‹ Bibliotheque militaireChapitre 62 sur 614 · ST · texte numérisé non relu

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cber à nous effrayer par leur muhimde, leurs cris, el la flamme. Entre les deux flolles se trouvaient des bancs de sable qui forment un passage étroit» ei que les naturels du pa]^ disent appartenir à TAfrique avec la moitié de la ville d'Alexandrie ; chacun auendit assez long-temps avant de s'engager dans ce défilé. Celui qui le premier Toccaperait devait éprouver^de rembarras à y déployer sa flotte , et à effecloer sa retraite en cas de revers*

i5« Les galères de Rhodes avaient pour commandanl Euphranor, officier plus comparable aux Romains qu'aux Gireis en grandeur d'âme et en courage. Sa valeur et son expérience consommée Tavaient lait meure par les Rbodiens à la i£le de leur flotte. S'aperoevaiu de rinoertitude de notre général : « César, lai dit-il , vous me paraisses balancer à vous embarquer le premier dans ces passages» dans la crainte d'^re forcé de combature avant d'avoir pu étendre le reste de votre flotte : laisses-nous ce soin, nous soutiendrons l'atuque jusqu'à ce que les autres soient passés; nous ne tromperons point votre attente.

C'est une honleet un aflront pour nous que ces hommes osent tenir plus longtemps en notre présence.» César, l'encourageant et le comblant d'éloges, donne le signal du combat. Alors Eupbranor s'avance avec quatre de ses ga* 1ères; les Alexandrins les entourent et Jea attaquent : elles soutiennent le choc; el par leur adresse et leur science dans la marine, elles se dégagent, et manœu- Yfent si habilement, que bien qu'inégales en nombre, elles n'exposent jamais le c6lé, ne perdent Jamais leurs rames , et présentent toujours la proue à rennemi. Cependant elles sont suivies du reste de la flotte : alors l'espace étant trop étroit pour s'étendre, il fallut né* renoncer à l'art , et tout le

succès du combat dépendit de la loleur. li n'y eut alors ni citoyen d'Alexandrie» ni soldats de nos troupes, qui n'abandonnassent Tatlaque et les travaux pour monter sur to toits et sur les lieux les plus élevés, d'où ils pouvaient dé« couvrir la mêlée , cliaeun adressant des vœux et des prières aux dieux immortels , afin d'en obtenir la victoire pour son parti.

16. Au reste , le succès du combat n'était pas égal. Battus» nous n'avions de retraite ni sur terre ni sur mer, et le triomphe même ne nous assurait en»

core de rien : vainqueurs , les ennemis devenaient maitces de tout ; en stiocombant , ils pouvaient encore tenter la fortune. Quoi d'ailleurs de plus séi'ieux el de plus affligeant que de voir le salut commun dépendre d'une poignée d'hommes , dont aucun ne pouvait se relâcher ni perdre courage, sans laisser exposé au pouvoir de l'ennemi tout le reste des troupes, qui n'avaient pas même la faculté de tirer le glaive pour leur défense! C'est ceqtie César avait souvent représenté aux siens les jours précédons, pour les exciter à faire des eflbris d'autant plus extiaor* dinaires, qu'ils voyaient entre leurs mains le salut de tous*^ Chacun avait tenu le môme lainage à son camarade, à son ami , à ses connaissances lors de leur départ, les conjurant de ne point tromper la bonne opinion que l'on avait etie d'eux , en les choisissant pour déiendre leurs intérêts communs. Aussi se comportèrent -ils si vailianmienl, que ni l'art et l'adresse des ennemis accoutumés à la mer et à la navigation , ni le nombre de leurs vaisseaux fort supérieur i celui des nôtres, ne leur servirent de rien » et que leurs soldats choisis pour leur valeur parmi un si grand nombre d'autres ne purent égaler le courage des troupes de César. On leur

2St niRTius

prit oiie galets à cinq rangs et une à deax rangf), atec tous les oombattans et les tnatelcHs qui les montaient, et croîs furent coulées à fond » sans aucune perte de noire part. Les autres \aisseaux «^enfuirent i^rs la ville; et de la digue et des maisons, on le déiendît si bien ^'ii ne nous fut pas possible d'en approeber.

