‹ Bibliothèque musicale populaireChapitre 13 sur 52 · EPITRE · texte numérisé non relu

EPITRE

A Grétry^ membre de r Institut de la Société de Littérature de Bruxelles :

Depuis longtemps, Grétry, ma Muse, avec constance,

Médite ce tribut, que ma reconnaissance

Ose aujourd'hui payer à mes rares talens.

A peine avait fleuri mon dixième printemps,

Et déjà de tes sons la pure mélodie

Enivrant de plaisir mon oreille ravie.

Du divin Pergolèse, heureux émulateur

Tu sus, en imitant ce modèle enchanteur

Penser, malgré l'arrêt d'un écrivain caustique.

Que les Français pouvaient s'exprimer en musique ;

Tel le jeune Voltaire, en ses premiers écrits.

Repoussant les conseils des timides esprits.

Transporta l'Epopée aux rives de la Seine,

Et de notre Parnasse enrichit le domaine.

Ton début à Paris fut triste et malheureux,

(Quel génie a paru sans faire d'envieux !)

Mais, pour notre bonheur, tu sus avec courage,

Mépriser la sottise et repousser l'outrage ;

Et d'un brave Eburon montrant la fermeté,

Marcher d'un pas rapide à la célébrité.

Ton aimable J^i/ron annonça le génie

Créé pour assortir le chant et l'harmonie.

Tu vis alors chez toi cette foule d'auteurs.

Naguère de ton art insensés détracteurs,

Te prier humblement de joindre ta musique

Aux couplets rocailleux de leur verve lyrique.

Mais des Contes moraux le peintre ingénieux Partagea le premier tes succès glorieux : Mariant tes accords à sa rime facile.

Un triomphe nouveau couronna ta Lucile.

Quel ange t'inspira ce charmant quatuor Qu on chanta mille fois et qu'on répète encor?

Bientôt donnant Tessor à ta fécondité

Ta Muse fit éclore, avec rapidité,

Vingt ouvrages charmants où ton pinceau magique

Répandant les trésors de ta verve énergique,

Etonne, émeut, ravit, charme les spectateurs

A jamais captivés par tes sons enchanteurs.

Où les prends-tu ces traits, ces couleurs naturelles,

Delà vérité-même interprètes fidèles?

Puissance du génie ! il n'appartient qu'à tbi

De dire à la nature : obéis à ma loi.

Non, d'un zèle impuissant reprenons la chaleur Je n'ai voulu, Grétry, te montrer que mon cœur. Te dire les plaisirs dont tu sèmes ma vie. Et rendre un faible hommage à ton divin génie.

1817. J. H. HUBIN,

Président de la Société de Littérature à Bruxelles.

De la nature enfant gâté.

Des plus beaux dons elle t'a fait largesse ; Grétry, tu sais répandre la richesse

Dans le sein de la pauvreté.

M. De Sancy. 1783.

(Vers adressés au sujet de V opéra : L'Embarras des richesses).

Le 23 Septembre 1780, Fabre d'Eglantine, alors acteur du théâtre de Liège, récita un poëme composé par lui et intitulé : Le triomphe de Grétry.

Ce vers final de la poe'sie de M. Fabre, a été vivement applaudi :

Le cri d'un peuple libre est celui de la gloire.

Son buste sculpté par Everard en beau marbre d'Italie d'après le modèle de M. Pajou, a été placé sur la scène avec l'inscription suivante :

Grétry Leodius, sub consulatu de Vivario de Fossoul.

En 1782, Grétry s'était rendu à Liège, et à cette occasion on y jouait V Amant jaloux. Se trouvant à la loge réservée aux Magistrats de la ville, le public lui fit une brillante ovation, et on plaça à la fin de la pièce un transparent où était écrit : Vive Grétry !

Impromptu laissé sur le secrétaire de Grétry

à VHermitage :

Il aima les humains, illustra sa patrie : A de si doux bienfaits que d'hommages sont dûs ! Et Lucile et Silvain, attestent son génie : Son existence entière atteste ses vertus. 1811. Ph. L.

Autre :

Pour charmer Tennui de la route,

Grétry, sa lyre en main, traversait l'Achéron ;

Ramez donc, dit-il à Caron ;

Que faites vous? . . . j'écoute.

fSur sa mort.) ViLLIERS.

Autre :

Grétry reçoit dans ses remparts Les honneurs immortels que lui rend sa patrie ; Son image placée au temple de Thalie Où retentit l'écho de son divin génie, Semble encore animer du feu de ses regards L'action même qui l'estropie.

1780. Saint-Peravi.

Vers à M. Grétry, auteur de la musique du Huron :

Il n est pour toi qu'un cri flatteur

Ton pinceau fécond en images,

Cher Grétry, du public emporte les suffrages,

A chaque passion tu donnes sa couleur,

Ta musique est à toi, simple, facile, pure.

Elle est de tout pays, ainsi que la nature.

D'un accompagnement au chant subordonné

L'esprit est satisfait, au lieu d'être étonné.

Tel un ruisseau modeste et sage dans sa course.

Laisse briller les fleurs qu'il mouille doucement.

Tandis qu'un fleuve altier, et bruyant dès sa source.

Se fait, du seul ravage, un fol amusement.

Ton premier pas dans la carrière

T'offre l'espoir de la remplir ;

Vois de lauriers tout prêts, une moisson entière :

Trop heureux si je puis t'aider à les cueillir !

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