‹ Bibliotheque militaireChapitre 67 sur 614 · Le roi promit loui sans hésita · texte numérisé non relu

Le roi promit loui sans hésita

espérant que César» qui était pressé»

ferait plus de fond qu'il ne devait sur ses promesses , afin de partir plus promptement et d une manicre plus ho*-

Hiaiius.

norable, potyr une expédition d^uat tout autre importance; car peffSoaM n'ignorait que mille motib le rappe* laient à Rome. Phamace crut donc de* voir user de lenteur e il demanda ua délai plus long pour se retirer» il y mit des conditions; en un mot» il ne cher* cba qu'i éhider ses engageroens. César»

qui s'aperçut de ses ruses» fit aime psr nécessité ce que dana d'autres dicoa»

stances il faisait naiurellemeiM; il m décida donc à en venir anx mains beaa* eoup plus tôt qu'on ne s'y attendait.

73. Zella est une ville du Pont» aoui fonequ'elle peut l'être dans une plaine: car elle se trouve située sur une éminence naturelle qui paraît un ouvrage de l'art» et sert à %ù soutenir les mu* railles de tous côtés. Autour de oiiti place régnent un grand nombre dt hatartes collinesencreooupées de vaUens; et le plus élevée d'entre elles» qui se trouveoomme joimeà la villa au moyea des rouies pratiquées de Tune à l'aotre» est fameuse dans le pays par la vieiaife que Hitbridate y remporta sur Tciarius»

et par l'échu qu'y reçurent les iroufMS romaines. Elle n'est guère éjoîgnée da Zella que d'une b'eiie. Ge fut li fM Pharnace vint camper avec toutes M troupes» aprds avoir réparé lesouvttgW que son père avait fkit élever aiUeMl dansée posiequi luiavait étéui fiivorabte»

73. César établit son tamf à cing milles de lui ; et après avoir «SBoarfii que ees valions qui défendaient ies r^ trencbemens du roi protégeniî^ ^ mn dans le même intervalle» pou#v« que l'ennemi qui en était plus pr^oha ne e'en saisit pas le premier» il fit V^ 1er grand nombre de pieu): et de f*^ cines dans ses fortifications. Ce irewl promptement terminé» la nuit suivant^ vers les quatre heures du matin» 1^ sant tout son bagage ^ns le camp»

il part avec ses liions» arrive ^ Il

CUKHAfi DALIXÂNORIE.

pointe du jour» ci sans que rennemî en ait aucuu soupçon; il s'empare de œ même poêle où Milhridaie avait défait Triarius. Dès qu'il y fut, il y fit tnmaporler du camp ses pieux ei ses fascines par les valeis de Tarroée, afin que ses soldais qui se retranchaient ne quiitassent point leur ouvrage; car ce nouveau camp n'élail séparé de celui de Tennemi que par un vallon » qui n'avait pas plus d'un mille de laiitude. 74. Phamace, ayant aperçu dès Tau* rare ce qui venait d'avoir lieu» rangea touies ses troupes en bataille à la tête de son camp. Mais le chemin pour venir à nous était si difficile et si dangereux, que César crut d abord qu'il le faisait sans aucun dessein , d*aprùs une tacti« que assez commune dans la guerre , ou pour retarder nos travaux , et nous contraindre à tenir plus de monde sous les armes » ou enfin par pure ostentaiion de la grandeur de ses forces , et pour nous faire \oir qu'il étailégalement capable de se défendre en rase campagne» comme dans un poste fortifié. Ainsi » sans s'étonner , il lait poursuivre ses travaux par une partie de ses troupes » tandis que sa première ligne restait en bataille à la tête du retranchement. Hais Pharnace, soit qu'il fût animé par l'avantage du poste même qui avait procuré la viciûîre à son père; soit qu'il y fût facile par quelque motif de superstition» et qu'il crût devoir combattre sous d'heureux auspices» comme nous l'apprloies dans la suite; soit qu'il s'imagittftt qiiie nous étions en petit nombfe sous les armes, et que jugeant de ce qui se faisait alors parce qui se pratique ordinairement» il prit cette multitude de valets occupés à porter des fascines pour autant de soldats; soit aussi qu'il comptât sur son armée toute composée de vieilles troupes qui , comme ses ambassadeurs s*en étaient vantés »

après en être venues aux mains avec notre vingt-deuxième légion» avaient remporté la victoire sur elle ; enfin mé* prisant des hommes qu'il savait avoir battus» lorsqu'ils étaientcom mandés par Domitius» il se détermine à livrer bataille , et commence à descendre de sa montagne avec toutes ses forces. A cette vue. César ne put d'abord s'empêcher de rire de la sotte vanité de ce prince» dont les troupes se trouvaient entassées dans une position qu'un ennemi sensé n'eût jamais choisie. Cependant Pbarnace fit remonter le valloii aux siens du même pas dont ils^l'a* vaient descendu.

75. Alors César» surpris d'une témérité ou d'une confiance si* incroyable»

se voyant attaqué ù Timproviste» rappelle en même temps ses troupes du travail » leur fait prendre les armes et les range en bataille» tandis que ses légions se disposent à faire face à l'ennemi » ce qui causa » par suite du premier éionnemeni , quelque désordre parmi nous. Les nôtres n'étaient pas encore tout-à-f.iil dans leurs rangs»

lorsque assaillis par les chariots armés de faux de l'armée du roi» ils furent d'abord ébranlés; mais ils les accablèrent bientôt à coups de traits. L'ennemi suivit ses chars ; on en vint aux mains avec de grands cris. Nous ne fûmes point médiocrement secondés par l'a* vanlage de notre poste et la faveur des dieux immortels qui» présidant tuujours aux divers événemens de la guerre, prêtent leur secours surtout dans les oc^ casions que la prudence n'a pu prévoir.

76. Après un combat fort vif et fort opiniâtre, l'aile droite» où était la sixième légion composée de vétérans»

commença de décider la victoire ; elle culbuta les ennemis sur le penchant du coteau : à l'aide des dieux» et quoiqu'un peu plus tard » l'aile gauche et le

IIIRTIUS. — GLERAE d'IVI.EXANDRIE.

corps de balaillc renversèrent aussi toutes les troupes du roi, qui s'éiant engagées sans obstacle dans un mauvais pas , furent mises en désordre avec la même facilité , sans pouvoir se tirer de cette position fSlcheuse. Ainsi plusieurs d'entre eux ayant été ou passés au fil de l'épée y ou écrasés dans la descente par ceux qui les suivaient, les fuyards , après avoir abandonné leurs armes et traversé le vallon , ne furent plus en état > bien qu'ils eussent gagné la hauteur, de faire la moindre résistance.

Les nôtres» de leur côté, animés par le suceès , montent sans balancer après eux, et attaquent leurs retranchemens.

Gomme ils n'étaient défendus que par les cohortes que Pharnace y avait laissées , on les force et Ton s'empare bientôt du camp. Tout ce qui s'y trouva fut tué et pris; pour Pharnace, il s'enfuit, avec quelques cavaliers : et si le temps que l'attaque de son camp dut coûter à nos troupes ne lui eût pas donné la facilité de prendre la fuite , il tombait vivant au pouvoir de César.

77. Celui-ci , tant de fois vainqueur, ressentit une joie incroyable d'un tel succès , il s'applaudissait surtout d'avoir terminés! promptement une guerre trèsimportante ; et le souvenir du péril qu'il avait couru le charmait d'autant plus, que la difGcuIté même de vaincre lui avait facilité la victoire. Ayant ainsi recouvré le royaume de Pont, et abandonné à ses troupes les trésors du roi , il partit le lendemain avec sa cavalerie légère. 11 donna ordre à la sixième légion de se rendre en Italie, pour y recevoir les récompenses et les honneurs

qu'elle méritait; et rekiYOyant à Déjota* rus ses troupes , il laissa dans le Pont deux légions sous le commandement de Célius Vincianus.

