‹ Bibliotheque militaireChapitre 221 sur 614 · INSTITUTION XI · texte numérisé non relu

INSTITUTION XI

BssCUBft.

To«s fortiiieraito^jows tofare camp le pins qa'n YOQS seca possible ; cela est indispensable si vous le placei dans on lien qpadeox et onvert. Vons ne devei pas non pins le néf^er dans nn autre terrain, qiidqoe avantageux qn'il soit; flortont évites de vous placer près de quelque hauteur dont l'ennemi pourrait s'emparer à la dérobée, et d'où il vous incommoderait beaucoup par ses traits.

Quand vous serei dans le pays ennemi, vous ne manqneret pas de faire nn fossé autour de votre camp, ne dussiei-vous demeurer qu'un seul jour; cette méthode rassure les troupes et met à l'abri de toute insulte. Vous établirex aussi des gardes en tous temps ; bien que vous aachiex l'ennemî éloigné, vous prendrez les mteies précautions que s'il était proche.

Quand vous devrei séjourner quelqoe temps, vons choisirez un lien commode, qui ne soit ni humide ni maréd^eux : ces sortes d'endroits étant malsains, causent par leurs exhalaisons des maladies qui minent une armée.

Vous ferez luen de ne pas rester longtemps dans le même endroit, à moms que ce ne soit pour hiverner, ou (pie de fortes raisons ne vous y obligent : les immondices qui s'aocumdentoccasionnent à la fin des vapeurs infectes qui cor* rompent lasahibrité de r«ir. Un camp m.

d'hiver sera eonstrait et retranché CMnme une viUe; vous y exercerez les troupes aux évolutions et aux travaux militaires, pour qu'elles n'en perdent point l'habitude et ne s'énervent pas dans l'oisiveté.

Ce n'est pas assez que le camp soit sain, il faut aussi qu'il soit abondamment pourvu de tontes les choses néces:

saires; que les marchands et ceux qui y apportent leurs denrées y abordent facilement et sans risques.

Vous poserez des stations en dehors, après avoir formé nn.e enceinte de chariots, si vous en avez suffisamment, sinon vous emploierez des arbres entiers ou bien des palissades qu'on posera près-4-près autant qu'il se pourra. Le camp doit être toujours fortifié et assuré, à moins que ce ne soit dans notre pays, et que, n'ayant rien à craindre, on se propose de te changer pow quelque raison.

Vous veillerez à ce que les pays de notre domination, voisins du théAtre de la guerre, ne soient point foulés par les troupes, surtout les agriculteurs, dont les travaux doivent être protégés; cet art et celui de la guerre sont les deux plus utiles i la conservation de l'état, et tous les autres paraissent leur être inférieurs; c'est pourquoi ils méritent une attention particollère. Le soldat, bien entretenu, se portera avec zète A la défense du laboureur, qui, se voyant ménagé, fera des vœux continuels pour lui.

Lorsque vous aurez posé et assuré votre camp, si vous savez que les ennemis s'approchent, vous ordonnerez qu'on fasse une provision de foin, de paille et d'orge pour deux ou trois jours. Si vous vouliez transporter votre camp ailleurs, on s'en pourvoirait du moins pour un jour; il serait même bon que chacun en ramassftt diemin faisant «

Si

VEÈSPtÈMîi Ltôll.

parce qcte, 0i les ennemis sont près et qûé leur cayalerfe soit nombreuse, la pfttoresera interceptée, et les raletsne pourront sortir sans risqoer d'être pris, il fant prévoir tons \eê cas qui peuvent arriver et peser toutes dioses, pour ne pas s'exposer au repentir. Après avoir fait vos observations sur la subsistance que les lieux doivent vous fournir, du moins pour quelques jours, vous remarquerez les situations dont vous pourrez tirer le meilleur parti pour la défense du camp, comme des hauteurs^ la proximité d'une rivière ou celle d'un ravin : vous aurez aussi attention de vous poster de manière à ne pas manquer d'eau, et à la défendre.

' SI le péril est pressant, soit que votre armée soit tout infanterie ou cavalerie, ou mêlée de l'une et de l'autre, vous emploierez vos chariots pour fermer votre camp, coname je l'ai ditci^essus. Vous ferez en dehors de cette enceinte un fossé large et profond de sept ou huit pieds, dont on jettera la terre en dedans. Au-delà de ce fossé, vous mettrez des chausses-trapes, et vous ferez de 'petites fosses recouvertes , dans chainane desquelles on fichera un pieu aiguisé : cela doit être connu de toute Tarmée, pour que personne n'aille s'y jeter.

Le périmètre du camp aura quatre grandes portes publiques et en outre plusieurs petites ; un préfet sera chargé d'y poser les gardes. Les tentes des psilites , c'est-à-dire de tous les gens de traits, seront placées en dedans des chariots , près du retranchement. Entre celles-là et les autres, il y aura une distance de ti^ois ou quatre cents pieds, afiti que les flèches des ennemis ne puissent pas y porter.

' Beiix grandes rues , larges de quattxtilQ à cinquante pied?, se couperont droits au mfliea éx c^p, De 1

oMé et d'autre, on aHgnera les tentes, qui seront placées fldoû Vùràre des décuries, avec un petit kitervalle de Tune à l'autre. Chaque turmarquecm»pera au centre de sa divfeion.

Le logement du générd ne sera point au nrilien dueamp, mais dans un endroit ou il n'empêche point le passage et n'en soit pointiacommodé. La cavalerie sera mieux placée dans le milieu qu'aux extrémités.

