Cependant Lutérius de Cahors
envoyé chez les peuples du Rouergue, lea engage à prendre le parti des Au*
08 ottU.
ne pureiH tenir conlre eux ; iU piiitenl la fuile, et se replièrent, après «ne perte considérable , sur le gros de leur armée. Ce revers ayant de nouveau rempli les habilans de frayeur, ils se saisirent de ceux qu'ils crurent auteurs de la révolte , les livrèrent à César» et se rendirent à lui. De là il vint assiéger Bourges, très-grande et très-forte ville» située vers les confins et dans le canton le plus fertile du Berri. Il comptai! que la prise de cette place lui soumettrait tout le pays.
14. Vercingétorix , ému des pertes consécuiives de Cliâteau-Landon, d'Orléans et de Neuvi , assemble sou conseil» lui repi*ésenie qu'il s'agissait de faire la guerre tout autrement que par le passé; qu'il fallait surtout s'attacher à intercepter aux Romains les vivres et le fourrage; qu'il était aisé d'y réussir» puisqu'ils avaient tant de cavalerie » et que la saison les favorisait; qu'il n'y avait point encore d*herbe à faucher, ce qui obligerait l'ennemi à s'écarter pour en chercher dans les maisons » et faciliterait à leur cavalerie le moyen de le détruire; que d'ailleurs le salut commun exigeait que Ton sacrifiât ses intét^ particuliers; qu'H fiiUait brûler les villages et les maisons dans tous les environs, depuis Bourbon-rArchstnbanlt» où l'on pouvait juger que l'ennemi viendrait faire du fourrage; que»
pour eux , ils n'en manqueraient pas, puisque ceux qui avaient la guerre sur leurs frontières remédieraient à leur disette ; que les Romains, ou ne pourraient supporter la famine, on s'exposeraient aux plus grands périls en s'éloignant de leur camp pour aller chercher des vivres; qu'il était également avantageux » ou de les tuer, ou d'enlever leur bagage sans lequel ils ne pouvaient faire la guerre ; que, de plus, il éiait nécessaire dé brûkr les vilks q^ii par
leur sliuatiïHi , ou fauté d'être tbrllfif^l n'étaient pas 1101*$ do danger, afin qu*elles ne sci*vissent |)oint de retraite à leur milice qu! se débaucherait, ni aux Romains [KHir en tirer deb vivres; que si cette mesure leur paraissait dure et pénible, il devait encore leur être bien plus douloureux de voir leurs femmes et leurs enfens traînés en esofcl* vage » et d'être massacrés eux-mêmes , ce qui ne pouvait manquer d'Arriver aux vaincus.
15. Cet avis approuvé d'un consentement unanime, plus de vingt villes du Berri furent brûlées en un jour ; les pays voisins en firent de même, de sort* qu'on ne voyait qu'incendies de toutes parts. Quelque affligeant que fût ce s[jectacle pour les peuples» ils se consolaient, parce que, se croyant presque sûrs de la victoire , ils espéraient réparer en peu de temps leurs désastres. On délibéra même en plein conseil sur ce qu'on ferait de Ik>urges» si on le brûlerait , ou si on le défendrait ; mais tous les habitans se jetèrent aux pieds 4és Gaulois , pour les prier de ne point Mb obliger de brûler eux-mêmes une vilte qui était une des plus belles de toute lu Gaule, l'ornement et le soutien de |>a province; représentant que sa posttit»\i la rendait facile à garantir, parce qn'^He était presque environnée de tous e5lés d'une rivière et d'un marais» et qu'elle n'avait qu'une avenue fort étroite. On leur accoitle ce qu'ils demandent; Vercingétorix Uti-môme , après s'y être opposé d'abord, se rendit enfin à leurs prières par compassion pour le peuple ; et l'on choisit des gens capables de défendre la ville.
16. Le général eûnemi s'ooctipe ensuite de suivre César à petites Journées ^ et vient camper à cinq lieues de Bourg^es dans un poste protégé par des bois el d<s marais : là on venait l'informer d»"^
GtJeARE DES GADLB8. — LlV. Vil.
