‹ Bibliotheque militaireChapitre 48 sur 614 · GOERU CIVILI. — LIV. II · texte numérisé non relu

GOERU CIVILI. — LIV. II

9i¥Mi kîaaée, te vieiUaids» les Tanmes, kl fsnfifluis» kl garnison môme» lever kl Bains au del, du faanl des murailks, ou courir aux temples de leurs ^» et li, prosternés au pied des eb, kur demander b victoiie : car ( éinîeni eonvaîncos que cette journée déciderait du salut commun et de neUii de b ville , puisque leurs guerôsrs d'élite , avec tout ce qu'il y avait d'illMStre et de considérable dans la pkœ» étaient montés sur b floMe à la priète el atix instanoes des habîtans : de aorie qu'en cas de nuilkeur» ils se HOiivaieni absolument sans ressource :

Sft>au contraire, ils étaient vainqueurs » ib espéraient pouvoir sauver b vilb tant par leurs moyens personneb que par les seeours qui leur viendraient du debon.

6. Le combat eogsgé» les Haraeillais fiiem tout 08 qu'on pouvait attendre d'un peuple courageux. Lesouvenirde es qne biua femmes et leurs enfans bur avaient repiésenlé à leur départ bs animait leUement au combat qu'ils panÎBsaient persuadés qu'il ne leur MBiait qve ce seul moment pour bire kur devoir» et que ceux qui vien« dnient à être tués tbaa l'action ne précéderaient quede quelques instaas burs csneiioyens, puisque le même son les attendait aussitôt que la ville serait prise. Nos vaisseaux s étaient un peu ékngnâs les uns desautres ; ce qui donnait lieu aux pilotes emierois de dépbyer leur adresse à faire manœuvrer bsboffs. Si quelquefois nous trouvions b moyen d'en aocroeber quelqu'un» de toutes paris ils couraient à son seœurs. Joints aux montagnards d'Albi , ils se défendaient couragettsemeat de près, et ne cédaient même que peu à noe soldais. Cependant de leurs plus l^ers vaisseaux ils bisabnt sans cesse pieu* leîf suc noua une gsèk de dards, ks^

quels surprenaient et blessaient ceux qui n'étaient pas snr leurs gardes. Deux de leurs galères ayant remarqué celle qnemomait iirutus, qu'il était aisé de reconnaître à son pavillon , s'ébneërent chacune de leur côté, et vinrent fondre sur lui à force de rsmes; mais il les évita si vile et si à propos, qu'il eut de suite gagné les devans. Oes deux galères s*entrs * choqtièrent avec tant de violence» qu'elles en forent forten* dommagées : l'une eut sa proue brisée ei fut toute en débris. Quelques vaisseaux de la floue de Brutus , qui étaient près de là, s'aperœvant de leur position embarrassée, les attaquent et les coulent bientôt à fond.

7 . I.es vaisseaux de Masidiiis ne rendirent aucun service aux Marseilbis, et se retirèrent du combat ; car ni l'aspect de leur patrie, ni les instances de leurs proches ne les engageaient i exposer leur vie; aussi n'en périt-H aucun. Les Marseillais eurent cinq galères coulées à fond , quatre de prises, et une s'enfuit avec les vaisseaux de Nasidius , el atteignit avec eux KEspagne citérieure. Une de celles qui re»* latent aux vaincus fut dépêchée à Marseilb, pour y porter cette nouvelle.

Lorsqu'elle approcha de la ville , b multitude accourut en foub pour savoir l'issue du combat : et quand ils en furent instruits, ils jetèrent desi grands cris et firent entendre de si tristes gé<^ missemens , qu'il sembbit que b vitb fût déjà prise. Cependant ils n'en poui^ suffvirent pas avec moins d'ardeur tous les préparatifs nécessaires pour b de* fendre.

ë. Dans b continuation du siège»

les légionnaires , qui iravailbient eut la droite aux ouvrages, se voyant ex* posés aux fréquentes sorties des enne^ mis, remarquèrent qu'il serait avanta^ geux d'élever une tour de briques fovtt

cÉaAn.

s'en Faire une cspùoo de furl ou d*asUe , au lieu d*une pelilo enceiiUe placée sous les mui-s de la ville, e( dont ils s'étaient contentés jusqu'alors contre les incursions soudaines des assiégés.