78. Ensuite il traversa la Galatie et là Bilhynie , pour arriver en Asie , décidant les contestations dans toutes les provinces , et râlant les droits des tétrarques , des rois et des villes. Quant à Mithridate de Pergame, qui ( nous l'avons montré plus haut) l'avait secoura si heureusement et avec tant de promptitude en %ypte, comme il était d'ailleurs de race royale, et qu'il avait été nourri en roi par Mithridate , roi de toute l'Asie, lequel, à cause de son illustre naissance, après l'avoii^ tiré de Pergame encore tout jeune, et conduit à sa suite dans son camp , Ty avait gardé pendant plusieurs années. César l'établit roi du Bosphore qu'uvait usurpé Pharnace. Ce fut ainsi qu'il mit les provinces de l'empire à couvert des insultes des Barbares et des rois ennemis des Romains, en leur opposant pour barrière un prince très-affectionné à la république. Il lui donna de plus le titre detétrarque de Galatie, comme lui appartenant suivant les lois du pays et par le droit de sa naissance; quoique Déjotarus qui s*en était rendu maître le possédât depuis plusieurs années. Du reste, il ne s'arrêta nulle part plus long-temps que ne semblait le lui permettre la nécessité de réprimer les troubles domestiques^ Ainsi , après avoir terminé toutes les guerres avec non moins de bonheur que de célérité, il arriva en Italie plus tôt qu'on ne s'y attendait généralement.

MIRTItJS.

Génr passe «D Afrique. -^ S*cmpare de U >iHe de Lébéda; Il y donse rendei-vous à ses troupes, et y combat plusieurs fois contre Labiénus. — Sciplon joint ses troupes à celles de Pétréius et de Lahiénus. — César défait Il caralerie de Seipion. — Juba vient au secours de Seipion avec une armée. — \1ctoire de César à Thapse. -- Mort de Caton. — César se rend maître d'Utique et de plusieurs antres places. — Fin de la guerre d'Afrique.

Aa «Taot i. C 44 1 <l« aone 609.

i. Sans forcer sa marche ni 8'arr6* 1er en aucun lieu. César arrive à Lilybée le 19 décembre, et fait aussitôt ooDnatire Tempressement qu'il a de s'embarquer, bien qu'il n'eût alors qu'une légion de nouvelles levées, et à peine six cents chevaux. En effet, il fit dfesser sa tente si proche du rivage , que la mer venait presque la battre de ses flots : par là son intention était de piévenir tout retard; il voulait que l'on K tint tous les jours et à toute heure prêt à partir.. Le vent se trouvait alors contraire , et la saison peu propre à naviguer; ce qui ne l'empêchait pas de retenir les soldats et les matelots sur sa floue sans leur permettre d'en sortir, tfin de ne pas perdre l'occasion du départ, d'autant plus qu'on ne parhit dans le pays que des grandes forces de MS adversaires, lis possèdent, disaiton, une cavalerie innombrable, quatre légions du roi Juba, beaucoup de trou-

pes armées à la légère, dix liions de Seipion, cent vingt éléphans et plusieurs flottes nombreuses. Cependant rien ne le détournait de son dessein : sa valeur et sa confiance relevaient au* dessus de tout. En attendant, il voyait augmenter chaque jour le nombre de SCS galères et de ses vaisseaux dé transport; il lui vint aussi quelques légions de nouvelles recrues, avec la cinquième toute composée de vétérans, et jusqu'à deux mille chevaux.

2. Ayant ainsi rassemblé six légi(ms et deux mille hommes de cavalerie, il fit embarquer les légions sur les galères à mesure qu'elles arrivaient , et mit les cavaliers sur les vaisseaux de charge.

Ensuite faisant prendre les devans à la meilleure partie de sa flotte, il lui or* donna de se rendre à l'ile Aponkoia peu distante de Lilybée, où il resta encore plusieurs jours pour faire vendre à l'encan les biens de quelques particuliers; puis, après avoir donné ses instructions au préteur AUiénus, gouverneur de Sicile , lui recommandant de (aire incessamment embarquer le reste dea troupes, il mit à la voile le 27 de décembre, et eut bientôt atteint ses autres vaisseaux. Ayant le vent en poupe, et moDlé sur un bon voilier, il se trouva le quatrième jour avec quelques

IIIRTIUS.

galères a la vue de l'Afrique : quant à i de conférer avec Considius , pour voir ses vaisseaux de charge, écartés pour i si par quelque moyen il pourrait le la plupart, et dispersés par la violence i ramener à la raison. Ayant' donc obdu vent, ils avaient abordé en dtfférens t tenu l'agrément de César, il écrivit à

endroits. Il rasaClupée, Neapolis, et plusieurs villes et châteaux situés sur la côte.

5. En arrivant devant Adrumète, dont la garnison était sous les ordres de Considius, il vit paraître le long du rivage, du côté de Clupée, Cn. Pison avec la cavalerie de cette ville, et environ trois mille Maures. Après être resté quelque temps à l'ancre vers l'en* trée du port en attendant ses autres vaisseaux , il fait débarquer son armée, qui consistait alors en trois mille hommes de pied et cent cinquante chevaux, campe devant la ville, s'y retranche tans aucune opposition , et défend aux siens de s'écarter pour motif de pillage. Alors les babitans garnissent leurs mu* railles de soldats, et courent en foule se mettre en défense devant la porte : il y avait deux légions dans la place. César, en ayant fait le tour à cheval , rentra dans son camp après l'avoir reconnue. Quelques-uns lé blâmèrent et le taxèrent d'imprudence, de n'avoir pas assigné un rendez-vous Gxe aux officiers de ses troupes et à ses pilotes, ou de ne leur avoir pas donné, selon ce qu'il avait toujours pratiqué jusqu'alors, des ordres cachetés, afin que les ouvrant à certain moment , ils pussent tous se rendre au môme port. Ces réflexions ne lui avaient pas échappé; nuiis, comme il ne croyait point qu'il y eût pour sa flotte sur la côte d'Afrique aucun port où elle pût être en sûreté eontre les garnisons ennemies, il avait jugé convenable de laisser à ses vaisseaux la liberté d'aborder où le hasard les conduirait.

4. Cependant L. Plancus, un de ses lieutenansjui demanda la permission

Considius une lettre, qu'il lui fit porter par un captif. A peine celui-ci l'eutil présentée suivant ses ordres, qu'avant de la prendre, Considius lui demanda de quelle part elle venait, c De notre général César,» répondit-il. < Il n'y apoint aujourd'hui d'autre général du peuple romain que Scipion, » reprit Considius; en même temps il fit massacrer sur-lechamp le prisonnier en sa présence; et sans lire ni ouvr^ la lettre, il l'envoie à Scipion par un homme sûr.

5. Après avoir passé un jour et une nuit devant la ville, sans que Considius fit aucune réponse; et voyant que le reste de son armée n'arrivait point, qu'il avait très-peu de cavalerie, que ses troupes, composées de nouvelles recrues, n'étaient ni assez nombreuses ni assez aguerries; ne voulant pas d'ailleurs à son arrivée s'exposer à recevoir un échec devant une ville bien fortffiée, dont les approches étaient dtfliciles, et au secours de laquelle allait ar** rîv^, disait-on , un corps considérable de cavalerie , César ne crut pas devoir s'arrêter â l'assiéger, de peur qu'une fois engagé dans cette entreprise, la cavalerie ne vint le prendre en queue et l'envelopper.

6. Au moment où il décampait, les ennemis sortirent en foule de la place; et le hasard voulut que la cavalerie arrivât à leur secours, Juba l'envoyait pour recevoir sa paie : aussitôt ilss'efliparent du camp dont César venait de sortir pour se mettre en marche , ^ commencent à poursuivre son arrière* garde. A celte vue les légionnaires 9*«r* rôtcnt ; cl notre cavalerie , malgré son peiît nombre, vient audacieusemenl à la charge contre une sî -grande mtïHt*

GinSllU rAVUlQUE.

f iid*. Eq^Mi îMro^fftble ! liwie ctvaliangaaloisaa plot buttifenl deux mille bomnaet de oifalerid , el left lepouseôreDi jttsque datia la ville $ ensuite Génr reprit m marche. El eomme ces aita»

qvea ae renouvetaieni souvent, et que tanlôi les ennemis s'opiniâtraient à naw pouftoivie, et tantôt étaient re^ penasés, il eut soin de placer à Tarrièie-garde quelques cohortes de vétéfane , avec une partie de ses cavaliers ; el pur ce moyen il continua tranquillement sa route s car plus nous nous éloignions de la ville, moins les Numides se montraient ardens à nous poyrauivre. Dans sa marche, il reçut des députés de plusieurs villes et châteaax , qui vinrent lui offrir des vivres, et lai promettre obéissance. Ce jour-li, qui était le premier janvier, il campa proche de Hahadia.