4»>^fiiHic ciuM|ttg jour au siège, ti
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prisMt leusB préciia lions pour ne pas
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IT. César s'étetst posté da côté de
ISIftSfaMM éiroifle qui » comaBe mus
l'kiMudil. Xà'étatl ^urantie ni par la
ihite là y»* les snm vais , fit élever une
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liik enpôctMâi qn ""cmb f»e pèt Tinveslir.
i ïiguÀ fies Ti%'«es » il ne cessa d'en
énnskr à ceoic d*Aoiun ei du Boor-
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liBCftott, ne Uss i6t9 ietii pas d'un grand
KCMS; les auinwy peu ridiesel ne pos-
tfteiiiu'uo pestft es Kaibie canton , eu*
MbÎBHiéiépuieÀ leurréœite.L'Sarmée
et ésM houueotsp & «ouOrir de la di»
Me dsl vivres , par la pauvreté des
du Bourtioiniuiîsy pur Tioexae^
de oeisx d'Aulun>et par Tin»
éias Tsltas 01 des viBages. Tels
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i|e*aa élakil oUigé de isise ireuif
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ea iBOi indigne de lA verui
, ai de la gloire dont leurs pré^
tkloireB les avaient couverts.
qve César viaiiani les ira-
RBsac » et s*sdves6anl touf-rà-lour à efaa-
fse kùffmi » tear ofimt de lever le siège,
éte finoatcsr était trop rude è supporter,
Isna le priaieoidc n'en rie» faire, lui
id qae, depuis plusieurs an*-
^'ib servaient sous lui » ils s'é-
ia«|(Mif»oesifOiiéi deaoïte^iii'îte
n'avaient reçu aucun affront, el navaient jamais rien entrepris sans Texécuter; qu'ils se croiraient |ierdus de réputation s'ils abandonnaient le %\(^ qu'ils avaient commencé , et qu'ils ai* maient mieux tout souffrir que de ne pas venger la mort des cilo}cns ro« mains qni a^-aient péri à Orléans par la pet-Gdiedes Gaitluis. G*est ainsi qu'ils en parlaieut à leurs officiers, pour qu'ils en instruisissent César de leur part.
18. i>éfà les tours étaient prés dtk mur, quand on apprit, par des prison* niers, qtie Vercingétorix , après avoir consumé le Tuurrage des environs , avait décampé pour s'npproclier de Bourges , et qu'il s'était mis en embuscade avec de la cavalerie et de Tinianterie légèf« dans un lieu où il croyait que les nôtres iraient fourrager le lendemain. A celle nouvelle. César se met en marche vers minuit , dans le plus profond silence , et arrive le matin près du csmipdes enne^ mis. Ceux*ci , 0)ttnl bieniôt su fiar leurs coureurs l'arrivée de César, envoyèrent leur bagage et leurs cliaiiots dans la plus épais des buis * et se rangèrent en bataille sur une hauteur découverte.
César, qui en eài avis, ordonna aux aiens de mettre tmssi au plus vile leur bagage dans un même lieu , et de se préparer au combat.
19. La colline où l'eiuiemi s'était reimnché avait uue petite douée et sis trouvait bordée piiescpie tout à l'eniour d'un maraisembarrassé et difficile à trar verser, quoiqu'il n'eût que cinquante pas de large. Les Gauloîs , ayant rompu les ponts, se tenaient sur cette colline qu'ib regarilaienl comiae un li^ de sûreté; et distribués par nations, ils avaient de bons corps-de*garde à tous les gués et passages de oe marais, dis** posés à fondre de la hauteur sur les Ro* ssains» s'ils voMl^ieiU le^ forcer. K voir
iOO
CÉSAR
la proxîmiié du lieu > on auiail cru qu'ils ne demandaient pas mieux que d'en venir aux mains; mais quand on considérai l que les choses n'élaient fxis égales, on s'apercevait sans peine qu'ils faisaient parade d'un sentiment bien éloigné de leur intention. Nos troupes, indignées de ce que les ennemis osaient soutenir leur vue de si près, demandaient le signal du combat. Hais César leur remontra qu'ils achèteraient la victoire trop cher; qu'il faudrait la payer de la vie de trop de braves; que, les voyant prêts à tout hasarder pour sa gloire, il ne pourrait se pardonner d'avoir sacrifié leur salut au sien propre. Après les avoir ainsi consolés, il les ramena le même jour au camp, et donna ses ordres pour tout le i-este de ce qui regardait le siège.
