettre sur ses finies, et que la renommée ou des ! coifriers ne lui eussent rien fait savoir de b marche de Basîlus; ce fut aussi m grand bonheur pour Ambiorix d'àw pu s'échapper, après avoir perdu MM son équipage y ses armes , ses chaliiMs, ses chevaux. Ce qui le sauva»
e'ett que sa maison étant située dans hi boa , comme le sont presque toutes edtes des Gaulois, qui, pour se ganaiir des ardeurs du soleil , les b^is- Ml près des Torèis et des rivières. Ses compagnons arrêtèrent quelque temps ks Boires dans un défllé. Un des siens profila de ce moment pour le faire Bionler à cheval ; ensuite les bois counireat sa fuite. Ainsi la fortune fut poor beaucoup et dans le péril qu'il eourut alors , et dans la manière dont il s'en tira.
Si. Ambiorix ne rassembla point ses troupes : est-ce parce qu'il ne jutait pas à propos de combattre, ou patœ qu'il n'en eut pas le temps , à cause de Tarrivée soudaine de notre malerie, qu'il croyait suivie de tout le reste de l'armée? c'est ce qu'on ne fiût point. Ce qu'il y a de certain, c*est qu'après sa fuite, il envoya se- ^Hiiement avertir ceux de la campagne de prendre garde à eux. Les uns se aavèrent dans les Ardennes , d'autres dnis les marais; les plus voisins de l'Océan se cachèrent dans ces fies que ferment les marées. Plusieurs, abandonnant le pays, se réfugièrent avec tOQS leurs biens auprès des i^ersonnes aiec lesquelles ils avaient le moins de liaison. Calivulcus , roi de la moitié <h paj's de Liège, qui s'était uni aux projets d'Ambiorix , se sentant accablé de vieillesse, et hors d'état de supporter les fatigues de la guerre ou de la i^ite, après avoir maudit mille fois Ambiorix qui l'avait embarqué dans
celte entreprise , s'empoisonna avec de l'if, arbre très-commun eh Gaule et en Allemagne.
32. Les peuples de Condroz et du LimlK>urg, Allemands d'origine et réputés comme tels» lesquels sont éta« blis entre le canton de Liège et celui de Trêves , députèrent aussitôt vers César pour le prier de ne pas les met« tre au nombre de ses ennemis» et de ne point regarder comme rebelles tous les Allemands d'en-deçà du Rhin, lui représentant qu'ils n'avaient ni pensé à la guerre, ni à secourir Ambiorix. César s'en étant informé près des captifs» et ayant appris qu'ils ne lui en avaient point imposé, leur promit de n'exercer aucun ravage dans leur pays, à condition qu'ils lui remettraient les Liégeois qui s'éuient réfugiés chez eux. Ensuite il partagea ses troupes en trois corps , et fit transporter le bagage de toutes ses légions dans le château de Tongres» situé presque dans le cœur du pays de Lioge , où Tilurius et Aurunculeius avaient eu K^ur quartier d'hiver. Ce lieu parut d'autant plus convenable à César, que les fortifications qu'on y avait faites l'année précédente, étaient encore en état , ce qui épargna bien du travail aux troupes. 11 y laissa pour garder les bagages la quatorzième légion, une des trois qui avaient été levées depuis peu en Italie; confia cette légion et la garde du camp à Q. Tullius Cicéron , et y joignit deux cents cavaliers.
33. En même temps, il cnvoyaT.Labiénus avec trois autres liions vers l'Océan , dans le pays voisin de la Gueidre et du Brabant ; et Trébonius eut ordre de marcher avec un pareil nombre vers la province voisine de Namur, et de la ravager. Pour lui, avec les trois légions qui restaient, il prit le chemin de l'E^icaut qui se jette dans
CiSAH.
la Meuse , afin de m rendre à l'extrémile des Ardennes , où il avait appris qu*Ambiûiix s'était retiré avec quelijue cavalerie. En priant, il asstira qu*il serait de retour dans sept jours, terme auquel il faudrait délivrer du blé à la légion laissée à la garde du ch&ieau. Il recommanda aussi à Labiéntis et à Trébonius de revenir ce même jour, pourvu qu'ils pussent le faire sans préjudice pour la république, afin de délibérer de nouveau , si , après avoir examiné les desseins des ennemis , on pourrait recommencer la guerre.
S4. Ils n'avaient, comme on l'a dit, ni troupes réglées sur pied, ni forts, ni villes en état de défense; ce n'était qu'une populace dispersée en divers endroits. Les bois» les marais , les cavernes, les lieux les plus cachés et les plus sauvages, tout leur était bon, pourvu qu'ils s'y crussent en sûreté. Ces retraites étaient connues du voisinage; mais il ne fallait pas moins prendre de précautions en y pénétrant.
