‹ Bibliotheque militaireChapitre 325 sur 614 · POLY», LIT · texte numérisé non relu

POLY», LIT

«Il

passa de cette sorte en liberté ce poste périlleux.

XIII. A la bataille de Lenctrei», un grand nombre de Lacédémoniens jetèrent leurs armes et quittèrent leurs rangs. Pour empêcher que cette mul* titude ne fût déshonorée, Agésilas brigua la dignité de législateur, et Tayant obtenue, il ne voulut point faire de lois nouvelles; il se contenta d'ordonner l'exécution des anciennes, à commencer depuis Taffaire de Leuctres.

XIV. Bans une sédition arrivée à Sparte, un grand nombre de gens armés s'empara de la hauteur d'Issore, qui était un lieu consacré à Diane. Ce tumulte était d'une conséquence d'autant plus dangereuse, que ceux de Béotie et d'Arcadie avaient fait incursion dans le pays. Cependant Agésilas ne marqua point de crainte, quoiqu'il estimât hasardeux et incertain pour le succès , d'employer la force contre des gens si avantageusement placés.

D'un autre côté , il y aurait eu aussi trop de bassesse à user de prière à leur égard. Il ne vouhit se servir ni de l'un ni de l'autre de ces moyens; mais seul, sans armes, et d'un visage ouvert et assuré, il alla trouver ces gens, et leur dit : « Jeunes gens , ce n'est pas ici que je vous ai postés. Vous , dit-il aux uns, en leur montrant uue hauteur voisine : Voyez ; c'est là que votre poste est marqué ; et vous, allez à cet autre , et faites-y bonne garde. » Les Lacédémoniens se persuadèrent qu'A* gésilas ignorait leur révolte. Ils eurent honte de leur faute et se retirèrent.

Pendant la nuit, Agésilas trouva moyen d'écarter en divers lieux les auteurs du tumulte, qui étaient au nombre de douze, et l'émeute se trouva apaisée.

XV. Agésilas voyant que plusieurs des siens avaient pris la fuite et passé

du côté des ennemis , ce qui pouvait décourager l'armée , trouva moyen de dérober à ceux qui étaient demeurés la connaissance de la fuite honteuse des autres. Il envoyait toutes les nuits visiter les lits e.t les chambrées , avec ordre de ramasser et de lui apporter tous les boucliers qu'on trouverait jetés, de peur qu'en voyant le bouclier, on n'en recherchât le maître. Ainsi ne trouvant point les armes , on ne put avoir de soupçon des déserteurs.

XVI. Agésilas tenait les Phocéens assiégés depuis long-temps. La longue résistance des assiégés l'ennuyait : mais les alliés des Phocéens étaient encore plus ennuyés de la durée du siège.

Agésilas le leva et fit retraite. Les alliés des Phocéens virent son départ avec plaisir, et s'en allèrent joyeusement chez eux. Alors Agésilas voyant les Phocéens sans secours, retourna contre eux, et se rendit maître de leur ville.

XVK. Agésilas traversant la Macédoine, envoya versErope, roi du pays, pour traiter avec lui, et avoir la liberté du passage. Erope ne voulut point consentir au traité ; il résolut même de s'opposer au passage, et ayant été informé qu' Agésilas avait peu de cavalerie, il sortit contre lui avec un nombre considérable de chevaux. Agésilas voulant faire paraître sa cavalerie plus nombreuse qu'elle n'était, fit marcher devant toute sou infanterie. Il la fit suivre de tout ce qu'il avait de cavaliers, dont il fit une double phalange; et derrière il plaça les Anes, les mulets et les vieux chevaux ruinés qui ne servaient plus qu'au bagage. Sur tout cela il fit monter des hommes armés en cavaliers ; et de loin l'on eût pris ce corps pour un escadron très nombreux.

Erope y fut trompé ; et la peur qu'il eut de ces forces imaginaires , lui fit

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accorder le passage qu'il avait auparavant refusé.

XYIII. Pendant qu*Agésilas était campé en Béotie, les alliés, saisis de crainte, voulurent se soustraire pour éviter le combat, et prirent secrètement le chemin d'Orchomène, ville amie. Agésilas envoya dire publiquement aux habitans, qu'il leur défendait de recevoir aucun allié sans lui.

De cette sorte les alliés n'ayant aucun lieu où se retirer, ne pensèrent plus à la fuite ; ils ne songèrent qu'à la victoire.

XIX. Agésilas combattait contre les Thébains ; ceux-ci faisaient effort pour enfoncer et rompre la phalange lacédémonienne. Ils poussaient avec vigueur, et il se faisait un grand cacnage. Agésilas dit alors : « Cessons de rx)mbattre, et ouvrons-nous en deux. »

La phalange s'ouvrit, et les Thébains courant tout à travers, montrèrent le dos comme s'ils avaient pris la fuite.

Agésilas les prit en queue, et alors l'affaire ne fut pas meurtrière pour les uns et pour les autres comme auparavant ; elle ne le fut que pour ceux qui fuyaient.

XX. Agésilas ayant mis son armée en ordre de bataille, s'apcrrut que les alliés n'étaient pas dans de bonnes dispositions. Il jugea à propos de faire retraite. Mais comme il la fallait faire par des défilés, où il s'attendait d'être attaqué par les troupes de Béotie, il donna l'avant-garde aux Lacédémoniens, et mit les alliés à l'arrière-garde, afin que lorsque les Béotiens attaqueraient la queue, les alliés fussent dans la nécessité de combattre courageusement.

XXI. Agésilas faisant incursion dans la Béotie, commanda aux alliés de mettre le feu partout, et de couper tous le» bois. Il vil qu'ils étaient lents

à exécuter ses ordres, et ne le faisaient qu'à regret. H s'avisa de faire changer de camp à son armée deux ou trois fois le jour ; et alors la nécessité de dresser les tentes, faisait qu'on était obligé de couper les bots. Ce n'était plus véritablement tant pour ntdre aux ennemis, que pour l'usage des troupes d' Agésilas, mais c'était toujours également nuire aux Béotiens.

XXII. Agésilas avait mené des troupes en Égj-pte pour se joindre avec Nectanebus et lui prêter secours.

Se trouvant en des lieux fort serrés, il fit construire un mur autour de son camp. L'Ég}ptien désapprouvait fort ce travail, et voulait que l'on donnât sur l'ennemi. Mais Agésilas persista dans l'exécution de son dessein, et tint ferme jusqu'à ce que l'on eût creusé le fossé et élevé le mur tout autour du camp, excepté un petit espace qui fat laissé ouvert à la tête. Alors Agésihs s'écria : « C'est à présent qu'il faut user de vigueur. )> Il sortit dans le moment, et tua dans ces gorges étroites un grand nombre d'ennemis ; et le mur qu'il avait bftti lui fut d'un grand secours pour l'empêcher d'être enveloppé par les ennemis.

XXIII. Dans un combat qu' Agésihs donna aux Béotiens, il fut incertain de quel côté était l'avantage ; et la nuit sépara les combattans, sans que la victoire se fût déclarée. A minuit Agésilas envoya quelques-uns de ses plus affidés, avec ordre de couvrir de terre ceux d'entre les Spartiates morts qu'ils pourraient reconnaître. Ils le firent, et se retirèrent avant qu'il fût jour. Le jour venu, les Béotiens virent la terre couverte de leurs morts, et très peu de Spartiates dans le même état. Ils se persuadèrent par là que les Lacédémonicns avaient eu la victoire, et ils perdirent courage r

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