‹ Bibliotheque militaireChapitre 60 sur 614 · On y trouva les tables dressées · texte numérisé non relu

On y trouva les tables dressées

quantité de vaisselle d'urgent éulée • les tentes couvertes de gazon frais»

quelques-unes même , comme celle de L. Lentulus et de quelques autres, dé»

Corées de lierre» et bien d'autres objets de luxe qui marquaient un raffinement de volupté et une trop grande confiance dans la victoire. Il était facile de pénétrer qu'ils ne craignaient rien pour le succès de la bataille , puisque non oontensdu nécessaire, ils recherchaient même le superflu ; cependant ils avaient l'injustice d'accuser de mollesse l'armée de César, cette armée , modèle de patience au milieu des horreurs de la fk* mine, et qui s'était toujours vue privée des choses les plus nécessaires à la vie. A peine fûmes-nous dans les retranchemens de Pompée, que» montant sur le premier cheval qu'il put trouver, après avoir quitté ses marques de gé* néral » il sortit du camp par la porte Décumane, et poussa jusqu'à Larisse à toute bride. 11 ne s'y arrêta point}

GLEnne cniiifc. — «- liv. m.

«yant Taasemblé qoelqUÊs^nm doifoprds, il covrot jour ei nuit ntec la même piéeîpilalfon jusqu'à la mer, snitî d'une traniMne de cavaliers , el s*emlMifq«a aur un vaisseau à blé, se plaignnni plus d'une foh» à ce qu'on disait 9 de s'être tellement trompé dans ses espérances» qu'il s'était vu trahi en quelque aorie par eeux dont il attendait la vfctoiffe f puisqu'ils avaient été les pramieia i pmdre la fuite.

VI. Maître du camp ennemi , César ediorte ses soldats i ne pas laisser leur triomphe imparfait, pour s'occuper au piUnge; ce qu'ayant obtenu d'eux , il fit tker une ligne de eirconvallation aoioar de la montagne où s'étaient réfogîées les troupes ennemies. Ne se croyant pas trop en sûreté dans ce poêle, paie» que l'eau y manquait , eHes l'abandonnent d'elles-mêmes et ceimneBoent à se replier sur Larisse.

Céaar, s'en étant aperçu , partage son anaée en tfoîs eorpa : il en laisse un dnw le camp de Pompée , en renvoie on dus le sien ; et avec le troisième , omnpoeé de quatre légions, il poursuit les vainena par un chemin plus commode que celui qu'ils avaient pris.

Aptes une marche de deux lieues, il rangea ses troupes en bataille. A cette va», les ennemis s'arrêtèrent sur une moniagne au pied de laquelle coulait une rivière. Quoique la nuit approchât et que l'armée de César fût accablée de la fatigue de tont le jour, cependant qMès l'avoir exhortée à prendre cou* mge, il fit ther une tranchée pour couptf la communication de la montagne avec le fleuve, ain que les fuyards ne passent aller à l'eau pendant hi nuit.

Voy»M eel ouvrage adievé, ils députèrent vers loi pour se rendre. Quelques sénateurs , qui s'étaient joints à eux , se sauvèrent et prirent la fuite à la faveur des ténèbres. .

9B. A la |K>inte du jour, César les fit tous descendre de leur montagne , et leur ordonna de mettre bas les ormes. ' Ils obèrent sans dtfi^er, et s'étànt jetés à ses pieds les bras étendus et les larmes aux yeux pour lui demander la vie, il les fil relever, les consola , leur parla en- peu de mots de sa clémence ponr les rassurer, et leur conserva la vie à tous sans exception , défendant aux siens de leur faire le moindre mal et de leur ôter quoi que ce fût. Après ces mesures de précaution , il fit venir d'autres légions de son camp , y renvoya celtes qu'il avait amenées avec lui , afin qu'elles y prissent queir|ue repos ; et le même jour il entra dans Larisse.

