‹ Bibliotheque militaireChapitre 63 sur 614 · GUERRE 1> ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

GUERRE 1> ALEXANDRIE

l'abord était aisé; et vers le Nil, les Alexandrins étaient à même de repousser les nôtres et de les couvrir de blessures, puisqu'ils les accablaient de front d'une grêle de traits, et des retranchemens, et du fleuve^ où ils avaient plu* sieure vaisseaux garnis de frondeurs et d'archers.

31 . Voyant que ses troubles ne pou« vaient se battre avec plus d'ardeur, et qu'elles faisaient néanmoins peu de progrès à cause du désavantage de la position ; s'éunt aperçu à la fois que le côté du camp ennemi, qui donnait sur le haut de la montagne, était vide de défenseurs, tant parce qu'il se garan?

tissait assez de lui-même que parce que les uns par curiosité, les autres par le désir d'en venir aux mains, l'afvaient abandonné pour se précipiter vers le tbé&tre du combat. César or«donne à quelqiies cohortes de iiadre de ce côté le tour des retxancbemws t ^ de se saisir de cette hauteur ; il met à leu^ tcte Carsulenus, brave officier, 009^ sommé d^ns l'art militaire. Ar^vés au poste, comme ils trouvèrent peu de résistance , et qu'au contraire leur a^ taque fut très- vive, les Alexandripa, effrayés et tremblans des cris qu'ils eth tendaient, et des blessure^ qu'ils recevaient sur tous les points , prirent la fuite de loutef part^ ; ce qui anima tellement pos troupes qu'elles forcèrent de tous côtés leur position : cepandi|i|t ceux qui avaient atfeipt l'éjaiinençp furent les premiers à pénétrer da^ le camp; et, tombant de là sur les^nne^ mis, ils en firent un grand oarnage.

L^ Alexandrins, pour fuir le péril, se jetèrent en foule du haut des remparts, du côté du fleuve. Les premiers ayant été étouffés dans les retrancben^ena, les autres trouvèrent plus facilemeni las moyens de se sauver. Il est certain que k toi lui-mêm^ prit la fuite, et qxn'il

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se réfugia sur un vaisseau , que la quantité de ceux qui le gagnèrent en nageant fit couler à fond» «le sorte qu'il y périt.

82. Après un si prompt ec si heureux succès, César, sur la confiance que lui donnait une telle victoire, se rendit par terre devant Alexandrie avec ses cavaliers, et y entra triomphant du côté où les ennemis avaient garnison. Il ne se trompa point dans son idée, qu'a près la nouvelle de l*issue de ce combat Jes ennemis ne penseraient plusà la guerre; et il recueillit en arrivant la récompense due à sa valeur et à sa grandeur d*&me; car tous les habttans d'Alexan* drie ayant mis bas les armes « abandonné leurs fortifications, pris des habits de supplians, et portant avec eux ce >qu'ils avaient de plus sacré , comme leur coutume était de le faire lorsqu'ils voulaient apaiser le juste courroux de leurs souverains, sortirent en foule au devant de lui , et se remirent à sa discrétion. Aprèâ leur avoir accordé sa protection , César les consola , et se rendit dans son quartier au travers d^ retranchemcns ennemis, accompagné des cris de joie de toutes ses troupes, qui le félicitaient non-seulement d*avoir terminé cette guerre, mais encore de l'avoir faite si heureusement.

38. Maître de l'Egypte et d'Alexandrie, César y étiiblit pour rois ceux que Ptolémée avait désignés par son tesUiment, auquel il conjura le peuple romain de ne rien changer. En eflel, l'atné des deux fils de ce prince étant mort, il donna la couronne au cadet , et k Cléôp&tre, sa sœur aînée, qui était toujours restée fidèle à César et n'avait point quitté son camp. A l'égard d'Arsinoé, la plus jeune, sous le nom de laquelle Ganimède avait exercé longtemps, comme nous l'avons dit, un pouvoir tyrannique, il jugf'a convenable

