‹ Bibliotheque militaireChapitre 24 sur 614 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

Révolte presque générale des Gaules par le conseil de VercingéCorîx. — Retour de César. *- Siège de Bourges. — Vercfaigétorix rassure set troupes. ^ Division dans Antun. — Siège de Clcrmont. — Révolte de Litavieus. — Grand combat auprès d'Alise : prise de Vercingétorji dans ce combat.

An avant J. C. 5a , de Rome 6oa.

i. La Gaule paraissant tranquille ^^ César, comfiie il Tavait résolu , partit

cl^:sAii.

pour lltalie à dessein d'y tenir les ^tats. Là y ayant appris le meurtre de Clodiusef que, par un décret du sénat, la jeunesse d'Italie était généralement obligée de prendre les armes, il fil faire des levées dans toute la province. La Gaule Transalpine ne tarda pas à le savoir , et au bruit qui en courait, les Gaulois ajoutaient d'eux-mêmes une circonstance qui paraissait fondée, c'est que Cés:ir serait retenu en Italie par ces troubles civils, et que pendant ces divisions, il lui deviendrait impossible de venir joindre son armée. Ces peuples toujours également affligés de se voir soumis au joug des Romains, crurent devoir profiler de l'oa'asîon , et commencèrent à parler plus haut el plus librement de prendre les armes. Les principaux d'entre eux tiennent conseil dans les bois et dans les lieux écartés , se plaignent du supplice d'Accon, conviennent qu*îl les intéresse tous , déplorent le triste état des Gaules; Hs font toutes sortes de promesses, et proposent les plus belles récompenses à ceux qui ouvriront la campagne, et qui, au péril de !eur vie, rendront la lîljerté à la Gaule. Tous s'accordèrent à penser qu'avant défaire un éclat, il leur îm^ portail surtout d'empêcher Césaf de fejoindre ses troupes ; ce qui leur paraissait d*autant phis facile qu'il était défendu aux légions de sortir de leurs quartiers en son absence , et qu'il ne pouvait ^Dir les joiAdre sans escorte.

Qu'après tout , il valait mieux mourir les armes à la main, que de laisser flétrir ieitr aneienoe gloire, et de ne pas recouvrer l'indépendance que leurs miçètres leur avaient transmise.

2. CeUe réaokition prise, eeux de Chartres s'engagèrent à tout hasarder pour le salut commun : ils promirent de prendre l'initistite; el pour évHer qu'en M donnant pd^licftiemeni des

otages, l'alTaiie ne transpirât , ils demandèrent qu'on se liât par serment sur les étendards , comme sur ce qa'it y avait de plus sacré parmi eux, de ne point les abandonner après qu'ils auraient commencé. Les propositions de ceux de Chartres furent unlvéï'sellement applaudies : tous ceux qui étaieni présens prêtèrent serment, et, ayant pris jour pour l'exécution, on se sépara.

3. L'époque arrivée, ceux de Chartres ayant h leur fêle Cotuatus et Cônetodunus, deux désespérés, entrent dans Orléans au signal convenu, et massacrent tous les citoyens romains que le commerce y avait attirés , entre autres G. Pusius Cotta , chevalier romain , homme estimable , à qui César avaiC donné l'intendance des vivres, et pillent tout ce qu'ils avaient. Aussitôt le bruit s'en répandit par toute la Gaule, car lorsqu'il y arrive quelque chose dlmportant et d^iniérêl majeur, les Gaulois s'en avertissent nnitueftement par des cris qu'fb poussent dans les provinces et dans les campagnes , et ces cris se communiquent des uns aux autres ; de sorte que ce qui s'était passé à Orléans au soleil levant, fut su en Auvergne avant neuf heures du soir, quoiqu'il y ait entre ces deux pays environ quatrevingis Iteues éà distance.