Les officiers de garde aux portes ne laisseront entrer ni sortir personne après la retraite, sans va ofdre signé dn général.

Les gardes de cavalerie lirtérieures se feront exactement. Chaque tanM»*que enverra mi homme df otdoiiiiaiiee près du génial ; et de mêoie ^eque dronguaire et (Aaque comte eni^arroiit le leur auprès du turmàrque, efti <pie les ordres soient reçus prompteoMit

Le généfiilanra près de hd des gens qoi sonnent de la grande et^e la petite buccine ; au son de ceOe qei fndiqiie 11 retraite, les travaux cesseront, et apiès le souper, on chantera l'hymne seint.

Vous préposerei des pénonnes fl^ dèies pour faire la ronde^ visiter te stations, et feire observer un grand silence : c'est souvent un moyeta de prendre les espions qui se sont gKssés dans le camp.

Vous ne permettrez ni danses ut Jeu pendant la nuit, ce qui serait indêcait eteontt-afa^ au bon ordre.

8i vous vouleK décamper à Pinsil des enneniîs, pour changer votre position, ou les prétenir en occupant un poste avantageux, ou pour éviter le coml^t, tenez beaucoup de feux uHmnéS; leS ennemis, qui les veiYont,'pettseri)ttt que vous restez datas votre t^mp; è^éstcé que pratiqua Ntecphorè, notre général, lorsqu'il fut envo:fé trec une «wte ar^ mé« en $yrie. A jW ftiit ie dé^ dan»

l'em^ebeia Léon.

tô3

cette protinoe et cm très grand butin, eomme B se trouvait pressé par mie grosse armée de barbares, au moyen de ce stratagème, H échappa avec toute sa proie.

Le même , dans une expé^tion contre lea Bnlgtfes, se servit d'une chose fort «tile, dont voici la description. Deux piquets, égaux et longs de trois pafanes, ftpréseotaieikt un A- Vu troisième piquet, long de cinq à six palmes, senhblabte à un javelot, se joignait à ce bipède, et formait ainsi un tripède bien affermi sur ses Jambes; au sommet du tripède et de cette espèce de javelot, s'élevait une forte lame pointue comme celle tfme épée, loagaa de deux pal- BMB ou mt peu ptna. Ces madiines, kncpi'oB le voulait, ae joignaient prèiK è-pfèspoorae rerapirer et se fortifier contre k cavalerie» qui venait s'y enferrer; eilesétaieBt trài ooiimodes parla EKititéde les transporter et de les faire servir d'ames an beseiiL Quand on B^Fait pas le temps de faire un fossé aiSour du camp, ou kraque le terrain, étant trop piermx, ne pouvait se creuser, OD ne kisaait pas, au moyen de cette inv«ition, de se {v oourer cpielque sAreté.

Qnaad vous décampez onvertement, saw crainte ée fennemi, votas éonnei Tordre le soir de la veille du départ;' à la pointedu jotf, b baocme sonne tPois fais; aa dernier signd toutes les troupca se mrttent en mouvement, et sortent du camp ainsi que les bagages, srion leur ordre de nuôche.

Oiftroave cheK les ancien la descriptien de ihverses sortes de oampi pour lasitiafioBet ponrlaformcLe carré aèlong est œlni que je préfère, ccwame plm propre pour y camper régidière»

ment.

Si vons vmdet faire montre de Vos breesi, campaavons sttr m lie« élevé»

qui soit un peo en pente, pourvu que Ton puisse y transporter toutes les choses nécessaires.

Vous ne ferez point les latrines dans rintérienr du camp, mais en dehors, à cause de la mauvaise odeur, surtout si vous devez y demeurer quelque temps.

Quand vous le jugerez nécessaire, vous ferez passer un ruisseau an milieu de votre camp, de manière cependant qu'on puisse le traverser aisément.

Si vous pouvez Asposer d'une grosse rivière, en vous y appuyant, vous la ferez servfa* de retranchement pour un câté. Si elle est d'une médiocre largeur, vons défende de mener bofare les che* vaux dans la partie supérieure, parée qu'ils rendraient l'eau booitense : on les «Aïreavera dans la parHe au-dessous du camp. 9i même die était fort petite, on ne laisserait p<M entrer les chevaux dedans, msk on y puiserait de r eau pour les abreuver.

Lorsque rennenû sera Soigné, l'on pourra se dispenser de faire entrer la cavalerie dans le retranchement avec l'infanterie; la première, restant dehors, sera plus au large, et moins exposée à être comptée par les espions; 0 suflradekiinnrqoer son emplacement, <pi'élle viendra oocuper quand l'ennemi s'approdbera.

Si vous êtes dans une plaine, et que vons sortiez de votrecamp pom* donner bataille, vous y laisserez une gardé assez forte pour s'y soutenir et le conserver si l'emiemi faisait un détachement pour rattaquer, et les chariots vous suivront. Si, au contraire, le pays est rude et inégal , et que votre camp soit d'un abord MDdle, vous y laisserez les chafiets €ft tous les bagages, avec la garde ordinafa-e qui y est attachée. Vous ran«> gerts l'amiée^n bataffledanaun poste convenable, qui ne soit point éMgné du rotomnchement Panseette wxÊÊkm

l/BMPKEBra LÉOlf.

les chariots vous seraient inutiles et ne feraient que vous embarrasser. Dans le cas que vous les meniez avec vous, il ne faul pas les ranger trop près de J'infanterie. On mettra des entraves aux bœufs, de peur que venant à s*effrayer du bruit et du jet des traits, ils ne causent du désordre dans l'armée.

