AGESILAS
Agésilas faisaît la gii^re aux Acarnanieos. Il se troava hors de leurs li- Bites« dans le temps qu'oo devait ensemencer les terres; les Lacédémoniens voulaient qu'où empèchftt les Acamaniens d'ensemencer. Mais Agésilas voulut qu'on les laiss&t faire, dans la pensée que s'ils se voyaient une moisson à conserver, ils préféreraient la paix à la guerre; a S'il arrive au contraire, ditil, qu'ils ne veuillent pas la paix , ce sera pour nous qu'ils auront semé.»
II. Les Lacédémoniens étaient campés près des TbéiMiins et des Athéniens. L'armée légère des Lacédémoniens et ce qu'ils avaient d'infanterie armée de rondaches, n'était pas pour faire un grand effet. Agésilas ne faisait de fond que sur la phalange entière qu'il voulait conduire.xChabrias et Gorgidas commandèrent , celui-là aux Athéniens, et celui^i aux Thébains, de demeurer fermes, sans se déplacer; de présenter leurs javelots droits, et d'appuyer leur bouclier sur le genou. Agéflilas les voyant dans cette posture, où il était difficile de les ébranler, jugea qu'il était du devoir d'un bon général de prendre garde à la force des ennemis, et prit le parti de la retraite.
III. Agésilas faisait une guerre, plus que jamais, à ceux de Corone. Il vint un homme qui lui annonça, que Pisandre, général de la flotte de Lacédémone était mort, et que Phranabaze l'avait vaincu. De peur que cette nou*^ Telle n'amollit le courage des troupes.
Agésilas ordonna au messager de publier le contraire dans le camp, c'està-dire, que les Lacédémoniens avaient remporté la victoire sur mer. Lui-même se montra en public, une couronne sur la tète, fit un sacrifice pour l'heureuse nouvelle, et envoya à ses amis des portions des victimes. Les troupes entendant et voyant tout cela, sentirent augmenter leur courage et leur confiance, et firent la guerre avec plus d*ardeur.
IV. Lorsqu' Agésilas vainquit les Athéniens à Corone, on vint lui dire : « Les ennemis se réfogientdans le temple de Minerve. » Il commanda qu'on laissât aller ceux qui le souhaiteraient. Il était persuadé qu'il y a du danger à se battre avec des gens que le désespoir force à reprendrç les armes.
V. Agésilas faisant la guerre en Asie, apprit à ses troupes à mépriser les Barbares qu'elles avaient appréhendés jusques là. Il fit mettre nus des Perses captifs, et montrant à ses soldats, d'un côté, ces corps sans vigueur et que la mollesse avait rendus blancs,, et de l'antre, les habits et les ornemens précieux dont on les avait dépouillés, il dit, dans le style court et sententieux de son pays : «cCeux que nous combattons, les voilà; et pour quoi nous combattons, le voici. »
VI. C'était le sentiment d'Agésilas, qu'à l'ennemi qui fuit, on doit laisser le passage libre.
VIL Les alliés disant un jour :
« Nous sommes beaucoup plus de soldats qu'il n'y en a de Lacédémone, »
Agédias ordonna que les troupes cant-
POLTBR, UT. I«
passent dans une plaine, les alliés à part et les Lacédémoniens aussi à part. Quand cela fut fait, il fit crier par un bérault : a Que les potiers se lèvent. » Il s'en trouva un grand nombre parmi les alliés. La mêm.e chose fut ordonnée aux ouvriers en fer^ ensuite aux charpentiers, et aux autres divers artisans de même ; et presque tout le corps des alliés se trouva composé de ces sortes de gens ; au lieu qu'il ne s'en trouva aucun parmi les Lacédémoniens, parce qu'il leur était défendu d'exercer au* cune de ces professions viles. Les alliés apprirent par ce moyen que ceux de Lacédémone avaient beaucoup plus de soldats qu'eux.
YIIL Lorsqu'Agésilas passa en Asie et fit le dégAt sur les terres du roi, Tisapberne demanda des trêves, et elles forent données pour trois mois, pendant lesquels on devait s'employer auprès du roi, pour obtenir que les villes grecques de l'Asie pussent vivre en liberté sous leurs propres lois. Les Grecs observèrent la trêve religieusement ; mais Tisapberne ayant rassemblé une grande armée, se présenta contr'eux.
Les Grecs furent alarmés de cette surprise. Agésilas parut avec la joie dans les yeux et dit : a Je suis obligé à Tisapherne de sou parjure. 11 s'est rendu les dieux ennemis, et nous les a donnés pour alliés. Allons, combattons généreusement avec un tel secours. Ces paroles inspirèrent la confiance aux Grecs, et en étant venus aux mains avec tes Barbares, ils les vainquirent
IX. Agésilas ayant pris sa route du c6té de Sardes, envoya des gens qui, pour tromper Tisapberne, répandirent le bruit qu' Agésilas , par une fausse mai^e, seonblait menacer la Lydie, ittais que son véritable dessein était de fondre secrètement sur la Carie. Tisarpberoe iostniit de ces bruits, s'en alla
garder la Carie, et Agésilas parcourut la Lydie et y fit un butin considérable.
Dans une irruption qu' Agésilas fit en Acarnanie, ayant vu que les Acarnaniens avaient pris la fuite sur les montagnes, il cessa de pousser en avant, et se détournant à cAté, par des routes écartées, il ordonna qu'on arrachftt les arbres jusqu'à la radae. Les Acamaniens conçurent du mépris pour ce ralentissement, et la vaine oécnpttion de leurs ennemis, çt descendant des moD' tagnes, ils reprirent le dienuD des villes situées dans la pfarine. Il leur prît un grand nombre d'hommes et débites, et se retira avec on riche butin.
XI. Agésilas informé que les Thé* bains gardaient le chemin de Scde, or* donna aux ambassadeurs que les Grecs lui envoyaient, d'attendre à Thespiei^ et il y fit même conduire les proviaioDS de l'armée. Alors les Tbébaina prireiit le parti d'aller barrer le cbeniin de Thespiea, et menèrent en ce liea ks troupes qui gardaient celui de Sook.
Agésilas était éloigné de deux journées de chemin de ce prarnier poste des eo* nemis; il s'y rendit en deux jours, et trouvant la route de Sodé libre , i passa, sans avoir été dans la néoessilé de combattre.
XII. Agésilas faisait le ravage dans k pays de Thèbes. Les Thébains se pos*tèrent sur une hauteur de difficile aooès, qui commandait le chemin. On l'appe lait lesiégedeRhéB^ et Agésilas ne pouvait ni l'attaquer aisément, ni passer oiitre» Il fit faire un quart de conversion à son armée, et la fit marcher comme pour aller surprendre Thèbes. Véxitablemeot la ville était alors sans soldats. Les Thébains eurent peur qu'dle ne fût prise, quittèrent la hauteur où ils étaient postés, et s'en allèreiit dans la ville. Céjtatt tout ce que souhaitait Agésilas i vi