09. Celte victoire ne lui coûta que deux cents soldats; mais il y perdit' environ trente centurions des plus braves. Au nombre des morts se trouva ' l'intiépide Grastinus dont on a parlé ; il reçut un coup d'épée dans le visage au moment où il faisait des prodiges de valeur ; et ce qu'il avait dit en partant ' ponr l'action se trouva vérifié; car César déclara que nul autre ne s'était signalé plus que lui , et qu'il lui avait rendu des services de la dernière importance. Pompée perdit quinze mille ' hommes;, et plus de vingt-quatre mille' vinrent se rendre. Les cohortes même ' commises à la garde des forts se soumirent à Sylla , sans parler de plusieurs autres d'entre les vaincus qui s'étaient * réfugiés dans les villes voisina. On enleva a«z ennemis neuf aigles et cent quatre-vingts enseignes. L. Domitius , en fiiyant du camp sur la montagne , tomba d'épnisement et fut tué par nos cavaliers.

iOO. Vers la même époque D. Lélius arriva devant Brindes avec sa flotte, et s'empara de l'Ile située à renibouchtire

Jdu port de cette ville, comme Libon l'avait fait avant lui, ainsi que nous

Tavons rapporté. Vatioius qui commandait dans Briades» ayaiu» de sqd c64é» couvert et arn^ quelque» berqiM8» s'eiSorça, d'attirer les vaiasttiui d^ LilJQ^ ; et Moe de ses galôrea à cinq raaga s*éiant trop, avaitcée, il la prit avec deu)( ^utf es n^oiqdres qui étuiçat veauea jusqu*à l'eiurée : il répaodit ensuit^ ^ ca^aUers le long du rivi^ poujc empêcher le9 ennemie de Taire de l'eau. Hais comme LéUus avait pria le temjpa de Tapnée le plue propre à la.

navigation , avec 8e$ vaisseausi de charge, il tirait de Teau de Gorfoa et de Durauo, sans se défti^ter de son dei^ sein , en sorte qu'avant d'avoir été in^ siruit de la bataille dpniiéeenXhessaJite» ni la honte d'avoir perdu ses vaisseaux , Pf la disette des choses les. plus nécessaires , ne purent 1^ chasser diA poct ei d^ nieu

101. PreMiue dans le même temp9 Gassius vîm en Sicile ayec la flotte de Syj:ie, de Phénicie et de Cilicie.; et cojouae celle de César 4^it divisée en deu^L escadres , que le préiei^r P, SuU pi.ciu8 en commandait une dans le détroit aiipfès de Vibon» et q^e M. Pom"» pqnius commandait L'autre à Uessine»

GaB^iits Ct voile d'a^rd de-ce dernier cOté» et arriva avant qu^ Poiqjponîua ei^ fOit averti. Celui-ci nullement prépagcé à le recevoir» et n'ayaf^t pomt.lawvé de, troupes à la garde de ses vojÛBa^aui^ 01^ il n'y avait d'aiUesMra.an^HQ oïdm.» Cassius remplit quelques. bJ^tiffieDa4e charge die réside , deppij^ d'étoji^s » et» de tout q^ qui est pioppee à mf^etAe»C^ ; ensuite , à, la faveur d^'uM W^i layOTilble et violKpt* il, lei^laM^cw^e^J'e^r cadre de Pomponius , qui br^la tM& entière aM nombre de Jjfenteiciiiqi vaisseaux^ ^ dont vingt de cQqvei'i^ Ce désastre eflraya tellement la ville» que, quoiqu'il y eût une l^ion en garnison»

on ne la dérendit qu'avec la p\^ gw^

cÉsi^a.

peine; et sttttela noQveUe de la htiaiile g^igiaée par César, nouvelle apportés pai: des courriers dépèohfe à cet eiEet » on croit qu'on ne raaiati paaeoniM^, vée. La vicioiredi^Bhnraale » amenote si à pcopos, sanfii la villes et de là GaiMua toiumn oeQtve l'eseadie, que SulpiciiiseoqptfMQdfiùt nen Vibon. Sut»

piciua^ dana la cieînie d'un pareil eoit,, ayant fait appnodier aea itaisseaux de la côte , Gas0iue s!y ptit de in fladmft manière. Profitant. d'un vent iawrabte, il envoya contre elle qnanmte br^JolB) qui, l'enveloppant parles deux exiriiaii . té9», incendiÉùrent dena navires. Gomme, le feu se Gommuniquail. par la vîolwca du ve»t » les soUaia dea vieilles légîoM: qu'on avait laisaéa à la gaide dea vm8»> seaux» parce qu'ils étaient malfidse, m puient souffrir cet affront ; ii& moniàreotd'euK<rmèmes.s«ff laaeae,.miraiiL' à la voile». attaquèrent leavanMeii»ei»* nemis^prifiei^t deua/galèieaà oînq ranga, de rames» et sur l'une desqveUes éiaii; Cafisîmen pewonne.» qui seaaitva. dman une chakwpe : ils se-saisîtent eneese de deux au|rce. trirèmea. Peu de apfèa on apprii^» par des troupaa i de Pompée» là nouvelle de la^liàinîttei qui venait di»ae dk>nMr en lâiflisalieL» et que l'on avait regsadée jnsqne^à.

