Cette affaire ainsi terminée
César, qui marchait sur les pas de ses troupes victorieuses, crut que les enne* mis, épouvantés d'un tel désordre, n'en auraient pas plutôt appris la nouvelle qu'ils abandonneraient leur camp qui n'est éloigné que d'environ quatre lieues de l'endroit où l'on avait engagé l'action; ainsi, quoique arrêté par la rivière, il la traverse avec son armée, et marche en avant. Alors ceux de Beauvais et les autres peuples qui s'étaient joints à eux , informés de la défaite des leurs , par ceux de leurs blessés qui avaient échappé en fuyant au travers des bois, réfléchissai<snt que tout se tournait contre eux et que rien ne leur réussissait ; que Corréus avait été tué; qu'ils avaient perdu leur cavalerie et leurs meilleurs fantassins; et, s'attendant à voir les Romains les assaillir incessamment, assemblèrent surle-champ le conseil au son des trompettes , et s'écrièrent qu'il fallait envoyer des députés et des otages à César.
21. Cette opinion adoptée unanimement, Comius, d'Arras , s'enfuit chez les Allemands qui lui avaient prêté du secours dans cette guerre* Les autres députent aussitôt vers César, pour le prier de se contenter d'un châtiment que sa clémence et son humanité ne leur auraient jamais infligé s'il avait eu à les punir avant qu'un combat leur eût fait essuyer tant de désastres. Us lui représentèrent que toute leur cavalerie avait péri; que plusieurs milliers de leurs meil« leurs fantassins avaient été tués; qu'à peine en était-il échappé pour en porter la nouvelle ; que, malgré tant de maux, ils avaient pourtant beaucoup gagné , puisque Corréus, l'auteur de la guerre
ccnu i>n G4IJLSS. — ut. tiii.
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ce TiMligaleQr de U luultiiude, y ATaût péri, et que, pendant sa vie, la pc^laoe ignonnle avait toujours joui d'une plusgraude autorité dans la natioQ que le aéuat.
S3. César répondit à ces supplications en leur reprochant la guerre qa'ib loi avaient bile l'année précédente, ei dans laquelle ils avaient soulevé contre lui toute la Gaule; eux seuls, persistant dans leur opini&ireté, n'avaient pu se résoudre à se rendre eomme les autres : ajoutant que rien n'était plus facile que de rejeter ses fautes sur les morts; mais que jamais un particulier ne pouvait, contre la volonté des cheb, Topposition du sénat et de tous les bons citoyens, engager une nation à faire la guerre , quand il n'airait pour lui qu'une faible popu^ bœ; que cependant il se contenterait du mal qu'il s'était fait à eux-mêmes.
S3. La nuit suivante, les députés portèrent cette réponse aux leurs , et aussitôt ils préparèrent des otages. Les autres peuples, qui voulaient voir quel serait le succès de la députation de eenx de Beauvais , imitèrent leur exemple , envoyèrent des ambassadeurs , donnèrent des otages et se soumirent à tout. H faut en excepter Gomius , que h crainte empêcha de se confier à qui que ce fût. L'année d'auparavant, Labiénus ayant découvert qu'à l'époque où César tenait les états de la Lombardie» ce même Comius sollicitait les Gaules à la révolte, et conspirait contre le général , avait cru pouvoir sans injustice s'opposer à ses infidélités ; et se doutant que Comius ne se rendrait point au camp lorsqu'il y serait mandé, il ne voulut point tenter de l'y attirer, de peur qu'il ne se tint sur ses gardes. 11 envoya donc vers lui C. Volusénus, qui , sous prétexte d'une entrevue, avait ordre de s'en défaire. On
le fit en conséquence accompagner de centurions d'élite. Quand ils furent assemblés, et que Volusénus, suivant le signal dont on était convenu , eut pris la main de Comius , un centurion, feignant d'être irrité d'une familiarité si extraordinaire voulut tuer Comius. Arrêté atissitôt parles amis du Gaulois, il ne put l'assassiner ; cependant il le blessa grièvement à la tête d'un coup d'épée. Après celte action , de part et d'auure on mil l'épée à la main , moins dans le dessein de se battre que de se retirer : car les nôtres crurent Comius blessé mortellement; et les Gaulois, qui reconnurent le piège, craignirent quelque chose de plus Richeux encore que ce dont ils venaient d'êire témoins. Depuis cet événement , on disait que Comius avait résolu de ne jamais paraître devant un Romain.