de la £aiire sortir du royaume, de peur qu'animée par quelques séditieux , elle n'y excitât de nouveaux troubles, avant que les princes qu'il avait élus eussent eu le temps d*aflerm!r leur autorité. Il prit avec lui la sixième l^ion toute composée de soldats vétérans, et laissa les autres en Egypte pour appuyer les nouveaux souverains, qui ne pouvaient ni être fort agréables à leurs sujets, parce qu'ils étaient toujours demeurés iidèlemetit attachés à C^r, ni avoir eu le loisir de consolider leur puissance, puisqu'ils n'étaient montés sur le trdne que depuis peu de jours, il crut en même temps qu'il était de rinlérét et de la dignité de la république d'être en état de les seconder s'ils persistaient dans letir attachement, et de les retenir dans le devoir par le moyen de ces mêmes troupes,s'ilsdevenaient ingrats.

Après avoir ainsi tout organisé. César prit par terre le chemin de la Syrie.

84. Tandis que ces événemens se passaient en Egypte, le roi Déjolarus vint trouver Domitius Calvlnus , à qui César avait donné le gouvernement ds l'Asie et des provinces voisines, pour le prier de ne pas permettre que Pharnace retint et ravage&t la petite Arménie, son royaume, et la Cappadooe qui était celui d'Ariobarzane; lui représentant que si on ne les mettait à couvert de ses hostilités , il leur serait impossible d'exécuter les ordres de César, et de fournir l'argent qu'ils lui avaient promis. Domitius, qui jugeait bien que, non-seulement il avait besoin d'argent pour les frais de la guerre, mais même qu'il serait honteux pour le peuple romain et pour César, qu'il serait désho* norant pour lui-même, que les éuils des rois amis et alliés de la république fussent usurpés par un prince étranger, envoya aussitôt des ambassadeurs à Pharnace, pour lui enjoindre de sortir

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inceBMinneai de rArménie ei de la Cappadooe » ei de ne poîni proûler des droonsUmoet de la guem civile» pour enireptendre de violer lei droits ei la majeslé du peuple romain. Persuadé que cet ordre anntl plus de poids» s*il approchait de ces pays a? ec son armée » H partit pour aller joindra ses légions^ enaneoant avec lui la trente-sixième»

et en envoya deux à César qui les avait demandées; mais Time des deux ne put se trouver à la guerre d*AJexandrie» parce qu'elle avait pris sa route par la Sfrie. A la tremo*sixième l^ion» Domitius en joignit deux de celles de Déjolanis» que, depuis plusieurs années»

y avait formées et instruites selon notre discipline ; il y ajouta cent chejraux , et en reçut autant d'Ariobaraoe. Il envoya P. Sextios au questeur G. Pléiorius, pour lui ordonner de loi amener la légion qu'il avait levée à la hftte dans le royaume de Pont; et» Quincius Patisios» en Cilicie» pour en faire venir des troupes auxiliaires. Toulesces forces se rendirent aussitôt à Gomane» où Domitius leur avait donné rendes-vous.

85* Au milieu de ces préperatifii» des ambassadeurs envoyés par Phamace vinrent Taveriir que ce prince avait abandonné la Gappadoce; qu'il n'avait retenu la petite Arménie qu'à titre d'héritage paternel ; qu'au reste» il demandait qu'on remit la décision entière de ce différend à César; qu'il était prêt à bire tout ce qu'il lui ordonnerait. Domitius comprit parfaitement que s'il avait évacué la Cappadooe, ce n'était que par nécessité» et non de plein gré; qu'il gardait l'Arménie» parce qu'étant voisine de ses états » il lui était plus facile de la défendre que l'autre qui se trouvait plus éloignée » et qu'il avait cru que Domitius marcherait contre lui avec ses trois légions; de sorte qu'ayant appris depuis» qu'on en avait envoyé

deux à César» il n'en devenait que plus déterminé à se maintenir dans la pos<* session de l'Annénie. Aussi Domitius continua d'exiger qu'il sortit également deœ royaume, puisqu'iLn'avait pas plus de droit sur l'un que sur l'autre > et il lui fit dire qu'il n'était pas juste de de» mander qu'on laissât les aflairea dans le même état jusqu'à l'arrivée de César ; puisque pour qu'elles fussent en leur entier» il (allait les rétablir comme elles étaient auparavant. Apràs lui avoir lait cette réponse» il se mit en marche pour l'Arménie avec les troupes que nous avons mentionnées plus haut » et dirigea sa nuirche par les liauteurs : car en par« tant du Pont» depuis Comane règne une haute montagne couverte de bois, qui s'étend jusqu'à la petite Arménie , et la sépare de la Cappadoce. Un avanie tage ceruiin de cette route» c'était de n'avoir point à craindre» de ces lieux élevés» que l'ennemi pût subitement fondre sur lui; et d'ailleurs la Cappa* doce» qui était au pied de ces montagnes» pouvait lui fournir des vivres en abondance.

