CHAPITRE IX
Il faut eiercer les nouyeaui soldats au pu mflttaire , au saut et à la course.
La première attention doit être d'accoutumer les nouveaux soldats au pas miliUiire ; car rien n'est plus important dans une marche, ou dans une action, que d'y conserver l'égalité des mouvemens entre les soldats ; ce qui ne se peut bire qu'en les exerçant continuellement à marcher vite et du même pas : des troupes qui vont à l'ennemi d'un pas désuni et sans observer exactement les rai^ courent toujours grand risque de se faire battre. Une troupe d'inianterie fera vingt milles de chemin en cinq heures d'été, d'un pas ordinaire; mais un pas plus allongé lui en fera (aire vingt-quatre milles
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dans le même nombre d'heures. Si le soldat allonge ou presse davantage ses pas , il court ; or, la course n'a ni intervalle, ni temps déterminé. Il faut cependant y accoutumer les jeunes soldats; car c'est par la course qu'ils fondront sur l'ennemi avec plus d'impétuosité ; qu'ils occuperont les premiers un poste avantageux ; qu'ils devance-* ront même l'ennemi» quoiqu'il eût marché le premier pour s'en saisir; qu'ils iront promptement à la- découverte, et reviendront encore plus promptement en rendre compta; qu'ils tomberont brusquement sur les fuyards, etc.
Il est bon d'exercer le soldat à sauter, afin que ni fossés, ni retranche* mens ne l'arrêtent. De plus, dans une action, un soldat agile qui, avec son javelot, s'avance contre son adversaire en courant et en sautant, Tétonne, l'étourdit et lui darde son coup avant que celui-ci ait pu se mettre en défense.
Salluste rapporte que le grand Pompée disputait d'agilité avec les meilleurs sauteurs, de vitesse avec les coureurs les plus légers, de force avec les soldats les plus vigoureux ; et comment aurait-il pu tenir tête à Sertorius si , par de fréquens exercices, il ne se fût préparé lui-même , et ses troupes, aux combats, autant qu'il en avait besoin contre un si terrible adversaire?