‹ Bibliotheque militaireChapitre 58 sur 614 · Instruit de tous ces obstacles · texte numérisé non relu

Instruit de tous ces obstacles

César prit sa détermination suivant la nature du terrain. Gomme le camp enuemi était environné de montagnes et de coteaux très-roides» il co^imença par s'en rendre maître et y faire blitir des forts où il plaça de bons corps de garde. Ayant exécuté la même mesure de coteau en coteau autam que le terrain le permettait, il joignis tous ces forts par des lignes de communication» et se mit à investir Pompée daas son camp. Gomme il avait un besoin extrême de vivres, et que Pompée l'emporuût en cavalerie, son dessein était de pouvoir par ce moyen faire ^eoir de tous côtés avec moins de risque le blé et les vivres nécessaires à l'entretiea de ses troupes ; ajoutons qu'il empéchsûl aussi son adversaire d aller an fourrage et rendait sa cavalerie inutile. 11 se proposait enfin de diminuer le grand crédit dont jouissait Pompée chez les nations étrangères, lorsque te bruit aurait retenti par toute la terre que César le tenait assiégé , sans qu'il os&t en venir à iine bataille.

44. Pompée ne voulait s'éloigner ni de la mer, ni de Dy cracblum, où il avait m^en dép6t tont ^a ^ttiraU ^ gui^f^ »

ses javelots, ses armes , ses maelûiie et où sa flotte approvisioiinait «on li mée. Du reste, il ne pouvait s'oppoM aux travaux de César que p^r un ooni bat; ce qu'il n'avait pas alois résolu di faire. 11 ne lui restait donc pçur ra% source dernièn» qn^ d'oocupar le plu| de montagnes et de paya qu'il pourrait « afin de tenic les troupe de G^r ea haleine auuint qu'il lui aérait possible* C'est ce qu'il exécuta par le moyea d«| vingt-quatre forts qui embrawiient ua espace de cinq lieues de tour. Sans celle enceinte qui renfermait un grand norn^ bre de terres ensemenoéea , il troiiml d'abondans p&tuieges pour ses chai vaux. Et , connue nos troupes avaieni établi une commuaicatioa aura entra leurs quartiers, par lea ligsea tirées d(| fort en fort, dans la oaiate que l'eiK nemi ne Ri, irruptioa par quelque ea« droit et ne les prit en queue , àfi mèmib Pompée ne travaillait qu'à se retrancher en dedans, afin de noita empocher 4ie pénétrer dana sea^fortifioaiionaj^ et de l'investir par devriôce. Maia il avait sut nous ce double avantage que aea troupe^ étaient plus nombreuses et son enfeînie moins éteivlue. D'ailleurs, lorsque pésar voulait s'empaier dequetqueéaainenoe»

Pompée, sans s'y opposer aiee louiea ses troupes, et en veiiir i une action générale qu'il ainût résolu d'éviter, ne ms^nquait jamaisdeplaoar, dana les pœ^ tes avancés qu'il occupait» ses archerst et ses frondeuiB qui étaient trè^nom^i breux , ^t qui nous bkssaieeâ beauoenfi de. inonde; aussi leurs traits étaient^ila devenus redoutables à nos tccmpaa y, da sorte que pour a'en, ga«uuif , pcesque tous nos soldats se bbnquèvent des ivk^ niques de cuir, eu de piôoea de divenea étoffes.

45. On se disputait nvement le moindre poalé aunoé; Gésax pour rcs»

secr^ Pcrâlite, IPeinpée poiiff 00^^

frrtit/t' tutf .'iwftroi.i'r IRtr^Mi .

CUSailB ClYlLlh. — Uf. 111.

plas de hauteurs qu'il lui élait possible» afin d'embrasser un plus grand terrain dans son enceinte : de là de fréquentes mêlées. Dans une de ces actions» la neuvième I^ion de César s*élanl un jour saisie d*une hauteur» où elle commençait à se fortifier, Pompée s'empara de la hauteur opposée qui en était voisine » et se mil à troubler les nôtres dans leur travail; et comme, d'un côté» il pouvait y aborder par un sentier presque uni» il envoya d'abord contre eux ses archers et ses frondeurs, qu'il fil soutenir ensuite par toute son infanterie légère avec des machines pour nous empêcher de nous fortifier; or il n'était pas facile à nos soldats de repousser l'ennemi et de continuer en même temps les ouvrages. César, voyant ses troupes exposées de toutes parts aux traits de l'ennemi» résolut de quitter la place et de se retirer. Pour effectuer ce projet il fallait descendre; et dans cette descente les ennemis , pour nous couper toute retraite» nous pressaient d'autant plus vivement» qu'il semblait que la crainte nous fit abandonner ce poste.

On prétend que, dans cette circonstance, Pompée eut la vanité de dire qu'il consentait à passer pour un général dépourvu de toute expérience» si les légions de César qui s'étaient engagées si témérairement se tiraient de là sans essuyer la plus grande perle.

46. César» qui en effet craignait pour la retraite» disposa des claies au haut de la montagne» du côté où l'ennemi avançait ; il fit ouvrir sur les derrières un fossé d'une largeur médiocre par ceux des siens qui s'y trouvaient à couvert » et embarrassa le passage autant qu'il lui fut possible; ensuite il plaça ses frondeurs en des lieux propres à favoriser la retraite» puis donna ordre à ses légions de se re-

vifs et plus hardis à les pouisuivre u à les pousser ; ils renversent les claies dis* posées en forme de palissades, afin df franchir le fossé. A cette vue. César » craignant que le départ de ses troupes ne parût plutôt une fuite qu'une ra»

traite» et de peur de recevoir un plus t^rand échec» les lait» presqu'à mpitié chemin» encourager par Antoine qui ka :!ommandaiiy et donne le signal pouf (u'elles retournent contre les ennemis* \lors, les soldats de la neuvième lé* :;ion s'étant serrés , du milieu de lu tnontagne où ils étaient , remontent van (*eux de Pompée» lancent leurs javelots contre eux» les poussent et les contrai^ ;nentà lâcher pied. Lesclaies dont noua Dous servions comme d'une palissade, le fossé» les perches dont nous avioQf embarrassé le chemin, leur nuisireni beaucoup dans leur fuite. A l'égard des nôtres» contens de sortir sans peine de ce mauvais pas » après avoir tué ug grand nombre d'ennemis et n'avoif perdu que cinq hommes» ils se retiré* rent tranquillement» et vinrent s'emparer de quelques autres collines pei^ distantes de la première où ils se r^ tranchèrent. «

