‹ Bibliotheque militaireChapitre 68 sur 614 · Presqu'à la même époque fi^r · texte numérisé non relu

Presqu'à la même époque fi^r

GuxaRB i> àraïQUE,

Tîm ptinù 868 icoupes ua aecideot boni et pie8qu iiicro>able. Après le eoMbcr des Pléiades, vers neuf heures dtt ioirp loat-i-oottp s'élève un vîoleni ongd mftlé d'une giâle de pierres. Les isMUsep sottflriveni d'autant plus que Gétsr ne les tenait point sous des tentes, comme les autres généraux , mais qu'en disngeant de eamp tous les trois ou quatre jours pour s'approcher de Tenoemi, et ks occupant sans cesse à se retrancher» il ne leur laissait pas le loisir de respirer. D'ailleurs , lors de leur embarquement pour la Sicile, il avait défendu qu'il entrftt dans les vaisseaux rien autre chose que la seule personne ihi soldai avec ses armes, sans permettre qu'on transportât ni ustensiles, ai valets , ni rien de tout ce qui pouviitétre d'usage aux troupes; et depuis Isnr sQour en Afrique , loin d'avoir pu ture la moindre acquisition , le prix eiorbitant des vivres les avait réduites 4 dépenser le peu qu'elles possédaient.

Aussi, les nôtres élaient-ils si misérables, que bien peu d'entre eux avaient des tentes; les autres s'en étaient constrait de petites avec leurs vêtemens, les couvrant de jonc et de roseaux ; ainsi, dans l'occuion présente, accablés de la pluie et de la grêle qui ruinèrent toutes leurs frêles habitations, éteignirent les feux , et corrompirent tous les comestibles, on les voyait courir dispersés à travers le camp au mtiieii des ténèbres de la nuit , se garantissant la tète avec leurs boucliers. Cette même nuit , la pointe des javelots des soldats de la cinquième l^ion parut (oui en feu.

48. Cependant , instruit de l'escarmotiche qui avait eu lieu entre César et Sdpk», et, sollicité par ce dernier de venir le joindre, le roi luba laisse

et , afin de rendre quelque confiance aux troupes de Scipion et d'eiTrayer celles de César, il sort de ses états, et marche au secours de ses alliés avec trois légions, huit cents hommes de cavalerie qui se servaient de brides, grand nombre de cavaliers numides qui n'en avaient point , un fort parti d'infiinterie armée à la légère , et trente étéphans. Lorsqu'il eut joint Scipion , il prit son camp à part avec les siens à une légère distancedeœgénéral. (Avantson arrivée, la terreur s'était répandue dans le camp de César, et nous étions fort inquiets dans l'attente des forces de ce prince; mais à peine les nôtres le virent-ils a portée de nos retranchemens, qu'ils commencèrent à les mépriser, et que toute cette crainie s'évanouit. Ainsi sa présence dissipa cette idée formidable qu'on avait conçue de lui lorsqu'il était absent.) Du reste, il fut aisé de comprendre combien son approche avait relevé le courage et la confiance de Scipion; car, dès le lendemain, il fit sortir toutes ses troupes, celles du roi et soixante éléphans , les rangea en bataille avet: le plus d'apparence qu'il lui fut possible, s'éloigna de ses retranchemens un peu plus que de coutume , et rentra bientôt dans son camp.

49. De son côté. César, voyant que l'ennemi avait à peu près reçu tous les secours qu'il attendait^ et qu'il ne refuserait plus d'en venir à une action, dirigea sa marche avec toutes ses troupes parles hauteurs, fit tirer des lignes de communication de l'une à l'autre, con* struisit des forts sur chacune, et s'approcha de Scipion de plus en plus à mesure qu'il se rendait maître de quelque poste. Les ennemis, comptant sur le graïKl nombre de leurs troupes , se saisirent d'une colline voisine, et par ce

Sabura , son lieutenant , avec ime partie moyen l'empêchèrent d'avancer. Labiéde son armée pour agir contre Sitius;! nus avait formé le dessein d'occuper la

IlIlltiUS.

même posilion; el comme il en élait plus près que César, il y arriva aussi le premier.