comnie u«e lahld^ qt&'inveniaient ka^ émisaairest et to paniiana d» Gtea;.

alem Cassiua abandomia. la plaoe^ et.aa: retimayec^safloite^

ICâ» César orut^dewMrmul: quitter' pour eaivrie Bompée » quelque part fpidih. sefOi réfugié» afin .cpfc'il napM met49b .une Mu^vell^ armée eut pied eii jeeem» «meufiisr la gnarie. DaM;Qaua:vnail fit; chaq|iie|9nr iea pl^afortes mMchcaMM:

sa cavalerie » ocdonnaat à une légwm de le suivre à, peMies journées^ Ponâfiée: avait, publié un décret à AmphipoUa »

portatft que toii^e la. jeiiuesse de cette province et tous les citoyena roaiaiaai

GtERRE CIVILE

eussent à s'y rendre pour lui prêter seraient. Vais avail-il donné cet édit pour ne point laisser soupçonner, ou poar cacher le pins longtemps qu*il pourrait, le parti qu'il avait pris d'aller plus loin ; ou bien voulait-il , avec de nouvelles levées, s'il n'était pas poursuivi , se cantonner dans, la Macédoine? c'est ce qu'on ne pouvait décider. Quoi qu'il en soit, il resta tonte une nuilft l'ancre» fit venir ses amis d'Amphipolts , emprunta d'eux l'argent dont il avait besoin , partit de là sur la nouvelle de Tarrivée de César , et peu de jours après vint aborder à Metdin. Il y fut retenu deux journées par le mauvais temps; ensuite il se rendit en Giiicie avec quelques vaisseaux l^ers qu'il avait joints à sa flotte, et passa en Chypre. Là il apprit que tous les habitais d'Antioche et tous les négocians romains' qui s'y trouvaient s'élAient saisis de la citadelle à dessein de l'en exclure, et qu'ils avaient dépoté vers tous ceux qui depuis sa défaite s'étaient retirés dans les villes voisines , poar leur défendre sous peine de la vie de venir à Antioche. La même chose était arrivée dans Rhodes à L. Lentulus, qui avait été consul l'année piécédente , à P. Lentulus , personnage consulaire, et à quelques autres qui, fuyant à la suite de Pompée, ne purent aprOs leur débarquement obtenir d'être reçus dans a ville, ni dans le port; on leur envoya t)rdre au contraire de se retirer incessamment , et ils furent réduits è se rembarquer. Déjà le bruit de l'approche de César était répandu dans toutes les villes et les provinces.

105. Instruit de ces nouvelles, Pompée abandonne le dessem qu'il avait conçu d'aller en Syrie, enlève l'argent des recettes , en emprunte de quelques partictdiers , charge ses vaisseaux de tnonnstie.de ctiivre pour payer ses trou*

. — Liv. III. 22T

pes, embarque deu% mille hommes 1^ vés tant parmi les marchands que dans les familles des receveui^ des deniers publics et parmi ceux qui le suivaient, et se rend i Péluse. Le hasard lui fit trouver dans eette ville le jeune roS Ptolémée, qui, avec des troupes nombreuses , faisait alors la guerre à Qéo» pAtre , sa sœur; que peu de mois aupa* ravant il avait chassée du tr6ne à l'aide de ses parens et de ses amis : les canlps du frère et de la soeur n'étaient pas fort éloignés l'un de l'autre.Pompée députa vers ce prince , pour le prier, en considération de ralliance et des ncetidb d'hospitaifté qui l'avaient uni avec le roi son père , de vouloir bien lui donner retraite dans Alexandrie , et le servir de ses forces dans son malheur. Mais ceux qu'il députa vers la jeune souverain»

après s'ôcre acquittés de leur commission , se mirent à parler un peu trop librement aux soldats du prince, ta; exhortant fc rendre service il Pompée et à ne pas l'abandonner dans sa disgi^ee. Parmi ces soldats , plusieurs avaient autrefois servi sous lui en Syrie; Gabt« nius les avait tirés de son armée pour les amener dans Alexandrie, où après la guerre ils étaient restés au service de Ptolémée, père du jeune roi.

