En cinq journées de marche
César se rendit aussi devant celle ville; le même jour il y eut quelques légères escarmouches de cavalerie , pendant lesquelles César ayant reconnu la place» et voyant qu'elle était située sur une fort haute montagne dont toutes les avenues présentaient un accès difficile, désespéra de pouvoir l'emporter d'assaut. Il ne jugea pas à propos d'en former le siège , qu'il n'eût d'abord pourvu aux approvisionnemens. De son côté, Vercingétorix s'était campé sur la montagne sous les murs de la ville, et avait disposé séparément les troupes de chaque nation à peu de distance les unes des autres , de sorte qu'elles occupaient toute la hauteur de
la moiilagoei (9 qui Qn rendait l'aspect pénible. Tous les jours , ou lever du soleil , il Taisaii assembler auprès de lui ceux des chers de ces peuples qu'il avail choisis pour son oooseil» soiiaQn de leur communiquer ses desseins » ou de régler ce qu'il Tallait faire :-cepeQdam jaloux d*éprouver lecourageet la valeur dessiens, il ne laissait passer presque aucun jour sans lairc combailre sa cavaluic qu'il cniremèlail d*archei*s. Au pied de la mouiagne sur laquelle la ville élait assise , et à Topposiie de la place, se trouvait une colline bien fortifiée et escarpée de toutes parts; une fois maîtres de ce poste » nous étions h l'ennemi la commodité de l'eau et du fourrage ; mais il y avait des troupes^ qui à la vérité étaient en petit nombre. César, s'en étant a[)erçu , sortit secrètement de son camp dans le silence de la nuit , en chassa la garde ennemie » s'en empara avant qu'elle pût être secourue, y établit deux légions, et la joignit à son camp par un double fossé de doMze pieds de profondeur, afin que» sans craindre une attaque soudaine, on pût manœuvrer en tou^esûrelé du grand au petit camp.
37 . Tandis que cesévénemens avaient lieu à Glermont,Gonvictolitan, seigneur autunois qui, comme on l'a vu, devait sa dignité à César, séduit par l'or des Auvergnats , met dans son parti quelques jeunes gens , dont les principaux étaient Litavicus et ses frères, des plus illustres familles du pays. Après avoir partagé avec eux l'argent qu'il avail reçu, il les exhorte à se souvenir qu'ils sont nés libres et pour commander : il leur représente qu'il n'y a plus que leur nation qui retarde une victoire certaine, que la Gaule est sur le point de remporter; que leur crédit seul retient les autres, sinon les Homains seraient forcés d*évacuer le pays; qu'à la vérité il
avait qoet^eobUi^tiM à Cé^u^ lequel»
après tout , n'avait (ait que lui wndr0 justice; naais qu'il devait encoce f\m à la liberté publique. £i pourquoi te^ Autunois auraient -ils pHitOt reoMuaà César pour décider de leun droits et de leurs lois , que les Romains n'auraient recours aux Autunois? Éblouis par ratant, et entraînés par gon autorité»
ces jeunes gens furent bientôt oonvaineus ; ils s'offrirent à être les chets de l'entreprise, et ne cbercbôrenl plus que les moyens de l'exécuter. Hais comme ils n'espéraient pas pouvoir amener aisément leur nation |i une ruptui^, il fut résolu que Litavicus prendrait Ip commandement des dix mille hommfiB qu'on devait envoyer à César ; qu'il se chargerait de ie^ conduire , et que sue frères iraient en avaiU se rendre auprès de ce général : aprèt» une telle détemâ» nation , ils prirent des mesures entie eux pour l'accomplissement du reste.
38. Liiavjcus se met donc en marché avec l'armée , et il n'était ph|s qu'à environ dix lieues deClermont» lorsque ayant assemblé sesi iroupe$ : «Snf^oa^ leur dit-il en pleurant» où allons-non^? Toute notre cavalerie , toute notre noblesse a péri : Éporédorix et ViridQmarus, les pl|is distingués de la nattoii» ont été mis à mort par |es Romain^»
sans forme de procès, sous prétexte de trahison. Apprei|eE-le de ceux qui par leur fuite on^ échappé à ce massacre : car, pour moi, la douleur que je ressens du meurtre de mes frères et de tous mes parens m'ôie la parole. » Pour appuyer ce discours, il fit paraître ceux auxquels il avait donné ses instruaions; ils dirent tout ce qu'il voulut, et confiirmèrentaux troupes ce qu'ilavaitavanoi$ :
que César avait fait tuer un grand nombre de cavaliers autunois ^ les accusant d Intel ligeiKe avec les Auverjgnats; que pour eux ils s'étaient cachés
Gccmnx on
dtaëMMlsSiliieiiiMiiPéB(faw)i«<i ècMiige.àhmkftA«il«Mi9 pwMm dsiriii H pMBl UnvikiÊA ik peiurfoir km Miiil« Gmmmm, levr dit*U, it y MM i dèUMier, cooum m aonè
i itàm fÊ$ gbUgéi d'allor à GteuncM, ne iMMt îmcfart Mix Auvergnats!