17. Voulant empêcher que de pareils obstacles ne se renouvelassent souiFent , César crut devoir mettre tout en œuvre pour se rendre maître de TMe et de la jetée qui la joignait; et comme •es fortifications étaient presque achevées» il s'imagina qu'il serait en état d'teiaquer l'Ile et la ville en même temps. Cette i^soluiion prise, il mit sur des barques et des chaloupes dix cohorlos, l'éUie de son inbnterie l^ère, et œux des cavaliers gaulois qu'il jugea les plus propres A l'exécution de son desstin ; et les envoya contre Tfle» tandis que pour dire diversion , il comvmençt l'attaque d'un autre c6té par ses galères /promettant de grandes récompenses à celui qui le premier s'en saisirait. Les habiiaus eoutini^^t d'abord nos efforts avec beaucoup de courage :

car ils cevnbattaient en môme temps du toit de leurs maisons et sur le rivage , dont les nôtres n'approchaient que difficilemeni, la G6te étant rude et escarpée; sans compter que les Alexandrins avaient cinq galères el plusieurs chaloupes f dont ils se servaient avec beaucoup d'adresse et d'activité pour détendre l'entrée qui était étroite. Mais, lorsque après avok recoimu les lieux et sondé les gués» quelques^ns de nos loldals eurent gagné le rivage, suivis par d'autres, et que tous ensemble fuvent parvenus à charger conrogeusement 'een des ennemis qui défendaient la tôte, la déroute devenant aussitôt géné- >rale, ik abandonnèreDt ia garde du

port y vinrent échouer sur le rivage et contre les murs du bourg, et sortirent de leurs vaisseaux pour préserver leurs maisons.

48. Mais ils ne purent tenir longtemps dans leurs retranchemens , bien que, toute proportion gardée , leurs habitations Tussent construites i peu près comme celles d'Alexandrie; que leurs hautes tours qui se touchaient pussent leur tenir lieu de rempart ; et que les Romains n'eussent ni échelles , ni mantelets, ni rien de tout ce qui était nécessaire pour un assaut. Mais la peur ôte les forces et le jugement ; ce qui alors eut lieu : car ces mêmes hommes qui , dans un terrain ^1 et uni , avaient eu l'assurance de se mesurer avec nous, consternés de la fuite des leurs et de la mort de quelqaes'-uns , n'osèrent nous attendre dans des maisons hautes de trente pieds; et du haut de la digue ils se précipitèrent dams la mer» et gagnèrent à la nage la ville qui était Soignée de là de huit cents pas. Cependant, nous en tu&mes un grand nombre , et nous en fîmes six cents prisonniers.

49. César, après avoir livré le butin aux siens» abandonne les maisons au pillage, fait fortifier le château construit près du pont le plus voisin du Phare, que l'ennemi avait évacué en fuyant , et y met garnison. Il s'en trouvait un autre beaucoup plus forint pins proche de la ville; les Alexandrins le défendaient; mais César, fidèle au même plan, l'attaque le lendemain, persuadé que maître de ces deux postes , il anCterait les courses des ennemis et empêcherait leurs brigandages. Béjk des navires, il avait chassé à coups de traits et de dards lancés de ses machines ceux qui le gardaient , les contraignant de se replier sur la ville, après avoir débar^ que à peu près trois cohortes» le lieu se

tcoovftiu tfop teok pour en oonlenir un plus gimnd nonb»; te reste de ses tciMpes éuh étum se» inîimax pmr les soutenir. U fit ensuiio foitifiar le pom da côlè de l'entteait, et ordonna do MRplir et d'ohnmer avec des pienes raacbe du pont aeimintrdo passage aox wisseaux. Ce dernier ouvxage fini , auc«ne chaieniie ne pontaii sortir du patl; à i'é^fd du premier, i peine TentHMi eommencé, qne toutes les trou* pea ennemies soriksnt m foule de b nMe^ecrâiBSDt se ranger en bataille

ciiEasE d'albanorie. M^

s'empressent de faire toile» ponr ne pas tomber su pouvoir des entremis. Not trois cohortes postées à la tête de la digue et sur le pont, surprises de celts alanne, entendant derrière elles de grands cris, voyant la fuite des nôtres^ et percées d'ailleurs d*une grêle de traits , craignirent d*ètre enveloppées^ et de ne pouvoir battre en letnate si nos vaisseaux s'éloignaient : elles abandonnent donc Tonvrage qu'elles avaient commencé à la tête du pont , et courent de toutes leurs forces vers notre flotte.