47, Celait une façon de bire la guerre » nouvelle et inusitée, tant potu; le nombre des forts » l'étendue ivk terrain» les retranchememens vastes e( la forme du siège dont les attaque^ embrassaient un si long espace» que pour les autres vues de César. En effet « lorsqu'un général entreprend d'en aa* si^er un autre, il lé fait presque toujours, parce que celui-ci est enfermé» ou faible, ou baUu» ou qu'il est ébranlé par queU que revers. Quand on est supérieur ea infanterie et en cavalerie» souitent aussi on le fait pour couper les vivres. Ici » ç'é- , tait tout lecontraire. César enfermait une armée qui n'avait reçu aucun ^hec ni

tirer. Les ennemis n'en sont que plus y essuyé aucune perte » qui était pl9ft(Mrli%

CÉSAR

que la.sienne> e( à qui riea ne manquait, puisqu'un grand nombre de vaisseaux lui apportaient journellement des vivres de toutes parts; et de quelque c6lé que le vent donnât» il se trouvait toujours des vaisseaux auxquels il était favorable : au lieu que César manquait totalement de vivres, ayant consommé tout ce qu'il en avait pu trouver dans les contrées voisines ; ce que ses troupes supporlaient avec une patience admirable. Aussi , se souvenaient - elles qu'après avoir es- 8uyé une pareille famine en Espagne, l'année précédente, leur constance et leur fermeté leur avaient fait terminer une grande guerre ; elles se rappelaient qu'après avoir souiïert une semblable détresse devant Alise , et de plus grands maux encore à Bombes, elles étaient sorties victorieuses de plusieurs nations très-puissantes. Elles recevaient donc sans murmurer l'orge et les l^umeS) qui étaient la seule nourriture que l'on eût à leur donner; et elles se croyaient bien traitées quand on leur présentait du bétail, dont on tirait une grande quantité de TÉpire.

48. Ceux qui avaient servi sous Valérius trouvèrent une sorte de racine nommée chara; après l'avoir détrempée dans du lait» ils en faisaient une espèce de pain qui subvenait à leurs besoins : or, elle était fort commune dans le pays; et lorsque dans les entretiens qu'ils avaient avec les soldats de Pompée, ceux-ci leur reprochaient leur misère, ils leur jetaient de ces pains, pour leur faire perdre l'espérance de les réduire par famine.

49. D'ailleurs la moisson approchait, et l'espoir de se voir bientôt dans l'abondance, les soutenait au milieu de leur détresse; en sorte que dans les entieliens qu'ils avaient ensemble, on

leur entendait souvent dire qu'ils mangeraient plutôt l'éoorce des arbres, que de souffrir que Pompée leur édiappât.

De plus, ils apprenaient, souvent par des déserteurs ennemis, que leurs chevaux pouvaient à peine se soutenir, et que toutes leurs bêtes de somme étaient mortes; qu'il régnait en outre dans leur camp des maladies produites par le lieu étroit où ils étaient resserrés, la mauvaise odeur, la foule des cadnvres,el le travail continuel dont ils n'avaient pas l'habitude ;qu'en6n ils souffraient beaucoup de la disette d'eau : car César avait détourné ou comblé les rivières et toutes les sources qui se rendaient à la mer. Gomme le pays était montueux , et rempli de vallons d'un espace très-circonscrit et qui formaient comme des souterrains, il avait garni ces endroits de digues et de chaussées pour contenir les eaux. Ainsi , les troupes de Pompée se voyaient contraintes de suivre les lieux bas et marécageux , et de creuser des puits; ce qui devenait pour elles un surcroit de travail : sans compter que ces puits étaient très-loin de quelques-uns de leurs quartiers , et tarissaient de suite par les chaleurs. Le camp de César ne souffrait point de ces incommodités : il était sain, abondait en eau et en vivres de toute espèce»

excepté en blé, et l'on se flauait de voir succéder bientôt un meilleur temps» par l'espérance de la moisson qui approchait tous les jours.

50. Dans cette nouvelle manière de combaure» chacun de son côté inventait aussi quelque moyen nouveau de harceler son ennemi. Les soldats de Pompée ayant remarqué, à la lueur des feux» que nos cohortes faisaient la garde la nuit dans nos imncbées , s'en approchaient sans bruit, et lançaient tous leurs traits sur le gros de nos troupes; ensuite ils se retiraient. Les nôtres^ in*

gueauk civils. — liv. iir.

fttmîcs par l'expérieDoe éiablisiaient r kmn feu dam un endroil » et ponieiH ketsoorps de garde dans un aalie.

(n 7 a id «M

M. Cependant, P. Sylla, que César en parlant avait bûssé pour commander à m place dans k camp, insiraii de ce ^i ae paasait, vînt arec deux légions au naoour&de h ooborte; à son arrivée»

on chaase aisément Tennemi qui ne psnt naAme soutenir ni notre vue ni le choc des ndtres; les premiers rangs cnllMitéa, le reste Iftcbe le pied et prend la faite. Sylla rappela les siens, et les cmpècba de poursuivre rennemi. QueU \ croient que s'il eût voulu, il [ pu dans celte journée mettre fin h k guerre. On ne saurait cependant Mimer m conduite ; car le devoir et ka droits d'im lieutenant sont fort diflevena de œnx d'un général : l'un doit aaivre exactement les ordres qu'il a tecua; l'autre peut librement exécuter «M ce qu'il ji^ i propos pour le bien des aflâiies. Sylla , que Césaravait laissé i h garde de son camp, satisfiiit d'avoir éégÊgé aea troupes, ne voulut pas s'engiger dans un combat <oe qui pourtant cdt peut-être réusei), pour ne point pa» laitra a'arroger le pouvoir du géoérah Ceux de Pompée avaient bien de k peine à eSsctuer leur retraite : en eitt , d'un mauvais poète qu'ils occupaient, MpaA gkffÊê k haut de la montagne, ils ne pouvaient se retirer, sans craindre que les nôtres, qm ks suivaient , ne tantnssent sur eux à k descente; et k soleil éiait sur k point de se coucher, car, dans l'capéranoe de tout terminer, ik avaient poussé l'attaqoe presque jus» qo'ansoir.Ilansceuecirconstanoe, Vom péeaa saisit d'une bailleur asMsiloignée de notre fort, pour être hors de k portée du trait; et, s'arrftlant danscelieu,il k fortifia et y fit canqisr toutes ses troupes*

iJi.

tempe fait

63. il avait en même commencer deux autres attaquer : car pour amener diversion , et empêcher que nos quartiers ne pussent se secourir ks uns les autres, il avait enireprk à k (ois l'auaque de plusieurs de noa forts. Dans une de ces actions, Voica* tins Tullus soutint avec trois cohoriea les eflbrts d'une légion entière, et la repoussa. Dans une autre , les Alki* manda firent une sortie, tuèrent un grand nombre de soldats de Pompée , et se retirèrent mns perle.

53. Il y eut donc six combats dana un même jour, trois à Durozzo et trok aux lignes; et de compte lait, il se trouva que dans ces différentes rcn« contres Pompée avait perdu près de deux milk hommes, entre autres, plu* sieurs vokntaires et plusieurs officiers; parmi lesquels fut Valérius Fkocus , ûk de Locius Valérius, qui avait été pré* leur en Ask. Nous gagnâmes six dra«»

peaux et ne perdîmes que vingt hom« mes dans toutes ces attaques; mais au fort, généralement tous nos soMats fu* rent blessés , a quatre centurions d'une même cohorte y perdirent les yeux.