ilHiflis-MHiè^ que ios fVooiaîiii, apvàs s%l» limiu» eenfBbfan duoe inieille wrert lee aOites, n'eccoiireiii lasaorer aiMi F ft*il nie donc quelque courage»
bnMiieùMiii qu*ib ont si indigne- MM Ui fnifs el délivroos^aos de «MpMis* k CCS OHMS il kuv naonlre fUeiirs diegross Mmeins assemblés fMTsoadttiie un gfi|nd eaoToi de blé Mk«r(emne.U raHaqueèriusiaiii, i» pille» et naasaeni tout cb qui &> Mm. àprts M acte de cruauté , il «M«e des tourtiei» dana tout le pays ''i>M,el«aapMelaiii6Bie imposture, %iial la flk>rl de leurs principaux M» et la déraite de leur caîralerio , ras saiaMr aea compatriotes , et les «Mater i le tenger comme il arait Taie. tt. Éporèdorix, jeuiie bomme au* Mb duoe grande fiimille, et très- Nmm dsns son psjrs, et avec loi ViôAMteSi de oième âge et de même ^msisinférioor en uainanco» que ^»s h recommandation de Divitia- ^mil tiréderohscurité pour Télever ^piosémineiites chaiges; ces deux ^*UD<s, dis-je, étaient ?enus le join- 'ittioatenas de la cavalerie de leur >^t commua II les y avait nommé-
! ^ iavités. Us n elaient pas bien *^'M»d ^tre euX| et dans la concur- '^eatreGonvictolilan el Gotns rela-
I ^wiseni su souverain pouvoir » Tun teiait viveaient intéresié pour le pre- ^let Tautre (Jour le second, instruit ^cooBéqueiioe du dessein de Uiaviciis»
^^^^'odorix vient vers minuit en donner ^^ i Gter, et le prie d'empéeher que
— LIV. Vif. Mi
saoatioB,ssdniis parlsama»vÉttcoléeils de qyek|ttes jeutica extravagans. n'ahsAdoiûse ralliaaca desaomains) ce qu'il prévoit devoir arriver» en cas que |aiit de millifera d'hommes $ su lieu de *b rendue dana son camp » aiUent ibiadm lea ennemip» parce que kuia fsmilhi ne pourraient Templcber de se déclarer en leur faveur » cl que sa nation n'eH ferait pas aassa peu d'estiase pour vlmloir Ica abandonner.
40i Getle nouvelle inquiéta d'autant plus César» qu'il avait lOi||ours lorl at iectionné les Auiunols. Ainsi » saiM balahoer , il prend avec lui quatre l^iods et tonte ta cavalerie \ il ne perd point de temps à resserrer sou camp» paice qt)e TaiBiire requémil diligence. Il laisiP C. Fabius avec deux légions à la garde des rairandiemens. U avait ordonné rarresmtion des frères de Litavicus ; mais il appril qu'ils a'élaienl éanvés ches les ennemis peu de temps auparavant. Il part après avoir OKhorié sfes troupes k supporter patiemmeni la faligue nécessaire dans une occasion ai pressante. Tous marchaient avec beatscoup d*ardeur, quand , après avoi^ Gui huit lieues » on aperçut les troupes a»tunoises. Aussitôt il détache sAcavalerib pour les arrêter et leur fermer lé chemin t lui défendant de tuer pcrtonne :
il ordonné à flSporédorix et à Virido^ marus» qu'ils croyaient nlassaciés; d)B se montrer enire les cavaliers, et d'apr peler ceux de leurs amis et de leur contoaissànce. La baude de Litavicus étaiH découverte et la prévention dissipée, lea Autunois tendeiit les mains, font çom«> prendre qu'ils se rendent) jetient les armes» et prient qu'on nelesfasèe pas mourir. Uuivicus gagtie au plus titè Glermont avec ses cliens : car chez les Ganiois t'est un crime d'abandonner son patron en qnelqne extrémité qii'il se trouve.