Si vous avez beaucoup de cavalerie et peu d'infanterie, lorsque vous sortirez de votre camp en y laissant les bagages, il ne faudra pas moins laisser quelqu'infanterie, dont une partie pour la défense du fossé, et l'autre pour garder les portes. Ceux-ci se posteront en dehors près du fossé, soit pour soutenir la cavalerie si elle est repoussée jusque-là, et appuyer son ralliement, ou pour favoriser sa retraite dans le camp et Tempècher d'y rentrer en désordre.

S'il faut secourir un lieu attaqué par les ennemis ou bien occuper proraptement un poste avantageux, conune les chariots pourraient vous retarder, on les laissera avec le bagage dans un lieu sûr et retranché. L'infanterie prendra avec elle les vivres nécessaires, et on laissera suivre seulement les chevaux qui portent les menus équipages. On i^ manquera pas de mener aussi avec soilestripèdes si l'on est dans le cas de camper : on se remparera d'un fossé, et l'on rangera les tripèdes sur le bord, ou bien on fera en dedans un retranchement avec des bois joints ensemble, qui sera aussi bon que si les chariots y étaient. Ces chariots, que nous appelons carag<mj sont ceux qui servent pour le retranchement.

Lorsque vous ferez prendre aux troupes leurs quartiers d'hiver, vous ordonnerez aux turmarques et aux préfets de vous donner un état juste des réparations nécessaires, soit d'armes ou de chevaux, que vous ferez fournir en temps et lieu. On prescrira aussi aux

archers qui retournent chez eux de 8^; pourvoir d'arcs. La négligence sur œ seul article a causé, comme vous le savez, des maux funestes à l'armée romaine. Voilà pour les camps. Je vous parlerai maintenant des préparatifs de guerre qui doivent se faire ou la vdlle, ou plusieurs jours avant le combat; de ce que vous devez entreprendre ou éviter, et de ce qu'il faut prescrire aox officiers et aux soldats.

INSTITUTION Xn.

Des Préparatifs poar le Combat

Lorsque le temps de la campagne sera venu, vous assemblerez votre année dans un même endroit. Si vous avemn nombre convenable de troupes, 3 ne faudra pas les former sur une seule ligne : sa trop gr,ande étendue causerait du trouble, et vos ordres seraient moins bien suivis ; mais vous en séparerez une partie, dont vous compos^ une seconde ligne.

Quiconque a beaucoup de cavalaie, et la met toute en un seul front contre l'ennemi, sans se ménager des résares pour parer aux accidens inopinés; cet homme, dis-je, me parait très ignorant, et se précipite dans un danger manifeste.

Ce n'est ni par le grand nombre des combattans, ni par une ardeur fou* gueuse qu'on se procure d'heureux succès à la guerre, comme le pensent les ignorans : on ne doit compter que sor la sagesse des conseils et les règles de l'art. Une conduite adroite et raisonnée inspire de la confiance et de rallégresse aux troupes , ce qui ne pent manquer, avec l'aide dç Dieu, de don* ner la victoire.

Vous devez donc diriger vos entreprises avec prudence ♦ savoir ch(HSÎr te

l'empkuch Léon.

temps le phB propre pour rexécution , comme le jour ou la nuit, quand l'air est serein ou nébuleux ; observer la situation des lieux et l'avantage que vous pouvez en tirer, soit pour dresser des embuscades, pour favoriser une attaque, ou pour tel autre dessein qu'on peut avoir à la guerre. Vous devez enfin surpasser l'ennemi par vos lumières et votre adresse , autant que par la grandeur de courage.

Vous agirez donc prudemment , si vous divisez votre armée en différentes parties, qui puissent se séparer ou se rejoindre, et qui exécutent ces mouvemens en marchant bien ordonnées :

car ce ne sera pas assez de vousgarautîr des pièges et des attaques de l'ennemi ; 0 faudra que vous fassiez sur eux des entreprises^ ce qui ne peut se bien exécuter qu'au moyen d'un grand ordre. Voilà pourquoi l'armée est divisée en dronges, turmes, tagmes ou bandes, centuries, décuries et autres parties propres aux usages militaires.

Si toutes vos troupes étaient sur une seule ligne, comment pourriez-vous les diriger, et régler dans un instant leurs manœuvres, comme cela doit être?

Combien d'autres inc^nvéniens ne se rencontrent-ils pas dans une pareille disposition, surtout si l'armée est nom- Inrense. L'étendue inmiense de votre cavalerie, celle de vos piquiers ne permettent pas de marcher alignés ; et l'inégalité des Ueux, qui se rencontrent à tout instant , coupent et séparent les parties de la ligne, qui se trouve ainsi rompue et désordonnée avant que le combat soit commencé. D'ailleurs si l'ennemi fait des mouvemens pour tourner vos ailes et les envelopper, vous ne pourrez éviter votre perte entière, dès que vous n'aurez réservé aucune troupe pour garantir vos flancs et vos derrières.

Souvent dans un front trop étendu, l'on a vu des bandes entières s'enfuir et déserter sans qu'on s'en aperçût d'abord. Cet exemple ne manquait pas d'en entraîner bientôt d'autres, Qt les fuyards ne trouvant rien qui les arrêtât, on n'avait aucun espoir de les rallier, et de les ramener à leur poste.

