Plus alarmé du péril qlie couî
rah César que du sien propre , Domitius ne fcrut pas d'ailleurs pouvoir partir avec sûreté, s'il acceptait les conditions qu'il avait rejetées , ou s'il se retirait sans qu'il parût en avofr quelque motif plausible. Il fil sortir ses troapes de son camp, et les rangea en bataille : il plaça la trente-sixième légîoh à l'aile droite, celle du Pont à l'aile gauche, et les deux de Déjotarus au centre, de sorte pourtant qu'elles ne présentaient qu'un front très-étroit; te reste de ses cohortes était destiné à servir de corps de réserve. Les deux armées ainsi disposées , elles marchêreitl l'une contre l'autre.
40. Le signal donné presqu'à h fois des deux côtés, on en vint aux mains avec beaucoup d'ardeur , maw le succès fut différent : car la trentesixième attaqua si heureusement la cavalerie du roi , qui était hoi-s de h I tranchée, qu'elle la rompU, poosja I jusqu'aux muts de la ville, franchit
OVBRM 0'ÂLfiUllDRlE.
te iosié , el prit rivCioierie en qucne. Mrât d'um MMraptrt, la légion dtt PMt ajfnnt im pcn plié , « la seeoade iignoqvl irini la aMlmir voulant faire le iiwr du retiMidieineM pour ptendre renMoii en flaiie, elle fat aocaUêe et peveée de traits en traversant le fossé. Quant ant l^ns de Défouirus» à peine purent -cUea résister au premier ehoe. Ainsi les troupes du roi , victorieuses à leur aile droite et au centre, tournèrent contre la trente- sixième légion , qui les reçut pourum avec courage; et quoique environnée par les fofosBettsessies, elle eut la présence d'esprit de faire front de tons c6tés ut parvint au pied des montagnes, ^ Pkamaee ne Jugea pas à propos 4» la poursuivre, à cause de la mau- ^«aise disposition du lieu, la l^on du Pont périt presque tout entiéie :
lea deux de Mjotarus perdirent la plus grande partie de leurs soldats; et la iiunte-sizièine, qui gagna les hauteurs, n'ont que deux cent cinquante hommes de tués : nous eûmes aussi à regretter dans ce oomhat quelques chevaliers romniiB de marque. Aptes sa défaite, Donaitius ramassa les débris de son armée» et se retira en Asie par les chemins les plus sûrs de la Gappadoce.
ai . £nflé de ce succès, et persuadé que les aflairss de César étaient en aussi mauvais éttt qu'il le désirait, Pharnaœ s'empara du Pont avec toutes ass forces. Lk» en roi vainqueur et cruel, se promettant d'avance tm sort plus heureux que celui de son père, il liétiuisit plusieurs villes , pilla les biens des citoyens romains et de ceux du pays, exerça des supplices plus cruels que la mort sur tous ceux que distitiguaieot leur Age et leur beauté. Par ce moyen , il se tendit maître du Potit qu'il avait trouvé sans dérense, se vanttUH d^avoit reeoutfé Théritage paternel.
A%4 Vers le même temps , on reçtK un échec en lllple, province qui, left mois précédons, airait été conservée, non^^ulement sans mauvais succès , mais encore d'une manière digne d'^ loge t car l'éiéd'auparavant, César y avak envoyé avec deux légions son questeur Gornlflcius en qualité de propréteur t bien que celte province peu abondante par elle-'méitie , et de plus ruinée par le voisinage de la guerre, fût peu capable d'entretenir une armée, cepen^ dant grâce à sa prudence, à sa vigilance extrême, et au soin qu'il eut de ne pas s'exposer aveuglément , ComiOeius la mit fc couvert, et la défendit de tout œ qu'on aurait pu entreprendre contre elle. H s'empara de plusieurs chftteonx , dont les maîtres se prévalaient de la position avantageuse peut puroourir et ravager la campagne; Il en abandonna le pillage ft ses soldats : et quoique le buiin qu'ils y flrent fût peu considérable, cependant, relativement au malheureux état du pays, H ne laissa pas de leur faire beaucoup de plaisir, surtout parce qu'il était h conquête de leur bravoure. Ensuite, après la journée de Pharsale, Octaviué, partisan de Pompée, s'était rendu dans ce golfe suivi d'une grosse flotte. CoN nificius avec quelques vaisseaux des laderiins, qui avaient toujours témoigné une affection singulière pour la république. Se rendit maître de plusieurs de ses galères qui s'étaient écartées; de sorte que les joignant aux vaisseaux de ses alliés, il put meiii^e en mer une armée navale prête h combattre. César de son côté, tandis qu'il poursuivait Pompée dans des pays fort éloignés de cette province , ayant appris que plusieurs de ses adversaires, après avoir rassemblé les débris de huti forces, s'éialefit retirés en Ulyrie, parce (}ue cette contrée étah l^oisine de Ai
HIRTlliS.