104. Les ministres de ce prince , établis régens du royaume pendant sa minorité , instruits de ces détails , craignant, comme ils en convinrent dans la suite, que Pompée , après avoir débouché l'aririée royale, ne se rendit maître d'Alexandrie et de toute It* gypie , ou le méprisant après sa débite » comme il arriTe assez souvent que dans l'infortune nos amis deviennent nos ennemis, afiectèrent de répondre favorablement à ses envoyés , les chargeant d'amener leur maître à la codr. Du reste, ayant tenu conseil entre eux, ils donnèrent secrètement ordre i l'im des

CÉSAR

généraux du roi, nommé Acliillas, homme hardi» cl à L. Seplimlus, tribun militaire y de partir et de se déraire de Pompée* Ceux-ci l'abordent avec un air de franchise ) surtout Septimius qui en était un peu connu, parce qu'il avait commandé sous lui dans la guerre des pirates ; sur ces espérances , il entre dans une chaloupe avec quelques-uns des siens , et il y est tué par Achillas et par Septimius. En même temps, le roi»

8*élant saisi de la personne de L. Lentulus» le fit mourir en prison.

105. A son arrivée en Asie, César trouva que T« Ampius avait eu dessein d'enlever le trésor du temple de Diane qui était à Éphèse; qu'en conséquence il avait convoqué tous les sénateurs de la province , afin de les prendre à témoin de l'usage qu'il en voulait faire; . mais la nouvelle de la marche de César arrêta l'exécution de ce projet, et l'obligea de fuir. Ainsi César sauva deux fois ce trésor du pillage. On disait qxï^ core comme certain , que dans le temple de Minerve , en Élide , suivant les diverses observations qu'on en avait faites, le jour même du triomphe de César à Pharsale , la statue de la Victoire , placée vis-à-vis de Minerve et en face de son image, s'était tournée vers les portes et le seuil dii sanctuaire. OoT ajoutait que, le même jour, à Antioche, en Syrie, on avait entendu à deux fois différentes de si grands cris de combatuns et un tel fracas de trompettes, que toute la fille se levant «n armes avait couru sur le rempart ; que le même prodige était arrivé à Ptolémaide ; qu'à Perl^me, dans la partie intérieure et la plus reculée du temple , là où les prêtres seuls ont la permission d'entrer, retraite que les Grecs nomment Aduia, les tambours sacrés avaient retenti d'etix-mêmes; et qu'à Tcalles, dans le temple de la Victoire où l'on avait élevé

une statue à César, ou montrait un palmier, qui, s'élançant ces jours-là du sol au travers des pierres qui formaient le pavé, s'était élevé jusqu'à la voûte.

106. Après s'être arrêté peu de jours en Asie, César, informé que son com« pétiteur avait paru vers l'Ile de Chypre, et conjecturant qu'il prenait le chemin de l'Egypte, tant à cause des amis qu'il possédait dans ce royaume, que des secours qu'il pouvait en tirer, fit voile vers Alexandrie , avec dix galères de Rhodes et quelques auUres d'Asie , sur lesquelles il avait embarqué huit eents chevaux et deux l^pns, dont l'une l'avait accompagné de la Thessaiie, et l'autre avait été tirée de l'Acbaîe , où elle était sous les ordres de Fusius , son lieutenant. Ces deux légions ne taisaient en tout que trois mille deux eents hommes ; les autres , affaiblis par les blessures qu'ils avaient reçues dans les combats , ou accablés par les fatigues d'une marche longue et pénible, n'avaient pu suivre. Mais C^r, comptan sur le bruit de ses exploits , n'itvait pas craint de prtir avec d'aussi faibles secours , persuadé que sur quelque point qu'il se dirigeât il serait toujours en sûreté. A son arrivée, il apprit la mort de Pompée; et en débarquant il entendit et les cris et les murmures des troupes que le roi avait laissées en garnison dans la ville, lesquelles s'-assembiaient autour de lui» parce qu'il se faisait précéder des faisceaux , ce que tout ce peuple rqptrdait comme une atteinte portée à la majestée royale. Cette première émotion apaisée, les jours suivans , la multitude se souleva encore plusieurs fois, et il y eut plusieurs soldats detués en diversquartiersde la ville.