7. De là il se rendit auprès de Lébéda > place libre et iadépendanie,qui envoya aussi des députés au devant de lui , pour l'assurer qu'elle était prête h Ciire tout oe qu'il ordonnerait. En conséquence , il mit des centurions et des gardes aux portes, afln d*empécher ses soldats d'y entrer et de hire tort I qui que ce (bt, et campa proche de la ville sur les bords de la mer. Sur ces entrefaites, arrivèrent quelques-uns de ses vaisaeatix de charge avec quelques galères; et il apprit qiie le reste de sa flotte, incertaine du lieu où il avait abordé, paraissait avoir suivi la route d'Uiique. k cette nouvelle il prend le parti de ne point s'éloigner de la mer, et de ne point entrer dans les terres , parce que ses vaisseaux s'étaient ^rte; il ne permit pas même à sa cavalerie de dé* bsrquer, dans la crainte, comme je le pense , qu'elle ne ravage&t la campagne; et il loi faisait porter de l'eau dans ses navires. Quelques-uns de ses matelots étant descendus à terre pour faire

de Teaa i la cavalerie maure tomba tout d'un coup 8i}r eux lorsqu'ils y penasient le moins, en tua plusieurs, et en blessa d'autres à coups de traits : car les soldats de cette nation se tien* neni en embuscade dans les vallons avec leurs chevaux, et fondent sur vous a rinproviste, sans être d'ailleurs capables de se battre en plaine.

8. Cependant César envoya des ordres en 8ardaigne et dans les autres provinces voisines, pour qu'à la réception de ses lettres on lui fit de suite pa^ ser des troupes , des vivres et du blé ; et , déchargeant une partie de ses galères, il dépécha RabiriusPostUmusen Sicile, pour en amener un second convoi. En même temps, il déuicha dix autres galères pour aller chercher le reste de ses vaisseaux de charge qui s'étaient ^rés , et pour croiser, aOn de tenir la mer libre. Il envoya enfln le préteur C. Sal«lustius Grispus avec un certain nombm de vaisseaux du côté de l'Ile Cercare dont les ennemis étaient maîtres, parée qu'il y avait quantité de blé dans cet endroit. Il leur recommanda expressément à tous l'exactitude et la diligence autant qu'il serait possible. Cependant , ayant appris des habitans et des transfuges les engagemens onéreux que Selpion et ses partisans avaient contractée avec Jttba (car ils étaient obligés d'entretenir à leurs dépens la cavalerie de ce roi dans la province), il gémit db voir qu'il se trouvât des hommes assea aveuglés pour aimer mieux se rendre tributaires d'un prince Barbare , que de vivre en repos au sein de leurs foyers, au milieu de leurs parens el de leurs concitoyens.

9. César quitte sa position le S de janvier, laisse i Lébéda six cohortes en garnison sous les ordres de Saserna, et retourne avec le reste de ses troupes à Hahadia , d'où il était parti le jour pré*

niRTiUS.

cétient. Lu il laissa toui le bagage de Bon armée > et à la tète d'un camp mobile il parcourut les bourgades environnantes pour y chercher du blé , après avoir donné ordre aux habitons de celte ville de le suivre avec des bétes de somme et des chariots. U fit ainsi une abondante récolte , et revint à Uahadia. Par cette excursion» son dessein était, à ce que je pense, de ne point laisser derrière lui les villes maritimes d^arnies , et de les assurer au moyen de garnisons , afin que sa flotte pût y trou«^ ver une retraite.

10. Dans ces dispositions, après avoir confié la garde de cette place à P. Sasema, frère de celui qu'il avait laissé avec une légion à Lébéda , ville voisine, en lui recommandant d'y Taire des provisions de bois, il part soutenu de sept cohortes tirées des vieilles liions qui avaient servi sur la flotte commandée par Sulpicius et Valinius , se rend à un port éloigné de deux milles de Mahadia , et s'embarque sur le soir, lui et les siens, sans que personne de l'armée sût le projet de son général. Ce départ inspira de grandes craintes et de \ives inquiétudes à ses soldats ; car avec un petit nombre de troupes de nouvelles levées, et qui n'étaient pas encore toutes arrivées, ils se voyaient dans le sein de l'Afrique , exposés aux efforts d'une armée nombreuse, d'un peuple perfide et d'une cavalerie innombrable; ils n'espéraient plus désormais de consolation, de secours que la présence de leur général , et de cet air de grandeur d'âme et de sérénité qui brillait dans toute sa personne. Il avait en efiet un port plein de noblesse et de majesté; toutes les troupes se reposaient sur cet extérieur imposant; convaincues que , dirigées par son expérience et par ses conseils, elles ne trouveraient rien d'impossible.

14 . Après avoir passé la nuit sur sa flotte, Gfear se préparait à mettre à la voile au point du jour, lorsqu'il vit paraître ceux de ses vaisseaux dont U était le plus inquiet; le hasard seul les amenait à la côte. A oe speclade inattendu , il fait débarquer ses gens et les range en bataille sur le rivage pour y attendre et protéger les autns soldats qui arrivent. Dès que ses vaisseaux furent dans le port , et que aes troupes, tant infanterie que« cavalerie , eurent été mises à terre, on reprit b route de Hahadia. César, après y avoir assis son camp, en partit sans bagage avec trente cohortes pour aller chercher des vivres dans le pays. Tout cela fit juger qu'en se remettant en mer, son dessein avait été d'aller avec sa flotte au devant des vaisseaux de transport qui s'étaient égarés dans la traversée.

Comme ils ne pouvaient sayoîr que la flotte ennemie fût dans ces parages.

César craignait que le hasard ne les poussât de ce côté. Ce fut pour mieux assurer cette expédition qu'il voulut s'embarquer à l'insu de l'ennemi ; il avait même désiré que ce fût un secret pour les troupes qu'il laissait à la garde de son camp , dans la crainte qu'en son absence elles ne prissent l'épouvante à la vue de leur pçtit nombre, si dis-, proportionné aux grandes forces qui pouvaient venir les attaquer.

12. César n'était encore qu'à environ trois mille pas de son camp, lorsque ses éclaireurs et les cavaliers de son avant-garde vinrent lui annoncer que l'ennemi avait été aperçu à une dislance peu éloignée. En effet , on vit s'élever au moment même une épaisse poussière.

César expédia ses ordres au camp pour en faire. venir promptement toute sa cavalerie dont il n'avait avec lui qu'une faible partie, ainsi que ses archers qui n'étaient pas nombreux. Ayant ensuite

CURRKS b AFRIQUE.

commandé a s«ft liions de se ranger en iKitaille ei de le suivre au petit pas, il prit les devans avec quelques hommes armés. D'aussi loin qu'il découvrit Tenoemi y il fit mettre le casque en lèle à ses soldats, et se prépara au combat. H n'avait en tout que trente cohortes, quatre cents chevaux et cent cinquante archers.

13. Les ennemis cependant , commandés par Labiénus et par les deux Pacidius, formèrent de leurs troupes une ligne d'une grande étendue et sans intervalles , composée non d'infanterie , mais de cavalerie mêlée de Numides armés à la légère et de gens de trait. Cette ligne était d'ailleurs si serrée que , de loin , les soldats de César crurent qu'elle n'était formée que d'inranterie.

La droite et la gauche étaient renforcées d'un grand nombre d'escadrons. César langea ses troupes comme il put sur une seule ligne à cause de leur petit nombre. 11 jeta en avant ses archers, et plaça aux deux ailes sa cavalerie, à qui il xeaunmanda de prendre surtout bien' garde de ne pas se laisser envelopper paf la ncmibreuse cavalerie des ennemis : car il croyait que c'était contre une ligne d'infanterie qu'il allait com- IttUre.

14. Tandis que l'on s'observait de part et d'autre, et que César ne faisait aucun mouvement, persuadé que pour résister avec si peu de monde il avait besoin de plus d'adresse que d^ vigueur d'exécution, tout-à-coup la cavalerie ennemie se déploie, s'étend, embrasse les collines , force les escadrons de César à s'éclaircir et se prépare à les envelopper. Les cavaliers de César se maintinrentavec peine contreceitemuiiitude.

Déjà les deux corps de bataille s'ébranlaient aussi pour en venir aux mains, quand on vit soudain sortir de la ligne épaisse de l'ennemi ces Numides armés

à la l^ère à pied et à cheval, et accabler de traits nos soldats légionnaires.

Ceux-ci les chargeant alors avec impétuosité, les cavaliers s'enruirent ; mais les fantassins tinrent ferme, afin de donner le temps aux cavaliers de sa rallier el de revenir à la charge pour soutenir les leurs.

