CHAPITRE Xm
Poar faroriser sa retraite.
Les Galates ayant à combattre contre Atteins, mirent leur argent entre les mains de certaines personnes chargées de le répandre ça et là en cas d'édiec Ils voulaient profiter du moment oà l'ennemi s'occuperait du pillage pour se sauver.
Tryphon, roi de Syrie, se retirant après la perte d'une bataille, fit semer aussi de l'argent le long du chemin , pour retarder la poursuite de la cavalerie d*Antiochus; ce qui lui réussit.
Q. Sertorius, défait par Q. MetdMi sumofluné le Pieux, défendît à ses gens de se retirer en masse, et les ayant dispersés après leur avoir donné un rendei-vous , il fiât cause qu'on en
FROirmf,
tua pea dans la poursuite. Viriathus, général des Lusitaniens, sortit par le même stratagème , d'un lieu désavantageux.
Horatioa Goclès, poursuivi par Porsenna , arrêta les ennemis à l'entrée d'un pont, tandis quelle faisait rompre; et lorsque le pont fut abattu, il se jeta dans la rivière , et se sauva à la nage tout couvert de blessures, mais encore plus chargé de gloire.
Afranius faisant retraite devant César, près de Lérida, et se voyant pressé, feignit de camper, ce que César fit à son exemple : mais lorsque les troupes de César furent dispersées pour aller au bois et au fourra^, Afranius poursuivit sa marche.
Antoine se retirant devant les Parthés , et ayant remarqué que s'il décampait au point du jour, il les avait sur les bras, attendit jusqu'à onze heures du malin. Il partit alorsà l'improviste, lorsque les Parthes croyaient qu'il séjournerait, et ne fut point suivi de tout le jour , parce que l'ennemi s'était écarté.
Philippe défait en Épire par les Romains , et craignant d'être poursuivi dans sa retraite, demanda une suspension d'armes, comme pour enterrer
Liv. n.
ses mortSf et se retira pendant ce temps.
Piiblius Claudius ayant perdu une bataille navale contre les Carthaginois, était contraint dans sa retraite dd traverser des lieux qui étaient gardés par les ennemis. Il feignit d'être victorieux, et ornant ses vaisseaux de festons, passa sans péril, parce qu'on redoute toujours le vainqueur.
Les vaisseaux carthaginois se retiraient après une bataille perdue, lorsque se voyant poursuivis de près par les Romains, ils firent semblant de donner à travers un banc, et s'arrêtant tout-à-coup, conunencèrent à jeter de grands cris. Cette ruse fit retirer les Romains , qui craignaient un pareil accident, et ce fut pour les Carthaginois un moyen de salut.
Commius l'Atrebate, voulant se sau* ver des Gaules en Angleterre , après avoir été défait par César , et trouvant les vaisseaux à sec, parce que la mec. était basse, entra dans l'eau néanmoins, et fit déployer toutes les voiles; ce qui fit croire de loin à César que Commius était déjà en mer , et qu'on ne pourrait le joindre; de sorte qu'ont rossa de le poursuivre.