L'armée en corps n'avait à la vérité rien a craindre d'hommes dispersés et effrayés; le danger n'était que pour chaque soldat isolément , ce qui pourtant touchait en partie au salut des troupes; car l'avidité du pillage en entraînait plusieurs au loin , et les forêts dont les routes étaient peu larges el peu frayées les empêchaient de marcher en troupes. Si l'on voulait terminer celle guerre^ exterminer celte race de malfaiteurs, il Tallait envoyer plusieurs petits détachemens et lout permettre aux soldais : si, au contraire , on les retenait en corps , attachés à leurs enseignes, suivant Tordre et l'usage de l'armée romaine, la nature même du pays défendait les Barbares, qui ne manquaient pas de courage pour dresser des embuscades, et envelopper ceux qui s'écartaient. Au milieu de
ces obstacles , on prenait les pnécaa« lions convenables; on aimait mieux ne pas leur faire tant de mal, maXgfcé le désir qu'on avait de se venger, que de trop exposer les troupes pouc les anéantir. César envoya donc ches tous les peuples voisins des Liégeois « les inviter par l'espérance du butin , à venir piller ceUe nation; parce qu'il aimait mieux exposer la vie des Uau<« lois dans ces forêts , que celle des siens, et qu'il voulait que ces perfides, enviroimés d'un si grand nombre d'bommes acharnés à leur destruction , péris* sent entièrement , sans qu'il en resi&t ni nom ni vestige : l'espoir du pilbga ne manqua fias d'y en attirer bientôt un très-grand nombre.
35. Tandis que les choses «e passaient ainsi sur tous les points du pays des Liégeois, approchait le septième jour qu*a*" vait fixé César pourse rendre uu château deTongres, où se trouvaient le bagage et la quatorzième légion. On peut voir ici combien la fortune influe sur les succès militaires, et combien elle peut y faire survenir d 'incidens. Les ennemis étaient dissipés et frappés de terreur, comme on l'a dit ; ils n'avaient point de trou* pes qui pussent causer la moindre crainte; lorsque la renommée ayant appris au-delà du Rhin que l'on saccageait le pays des Liégeois , et que tous les peuples voisins étaient invités à venir les piller, les nations de la West« phalie voisines du Rhin, lesquelles, comme on l'a fait voir, avaient donné retraite chez eux à ceux de la Gueidra et de Zulphen , lèvent deux mille chevaux , passent le Rhin sur des vaisseaux et des barques, dix lieues audessous du pont à demi détruit par César, et où il avait laissé une garde : ils entrent dans le pays des Liégeois, ramassent plusieurs de ceux que la fuite avait dispersés, et font un grand
GUIRAC M8 6A0U», •— UV. VI.
btiia de bétail» dom ib tout tri»trûb. Eooouragéë par ce succès , ils s'inooeDl plus loin; accoulumi's, dès renTaoce, i la guerre et au brigandage. Ici manis ni les forèls ne sont pas Oftbles de les arrêter. S'élant infor- «és de leurs captifs du lieu où était Cèv, ils apprennent qu'il selaitéloi- {Déaiec toutes ses troupes; et un de œux-ci leur adressant la parole: < Pour- (fsÂ, leur dit-il» you» bornez- vous» à nne proie si misérable et si chéiive»
fund TOUS pouvez en un moment fous enrichir? Vous serez en trois jouis à Tongres; Tarniée romaine y a hisaé fouies ses richesses. La garnison 7 est si peu nombreuse » qu'elle ne sufb pas à border le rempart » et que per* nooe n'ose sortir de son poste. » Dans I oue flatteuse espérance » ils cachent le I IaiId qu'ils avaient déjà L'a » et mardiem ace château sous la Conduite de oe même prisonnier» qui les avait si llien instruits.
S6. Cioéron qui , tous les jours préoUens, s'était occupé» suivant Tordre ieCésar» de retenir avec le plus grand loin les soldais dans le camp» et qui Saiaii pas même permis à un seul nietde sortir de Tenceinte de ses re- Uiadieaiens; le septième jour» déses- P^ de voir César de retour à l'épofue marquée » parce qu'il entendait (lire qu'il était encore allé plus loin» et 91*00 no parlait point de son retour , fut touché d'entendre le soldat blâmer H patience» et crier qu'on éuiit donc iiûégé, puisqu'on n'osait sortir. Persuadé qu'ayant autour de lui neuf lé- |ioDS et une nombreuse cavalerie»
l^disque les ennemis sont dissipés et presque détruits» il ne doit craindre aucun accident à trois milles de son cimp; il envoie cinq cohortes couper 'q blés dans un endroit qui n'en émit i^ré que par Une colline. Il y avait
dans le camp plusieurs malades de toutes les légions. Environ trois cents do ces malades qui s'étaient rétablis pendant IfS sept jours» sont envoyés avec les cinq cohortes : enfin » un grand nombre de valets et de bètes de somme les suivent.