24. César, vainqueur d'une nation si guerrière, ne voyant plus aucun peuple de la Gaule songer à prendre les armes ni à lui résister, et considérant d'ailleurs que quelques particuliers quittaient le pays, pour s'affranchir de la domination présente, résolut de distribuer ses troupes en plusieurs quartiers. Il garda auprès de lui le questeur H. Antoine avec la onzième légion; envoya C. Fabius avec vingtcinq cohortes dans le canton de la Gaule le plus opposé à celui où il était alors , parce qu'il avait appris que plusieurs peuples y étaient en armes, et que C. Caninius Rébilus, général, qui s'y Uouvait en qualité de commandant, ne lui paraissait pas assez fort pour les maintenir dans l'obéissance avec deux légions; il rappela auprès de lui T. Labiénus, et envoya la douzième légion qu'il commandait dans la Lombardie, pour défendre les colonies romaines , et les garantir de malheurs pareils à ceux auxquels les
CÉSAR
peuples de l*Istrie avaieni été exposés , la campagne précédente, par les courses subites des Barbares, qui les aTaient pillés. Pour lui , il partit pour aller mettre tout h feu et à sang dans le pays d'Ambiorix : car, après Tayolr contraint par la terreur de ses armes à prendre la fuite, comme il désespérait de le soumettre , H crut qu'il y allait de son honneur de faire de tels ravages sur son territoire, sans épargner ni les hommes, ni leurs habitations, ni leurs troupeaux , que ce prince devenu l'horreur de ceux qui lui étaient attachés, à supposer qu'il en restât encore quelques-uns , ne pût môme trouver de retraite dans son propre pays , dont il aurait causé la désolation elles désastres.
25. Après avoir dispersé ses troupes dans tous les états d'Ambiorix , y avoir tout détruit par le fer et le feu, tué ou pris un grand nombre d*hommes, il envoya Labiénus avec deux légions contre ceux de Trêves, que le voisinage des Allemands avait rendus trèsexpérimentés dans l'art de la guerre, de sorte qu'ils en reproduisaient si bien les mœurs et la férocité, qu'il fallait toujours une armée pour les contraindre à l'obéissance.
S6. Cependant le lieutenant G. Caninius, ayant appris par des lettres et des courriers de Duracius qui avait toujours été attaché aux Romains , quoiqu'une partie de sa nation les eût abandonnés, que l'ennemi avait concentré des forces considérables sur les frontières du Poitou, partit pour se rendre à Poitiei^. A son arrivée, quelques prisonniers lui confirmèrent qu'une armée nombreuse conduite par Dumnacus, chef des Angevins, enfermait et assiégeait Duracius dans Poitiers ; et, comme il n'.Mvait pas assez de troupes pour entreprendre d'attaquer Tennemi , il se campa très-avantageusement. Dumnacus, instruit de
ion approche , lève te siégé , totitfie todtes 8e9 troupes contre les légléim, ei vient les atiaquer dans leur camp.
Après avoir perdu bien du temps et beaucoup de soldats à cette attaque sans avoir pu rien forcer, il reprit la siège.
S7. Dans'cé même temps, le généMi G.Fabius reçut les soumissiomdeplasieurs peuples qui lui donnèteni des otages, et apprit par les letireide Caninius ce qui se passait dans te Poltotl. Sur cet avis» il courut au secours de Duracius. Mais Dumnacus ayant apprk l'arrivée de Fabius, et désespérant de pouvoir résister, s*il était obligé de s'opposer en même temps i Tarmée dea Romains qui l'attaqueraient au-^hors, et d'avoir Tosil sur ceux de h tille qui n'étaient pas moins I craindre, se relira sur-le-champ avec ses trouptiSi et Crut qu'il ne serait en sûreté que quand elles auraient traversé la Loire, qu'il fallait passer sur un pont , & cause de sa largeur. Quoique Fabius n'eût edCore ni paru devant Tentiemi, ni joint Ganfnius, cependant, instruit par ceux qtii connaissaient le pays, il ne douta nul* lement que les Barbares effrayés ne prissent la route quih prirent en eilél. Il marche donc vers le même pont, et ordonne à sa cavalerie de devancer lés légions, de manière que, sans fatiguer les chevaux, elle pût commodémeht les rejoindre , et se rendre dans le même camp. Notre cavalerie poursuit l^enncmi, comme elle en avait l'ordre; et arrivée h l'armée de Dumnacus , qui était chargée de bagages, elle Ttittaquâ dans sa retraite , fit un grand butin, tuk beaucoup de monde, et après ce succte se rendit au camp.