Ce poste leur servait de refuge quand ils étaient accablés par le nombre , et ils en soriaieiu pour repousser ou pour* suivre Tennemi. Cette petite enceinte comptait trente pieds sur chaque Tace, l'épaisseur de ses murs portait cinq pieds. Dans la suile» comme l'expérience est toujours un bon maître »

lorsqu'on y joint l'industrie, on reconnut qu'en l'élevant à la hauteur d'une tour, on en tirerait de grands avantages, et voici comment ce projet fut exécuté.

9. Celte tour étant poussée à la hauteur du prenuer étage , on engagea les bouts des poutres dans l'épaisseur de la maçonnerie, pour les mettre à l'abri des matières combustibles de la place; puis on continua de murer au-dessus de ce plancher» tant que la protection des manielets et des galeries le permit. On posa ensuite sur la maçonnerie, à peu de distance de l'aplomb des revètemens intérieui-s, deux solives en croix, afin d'y suspendre le plancher qui devait servir de couverture à la tour; et sur ces solives on mit des poutres qui se croisaient en ligne droite, el qu'on réunissait ensemble à l!aide de madriers. Les poutres, un peu plus longues que la largeur totale de la tourj étaient saillantes au-delà de l'aplomb des revètemens extérieurs, afin qu'on pût y attacher des rideaux pour meure à l'abri les ouvriers qui maçonnaicnt sous le toit. Cette plateforme, destinée à surmonter la tour, fut garantie du feu par des briques et de la terre glaise. Ou jeta encore des matelas par-dessus, afin que les traits et les pierres lancées p;u les machines

n'endommageassent pas le plancher.

Les rideaux dont on se servie pour mantelets floilans étaient fails de câbles d'ancre; ils avaient quatre pieds de largeur, et descendaient jusqu'au pied de la maçonnerie. On mit trok rangs de ces rideaux sur les trois faces de la tour qui étaient vues et battues de la place, et on les suspendit à ces poutres saillantes qui formaient un avant-toit au pourtour de l 'édifice. On avait déjà remarqué en d'autres occa* sions qu'il n'y avait que celte espèce de nattes suspendues qui fussent impé* nétrables aux traits et aux autres armes offensives. Celle partie de la tour étant ainsi conduîteet mise à l'abri de toutes les batteries de l'assiégé, on transporta ailleurs les manteleis dont on avait fait usage, et , au moyen de la mécanique^ on commença par soulever en entier cette plate-forme au-dessus du premier étage, jusqu'à la hauteur où les rideaux suspendus pouvaient mettre les maçons à couvert. Sous cet abri, ils travaillaient aux murs sans rien craindre de la place; tandis que, en haus* sant la plate-forme au fur et à mesure qtie s'élevait la maçonnerie , on se ménageait un nouvel espace pour b&tir. Le travail étant poussé à la hauteur d'un second éuige, on engagea, comme auparavant, les poutres du plancher dans l'épaisseur de la muraille,' et on se servit de la même manœuvre pour faire monter en entier la plateforme et les rideaux qui s'y trouvaient suspendus^ Ce fut ainsi que sans perte et sans danger , on éleva cette tour de briques jusqu'à la hauteur de six étages. On y ménagea des embrasures dans les endroits convenables, à l'emplacement des machines.

10. Une fois certains que de cette tour ils pouvaient défendre tous les ouvi*agfs aux environs, ib commencèrent

GlCIillE UVILC. — LIV. II.

à ooMmire avec des poutres de deux piedsd'épaiaseur une gulerie de soixanle pieds de long , afin d*avoir la Tacuiiéde pénétrer i couvert de leur tour jusqu'à celle des assi^^ et au rempart de la ville. Voici comment on exécuta cet ouvrage. On coucha d*abord par terre deux poaires d'une même longueur» à quatre pieds de dislance l'une deTantre ; on y enfonçai des piliers decinq pieds de haut : pnîs on les lia ensemble par des tr.tvenes un peo inclinées, afin qu'ils eusamt la force de porter les solives destinées a soutenir le toit de la galerie. An dessus de ces piliers ^ on plaça des solives de deux pieds d'épaisseur attachées avec des bandes et des chevilles de fier. Enfin le dessus du tuit qui couvrait œs dernières poutres était composé de lattes carrées éloignées les unes des autres de quatre potices, pour éiayer les tuiles que l'on mit dessus.

