CHAPITRE XXXL
ARISTOMÉNE.
Aristomène , Messénien, donnant du secours à Denis, s'aperçut dans un combat naval, où tontes les galères étaient mêlées, qu'il y avait quelque mouvc-
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ment désavantageux de aon e6té. Pour empocher une déroute, dont il voyait les commencemena* il ordonna à ses soldats de crier : « Laissei-les fuir, i» Les enneaus entendant ce cri« se persuadèrent qn'ib étaient vaincus, et prirent la fuite.
IL Aristomène, général des Messeniens, pour avoir tué trois fois cent Lacédémoniens, avait fait autant de fois le sacrifice appelé à ce sujet Hécatompbonie. Ayant un jour été blessé en plusieurs lieux, et laissé pour mort, il fut pris avec beaucoup d'autres pw les Lacédémooiens. On ordonna que les autres seraient dépouillés et précipités nus, mais qu'Aristoméne, à cause de la réputation qu*il s'était acquise par sa valeur, serait précipité avec ses armes* Tous les autres périrent en tombant. Pour Aristomène, l'air qui s'engagea dans son bouclier, modéra la pesanteur de sa chute, et le fit tomber légèrement : arrivé au bas, il leva les yeux de tous côtés, et se voyant environné de hauteurs inaccessibles, il lie perdit pourtant pas courage. Il observa fort attentivement toute la montagne, et remarqua une entrée fort étroite, où passaient des renards.. Il prit un ossement d'un des corps morts dont il était environné, et le cassa. Ensuite il saisit un renard par la queue, et quoique cet animal le mordit, il ne quitta point prise qu'il ne s'en fût servi à se tirer de ce lieu. Avec l'ossement dont il s'était muni, il élargit les passages. Enfin il sortit de ce goufre, et alla joindre les Messéniens qui étaient prêts de donner bataille. Il s'arma inoontinent, et se mit à la tète de la phalange. Les Lacédémoniens furent étrangement surpris de voir Aristomène armé de nouveau, qui combatlait encore, et qui les naettaiten fuite, lui qu'ils venaient de précipiter dans un in.
goofre profond, dont personne ne s'é-»
tait jamais sauvé. Ils s'enfuirent tous, et se persuadèrent que ce général était quelque chose de plus qu'un homme mortel.
III. Aristomène, Messénien, pris par les Lacédémoniens, était étroitement gardé. U se roula dans le feu qui était auprès de lui, et ayant brûlé ses» liens, il tua ses gardes,^ puis prenant leurs boucliers, il entra secrètement dans Sparte, et alla les clouer an ten^ pie de la déesse à la maison d'airain, et écrivit dessus : Aristomène s'est sauvé des mains des Lacédémoniens; après quoi il se retira à Measène.
IV. Unjourque les Lacédémoniens célébraient la fête de Castor et de Pollux, et faisaient un sacrifice public, Aristomène et un de ses amis montèrent sur des chevaux blancs, et se mirent sur la tète des étoiles d'or. Cétait à l'entrée de la nuit, et tous les Lacédémoniens étaient assemblés hors de la ville avec leurs femmes et leurs enfans. Ces deux hommes se firent voir à eux d'une distance convenable. Les Lacédémoniens persuadés que c'était une apparition des enfans de Jupiter, en eurent une joie extrême, et se mirent à boire avec excès; Aristomène et son compagnon descendirent alors de cheval, et tirant leurs épées, tuèrent un grand nombre de Lacédémoniens, puis remontèrent à cheval, et se retirèrent en diligence.