CHAPITRE IIL ALEXÀNnan
Alexandre, dans le dessein d'attirer tout le monde à lui, en marquant une bienveillance extraordinaire, avait résolu, au lieu des termes usités d'iMMames, de gens, de personnes, de roortds, ou comme la langue grecque s'exprime : Bfo/ot, Andriê, Pkdèi^ Meroféi et Anthrofoi^ d'appeler tous les hommes Alexandres.
II. Alexandre faisant la guerre, ordonna aux généraux de faire raser la barbe aux Macédoniens, afin d*ôter cette prise aux ennemis.
III. Alexandre étant au siège de Tyr, et voulant faire une grande digue pour aller de plain-pied aux mors de cette ville, fut le premier à prendre le panier , à le remplir de terre, et le
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porter. Les Macédoniens Toyant leur roi mettre hû-mème la main à l'œuvre, fniltèrent aossilAt leurs manteau, et se hâtèrent de hausser le terrain.
IV. Pendant qu'Alexandre était au ëége de Tyr, il mena un détachement du c6té de l'Arabie. Les Tyriens, aninés par son absence, méprisèrent les troupes demeurées au siège, et faisant des sorties , ils remportèrent phisieurs ivantages. Parmenion rappela Alexandre, qui revint en diligence. A son retour, voyant les Macédoniens maltraités et en désordre, il les laissa sans seeoors, et alla droit contre la ville qui se trouvait alors dégarnie d'hommes, et la prit d'assaut. LesTyriens voyant leur ville prise, se donnèrent aux Macédoniens, et leur livrèrent leurs armes.
y. Sur le point de donner bataille à Darius , Alexandre donna cet ordre aux Macédoniens : « Quand vous aerei tout auprès des Perses, mettezvous à g«ionx , et foulez la terre avec les mahs , et dans le moment que la tnmspette sonnera la charge , levezvous et fondez sur les ennemis vigourensement i» Les Macédoniens le firent, et les Perses les voyant dans cette posture d'adoration, ralentirent leur impétuosité, et leur cœur s'amolUt.
Darius, à ce même objet, conçut de grandes espérances , et montra un visage gai, comme s'il eût déjà remporté la victoire sans combattre. Mais au son de la trompette , les Macédoniens se levèrent, donnèrent impétueusement iw les Perses, les rompffent et les Mirent en ftaife.
VI. Dans le dernier combat qu'Alexandre donna à Darius , à Arbelles, un grand détachement des Perses ayant tourné l'armée des Macédoniens , donna sur leur bagage et le pilla. Pirménlon conseillait à Alexandre
de porter du secours au bagage : « Non, dit Alexandre, il ne faut point séparer notre phalange , il faut combattre les ennemis de pied ferme. Si nous sommes vaincus, nous n'aurons pas besoin de bagage, et si nous devenons les vainqueurs, nous aurons le nôtre et celui des ennemis. »
VIL Quand Alexandre se fut rendu maître de l'Asie, les Macédoniens devinrent insolens et importuns, et voulaient tout emporter de lui par force.
Ne pouvant plus les souflrir, il leur ordonna de se mettre à part, et fit ranger les Perses d'un autre côté. Voyant ainsi les uns et les autres séparés , il dit: « Macédoniens, choisissez qui vous voudrez d'entre vous pour vous commander, et moi je me mettrai à la tète des Perses. Après cela , si vous remportez la victoire , je ferai tout ce que vous m'ordonnerez. Mais si vous êtes vaincus , vous saurez par expérience que vous ne pouvez rien sans moi, et vous vous tiendrez en repos. Ce trait de hardiesse étonna les Macédoniens, qui devinrent plus modérés.
VIII. Dans le premier combat qu'Alexandre donna contre les Perses, voyant les Macédoniens lAcher pied, il courut à cheval devant eux , et leur cria : ^ Encore un efibrt, Macédoniens, donnons encore une seule fois. » Il fut obéi, les Macédoniens poussèrent vivement, et les Barbares furent mis en fuite. Ce seul mouvement décida pour lors de la victoire.
IX. Alexandre étant dans l'Inde, avait le fleuve Hydaspe à traverser.
Porus, roi des Indes , avait son armée rangée en bataille de l'autre côté du fleuve , et rendait le trajet difficile à Alexandre. Car si celui-ci tentait le passage en haut, Porus se trouvait en haut , s'il l'essayait en bas, Porus se trouvait encore en bas. Cela se fit plu-
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la cavalerie à la tète de l'aile droite, et le reste en ligne courbe, mit à Taile gauche la phalange avec les éléphjins, en donnant encore à cette aile la forme de ligne courbe. Porus opposa de son côté un grand nombre d'éléphans, sç plaça à la gauche sur le sien, suivi sur la même ligne jusqu'à Taile droite de ses autres éléphans, posés en distance dé cinquante pieds seulement les uns des autres, et les intervalles étaient garnis d'infanterie ; de manière que le tout ressemblait à un grand mur, dont les éléphans représentaient les tours, et l'infanterie faisait la courtine. Alexandre ayant donné ordre à son infanterie de pousser contre les ennemis, s'avança vivement à droite avec la cavalerie, dans le dessein de déborder les Indiens. Porus prit garde a ce mouvement, et donna des ordres pareils. Mais la lenteur des éléphans fut cause qu'il se fit quantité d'ouvertures dans les rangs, par où les Macédoniens firent irruption. Porus fut obligé de se retourner pour leur faire face. Dans ce momeilt Alexandre, avec sa cavalerie, ayant gagné le derrière des Indiens, les attaqua en queue, leur donna la chasse, et remporta une victoire coniplète.
XXIIT. Les Thessalîens étaient postés sur les hauteurs de Tempe, pour s'opposer au passage d'Alexandre. Il 'fit creuser les rochers d'Ossa, posés presqu'à pied droit ; et ayant fait faire des pas en forme de marches, il s'en servit pour monter jusque sur le sommet, et se rendit maître de la Thessalie, pendant que les Tbessaliens étaient encore à garder les passages de Tempe. Ceux qui passent en ce lieu peuvent encore y voir les vestiges de ce travail, que l'on appelle YÈchelle d'Alexandre,