107. Alors César crut devoir faire venir d'Asie d'autres légions, qu'il avai formées des débrb de Vaumé^ vaincue :

car, pour lui«>méme, il se voyait retenu

CtYllJI* — LIV. m.

par lés vents élétieiit» qui tont fort contraires à ceux qoi sortent d'Alexandrie.

En attendant , il pensa qu'il appartenait au peuple romain , et à lui par conséquent en sa qualité de consul » de régler les dânts survenus entre les souvemins de ce pays; il s'y croyait d'autant plus obligé, que sous son consulat précédent, une loi et un décret du sénat ayaient confirmé l'alliance avec Piolémée le père. Il fit donc savoir au jeune loi et à sa sœur Cléop&tre, qu'ils eussent à licencier leurs troupes, leur enjoignant do venir traiter devant lui de leur querelle, au lieu de ta décider entre eux par les armes.

408. La tutelle du royaume pendant la minorité du roi avait été confiée à Teunuque Photin , son ancien gouverneur. Celui-ci commença d'abord par se plaindre à ses amis comme d'une indignité, de voir le monarque cité pour plaider sa cause: ensuite ayant trouvé, parmi ceux qui étaient attachés au roi , des personnes deson opinion et disposées à te seconder, il donna secrètement ordre à l'armée de Péluse de venir dans Alexandrie; et il doiina le commandement au même Achillas dont on a parlé. Après s'être assuré de son dévouement par des promesses qu'il lui fit au nom du roi et au sien, il lui dépêcha des leures et des courriers pour l'instruire de son dessein. Le testament de Ptolémée le père avait nommé comme héritiers de la couronne l'alné de ses deux fils et Talnée de ses deux filles; il y conjurait le peuple romain au nom de tous les dieux , et en considération de l'alliance qu'il avait faite avec lui , de te faire observer religieusement. Il en avait envoyé par ses ambassadeurs une copie à Rome pour être déposée dans le trésor public ; comme on n'avait pu le faire ft cause des troubles civils , on l'avait remise entre les mains de

Pompée. Une autre copie était restée à Alexandrie ; et c'était celle que l'on produisait.

109. Tandis que l'on agiuit cette afbire devant César, qui désirait vivement pduvoir la terminer à l'amiable et à la satisfaction des deux parties, on vint lui dire que l'armée du roi et toute sa cavalerie étaient sur le point d'arri* ver. H n'avait pas assez de troupes pour se mettre en campagne, en cas qu'il fallût en venir aux mains; c'est pourquoi il prit le parti de fortifier le poste qu'il occupait dans la ville, jusqu'à ce qu'il sût quelle était Tintention d'Achillas : en attendant, il fit prendre les armes à tous ses soldats, et engagea la roi à députer quelques-uns de ses ministres les plus accrédités vers ce gênérai , pour lui faire savoir sa volonté. Ce prince lui envoya Dioscoride et Sérapion, qui avaient tous deux été am« baÂsadeurs à Rome, et en grand crédit auprès de Ptolémée le père. Ils vinrent donc trouver Achillas , qui , dès qu'ils parurent devant lui , sans les entendra ni prendre connaissance du sujet de leur mission , les fit saisir et massacrer à ses yeux. L'un des deux, blessé grièvement, fut enlevé pour mort par les siens; l'autre périt sur la place. Alora^ César se rendit maître de la personne du roi , persuadé que son nom devait être d'un grand poids auprès de ses sujets, et pour faire voir que cette guerre était plutôt entreprise par des malfaiteurs et quelques agcns particuliers de troubles, que par Tordre du prince.

iiO. Achillas avait avec lui des troupes qui ne paraissaient méprisables ni pour leur nombre, ni pour leur valeur, ni pour leur expérience dans l'art militaire; car elles composaient vingt mille hommes, tous soldats de l'armée de Gabinius : accoutumés à In vie licencieuse d*A!exandrie, ils avaient oublié le nom