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CiSAII«
41. César entoya donner a\is aox Aulunois qu'il ataît fait grâce à des gens auxquels» parle droit de la guerre: il pouvait 6ter la vie; et après avoir donné trois heures de repos à son armée, il retourna camper sous Clermont.
Presque à moitié chemin il rencontra des courriers de Fabius qui venaient lui apprendre le danger où il se trouvait; que son camp avait été attaqué par un nombre prodigieux d'ennemis, que relevaient sans cesse des troupes fraîches; que ses troupes étaient épuisées par un travail sansrel&che, à cause de la grande étendue des retranchemens» ce qui obligeait les mêmes soldats à être toujours en action ; que la grande quantité de flèches et de traits de toute espèce, lancés sur les siens, en avait blessé beaucoup ; que les machines lui avaient été d'un grand secours pour la défense ; qu'après la retraite des ennemis, il avait fait boucher toutes les portes du camp»exceptédeux; qu'il avait ajouté un parapet au rempart» et qu'il s'attendait le lendemain à une pareille attaque. A ces nouvelles» César» secondé de la bonne volonté de ses troupes »
hâte sa marche » et arrive au camp avant le lever du soleil.
42. Tandis que ces événemens se passent auprès de Clermont, les Au* tunois » sur les premiers avis qu'ils reçoivent de Liiavicus » ne se donnent pas un instant de réflexion : les uns par avarice» les autres par la colère et par cette légèreté si naturelle à celte nation qui prend pour chose avérée un simpleouî-dire» tous pillent lesRomains»
les massacrent ou les traînent en prison. Convictolitan se prêtait à ces violences et fomentait les troubles de tout son pouvoir» aûn que le peuple» après s'être engagé si avant dans le crime»
eût honte de rentrer dans son devoir.
Ils font» sur leur parole» sortir de Chà-
lons-6ur-Saône M. Aristins, trîlMiii des soldais» qui allait joindre sa légion : ils obligent à s'éloigner des nuirdiands romains qui s'y trouvaient établis pour leur commerce ; et » après les avoir sans cesse harcelés sur la route » ils les dépouillent de tout, ils assaillent jour et nuit ceux qui refusent de se joindre à eux; et » quand de part et d'autre > ils se sont tué bien du monde » ils reviennent à la charge en phis grand nombre.
45. Mais à peine ont-ils appris qve César est maître de leurs troupes» qu'ils viennent en corps trouver Aristins; rassurent que le conseil public n'a eu aucune part à oe qui s'est passé ; ordonnent de dresser une enquête sur le pillage des biens ; mettent en vente ceux de Litavicus et de ses frères » et envoient s'excuser auprès de César » guidés par l'intention de retirer ceux des lenrsqui étaient à son service. Mais coupables d'un si grand crime» enrichis du pillage auquel le plus grand nombre d'entre eux avait eu part» et effrayés du châtiment qu'ils méritaient» ils commencèrent secrètement à se préparer à la guerre» et envoyèrent des députés aux autres nations de la Gaule pour les solliciter à prendre le même parti. Quoique César fût instruit de ces menées» il reçut cependant leurs députés avec toute la bienveillance possible; les assura que l'imprudence et la légèreté de la populace ne lui ÔUiient rien de l'estime qu*il faisait de la nation» et qu'il ne diminuerait rien de son affection pour elle. Cependant » comme il s'attendait à de plus grands mouvemensdans la Gaule» et qu'il craignait de se voir attaqué en même temps par tous les peuples de cette province , il cherchait en lui-même les moyens de se tirer lui et son armée de devant Cler^mont» sans que sa retraite» qui n'étai
GUMMB DJ» GAUUSi, — UV. VU.
IM
hmià qat&ith crainle d'une révolte géafoie» eût rappurence d'wM faite.