37. Uans ce moment même» la ca« Valérie allemande arrive» et sur -le* champ elle s'eflbrce de pénétrer dans le camp par la porte Décumane : on ne la vit» à cause d'un bois qui l'avait couverte» que quand elle fut proche dii camp; de sorte que les marchands qui avaient leurs tentes près des retranchemens , n'eurent pas le temps de se retirer. Les nôtres qui ne s'attendaient à rien » en furent si surpris que la cohorte qui éuiil de garde» soutint à peine le premier cl)OC. Les ennemis courent d'une porte à l'autre chercher une entrée, et nos soldais ne savent quelles manœuvres exécuter pour les garaniir toutes. Heureusement les autres entrées étaient i couvert d'insulte, tant par leur position naturelle» que par les fortifications qu'on y avait ajoutées. L'elTroi règne dans tout le camp : on se demande l'un à l'autre la cause du trouble» et l'on ne pense ni à se réunir sous les enseignes , ni à donner à chacun son poste à défendre. L'un dit que le camp est déjà emporté ; l'autre que l'armée est taillée en pièces» le général tué» et que l'ennemi est venu tomber sur eux après sa victoire. I^ plupart se forgent des craintes superstitieuses au sujet du camp même» et se rappellent la disgrâcedeColtaeideTiturius, qui avaient péri dans ce même posle. Les Barbares» qui s'aperçoivent de notre consternation» ne doute nullement de la vérité du rapport que le prisonnier leur avail fait» qu'il n'y avait que très-peu de garnison dans cette forleresse. Ils entreprennent donc de la forcer , et
CÉSAR
s'exiioilentrun l'autre à ne {>a8 laisser échapper tant de richesses.
38. Dans le fort était resté malade, P. Sexiius Baculus , qui avait servi sous César en qualité de primipile; nous en avons parlé dans le récit des combats précédens. I>epuis cinq jours, il.n'avait pris aucune nourriture. Comptant peu sur son salut et sur celui des autres , il sort désarmé de sa tente, voit l'ennemi près d'entrer, et le péril très* pressant; il se saisit des armes qu'il trouve sous sa main , et défend la porte. Il est suivi des centurions de la cohorte qui était de garde, et tous ensemble ils soutiennent Tattaque pendant quelque temps. Baculus ayant reçu de graves blessures, s'évanouit; à peine put -on le sauver en l'enlevant entre les bras : cependant l'eflort qu*il avait Tait , rassure assez les soldats, pour qu'ils osent tenir ferme dans les fortifications, et paraître les défendre.
39. Dans ce moment, ceux qui avaient été couper des blés ayant entendu le bruit de l'attaque, la cavalerie ycourt, et voit ledanger imminent. Il n*y a point là de fortifications qui puissent les mettre à couvert. Les soldats nouvellement enrôlés, peu expérimentés dans la guerre, regardent leurs officiers avec étonnement , et attendent leurs ordres. Les plus résolus sont troublés de cet accident auquel on ne s'attendait pas. Les Barbares, apercevant de loin les enseignes, quittent l'attaque : ils croient d'abord que les légions qu'on leur avait dit s'être éloignées , reviennent; mais bientôt méprisant le [letit nombre de ses troupes, ils fondent sur elles de toutes parts.
40. Les valets s'enfuient sur une hauteur voisine, d'où se trouvant chassés aussitôt , ils se jettent entre les rangs, et augmentent la frayeur des troupes.
