CHAPITRE YU
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Tullus Hostilius, roi des Romains, combattant avec les Albins contre les Yéîes, et voyant ceux-là se retirer au commencement du combat sur une colline, cria tout haut que c'était par son ordre, afin d'envelopper l'ennemi; ce qui rendit le courage aux siens, et le fit perdre aux ennemis, persuadés que c'était une ruse, et non une trahison.
Sjlla, dans un ccxnbat, voyant le général de sa cavalerie qui allait se rendre à l'ennemi avec une partie de ses gens, feignit que c'était par son ordre, pour exécuter quelque trahison ; ce qui augmenta le courage des siens.
Une autrefois, que ses troupes auxiliaires avaient été enveloppées par les ennemis et taillées en pièces, il dit qu'il les avait engagées là à dessein, ppur s'en défaire, parce qu'elles méditaient leur révolte. Ainsi , déguisant sa perte sous une feinte vengeance, il rassura ses gens au lieu de les intimider.
Syphax, ayant averti Sdpion, sur le point de passer en Afrique, qu'U ne
pouvait abandonner les Carttiagtnols, Sdpion renvoya aussitôt ses ambassadeurs sans souffrir qu'ils parlassent à personne, pour ne point faire perdre courage à ses troupes, et publia qu'ils étaient venus l'assurer de la fidâité de Syphax.
Sertorius poignarda de sa main un Barbare qui lui vint annoncer la défaite d'un de ses lieutenans, de peur qu'a n'allât divulguer cette nouvelle, et qu'elle n'intimidât ses gens, qui étaient aux mains avec l'ennemi.
Aldbiade, combattant contre ceux d'Abyde, reçut un courrier qui lui apprenait que sa flotte était attaquée par celle des ennemis. Mais, comme il reconnut sur son visage que la nouvelle n'était pas bonne, il le tira à part, et fit cesser adroitement le combat, sans que ses ennemis ni ses gens en sussent la cause; puis il amena ses troupes en diligence au secours de ses galères.
Trois mille Garpétaniens ayantabandonné la nuit Annibal, comme II passait en Italie , ce général fit publier qu'il les avait congédiés; et pour donner plus de poids à ses paroles, Il en renvoya encore d'autres dont fl ne tirait pas grand service.
Luculhis, voyant une partie de sa cavalerie qui se retirait vers l'ennemi, fit sonner la charge, et envoya quelques troupes à la suite, comme pour la soutenir. L'ennemi, croyant qu'elle le venait attaquer, la chargea; de sorte que se trouvant investie de tous eôtés,'elle dissimula son dessein et servit Luculhis.
Datâmes, persan, faisait la guerre contre Autophradate, en Gappadoce.
Prévenu qu'une partie de sa cavalerie s'aDait rendre i l'ennemi, fl la suivit en diUgence avec le reste, la loua d'avoir devancé les autres, et la pria de
nomnf, lit, il
bien faire; ce qui U piqua tfhoDiieiir et la fit dianger de deweiii, croyant n'être pat découverte.
Le eonsBl T. QointîQS Gapitolinns»
voyant l'aile qu'a commandait rar le point de lâcher pied, fit coorir le brait qoe rentre était victorieiue; ce qui rendit le coorage aux plus faitriei et ftat cause de la victoire.
Le consul Cn. Manlius, dam on combat contre les Étrusques, ayant appris que son coDègue Fabius avait été blessé à Faile gauche, et qu'elle commençait à plier , y accourt en diligence avec quelque cavalerie, en criant que ce n'était rien, et qu'il avait remporté hi victoire à l'aile droite. Il la rassura, et fat cause du gam de la bataille.
Le camp de Marins, lors de la guerre des Cimbres , ayant été pbeé par mégarde dans un lieu où il n'y avait pas d'eau, il dit àses soldats, qui en murmuraient : c'est là qu'il en faut aller prendre, montrant le ruisseau qui coulait devant le camp ennemi.
T. Labienus , après la journée de Pharsale, s'étant sauvé à l>yrrachtura, affaiblit Teffet que devait produire k nouvelle de hi défaite de Pompée , en disant que César était blessé à mort; ce qui rassura les esprits et les retint dans leur devoir.
Gaton, ayant abordé au golfe d'Ambracie dans le moment où les Étoliens y attaquaient la flotte des alliés , donna tout haut quelques ordres, comme si ses vaisseaux l'eussent suivi ; ce qui porta l'épouvante au miUeu de la flotte ennemie, et le tira de danger.