Pour preuve de leurs travaux, et des périk qu'ib avaient essuyés, ib présentèrent i César près de trente mille flôdies, que les ennemis avaient tirées dans k poste ; et lui ayant fàiit voir le bouclier du centurion Scéva , il recon* nut qu'il était percé en deux cent trente endroits. César, pour récompense des services qu'il avait rendus et i lui* même et à la république, lui fit pré* aent de douze cents sesterces; et du grade de cenuirion qu'il occupait dans la huitième cohorte, il Téleva au rang •de primipik, reconnaismnt qu'il était une des principales causes de la con* servaiion du fort. A l'égard des sol* data de cette cohorte. César leur donna dou)i>k paie, double ration de Ué^

eÉêkH.

dt de Mmbraiaoi vtooai|iinMs liiilitairds.

tA, Pompée M (brtifia lottte h nuit sur réminence eu il s'4uiil retiré^ y életa des lours les Jours euitttns; «I apiès «voir poussé ses ouvtages jusqu'l la hauieur de quiiiEe pieds, il éoatrii de pampets cette partie de son camp.

Cinq jours après , ayant bauehé M pories et embarrassé toutes les atcaïues de ce nouveau camp , i( profita de I W casion d'une nuit obscure pour en faire sortir vers minuit son aritiée en Silenc4« el revint dans cdui qu'il occu|bait àu« paravant»

. 56. On a dit que Gasaius Longinus et Galviskis Labinus s'étaient assurés de rËtplierd^ rAcarnanie etd'^ust^ aals. Aptte eet beureux sucsèe» Otsat neorut pas devoir en reeier li^ et sou« gea aux moyens de ioùmeiite i'Aehaie* Pour eet effet il envoya P^uslus Gàlénuei kiî associant BatHUus et Gisiius avuâ kuie eohortes. A la nouvelle de lent marehe» Rniilius Ltipus» qui eeuamaii* dait dans eette protfaiee au nom 4é Portpée» Bt fortifier risibroe polt^ IMi* pteber Fusius d*y entrer. iMpbesiTb*»

bes et Oioboindne se rendifeni d'oHe^ mêmes à cetui-ci ; quelque! autres villes furent emportées d'assaut i et Ton dieicha par des députaiionskoanoilier lé reste au parti de César < Ces tiégpohtîMis occupèrent presque uniqueiMntf^siuet

M. Tous les jours saivuns f Gésa»

rangea ses troupes en bataille dané la fdaine, et présenta le combat i Pom|fée) il approchait presque souè le! rearan*^ obemens ennemis^ desone que la pffe« miéro ligne n'était guère éloignée qun ils la portée du trait. Pëmpée i de àotl liftté, pour eeiMwer ta rèputaiion bt l'idée qu'on avait de hii^ rangeait smssi les siens denint son camp; mais éê manière que sa tfoisitiiie ligtie Mi« cMt à cet vMMuidNHinai ft que ioMi

son armée pouvait aMcneni être défso« due par les traits laneés du htm de seë fortifloàtîoits.

57. Tandis que ces événemens avaient lieu dans l'Achaie et à Durazzo» comme on ne pouvait f\nÈ dealer que Scipion ne IHt afriM en Hafiédoitie»

César, qui ne pehlalt point de vue seé pi^emier dessein de terminer h gueM par la douceur» lut dépêcha Gledhi»^ leur hmi eommun^ qnéfletpien avait»

dans le principe i donné tSt recofttttialMM paniéuH&remem à Céiar. Oe général Mr charge de lettres «t d'oirdM , dont voici la substance ! que }usqu*elbte il avait inutilement UHtt tenté peur su procurer Ml paia » eaiia doute par te Eiuie dé ceux aoxquéla il eût déiMen être redevable, lesquels avaient craftil de mat ohoisiir le mouaeni d'en pailèi à tNmipée; qu'à l'égaid de iiripion^ A Jouissait d'un asseï giaiid ctédit» neu« seulement pour piropoeer avec libeisé œ qui lai paralslalt le phia cènveov»

Me, maie n^émt en quelqu» sorte pouf foreet Nmpée à l'emendre, et le rap peler, en eaa d'^ceoMit^àdes seiK limena plus }uetea^ qu'il était é la téiè d'une a? aies qal tte recomMÉmit <p^ M; qu'ainsi , i l'autorité il {«iflâûl «neote la foiee uéuessâitc pour la tés primer; ^ef a'il le fbisaîi, il aamD seul la gloire d\iv«ir rendu le Mps9 à litalie, la paâx aux provinces^ si d'avoir sauvé l'empiiè. CMîua ftonl oel lettres à Scipion qun dauo les pti* aiiers Joum^ panit l'ésoussr ossea faiu* téblemeni; vèaU ensuite il ne foi pbtf admia b lui pàrlur) FavoniuSy ôoiiutos noua l'apprUasea lonque b ^[uenis fal terthÎD^, «yaus rsptfis Scipion 4a Ut avuit ihHine audience. Ctédxtis refim dune tiMver Oémr aabsa voir pà véussifi

M4 (feHii^ (iour lèsssrcer j^utétreii timent Ib oaiuleiia tis tmvpét àupi* de Pmuu^et raipéihsr d'alka «A

CUEMB CIVttt. — UV. lit.

i flt idMHki tMS te pdtii bM «ê AMt pHtoifei éihtit»

4tfM M a pàtlé, H y ebnMrifMt 4a Pèlli|iéc y vCijftMit f|ilé |)ftf Ift eMilMs Mi (krfMijtfirf iAmllei

(fiM^IMi jour! âpfêéi H te HdM Alm IMt eiÉl|l. Ia âtoelle A lÉMiUgÉ y êUrh M gritide , qu'on y ■wtatelik Iti dMfitti de feuille) d'sr

fte r«b |lil«k ; cAr M âimh oMseMtné h» Mlë Mnêk «iifft r^Meéihte dtt F| «I Tm se tojfall Mdait I ifllM dhi fctttnii^ d6 Gd^ftid H dis

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ridiaile, qvi m ôonyiiM qu't d« BttriMire), ito mépriteieiil leurs frftMg d'arm», retenaient la paie de lauvi eaTÉllêrs, et Aiiiaient t»ÉMr dans leur paja iMf hi bmlii dmi m pcNitaièiii aé mOté ûMim. IrHiCn de ces injus»

tioel, kfs oataHen tinrefit en corpi è'eil phhidM pttMiquètlienl I Cêmti dCclahini de pldê que l'état qu'ils don^ tiÉiefil de lear finmlm «lait firut, et qu'ils détoumeienl leur solde.