44. fHMfo qu'il méditait cette pen* sâe> il se pfésenia une occasion qui lui jM bvoiaUe pour le soceëe de son àuàa; cir, en vititanl lee travaux du ptfkcunp, il aperçu! akolumeol vide hi ollioe que les ennemis oocupaieni , ei ftt aaparavanl avait été si couverte ikioMsis qu'à peine en voyait-on le sel. BiBs son éionneroent , il en de* ■auKia la nison aux transfuges qui , dttfie joar, venaient en ibule se rendre àiii. TcNis déclaraient d'un avis una« «ne, ce que lui confirmaient ses Cfrim, <|ae le haut de cette colline éuit pcsqae aoi, mais fort étroit et fort enrteri de bois du c6ié qui conduisait àruitre quartier de la ville ; que les enernb craignaient beaucoup pour cet uMl^ ; qu'ils étaient persuadés que li kl Romains , dqà maiires d^une collise, s'emparaient de l'autre , ib se iHNiienient enfermés» sans pouvoir ni Urtir, ni aller au fourrage; que c'était foor fortifier cette position que Yercin- |borix leur avait fait quitter le premier
4S. Sur cet avis» César envoie vers ■isiit plusieurs décachemens de cava- Ue, leur ordonne de battre tous ces 'mu quartiers avec un peu de fracas; c(ib pointe du jour il fait sortir du Qup force bagages et mulets» transporte le fourrage» donne des casques «umulaiefs » afin qu'ils aient l'air de ttvaUeis » et leur commando de ma- JttBfrer autour de ces collines : il môle fulques cavaliers entre ces valets pour laiie Bue plus grande montre de forces» <tleiir donne ordre de se diriger tous ttrie même point par un long circuit.
Cci diverses évolutions se découvraient ^ b ville qui dominait le camp »
liais OD ne pouvait discerner au juste ce que c'était , à cause de l'éloiguc-
ment. En même temps » César envoya une légion vêts la môme colline» et quand elle fut un peu avancée, lui lit faire balte dans un fond» et l'embusqua dans les bois. Ces mouvemens atigmentèrent le soupçon des ennemis» et ils portèrent toutes leurs troupes de ce côté. César, voyant le camp des Barbares entièrement vide» prend le soin de couvrir les enseignes, fait défiler peu à peu ses troupes du grand camp dans le petit» pour n'ôire point aperçu de la ville» et il instruit de son dessein les lieotenans qu'il avait mis à la lôte de chaque légion. Il les avertit» entre autres» de retenir les soldats, et d'empôcher que l'ardeur de combattre ou de piller ne les emporte trop avant : il leur fil sentir le désavantage du lieu, dont ils ne pouvaient se tirer qtie par une extrême diligence; qu'il s'agissait de profiter de l'occasion » et non d'en venir aux mains. Après ces avertissomens » il donne le signal » et envoie en même temps les Autunois monter sur la droite par un autre chemin.
46. Le mur de la ville» à vol d'oiseau et en ne prenant aucun détour»
était distant de douze cents pas de la plaine et du pied de la colline. Le circuit qu'on avait été forcé de (aire pour adoucir la pente augmentait un peu cet espace. Vers le milieu du coteau et dans sa longueur, comme il convenait à sa disposition, les Gaulois avaient construit un mur de grosses pierres»
haut de six pieds » pour affaiblir notre attaque ; et» après avoir laissé tout le bas dégarni» ils avaient rempli le haut de leurs troupes» jusqu'au mur de la place. Au signal donné, nos troupes arrivent promplement à ce mur , le franchissent, et s'emparent de trois qtuirtiers du camp ennemi. Ce qui s'exécuta si promplement, que Theutomatus, roi dc's peuples d'Agen» surpris dans sa
CiBAB;
taM6 où H tt\iOÊpii , eut beaucoup ée (leinG a 86 sauver des mains des pilliirds» DU jusqu'à la ceinlure» ei après avoir ea soh cheval blessé.
4T. Ayanl atteint ie ba( qu'il «était proposé y César fit sonner la nelroiie, ee qui arréla la dixième légion qui 1 ooeompogiiait : tes autres , qui n'avaient pas entendu le son de la trumpette, parce qu'il y avait un grand vailon entre deux, étaieiu retenues par les tribuns ci par les lieutennns, acitani qu'il éiftit possible, suivant Tordre de César. Mais fondant Tespérance d'une ptompte \icloire, et sur la fuite de l'ennemi et sur ieui-s succès précédeiis, rien ne leur semblait asses difficile, pour que leur valeur ne pût en trîooi-» {iher i elles ne cessèrent donc de poursuivre rennemi qu'aux portes de la ville. Alors il s'éleva un cri de tous ses différcns quartiers, dont ceux qui étaient les plus éloignés conçitreni tant de frayeur que, croyant la place prise» ils se préci [itèrent du liant des murs. Les femmes jetaient des murailles leur argent, leurs effets, et dét4iirant leurs vètemens; les bras étendus, elles oon- Juraient lesBomainsd'uvoir piliéd'eMes»
. ^ de tie pas les traiter comme ceux de Bourges, oô ils n'avaient épargné ni tesfeames ni lesen&ns. Quelques-unes, !