28. La nuit suivante, fVtbitis fit re^ partir la cavalerie , lui recommandant d'inquiéter l'ennemi dans sa ma^chë pour la relarder jusqu'à son ap(iroche.
GOUtaS DES GAULES. — UV. Ylll.
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Q. Allas VsrtB, sage et |>nideni ofDcier qui iâ commandai^ après Tavoir exhoriée à laire son devoir» se mei à sui* nt les ennemis, place une pariie de ses troupes dans des endroits propres à son dessein , et attaque la cavalerie gauloise a^ee Taulre. Il fut reçu d'autant phis eonrageusementy que leur inraiilerie qui suivait en corps fit halle et vint secourir leur cavalerie contre la nôtre. L'action fut très-vive : car nos cavaliers m^risaient un ennemi qu'ils avaient vaincu la veille» et se souvenaient qu'ils étaient suivis des légions. Ainsi, ne voulant pas avoir la honte de céder , et souhaitant de terminer promptement Taflaire eux seuls, ils combattaient avec le plus grand courage. D'une autre part, les ennemis» se flattant de n'avoir en tête que le même nombre de troupes qu'ib avaient vu le Jour présérient, croyaient que le moment favo* nble était arrivé de détruire entièrement notre cavalerie.
SS9. Après un combat qui dura quelque temps avec une extrême opiniâtreté, Dumnacus fit avancer son infanterie nu secours de sa cavalerie, et pour la soutenir. Dans ce moment, nos H^DS parurent , les rangs serrés. Cette vue frappe d'une si grande terreur l'arroée des Barbares, qu'aussitôt elle rompt ses rangs, s'embarrasse dans le bagage, y répand une extrême confusion , et, en jetant de grands cris, se met à fiur de divers c6tés. Notre cavalerie qui , l'instant d'auparavant, les avait poussés malgré leur résistance, ravie de se voir victorieuse, jette de toutes parts des cris de joie^ court à droite et à gauche, s'é» hnœ à toute bride sur leurs traces, et ne cesse de massacrer que quand les chevaux n'ont plus la force de poursuivre, et leur bras de frapper. Il en périt plus de douze mille, tant de ceux qui moururent les armes à la
main que de ceux h qttila frayeur les fit déposer , et tout leur bagage fut pris.
50. Lorsque après cette défaite des Gaulois, ou eut appris que Drapés de Sens, qui, lors de la première révolte des Gaules, avait rassemblé un ramas d'Iiommes perdus de débauches; d'es« claires auxquels il avait promis la liberté; de bannis, de brigands, avec lesquels il avait souvent enlevé nos bagages et nos convois; quand on eut appris, dis-je, que ce Drapés avait ramassé cinq mille de fuyards, et qu'il marchait vers notre province, soutenu de Lutérius de Cahors , lequel , comme on l'a vu dans les livres précédons, avait formé le même dessein à l'époque de la première sédition; Ganinius, gé« néral , se mit à leur poursuite avec deux légions, pour empêcher que l'effroi ou même le dégftt causé dans notre pro^ vince par le pillage de ces malfaiteurs ne déshonor&t l'armée romaine.
81 • Fabius, avec lo reste des troupes^ marcha contre ceux de Chartres et con-* tre les autres nations, qu'il savait être venues au secours de Dumnacus dans le combat livré précédemment : car il ne doutait pas que ce nouveau revers ne les rendit plus soumis, et il prévoyait que si on leur donnait le temps de se reconnaître, Dumnacus pourrait encore les porter à quelque soulèvement. Sa diligence réussit parfaitement à rappeler ces peuples au devoir ; car ceux de Chartres qui, malgré leurs malheurs, n'avaient jamais parlé de reddition, se soumirent et donnèrent des otages. Les autres nations qui habiteni sur rOcéan , à l'extrémité de la Gaule, et que l'on nomme Armoriqucs, déter* minées par la démarche de ceux de Chartres, et par l'arrivée de Fabius avec ses irions , obéirent aussi sur-lechamp. Ainsi Dumnacus, chassé de ches lui , eiTani , n'osant se montrer, fut ré«
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duît à se rérugier presque seul jusqu'aux confins les plus reculés de la Gaule.