Les uns songent à former unecolonneen
forme de coin pour percer au travers de l'ennemi, jusqu'au camp qui était fort proche ,espérant que s'i Is perdaient quelques hommes, du moins le reste pourrait échapper : d'autres sont d'avis de tenir sur la colline, et decourir tous ensemble la même fortune. Les vétérans quô nous avons dit être partis sous les mê-* mes enseignes , ne sont point de cette opinion; ainsi après s'être encouragés mutuellement, ils marchent sous la conduite de leur chef C. Trébonius, che* valier romain , percent au travers des ennemis, et arrivent tous sains et saufs au camp, sans avoir perdu un seul homme. Les valets et la cavalerie les ayant suivis, se sauvent de même à la faveur du passage qu'ils leur avaient ouvert. A l'égard de ceux qui s'étaient arrôlés sur la colline, n'ayant encore aucune expérience de l'art militaire»
ils n'eurent ni la résolution de persister à se défendre dans leur poste »
ni le courage d'imiter la vigueur et la prompte détermination des autres ; mais après avoir fait quelques eflurts pour gagner le camp, ils s'engagèrent dans un mauvais poste. Leurs centurions ^ qui par leur valeur avaient mérité d'être tirés des bas emplois dans le reste des légions, pour être élevés aux premières places dans celles-ci, afin denepas perdre lagioire qu'ils s'étaient acquise, se firent tuer en combattant avec courage. Ayant fait reculer les ennemis à force de constance, une partie des soldats, contre tout espoir, eut le bonheur de parvenir au camp : le reste fut enveloppé par les Barbares, et périt. 41. Les Allemands ne comptant plus forcer le camp, parce qu'il virent que les nôtres s'étaient déjà mis en défense, repassèrent le Rhin , avec lo butin qu'ils avaient cachés dans les forêts. Mais telle avait été l'alarme, que même après leur retraite, C. Volusénus qui arriva
GtUiBC MSS GACXKS. — UV. VII.
ucMBp b nuit même avec la cavalerie, ne put persuader que César fût près de paraître avec son armée eu bon élat. La erainte s*éUiil emparée des esprils à uo lel poi nt 9 que 9 comme ai l'on eût perdu le sens, on voulait que toutu ks légions eussent ét^ taillées en fba, et que la cavalerie seule eût édappéy prétendant que sans cette circonsUDce» les Allemands n'auraient janii osé venir attaquer nos relrancheaens. L'arrivée de Géaar dissiia cette
4*2. A son retour , coaune il connaisaii l'incertitude des évéuemens de la perre, il oese plaignit que de ce qu'on mitfiiitsorttr lesooliortesde leur poste»
ctrqirésenta qu'on avait eu tort de s*expossr an moindre risque; que l'arrivée Mibile des ennemis aurait pu leur èlre Irà-pr^udiciable; d autant plus qu'ils «aient eu bien de la peine à chasser b Barbares des retrancheroens et des fortes du camp. Ce qui l'étonnait le plus» c'est que les Allemands qui inient passé le Rhin à dessein de ranger le pajs d'Ambiorix, fussent vem attaquer le camp des Romains^ et ttiseot por-là rendu à ce prince un «nnœ signalé.
43. Ensuite César marcha de nouvenà la poursuite des ennemis , et il Avaja partout contre eux ce grand Mibre de troupes que lui avaient farnies les peuples voisins. Tous leurs iwQrgs furent brûlés, toutes leurs maitoas réduites en cendres, tout mis au pillage. Les hommes et les chevaux (Msumèrent le blé; le mauvais temps ^ les piniea abîmèrent le reste : le ra« ^ht si terrible» que si quelque haiManl de ce pays échappa en se cachant, ^m la retraite de l'armée , il dut périr fc bim et de misère. La cavalerie qui ^1 dispersée partout, passa souvent Ftt des eodroila où éé prisonniers âi«
saient avoir vu Aiiibiorix piendre la fuite, et ils prétendaient môme qu'il ne devait pas être bien loin. L'espérance de le saisir faisait (outentreprendre, jusqu'à l'impossible, parce que l'on était convaincu du plaisir que cette prise causerait à César ; mais on ne put jamais y réussir. Toujours il échappait par des bois , par des montagnes où il passait la nuit; de là il gagnait d'autres cantons, d'autres provinces, accompagné de quatre cavaliers seulement, les seuls auxquels il crût pouvoir se lier.
44, Après cet horrible désastre que César fit éprouver à ses ennemis, et qui coûta aux Romains la perte de deux cohortes, il ramena son armée à Reim».
Là , ayant assemblé les états de la Gaule, il y examina l'affaire de ceux de Sens et de Chartres, condamna l'auteur de la révolte, Accon, à la peine de morr^ et le fil exécuter suivant les anciennes lois romaines. Quelques-uns de ses complices s'enfuirent, de peur d'éprouver le même sort. Après avoir défendu aux Gaulois de les recevoir chez eux, César mit ses troupes en quartiers d'hiver , deux légions sur la frontière de Trêves , deux dans le canton de Langres, et six autres à Sens, capitale du Sénonais ; ensuite les ayant toutes pourvues de blé, il alla, selon sa coutume» tenir les étals de la Lombardie.