s'aidatii demain en main, descendirent la muraille, et allèrent se rciidœ aux soldats. L. Fabius, cemurion de la huitième légion, qui avait dit ce jour-là, qa'a<nimé par les récompenses de César à •la prise de Bourges , il ne souffrirait pas que pet'sonme escaladât le rem part avant •lui , ayant encontre trois de ses soldats, se fit soulever par eux et monta sur ie mur; il les aida lui-môme à le gravir. 48. Cependant ceux qui , comme on l'a dit, s'étaient rendus de l'autre côté de la viHepour là fortifier, au premier
qtt'on venait ssms cesse leur éoniier^ que les Romains étaiept maîtres de la ploGp, font prendre les dtvans h la cavalerie, et courent en foule vers la côté que l'on attaque. A mesure qtLHh arri vaiem , Hg se rangeaient en bataille an pied des murs, et augmemaiem ainsi le nombre de eeux que noue avions à combattre. H s'y assembla tant de monde, tfoe les itpRiilaÉs, qui peu auparavant teoMiaienl les bras aux Romains dn haut de la moraille poar leur crier merci, se tournèrent leai écheveiées vers les leurs à la manière du pys, et leur présentèrent leurs en^ fans pour les encourager à une vigott** reuse défense. La partie n'était égale m relativement au lieu , ni au nombre :
fotigués de la marche et du combat qui avait long-temps duré, les Romains ae pofi valent aisément résister à desenna* mis cpii 66 relevaient sans esase.
4d. Voyant le désavantage du terrain , et le nombi« des Barbares eioitre à tout moment, César craignit qu'à kt fin les siens ne saccombassent , ei envoya dire à T. Sexiios, son lieule* nant , qu'il avait laissé à la garde da petit camp , de partir avee ses cohortes » et de venir inoassaniment se poster sua bas de la nrantagnc «ur la droite éak ennemis, afin que, s'il voyait Hs nètvaa repoussés, il imposât à rennemi, ei l'em péchât de les poorsuitre. Pour iaù ^ il s'avança un peu avec sa légion» «^ attendit l'issue du combat.
50. Tandis qu'on se battait fort ^ vement et de fort près, les Barbares en fiam à leur nombre et à leur poste, les nôtres à leur courage, on vit tont^i^ coup paraître sur nos flancs les Aulunoift que César avait fait monter par un auim côté de la droite, pour contenir une partie des ennemis. Celte troupe , ayant des armes Semblables à celles îles Bat»-
brait qu'ils eiuendir^t, etsvr les avis i bares, effraya fort nos soldats; et nuoî^
fi'n «it qu'ib «fttiëM le bras drotl m, « ^ iteH ttti tîgnê orclifwirê de frii, ib eniKnl ifiie c'^it on sirata- (Eue dés oineam pour les Iromper.
f)SB8 le Blême ietn|ie le œMttrion L. Fafomea» qui étaient nioniée atec lui «c II nHinille furent inteatie, enasBa-* oèfl précipiiés du boiM des feniparta.
M. Kirema, ceniiirîon do la même Upon» iecaMé f>ar le nombre , dans le Mq» qu'il a'eflbn^it de rompre une foite, peieédecoupset dëeespémn! de ai fie, dit à ceux qui l'avaient accom- {■pé: «Puisque je ne puis me sauver SKKvous, je veim du moins pouriroir M adui de mes compagnons que mon «Boar peur in gloire a entraînés dans k péril : songez à tous soustraire à la «oit; je taisvous en donner le moyen.»
A ça mots il se jetie au milieu des mous, en tue deux, et écarte un put ceux qui gardaient la porte. lies Mus s'aSorcent de le seeonrir : «C'est tanin, leur crle*t-il; le sang et les imes m^tibandonnent : refirei-vous tioDC pendant que ¥Otis le pouvez , et iHarqoiDdrevQtffe légion j» C'est ainsi ^ptu après il mourut les armes à la Min , et sativar ses oomptogMiis.