dans une gcande-place située à la lète daa fartifications du pont : en ménse tenapa ks navires qu'ils avaient soutufloe de faire sortir par les deux ponts ponr meltn le Cm à nos b&timens de cfanapa , tronvnnt ces pasages fermés, sWrètèrent au pied de la digue. Ainsi lan D6lrea combattaient du haut de ce pont» et de la d^[ue, et l'ennemi de la plane qui était en tête du mènse pont, et de aes vaisseaux plaoés au pied de ladigneu

90. Tandis que César, attentif à ces ctflsonslanoesy.eiboctait les siens, un grand nombre de rainenrs et de mate* lois sortifem de nos vaisseaux et se jeièicm sur la digne, les uns par cnrio* site, ksattties par le désir qu'ils avaient de prendre part an combat. D'abord ils obûgèrent les vaisseanx emaemis à coups depîerres et de fronde à s'éloigner de la difoo : leurs traits paraissaient môme produira beaucoup d'eOiM ; mais, pris bianlôt en flanc par quelques Alexandrins qui avaient osé se hasarder hors de. leiKS vaisseaux, ils regagnèrent pinaKpieinenl les leurs d'o& ils s'éunenl paéctpités en tumulte et sans aucun ordfo. Bncottcsgés par leur fuite, ceux dTAIoandcie. s'élancent tous de leurs vaisaoniix et les pressent plus vivement . Bn môme temps les solda» restés sur nas. galères jeiirent Us échelles, et

Les uns, gagnant les plus proches vais-' seaux, s'y jettent en si grand nombre* qu'ils les font couler bas; les antres, te-^ nant ferme dam l'incertitude du jMirti qu'ils devaient prendre, sont taillés en pièces : quelques-uns plus beitreinr, ayant atteint les vaisseaux qui étaient à l'ancre, se jetèrent dedans et prirenr la fuite : d'autres, en petit nombre, résolus de tout risquer pour éviter le pé^ ril , joignirent à la nage les vaisseanx voisins, en se soulevant sur knrs boucliers.

21 . César, feisant tous ses efforts par ses exhortations pour engager les troiH pes i résister sUr le pont et au reiran-' chementy cciurut le même péril; mais»

lorsqu'il' vit la déroute générale, il se retira sur sn galère , où il fut suivi d'an si grand nombre defuyards, qu'il étail impossible de manoeuvrer, et de l'é»

loigner de terre ; en sorteque, prévoyans œ qui arriva , il se jeta dans la mer, et atteignit à la nage les galères pinn éloignées. De là, il envoyii des cbalo»« pes va secours des sims, et en saavii quelques-uns. A l'égard de sa galère»

l'excès de sa charge la fit couler à fond» avec tous ceux qui la montaient. Noun perdîmes en cette journée environ qua«»

tre cents soldats l^ionnaires , et un pes ptas de rameurs et de matelots. Genn d* Alexandrie jf>u|èrtsnt aussitôt êpm

â40 UiRTiÛS.

plusieurs nouveaux ouvrages au Tort, qu'ils garnireut d'une foule de machines; ei , débarrassant Tarche des pierres dont nous l'avions obstruée , ils en rendhreni le passage libre comme précédemment.

22. Loin de se laisser décourager par eetie disgrâce , les nôtres n'en furent que plus ardens et plus animés , repoussant avec plus de vivacité que jamais les Alexandrins , toutes les fois qu'ils voulaient faire quelque sortie»

s'emparant de leurs fortifications» et les fatiguant par de continuelles attaqua. ... (Le texte estégalementaUéré doiu cepauasfe.)Telétail le zèle avec lequel ils s'exposaient aux plus grands liavaux , et le désir dont ils brûlaient d'en venir aux nmins » que César n'aurait jamais pensé à vouloir tant exiger d'eux lorsqu'il leur adressa un discours après cet échec > et que » bien loin d'être obligé de les exciter au combat, il fallait les retenir , pour les empêcher d'affronter les plus grands périls.