Mais je veux que l'ennemi fuie devant cette seule ligne qui se désordonné pour le suivre, si toute-coup la réserve parait ou que des troupes sortent d'une embuscade, ceux qui poursuivent, n'étant soutenus par aucun corps en état de faire tête aux nouvelles forces ennemies, prendront aussitôt la fuite.

Le seul avantage qu'on puisse retirer de cet ordre de bataille, est d'avoir plus de facilité d'embrasser l'ennemi par ses flancs , si l'on s'y prend avec une certaine adresse. On fait aussi une plus belle montre de ses troupes dont le nombre grossit encore aux yeux dans l'éloignement; mais ceci n'a que l'apparence de l'utilité et non pas le réel.

Il est donc nécessaire de former deux lignes , dont l'une serve d'appui et de secours à l'autre. On tire de cette disposition les plus grands avantages. La première se sentant soutenue a bien plus de confiance et de courage. Ceux qui sont vers les extrémités des ailes, défendus par les garde-flancs , n'ont aucune inquiétude. La seconde ligne contient encore ceux de la première qui seraient tentés de tourner le dos , et qui n'oseraient, ne voyant point de jour à la Alite.

Si celle-ci est ébranlée, comme il arrive souvent, elle se reforme et retourne au combat. Si l'ennemi qu'elle aura mis en fuite vient à se rallier , la seconde qui la suit est à portée de la secourir; et si malheureusement elle venait à être entièrement rompue, sans qu'on pût la ramener, on aurait une

ressource dam rutre ligne, qui étant tonte fraîche et en bon ordre, rétaUîrait le combat On peut d'autant pfan y compter qpe celle de reonemi serait nécrâsairement Eatignée et dans un grand désordre.

Quand même yoos seriez inférieor en nomlveà Tennemi, il ne serait pas moins nécessaire de former deux lignes. Si qœlqa'nn tous dit que cela est inutile, parce que la première étant rompue troublera la seconde et Tentraînera dans sa fuite, n'ajes point égard à ce faux raisonnement Si avec une armée sur deux lignes Fissoe dn combat est encore douteuse , que ne senhce pointlorsqn'on n*en aura qu'une <pii , venant à être pliée, vous laissera sans la moindre ressource. Si l'on objecte encore que rordonnance de Tarmée, ainsi séparée , en est plus mince et plus faible, on peut répondre qu'on ne divise point laforce de l'armée, mais qu'on en change seulement la forme ; que par la disposition des deux lignes, qui ne sont point trop éloignées l'une de l'autre, l'ordonnance générale n'est point affaiblie, qu'au contraire elle est rendue plus ferme et phis assuréedans toutes ses parties.

Soit que vous ayez peu ou beaucoup de cavalerie, il ne faut pas moins la diviser en différentes parties, pour faciliter vos dispositions. Il importe toujours d'y mettre beaucoup d'ordre et de clarté , surtout quand on combat contre une nation qui a de l'expérience dans l'art de la guerre.

Si vous n'avez que de l'infanterie , vous la rangerez cooune je le dirai lorsqu'il sera question de cette année , ou d'une armée mêlée de l'une et de Vautre. Si ce n'est que de la cavalerie, et que vous ayez à combattre de la cavalerie, vous formerez la vAtre sur trois lignes. La première sera divisée en trois 1

grandes parties, doBtchacnae sort anbdivisée en troisantres, savoir : diaqoe tnrme en trois drongea. Votre lieutenant général se idaœra i la tête de celle du milieu : dans les deux de la droite et de la gauche, le tumarquequi commande aux tribuns ou préfets sera posté à la division du centre.

Les trois parties de crtte première ligne seront con^oséesdes coureors, que nous appdons i, présent ^oda»tes, et des défenseurs qui doivent recevoir les coureurs lon^'ils sont repousses, les soutenir et les revancher; eu sorte que les coureurs formeront la troisième partie de chaque turme,et seront tous des archers. La dimérie qui est dans le milieu sera oumposée de défenseurs.

Ala gauche de cette ligne, qui est surtout la partie que l'on cherche à eove* lopper, et qui court le plus de risque, vous placerez d«uou trois bandes pour servir de gardes-flancs. A la droite TOUS mettrez une ou deux bandes d'archers, qui seront destinés i tourner le flanc des ennemis. C'est ainsi que vous Hs^ poserez votre première ligne.

La seconde ligne qu'on appelle auxiliaire, et qui doit faire la troisième partie de toute l'armée, sera divisée en quatre méries.'EUes seront séparées l'une de l'autre par desintervallesd'environ un jet de flèche. On ks rangera ea double firont, de manière que ceux des premiers rangs soient prêts àcombattre devant eux, et les autres sur le derrière. Si les ennemis faisaient une incursion dans cette partie, ib se tourneraient et se présenteraient pour leur résister.

Aux deux extrémités de cette ligne, derrière chaque pointe , à la distance d'un jet de flèche , vous placerez une bande, connue si vous vouliez coquuencer une troisième ligne. Cela servira pour garder le derrière des ailes.

l'bmpeesija Léon.