20. De retour à son poste , Vcrcingélorix est accusé de trahison , sur ce qu'il s'était approché des Romains ; qu'il s'était éloigné avec toute la cavalerie; qu'il avait laissé tant de troupes sans général ^ et que son départ avait donné à l'ennemi le moyen de venir les attaquer tout à leur aise ei avec tant de diligence. On prétendait que ce concours d'événemens n'était pas l'effet du hasard , et qu'assurément il y avait là quelque dessein prémédité; que sans doute il aimait mieux tenir l'empire des Gaules de la main de César que de leur générosité.
A ces accusations il répondit qu'il n'avait décampé que parce que le fourrage leur manquait, et qu'eux-mêmes l'en avaient prié; qu'il ne s'était approché des Romains que parce que le poste avantageux où il les avait laissés se dérendait de lui-même; qu'il avait emmené avec lui la cavalerie, parce qu'elle ne pouvait être d'aucun usage dans un lieu marécageux, et qu'elle était utile où il l'avait menée; qu'à son départ il n'avait exprès laissé le commandement
à (personne, de peur que celui qu'il en aurait chargé ne livrât la bataille pour plaire à la multitude qui , incapable de consumée, paraissait la désirer, parce qu'elle ne pouvait plus soutenir les travaux et les fatigues de la guerre. Si l'ennemi éuit venu par hasard , ils devaient en remercier la fortune; si c'était à l'instigation de quelqu'un , ils lui avaient obligation de leur avoir fourni le moyen de voir du haut de leur colline sa faiblesse et sa l&cheté, puisque , n'osant combattre, il s'était honteusement retiré dans son camp; qu'il ne soubaitaitpoint d'obtenir de César par trahison une autorité qu'il pouvait obtenir par la victoire, dont lui et tous les Gaaiois devaient déjà être assurés; qu'il était prêt même à leur remeUre le commandement , s'ils croyaient qu'il lui fit plws d'honneur qu'ils n'en tiraient de profit ; et afin , ajouta-t-il , que vous soyez convaincus de ma bonne foi, écoutez les soldats romains eux-mêmes. Il fit paraître alors devant eux des valetsqu'il avait pris au fourrage peu de jours au«* paravant, et disposés, par la-faim et les rigueursdela prison, à dire tout ce qu'il voulait . Ceux-ci, auxquels il avait fait la leçon , déclarèrent qu'ils étaient des soldats l^ionnaires, que la famine et la misère avaient fait sortir secrètement du camp, pour voir s'ils ne pourraient point trouver dans les campagnes du blé et du bétail ; que toute l'armée était dans la même disette; que les foroes leur manquaient, et qu'ils ne pouvaient plus fournir au travail ; de sorte que César avait résolu de lever le sië^^e dans trois jours , si la ville ne se rendait pas. « Voilà pourquoi, dit Vercingétorix, les services que vous rend cdai que vous accusez de trahison ! C'est par ses soins et sans qu'il vous en coûte une goutte de sang, que vous voyez une forte armée victorieuse presque détruite par
GUERRE DES fiArfJS. —- L1Y. VII.
kl ratn , el fédoiie à B^enltitr honteuse- Mot ans trouTer de retraite.
21. On n'esteDd aussitôt que des narmnrasd'apidaiidîseeinens» lesBarkiRS entrechoquent leurs armes , selon horcoiitome : ils s'écrient que Vercin- ^rni est un parfait gfénérai , digne de fooie Gonfiaiice , et qu'on ne saurait nieoi conduire une guerre. En même lenps ib ordonnent d'introduire dans hpbœaniégée un corps de dix mille kmnKS de l'ôliffi de toute l'armée , aeciopnt pas devoir remettre le salut coMDoa entre les mains des seuls habiliosde Bourges, iesqtiels» s'ik parfesaient à conserver leur ville , ne mqaeniefit pas de s'attribuer tout Aonnear de la vicioire.