60. Oésar qiii ne ctt>ya{t pas qtie M caMient fut srriif« de les punir» et qui d'aitleun aTiil les plds grands égards pour leiif bravoure, s« ooitiètita de lei fêpfeadi« M paHioilier de éb qu'ils rançonnaieni leUrS seldâts, at de kM dit» qu'ils defuieui tout attendre de SM afteiiM, el Jager de ce qu'il tÊ^ rail pÊm eut dans la SUiia^ pir «ek Meufiiiis pMSêdiMSà Gaile MptimafldS ne laissa |M de leur aliiM li haîné el le Méprisée iMta l'innée} eequè lëHe fiilSiiMl iMtneiK sentii^, et les repro«aboi qu'ils étaient à essuyer, et le lê^ flseignigu de leur propre oonaMenée^ Buns cette situaiiou, la botiié, a peul^ être la erainie que Mur cMiiMeiit M IM que diflké» les tk résoudre I hôus abandonner, I tenter une noutdle for^ lunei et i se èoMltler de boirreaut amis. Ha «ombiuniquererit leur dH^ aehi à quelquei pèrs6hnes de leur soite, uuxqdMIe» ils erurstit pcnitolr éonfls^ un si bOir txmfploi, M fnédttèrem d'abord dd Mer Oi foMsénué , géfaérdl de la eataterié^^Mn^e on le sut après k campagne^ afin de ne poini embrasser tai cause de Pompée sans paraîtra lui atoir rendu quelque senrioe. Hsjs eeite entreprise leur ayant semUé trop difficile, et l'occasion de Texécuter He s'étaut point eflbrte , ils te bornèrëM ik emprunter le plus d'argent possible , sous préteaiè de restituer ce qu'Us 1 utftiaiiifaWiduliuasmeHtpriSjaeheierent

CÉSàft.

gland nombre de chevaux » et vinrent trouver Pompée avec tous leurs complices.

61. Comme ils étaient de grande naissance , bien équipés , qu'ils avaient amené avec eux une nombreuse suite d'hommes . et de chevaux » que Ton connaissait leur courage éprouvé, que César avait eu pour eux beaucoup de déféraice» et que leur arrivée était un événement extraordinaire » Pompée les promena par tout son camp» et les montra dans tous ses quartiers : car jusque-là il était inouï que ni soldat ni cavalier eût quitté César pour venir se rendre à Pompée, au lieu que presque tous les jours il nous venait des déserleurs du parti ennemi » entre autres des soldats levés dans l'Épire et dans rÉtolie» et dans tous les cantons sou« mis à César. Ayant eu connaissance de tout, sadbant l'état des fortifications du camp de César, et ce qui pouvait y manquer au j ugement des connaisseurs ; après avoir observé le temps propre à l'attaquer, la distance des forts et des oorps de garde, et le plus ou le moins de vigilance des troupes dans leurs quartiers, selon le plus'ou le moins de sèle et d'affection de ceux qui commandaient, ces deux lâches transfuges en firanl leur rapport à Pompée.

62. Sur ces instructions, celui-ci, qui auparavant avait déjà résolu d'entreprendre quelque soriie, comme on l'a indiqué plus haut , ordonne à ses troupes de couvrir Leurs casques de claies d'osier, et de se pourvoir de fascines. Ensuite il embarque de nuit dansdescbaloupeset depeiitesembarca- , lionsgrand nombred'infanierie l^ère et

d'archers avec ces fascines; et vers rai- ^ nuit ayant tiré soixante cohortes de son grand camp et de ses forts, il les mène vers cette partie du camp de César qui était la plus proche de la m», et la plus

éloignée de son grand camp. H y envoya aussi les chaloupes qu'il avait remplies de fantassins et d'ardiers»

comme on vient de le dire, avec les galères qu'il possédait à Durazso, et leur donna ses ordres à tous. Il avait confié la défense de ce quartier au questeur Lentulus Maroellinus , lequel y commandait la neuvième légion ; et à cause du mauvais état de sa santé, Fulvius Posttimus lui fut adjoint.

63. Ce poste était défendu par un fossé de quinze pieds» et par une mu^ raille située en bce de l'ennemi, laquelle avait dix pieds de haut et autant de large. A six cents pas de là ^ s'élevait du oftté de la campagne un autre rempart im peu moins haut.

Quelques jours atipara vaut , César , qui craignait que les ennemis ne vinssent attaquer ce quartier par mer avec leun vaisseaux, avait fiiit établir cette double fortification , afin de pouvoir mieux se défendre , si le combat devenait dou» teux. Mais la grandeur de cette ciroonvallation qui avait six lieues de tour» jointe aux autres travaux dont on éiail chargé, n'avait pas permis de l'ach^* ver : ainsi la ligne de communiaaiaii qui devait joindre ceè deux reiraw^emens, et régner le loi^g de la mer^ n'était pas finie; et Pompée en fut in-» suruit par les déserteurs savoyards. Ce fut pour nous un grand malheur ; car au moment, où wA cohortâ de la nmavième légion étaient campées pioche de la mer, les troupes ennemies arrivent à la poime du jour, et se font voir subitement, tandis que celles qui aboc^ dent par mer lancem leurs traita sur notre retranchement, et comblent le fossé de bscines. En môme temps^leors légions, s'efflorçant d'escalader le rem* part intérieur, attaquent avec leurs machines et à coups de dard» ceux qui te débndaâeiHi et lea aidiers, qui éuiieo t

aYlLS. — UY. lU.

a gnad nombre, font de toutes parts pkoToir sor nous une grCle de flèches.

Noos n'avions pour armes que des periei; les couvertures d'osier dont ib raient garni leurs casques les en pnncitsaient aisément. Les nôtres teîeot donc tivement pressés» et ne rfûtaientqu'atec la plus grande peine, Foar surcroît de maux, les ennemis ajanl remarqué le défiint de notre omp, lequel» comme on Ta dit» n'é* lait point fortifié entre les deux reurancbemeos» effectuent de œ o6té une daoeaie, nous prennent en queue»

DO» chassent de Tun et Tautre rempui, et nous réduisent à fuir.

U. Aterti de ce désordre, Marcel* linos envoya des cohortes à leur secosn; mais elles ne furent capables ni de retenir les fuyards» ni de soutenir le choc des ennemis; en un mot» toutes les troupes qu'on put y laire marcher, entraînées elles-mêmes dans la déroute générale» ne servirent qu*à augtMoier le péril et l'épouvante » et à emkmaoer la retraite par leur multitude.

I^porteNenseigne de la légion blessé à JMrt dams cette circonstance» et se sentui défaillir» parla ainsi à nos cavaiien: < J'ai défendu» dit-il» fidèle»

BMsit cette aigle pendant plusieurs «nées; à présent que je meurs» je la «mets avec la même fidélité à César :

ne souffrez pas» je vous en conjure»

ft'elle reçoive un aflront qu'on n'a ja« nuis reçu dans l'armée de notre génénl; ayez soin de la lui remettre. » L'aigle fut conservée par ce moyen; mais b centurions de la première cohorte périrent tous, excepté le premier cen- (tirion des princes.