ec h discipline du peuple romain ^ s'é*' taient mariés, et la plupart avaient des enfans. Ils s'étaient grossis d'un rainas de brigands et de voleurs syriens , de la Giiicie et des contrées voisines» sans compter une foule de bannis et de criminels condamnés à mort : nos escla* tes fugilife trouvaient dans Alexandrie une ïeiraite assurée , et pouvaiait y mener tel genre de vie qu'il leur plaisait» dès qu'ils étaient prot^és de l'honorable nom de soldais. Leurs maîtres voulaient-ils en faire arrêter quelqu'un, leurs camarades ne manquaient pas de l'arracher de leurs mains» parce qu'ils legardaient le ob&iiment de leurs complices comme un danger qui les touchait eux-mêmes » étant tous dans le même cas. Demander la mort des ministres qui leur déplaisaient» s'emparer du bien des riches pour augmenter leur paie» assiéger le palais des rois» déposséder les uns du trône» et en établir d'autres » tels étaient les anciens abus qu'exerçait l'armée d'Alexandrie. On y comptait en outre deux mille cavaliers irieillis dans les guerres fréquentes d'Alexandrie: ils avaient remis sur le trône Ptolémée le père » massacré les deux fils de Bibulus» et combattu les Égyptiens: telle était l'expérience qu'ils avaient dans l'art militaire.

111. Plein de confiance en eux» et méprisant le petit nombre des troupes de César » AchlUas s'empare de la ville» à l'exception du quartier que celui-ci occupait; il essaie même d'abord de le forcer; mais César» ayant distribué ses cohortes dans les avenues , soutint vigoureusement son attaque. Dans le même temps » on se battit aussi au port; ce qui rendit l'action très-vive et fort meurtrière : car tandis que nos troupes divisées combattaient dans plusieurs rues de la ville» les ennemis faisaient tous leurs efforts pour se rendre tnstl-

tres des galères. Elles monuient aa nombre de cinquante; on les avait envoyées au secours de Pompée » et apfèi la bataille de Pharsale» elles étaient nfournées dans leurs ports. Toutes à Inii et à cinq rangs de rames» elles poGBèdaienl les objets nécessaires à la navigation. Il y en avait de plus vingt-deux autres qu'on laissait habiiuellemenl dans Alexandrie pour la garde du port : elles étaient toutes équipées. S*ils avaient pu réussir à s'en emparer, après avoir ainsi privé César de sa Ooite, ils eussent été les maîtres du port et de la mer» et lui auraient ôté tout moyen de recevoir des vivres et du secours. Ainsi rengagemenl fut aussi sérieux qu*il devait l'être : César y voyait une prompte victoire» et les ennemis en faisaient dépendre leur salut.

Mais le premier eut l'avantage, et brûla tous ces vaisseaux » ainsi que ceux qui se trouvaient dans les arsenaux» parce qu'il ne pouvait garder tant de terrain et tant de navires avec le peu de monde qu'il avait ; et sur-le-champ il alla faire une descente au Phare.

112. Ce Phare est une tour fort haute » d'un travaH admirable d'architecture » bâtie dans une ile dont elle porte le nom; cette ile» située en face d'Alexandrie I forme le port. Avec les terres des montagnes voisines on a construit dans la mer une digue de neuf cents pas de long» établissant un chemin étroit et qui joint par un pont l'ile à la ville. Dans cette ile plusieurs habitations d'Égyptiens y composent un bourg aussi grand qu'une ville ; eC lorsqu'un vaisseau quelconque s'écarte, de sa route par imprudence ou par la violence du vent » les habiians ne manquent pas de le piller comme feraient des corsaires. L'entrée du port est si étroite» qu'aucun bâtiment n'y peut aborder malgré ceux qui sont maîtres

inJERES CHILI

do Phare. Cémr,qai cnîgnait que Ten- Demi ne s'en empaiftl, le préfint peu* dam qu'il éudl occupé sur ue aiMie poÎDC» y détarqoa MB trcNipcs^ s\en4aaiait et y plaça garniaoïi, œ qui le mileo élai de recevoir tûremeDl par mer des ^Yves et du secouisi auMf eiif0f»4-l Yen toutes les couirées du voisinage pour s'en procurer. Dans les autres quartien de h ville, on sç batlit sans avantage de part et d'autre, et saâs que personne fût chassé de son poste»

parce que l'action avait lieu sur un lerimin étroit; chacun même y perdit peu iteKMpélespQiMs hsflifsrtiler paan -dant la riaii. Obus paMie de la vilts u« A m tnmmik tenfenMût une peike fàniem éa palais, lieu de sa idsidswff à aaà iMidiéa. Bile éuài loînle à w «MltMiqui sertMl de ciladUle,etd'e« riMiaHaîl au ^BDitct i ratsenaU 11 en

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