Aprùs avoir ainsi édifié hi galerie , et en avoir formé le toit de manière que les solives portaient sur les piliers, on la couvrit de tuiles enduites de mortier à dessein de la garantir du Teu : au dessus de ces tuiles on mit encore des eniis, poar empêcher l'eau qui pouvait êtredirigée par des conduits, de détremper le mortier ; et pour garantir ces cuirs do feu ainsi que des pierres» on les doubb de feutres. Tout cet ouvrage se fil au pied de la tour où l'on était protégé par des mantelets; puis de suite et sans délai , au moment où les assi^ s'y attendaient le moins, on roula sur des pièces de bois rondes, dont on se sert pour lancer un navire à l'eau , la galerie jusqu'au pied de la tour de la ville. ii. Effrayé de celte opération, l'ennemi pousse, à force de leviers, de trèsgros quartiers de pierre, et les Tait tomber du haut de la muraille sur notre galerie ; mais la solidité du bois résista au coup , et tout ce qui fut lance m.

roula du haut en bas de la galerie.

Alors ils s'y prirent autrement : ils précipitèrent sur nous des tonneaux de poix et de goudron embrasés ; mais ils roulèrent comme des pierres sans produire aucun dommage; et l'on eut soin de les écarter de nos travaux avec dos perches et des fourches. Cependant les nôtres, à couvert sons la galerie, travaillaient à Taide de leviers à saper les fondemens de la tour ennemie ; et de notre tour de briques nous défendions la galerie à coups de traits et avec nos machines ; de sorte que les Marseillais n'osaient se montrer ni sur leur tour, ni sur leur muraille . pour les garantir de nos attaques. Enfin on arracha tant de pierres des fondemens de leur tour, qu'une partie s'écroula tout-à-coup , et que le reste commençait à menacer ruine.

42. La terreur s'empare alors des habitans; troublés d'un malheur si pressant et si peu attendu , qu'ils re* gardaient comme un eflet de la colère dos dieux, et voyant leur ville près d'être saccagée et mise au pillage, ils sortent tous sans armes en habits de deuil, et viennent tendre des mains suppliantes aux généraux et à l'armée de César. A la vue de ce spectacle inoui , tout service de guerre cessa , et chaque soldat suspendit ses occupations pour aller voir et entendre ce dont il était question. Dès que les Marseillais furent en présence des chefs et des troupes, se jetant à leurs pieds , il les conjurèrent d'attendre l'arrivée de César, disant qu'ils voyaient bien que puisque les ouvrages étaient achevés et leur tour détruite, la ville ne pouvait manquer d'être prise; qu'ils ne songeaient donc plus à se défendre; et qu'aussitôt que César serait venu, rien ne pourrait l'empêcher de les traiter comme il lui plairait, en cas qu'ils refusassent de se

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soumettre. Ils ajoutèrent que si Ton attendait que le reste de la tour fût tombé y jamais on ne pourrait retenir le soldat; et que Tespérance du pillage le pousserait à emporter la ville d'assaut et à la détruire. Toutes ces supplications, et plusieurs autres de môme nature y furent faites du ton le plus pathétique et le plus touchant , comme on devait Taiiendre d*hommes aussi habiles.

13. Les généraux émus de leurs larmes firent à l'instant cesser les travaux, discontinuer les attaques; et ils se contentèrent de poster quelques corps de garde dans les ouvrages. La pitié amena donc une espèce de trêve en attendant César : on ne tira plus de part et d'autre ; tout soin et tout travail furent suspendus » comme si le siège eût été fini. En effet. César avait fortement recommandé, par ses lettres à Trébonius» de prévenir le pillage de la ville, de peur que les troupes indignées de la révolte des Marseillais , du mépris qu'ils leur avaient témoigné, et des fatigues que leur avait coûtées ce fti^e, jie massacrassent tous les jeunes gens, comme elles en avaient menacé. Aussi eut-on toutes les peines imaginables de les empêcher de prendre la ville de force; et elles en conçurent un violent dépit contre Trcbonius , qu'elles croyaient Tauteur de Tordre qui les retenait.