65. Déjà les ennemis» après avoir ^'t un grand carnage de nos troupes»

approchaient du camp de Harcellinus» tt répandaient l'épouvante parmi le t^e de nos cohortes; lorsque M. An-

toine qui commandait dans un poste voisin» informé de ce qui se passait » parut sur les hauteurs avec douze co hortes marchant à leur secours. Son aiw rivée retint l'ennemi » et fit revenir les nôtres de leur extrême frayeur. Peu de temps après » César» averti de Tévén»nuHit par la fumée des feux qu'on alluma aussitôt dans tous les forts»

comme on l'avait toujours pratiqué jusqu'alors» se rendit lui-même à ce poste avec quelques cohortes qu'il avait tirées des quartiers voisins. Après avoir reconnu le dommage» s'étant aperçu que Pompée était sorti de ses retran* chemens , et avait établi son camp le long de la mer» auuint pour avoir la liberté du fourrage qu'à dessein de conserver la communication avec ses vaisseaux » il changea de plan » et son premier projet n'ayant pas réussi» il vint camper en face de son adversaire.

66. A peine les retranchemens étaientils achevés» que ses espions viennent lui rapporter que derrière un bois paraissaient quelques cohortes, ayant Tapparenoe d'une légion , et qu'on les menait dans l'ancien camp. Voici quelle était la position de César. Les jours précédens, sa neuvième légi6n»opposée aux troupes de l'ennemi » et s'étant retranchée » comme on Ta démontré» sur une hauteur voisine» y avait établi son csmp. Ce camp touchait à un bois» et n'était éloigné de la mer que de quatre cents pas. César» ayant ensuite changé d'avis pour certaines raisons, transporta le |K)Ste de cette neuvième légion un peu au-delà de cet endroit; et peu de jours après » Pompée prit position dans ce premier camp. Comme il voulait y placer plusieurs légions» sans détruire le premier retranchement» il en fit construire de plus vastes. Ainsi le premier camp, renfermé dans le grand , lui servait de citadelle. Du cOté

îitU

CÉ8AII,

j^uch^ de ce camp , Pçmf^ «fait bit tjrer up^ |i|;ne d'eovicon quatre oanis P9S jusqu'à b riviùrQ , afiq qqç aes Koupes pussent aller k l'eau !li|)rem^rit et 89U3 périK MaU il changea auiai 4V YÎ3 pour de» mgiiC» qu'il p'eat paa n^ cea«aire de rapporter | et abaadopqa oe poste qui par là resta vide pendant p|||« sieurs jours, sans que o^mpoina çp eût détruii tes retrapcliefnepi.

67« Pornpée y ayant donc fajt pas* ser une légion i les eaptws de César vinrent lui en donner ayjs; ce qui \ni fut encore conGrmé par ceux qui étaient placés dans les forts construits sur les hauteurs. Ce eaipp éia^t |loîgqé d'wvîfop cinq cents pas du nouveau que Pompée occupait alors, Gdssr, daps l'espéranee d'accabler eeiie )t%m, et de réparer la perle qu'il evait essuyée pe jour^là , ne laissa que deux eobortes dans ses retrancbeioeiis pour qu'ils pe* . ruasent toujours garnis i et il partit par UQ chemin détourné et le plus leçr^ie- . ment qu'il put avep trepi^'W autres»

du nombre desquelles 4tait la neuyi^me légion qui avait perdu beaucoup de centurÎQns et de soIdiOf. César range ses cohortes sut deux lignes, et attaqua la légion que Popipée avait postée dans oe petit camp. P'abprd sop attente ne le trompa point; car il y arriva

des , péiENHniPt d>hord dena le greu^ camp^puisdmsle petit que legrand npfermait } et comm^ la légion ennen)ie s'y était r^irée» ils y tpeui quelques aeir dats qui voulurent fsire de la résistanee.

68. Hajs la fortune qui e)terçe une ai grapde inflnençe ep UHite» obosest et particuiièrennent k la guerre^ fait souvent éprouver en peu de tep^is d'étUH* uames vicissitudes, C'est ce qui eut lieu dans cette e>rcpusiAnce : car les cohortsa de Taile droite de César» qui ne oopnaissaient point la situation 4u camp»

suivirent le retrencbcn)ept , lequel» ee* Ion notre rems^rque précédente» conduisait à la rivière, parce qu'elles crHreni que c'était celui 4^ cannp mémo dou( elles cherchaient 1^ porte* Voyant ensuite qu'il joignait le fleuve, et qu'il pe se présentait persQnpe peur le d^epdre> elle* franebirept oe retravchemeut»

et furent suivies de tous wt eP^Yelieis*

09, Cependanii après un esses long intervalle de temps, Poippéf?» instruit ifi ce qui se passait» rappelle sa cinquiâma légion alors oœupéeà fortifierspneamp»

et maiche avec elle au secpun des siepi ; il fait approcher en même temps sa eu* salarie de la nôtre; et ngs soldats^ qip s'éiaîeni rendus maîtres du camp • voyaient s'avancer contre eu^ ses troispea rangées en bataille, ce qui change»

même avant' que son rival pût en être ep un moment la (ace des aQaires; cur

avertis et quoique ce camp fût trèsbien fortifié» l'aile gauche qu'il commandait en personne, ayant sor-le* champ attaqué les ennemis» les chassa du retranchement .1^ portes étaiept pro* tégéespardeschevauxdefrise^onycom* , battit quelque tempft i car nos troupes voulant les forcer» l'ennemi s'y opposa» et elles furent trés-hien défendues par ce même T. Pulcion » lequel (nous Tavons d^à dit) avait trahi l'armée de C. Antoine. Cependant la valeur des nôtres remporta enfin ; ils détruisent les obsta*

la légion que pous venions d'attaquer»

sûre d'un prompt secQurs , fit résisUnoe à la porte I)écttmane| et vint vi6mi^ courageusement nous assaillir» D'an autre côté» notïe cavalerie» qui ne mon** tait qu'à la file par-defsus le retranchement» craignant pour sa retraitée ae mit à fuir. L'aile droite qui était sépe^rée de la gauche» à la vue de Tépou-^ vante des cavaliers » se retire ^lemeftt par le môme endroit d'où elle s'était élancée contre l'ennemi ^ de peur d'^itre aecataée dana oe retranchement ; ip*

GUEREI CIVUJI. «— LtV. III.