15. Dans ce nouveau genre de combat , César s'aperçut que ses soldais , en s'élançant sur l'ennemi , rompaient leurs rangs > et qu'en s'écartant de la ligne afin de poursuivre les cavaliers, * ils prêtaient le flanc aux plus proches des Numides dont les traits les blessaient , tandis que les cavaliers évitaient aisément par leur vitesse le pilum des légionnaires. 11 défendit aux soldats, en faisant passer l'ordre de rang ea rang, de s'écarter au-delà de quatre pieds du front de la ligne. La cavalerie de Labiénus, fière du nombre, tâcha toujours , de son c6té, d'envelopper la cavalerie de César; et comme celle-ci n'était pas nombreuse, qu'elle était harassée, ayant tant d'ennemis sur les bras , et que beaucoup de ses chevaux étaient blessés, elle perdit peu à peu du terrain, et l'ennemi la pressa de plus en plus* Ainsi, dans un instant, les légionnaires se trouvant enveloppés par la cavalerie ennemie, les troupes de César se virent réduites à ne former qu'une seule masse, et à se battre resserrées dans une enceinte très-étroite.

16. Cependant Labiénus parcourt à cheval et tête nue les premiers rangs; tantôt il excite les siens, tantôt s'adressant aux légionnaires de César : c Comment donc, s'écriait-i), soldats novices, vous montrez bien de l'audace! cet homme vous a-t-il aussi séduits par ses beaux discours? Certes, il vous a engagés là dans un mauvais pas : j'ai pitié de vous. >» Alors un des nôtres prenant la parole : « Je ne suis point

niRTius.

tin soldat novice, lui répond-il; mais un Téléran de la dixième légion. — le ti'en reconnais point les enseignes, réplique Labiénus. — Vois à l'instant môme qui je suis, reprend le légionnaire. » Iki même temps il ôte son casque pour se faire connaître, et lui lance avec tant de vigueur son pilum, tju'il s*enfonce bien avant dans le poitrail da chevaU « Juge à présent , Labiénus, lui dît>îl, si ce coup ne part pas de la main d*un soldat de la dixième légion. » Cette hardiesse ne rassurait cependant point les nouveaux soldats :

tous, les yeux sur César, n'étaient Mtenlifs qu'à éviter les coup$ de l'ennemi.

iT. César, ayant pénétré le dessein de l'ennemi , ordonna à ses troupes de prolonger la ligne autant qu'il leur serait possible, et aux cohortes de faire alternativement un demi-tour, de façon que Tune se trouvât derrière, et l'autre devant les enseignes. Il sépara donc avec sa droite et avec sa gauche l'enceinte de l'ennemi par le milieu , et, l'ayant ainsi divisée, il en chargea la moitié avec sa cavalerie en dedans , et avec rinfanterie qui mit l'ennemi en déroute à coups de pilum.MaisIa crainte de quelque embuscade Tempècha de s'avancer beaucoup, et il retourna vers les siens. L'autre partie de sa cavalerie et de son infunterie en^t autant. Après cet exploit» et ayant repoussé et fort maltraité l'ennemi , il reprit le chemin de son camp, ne changeant rien dans sa disposition.

18. Sur ces entrefaites M. Pétréius et Cn. Pison arrivent avec onze cents chevaux numides tous d'élite, et un assez bon nombre d'infanterie légère qu'ils amenaient au secours de Labiénus. Ce renfort «rassure l'ennemi; il reprend courage : sa cavalerie, retouruant bride , vient prendre en queue nos

légions qui se reliraient, et cherche à les empêcher de rejoindre leur camp. A cette vue César revient aussi à la charge, et recommence le combat au milieu de la plaine. Hais, comme l'ennemi continuait toujours la même manœuvrs, se bornant à de simples escarmouches sans jamais en venir aux mains; que notre cavalerie se trouvait d'ailleuis hors d'état de le poursuivre, parce que les chevaux, peu nombreux» encore fatigués de la mer, et accablés d^ soif, de lassitude et de blessures, ne pouvaient fournir une longue course, et que le jour tirait vers sa fln, César ordonne à sa cavalerie et à son infanterie de charger tous ensemble, et de ne quitter l'ennemi qu'après l'avoir chassé au-delà des collines les plus lointaines, et s'en être rendus maîtres. 11 donna donc le signal ; et dans le moment oà nos adversaires ne lançaient plus leuts traits que languissamment et avec mollesse, il détache contre eux se% cehoiies et ses escadrons : dans ua moment, ils leur firent sans peine abandonner le terrain et le poussèrent jus* qu'au-delà des collines, où trouvant un poste convenable, ils s'y arrêtèrent quelques instans pour reprendre haleine: pub ils retournèrent tranquillement dans le même ordre vers le camp.

Quant aux ennemis, après avoir essuyé une grande perte, ils se retirèrent enfin dans leurs retranchemens.

i9. Depuis ce combat, plusieuis déserteurs ennemis de toute espèce vinrent se rendre au camp de César; on fit en outre prisonniers divers cavaliers et piétons, qui nous apprirent le dessein des ennemis; c'était d'étonner nos nouveaux soldats , et même nos vété- % rans qui étaient en petit nombre, par une uicttque extraordinaire et inconnue, et de lés tailler en pièces après te avoir enveloppés avec leur cavalerie, à

GUEliRE D APaïQtJE.

Texemple de Curion et de son armée.

Labiénus , suivant le rapport des enplift y avait assuré dans le conseil , qu'il nous chai^rait tant de fois et avec tant de troupes 9 que fatigués à force de massacres et de victoires » nous suc* comberions au sein même du triomphe.

Or, il se fiait beaucoup sur le grand nombre de ses troupes^ premièrement parce qu'il avait appris qu'à Rome la discorde régnait parmi les légions des vétérans» et qu'elles ne voulaient point passer en Afrique ; il comptait en second lieu sur la fidélité de ses soldats, qu'il avait su s'attacher depuis trois ans qu'ils étaient accoutumés à vivre dans ce pays; enfin il se voyait soutenu par des troupes nombreuses de ca^erie et d'infanterie numidesarmées à la légère. Il avait encore un grand nombre de cavaliers allemands et gaulois » ramassés des débris de Pharsafe , et qu'il avait amenés avec fui deBrindes; sans citer tous les hommes de couleur ainsi que les affranchis et Its esclaves enrôlés dans le |)ays» lesquels il avait armés, et instruits â conduire les chevaux au moyen de la bride. Joignez à ces forces les troupes du roi luba , cent vingt éléphans , une cavalerie innombrable, des légions composées d'individus de toute espèce et qui montaient à plus de douze mille homm^. Plein d'espérance eC enflammé d'audace , se voyant à la léte de seize cents chevaux allemands et gaulois, de huit mille numides qui ne se servaient point de mors, de onee cents autres cavaliers que lui avait amenés Pélréius,de quatre fois autant d'infanterie, de troupes armées à la légère et d'un grand nombre d'archers etdefrondeurs tanti pied qu'à cheval , Labiénus attaqua César en rase campagne, le 4 Janvier, trois jours aprt^ son débarquement en Afrique ; et Ton Combattit depuis onze heures du matin

jusqu'au coucher du soleil, Pétréius, blessé grièvement, se retira du champ de bataille.

20. Cependant César, ayant fortifié son camp avec plus de soin, doubla la garde des forts et fit tirer deux retranchemens, l'un depuis la ville de Mahadia jusqu'à la mer, l'autre depuis son camp (Clément jusqu'au rivage, afin de pouvoir aisément communiquer de l'un à l'autre, et recevoir sans risque le secours qui lui viendrait. On transporte aussi dans ces fortiflca* lions les armes et les machines qui étaient sur ses vaisseaux; on arme une partie des matelots et des rameurs qui montaient les navires gaulois et rhodiens, et oh les fait venir au camp, afin de voir si, à l'exemple de l'ennemi, César ne pourrait pas entremêler de.

l'infanterie légère parmi ses cavaliers ; on tira des vaisseaux de Syrie et de Palestine grand nombre d'archers dé tout genre, qui contribuèrent à grossif l'artttée; car on disait que Scipion de« vait arriver sous trois jours, et joindre aux troupes de Labiénus et de Pétréius les siennes qui consistaient en huit légions et quatre mille chevaux. En con« séquence , César fit duesser des forges , fabriquer quantité de flèches et de datds, fondre des balles et préparer des pieux ; il envoya en Sicile pour en tirer du fer, du plomb, des claies et du bois propre à construire des béliers , parce qu'il n'y en avait point en Afrique. H remarqua également qu'il ne pourrait avoir de blé du pays , et qu'il serait contraint d'en faire venir de dehors »

parce que, l'année précédente, les enne» mis avaient enrôlé tons les laboureurs, et que, par suite de cet enrôlement , il ne s'était point fait de moisson ; ajoutons qu'ils avaient eu soin de faire transporter de toute l'Afrique dans quelques villes fortes le peu qu'il s'y

268 HIETIVS.

en était trouvé, et qu'à la lésenre d'un petit nombre de places où ils entretenaient garnison , ils avaient détruit et saccagé toutes les autres» ravagé et désolé la campagne» et réduit les habitans à se transporter dans les lieux fortifiés qui leur restaient.

