‹ Bibliotheque militaireChapitre 398 sur 614 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PHALASIS.

Les Âgrigentins avaient formé le dessein d'élever un temple à Jupiter gouverneur, dans leur citadelle, Mtîe très solidement sur un roc, qui était d'ailleurs un lieu sacré, et d'y poser, comme au plus haut lieu, la statue de cette divinité. Ils destinaient à cet ouvrage deux cents talons. Phalaris, receveur des impôts, s'ofiOrit pour avoir la direction de l'ouvrage, et promit d'y employer les plus habiles ouvriers, de fournir abondamment tous les matériaux, et de donner des cautions suffisantes pour la sûreté des deniers publics. Le peuple admit volontiers toutes ses propositions, et crut que l'expérience qu'il pouvait avoir acquise dans son emploi, lui rendait cette direction plus facile qu'à tout autre. Il commença donc par se charger de l'argent du public; il gagea plusieurs étrangers, acheta un grand nombre d'esclaves, et fit porter dans la citadelle toutes sortes de matériaux, pierres, bois et fer. On n'en était encore qu'à creuser les fondemens, qu'il fit descendre à la ville un homme qui dit : « Quiconque indiquera ceux qui ont dérobé dans la citadelle du bois ou du fer, recevra une telle somme d'argent. » Le peuple marqua beaucoup d'indignation de ces vols. Phalaris dit : a Permettezmoi donc de fortifier la citadelle. » La permission lui fut accordée de Tenvironner de murailles. Alors Phalaris

ayant dté de la chaîne ses eschives, les arma de pierres et de haches, tant simples, qu'à deux Iranchans, et ayant pris l'occasion de la fête des Thesmophories, i\ fit irruption dans la ville, tua la plupart des hommes, se rendit maître des femmes et des enfaos, et usurpa l'autorité souveraine dans l'État.

IL Phalaris voulant désarmer les Agrigentins, fit publier qu'il doonenit au public h(Mrs de la ville, un spectade magnifique d'athlètes. Mais peadatti que tous les habiUns éUient deiMXS pour voir les jeux, il fit fermer les portes de la ville, et commanda à ses gardes d'enlever les armes de toutes les maisons.

III. Les Agrigentins faisaient la guerre à ceux de Sicile. Phalaris ne pouvant venir à bout de les dompter, parce qu'ils avaient des vivres en abondance, fit retirer son armée, etlata même ses grains à ceux de Sicile, i condition qu'il enlèverait ce qui avait été semé, quand le temps de la moisson serait venu. Les ^cfliens acceptèrent la condition avec joie. Mais Phalaris corrompit par argent ceux qui avaient la garde des blés des Siciliens. Ils découvrirent les toits des greniers, et les blés furent pourris. Phalaris enleva toute la moisson, et les Siciliens se trouvant sans blés, par l'un et l'antre moyen, furent contraints par la disette de se soumettre à Phalaris.

IV. Toute commandait dans Vessa, ville des Siciliens, fameuse par sa grandeur et l'abondance de toutes choses.

POLTBN, LIV. V.

Phalarfs envoya des gens demander sa fille en mariage. Quand Tente ent accepté la proposition, Phalaris prit de jeunes soldats sans barbe, et les ayant habillés en filles, les envoya sur des chariots avec des présens, comme des filles destinées à servir la nouvelle mariée. Quand ils se furent emparés de la maison, ils tirèrent leurs épées, et Phalaris s'étant montré, se rendit maître de Vessa.

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