Awiwi pfiwr kl pittpiurt de t'epgsgtr dans UD défilé,. ils m préoipiient dans un foi^ de dix pieds, où les premiers Aai^i i(pf ffés par oeux qai les suivaient» lenif corps servaiem de passage aux auirei pour se sauver. L'aile gauçbe qui, do iflrancheoMsit d'où elle avait chassé l'ttwemi, voU Pompée venir à elle» ai ffiin aile droite prôidre la fuite» ciaîipani d'élre investie dans ce lieu étroit» <M| elle allait avoir à c|imbat(re les \Wk^ pts euMviiefi aunledail» «t au-debors » ffl leiire par le ntaie endroit d'où elle IHi^t vepae. Farlout régnaient TefFroi » le désoidre » la eonfusioo et la fuite» au peint qiie Géeir arrachant ks enseignes à cenx qui fuyaient» et leur ordiyinent de tenir ferme» les uns al^ndonnenl Jeuis ohiivfiux pour continuer leurs <)iwraes>d'eiitres» aveuglés par la peur» Jeiasent lyiéme tomber leurs enseignes»

Mpeeunnes'errttait.

7P. Ail milieu de oi désastre» deux orponstances s*oppopèfept k l'entière destruction de l'ermée de César, La pv^ miére fut que Pompée, qui sans doute pe s'attendait pas 4 cet beuieui suoc^ » epffèa avoir vu peu auparavant ses trou* pee abandonner lems lignes et pnendre h fuite» craignit quelque embuscade, en p'osa pendant quelque temps approcher des retrancbemene* La seconde (ut que sa cavalerie m trouva retardée dans la pourauite par le^ troupes de Gésfur ^i occupaient les passages et les portes. Aipisi > des incidens légers furent de grande iroporisnce pour fes deux partis : car le retranchement* tiré du camp au fleuve» arrêta la prpiapte et pleine victpîre de Céfar» qui avait d^jA forcé le immp de Pompée ; et ee même retranchement» en leiaidant la poursuite de r^imemi sauva notre armée*

71* Dan» ce» deux ^mNe domé»

te même jpur. César perdit neuf çsnt ^cixante Cimie»Moa t plusieurs chevar

Ucra romains de distinction » tels que Flavius Tuticanus Gallus» fils du sénar teur» C. Felgii^ de Plailtince» A, Gri|vios de Pofisioles» M. ^acrativir de Capone, et trente tribnnf militeires qo ceniurione; maie la plupart furent écraafie ou dans le fi)ssé» oqdans les retraachemens, ou sur le bord de U rivière»

par leurs propre^ epmpegnem que le peiir faisait fuir; et ils périrent sens evoir rtçu la moindre blessure. JHçv»

(Mmmkrfvretter également trentenleur ensçignei. Cette action valut à Pompée le tîtm d'tp^^ersfpr : il conserva ce titre , et lOuflfit dans la suite qu'on le lui donnftt en le mluant; mais il ne mil point de laurier autour de ses faisceaux» ni aux lettres qu'il écrivit. Labiénuf » ayant obtenu de lui les prisonniers» les fit venir à la tête de toutes les troupes» par ostentation à ce qM'il parut» et pour acquérir la confiance du parti où il venait de se jeter : après les avoir traités de frères d'armes» leur demandant d'un ton d'insulte si de vieux soldats avaient coutume de fuir, il les Qt tous massacrer.

72. Cet événement donna Uint de confiance aux ennemis, et les enfla au point qu'ils ne pensaient plus aux moyens de faire la. guerre» et qu'ils s'imaginaient avoir déjà vainpi. lU ne songeaient pas qne leur avantage ne provenait que du peu de troiipes que nous avions, ou de notre poste désavantageux» du terrain o^ p^m npl|i étions trouvés remerrés après nous ftrp rendus maltrfs de leur camp» de la situation embarrassante qui nous exposait i être asmillis au dehors et a^ dedans de» retrancbemens» ^ d^ la séparation des nôtres» ce qui les avait mis hors d'état de se soutenir mutuellement 9 ils oubliaient qu9 qi n'était pojnt la suite d'un combat férieu^ et »anr fttetiti puisqu'il n'y en et»if P<^iitf eu.

c^ar;

et que nos soldats, en se jetant pêlemêle dans des passages étroits , s'étaient feit plus de mal à eux-mêmes que les ennemis ne leur en avaient Tait. En6n»

ils oubliaient les accidens si communs à la guerre ; de combien peu de chose dépendent les bons ou les mauvais succès ; combien un faux soupçon , une terreur panique > un scrupule peuvent produire de maux dans une armée, sans compter ce qui peut lui arriver par la faute d'un tribun ou du général; mais» comme s'ils avaient vaincu par leur courage, et qu'ils fussent à l'abri de tout revers , ils annonçaient partout au loin, par des messages et par des lettres, la victoire de cette journée.

73. Après avoir échoué dans ses premiers desseins. César crut & propos de changer de méthode, et de faire la guerre tout autrement. Dans cette vue, il retira le même jour toutes les garnisons de ses divers forts, abandonna son dessein d'attaquer, réunit toutes ses troupes, fit un discours à ses soldats, les exhortant à supporter patiemment la disgr&ce qu'ils venaient d'essuyer, et à ne point en concevoir d'alarmes. Il ajouta, qii'à cet échec, qui d'ailleurs n'était pas considérable, ils devaient opposer tant de victoires qu'ils avaient remportées ; qu'ils devaient rendre grftce à la fortune, d'avoir soumis l'Italie, sans répandre une goutte de sang; d'avoir pacifié les deux Espagnes , quoique défendue par de braves troupes et des généraux plein d'expérience; d'avoir soumis les provinces voisines, si abondantes en blés; qu'ils devaient enfin se souvenir avec quel bonheur ils avaient passé au travers d^s flottes ennemies maltresses de tous les ports et de toutes les côtes, et étaient arrivés sains et saurs; que si tout ne réussissait pas, c'était à eux d'aider la fortune à foroe

de courage et d'activité; tp'ils ne devaient attribuer la perte que Ton avait faite qu*à l'inconstance du sort, el nul* lement à leur général; qu'il leur avait donné un poste avantageux pour vaincre; qu'ils s'étaient emparés du camp ennemi, après avoir battu et chassé ceux qui le défendaient ; que si, par imprudence , par méprise ou par malheur, ils avaient laissé échapper une victoire certaine et qu'ils tenaient entre les mains, c'était à eux de faire tous leurs efibrts pour réparer cette perte par leur valeur : qu'alors ce mal tournerait à bien , comme il était arrivé à Moulins ; et que ceux qui d'abord avaient fedouté d'en venir aux mains, se présenteraient d'eux-mêmes au combat.

74. Après ce discours, il nota d'infamie quelques enseignes» et les cassa.

A l'égard des troupes, elles firent paraître tant de mortification de leur disgr&ce, tant d'empressement à laver leur honte, qu'il n'y avait poiiit de soldat qui , sans attendre l'ordre de son tribun ou de son centurion, ne s'imposftt les plus rudes travaux pour se punir. En même temps» tous brûlaient d'ardeur d'en venir aux mains; au point que plusieurs des principaux officiers , fortement émus de la harangue du général , étaient d'avis de rester dans le même poste, et de livrer bataille.