50. Dans cel endroit se trouvait une vallée asseï large , d'une pente raide et escarpée , et remplie de trous considérables : il fallait que notre chef la traversât avant de parvenir à la colline dont il voulait s'emparer. Audelà du vallon régnait un vieux bois doliviers fort louiTu. Lubiénus, par la connaissance qu'il avait des lieux, voyant que pour arriver à la colline César serait obligé de franchir ce val- Icn et ce bois , s'y met en embuscade avec son infanterie légère, une partie de ses cavaliers , et cache le reste derrière la montagne étales collines » afin qu'attaquant nus légions loi-squ'elles s'y attendraient le moins, sa cavalerie pa^ rût en même temps sur la hauteur, et que notre armée prise en tète et en queue, sans pouvoir avancer ni reculer, fût ainsi enveloppée et taillée en pièoes. Ignorant le piège. César avait fait prendre les devans à sa cavalerie : quand elle eut atteint le vqllon» lea troupes de Labiénus, oubliant ou exécutant avec maladresse les ordres qu'elles avaient reçus, ou soit qu'elles craignissent d'être culbutées dans le vallon par la cavalerie , commencèrent à sortir de leur embuscade à la Ole et chaque soldat l'un après l'autre iK)ur gagner la liau- .teur. Nos cavaliers se mettent aussitôt à les poursuivre, en tuent un grand nombre, font plusieurs prisonniers, se dirigent de suite vers la hauteur et s'en emparent, après en avoir chassé les troupes qu'y avait postées LAbiénus, lequel eut même bien de la peine à s'^ .«happer avec une partie de sa cavalerie.

51« Api es ce succès , César, ayant distribué les travaux à ses légions, se retrancha sur la colline dont il venait de s'cmpnier. Puis , de son camp

principal , il fil ouvrir au nuUeu îu champ de bataille devx iran^éei ta face la ville d'Uziu^ située dam la plaine même, eaure loa oaaip el oetut de Scipion, qui était -maître de celle place, et les poussa de manièfe qu'ailes embrassaient la droite al la gauche de la ville. Son plan éiail, lorsqu'il voudrait s'approcher davantage de celle place et l'inveaiir, d« couvrir ses eôl4s par de telles fortifications; il empèubait également la nombreuse cavalerie de son adversaire de l'envelopper et de rè^ tarder ses attaques. Il voulail encore par là faciliter aux habitai» de la ville qui désiraient venir se rendre à lui, le moyen de le faire aisément el sana pé^ ril ; ce qu'ils ne pouvaient auparavam exécuter sans courir les plus grands risques : enfin , son intention éiail de voir si , en abordant de plus pr^ Teii^ nemi , il se déciderait i comballre. Do autre motif qui le guidait encore, c'esi que ce terrain étant fort bas , il pour^ rail y creuser quelques puits; car il le procurait diâicilemenl de l'eau; ei il se voyait obligé de la foire venir de loin. Tandis qu'une partie des légîoiiB était occupée aux travaux dont je vie»

de parler, l'autre, rangée en bataille, protégeait les travailleurs et faisait bce à l'ennemi, dont les cavaliers el ks fantassins armés à la i^ôre ne cossaient leui-s escarmoiuïhes.

53. Vers le soir. César avait retiré ses légions du travail pour les ramener aa camp, lorsque Juba , Scipion et Labiénus vinrent fondre sur noe cavaliers avec toute leur infanterie légère el leur cavalerie. Surprise et poussée par l'effort de tant d'ennemis qui venaient l'attaquer à l'improvîste, la vÙUe plia ua peu ; mais nous eûmes aussilte ndua tour ; car César, faisant revenir ses M^ gions qui se reliraient au oamp, les mène au secours de se eavalerie ; el

CUEftU ft^ÂfAJQLK.

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fiMUMÎtoel dbpflnéifà «i là^ tombe Mr0ttX,MMM6« «nlMplMtiean, etiepouasele reste jusqu'au CMnpduroit Si radtion n*^m pesciaiMDeucésî Urd , d si h poussidn que le ^siit soulevait n'en puiafeugli toi «ddais» Labiteusa

ubaîsnl an pouwnr de César,

leur cavalem ainsi que leur

I Mgisa auiaîent été délrtiiles.

doira BéanoMios oom*

idfelaqnatrièiMetdela

Mgioo de SoipioD déserlôrau edansiiotieoanip,

retiffèrsnl de différsoa o6iés ssBusa ib le purent. Husàeun des ca»

Islisn qai ayaient ssriri aous Gurion » as eompsanc ai sur Scipien , ni sur SIS iMNipes, passaient aussi de nette sMé.

iS« A« milîen de ces opérationsdes éUB génénui asMir d'Usila, la nen« «iiess a la dixiteie légion» embaïquéss eu Sidle sur des narâes de charge»

élsisnt sur le point de mouiller au port ds Hshadia, levaque ayant apesçn les laisisaux de César à Tancre dans la ladedeThapee, et eiaignant de ren* coDissr la toue enncmia qu'eiies y cni<fsai en embuscade, elles gagnèrent à tonne-temps la haute mer; et après «loirété long-temps le Jooet des vents»

épuisées de faim et de iatigues , elles SRifiiunl enin à plusieurs jours de là iw csmp de César.

