Se voyant séparé de Durazzo
et ne pouvant plus exécuter son projet» le général ennemi en imagina un autre ; ce fut de venir camper sur une roche élevée nommée Pétra, qui formait une petite anse» où les vaisseaux étaient à couvert de certains vents. Il y fit venir ime partie de ses galères» et transporter du blé et des vivres , non-seulement de l'Asie » mais des autres contrées de sa dépendance. César» qui comprit que la guerre allait se prolonger» se sentant d'ailleurs hors d'espérance de tirer des vivres de l'Italie» tant à cause de la grande exactitude avec laquelle Pompée gardait les côtes» que parce que la flotte qu'il avait fait construire pendant rhiver en Sicile» en Gaule et en Italie» n'arrivait point» César, dis-je, envoya L. Canuléius » son lieutenant , en Épire » pour avoir des approvisionnemens; et comme ce pays était assez éloigné» il * établit des greniers en difierens lieux ,
cteAp.
et ordonna aux ailles voisines de lui fournir des voilures pour y por^r le blé. Il fil en oulre chercher tout celui ^ui se trouvait dans Alessio, dans la Gonirée des Parthiniens et dans loui^ les forts du canlon ; mais il n'y en avait que très-peu, le pays étant rude et plein de montagnes, en sorte qu'on est souvent obligé d'y faire venir du b)é de dehors , ei Pompée ayant eu d'ailleurs quelques jours auparavant la précaution de livrer le pays des Parthiniens s^u pillage ; durant ceue exécution , sa cavalerie avait fouillé les maisons, et emporté tout le blé qui s'y trouvait renfermé.