Poqr <iae la aecoade ligiie ae paraisse qu'ua seul corps, et que ses quatre parties ne se déjettaot point en marchant, il est à propos d'en remplir les intervallas, et d'employer pour cet ef*fet une bande à chacun. Les cavaliers s'y rangeront à deox de hauteur, ou bien à quatre si l'arméa est ncHObreusOt Ces intervalles servant à donner des pamfes aux corps rompus de la première ligne. Les trois bandes se reti-« rent à propos pour leslaisser libres, en donnant an^ fuyards un espace raison* nable. SUiss les reçoivent, les font rallier^ et retiennent ceux qui voudraient fuir pins loin ; ou bien elles se resser-lent, se fonoant en escadrons ; ensuite, Si joignant aux tergistites qui sont à la troisième ligne , elles fortifient la se*conde, et repoussent les ennemis ifoi s'avancent pour la rompre*

Si vous n'avqi qu'une firmée médio* cre, comme depuis cinq jusqu'à douse mUte bonwnes» vounne fora^ la seconde ligne que de deux méries avec un seul intervalle. Si elle est aurdeasous de cmq mille hoinmesi il n'y aura point de division h la seconde ligne , mais un seul corps sans intervalle.

Je vous prescris surtout de réserver trois ou quatre bandes pour placer en embuscade sur les flancs de l'armée, si la situation des lieux le permet. Ce qui sera mis à la gauche, servira pour empêcher les approches que Fennemi tenterait de ce c6té. Ce qnî sera sur la droite se tiendra «usai couvert et prêt à d^usqoer pour courir sur l'ennemi.

Vous désignerez dans ce nombre çenx qui dqi vent se replier sur les flancs de l'ennemi et ceux qui doivent faire upe course pour tomber sur les derrières. S'Ms sont bien disposés, et qu'ils agissent i prx^K», ils secondant très efficacement l'attaque 4^ front Sien qu'ils m «aient qu'ei»potit nombre,

comme ils chargent à l'improviste ef avec avantage, ils doivent non scuIct ment se battre à force égale ; mais la surprise et la crainte, les faisant parais tre plus nombreux qu'ils ne sont, répaur dent le trouble dans toute une armée^

Avant de livrer bataille aux ennemis, il faut avoir pris une connaissance exacte de leurs forces. Si vous èt^iufférieur en nombre, vous éviterez du vous commettre avec eux ouvertement, sans une extrême nécessité. H sesalî trop dangereux de les attaquer de front et en plein jour; mais vous tâcherez de dérober votre marche pour les prendre en flanc ou par derrière.

Vous diviserez donc toute votre caer Valérie, surtout si elle est nombreuseï en première et seconde ligne (la pr&« mière, comme je l'ai dit, en coureurs et en défenseurs), en gardes-flancs, en cornistites pour tourner l'ennemi, en insidiateurs,c'est^Hiire qui sont en eiur buscades, en auxiliaires, savoir ceux qui sont destinés à arrêter les fuyards* et en tergistites qui gardent toutr^it les derrières de l'armée.

Si vous avez une armée plus forte que celle des ennemis, formez-^n non seulement deux lignes, mai^ trois et môme davantage , de sorte que vou^ paraissiez plus faible qu'eux. S'ils atta* quent tous en^mble sans précaution votre première ligne, les autres servi-^ ront à les envelopper.

Les anciens nous ont appris que chaque escadron ne devait pas se former sur plus de quatre rangs, parce que le surplus serait inutile. Car les rangs de chevaux ne se pressent point comme ceux des fantassins , pour faire efibrt par leur profondeur. Les derniers ne poussent point les premiers conun^ dans l'infanterie; et soit archers ou lanciers, ils ne sont pas d'un grand se* cours à ceux du front de l'escadron ; car.

les tances, aiHlelà da quatrième rang, nepearent atteindre en avant da front, et les archers sont obligés de tirer leurs flèches en haat, à cause de ceux qoi les précèdent; ce qui les rend inirtiles, comme Texpérience l'a prouvé.

Quoiqoe le nombre de quatre rang»

me paraisse suffisant, cependant comme fl se trouve souvent peu de cavaliers assez vigoureux et asses formés pour combattre aux premiers rangs , il faut 7 suppléer en augmentant la iianteur à proportion du peu de valeur des escadrons et des postes qu'ils occupent.

Lestagmes, vos le milieu de la première ligne étant les meilleures, on ne fera les files que de cinq cavaliers avec leur valet Alagauchede la même ligne, où Ton place celles de la seccmde classe en valeur , ainsi qu'à la droite , Içs files seront de sept. Dans les autres parties où se mettent les bandes qui vident moins, les Blesseront de huit ou de dix.

Si vous avez de vos plus mauvais escadrons en première ligne, vous les formerez donc sur huit ou dix de hauteur. Ceux de la seconde ligne seront sur dix, mais les cinq derniers seront tirés pour les mettre à la garde desclwriots.

La profondeur de vos tagmes ne dœt Jamais être au^essus de dix, ni audessous de cinq, bien que ce soient des hommes d'élite. Cela est nécessaire pour ne point trop diminuer votre étendue, ni le nombre de vos protostates.

Si toutes les tagmes de votre ligne étaient sur dix de profondeur, les ennemis , en comptant les hommes du premier rang, connaîtraient fecilement la force de l'armée, ce qu'il est important de leur cacher autant qu'il est pos* sible. C'est aussi pour cela que les tagmes plus fortes que les autres auront

Lion.

deux ensdgnea, eeBe du comte et edk du centurion; mais en ordre de bataffle, on ne montrera que cdle du comte.

Les proportÎMis qw je viens de vous donner étant gardées , et Texcédant rejeté àla seconde ligne, voosi tention de mNer les anciens et i veaux soldais dans les décuries. Les phis vieux quiontperdn de leunfofces seraient mal ensemble , ainsi que les jeunes qui sont sans expérience.