tt. Au grand courage des nôtres b Gaulois opposaient mille stratagè- Ms divers; car cette nation , qui est nMadustrieuse» sait à merveille imiiiriom ce qu'elle voit faire. Us neutra- IsMit donc l'effet des faux que nous Miioas en usage , en les saisissant avec ia lacets ; et quand ils les tenaient ainsi Moocbées , ils les tiraient à eux à l'aide fc kars machines. Ils ruinaient aussi ns terrasses» en les minant par desn»; genre de travail dans lequel ils M d'autant plus habiles, que leur PTiest plein de mines de fer, et qu'ils m accoutumés à creuser, et à pra- Âpier des conduits souterrains, ils snient de tous côtés garni leurs mu- »iUes de tours couvertes de cuir. Nuit tt jour ils faisaient des sorties» et l^ientnos ouvrages» ou tombaient ■nr nos travailleurs. A mesure qu'en ciiifiant nos terrasses nous élevions nos KniSyib élevaient les leurs à proportion n moyen des m&ts qui s'y trouvaient suachés , et sur lesquels ils consirui- Aient de nouvelles galeries. Teniionsvos d'ouvrir une mine, ils Tévenlaieni» la remplissant de pieux pointus
et durcis au feu, de poix bouillante , et de grosses masses de pierres; par-là ils arrêtaient les mineurs, et les emp^ chaient d'approcher des murs.
âS. Les murailles chez les Gaulois sont presque toujours fsiites de la môme manière. Ils couchent par terre»
de leur long , de grosses poutres à deux pieds de distance l'une de l'autre; en dedans, ils les attachent ensemble par des traverses, et remplissent de ferre ce vide de deux pieds : ce même vide est comblé à l'extérieur de grosses pierres. A ce lit de poutres, de ferre et de pierres, ils en ajoutent un second»
gardant toujours le môme intervalle »
de sorte que les poutres ne se touchent point , et sont supportées par les pierres placées entre chaque rang. L'ouvrage est ainsi continué jusqu'à la hauteur convenable. Ces rangs de poutres et de pierres ainsi entrelacés en échiquier font un assez agréable effet; et ces sortes de murailles sont frcs-uliles et très-commodes pour la défense des villes : car les pierres les mettent à couvert du feu » et les poutres du bélier : ces poutres ayant ordinairement quarante pieds de long, la muraille a de même quarante pieds d'épaisseur, et ne saurait être ni enfoncée ni démolie.
24. Le siège, retardé par tant d'obstacles, l'élail encore par la boue, le froid et les pluies continuelles qu'avaient à souffrir nos soldats : cependant , ils surmontèrent toutes ces difficultés par un travail opiniâtre , de sorte qu'en vingt-cinq jours on éleva une terrasse de trois cent trente pieds de large sur quatre-vingts de haut.
Comme elle touchait presque aux murailles de la ville, et que César, selon sa coutume, était présent 5 l'ouvrage , encourageant les soldats à travailler sans relâche, on vit, un peu avant minuit, fumer cetto terrasse , l'ennemi
lOB
oftstn.
ciant venu par dos conduiis 90uierinins y meiire le (eu. Eu mùme temps, il s'élève mi Cl i tio toul le rcin|>arti ei les Gaulois font une sortie |ior deux eo* droits enire les tours. Des murailles, les uns jettent sur notre terrasse des flambeaux allumés arec du bois bien sec; d'autres versent de la poix foodue et toutes sortes d'autres matières combustibles; de manière qu'on ne savait où courir, ni où il était nécessaire de porter un plus prompt secours. Mais, comme César avait toujours deux légions en reserve dans les reiranchemens, et que les autres se relevaient pour le travail , on Tut bientôt eu éiat de remédier à tout; les uns tenaient tète à ceux qui attaquaient , les autres j:eculaient les tours, et coupaient la terrasse pour empêcher le feu de se communiquer, tandis que toutes les troupes du camp coururent éteindre le feu.
25. Le reste de la nuit se passa dans cette occupation; partout on faisait face, et les ennemis se fortifiaient dans l'espérance de la victoire , avec d'autant plus de raison , qu'ils voyaient Icsmantelets des tours brûlés, et qu'il n'était pas aisé d'aller à découvert au secours de. ces tours : de plus, des troupes fraîches venaient sans cesse relever celles qui étaient fatiguées , parce qu'ils croyaient que le salut de toute la Gaule dépendait do ce moment. Sur ces entrefaites, il arriva en notre présence un événement qui nous a paru digne d'être rapporté. Il y avait un Gaulois hors de la porte de la ville, qui jetait dans le feu, vis-à-vis d'une de nos tours , des boules de suif et de poix qu'on lui passait de main en main. Un coup de trait lancé par une machine le traverse de paît en part , et le tue. Un de ses voisins montant aussitôt par-dessus son corps le remplace,
et périt de teètoe : Uft tioisièmé lui succède ; il éprouve ua sori ptrail , puta un quatrième; en un nK)l» eelte place ne resta vaoante qM lortqoe le fou qui avait pris à la terrasse fiil éUMtt; et que l'ennemi sur t<His lea points eut éié repoussé dans la ville , ce qui finît le combat.