21. La nécessité le pressant, il fit si bien , à force de prières et de caresses, qu'il tira un peu de blé de quelques particuliers, et il le ménageait avec grand soin. 11 visitait aussi, tous les jours, ses travaux avec la plus scrupuleuse exactitude, et faisait monter alternativement la garde à ses cohorles, à cause de la 'multitude des ennemis.

Labiénusfit transporter sur des chariots, dans Adrumète, ses blessés qui étaient en très-grand nombre. Cependant, incertains du lieu où était campé César, ses vaisseaux de charge erraient à l'aventure, et les chaloupes, les ayant at- Uqués l'un après l'autre, les avaient ou pris ou brèlés. Instruit de ce malheur. César fit croiser sa flotte autour des îles et des ports pour la sûreté de ses convois.

22. H. Calon, qui commandait dans Utique, ne cessait cependant de solliciter et d'exciter, en ces termes , Gn. Pompée le fils. < Votre père, lui disait-il, à votre âge, voyant la république opprimée par l'audace des mauvais citoyens, les gens de bien mis à mort ou proscrits de la patrie et de Rome; animé par son grand courage eirpar son amour pour la gloire, quoique simple particulier et encore trèsjeune, osa rallier les débris de l'armée paternelle, avec lesquels il affranchit de l'esclavage Rome et l'Italie qui gémissaient et paraissaient comme anéanties sous le joug des tyrans; il reconquit ensuite, par les armes, avec une promptitude merveilleuse, la Sicile, l'Afrique, la Numidie et la Mauritanie.

Par là il acquit chez tous les peuples cette haute réputation d<MEit il a joui, et mérita les honneurs du triomphe presqu'au sortir de l'enfance , et u'ayant que le titre de chevalier romain. El pourtant lorsqu'il prit eo main les rênes de la république, il n'avait à soutenir , ni l'éclatante renommée de son père, ni la gloire dont s'étaient couverts ses ano&tres , il n'avait point encore un grand nom ni de grandes alliances. Vous, au contraire, qui avez hérité des honneurs et de la réputation de votre père, et qui par vous-même ne manquez ni de courage ni de grandeur d'âme, ne ferez -vous aucun effort? N'trez-vous point trouver les amis de l'auteur de vos jours pour les solliciter d'entreprendre votre dé; fense, celle de la république et de tous les citoyens vertueux ? »

23. Aiiimé par ces discours sortis de la bouche d'un homme si grave, ce jeune homme prend trente vaisseaux de toute espèce, parmi lesquels il y en avait peu qui fussent armés en guerre, part d'Utique pour la Mauritanie, entre dans le royaume de Rogud avec une troupe de deux mille hommes, unt libres qu'esclaves, armés ou désarmés en partie , et s'approche de la ville d'Ascurum, où le roi tenait garnison.' A son arrivée, les habitans le laissèrent d'abord approcher jusqu'aux portes; ensuite faisant une sortie, ils le mirent en désordre, et le contraignirent de regagner la mer et ses vaisseaux. Après cet échec, il partit sans reparaître de* puis sur cette c6te, et prit avec sa flotte la route des lies Baléares.

24. De son côté, Scipion, après avoir mis une forte garnison dans Utique, vint, avec les troupes dont on a parlé, camper d'abord près d'Adrumète; ensuite, au bout de quelques jours, partant de nuit, il alla joindre

tiUSailE D AFRIQUE.

l'armée de Labténus et de Pétréius :

apM leur réonion, ils campèrent ensemUe, ainsi que tontes leurs forces, à QDe lîene environ de cette place. Cependant leurs cavaliers se répandent aatoor des retranchemens de César et enié?ent ceux qui en sortent pour aller aa foorrage ou pour faire de Teau.

Par là ils obligent nos troupes à resier dans leur camp; ce qui bientôt y mit la disette; car il n'avait point encore reçu de convois de Sicile ni de Sardaigne» et par suite de la mauvaise saison Ton ne pouvait sans péril se mettre en mer; et César n'avait pas plus de deux lieoes de tour où il pût s'étendre pour foDrragery circonstance qui augmentait l'embarras de sa position. Dans cette extrémité» les vétérans et les cavaliers qui avaient long-temps fait la guerre sur terre et sur mer, et s'étaient souvent trouvés en butte à une pareille famine , ramassaient» au bord de la mer, de Talgue qu'ils lavaient dans de l'eau douce» et ils en nourrissaient leurs chevaux.

25. Cependant» instruit des obstacles qu'éprouvait César» et du petit nombre de ses troupes, le roi luba ne crut point devoir lui donner le temps de se remettre et d'augmenter ses forces. En conséquence» il sort de ses tots avec une cavalerie et une infante- Tie considérables» et marche au secours de ses alliés. D'un autre côté» P. Sitius et le roi Bogud » apprenant son départ» îéuniasent leurs drapeaux» entrent dans son pays» assiègent Gonstantine» la pins ridie de ses villes» et remportent au bout de quelques jours» ainsi que deux autres places de la Gétulie. Us avaient offert aux habitans de ces deux dernières la liberté de sortir en leur livrant leurs villes; mais sur leur refus» on les prit d'assaut» et tout fut passé au Tti de l'épce. De là ils allèrent dé-

vaster la campagne' et désoler les villes. Averti de ces ravages au moment où il était près de joindre Scipion et les autres chefs confédérés » luba tint conseil , et jugea plus convenable d'aller au secours de son propre pays que de courir les risques d'en être chassé» sans pouvoir peut-être réussir à porter assistance aux autres. Craignant donc pour lui-même et pour ses propres foyers, il se retire une seconde fois » et en vient jusqu'à emmener avec lui les troupes qu'il avait envoyées à Scipiou » lui laissant seulement trente éléphans; de là il part au secours de ses frontières et de ses places.

26. Informé que, dans le pays» on doutait de son arrivée» et que personne ne le croyait à la tête de ses troupes » qu'on supposait n'être vernies en Afrique qu'avec un de ses lieutenans » César envoie partout des courriers et des lettres» pour avertir les villes de sa présence. Alors plusieurs personnes distinguées de la province» abandonnant leurs demeures, vinrent le trouver dans son camp» et lui firent le tableau de la conduite indigne et de la cruauté de ses ennemis. Jusqu'alors il s'était tenu tranquille dans ses retranchemens; mais» touché de leurs larmes et de leurs plaintes» il résolut de se mettre en campagne» dès le retour du beau temps» et lorsque toutes ses forces seraient rassemblées. En conséquence» il écrivit de suite en Sicile à Rabirius Postumus et Alliénus, auxquels il d^ pécha ses lettres par une barque légère» leur mandant que sans délai » et sans penser à s'excuser sur la mauvaise saison ou Sur les vents contraires» ils lui envoyassent le reste de ses troupes; sinon c'en était fait de l'Afrique. Ses ennemis la détruisaient de fond en comble; que si l'on n'y apportait un prompt remède» il n'y resterait pas une

maison où l'on pût se reûier, el que rien n'échapperail à la fureur et aux atrocités qu'y commettaient ceux du parti contraire. Il avait tant d'impatience et d'empressement de voir arriver le secours qu'il demandait» que dès le lendemain du départ de ses lettres et de ses courriers pour la Sicile, il se plaignait du retardement de sa flotte et de son armée; et que nuit et jour il avait les yeux et l'esprit tournés vers la mer. Ce qui ne doit pas paraître surprenant, puisqu'il voyait en sa présence brûler les villages, ravager les terres, détruire le bétail, ruiner et désoler les châteaux ei les villes, mettre à mort ou charger de chaînes les principaux du pays, et emmener leurs enfans en servitude sous le nom d'otages, sans que le petit nombre de ses troupes lui permît de secourir tant de malheureux qui itnploraient sa protection. Il s'occupait cependant à faire travailler ses soldais, à se bien rarancher, à élever des tours et des forts , et à pousser des digues jusqu'à la mer.