M. Les nôtres ) pressés de toutes fMs, furent chassés de leur poste, •|Nli avoir perdu quarante-six eeiMunsBs. Les Oauloia les poursuivirent ; «ais ils Toretit angles par la dixième iégiott qui» pour secourir les aulres, s'était poêlée un peu moins désavamapnssmenl. Elle fut ensuite soutenue de il Ueiiîènie , que Sextius avait tirée du petit eamp pour la placer sur une hatt« ^ar voisine. Les légions n'eurent pas fiNilôt gagné la plaine > qu'elles firent &ce à Tennemi; mais Vercingétorix ramena ^ses troupes du pied de la coU Ihe dansées retrancliemens. Ce jour-iâ aooseodla près de sept cents soldats
GtENRE DBS GAMMt — LIV. Vli. 414
sembM les siens , blAma leur lémérM et leur imprudence d'avoir vouUi décider d'eux-mêmes jusqu'où il fallait aller»
et ee qu'il était à propos de faire, sans s'art^er quand on leur avait donné le signal de la retraite, et sans pouvoir être retenus ni par leurs tribuns ni pat ses lieutenans. Il leur fit sentir quel danger on pouvait courir dans un posfb désavantageux , et ce que luinmèmeen avait pensé au siège de Bourges : quoiqu'il eût trouvé alors les ennemis sans ehef et sans cavalerie , il avait pourtant mieux aimé laisser échapper une vIo loire certaine que do Tacheter trop cher, è cause du poste favorable oô les eiMiemis étaient campés : il leur dit qu'autant il admirait leur courage, de n'avoir été arrêtés ni par les fortificaFtions du camp ennemi , ni par la batt» teur de la montagne» ni par les murs de la ville , autant il biftmait leur dé»ob^ssanceet leur présomption, de s'kmaginer être en état de mieux juger que lui des circonstances qui pouvaient décider du succès ei des événemens ; qu'il n'estimait pas moins dans un soidtil l'obéissance et la soumission que la valeur et la constant.
58. Après ces reproches, il Antt par les rassurer : il leur dit que eel étÂtm ne devait ni les surprendre ni les robuter; qu'il ne fiillail point faire bonneur, au mérite de Tennemi , d'un avantage dont il n'était redevable qu'à notre mauvaise position ; et comme il persistait dans le dessein de se retirer, il fk sortir ses légions du camp, et lés rangea en bataille dans un poste coi|venable. Vercingétorix ne s'en décidant pas ph» à descendre en rase campagne , César, après une légère eaearmouebef, où nous eûmes de l'avantage , fit rentrer ses troupesdanslecamp. Le lendemain, même tactique et mêirte succès; et
iS. Le lendemain César, ayant ast krojant qu'une telle expérience suffisait
il3
CÉSAA.
pour rabaÎMer la vanité gauloise, ei relever à la fois le courage de ses soldais, il décainpe, el marche vers le pays d'Aulun sans êlre inquiété par l'ennemi. Le Iroiniènie jour» il arrive sur ks bords de r Allier, en fait réparer le pont , et le travei'se avec son armée.
54. Là Viridomarus et Ëporédorix , Autunois , lui apprirent que Lilavicus s'était mis en marche , suivi de tous les cavaliers» à dessein de soulever leurs compatriotes ; ils ajoutèrent qu'il élait nécessaire de les laisser marclieien avant » pour conGrmer la nation dans son devoir. Quoique César eût déjà plusieurs preuves de la perfidie des Autunois» et qu'il fût bien persuadé que leur départ ne ferait qu'accélérer la révolte» il ne jugea pourtant pas à propos de les retenir, de peur d'oCfenser celte nation, ou de faire croire qu'il eût la moindre crainte. A leur départ , il leur rappela en peu de mots les obligations que les Autunois lui avaient : l'état d'abaissement où ils étaient lorsqu'il les prit sous sa protection, se trouvant renfermi^s dans leurs villes, sans terres, sans troupes, tributaires de leurs ennemis, honteusement réduits à leur donner des otages; combien il les avait rendus heureux et redoumbles *, que non-seulement il les avait rétablis dans leur premier état, mais qu'ils étaient même devenus par sa faveur plus florissans et plus puissans qu'ils n'avaient jamais été.
Après leur avoir recommandé do faire toutes ces représentations à leurs compatriotes, il les congédia.
55. Nevers, ville avantageusement située sur la Loire, appartenait aux Autunois. César y avait mis tous les otages de la Gaule, les provisions do blé, les deniers publics, une grande partie de •on bagi^eetdeoelui del'armée, quantité de chevaux pour la guerre , qti'il
avait achetés en Italie et en Espagne.