Lechef deffle, oduiqui le soit, le troisième et le senre41e, porteront la lance avec Farmure telle qu'As doivent ravoir. Les antres qui savent tirer de l'arc, n'auront ni lance ni boodier ; le cavalier aurait trop de peine à manier l'arc sur son cheval, tenant encore le boudier de h main gauche. Néanmoins s'Osysontexeroés, ib jetteront le bouclier dwrière «ix, lorsqu'ils voudront tirer des flèches, ce qui ne sera point inutile.

Lorsque votre année sera en bataifle, vous placerez, environ cent pas derrière chaque bande , sept ou huit hommes destinés à recueillir les blessés et les cavaliers tombés de cheval, pour qu'ib ne soient pas foulés aux pieds par la seconde ligne, et conserver de braves soldats. Afin de les encourager à bien faire leur devoir, ib recevront un écu par chaque blessé qu'ils auront relevé.

Pour qu'ils puissent les monter avec eux sur leurs chevaux, il y aura deux éfariers attachés à la partie gauche de la selle, l'un à l'arçon de devant, l'autre i celui de derrière. Ds porteront de Feau dans des flacons pour faire revenir les blessés qui tombent souvent en défaillance. Ces mêmes hommes, si l'ennemi est mis en fuite , ramasseront les dépouilles, lorsque la seconde ligneanra passé : ils les remettront à tons les protostates qui ont essuyé les plus grands périls du waùM : c'est pourquoi cette

LÉOH.

ptéfogMiVB pcfdt teor être due comme «ne juste récompense. Cela fera tossi qa'ancui catiMer ne descendra de che- Talet ne quittera son rangpov dèpoofller les morts.

On Mera pour le combat les iMUMfoloks des lances, qnî ne sont qn'an ornement de iMvade imitile à lagnene.

Vaiilears elles pearont causer de l'embarras poor le jet desllàdieset des dards, ainsi qoe dans les coorses et les éfotailioos. Toutefois comme elles donnent beanconp d*éclat ànne troupe dans r éloignement , on peut les ganler tant qœ l'ennemi ne sera pas plus près d*an mille. Alors on les détscbîera et on les mettra dans leurs étuis.

Né manques pas de détadier huit ou dix cayaliôs par turme, même par chaque tagme, si eues Mmt fortes, qui se tiendront à quelque distance pour obserrer avant le combat, et même pendant le combat, les mouremens des ennemis. BsaTertiront leur troupe de ce qui se passera , afin qu'elle se précautionne contre les ruses et les pièges qdseraientteDdus. Il faut choinrpour cesvedettesdes gens fermes, ioteUigens, et qui aient la vue bonne.

Vous disposeres les parties de votre première ligne, de manière qu'il y ait de l'une à l'autre un intervalle raisonnable, pour qu'elles ne se pressent point drâs la marche. Les gardes4ancs marcheront appuyés à la pointe gauche de la première ligne. Les parties de la seconde marcheront aussi en bataille dansl'ordre que j'ai dit, observant leurs intervalles. Jusqu'à ce qu'on soit à un mille des ennemis, la seconde ligne pourra se tenir assez éloignée de la première pour n'être point aperçue; mais lorsqu'on viendra en présence , elle se rapprochera pour en être à portée pendant le combat. La distance de Fane à l'autre doit être telle que la pre-

mière ne reste pas sans secours, etqne la deuiième ne se confonde point avec elle dans les tourbillons de poussière qui s'élèvent.

Les enseignes destagmes ouesca* drons seront les phis petites et lesphis légères. GeHesdesdronges dondneront sur elles, etceUesdesturmarques seront encore plus élevées. Votre lieulenant-général aura la sienne très distinguée des autres, et la vôtre doitètre la phB frappante, afin que tout le monde la connaisse, et que dans le faronUe de l'action eHe serve de pmnt de ralliement aux oflBders et aux soldats. Toutes les enseignes, placées également sur le front, doivent être gardées chacune parquinse ou vingt hommes d'élite.

Les enseignes des turmarques do^ vent porter chacune un symbole parti»

culier et différent def autres, que les soldats soient accoutumés de connaître; Non seulement cela aidera les tagmes i bien garder leun postes; cela leur servira aussi à se retrouver aisé* ment, si dies venaient à s'égarer. Ces enseignes doivent encore être employées à donner des signaux par leurs divers mouvemenset situations : comme de les tenir hautes ou baissées, de iespancher à droite ou à gaudie, de les tenir toujours inclinées , ou de les élever et baisser fréquemment , pour que dans le trouble et la confîiaon les signaux soient bien vus et répétés par les autres enseignes.

Les oiBders ^éraux ne doivent pas se jeter tête baissée dans le péril. La mcMTt d'un simple préfet n'est connue que de sa bande ; mais la parte d*un chef principal peut causer du désordre dans sa division et décourager tous les soldats. Jusqu'à ce qu'on soit à la portée du trait, ils se tiendront sur le front, observeront et régleront la mar«

m vi

dm delâUgM : màAÛmfiê^e rerMt cm^teir p«F QM petite trmipe dM lAiis Imyes ettvaliervr JuNp&'au mome&t da choc vous disposerez toat» et Vow in»* trairez un ebacson de son devoir. Dès qu'on e0 viendra mx nains, vous vous mettrez à la tête de voire esca-dron, qpii seradamlemiliNidelase* Goade Ucoe, non pas poor y eetnbattre, mais pour tout observer et vous porter oàilseranécessaiie.