32. Quant à Drapés et à Lulérîus , \oyant que Caninius les poursuivait avec ses légions > que leur perte était certaine, qu'il leur était impossible de pénétrer dans la province romaine » et qu'ils n'avaient plus la liberté d'errer et de piller» ils se retirent dans le Quercy. Lutérius avaiteu autrefois un grandcrédil dans ce pays«là avant sa disgr&ce; et comme il était toujours prêt à remuer, il jouissait d'une grande autorité chez ces Barbares : il entra donc avec ses troupes et celles de Di-apès dans Gahors , ville très-forte par son assiette» et qui avait été sous sa protection ; il mit les habitans dans ses intérêts.
33. Caninius y accourut aussitôt; mais, ayant trouvé cette ville située sur un rocher escarpé de toutes parts > où il était difficile aux troupes de gravir, quand même il n'y aurait eu personne pour la défendre; apprenant aussi que les hahilans y avaient enfermé quantité de bagage » et qu'ils ne pouvaient l'en faire sortir assez secrètement pour qu'il ne tombât pas entre les mains de sa cavalerie, ou même de ses légions , il partagea ses cohortes en trois corps, les posta sur les trois plus hautes montagnes d'alentour, et de là, autant que le nombre de ses troupes pouvait le permettre, il fit environner la place de retranchemens.
34. A celte vue, les assiégés se rappelèrent avec effroi le triste sort d'Alise, et en craignirent un semblable; surtout, Lutérius qui s'y était trouvé, remontra qu'il fallait principalement songer aux vivres : ils décidèrent unanimement qu'une partie de leurs troupes resterait dans la place, et que les autres iraient chercher du blé. En conséquence de celte résolution, laissant deux mille hommes dans la ville, la nuit suivante
CÉSJkR.
Drapés et Lutérius sortirent avec le
reste. Au bout de quelques jours, ils revinrent chargés des blés de ceux du Quei-cy, qui, d'un côté, souhaitaient de les aider de leurs vivres, et de l'autre, ne pouvaient les empêcher de les prendre. Ils attaquèrent plusieurs fois nos forts la nuit; ce qui empêcha Caninius d'achever ses travaux , de peur de n'avoir pas assez de monde pour les défendre, ou d'être obligés de mettre en plusieurs endroits des gardes trop faibles.
35. Leur provision faite» Drapés et Lutérius vinrent camper environ à trois lieues de la ville, d'où ils devaient faire entrer peu à peu leur blé. lis se partagèrent les fonctions: Drapés pourvut à la sûreté du camp avec une partie des troupes, et Lutérius se chargea d'escorter le convoi. Il posa pour cet effet des garnisons dans les lieux convenables, et, vers quatre heures après minuit , le fit marcher par des petites routes à travers les bois, pour l'introduire dans la ville. Nos sentinelles entendirent leur bruit, et l'on envoya des coureurs à la découverte. Sur leur rapport, Caninius sortit avec les cohortes qui étaient de garde dans les postes voisins , et vint tomber vers le pointdu jour sur le convoi qui , surpris de cette attaque imprévue, se replia vei-s son escorte. En même temps, les Romains fondirent tête baissée contre ses troupes, et firent main-basse sur tout. Lutérius se sauva, suivi d'une poignée d*hommes, et ne se retira point dans son camp.
36. Après le combat, Caninius apprit , par des prisonniers , que Drapés était resté avec une partie des troupes dans un camp qui n'était qu'à trois lieues de là. Cet avis lui ayant été confirmé d'ailleurs, il comprit qu'après la défaite de Lutérius, Drapés cl les siens, étonnés du désastre, ne feraient qu'une
GDBMB on GAVUS. — tIV. T1II.
bible mistance. Il regarda comme un boobeur qu'aucun de ceui qui éuient écbappés do carnage n'eût luris la nwfe du camp pour en porter la nouvelle à Drapôs; du reste» comme il ne Cfojai t rien risquer en éprouvant ce qui en arriverait, il hissa une K^gion dans ses trois camps , envoya en avant toute a cavalerie et son infanterie allemande» qui ^ par sa vitesse, pouvait égaler la cavalerie même, et suivit avec son aune légion. Quand il fut proche des ennemis, ayant envoyé à la découverte, oa loi rapporta que, selon leur coutume, les Barbares étaient campés au pied de la monbigne sur les bords de la rivière, ei que sa cavalerie et TinÊtn* lerie allemande y étant arrivées au mo- ■ait qu'ils s'y attendaient le moins, dies les avaient attaqués , et qu'elles étaient aux mains avec eux. A cette nouidle, il part soutenu de sa légion rangée en bataille, et sur-le-champ le signal ayant été donné partout , il s'empnredes hauteurs. Alors les Allemands et les cavaliers, apercevant les enseignes de la légion , redoublèrent leur alUKiue; les cohortes fondirent en même temps de ioates parts , de sorte que tout ayant été lue ou Tait prisonnier, on s'empara d'aa butin considérable : Drapés luiméine fut pris dans ce combat*
37. Après cette aflaire, où nous n'eûmes presque pas un seul soldat de blessé, Ganinius retourna au siège; et, n'ayant plus à craindre au-dehors d'en* nemis qui pussent l'inquiéter, ou empêcher les travaux, il y fit travailler vivement. Le lendemain , C. Fabius arrive avec ses troupes, et se charge d'attaquer la ville d'un côté.