ÉporédorixetViridomanisyétant passés, après avoir appris quel élait l'état des affaires de leur nation; que. Litavieus avait été bien reçu à Autun , ville qui a le plus de crédit et d'autorité parmi eux ; que Gonvictolium avec une grande prtie du sénat l'était allé trouver, et que tous ensemble ils avaient député auprès de Vercingétorîxau nom de toute la nation , pour faire paix et allianoe avec lui» crurent ne pas devoir manquer une si belle occasion. Ayant donc fait main-basse sur la gsrdedeNeveis, et sur ce qui se trouva dans la ville de voyageurs ou de marchands romains, ils partagèrent entre eux les deniers publics et les clievaux, envoyèrent les otages aux magistrats d'Autun : ne se croyant pas capables de coi«erver la ville, pour 6ter aux Romains les moyens de s'en servir, ils la brûlèi'ent , a|ms avoir cliargé au plus vite tout le Ué qu'ils purent sur des bateaux, et jeté dans la rivière ou brûlé ce qu'ils ne pu* rent emportei*. Ensuite ils levèrent des troupes dans tous les pays voisins » placèrent des corps-de-garde sur les bôids de la Loire; et pour inspirer la terreur, ils firent partout paraître leur cavalerie , dans l'espérance de couper les vivres aux Romains» et de les obliger par la famine à sortir de la province. Ib s'eii flattaient surtout » parce que la Loire , alors enflée par la fonte des neiges, ne paraissait guéable nulle part.
56. César, instruit de cet événement , crut devoir hâter sa marche » afin que si les ennemis voulaient lui disputer le passage de la Loire » il pût les combattre avant qu'ils eussent assemblé de plus grandes forces. Car, si au lieu d'adopter cette mesure il prenait le chemin de la province, co qu'il ne jugeait pas être alors fort nécessaire, il se couvrait de honte par une retraites! à contre-temps;
CmailE DES GAULES. — LIT. VII.
iiS
compler que la diCBcullé des chemins, et ks Céveimes qu'il sorail eues à irsTeraer» devaieni l'en détourner : il imîi de plus un vif désir de rejoindre labiémis , et les liions |itnies avec lui . U marche donc nuit et jour, arrive à la Loire au nuHnenl où l'on s'y attendait le œoîos; et sa cavalerie ayant découlert un gué assez commode» où le soldai pouvait avoir les épaules et les bras Ubres pour porter ses armes , il la posta sa dessus du courant , afin de rompre le fil de l'eau ; puis l'épouvaule s'élant répandue parmi les ennemis à sa seule vue, son armée arriva saine et sauve de Taatre oMé de la rivière; elle y trouva la campagne couverte de blé et de bétail, dont die lit provision, et prit le chemin du Sénonais.
57. Sur ces entrefaites» Labiénus lyam laissé dans Sens» pour garder le bagage» les recrues qui étaient venues depuis peu dltalie» marcha vers Paris avec quatre It^ions. Cette ville» qui appanioil aux Parisiens» est située dans
lie que forme la Seine. Les ennei« à la nouvelle de son arrivée» as* assolèrent un grand nombre de troupes des provinces voisines. Le commandement en fut donné à Gamulogénus » du pays du Maine» qui» malgré son exuème vieillesse» fut promu à celte dignité» parce qu'il était consommé dans Fart militaire. Ayant remarqué que la ville était touie environnée d'un marais qui aboutissait à la Seine» et qui défendait uès>bien cette place» il y campa, se disposant à nous en disputer le passage.
58. Labiénus ne fut pas plutôt arrivé y qu'il fit iaire des mantelets» et covvrir les marais de claies et de fascines» pour en tenter l'abordage; mais il y trouva Unt d'obstacles que » ¥cre minuit» il décampa sans bruit» et»
anivant le même chemin par lequel il
était venu, il arriva droit ï Helun. Celte ville appartient i ceux de Sens et est située dans une Ile de la Seine comme Paris. Il y trouva environ cinquante bateaux qu'il joignit promptement ensemble» y fit passer ses soldats» et par cette nouvelle manœuvre inspira une telle frayeur à ce qui restait d'ha« bilans (car la meilleure prtie s'était rendue au camp de Camulogénus ) »
qu'il s'empara sans résistance de la place. Il rétablit le pont que les enne* mis avaient coupé quelques jours auparavant » le fil traverser à ses troupes» et revint à Paris en descendant la rivière. Les ennemis » ayant appris ces nouvelles par ceux qui s'étaient sauvés de Melun » mettent le feu à Paris » en font rompre les ponts , passent le marais et viennent camper sur le bord de la Seine» en face du camp de Labiénus» la rivière se trouvant entre les deux armées.
59. On entendait déji dire que César avait quitté le si^e de Clermont » que les Autunois s'étaient révoltés et que le soulèvement de la Gaule avait eu un heureux succès. Dans leurs entreu'ens avec les nôtres » les Gaulois assuraient que César » ayant trouvé les chemins fermés» et se voyant arrêté par la Loire» avait» faute de vivres» été contraint de se retirer dans la province romaine.