27. De son côté, Scipion usa de ce moyen pour dresser ses éléphans. Partageant son armée en deux corps, l'un composé de ses frondeurs était opposé aux éléphans, comme représentant l'en* Demi, et il leur lançait de petites pierres; l'autre se tenait rangé en bataille derrière ces animaux , aGn que quand l'ennemi leur jetterai i des pierres , 0 qu'ils voudraient tourner face pour s'enfuir, ses troupes les contraignissent toujours en les chargeant de pierres à jretourncr contre rennemi« Ce qu'ils n'exécutaient qu'avec peine et lenteur ; car ces animaux, nième après plusieui-s années d'instruction et de pratique, M»t dans un combat Clément capal^iea de nuire à l'ami et a l'ennemi.

mari us.

événemens avaient lieu entre les géné« raux des deux armées, G. Virgilius Prétorius, commandant à Thaspe , ville maritime, ayant aperçu quelques-uns des vaisseaux qui portaient les troupes de notre cher, flotter au hasard , incer* tains de la position qu'il avait prise, pour profiter de la circonstance, remplit de soldats et d'archers un de sei vaisseaux de charge, y joint quelques chaloupes, et se met à poursuivre U flotte dispersée de César. Déjà il venait d'attaquer plusieurs navires, qui Ta* vaient repoussé et chassé ; cependant il ne cessait de les poursuivre , lorsque le sort lui en fit rencontrer un où se trouvaient deux jeunes Espagnols nom*' mes Titius , qui étaient tribuns de la cinquième l^ion , et dont César avait fait je père sénateur. Ils avaient avec eux T. Saliénus, centurion de la même légion , lequel , après avoir soulevé la garnison de Messine contre H. Hessala, lieutenant de César, s'était rendu cou* pable envers lui des discours les plus séditieux : il avait même fait arrêter et garder l'or et les ornemens destinés au triomphe de notre générai; aussi craignait-il de tomber entre ses main$# Convaincu donc par sa propre con* science des châlimens qu'il méritait, i} persuada aux deux jeunes gens de se rendre sans balancer au pouvoir de Virgilius. Celui-ci les envoie de suite à Scipion , qui les ayant livrés à s^ sa* lellites, les fit mourir trois jours aprèSt On dit que l'aîné des Titius demandf aux centurions qui les conduisaient au supplice, d'être exécuté avant son frère : ils lui accorderait bcilemenf cette grâce.

39. Cependant les cavaliers de garde, à la télé des deux camps, étaient tous les jours aux prises : il se donnait entre eux dç légers combats; et quelquefois 98. Tandis que près de Mabadia ces ' aussi la cavalerie allemande etgaaloise

GLERRK UAraïQUE.

delaUéfttti binât irèveavecœllede César» les soldats s*entreteaaieiit ramilière» mnt essembie. Labiéous , sur ces eiw IraÊiitis» soutenu d'une parlîe de ses ca^ndien, essaya d'assiéger ei d'emporter d'assMit ia Tille de Lébéd»^ où Saserna comitiandait atec trois eohortes. Mais œtbB plaes étant bien fortifiée et abonduBosent pourvue des machines de guerre, on ia défendit sans peine et sans péril. Gomme la cavalerie revenait sou»

mnt à la charge, et qu'un jour un fort

idron ennemi était venu atmquer la un scorpion lancé avec adresse atldgdît Toflicier qui commandait celte lMNi|)e» et le renversa; les autres, frappés de terreur, s'enfuirent aussitôt vers leur camp, et n'osèrent plus rien entrepiendre contre Lébéda.

80. D'un autre c6té, Scipîon rangeait presque tous les jours son armée on bataille environ à trois cents pas de sosi oamp, y restait la pkis grande parlie du jour et rentrait sur le soir dans set reiraaohemens. Gonsme il réitéra pluaiottia fois une telle manœuvre , sans ipse ^i que œ fût sortit du camp de Cénr, et s'approchât plus près de lui , oeue patience et ceue tmnquilUté lui mspirèrent un si profond mépris pour notre général et ses troupes, qu'il osa a*afanoer avec tous les siens, disant «unsher en première ligne trente éléphans chaigés de tours» et donnant la plui gnod front qu'il put à ses camlieia et à ses fantassins qui éiaient foffl nombreux : ce fut ainsi qu'il s'arfêla dans la plaiae à une l^ère distance de nos retrancbemens.

M* Alors Géaar envoie donner ordre a oeux de ses soldats sortis du camp pour fourrager, faire du bois, o^ chercher ce qui pouvait ôlre nécessaire aux fonificalions , de rentrer dans les lignes les uns après les autres sans bruit et sans confusion , et de s'y tenir immobiles à

leur poste : en même temps il oouh mande à sa cavalerie qui avait été de garde , de reprendre le terrain qu'elle occupait peu auparavant , de n'en point sortir que l'ennemi ne lui eût hincé quelques traits» et. dans le cas où il s'approcherait davantage, de se replier sur le camp dans le meilleur ordre qu'il lui serait possible. Il enjoignit également au reste de ses cavaliers de se tenir prèle à marcher, chacun dans -son quartier* Et de tels ordres, il n'avait pas besoin* pour les donner, de se transporter sur le rempart , afin de recoimaitre par luimême les mouvemens de Teimemi } mais, comme son eipérience miliiatiu était consommée, sans sortir de sa tente» il les foisait porter par ses officiers et ses coureurs : car il était persuadé que ses adversaires , malgré leur confiance dans leur multitude, se souviendraient qu'il les avait souvent battus et mis en fuite , leur avait accordé la vie et par» donné; et qu'en se rappelant ainsi et leur faiblesse et leurs crimes» ils ne compteraient jamais asses sur la victoire pour oser attaquer son camp.

D'ailleurs il savait que son nom seul et sa répuutlion suffisaient pour intimider la plus grande partie de l'armée ennemie. De plus» son camp était tria* bien retranché; son rempart fort haut et son fossé fort profond; ses dehors si bien garnis de chausses-trappes » qu'ils se défendaient d'eux-mêmes* Il avait enfin force provisions de scorpions » de machines, de dards» de traits et de toutes sortes d'armes propres à une vigoureuse résistance» qui suppléaienl à son peu de monde» et à l'inexpérienoe de ses troupes. S'il paiaissait timide et retenu, œ n'était point qu'il redoutât, l'ennemi : s'il ne se présentait point en bataille» ce n'était point qu'il doutât du succès, bien que ses troupes fussent peu nombreuses et sans expérience ;

mais il regardai^ comme trr^ «împor* tant d'apprécier de quelle nature pourrait être la victoire, et il lui paraissait honteux après tant d'exploits éclatans»

d'armées formidables anéanties, et de triomphes signalés , qu'on pût s'imaginer qu'il n'eût pu réussir à soumettre un reste d'ennemis vaincus, sans qu'il lui en eût coûté du sang. Il avait donc résolu de souffrir leurs bravades , jusqu'au moment où un second convoi leur apporterait quelque partie de ses vieilles légions.

52. Cependant Scipion , après être testé quelque temps en bataille dans la plaine 9 comme on l'a dit, de manière à paraître avoir méprisé César , fait rentrer lentement ses troupes dans son camp, les assemble, et leur adresse un discours sur la terreur qu'il nous a inspirée, et sur le découragement des nôtres. Après les avoir exhortés à bien faire , il leur promet dans peu une victoire complète. César fait retourner ses soldats au travail , et sous prétexte du besoin qu'on avait de fortifier le camp, il ne laisse pas un moment de relâche à ses nouvelles recrues , afin de les endurcir à la fatigue. Cependant les Numides et les Gétules de l'armée de Scipion désertaient tous les jours : les uns se retiraient dans leur pays ; les autres venaient en foule se rendre au camp de César, par suite des obligations qu'eux et leurs ancêtres avaient à G. Marins, dont on disait César allié. Parmi eux, il choisit les plus considérables d'entre les Gétules, qu'il renvoya dans leur patrie avec des lettres pour les principaux de leurs villes, par lesquelles il les exhortait à lever des troupes pour se défendre eux et leurs concitoyens , et à ne plus obéir aux ordres de ses ennemis.

33. Tandis que de tels événemens se passaient près de Mahadia, il vint à

UIHTIUS.

César des ambassadeurs d'Acilfa , cité libre, et de plusieurs autres endroits, pour l'assurer qu'ils étaient prêts à exécuter ce qu'il ordonnerait : ils lui demandèrent seulement des garnisons, afin de pouvoir se conformer à ses instructions plus sûrement et sans péril.