38. Cependant, César laissa le questenr M. Antoine dans le Beauvoisis avec quinase cohortes, pour prévenir toute nouvelle entreprise de la part des Belges. 11 visita lui-même les autres na-
tions, en ex^iea un phis grand nombfo d'otages , et rassura tous ceux qui croyaient avoir à craindre. Etant arrivé chez ceux de Chartres, qui , comme on l'a dit plus haut , avaient donné lieu à recommencer la guerre, et voyant que le souvenir de cette action les faisait trembler, jaloux de les délivrer aussitM de toute crainte, il demande qu'on lui livre , pour être mis à mort , Guturva» tus, chef et principal moteur de la révolte. Quoique ce Gaulois se fût caché, parce qu'il ne se fiait pas même à ses concitoyens, cependant on le chercha avec tant de soin qu'on l'amena bientôt au camp. César, contre son penchani naturel, fut obligé d'en ordonner le supplice, auquel accoururent presque tous ses soldats , qui imputaient à Gu« turvatus les dangers qu'ils avaient essuyés dans cette guerre ; ainsi , après avoir été rudement battu de verges, on lui trancha la tête.
39. Ce fut là que César apprit, par plusieurs lettres de Caninius, le sort de Drapés et de Lutérius, et la détermination de ceux de Cahors. Bien qu'il méprisât leur petit nombre, il crut pourtant que leur opiniâtreté méritait la plus grande punition, de peur que toute la Gaule ne vint à se persuader que , pour résister aux Romains, ce n'étaient pas les forces qui lui avaient manqué, mais la fermeté et la consumée; et , qu'à l'exemple de ceux de Cahors , toutes les autres nations, dont les places seraient avantagement situées, n'entreprissent de recouvrer leur indépendance ; car il savait que les Gaulois n'ignoraient pas que son gouvernement n'avait plus qu'un an à durer, et que, s'ils pouvaient se soutenir pendant ce temps-là, ils n'auraient désormais rien à craindre.
Il laissa donc Q. Calénus, son lieute* nant, avec deux liions, et lui donna ordre de le suivre à petites journées ;
pwf lui , Il M hlfa d'aller Joindre Ganipiuft avec toute da cavalerie.
40i Arrivé I Gahors, au moment qu'on Vj attendait le moins, et voyant la drconvallation achevée > de eorte qu'il n'y avait pas moyen d'abandonner le 6iége| ayant d'ailleurs appris des transfages que les assiégés avaient du blé tîn abondance, il entreprit dé leur intercepter l'eau , qui était la seule ehose dont il pûi les priver. Une rivière traversait le Vatlotiqui environnait presque de toits côtés le roc sur lequel était silué Gabors. La position du lieu ne l^rmetfait pas de détourner le cours de oeite rivière ; car elle coulait dans un terrain si bas» qu*on ne pouvait d'aucune part creuser des Tosfiés assez protonds pom l'y fhire écouler. La descente pour y aller puiser était escarpée et pénible pour les habitans de la tille, d il leur devenait impossible de s'y rendre , et de se retirer sans s'exposer h perdre la vie, dès que nous voudrions y mettre obstacle. César, instruit de ces difficultés , plaça des frondeurs el des drchers avec des machines de gtier^e, vers les endroits où la descente était la plus hcile , pour en interdire Taccès aux assiégés; de sorte qu'il ne leur restait qu'un seul point d'où ils pussent tirer l'eau dont ils avaient beiOih. C'était une grande fontaine qui sortait du pied des murs de la ville, vers le lieu qui n'était pas environné de la rivière, et qui pouvait avoir trois cents pieds de long.