Je ne conseille pas de faire sonner beaucoup de buccines au moment dn oboc; cela ne canse que de la confusion et peut wit^ècber de Inen enten^ dre les coimnandemens* Il nffira d'en faire sonner une au eentre de chaque ligne. €ependant, si le terrain était inégal, ou bien que le vent on le mur*mure des eew interceptât le son, on fixait somiet une boBctne dans diaque mène , c'estHMire trois sur tout le front Plus il y a de siienee« mieui on tient en ordre les nouveaux soldats, et plus l'aspect de rarmée pandt tontble aux enmmis. On sortira donc dacamp san^ ^ueun bruit, et on ne sonfinrapas que personne parle sans nécessité.

Lorsqu'on se met en mouvement pour charger, il faut être serré convenablement; on jette en partant le cri des chrétiens, eruek tietaria. Et lor»^ qu'on vient aux mains, il est aussi toH utile de pousser de grands cris, surtout ceux qui sont denri jre, tant pour en-* courager les siens que pour étonner les ennemis.

Une finit pas non plus négliger d'avoir des héraultequi excitent par leurs discours au cond>at. Il serait bon que ce fussent des préfets ou des officiers éloquens qui fissent cette fonction. Ils doivent mettre devant les yeux des soir data le prix réservé à leur fidélité et à leur valeur; les bienfaits qu'ils ont déjàreçus du prince, la justice de leur

eame^kiistotda iMm autos, datai patrie, et la faveur du rial qui ta à* dera contre ta inftdèlas. Qes diMoan, ditaà propost feront ptai tf eSafcqa'fBw distribution d'argent

Quelques jovs avant le eomM, chaque tnrmarqueaasemblecaeeoifii sont sons ses ordres. Utar repstea* tera que les régtaneBM, ks euniosial les évolnlîona iostitoés par nos ancêtres ou par les dennera généraui, il auxquels on ta a forméfi, ont pourobjet de tav assurer la vktoire;qaei ta bètos fauves rusent pour éviter k poursuite des cbassMff , i pta faite raison les bonuMs» doués figtelltgence, doivent s'insirufre, smtipNir" suivre l'ennemi^ soitàle aurpraninoD l'éviter adroitmnent , selon l'ooco^rence; qu'U ne fait pas selaîisereBtratner comme un torrent, uMi» qv Ton doit modérer son impétuosité , d se conduire swec pm&snee dam ïiU^ que et dans la défense. On taffln comprendre que le succès du fusm choe ne dédde pas toqj<mia la vi^tape, <pe ce n'est pas assez de vaincre 100^ ment qu'il ne faut cesser ds cffoMr tre avec courage et avec ordre juap'à l'entière défaite des Mnemis.

Pour vous, l(Hrsque l'armée seit m* send^lée, vous feres aussi votre edM)^ tation, et vousaniniNM tout le w^oiâ pu vos discours comme par voM exemjde.

Voua recommanderez à la premKrt ligne de se régler wf la partieiittflM* lieu où est votre Ueirtenant-génénli ^ de marcher de front aveceOe*

Si les ennemis sont mis en faite, M coureurs les poursuivront vtvemdotjai' qu'à leur camp. Les défenseitf» W vront en ordre de bataille, poof «oatenir les coureurs s'ils étaient naa^^^* Ilfautbien inculquer aux soldats <pi" ne doivent pas penser à dépouilla ^

morts 4«er«fiaire m soit entièreiDeot teminée.

Si ipelqae partie delà première 1^ gne est rompue^ elle se retirera vers la seconde, se ralliera derrière, et retour* neiaaa combat eo jetant les cris acooutomés.

Si vous voyes <pie les ailes de l'ennemi vous débordent, vous ordonnerez amx gardefr-flanos de s'avancer sur la gancbe et de s'y étendre, pour garantir cette partie de Tenveloppement Si, an contraire, notre front est plus étendu que celui de l'ennemi, ces mêmes gardes-flancs feront une conrse en demicercle pour l'envelopper, avant que la ligne n'en vienne aux mains. En cas que les deux fronts soient égaux, ils demeureront dans leur première position, couvrant leur mérie.

Les comistites suivront l'aile droite sans se montrer jusqu'à ce qu'on soit à environ deux jets de flèche des ennemis* Pour cet effet, ils tiendront leurs enseignes baissées. Lorsqu'ils déboucheront, le premier escadron, s'il est composé de bons cavaliers, ne sera qu'à cinq de hauteur; l'autre suivra, les rangs serrés et bien ensemble*

Si l'on s'aperçoit qu'on est débordé de beaucoup par une des ailes ennemies, celle qui lui sera opposée s'arrêtera, et déclinera sur son flanc pour s'égaler à elle; après quoi l'on commandera aux tagmes en interligne sur raile de sortir. Elles débusqueront vivement, et feront leur mouvement avec légèreté pour tourner sur le flanc de rennemi. Si notre aile était un peu plus allongée que la sienne, ils n'auraient à déaire en marchant qu'une portion de cercle. Si les deux fronts étaient égaux, ils gagneraient un peu de terrain sur le côté, pour faire ensuite {dus aisément lair conversion.

Si les ennemis font sortir aussi leurs

ukw.

comistites pour exécuter unemanœiJH vre semblable, il faut les prendre sur le teflOfMi, et les cbitfger alors même qu'ils font leur convenion; car Us pressentent leur flanc droit, qui est déeou^ vert, et leur ordonnance n'est i^us serrée.