23. Voyant que la prospérité soutenait le courage des Romains, et que les revers ne faisaient que redoubler leur constance» les Alexandrins crurent qu'ils ne pourraient jamais combattre avec plus de fermeté que dans ces deux occasions; ainsi agissant, comme nous pouvons le conjecturer» ou par le conseil des ministres du roi qui étaient auprès de César» ou avec l'autorisation de leurs princes, auxquels ils avaient communiqué leurs projets par de secrets messagers, ils députèrent vers César»

fe priant de remettre le roi en liberté» et de le rendre à ses siiyets; ils lui représentèrent que toute la nation » lasse éa gouvernement d'une fille qui ne jouissait que d'un pouvoir précaire , et de la domination tyrannique de Ganianède, était prête à iaire tout ce que lui ordonnerait son prince^ et que s'il

leur conseillait de se soumettre à Géfiar, la crainte d aucun péril ne serait capable de les empêcher de suivre ce parti. 24. Quoique César connût celte nation pour fausse et perfide, disant tou* jours le contraire de ce qu'elle pensait, il crut néanmoins à propos de leur accorder ce qu'elle désirait, dans l'idée que si les Alexandrins agissaient de bonne foi» le monarque» après son départ» les contiendrait dans la fidélité qu'il souhaitait d'eux» et que, dans le cas contraire, s'ils ne demandaient leur souverain que pour le mettre à leur tèie dans cette guerre» il y aurait pour lui plus de gloire et d'horuiear d'avoir aObireà un roi qu'à un ramae de fugitifs et de mercenaires. Ainsi après avoir exhorté Ptolémée a ménager les intérêts d'un tr6ne que lui avait laissé son père» à veiller au saltu d'un, royaume si célèbre, devenu la proie des incendies et des ravages» à ramo-.

ner d'abord les esprits de ses sujets à la raison, ensuite à les maintenir dansde telssentimens, enfin à rester tou« jours fidèle au peuple romain » et à luimôme, qui voulait bien lui donner la plus grande marque de confiance qu'il pût en attendre» puisqu'il l'envoyait pour chef à ses ennemis; tenant la main du jeune roi déjà grand » il prit congé de lui. De son côté» ce prince dissimulé et savant dans l'art de feindre »

pour ne point dégénérer du caractère de sa nation , conjura César» en pleurant» de ne pas le renvoyer, lui protestant que sa présence lui était plus douce que le trône. César» ému et tou*. cfaé lui-même» apaisa les larmes de ee jeune roi» l'assura que s'il persistait dans ces dispositions bienveillantes « ils seiaient bientôt réunis» et le rendit à ses sujets. Mais tel qu'une bêle faruu^ che échappée de ses liens» à peine fut^^l hors de sa vue> qu'il lui déclara la

CbEHIiB b AUBAHORIK.

guerre la plut mortelle; en sorte que Ton ne ponirait douter que les pleurs qu'il avait répandus dans ce dernier entretien ne fussent réellement des larmes de joie. Phisieuis des généraux de César, de ses amis , de ses centurions et de ses soldats s'applaudissaient de voir que par sa trop grande douceur il eût été la dupe d'un enfant; comme si f dans cette occasion » il avait uniqueméat agi par pure bonté» et que la pl« fine politique ne lui eût pas servi de guide.

X^. Quand les Alexandrins virent qae, bien qu'ils se fussent donné un cbef , ils n'en étalent ni devenus plus forts» ni les Romains moins ardens; qoe les troupes méprisaient l'enfance et la faiblesse de leur prince; et qtie leurs affikires n'en prospéraient pas davantage» ils en conçurent une profonde amertume» d'autant plus que le bruit courait qu'il arrivait par terre à César de grands secours » tant de la Syrie que de h Gilicie ; ce dont lui-même n'était pas encore instruit. En attendant, ib formèrent le dessein d'enlever les couvon qui nous venaient par mer. Dans ostte intention » ils firent partir leurs galères» et mirent plusieurs vaisseaux Mgersen embuscade vers Ganope dans les endroits qu'ils jugèrent convenables, pour chercher à surprendre ceux qui nous apportaient des vivres. César»