Us ajoutèrent qu'alors pour le bien de la cause commune, ils lui fourniraient du blé et tout ce qui émit en leur poa« voir. César leur accorde sans peine ce qu'ils souhaitaient, leur donne des ti'oupes, et enjoint à C. Measius, qui avait été édile, de partir pour Acilia. ConsidiusLongusqui commandait dane Adrumète avec deux légions et sept cents chevaux , en ayant eu connais*sance, laisse une partie de sa garnison dans sa place , et, suivi de huit cohortes, marche en diligence sur Acilia; mais Messius lavait prévenu, et s'en était rendu maître le premier , lut el les siennes. £n approchant de la ville, Considius s'aperçut que les troupes de César y avaient pénétré ; ne voulant point tenter l'attaque à ses risques, il retourna dans Adrumète, sans avoir osé rien entreprendre malgré ses forces. Peu de jours après, Labiénus lui ayant en* voyé de la cavalerie, il reprit le siège de cette place.

31. Cependant C. Sallustius Gri»pus, que César avait fait partir quelques jours auparavant avec une flotte, aborde à l'Ile Cercare. A son arrivée, C. Décimius, ancien questeur, et qui, soutenu d'une forte garnison composée de ses domestiques, était chargé de pourvoir dans cette ile aux convois de l'armée ennemie, monte sur un petit vaisseau de rencontre , et prend la fuite. Sallustius fut reçu par les insulaires en qualité de préteur; ayant trouvé du blé en abondance dans cette île, il en remplit des vaisseaux de charge dont ce port était plusquesuffisammeni pourvu,

GUERRE DAPKIQL'K.

m k$ aivoya M catnp de Oémr. Vune ntm pRTl » le pvooooMil Altiénus ayant «mbarqué à Lilybée» sur des Mvires de tfampoft, la tfeitième et la quatorrième Mgm , avec ImiH oenis ebeffauK gau<^ Us et mille frondeofs ou archers , fit pviir ce second GOira>i Yere César en Afaqœ; œue flone, profitant d'un vent iranble, arrive à bon pert au bout ds quatre jouia à Mahadîa » ^ César était campé. Il ressentit donc doubleneat de la joie de ce nouveau secours de troupes et de vivres, qui ranima rankur de ses soldils, en les délivrant de la crainte de tomber dans la disette. Oa débarque les légions et la cavalerie; et peur leur hisser le temps de se re- OMtire des fatigues de la navigation , on les distribue dans les (brts et les retfajiehemens.

S5. ScipioD et ses partisans ne pou* ntàtax que témoigner leur surprise de eeile conduite; ils se demandaient entre mx commait ce même César, le peanier d'ordinaire pour Taltaque, était d changé tout-i-eoup ; et ils le soupçonnèmt d'agir ainsi non sans de grands BMMib. Inquiets et alarmés de le voir si moquillei ils détachèrmt deux Gétnies qa'ils croyaient leur être entièrement dévoués; leur promettant de magnifiques récompenses , et les envoyant eonune déserteurs épier ce qui se passait dans son camp. Admis en sa pré- KDoe, ils demandèrent qu^il leur fût permis de parler sans péril . L'ayant obtenu ! «Généial 9 dirent-ils, nombre de Gélules comme nous, diensdeC. Marins el presque tous dieyens romains de la quatrième et de la sixième légion , ont eonvenl eu le désir dépasser dans votre csmp; mais jusqu'à ce jour nous n'avons pu le faire sans péril, veillés comme nous l'étions de si près par la. tnaksrie msmide : maintenant que l'occasion s'en présente et que nous pou-

vonssuitre notre pencfiant, apprenez que Soi pion nous envoie au près de vous en qualité d'espions , pour examiner si » à la tête de votre camp et devant les portes de vos retranchemens, il n'y a point quelques fosses secrètes » quelque piège tendu à ses élépbans ; nous sommes chargés d'éclairer vos desseins contre ces animaux, et de pénétrer votre plan de bataille, afin de hii en rendre compte.» César, leur donnant des éloges, les prit à son service, et les fit conduire au quartier des transfuges.

L'événement confirma bientôt leur rapport : car, dès le lendemain, plusieurs soldats des légions dont ces Gétales avaient parlé quittèrent le camp de Sdpion pour se rendre dans celui de César.

56. Voilà ce qui se passait près de Mabadia , lorsque M. Ôiton , gouverneur d'Utique , faisant sans cesse des levées d'affranchis, d'Africaii*, d'es* claves en un mot , et d'individus de totite espèce, dès qu'ils étaient en âge de porter les armes , les envoyait de suite au camp de Scipion. Sur ces en« trefkites', des députés de Gairftan , ville od les marchands italiens et les laboureurs avaient déposé trois cent mille boisseaux de froment» vinrent trouver César et lui donner avis de ce dépôt ; ib le prièrent en même temps de leur envoyer garnison , tant pour le garder que pour conserver le reste de leurs biens. Notre chef, les remerciant de ces bonnes dispositions, promit de leur envoyer des troupes dans peu de temps, et les fit partir pour leur province, après les avoir exhortés à lui rester fidèles. Dans ces circonstances, P. Sitins entra dans la Numidie avec des troupes; et mettant le siège devant un château fort situé sur une montagne, où Juba avait fait porter des vivres et toutes les autres provisions nécessaires

pour bcampagoe^ il remporta d*as*

saut.

37. Aprte s*éue renrorcé. de deux lé* gîona de vélins X ainsi que de la carvalerîe et d«6 troupes armte à la légère i)ue lui avait ameuéci^ le seeond convoi, César renvoya aur-le-cbampsix vaisseaux de transporta lilybée, pouf en faire venir le reste de «es troupes* Après avoir donné ordre, le af7 dejan* vier vers six heures du soir, i toue ses osureuia ei autres bas officiers, de se tenir prêts à le suivre, il perl en per» sonne vesa minuit avec toute» ses )é* gions, sans que personne fût averti de son dessein» ou même en eOt aucun soupçon, et marche droit & Mahadia, ville où il avait mis garnison , el qui la première s'était déclarée en sa h* veur. De là tiianl sur la gauche de son camp , et suivant une penle douce, il arrive avec ses légîovs sur le bord de la mer*, dans une plaine admirable, de quinze milles d'étendue, bosdée d*une chaîne de montagne» peu éie* vées, lesq^Ues, partant de la côte, formaient en ce lieu use espace d'aœ* phiihéftire. De ces monts on voyait mUr Ur quehfies collines assesi baûies» sur lesquelles on avait anciennement bâti des toucs , avec de» poîpts d'obaecvar tion , d'où l'on pouvait découvrît tous les endroit» environnans. $cipÎKHi , s'é^ tant rendu maUre de la deroièie deees collines, y avait mi» garnison*

38. Arrivé au.sommel deœtle chaîne de montagnes , César commence à faire élever sur chacune de ces odlîne» des tours et des fqrtai, cequi fut esécuié en moins d'une demi^ieure* Maïs en s'appipochant de la dernière» et de la tour la plus voisine du camp emnem», où ae tenait, comme je l'aï dît, unegank de Numides,, il s'arcôta un moment ; leconnaissant le terrain, il poste toute sa cavalerie de aianière à pouvoir couvrir

HlKTItS*

ses tiaiailleur» : ensoiâe il dîstnhM l'ouvrage entre ae» légionnairt», si Ut ouvrit une tranchée au Irtvin de II montagne, depui» l'eiMhpeit où il était, lusqu'a son point de départ. A cette vw^ ScipioB et Labiénu» tifeat leale leur ca* Valérie de leur camp, k laageni m I»

taille , avancent envnron on miUi, a planent leur îniMitetie ant une snarii ligne, à qiMtffe omis pa» eavifoa * leur» retrancbeaMna.

o8. Géear n'en coatinoe pa» dMM d'enoDursger les aiens an travail , sa« •'inquiéter du mouveanaat de ses ad* veraaires. Mais quand il vit qu'il» n'é» talent plus qu'à quîota eeatt pa» destt (brtiCcation». penuadé cpi'ib ne BHl^ chaient à lui que pour empâcher les invaux de ses troupea, et le» contraîadsi à y renoncer ; comprenant, de plu», k nécessité où il se trouvait d'ea lidier ses l^îen» , il ordonne à un CBoalie»

decavalerie espiigaole de gagne» proaip tement la hauteur voiaîa», d'en dè> busquée la gafniaon ennemie, et di a'en cendie maître; il le fait soaiBnir par quelque inCuiterielégùie. CeaMii»

attaquant le» Numide», en fcol rIb^ sieur» prisonnier» » diaparsenl le r(iit« en btosent qqelquee-aM, et s'euf^ rent de ce poeie. Aeene vu», LahHtoMi pour secourir plus pramptemem ip siens, tire presque touie la cavtdariede son aile drôtte, et vient 4e suili sM" tenir les fayards. De son oôlé ^ Géstf ^ k

voyant éloigné de »oo eorpadebaiatlift»

détache toute la cataleûe de son aUe gaadie pour le eouper.