Macédoine; César, dis- je, mande à Gabinius de s'y rendre pfomptemeiit avec ses Irions nouvellement levées»
et de se joindre à Cîorniiicius » afin de pourvoir ensemble à la sûreté de celte province; il lui enjoignait, dans le cas où elle n'aurait pas eu besoin de tant de troupes pour sa défense , de les faire passer en Macédoine : car tant que Pompée vivrait , il croyait que ce pays serait toujours prêt à renouveler la guerre.
43. Gabinius arriva en lllyrie au milieu de l'hiver, et dans la plus mauvaise saison de Tannée, soit qu'il regardât cette contrée comme plus abon- ^ damment pourvue qu'elle ne Tétait , soit qu'il fût plein de conGance dans la fortune qui suivait les armes de César, ou qu'il comptât sur sa propre valeur et sur son habileté, qui Tavaient fait sortir heureusement des entreprises les plus grandes et les plus auciicieuses.
Hais il ne put tirer aucun secours des Illyriens, parce qu'ils étaient en partie épuisés, ou dans de mauvaises dispoallions : Thiver ne lui permettait pas en outre de tirer des vivres par mer.
La nécessité le força donc à combattre comme il put, et non comme il aurait voulu. Ainsi pressé par le besoin , il fui contraint d'assi^er par les temps les plus rudes quelques villes el quelques châteaux où il essuya toutes sortes d'incommodités; et ses revers le rendirent si méprisable aux yeux des Barbares, que comme il se retirait à Salone, ville maritime habitée par des citoyens romains très-braves et très-fidèles , ils osèrent l'attaquer dans sa route et le forcer i livrer bataiiile. Après avoir perdu dans cette action plus de deux mille soldats , trente-buit centurions, et quatre tribuns, il arriva enfin à Salone avec le reste de ses troupes, et s'y trouva si dénué de toul, qu'au
bout de quelques mois » il y mounn de maladie. I.^ malheurs qu'il éprouva sur la fin de ses jours, et sa mort aou* daine , firent concevoir à Ociaviaa de grandes espérances de ae repdre maître de cette province ; mais la fortune qm a tant de part aux événemens de la guerre, la vigilance de Cornificius et la valeur de Vaiinius , ne lui permirent pas long-te0»ps de jouir des idées de triomphe dont il se berçait.
44. Vatinius ayant appris à Brindes où il était alors, d'aprèa plusieurs lettres de Cornificius» qui Tapfieiait au secours de TIllyrie, ce qui avait eu lien dans cette contrée, et sachant du reste qu'Octavius s'étah allié avec les Barbares, et qu'en plusieurs endroits il avait attaqué nos garnisons, Vatinius, dis-je, aborda en lllyrie, moitié par mer avec sa flotte, moitié par terra avec le secours des Barbares. Bien qu'il fût languissant par suite d'une grande maladie, et qu'il pût à peine ae soutenir, son courage le mit au-dessus de son mal , et lui fit surmonter tous les obstacles que pouvait lui offrir la nécessité de Ëaire sur-le-champ ses préparatifs au cœur de Thiver. Gomme il avait peu de galères dans son port, il écrivit d'abord en Acbaîe • à Q. Calénus de lui envoyer une flotte; ensuite, voyant qu'elle tardait plus que ne pôu« vait le permettre le dangar que couraient les nôtres, qui ne pouvaient plus résister aux efforts d'Oclavius, il arma d'éperons les vaisseaux de charge qu'il possédait en assez grand nombre , lesquels d'ailleurs n'étaient pas de mesure à pouvoir servir dans une bauille; et il les joignit à ce qu'il avait de galères; par ce moyen ayant grossi sa lloite, il y embarqua des soldats vétérans de toutes les légions qui étaient restés malades à Brindesen assez grande quao* tiié, lorsque Tarmée passa en Grèce,
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