‹ Bibliotheque militaireChapitre 51 sur 614 · Gurion voyant l'alarme générale · texte numérisé non relu

Gurion voyant l'alarme générale

et qu'on n'écoutait plus ni ses exhortations ni ses prières, prend le seul parti auquel on a recours au milieu de circonstances semblables, et commande à ses troupes de se saisir des montagnes» et d'y marcher en bataille ; mais la cavalerie que Sabura y envoie les prévient, et les prive de cette dernière ressource. Alors les nôtres n'ont plus aucun rayon d'espérance» les uns sont massacrés par la cavalerie ennemie en voulant prendre la fuite; les autres lombent de faiblesse et d'épuisement.

Gn. Domitius, qui commandait les cavaliers, engage Curion à se sauver avec le peu de chevaux qu'il avait autour de lui, et de chercher à gagner son camp 9 lui promettant de ne point l'abandonner. Gurion lui répond qu'après la perte qu'il vient de faire de l'armée que lui avait confiée Gésar, il ne reparaîtra pas en sa présence , et il périt les armes à la main. Quelques cavaliei'S échappèrent en petit nombre; ceux d'entre eux qui étaient restés à l'arrière* garde pour laisser reposer leurs chevaux , voyant de loin la fuite de toute l'armée, gagnèrent le camp et se sauvèrent. Toute l'inianterie fut taillée en pièces, sans qu'il en restât un seul homme.

45. Le questeur M. Rufus, que Gurion avait laissé à la garde du camp, instruit de cette défaite, s'efforça de rassurer le peu de troupesqu'il avait auprès de lui : elles le supplient instamment de les faire reconduire en Sicile; il le leur promet , et ordonne aux pilolea da tenir leurs chaloupes près du

rivage, sur le soir. Hais la frayeur les avait tellement saisis « que les uns croyaient déjà voir Juba et ses troupes ; d'autres Varus, et la poussière esdrée par ses légions; d'autres eofln s'imagi* uaient que la flotte ennemie allait aborder sur l'heure. Cependant toutes ces craintes étaient dénuées de fondement. Dans ceue épouvante , chacun ne songeait qu'à soi : ceux qui étaient sur la flotte se hâtaient de partir ; leur exemple engageait les maîtres de navires à les imiter. Quelques chaloupes, en petit nombre, se rendiren k l'ordre et se trouvèrent au rendez-vous; mais le désordre fut si grand sur le rivage, qui était couvert de monde empressé à s'embarquer, que quelquesunes,fléchissantsouslepoidsdu fardeau, coulèrent à fond : les autres n'osaient approcher de peur d'éprouver le môme sort.

44. Ge qui fut cause qu'il n'y eut qu'un petit nombre de soldats et de citoyens romains, qui, soit qu'on ait eu pitié d'eux , ou qu'ils aient pu ga* gner les vaisseaux à la nage, furent rembarques, et arrivèrent en Sicile. Le reste des troupes députa la nuit môme des centurions à Varus, et se rendit i lui. Le lendemain, apercevant ces co* hortes soumises , campées sous les murs de la ville, Juba en fit massacrer un9 grande partie, disant que c'éuient ses prisonniers, et il en envoya quelques* uns des principaux dans son royauina.

Tandis que Varus se plaignait qu'il violât sa parole, mais sans oser s'y op* poser , le roi fit à cheval son entrée dans Uiique, suivi de plusieurs sénateurs, entre autres, de Serv. Sulpicios et de Licinius Damasippus. Il y resta quelques jours pour donner ses ordres; ensuite il retourna dans son royaume avec toutes ses troupes.

GUBU CIVILE.

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