36. Les Gaulois» après avoir imu tenté, voyant que rien ne leur réussis* sait , s'assemblèrent le lendemain , et » de l'avis de Yercingétorix et par aeé ordres, ils prirent la résolulion d'abai^ donner la place; œ qu'ils remireoi è la nuit» dans l'espérance de pouvdit le faire sans grand risque , parce que le camp de Vercingétorix n'était pas éloigné de la ville» et qub le marsi^ situé entre elle et noire camp enipôchei-aii les Homaiils de les suivre* Ail moment où ils se disposaient à partiiib les mères de famille vinrent eu lârases se jeter à leurs pieds, les coitjumnt de ne point les livtrer ft leurs etiuemis» elles et leurs enfans trop faibles el trop jeunes encore pour ftiir avec eux . Quand elles les virent fermes daits leur résolution ( car souvent la crainto d'un extrême péril bannit toutç pitié), elles se mirent à jeter des cris pour avertir les Romains de It^ur fuite. L4» Gaulois elTrayés , et cl-aignanl que notre cavak^ rie ne leur fermât le passage f abandonnèrent leur dessein.
27. Le lendemain^ Gésar fit avancer une tour, et tnetire la dernière niiun aux ouvrages qu'il avait ordennés :
une grosse pluie étant survenue» il crut ce temps favorable pour reculer une entreprise qu'il forma sur-lechamp, parce qu'il s'aperçut qtie la muraille de la ville n'était pas gardée avec assez de soin. Sur cette découverte , il fit travailler les siens avec moins d'activité, et leur donna ses ordres. Après avoir exhorté ses légions.
GUERRE DES GAlJlfl|. — UY. VII.
iOS
(fùi/émi i ooqveri dan» la UDobée,
incoeilUr eoCu le fruit de la vicloire fi'i)i anieol mcriiée par taat de trawuy il prapoia des prix à ceux qui kspieiDieis escaladeraieui le remparl.
U ligoal ne fui pas plutôt donné fK,de UHis côtés, les troupes s elancciefli,et remplirent bientôt les murs.
28. Surpris de cette aiuque , chassésde leurs remparts et de leurs tours , toenoemis se rangèrent en forme de coin dans le marché et dans les places publiques» r^olus de faire face de (|ud<|ue côté qu*on vint les assaillir.
Qmod ik virent que personne ne s*alaoçait oonure eux , mais que les Roinios se répandaient de U)utes parts klongde h niuraille , la crainte qu'on œ leur ôiàt toute espérance de se relinleur Gt jeter leurs armes, et courir lODt d une lialeine vers Tauire extréffiiJédela ville, où une partie fut tuée pu aoire infanterie, eu voulant se aaver en foule par des portes trop droites; Tautre assommée dehors par h cavalerie : il n'y eut aucun de nos loldais qui s'amusât à piller. Les trou* fes,irriiéts du massacre d'Orléans, et des peines que ce siège leur avait don- Dto, n'épargnèrent ni femmes, nien- I^QS,ni vieillards. Enfm, de tout ce t^\k composé d'environ quarante toille personnes, à peine huit cents , qui 3u premier bruit qu'elles avaient en* laidu étaient sorties de la ville» arrivàeni-elles heureusement auprès do ^Brcingétorix. Celui-ci , craignant une ôneute à leur occasion , et que la pitié tumspiraient leurs mallieurs n'exci- ^ le murmure de l'armée , les reçut au tttilieu de b nuit sans éclat , et envoya au-devant d'elles ses amis et les priuci* (aux de diaque nation pour les séparer, ^ b mener chacune dans le quartier ilu camp qui , dès le principe , avait ^ assi^rné à chaque peuple.