40. Dana la ptaiaie, tbifttie d« e»*bat, était située une maison de et^ pagine très-éiendae , flanqaée dsqoet^ tour», qui empêchait Labiéaas de voir le nouvemem de noire cavalsfi^ * aueei , n'apettu^il no» troupe» (f^ lor»qii'il en fut informé pat la eara^ qu'elle» fasisaient I »on arriôreii»(d0^

GL'RRnK 1> AFRIQUR.

ce qui répandit une si grande terreur parmi Ms cavalien numides qu'ils s'enfoirent droit au camp. Les Gaulois et lis Allemands qui restaient » pris en queue et enteloppés des hauteurs , sont eBiièiemenl massacrés» malgré leur tigourtuse résistance. Les légions de Scipion rangées en bataille à la tète de son eamp, témoins de cet échec, aveuglées par la crainte et par la frayeur, rentré- Nat en foule dans leurs retranchemens.

Après l'action , César qui venait de eiîaMr Sdpion et ses troupes de la plaine et des hauteurs , et de les forcer à m renfermer dans leur camp, fit sonner la retraite , et rentrer toute sa ca«* vilerie. La plaine libre et vide d'en* Bcmis, il ne put voir sans surprise les CidsYres dca Gaulois et des Allemands tnésdans ce combat; les uns avaient suivi Labîénusau sortir des Gaules; les piéienset les promesses avaient engagé la autres à prendre son parti , et plusieurs, bits prisonniers lors de la défaite éb Gorion, avaient obtenu grâce de la vis, et voulu signaler leur dévouement ms ce nouveau chef, oomme sous le pienier. Leurs corps , d'une grandeur €l d'tme beauté remarquables , émient difosement percés et étendus pèlenèle sur le champ de bauiille.

4i . Le lendemain de celte action , Géesr, tirant ses cohortes de divers postes oà il les avait plaeées , rangea toutes MS tmupea en pleine campagne. Sci* pion, au contraire, qui avait essuyé tme perte considérable , et dont les ■MMrts et les blessés étaient fort nombreux , se tint renfermé dans ses forti* faitioBs. Bu conaéquenoe , César, ayant mis son armée en bataille au pied des taonuignes, s'approcha lentement de ISS retranchemens; et déjà il n'était pas it plus d'un mille de la ville d'Uzita où Scipion tenait garnison , lorsque celuici y craignant de jperdre cette place, d'où

il tirait Teau ol les vivres nécessaires pour l'enlretien de ses soldats, fit sortir toutes ses troupes, qu'il disposa sur quatre lignes, selon sa indique habituelle; ses cavaliers formaient la première, et il y avait entremêlé ses éléphans armés et chargés de tours. César, qui le vit s'avancer en cet ordre, crut qu'il venait pour le combattre; mais Scipion s'arréln devant la ville, prèsqu'au lieu dont on vient de parler , et couvrit son corps de bataille de la place; tandis qu'il déployaft à droite et à gauche ses ailes où étaient ses étéphana.

42. Après avoir attendu presque jusqu'au coucher du soleil que Scipion vint à lui, César, s'apercevnnt qu'il se tenait immobile dans son poste, et qu'il était plus disposé à profiter de l'avantage de la position , en cas de besoin, qu'à tenter une bataille en rase campagne, ne jugea pas à propos, ce joor-li , de s'approcher plus de la ville , qu'il savait avoir une forte garnison de Numides, et qui couvrait le centre des ennemis : il comprit d'ailleurs qu'il était difiicile d'attaquer la place, en même temps que de soutenir dans un poste désavantageux tout Teflort de deux ailes , surtout avec des troupes qui étaient sous les armes depuis le niatin et encore à jeun. Il les ramena donc au camp; et dès le lendemain il fit ])ousser ses fortifications dans la plaine, pour aborder de plus près l'ennemi.

43. Cependant Considius qui, soutenu de huit cohortes de Numides et de Gétules, assiégeait Acilla, oti C;Messius commandait avec sa garnison, voyant qu'il perdait un temps inutile, parce que les assiégés avaient souvent brûlé ses machines et ruiné ses travaux devant la place , n'eut pas plutôt reçu la nouvelle du mauvais succès de la ca* Valérie de Labiénus contre César, qu'a-

iniitiLS. rôle

près avoir incendié le blé dont son camp éiait abondammeni fourni , gâté le vin» riiuile et le reste des vivres, il lève le siège d'Acilla, partage ses troupes avec Scipion 9 et, traversant le royaume de Juba , se retire dans Adrumète.

44. Sur ces enti*eraites , un vaisseau de transport du nombre de ceux qu'Alliénus avait envoyés de Sicile par le second convoi , et qui portait Q. Co* minius et L. Ticida , chevalier romain , s'étant égaré du reste de la flotte , fut poussé par les vents à Thapse, où Virgilius le prit à Taide de quelques barques et de quelques bfttimens de charge, et Tenvoya à Scipion. Une galère à trois rangs de rames également du même convoi, s^étant trouvée séparée des autres y fut jetée par la tempête ù la Galetta, où les forces navales de Varus et de M. Octavius la capturèrent. Elle portait un centurion , des soldais vétérans et quelques autres de nouvelles levées, que Varus envoya aussi à Scipion sous bonne escorte , sans leur avoir fait le moindre outrage. Présentés à oe chef lorsqu'il était sur son tribunal : < le sais, leur dit-il, que ce n*est pas de vous-mêmes, mais à l'instigation et par Tordre criminel de voire général , que vous poursuivez à outrance les citoyens les meilleure eties plus honnêtes de la république. Ainsi, puisque la fortune vous a mis en ma puissance, si vous êtes dans riniention de faire votre devoir, et de défendre Tétat avec tous les Romains vertueux , mon dessein est nonseulement de vous donner la vie, mais même de vous accorder une gralifica* lion. Parlez donc, et expliquez-vous. » 46. Après ce discours, Scipion, ne douuint point qu'ils ne dtissent lui rendre de grandes actions de grâce, leur permit de répondre. Alors un centurion (le la quatorzième légion prenant la pa-

< Je te remercie, reprit-il, Sd* pion (car je ne puis l'appeler mon général), de ce qu'étant ton prisonnier par le droit de la guerre, tu me promets la vie et la liberté; et peut-être pro6terais-je de cette faveur et de tes offres, si un grand crime n'y était attaché. Quoi! je pourrais porter les armes contre César, mon chef, sous lequel j'ai commandé, et contre ses troupes, pour rhonneur et la ^oire desquelles je sers depuis plus de trente-six ans!

Non, je ne puis le faire; et je t'exhoif« très-fortement à changer toi-même de résolution : car, pour t'apprendre à qui tu as affaire , si tu ne le sais pas encore par ta propre expérience, choisis celles de tes cohortes sur laquelle tn comptes le plus, et fais-la combattre contre moi : je ne prendrai que dix de mes compagnons qui sont ici captifs.

Alors par les preuves que nous nous donnerons de notre valeur, tu verras ce que tu dois attendre de tes troupes. »

46. Ce centurion, ayant ainsi parlé avec le plusgrand sang-froid, contre l'attente de Scipion , celui-ci irrité, confus d'une réponse atissi ferme , fit signeà ses centurions , qui le massacrèrent aussitôt en sa présence; ensuite, faisant se** parer le reste des vétérans d'avec les nouveaux soldats : c Otez , dit-il , de devant me» yeux ces pervera noircis de crimes, et engraissés du sang des citoyens. » On les emmène de suite, et on les égorge impitoyablement. Quant aux nouveaux soldats » il les fit disper* ser dans ses troupes. Mais, pour Cominius et Ticida, il ne voulut jamais les voir. Touché de ce malheur. César cassa ignomieusement pour leur n^ligcDce, et chassa de son armée ceux qu'il avait mis de garde avec des galères devant Thapse pour croiser et pour la sûreté de ses convois.

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