M. k peine furent-elles débetquées > que notre géoérd, plein de ressentituent des eiadions et des désordres dont certains inditidus s'étaient rendus OMpables en luilie, profite du pliu Mger piéiexte pour les punir ; et sur ce qae G. Atiénus, tribun de k dixième légion, avait rempli un vaisseau de %ivrea, d'esdaifes et de chevaux , sans lai aawner de Sicile un seul soldat,

dds le lendsmain il monta sur son tribunal , et après avoir convoqué loue les iffibvns et les centtirions de ass l^gjeos t « le voudrais bien, leur dit<>il, que certains hommes eussent mis fin à leur insolence et à leuri eicte , ec qu'ils n'eussent pas abnsé de ma douceur , de ma modération et de ma patience. Mais , puisqu'ils ne gardent ni mesure ni règle, afth d'epprendm aux jintrea à se mieux conduire. Je vais sur-le-champ en Taire moi-même un exemple selon l'ordre de la discipline militaire. Vous, G. Avié^ nus , parée qu'en Italie voua avez sou^ levé les soldats du peuple romain contre la république; que vous avefe rançonné les villes municipales; que vous avez été inutile è l'état et à moi; que vous aves ftit servir mes vaisseaux è tiansponer ici vos domestiques et vos équipages au lieu de mes troupes, el que par là vous êtes eatise que la ré^ publique en manque au besoin; con^ sidérant de teb délits , je' vous casse honteusement, je vous chasse de mon armée, vous enjoignant de partir dès ce jour, et à l'heure même, dé l'Afrique'. Vous, A. fVmtéius, tribun militaire, Je vous réforme comme séditieux et mauvais choyen. Vous, T. Sâliénus, M. Tiro et C. Clusinas, après avoir ob^ tenu du commandement parmi mes troupes, non par voire courage, mais par pure fkveur , puisque vous n'avei montré ni valeur dans la guerre, ni amour dii bien pendant la paix, et que vous vous êtes plus appliqués i exciter les soldats contre votre général qu'à faim votre devoir avec honneur et modestie, je vous déclare indignei d'occuper aucun grade sous mes dra^ peaux; je vous caëse, et vous ordonné de vider au plus tôt l'Afrique. » Après cet arrêt il les livra à des ceniurioris, qui les firent embarquer séparément ^

an»

MlhtlUS.

lit sax^s leur permeuro d'endmenec avec eux chacun plu^ d'un seul valel.

55. Cependant ceux des Gélules qui étaient venus se rendre au général , et qu'il avait envoyés vers leurs compatriotes chargés de lettres de sa part»

arrivent dans leur pays; le crédit dont ils jouissaient parmi leurs concitoyens les entraine facilement et achève de les persuader non moins que la réputation de César ; abandonnant le parti de Juba, ils prennent tous les armes, et Bans balancer se déclarent contre le roi. Instruit de ce soulèvement , et se voyant p9Lt là engagé dans une triple guerre»

Juba fut contraint de tirer, des uoupes qfi*i\ avait destinées à combattre César» six cohortes pour garder ses frontières contre les Gétules.

56. De son côté» César ayant achevé ses deux lignes, après les avoir poussées jusqu'à Uzita» mais hors de la portée du trait » se forliûa aussitôt dans te poste , garnit la tête de son camp d'un grand nombre de machines de guerre tournées contre la place» avec lesquelles jl ne cessait de harceler ceux qui défendaient les remparts»et yconduisitcinq lé* gions qu'il tira desesandensretranchemens. Cette disposition donna moyen aux plus distingués et aux plus connus des Gétulesdu parti ennem i» de chercher à voir et à entretenir ceux de leurs partisans et de leurs proches qui tenaient pour Scipion. César n'ignorait pas de quels avantages' pouvaient être pour lui de pareilles entrevues : en effet»

plusieurs des principaux oCficiers d'esçadrous de ce peuple qui marchaient sous les étendards de Juba, et dont les pères ayant servi sous Marins avaient obtenu pour récompense des terres en ce pays>lày lesquels après la victoire de Sylia étaient passés sous la domination du roi Hiempî>al» ces ofBciers, dis-je»

prirent leur temps» la nuit, lorsque

les feux furent allumés, pont se ren^ dre» eux , leurs cavaliers ci laoi» valais, au nombre d'environ mille chesanz»

dans le camp que Céaar avait éttU près d'Uzita.

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