29« Lu laodMiaio » il asimble le conseil, console et engage tous set membres i ne pas s'affliger, et & ne pas perdre courage, par suite du revert survenu : « les Romains n'étaient redevables de cet avanuige» ni à leur valeur ni à la bonté de leurs troupes, mais à certaines ruses de guerre , cl à une connaissance de l'art des sièges que les Gaulois n'avaient pas.
Ils se trompaient fort s'ils comptaient qu'on dût loujoura être heureux dans la guerre; qu'ils lui étaient té»
moins que jamais ils n'ont été d'avis de défondre Bourges; que la démarche imprudente de ses habiians, et la trop grande condescendance des autres^ étaient la cause du malheur qui venait d'arriver; mais que bientôt il y remédierait d'une manière beaucoup plus avantageuse; qu'il trouverait moyen de mettre dans leur parti ceux des autres peuples qui en avaient pris un contraire; qu'après ccUe union de toutes les Gaules» l'univers ne saurait leur résister, et qu'ils ne larderaient pas à en voir l'eflet : qu'en attendant, il croyait que leur snlut commun exigeait qu'ils forlifiassenl leur camp , pour être plus en eut de s'opposer aux brusques attaques.»
50. Ce discours fut d'aulanl mieux accueilli , qu'il fit voir que malgré cette grande disgrâce il ne perdait point courage, ne .cachait point ses seniimens, ni ne craignait de se montrer publiquement. On lui trouvait d'autant plus de sagesse et de prévoyance, qu'avant le siège, il avait d'abord été d'avis de brûler Bourges, et de l'abandonner ensuite. H lui arriva donc le contraire des autres généraux ; les mauvais succès diminuent ordinairement leur crédit , et le sien ne fit qu'augmenter après la perte de cette place.
En mrme temps, ils se flattaient, sur
CÊIAII.
SI parole, de voir tous les peuples des Tiftiilcs ne Tormer qu'un seul parti ; ils commencèrent donc pour la première fois à se retrancher dans un camp; et ces hommes» peu accoutumés au travail , furent tellement abattus par l'adverailé, qu'ils devinrent obéissans et prôls à lout souffrir.
31 . De son côlé , Vercingétorix ne négligeait pas les moyens de réaliser sa promesse et de réunir tous les autres peuples de la Gaule dans les mômes intérêts; il employait les offres séduisantes et les présens pour gagner les principaux d'entre eux. Il se servait dans ce but d'hommes adroits y propres à les tromper par des discours engageans, ou par une feinte amitié. Il répara l'équipage de ceux qui s'étaient sauvés du siège; et afin de recruter ses troupes qui étaient fort diminuées, il exigea un certain nombre d'hommes de chaque nation , leur enjoignant de les Taire rendre au camp» certain jour marqué. Il commanda en même temps qu'on lui envoyât tous les archers»
tiont les Gaulois étaient tK«-bîen fournis : par ce moyen » il remplit bientôt les vides occasionnés par la défaite de Bourges. Sur ces entrefaites» Théutomalus, fils d'Ollovicon, roi de TAgénois» dont le père avait été déclaré notre ami par le sénat» vint le joindre avec un gros corps de cavalerie et d'infmieriequ'ilavaitlevédansrAquitaine.
32. César s'arrêta plusieurs jours à Bourges » où il trouva une grande abondance de blé et d'autres vivres, qui lui servirent à refaire son armée de la fatigue et de la disette qu'elle avait soufl'ertes. L'hiver qui allait finir l'appelait à la guerre » et il avait dessein d'aborder l'ennemi , soit pour chercher
- à le débusquer de ses bois et de ses marais, ou pour l'y assiéger, lorsque \i^ princinaux de ceux d'Aulun vinrent
en députatlon le prier de pourvoir incessamment aux affiiires de leur nation qui se trouvait en grand péril : ils lui représentèrent que par une ancienne coutume ils créaient un seul magistrat , dont l'autorité souveraine ne durait qu'un an ; qu'aujourd'hui deux étaient pourvus de cette suprême dignité» et prétendaient Clément avoir été légitimement choisis; que l'un deux» appelé Convictolitan » était un jeune homme d'une naissance illustre; que l'autre, nommé Colus» était d'une très -ancienne famille» jouissant du plus haut crédit» et soutenu des plus honorables alliances; que son frère Védéliacus avait exercé la même charge Tannée précédente ; que toute la nation avait pris les armes à ce sujet ; que le sénat et le peuple étaient divisés» chacun s'altachant à l'un ou à l'autre; que si cette contestation durait encore longtemps» on verrait bientôt une partie de la nation en venir aux mains avec l'autre; que sa diligence et son autorité pouvaient prévenir ce malheur.