César, au «oritraire, ne se fiant pas assez à des troupes encore sous l'impression de la frayeur, crut qu'il fallait leur donner le temps de se remettre entièrement; d'ailleurs, après avoir abandonné se^retranchemens, il craignait surtout demanquer de vivres.

76. Ainsi, sans délat,aprèsavoir seulement pourvu au soin des blessés et des malades, il fit partir en silence à l'entrée de la nuit tout son bagage pour Apollonie, avec défense d'arrêter en chemin : une légion futccMumandée poorlui

GCnilF. CItILC.

Mnrir d'escorte. Ensuite, il n'en retint dans le camp que deux ; et sur les trois heures du matin il fit sortir le reste par phisieura portes, et leur ordonna de prendre les devans par la même rouie.

Quelque temps après il fait sonner la mrche, afin que la discipline ordinaiie soit observée , et que son départ soil connu le plus tard possible; il sûrC aussitôt, suit son arrière-garde, a est bientôt loin de la vtie des deux amps. Pompée ne fut pas plutôt informé de son départ , qu'il se prépara de suite à le poursuivre, dans la me de le surprendre et de l'attaquer dans sa marche. Il sortit donc de son camp avec toute son armée, et fit prendre les devans à sa cavalerie pour arrêter l'arrière-garde de César. Elle ne pot l'atteindre , parce que celui-ci , n'étant point chargé de bagage , marchait à grandes journées. Mais arrivé à une rivièrede Macédoine, nommée Genusus, dont les bords étaient escarpés, la cava* krîe ennemie le joint , et donne sur son arrière-garde. Il lui opposa sa cavalerie, paraît laquelle il eut soin d'entremêler qsatre cents soldats d'élite» lesquels firent si bien leur devoir, que dans le combat qui s'engagea entre eux , ayant repoussé les ennemis, ils en tuèrent plusieurs y et se replièrent sur le gros de l'armée sans perte.

76. Après avoir fait, cejour-Ià , précisément le chemin qu'il s'était proposé, et iravrersé le Genusus avec ses troupes. César s'arrêta dans son ancien camp d'Asporagium , et ne permit à aucun soldat d'en sortir : ayanisenvoyé sa cairaierie au fourrage, il lui ordonna de ne point tarder, et de rentrer au camp {lar la porte Décumane. Pompée, pour ne pas perdre son ennemi de Yue, fit dans cette journée le même chemin que lui » et vint aussi se rendre à son ancien campd'Asparagium;et»commeil

— uv. m.

n'y avait aucun ouvrage à y faire, parce que les retranchemens en étaient restés inucts, une partie de ses troupes s'éloigna pour aller au bois et au fourrage. D'autres qui , à cause d'un départ aussi précipité , avaient oublié de prendre une gi-ande partie de leurs bagages, se voyant si près du camp qu'ils venaient de quitter » après avoir laissé leurs armes dans leurs tentes, sortirent pour aller chercher ce qui leur manquait.

César, qui l'avait prévu, les sentant hors d'éial de le poursuivre, donna le signal de la retraite, et faisant ce jourlà une double marche , vint camper en* viron trois lieues plus loin; ce que Pompée ne put faire, ses troupes étant dispersées de côté et d'autre.

77. Le lendemain. César, ayant fait Clément prendre les devans à son bugage dès l'entrée de la nuit , se mit ensuite lui-même en route vers les trots heures du matin, afin que, s'il était obligé de se battre, son attirail de guerre ne Tembarrass&t point. Même manœuvre le; jours suivans; et par ce moyen il ne reçut aucun échec, ni au passage des fleuves les plus profonds, ni dans les chemins les plus difficiles : car Pom[)ée , après l'avoir atteint le premier jour, n'y put réussir les journées suivantes, quoiqu'il en eût le plus vif désir , et qu'il fît dans cette intention plusieurs marches forcées; de sorte que le quatrième jour il cc^ssa de le sui« vre, et crut devoir prendre d'autres mesures.

78. César devait nécessairement se diriger sur Apollonie, Uint pour y laisser ses blessés, pour payer ses troupes, et rassurer ceux qui avaient pris son parti , que pour mettre des garnisons dans ses places. Hais à cet effet il n'employa que le temps nécessaire pour ne point être retardé; et, comme il craignait que Pompée ne le préviut, et

218 CÉSAR

n'attaquât Domitius , il faisait pour le j baodonner son posta Taatfi dt vivr^^ joindre force diligence et déployait la | ei de marcher vers Heraclea SafUû»» plus grande activité. Or, tel était son ; ville de la Candavie» de sorte qu'il

plan générai, dans le cas où Pompée prendrait le même chemin que lui , il voulait l'éloigner de la mer et de Durazzo, où il avait des troupes avec tous ses approvisionnemens , et le forcer de lutter à chances égales. S'il passait en Italie , son dessein était , après avoir joint Domitius , de marcher au secours de ceue province par l'Illyrie. Enfin , si Pompée voulait attaquer Orco (t ApoUonie, et lui ôier toute communication avec les côtes , il était résolu de se tourner contre Scipion, et de contraindre par là Pompée à venir le secourir. Dans ces vues» il dépèche vers Xtoroilius» pour l'instruire de son projet et de ce qu'il veut exécuter ; et , après avoir laissé quatre cohortes de garni- ^n dans ApoUonie, une dans Alessio, trois à Orco avec ses blessés , il prit sa mstrcbe par l'Épire et l'Acarnanie. De son côté y Pompée^ qui se douta du plan de César, crut devoir au plus vite venir au secours de Scipion » eh cas que César se portjLt dé ce côté; si, au contraire, il persistait à ne pas quitter la côte et Je voisinage de Corfou , à cause des légions et des chevaux qu'il attendait d'Italie, Pompée se proposait de fondre sur Domitius avec toutes ses forces.

79. Ainsi, chacun d'eux avait ses raisons de se bâter, soit pour secourir les siens f soit pour ne pas manquer l'occasion d'accabler son ennemi. Mais César avait été chargé de marcher sur ApolLonie eu prenant un détour; tandis que Pompée tenait le droit chemin de û Macédoine par les montagnes de la Candavie. César rencontra encoi^ un autre obstacle auquel il ne s'attendait pas; c'est que Domitius, après être resté pendant plusieurs jours campé devant Scipion, s'était vu forcé d'a-

semblait que le hasard l'exposât de lui-même aux coups de Pompée; ce que César avait ignoré jusqu'alors. Bl môme temps. Pompée, ayant envoya dans toutes les provinces et les villes des lettres où il rendait compte avec la plus grande exagération de l'avaniafi qu'il venait de remporter à Durau^» le bruit courait partout que César avait perdu presque toutes ses troupes el qu'il fuyait devant lui. Ces nouvelle^ avaient rendu les chemins peu aura; plusieurs villes s'étaient séparées de sa cause; de là les courriers que s'élaieai réciproquement envoyés César et Domitius n'avaient pu remplir leur pouaB^ sage. Heureusement, quelques Sa^ voyards amis de Roscillug et d'%tt9 »

lesquels, comme nous l'avons dit, quittèrent César pour passer au service de Pompée, ayant rencontré en chemin les coureurs de Domitius, soit par var nité ou par suite des anciennes liaisons qu'ils avaient eues avec eux lorsqu'ils faisaient ensemble la guerre dans les Gaules, leur apprirent la vérité, lei informant du départ de César et d^ rapproche de Pompée. Instruit par c^ rapport, Domitius, bien qu'il eu) i peine quatre heures d'avance sur Pomr pée, profite des renseignemens de l'ennemi pour se soustraire au péril ; il marche vers Éginium, ville située i l'entrée de la Thessalie, ei rencontra César qui venait le joindre>