36. Dans son trajet» Pharnace envoya plusieurs fois des députés à Do»

mitius pour traiter avec lui de paix, et lui offrir les présens accoutumés; mais Domitius les refusa toujours, disant que rien ne lui serait jamais plus sacré que de maintenir la majesté du peuple romain » et de rendre à ses alliés leurs éuts. Après une longue marche qu'il fit sans s'arrêter» il arriva proche de Nicopolis» ville de la petite Arménie»

située dans une plaine» mais défendue sur deux de ses côtés par de hautes montagnes qui en sont assez éloignées; il campa environ à deux lieues de ceue place. Comme» pour marcher de là contre Phamace » il lui fallait franchir des défilés étroits et embarrassés de bois , ce prince y plaça ses meilleurs

2W HIRTitS.

fantassins et presque (dnte sa cavalerie en embascade; et pour l*y attirer, il fit répandre dans ces gorges gfand nombre de bestiaux, toulant que ceux de la irîlle et des campagnes s'y rendissent à l'ordinaire , afin que si Domitius s'y engageait à titre d'ami , il n'eût aucun soupçon, en voyant ainsi les troupeaux paltrè et les hommes vaquer sans crainte à leurs occupations , comme si des alliés arrivaient. S'il entrait au contraire dans le pays avec des intentions hostiles» ses soldats se dispersant pour piller, leur désordre fournirait aisément les moyens de les tailler en pièces. 37. Ge|)endant, tandis qu'il lui dressait èes pièges, il ne cessait de députer Tersluiypourluifhiredesproposllionsde paik et d'alliance y croyant par là môme pouvoir le tromper plus aisément ; mais l'espoir d'une trêve fut cause que Domitius ne quitta point son camp. Ainsi Pharnace , voyant que l'occasion favorable d'exécuter son projet lui était échappée , fit rentrer les sieiis dans leurs retranchemens , parce qu'il craignait que son stratagème ne fût découvert.

Le lendemain , Domitius s'approcha de plus près de Nîcdpolîs , et vint camper devam celle place. Pendant que les nôtres travaillaient à se retrancher, Pharnace rangea son armée en bataille selon sa méthode, c'est-à-dire sur une seule ligne, avec trois corps de réserve aux deux ailes : il y en avait au centre un nombre égal ; et les deux intervalles qui séparent la droite et la gauche du centre étaient remplis par des troupes disposées sur peu de profondeur. Domitius acheva les fortifications du camp , et couvrit les ouvragfô d'une partie de ses soldats.

88.La nuit suivante, Pharnace, ayant înierceplé des courriers qui portaient à Domitius des nouvelles d'Alexandrie, apprit que César élail en grand péril ; qu'il priait son lieutenant de lui en-

voyée des seconrî le plus tôt qu'il hi serait possible, et de s'approcher luimême de cette ville par la route dé Syrie. Sur cette nouvelle, ce prince regarda comme un triomphe de pouvoir gagner dti temps, parce qu'il vopit bien que Domitius serait incessamment contraint de partit". Dans celte vue, il fit élever deux retranchemens de quatre pieds de hnuT, et assez peu éloignés 1 un de l'autre, pour défondre le passnge par lequel on pouvait le plus ai* sèment pénétrer ddus la ville et l'assnillh-, et il ne les poussa qu'atissi loin qu'il voulait étendre ses troupes : ensuite il tint toujours son infanterie rangée en bataille entre ces deux I/gnes , €t jeta au-delà sur ses ailes toute sa cavalerie, qui ne pouvait lui être d'aucun autre usage, et surpassait de beaucoup la nôtre.

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