14. Cependant les perfides ennemis ne cherchaient que le temps et l'occasion de nous tromper, et de mettre à profil la ruse qu'ils méditaient : en effet, au bout de quelques jours, tandis que les nôtres pleins de sécurité se reposaient tranquillement, tout d'un coup sur le midi , l'un étant retiré dans sa tente, l'autre las et fatigué de travail, dormant dans la tranchée, et toutes les armes à couvert et en dépôt dans

l'endroit où on les avait posées, lis font une sortie , et, à la faveur d'un vent violent , ils mettent le feu à nos ouvrages. Ce vent les seconda si bien, et accéléra si rapidement les progrès de l'incendie, que dans le même temps il prit au retranchement , aux mante* lets, à la tortue, à la tour, aux machines, et que tout fut consumé avant qu'on pût découvrir les causes de cet accident. Les nôtres, frappés d'un malheur si subit , saisissent les armes qui leur tombent sous la main; ils sortent du camp et courentsur l'ennemi^ mais de la ville, on les arrête à coups de traits et de machines. Les assiégés se retirent donc sous leurs murailles, et brûlent impunément la tour de briques et la galerie. Ainsi, par la trahison des assiégés et la violence du vent, nous vimes périr en un moment le travail de plusieurs mois. Le lende* main, les ennemis renouvelèrent leur tentative : favorisés du même vent, ils firent, avec plus d'assurance encore que la veille, une sortie contre la tour et la terrasse de notro seconde attaque, et s'efforcèrent également d'y mettre le feu; mais la journée précédente, si nos soldats s'étaient relâchés de leur vigi« lance ordinaire, avertis ce jour-là par la catastrophe de la veille, ils avaient tout préparé pour la défense : aussi, après avoir tué un grand nombre d'ennemis, ils repoussèrent les autres dans la ville sans qu'ils aient pu exécuter leurs projets.

16. Trébonius résolut de réparer la perte qu'il venait de faire, et trouva les trou pes très-disposées à le seconder : car, lorsqu'elles virent toutes leurs peines et tous leurs tiavaux devenus inutiles, et que les ennemis ayanl violé la trêve insulteraient à leur courage , parce qu'il ne restait plus de matière nécessaire pour réparer les fortifications dé-

inûitt» coupaui el eolevant loua les arbre» des emiront de Marseille, ell«t fannèreni le dosein de eonairuire une iiiiaifi d*uiie espèce nouvelle, et ieouiejiisqQ'alora. Kllesélevèrenidouc tex mors de briques de six pieds d'épaisscar, et i peu près aussi éloigoés i'fln de Taulie que la première terrasse avaii de largeur, stsc un plancher qui portait sur les deux murs. AGndereoàe ce plaocber solide, on disposa entre œs deux murailles^ dans tous les cndroita faibles ou qui avaient trop de poitée, des piliers sur lesquels on fit pssser des solives de traverse pour le soutenir; et œ genre de toit fut cou* vert de claies enduites de mortier. Sous œ loîty le soldat garanti de tous côtés, et cadbé de front par des mantelets»

portait sans risque tout oe qui était nécessaire i l'ouTrage : tout fut bientôt rétabli» et le déglt réparé par Tardeur et le courage avec lequel ils travail* laieiit. On y ménagea des portes aux endroits qui parurent les plus propres à dca sorties.

16. Quand les Marseillais virent siléc rétabli ce qu'ils croyaient devoir nous occuper long-iemps, et qu'il n'y avait plus moyen » ni de nous donner le duûfige, ni de fondre sur nous; que nos travaux étaient i l'épreuve de la I valeur de leurs soldats et de la violence du Cbo ; qu'il nous était ISuûle de iSor* ascr de même toutes les a venues de leur ville du côté de la terre par un mur et des touia; qu'ils n'osaient plus se montrer sur leurs remparu, les nôtres ayant élevé des murs presque au pied des leurs, d'où nous pouvions lancer aisément des javelots sur eux avec la main ; réfléchissant d'ailleurs que leurs machines, sur lesquelles ils avaient fondé de si grandes espérances, leur étaient devenues inutiles par ht trop gmdf proximiié, et que, touque de

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