en ayant eu avis» fait aussitôt appareiller sa flotte sous la conduite de Tibérios Néron. Elle fut accompagnée des navires de Ehodes» que commandait Enphranor» sans lequel il ne s'était donné jusque -Ik aucune bataille na»

nie, et toutes avaient eu un heureux SQCoès. Mais la fortune» qui réserve ordinairement les plus grandes disgrftees iceux qu'elle a le plus favorisés» avait changé pour Euphranor» et lui était devenue contraire : car lorsque noua

fûmes arrivés k Canope» et que les deux flottes eurent engagé l'action»

Euphranor qui» selon sa coutume»

avait commencé l'attaque» ayant perce et coulé k fond une galère ennemie à trois rangs, en poursuivit un peu trop loin une autre qui était proche; mais»

comme il ne fut pas promptement soutenu par le reste de la flotte» les ennemis l'enveloppèrent : personne ne vint k son secours , soit que l'on eût trop de confiance en son courage et en son bonheur» soit que chacun craignit pour lui-méBie. Ainsi seul il se distilla dans cette mêlée; mais il périt aussi seul avec sa galère victorieuse.

36. A la même époque, Mithridaté de Pergame» un des personnages les plus considérables de son pays» d'un courage rare et d'une expérience consommée dans la guerre» digne, par sa fidélité» de l'estime et l'anutié de César qui» dès le commencement de la campagne d'Alexandrie, l'avait envoyé en Syrie et en Cilicie afin de lui en amener des secours; Mithridaté arriva par terre avec des troupes nombreuses»

que sa diligence et l'afleciion des peu* pies de ces deux provinces lui avaient fait assembler en peu de temps. Il les conduisit d'abord à Péluse» ville qui joint TÉgypte k la Syrie. Achillas» con* naissant l'avantage de cette place» j avait mis une forte garnison : car on ne peut entrer en Egypte, du côté de la mer» que par le Phare , et du côté de la terre» que par Péluse ; de sorte que ces deux postes sont comme les deux cle6 de ce royaume. Mithridaté» étant donc arrivé devant cette ville, la fit de suite investir et attaquer ; et malgré la vigoureuse résistance des assiégés, profitant du grand nombre de ses troupes»

ayant soin d'en envoyer sans cesse de firatches pour relever celles qui étaient fatiguées et blessées, i force de perse*

%A% UMITIUS.

Térapce e( de fermelé, il emporla la place le premier jour du siégfi, ei y mit garnison. Après cet heureux suc* cès^ il marcha vers Alexandrie pour joindre César; et accompagné di^ns sa ^oute de l'ascendant que donne près* ^ue toujours la victoire, il pacifia touffes les provinces sur son passage « et les attira au parti de notre général.

27. A une Légère distance d'Alexan* drie est un canton des plus célèbres de r%ypte. appelé le Delta, nom qu'il a pris de sa ressemblance avec la lettre grecque qui le porte; car le Nil, se par* tageant en deux bras , laisse entre eux un espace qui s'accroît peu à peu ; et f^es bnis/vont se rendre à )a mer en deux endroits très«éloigoés Tun de l'autre. Ayant appris que Hithridate approchait du Ihslta , et sachaot qu'il avait le fleuve à passer , Ptolémée y envoie un gros corps de troupesi qu'il croyait ca* pabl^ de le 4érairQ et de le tailler en pièces, ou du moins de i'arrftter. Ibis mallgi^ son vif désir de le vaincre, il lui suffisait d'empêcher sa joDcltoo avec César. Les premières troupes qui purent traverser Iç Oeuve et veaif à la rencontre de JUithridate s^ basèrent de l'attaquer, afin d'ôter à celles qiii les suivaient rhooaeur de s'associer ^ leur triomphe. Uithridale, qui avait eu la aage précautipn de se retiancl^ fiE^p notre méthode » les f^çm coiics^eu^^ meut : ensuite les voyait approcher en désordrç et sans préo^uxioo de ses lignes, il fit dç tout^ yarts une sortie contr/e elles, et en tua un gtiuwf pombre. Si la conivûssaace df$ liavx» ou les vaisseaux sur lesqiAek ils ai^iâmt £ranchi le fleuve n'eussent fpif à <3^^ vert les autres, p6is un n'eftt écMppé. Cependant, après s'être însensibieiofipt remis de leur frayeur, les Alexandrins se joignent à ceux qui les suivai^nl^ et reviennent assaillir Mitbddate.

