‹ Bibliotheque militaireChapitre 322 sur 614 · CONON · texte numérisé non relu

CONON

Conon voyant que les alliés étaient près de l'abandonner, envoya un transfuge qui dit aux ennemis que ces gens devaient prendre la fuite, et fit le détail du temps et de la manière de leur retraite. Les ennemis, sur cet avertissement, posèrent des embuscades pour les surprendre. Conon, averti de cette disposition, dit aux alliés qu'ils pouvaient se retirer en sûreté. Ils le crurent et partirent, mais ayant découvert les ennemis qui les attendaient, ils revinrent sur leurs pas, et se rejoignirent avec Conon, à qui ils aidèrent à remporter la victoire.

II. Conon fuyait Callicratidas qui avait deux fois plus de galères que lui. Se trouvant proche de Mytilène, Il obsena que les vaisseaux des Lacédémo-

niens avaient rompu leurs rangs dans l'ardeur de la poursuite. Alors élevant un manteau de pourpre , qui était le signal qu'il avait donné aux capitaines de ses galères, il tourna la proue de ses vaisseaux contre cenx des Lacédémoniens qui étaient en désordre et dispersés. Ce mouvement imprévu surprit les ennemis, dont toute la flotte ftat brisée ou coulée à fond , et Conon remporta une victoire complète.

III. Conon avait joint ses troupes à celles de Pharnabaze, pendantqu'Agésilas faisait le dégftt dans l'Asie. Le Persan, à la sollicitation de Conon, envoya de l'or aux orateurs des villes de la Grèce, afin que gagnés par ses présens, ils persuadassent de faire la guerre aux Lacédémoniens. Ils en vinrent à bout, et ce fut l'origine de la guerre de Corinthe. II en arriva ce que Conon souhaitait, qui fut que les Lacédémoniens rappelèrent Agéiilas d'Asie.

IV. Conon resserré dans Mitylène par les Lacédémoniens, était dans l'im** patience de faire savoir aux Athéniens l'état du siège; mais il était difficile de de le faire si secrètement que les ennemis qui l'environnaient n'en eussent point connaissance. Il prit deux vaisseaux des plus légers qu'il eut, et les garnit des meilleurs rameurs et de tout ce qui était nécessaire. Pendant quMIs attendaient ses ordres tranquillement, Conon observa sur le soir que les assiégeans débarqués se répandaient çà et là, les uns pour repaitre et se reposer , les autres pour allumer du feu.

Alors faisant partir les deux vaisseaux, il leur ordonna de prendre chacun une route opposée afin que si l'un était pris, l'autre pût échapper. Tous deux passèrent par la négligence des ennemis , qui,- occupés à autre chose, ne s'avisèrent point de leur donner la chasse.

y. Conon, sur le point de donner

POITBN,

une bataille navale, fut averti par un transfuge que les ennemis avaient formé le dessein d'attaquer son vaisseau avec leurs meilleures galères. Aussitôt il fit armer et équiper une galère pareille à la sienne, y mit toutes les marques d'honneur du vaisseau amiral, plaça ce navire à Taile droite, et ordonna que les signaux se donnassent de ce point. Les ennemis trompés par ces apparences, tournèrent de ce cAté leurs galères les plus considérables , pendant que Conon , avec le reste de sa flotte , donna sur les autres vaisseaux des ennemis , dont il coula les uns à fond, et fit prendre la fuite aux autres.

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