Le turmasfue, ou tout autre oflBcier qui commandée la droite, doitse réglar sur les moQvemens des corpistites, de manière que dans le moment où ceux-« ci arrivent sur le flanc de l'enn^ni, toute cette mérie s'avance aussi sur eux, etprofite du trouble qui commence i s'y mettre. Ces troupes d'aile sont surtout très utiles éw» les lieux piato et découverts, où elles manœuvrent &*• cilament.

La seconde ligne observera d'être à la distance d'un jet de flèche de la première, pour la soutenir si elleest rom-* pue. Si les ennemis sont mis en fuite, eUe suivra en bon ordre la première, qui doit les poursuivre.

Si le combat est douteux dans lapre?

mière ligne, et qu'il y ait des troupes repoussées, on redoublera les cris pour les ranimer et intimider les ennemis.

La seconde ligne attendra l'événement, et ne chargea pcMut qu'elle ne voie le désordre sans remède. Si eUe^nème est repoussée, elle se retirera vers les tergistites, qui la recevront.

Au cas que des troupes détadiées de l'armée ennemie tombent tout^-ooup sur la queue de votre bataille, si elle» ne sont pas en grand nombre , la réserve suffira pour les combattre. Si ceUe-ci n'est pas assez forte, la seconde ligne se mettra en double front, et celui de la queue combattra l'ennemi, qu'on fera poursuivre, lorsqu'il sera rompu, par les tergistites en forme de coureurs. Mais si les ennemis étaient en état de faire un grand eSort dans cettQ partie, toute la seconde ligne se

un

L'BMPBBBOft LÉON.

tournerait par ee cominandement :

changez de front.

Les dizainiers on chefode^les viendraient à la qoene, qui serait alors le front.

Vos insidiateurs , qoi sont caciiés pour tomber à l'improviste sur les flancs ou sur la queue de l'ennemi, enverront quelques découvreurs pour observer ce qui se passe, afin de ne pas se montrer mal à propos; s'il est rangé sur deux lignes, comme il arrive souvent, il est certain qu'il vaut mieux faire une incursion sur l'une ou l'autre pointe, que sur le derrière. Le moment où ils doivent sortir de leur embuscade est lorsque les deux armées sont encore à la distance de deux ou trois jets de flèche. Ceci ne se représentera jamais dans les exercices; il sera réservé pour le jqur du combat.

Vous ferez connaître à chaque turmarque les mouvemens qu'il devra exécuter et tout ce qu'il faudra observer dans la partie où il commandera. Vous donnerez, s'il est nécessaire, vos ordres par écrit. Il faut aussi que les troupes soient instruites, peu de temps avant le combat, des principales choses qu'elles auront à faire. Si onleleu%disait longtemps avant , cela pourrait s'oublier.

Quant à celles de menu détail, sans les prévoir, on voit dans le moment même ce qu'il faut dire selon l'occasion.

Quand l'armée marchera en bataille à l'ennemi, on enverra des aides-decamp visiter tous les lieux en avant du front, crainte que les ennemis n'aient placé quelques troupes dans des fossés, des ravins, ou dressé quelque sorte de piège. On prendra les mêmes précau- . tiens sur les flancs et sur le derrière, pour éclairer ses mouvemens et sa position de toutes parts.

On fera, quelques jours avant la bataille, une recherche exacte de tous les

étrangers de la nation ennemie qm feront dans l'armée. On les tradoira du»

un autre lieu sous quelque prétexte.

Les turmarques, les dronges, kscomhs auront cette attention, et ne négligeront rien de ce qui peut être utileik sûreté générale.

Chaque bande ou tagme, soit qa'eHe campe dans le retranchement oa lotre part, chantera tous les matins, i h pointe du jour, l'hymne saint, amt toute fonction. Elle fera la même dnse le soir après le souper et les messes.

Le jour du combat, chaque cavalier portera, dans des sacoches attachées i l'arçon de sa selle, des flacons d'eio, du biscuit et une ou deux livres debrine; cela lui servira pour se rquItR dans le besoin, et se soulager s'il Tenait à se trouver mal. Gomme on ne sait pas le moment où commencera l'action.qQi peut être retardée, ou bien pouYant arriver qu'après la victoire on suivra i« ennemis qui se retireront dans quelque lieu fort, il est nécessaire d'avoir dans cette occasion des vivres au moins poor vingt-quatre heures.

Il y a certaines entreprises périlleuses dans lesquelles il ne faut pas vous exposer en les exécutant vous-mtoe; si vous y demeuriez , le trouble el la terreur gagneraient toute Tannée, ao lieu que si vous en chargez quckp'»" de confiance, telle qu'en soit l'issue, k salut de l'armée ne sera point basante et vous pourrez remédier à ce qui pwff" rait arriver de fâcheux.

Le général prudent et droonspert n'entreprend rien qu'après un mùrcxamen. 11 doit considérer la situation te ennemis et la nature de leurs forces:

s'ils ont beaucoup plus de cavalerieqt»

vous, il faut tAcher de leur êter te fourrages : s'ils sont très nombreux en hommes , vous ferez en sorte de Ictff couper les vivres, ou de les Icm* enlever.

Si c'est une amèe compoflée de di- ▼enes natioiM, on tâchert d'en corrompre une partie par des présens on des promesies : si elles professent des religions différâtes, vous soUieiteres ceux qpi ont la même croyance qne

Page 1