33. Bien que César sentit qu'il serait préjudiciable à nos affaires d'abandonner la poursuite de la guerre et de l'ennemi » cependant » comme il n!igno« rait paslesgrandescalamitésqui naissent d'une guerre civile» il jugea convenable de prévenir celle*ci » de peur qu'an peuple aussi puissant» aussi attaché aux Romains , qu'un peuple qu'il avait toujours protégé et qu'il avait pris plaisir à soutenir, n'en vint aux mains , et que le parti qui se défierait de ses forces n'appelât Vercingétorix à son secours. Mais » comme d'après les lois autunoises» il était défendu au souverain magistrat de passer les frontières du canton» il résolut de se transporter sur le lieu» pour ne rien diminuer de leurs droits» et ne porter aucune atteinte à leurs institutions. I>t« qu'il y
6iTi»its Btt oAnn. — UT. vn.
iOS
faturifé, U cMé det»nt lai à Decite M k «énat el les deox oooipéliteon.
taqw MRile la nalîon a*y étant asaem- Uée, el César ayant appris , de quelfMi^ns d'entre eux qu'il entretint en firtictrtîer, qne Cotas a^ait été élu par m frère, dans on lien et dans un Mf» dîfKiens de œux oà Télectton èmi se bire: qoe d'ailleurs leurs lois se permeiiaienl pas de prendre deux 1^ dans une même famille, du viiant run de l'autre ; que même ils aepeanieM siéger en même temps dm le sénat ; il obligea Cotus in se iénwtue, aootftfirma Conrictolîian qoe b ougisliats tiTaient solennellemerit il, snîfam la eootome nationale.
S4. Cet arrêt rendu , il exhorte ks Aataaois à oublier leurs disputes et kus dissensions ; à ne plus se soutenir éi passé, et à tourner toutes leurs fooéesfers la guerre, pouvant oompkrqa'il les récompenserait selon leurs Kraoes , quand la Gaule serait sou- Me. En même temps il leur demanda & mille hommes de pied et toute ksr cavalerie , qu'il tlestinait à mettre 01 garnison dans les villes pour la csiamedité des vivres. Il partagea son Aînée en deux corps, donnant à La- Inômis quatre légions avec une partie de h cavalerie, qu'il devait mener oMre ceux de Sens et les Parisiens; et avec six autres et le reste de lacavahrie, il marcha contre les Auvergnats pi^ de l'Allier, à dessein d'assiéger Glermont. Vercingétorix , qui en Tut >^li, fit rompre tous les ponts, et Bftrcha de l'autre côté de celle rivière.
35. Comme les deux armées étaient en présence , la rivière entre deux , et fi'elles campaient presque toujours en &ee l'une de l'autre, il envoya des couteofs pour empêcher les Uomains (le construire un pont, et d'y faire passer leurs troupes. César se trouva par - là
(on embarrassé : car il craignait qoe le passage de l'Ailier ne lui Dt perdre la meilleure partie de Tété, parée qn*{| n'est , pour ainsi dire , guéable qu'en automne. Pour prévenir cet inconvénient , il vint camper dans un quartier couvert de bois, vis-à-vis du poste où s'était trouvé un pont que Vercingétorix avait Tait rompre : il y resta caché le lendemain avec deux liions, et fit partir le reste de ses troupes et tout le bagage, selon la coutume , après avoir seulement retenu quatre cohortes de chaque légion, afin que le nombre n'en parût pas diminué. Il leur ordonna de Ëiire toute la diligence possible : quand il conjectura qu'elles avaient eu le temps de se rendre au lieu où elles devaient camper , il fit reconstruire le pont sur les mêmes pilotis qui avaient servi à l'autre , et dont le pied était resté intact. L'ouvrage ayant été achevé en fort peu de temps , il fit passer ses troupes , prit une position , et rappela le reste de son armée. Sur cette nouvelle, Vercingétorix s'avança en toute hftie vers Clermont , pour n'être pas forcé de combattre malgré lui.