4. Dans la même intention de se délivrer des R(miains , un jeune homme d'Auvergne, très-puisfiant dans son pays, Vercingétorix,flbde Gehillus qui avait eu leooinmandemenf de toute la Gaufe, el qui fut assassiné par ses eitoyens , parce qu'il aspirais à la souverameié, assembla ceux de son parti , et n'eut pas de peine à les mettre en meuve* ment. A p^e eut-on connu son des-* sein f que tout le monde courut aux armes. En vain Gobanition , son oncle, et les principaux du pays qui ne croyaient pas derrâ^ tenter ht fortune

GtJKKIUS DES GAOLBS

les Reniiiiw , le diasidvent de Oeimoit, il n*en persévéra pas moiim êm M» enireprise. Il ramassa dans kl etrirom les vagabonds et les débau • diésqu'il pat réunir. Avec celle poignée fneoliriera , il enfraina dans son fâ toos ceox de la naiîon qu'il renma , et les solUcila de prendre les ânes pour leur eooHnune liberté. Par«* &, H iMBembla de grandes forces, avec Infoelles il expulsa de la ville ceux ^ l'en avaient peu auparavant chassé.

iiMs H M prodamé roi par ses parti* m, et il députe de loufea paris pour

chacun d'être Odèle à ses en-

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Itttion; pour lui , il marcha vers le Berrt. A son arrivée, ceux de Bourges députent vers les Aulunois , dont ils étaient alliés, pour leur demander du secours, afin d'être plus en état de tenir tête à Tennemi commun. Les Aulunois, de l'avis des généraux que César avait laissés pour commander en son absence, leur envoient de la cavalerie et de l'ia* fumerie. Ce secours étant arrivé au bord de la rivière de la Loire qui se* pare le Berri du pays d'Aulun, y resta quelques jours et, n'ayant osé la passer, retourna d'où il était (larti, et fil savoir

Moo, du Quercy , de la Touratne, des QUoos d'tvreuJL , du Perche et du Uie^dv Limousin et de l'Anjou, avec h i«8te des peuples qui habitent les

à nos lieurenans , que la crainte d'être

En peudeienpail met dans ' trahi par ceux du Berri , l'avait forcé

nialevétsceux de Sens, de Paris, du de rebrousser chemin ; qu'ils étaient

informés que dans le cas qu'ils passassent la rivière , ces peuples d'une part et les Auvergnats de l'antre « avaient dessein de les envelopper. Cette (te^ierOcàm ; ils le choisissent tous ' excase avait-elle un fondement réel, fnt leor général. Investi de cette au- ou était-ce une perfidie ? c'est ce qu'on Mé,il leur ordonne è lotis de lui ne peut décider, ne trouvant rien <lniierdesolages,delttiroumtrpromp* ' de positif à cet égard. Quoi qu'il en (tuent an certain nombre de troupes , ' soit, à peine ce secours se fut-il éloigné, t( tk se munir chacun chez eux , et * que ceux du Berri se joignirent aux

Auvergnats.

6. A ces nouvelles, César qui vit les troubles de Rome apaisés par la valeur et la prudence de Pompée, partit pour ta Gaule Transalpine. Quand il y fut

im «a eertam temps, de la quantité àam qu'il leur preacrrvit. Il s'attaék UNtaut à posséder un bon corps d^cnaleffîe , et , joignant la sévérité à i'Wilueeiaclitttde, il retint par llior-^ twr fo supplices les esprits flottans : ^ftm les foules graves, il les faisait Pim pif le feu ou par ks plus cruelles ^nns; et pour les petites, après leur >«if bit eouper les oreilles ou arracher byeux, il les renvopit chez etrx pour i*^de leçon aux autres, et les main- Wr dauB le devoir par la grandeur du dînent.

^* Quand par ces nH>yens violens iiw formé protnptement une armée, i ca envoya «me partit dans le Rouer- ^ taos kt conduite de Lutérîus de ^^f bouune d'une irto^rande réso-

arrivé, il se trouva fort embarrassé sur les moyens de se rendre vers ses trou*» pe»;car s'il les faisait venir dans la province, il comprenait qu'elles seraient attaquées dans leur marche , et forcées d'eng:iger l'action sans lui ; si , au contraire, il allait les joindre, il ne croyait pas qu'il y eût de la sûreté pour lui , de confier sa personne même à ceux qui paraissaient alors les plus tranquilles et les mieux intentionnés.

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