28. Celui-ci envoie prérvfinir César de ce qui s'était passé ; et de son tMé le roi en fut instruit par les siens. Ainsi tous deux partirent presqu'en même temps, le prince pour accabler Hitfari* date 9 César pour le joindre. Piolémte abrégea sa marche en s'embarquant sur le Nil » où il avait toute prête une flollp formidable. César ne voulut pas suivie la même route» de peur d'èure oblige de ootribattra sur le fleuve; mais , prer nant |in détour par mer le long de ceum côte qu'on dit faire partie de l'Afriquie, comqQe nous l'avons remarcpié plus haut, il parut en présence des troupea royales, avant même qu'elles eqasexii pu attaquer llithridate, et se joignit k ce chef sans o^suyer la moindre perto« Le roi avait établi son camp sur une hauteur naturellemeiu fortifiée, qui ^Or minait toute la plaine d'alentour. &\^ ét^it couverte de trois c4lés par diQ&r rentes sortes de fortifications ; l'un s'apr puyait sur le Nil ; Tauire occupait toui^ la hauteur, et formait la plus gcsindo p^irtie du eamp; um marsJs protégeail le troisième.

d9. Entre 4e camp et le chemin que tensiit César, coulait un petit fleuve doi4 les rives étaient fort élevées, et qui se déchargeait dans le Nil; cette rivière s'élpignait de denx lieues environ df camp de Ptolémée. Ce prince, ayant appris que César venait par là, y euToi^ toute sa cavalerie ^ son infante ie d'éliie , pour nous en interdire le passage et nous attaquer avac sucpès d'un borfl à l'autre; situation qui ne donnait poipt d'exfBrcice au courage, et où ^ U^heié ne courait aucun risque. JHç»

soldais , tant cavaliers que fantassins, souffraient impatiemment que les Alexandrins osassent tenir si loiq[-teaips contre e»x« Alors la cavalerie allemande ^'étant dispersée pour cbecchtf quelque i;ué., M irouvMit ie$ endmto où }»

bords étaient moins escarpés , traverse la rivière : en môme temps les légionpaires, ayant abattu et jeté sur le (leuve de grands arbres qui touchaient aux deux bords y les couvrirent du premier gazon qu'ils trouvèrent» ce qui facilita leur passage; les ennemis craignirent si fort leur attaque, qu'ils cherchèrent leur salut dans la fuite. Mais c'était en vain : car peu des fuyards purent gagner le camp du roi , et le plus grand nombre fut passé au fil de l'épée.

oO. Après un tel exploit » César^ ne doutant point que son arrivée imprévue ne répandu la terreur parmi les Alexandrins, marcha du même pas au camp du prince. Mais le voyant bien fortiCé, dans un poste avantageux, et défendu par de nombreuses troupes qui en bordaient les retrancnemens , il ne voulut pas exposer à cette attaque ses troupes fatiguées de la marche et du combat : il campa donc à peu de distance des ennemis. Le lendemain, il fit assaillir par toute son armée un fort construit dans un village voisin du poste royal , d'où les ennemis avaient tiré une ligne de communication avec ce fort, afin d'être les maîtres de ce village ; il l'emporta d'assaut. Ce n'est pas qu*tl ne crût pouvoir s'emparer de cette forteresse avec bien moins de monde; mais son dessein était , après avoir effrayé les Alexandrins par ce succès, de marcher de suite aux retranchemens du monarque. En effet, les nôtres poursuivant les Alexandrins, qui fuyaient du fort pour gagner le camp, y arrivent et l'attaquent d'abord de loin avec beaucoup de vivacité. Ils n'en pouvaient apj>rocher que de deux endroits : du côté de la plaine, accès que nous avons dit être facile, et par un médiocre espace situé entre le camp et le Nil. Les plus nombœuses et les meilleures troupes ennenûea défendaieiM la partie dont

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