Ajoutons que ceux de Beauvais» qui n'étaient d^à que trop inconsfans de caractère » instruits de la révolte des Autunois » commencèrent à lever des troupes» et à se préparer ouvertement à la guerre. Quand Labiénus fut informé de si grands changemens » il comprit qu'il lui fallait prendre un tout autre parti que celui qu'il s'éiait proposé; dès-lors il pensa » non pas à faire des conquêtes ou à en venir aux mains avec Tennemi » mais à ramener l'armée saine et sauve dans Sens : caryd'un-côté»
il éloic pressé par ceux de Beauvàb , peuple en grande réputation de valeur; de l'autre , par Gamulogénus qui avait une bonne armée toute pi*ete : pour comble d'embarras , une forte rivière séparait les légions du bagage. A tant de difficultés qui s'offraient partout > il crut ne devoir opposer qbe de la résolution et du courage.
60. Sa détermination prise, il ikit sur le soir assembler ses officiers pour recevoir ses ordres» et leur i-ecommande de les exécuter promptement et avec adresse. Ensuite il distribue aux ca^ valters romains tous les bateaux qu'il avait tirés de Melun» leur ordonne de descendre la riviùre sans bruit entre neuf et dix heures du soir, et de l'atten* dre environ à une lieue au dessous de Paris. En môme temps, ayant laissa à la garde du camp cinq cohortes , de celles qu'il crut les moins propres au combat , il commanda aux cinq autres de la itoème légion de remonter la rivière à minuit avec tout le bagage, et d'effectuer leur marche en grand tumuUe ; il s'était aussi pourvu de petites barques, qui eurent ordre de les suivre à force de rames , et avec beaucoup de ftiiicas. Lui - même partit peu après en grand silence avec trois légions et se retidit dans l'endroit où il avait enjioint aux cavaliers de l'attendre avec leurs bateaux.
61 « Il ne fut pas plutôt arrivé, qu'à la faveur d'un grand orage survenu tout-à-coup, il surprit et tailla en pièces les coureurs de l'ennemi disposés le long de la rivière. L'infanterie et la cavalerie, avec le secours des cavaliers romains qui dirigeaient cette opération, furent transportées promptement au-delà du fleuve. Presqu'à l'instant même, et au point du jour, les ennemis eurent avis que, contre l'ordinaire^ les Romains faisaient beaucoup de bruit
dans leur camp; que de grosses troupes remontaient le fleuve ; que^ du même côté, ou entendait le fracas des rameurs, et qu'un peu au dessous on voyait passer des bateaux chargés de solchts; Sur ce rapport , ils s'imaginèrent que les nôtres » effrayés de la désertion deé Auiunois , se préparaient à prendre la fuite sur trois points ; et dans cette pensée, ils partagèrent aussi leurs trou* pes en trois corps : ils en laissèrent un à la garde de leur camp, qui était vis* à-vis du nôtre, ils en envoyèrent un petit vers Meudon , avec ordre de ne pas aller plus vite que nos bateaux ; el avec le troisième ils marchèrent contre Labiénus.
62. A la pointe du jour , toutes nos trou|)es étaient passées et l'armée ennemie parut en bataille. Alors Labiénus exhorte ses soldais à se rappeler leur ancienne valeur , tant d'heureux succès qu'elle leur a procurés , et à se représenter que César, sous la conduttiS duquel ils avaient souvent triomphé d<s lennemi, est présent; ensuite il donii^ le signal. Dès la première chaife > kt septième légion, qui était à l'aile droite^ enfonça l'aile gauche des ennemis tst la mit en fuite. A la gaudie, où était la douzième, l'aile dit)ite des Gaulois se défendait vaillamment sans.qu'aueuil soldat songeât à prendre la fuite quoique les premiers rangs etisscnt extrémemenl souffert de nos traits. Gamulogénus , leur général, était partout pour les animer , el il les excitait par son exem« pie. La victoire était donc incertaine , lorsque la septième légion, instruite de ce qui se passait à l'aile gauche, vint prendre l'ennemi en queue et le cbai> gea. Malgré cette attaque , pas un oc quitta son poste; mais, enfin, ils fureot enveloppés et périrent tous. Gamulo"génus cul le méoio sort. Le corps de U'Ou})cs qui avait été laissé pour obsar*-
GUERRE DES G.lljl.Kt.