80. Aprè% la réunion des deux ar^ mées. César se rendit à Gomphi, prer mière ville de Thessalie, en venant d^ l'Épire. Quelques mois auparavant^ elle avait envoyé offrir à César tout C9 qu'elle possédait, et lui demander UM garnison de ses lrou|)es4 Mais déjà If bruit dont on a fait mention , ^ la

GCKBMM CIVILI. — Ut, IIK

Sl«

Mttirile des Muemttm de Piumio, éiaieDl arrivés ja8<}iie-là : on y ajoutait mbne encore. Ainei i Androethène , préteur de Thevalîei aimant mieux l'associer i la victoire de Pompée qu'à \k disgrftœ de Cter» fit entrer dans la tilie tout ce qu'il y avait d'esclaves et de personnes libres k la campagne, en iierm les portes, e| dépuu vers Scipion et Pompée pour les appeler à pf>n secours, leur mandant que sa place était Mseï bien fortifiée, si l'on venait promptement lui prêter assistance; nais qu'il li|i sefail impossible de soutenir un long siège. Instruit que les armées avaient quitté Duraai^, 8cipion s'était rendu à tarisse avec ses liions, et Pompée étai| encore loin de la Tbessatic, Après avoir fortifié son csmp, Ctor donna osdre à ses iroupes de se pourvoir d'échelles, de mapteleis, de galeriw et de tout ce qui était péeesstire pour escalader la place ; eo- HMie, il |eqr neprésenta de quelle imponimce sentit pour eux la prise d'une fille rk^ et pleine de vivres, qui les loeitrait dans l'abondenoe, ajoutant que l'exemple d'im tel succès ferait trembler toutes les autres, s'ils Tempertaienf avant qu'elle pût être secourue, Profitapt donc de l'ardeur admirable qu'il avait inspirée à ses soldats, le jour même de «on arrivée , il entreprend» & piiis de trois heures après midi» l'attaque de cette place dont les piurailles étaient f<Nrt hautes, s'en empare tvaut le coucher du soleil, et l'abandonne w pillage. Aussitôt après il décampe , et arHfe k Métropolis avant qu'on n'ait pu y apprendre la nouvelle de la destruction de Gomphi.

9i, Prévenue du même bruit, les

habîians de cette ville prirent d'abord

le mdQie parti , fermèrent leurs portes»

et gimiireni leurs murailles de uoupes ;

Dsaia ensoiie, ayant i^pprîa le sort de

Gomphi par les prisonniers que César avait faii approcher des murs, ils lui ouvrirent leurs portes. Il eut grand soin d'assurer leur salut; et la comparaison de leurs destinées avec celles des habitans de Gomphi engagea toutes les villes de hi Thessalie, excepté Larisse où Scipion campait soutenu de toutes ses troupes, à se soumettre aux ordres de César, là, trouvant les blés presque mûrs et près d'être coupés, il r^lut d'y attendre l'amvée de son ennemi, et de faire de cette province le théâtre de la guerre,

82. Quelques jours après, Pompée arrive en Thessalie , harangue son armée, à laquelle il témoigne sa reconnaissance pour les services qu'elle vient de lui rendre, et invite celle de Scipion à prendre part au butin et aux récompenses dues à la récente victoire que les siens ont remportée* Il les réunit ensuite dans le même camp, partagea l'honneur du commandement avec Scipion, lui fit dresser la tente de général, et ordonna de sonner le classicum devant cette tente , comme devant la sienne* Ce renfort de troupes, et la jonction de ces deux grandes armées, confirmèrent tous ceux de son parti dans l'assurance qu'ils avaient déjà, en même temps qu'ils redoublèrent l'espoir du triomphe, au point que tout le temps qui s'écoulait avant la bataille leur paraissait un retardement à leur retour en Italie. Si Pompée voulait quelquefois agir avec plus de circonspectiou et de prudence, ils disaient qu'il pouvait terminer la guerre en un jour-, mais qu'il était enivré du commandement, et de voir marcher sous ses ordres des prétoriens et des consulaires. Déjà ils se disputaient entre eux les récompenses et les dignités, et désignaient les consuls de chaque année ; d'auirea denaodaieni la confis-

" aao

CÉSAR

cation des biens et des héritages de ceux qui suivaient le parti de César; el il s'éleva une grande contestation entre eux dans le conseil , pour savoir si , dans la prochaine assemblée qui se tiendrait pour la nominatioù des préteurSy on aurait égard ù L. Hirrus alors absent, et que Pompée avait envoyé chez les Parlhes, Les amis de ce lieutenant sollicitaient Pompée de lui tenir la parole qu'il lui avait donnée à son départ, afin qu'il ne fût pas trompé en se reposant sur son crédit et son autorité. Les autres 9 se disant exposés aux mêmes Tatigues et aux mêmes périls, se refusaient à cet acte dé préférence ezcIusiYe en faveur d'un seul homme.

83. Déjà le sacerdoce de César était chaque jour l'objet des vives disputes de Domitius, de Scipion et de Lentulus Spinther; ils en venaient même ouvertement aux paroles les plus outrageantes. Lentulus s'appuyait de son âge pour réclamer cette charge; Domitius y prétendait en faisant valoir son crédit et sa dignité; enfin Scipion y aspirait comme allié de Pompée. Attius Rufus accusa aussi devant le général L. Afinnius d'avoir trahi l'armée, relativement aux af- &ires d'Espagne ; et L. Domitius déclara dans le conseil qu'il était d'avis qu'après la campagne on accord&t aux sénateurs qui s'étaient intéressés avec eux en faveur de Pompée, trois suffrages, pour juger les personnes restées à Rome ou dans les places soumises au chef (Pompée) > sans rendre aucun service dans celte guerre, afin qu'ils pussent les absoudre» les condamner à la mort ou à l'amende. En un mot, tous ne s'entretenaient que d'honneurs , de récompenses, ou d'actes de vengeance à exercer contre leurs ennemis personnels; ils ne pensaient plus désormais aux moyens de vaincre, mais à la manière dont ils useraient de la victoire.

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